Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message : Cette fic prend en considération les livres 1 à 4 d'Harry Potter, mais emprunte certaines choses du livre 5 (Notamment l'armée de Dumbledore)

Chapitre 17

Narcissa Malfoy était morte. Harry sortit précipitamment la carte des maraudeurs de sa valise, cherchant désespérément Malfoy. Il n'arrivait pas à croire qu'elle était morte. Comment était-ce arrivé? Il l'avait vu pourtant! Elle était attachée! Comment avait-elle pu se suicider? Un soupir s'échappa de ses lèvres en voyant que le Serpentard se trouvait dans le bureau de Dumbledore. Comment se sentait-il en ce moment? Question stupide, bien évidemment. Il ne pouvait pas imaginer la douleur qui devait habiter Malfoy. Il avait mal, chaque jour, en pensant que ses parents étaient morts pour le protéger. Comment le blond se sentait-il en ce moment? Quelles pensées tourbillonnaient dans sa tête? Regrettait-il sa décision d'être venue dans leur camp? Il fallait qu'il le voie. Il ignorait pourquoi, mais il fallait qu'il le voie. Il se mit alors à courir en direction du bureau de Dumbledore, espérant retrouver le blond le plus rapidement possible. Il marmonna rapidement le mot de passe et fut à moitié surpris que la gargouille le laisse tout de même passer. Il grimpa les marches deux à deux et s'arrêta brusquement en entendant Dumbledore parler avec Malfoy.

-C'était la seule chose à faire, Monsieur Malfoy. Personne ne vous en tiendra responsable. Nous savons tous ce qu'elle était. Murmura le directeur, le regard empli de compassion.

-Je ne suis pas venu ici pour que vous vous improvisiez psychologue, Professeur Dumbledore. Siffla le Serpentard. Je veux seulement savoir s'il est possible de lui donner un enterrement… juste un enterrement.

-Monsieur Malfoy…

-Je n'ai pas… Je n'ai pas les moyens pour lui payer un cercueil… pour lui donner un enterrement digne d'elle… Et mon père est…

Son visage était si impassible, et pourtant Harry était prêt à parier toute sa fortune qu'il était sur le point de craquer. Et il avait peur… si peur de ce que le blond risquait de faire. Il ne voulait pas imaginer ce qu'il pourrait faire pour pouvoir échapper à la culpabilité qui devait le ronger.

-Malheureusement, Monsieur Malfoy, je ne peux rien y faire. Murmura à regret le directeur.

-Le Ministère ne lui paiera même pas un cercueil. Poursuivit le blond, les yeux dans le vide. Elle était une mangemort, après tout. Professeur Dumbledore…

-Je suis désolé, Monsieur Malfoy.

Le blond hocha lentement la tête avant de partir, passant à côté de lui sans véritablement le voir. Harry s'empressa de le suivre, prenant rapidement sa main dans la sienne. Les yeux gris se posèrent sur lui, et dès que Malfoy le reconnut, il essaya vainement de se dégager. Il était hors de question qu'il le laisse partir dans cet état.

-Malfoy, nous devons parler. Déclara d'emblée le Griffondor.

-Potter.

-S'il te plait.

Merlin tout puissant… Malfoy devait vraiment être vidé pour ne pas se battre contre lui. En fait, le blond se contenta de continuer à marcher, laissant sa main dans la sienne. Remarquait-il même la présence d'Harry? Était-ce lui qui avait découvert sa mère? Comment s'était-elle procuré le couteau? Sa dernière image de la mère de Malfoy avait été… Il eut la vision fugace de son visage déformée par la tristesse et la folie… Bordel… pourquoi avait-elle réagi de la sorte? Les parents de Drago s'aimaient bien plus qu'il ne l'avait jamais imaginé. Il avait été stupide, de toute évidence. Même les mangemorts étaient capables d'aimer inconditionnellement… Et maintenant, Malfoy devait payer pour ça… garder à jamais cette image dans sa tête. Il allait voir les sombrals à présent… Cette pensée le rendit bien plus triste qu'il ne l'aurait imaginé. À sa grande surprise, le blond l'entraina jusqu'à sa chambre privée et ferma doucement la porte derrière lui.

-Qu'est-ce que tu veux Potter? Demanda-t-il d'une voix éteinte.

-Tu ne dois pas te sentir coupable.

Les yeux gris se fixèrent sur lui sans véritablement le voir, et Harry eut l'impression que pendant quelques instants… quelques horribles instants, Malfoy contemplait ce qu'il devait faire… ce qu'était ses options. Et Harry ne pouvait pas supporter de savoir que l'une de ces options était d'aller rejoindre ses parents. Ses mains s'enroulèrent autour des épaules du blond, et il le secoua doucement, essayant de le faire sortir de son état végétatif. Qu'il hurle et qu'il pleure s'il le désirait, mais qu'il n'agisse pas de cette façon… il ne voulait pas voir cette horrible résignation dans son regard…

-C'est tout ce que tu as à me dire Potter? Va-t-en.

-Malfoy… tes parents ont fait leur choix. Tu n'es pas comme eux, voilà tout. Tu as pris ta destinée en main.

-J'ai pris ma destinée en main?

Harry sursauta légèrement lorsque les doigts du blond se saisir de son chandail, ses ongles griffant sa peau. Il s'obligea à ne pas broncher, à ne pas réagir à la douleur. Il préférait voir la fureur du Serpentard plutôt que cette indifférence qui semblait vouloir dire qu'il se fichait de sa vie ou de sa mort… qu'il se fichait de tout. Rien n'était plus dangereux que ça. Un nouveau frisson traversa Harry en fixant les yeux orage.

-Je n'ai jamais eu le moindre choix, Potter! Hurla-t-il. J'ai regardé ma mère mourir… J'ai vu la vie s'éteindre dans son regard… J'ai regardé le sang coulé de sa plaie… Je lui ai donné le couteau! Quel était mon choix, Potter! Quel était mon choix!

Il lui avait donné le couteau? Pourquoi lui aurait-il donné le couteau? Harry ouvrit la bouche pour l'accuser, pour le questionner, pour… pour le traumatiser encore plus… Le brun secoua doucement la tête avant de laisser ses doigts se croiser dans le dos du Serpentard, le rapprochant encore plus de lui. Sa chaleur était si proche… Il ramena lentement le blond contre son corps, soupirant de soulagement lorsque leur peau fut l'une contre l'autre. Le corps de Malfoy était aussi rigide qu'une barre de fer contre le sien, mais il ne se dégageait pas. C'était déjà quelque chose non?

-Quel était mon choix Potter? Je l'ai tué, et je ne peux même pas lui donner un enterrement… je ne peux pas donner d'enterrement à mon père et à ma mère. Pourquoi Potter?

Harry aurait pu lui dire qu'il allait payer pour l'enterrement. Bordel! Il aurait payé pour une centaine d'enterrements si cela aurait permis à Malfoy de se sentir mieux… d'arrêter de laisser la peine le dévorer… de repousser la culpabilité… Il posa alors la joue contre la chevelure soyeuse, et se maudit silencieusement. Pourquoi, alors que Malfoy était aux portes du désespoir, ne pouvait-il s'empêcher de penser qu'il sentait si bon? Qu'il ne s'était jamais senti aussi en paix avec lui-même de toute sa vie? Il était vraiment un enfant de pute.

-Je n'ai pas de choix, comme elle. Je veux mourir, comme elle.

-Non! Tu ne vas pas mourir Malfoy! Je refuse de t'entendre dire une chose pareille!

Un gémissement d'animal blessé s'échappa de la gorge du blond avant qu'il n'enfouisse son visage contre sa nuque et laisse ses bras s'enrouler autour de lui. Il pouvait sentir les larmes chaudes qui coulaient sur son cou. Que devait-il faire? Que devait-il dire? Comment devait-il réagir? Pourquoi Malfoy avait-il laissé sa mère se suicider? Pourquoi Dumbledore ne l'avait-il pas arrêté? Pourquoi le blond était-il venu dans leur camp? C'était quoi cette histoire d'âme sœur? Pourquoi Narcissa Malfoy avait-elle dit à son fils qu'il allait finir comme elle? Il ne savait absolument rien et cela le rendait fou. Mais, pour le moment, ce n'était pas son bien-être qui comptait, mais bien celui de Malfoy. Uniquement Malfoy.

-Tout le monde meurt… Tout le monde meurt…

-Oui, mais ton heure n'est pas venue. Je ne le laisserais pas venir.

-Va-t-en Potter. Laisse-moi. Laisse-moi…

-Non.

()

Drago aurait voulu pouvoir repousser Potter. Il aurait voulu lui donner un coup de poing, lui cracher dessus, hurler à s'en arracher les poumons… Il voulait pleurer, pleurer, jusqu'à ce qu'il n'y aie plus une seule goutte d'eau dans son corps. Il essayait encore de retenir ses sanglots. Il savait pertinemment que s'il se laissait aller, il tomberait dans l'hystérie. Il pouvait encore se contrôler. Enfin, il essayait tant bien que mal de se contrôler. Il pouvait encore entendre les mots de sa mère à son oreille. Il pouvait encore voir l'immense joie qui avait marqué ses traits lorsqu'elle avait plongé le couteau dans sa poitrine. Cette extase… cette joie… comment la mort pouvait-elle emmener tant de joie? Et maintenant… il n'avait pas le moindre sou pour pouvoir lui payer un enterrement décent. Elle allait être jetée dans la terre, comme un animal. Et il n'y pouvait rien. Ses ongles s'enfoncèrent douloureusement dans le chandail de Potter, et il dut se mordre la lèvre jusqu'au sang pour ne pas hurler.

-Laisse-moi… Laisse-moi…

Il avait beau supplié Potter, il ne pouvait s'empêcher de le tenir si fort… Il avait besoin de lui. Il avait tellement besoin de lui. Comme sa mère avait eu besoin de son père. Comme sa mère… ce fut suffisant pour qu'il se dégage violemment de cette étreinte, respirant avec difficulté. Il sortit brusquement sa baguette de sa poche, la pointant en direction du Griffondor.

-Va-t-en. Ordonna-t-il d'une voix qu'il espérait forte.

Le brun lui lança un regard indéchiffrable avant de lui donner un coup de poing sur le poignet, le faisant lâcher sa baguette. Un hurlement de rage retentit alors dans sa chambre, et Drago réalisa un peu plus tard qu'il s'agissait de son cri. De sa rage. En un mouvement violent, il se jeta sur Potter. Qu'il s'en aille! Qu'il s'en aille! Il ne voulait pas qu'il soit ici! Il ne voulait pas qu'il le prenne dans ses bras et qu'il lui caresse les cheveux! Il ne voulait pas de lui!

-Retourne voir ta petite-amie! Laisse-moi! Hurla-t-il tout en essayant de le frapper.

Il poussa un grognement rauque lorsque Potter réussit à l'enlacer, l'empêchant efficacement de sa dégager de son étreinte. Son dos était contre le torse musclé et ses bras étaient incapables de bouger. Il voulait qu'il le laisse tranquille! Des cris de fureur sortaient de sa gorge, et il se débattait comme un loup enragé.

-Va-t-en! Laisse-moi! Va-t-en!

C'était à cause de toutes ses conneries si sa mère était morte! C'était à cause de ce stupide que sa mère s'était suicidée! C'était à cause qu'ils étaient des Veelas… Parce qu'ils n'avaient aucun choix sur leur propre destiné. Il était venu dans le camp de Dumbledore à cause de Potter. Et maintenant… son père était mort… son père était mort… sa mère était morte… sa grand-mère était morte… tout le monde était mort. Et il ne restait que lui… que lui et une personne qu'il ne pourrait jamais avoir. Ce ne fut qu'à ce moment qu'il réalisa que ses hurlements n'étaient plus des cris de fureur, mais bien des pleurs rauques qui lui blessaient la gorge. Il n'essayait plus de sa dégager, mais Potter le tenait fermement contre son corps, lui murmurant des paroles sans queue ni tête contre son oreille. Merlin tout puissant… Oh Merlin tout puissant… Il allait mourir lui aussi.

À suivre…