Arizona patientait en salle d'interrogatoire, les yeux encore embués de larmes. L'image du corps sans vie de son amie continuait d'hanter son esprit, tout comme l'arme qu'elle tenait dans ses mains. Elle n'avait de cesse de s'interroger sur les raisons qui avaient pu la pousser à commettre l'irréparable et se blâmait de ne pas avoir été présente pour elle. De retour au poste de police, Callie et Mark prirent la direction de la salle d'interrogatoire. A leur entrée, Arizona essuya ses larmes et devina à leurs regards que l'entretien s'annonçait loin d'être courtois. Qu'avaient-ils à lui reprocher ?

Callie Torres avait pris l'habitude de se montrer impassible face à ses suspects, peu importe si la personne qui se trouvait devant elle était présumée innocente tant que la justice ne l'avait pas déclarée formellement coupable. A chaque nouveau suspect, elle appliquait la même méthode : Elle commençait par analyser l'attitude de la personne, interprétant le moindre de ses gestes puis se focalisait sur son regard qui valait selon elle tous les détecteurs de mensonges les plus perfectionnés. Concernant sa suspecte du jour, elle devait admettre que son jugement était influencé par les écrits qu'elle avait lus d'elle quelques mois auparavant. Elle se souvenait encore des mots désobligeants que cette journaliste avait employés pour décrire la Police de Chicago et cet interrogatoire lui offrait l'opportunité de régler ses comptes avec elle.

Callie : Je suis le Détective Torres et voici mon adjoint, le lieutenant Mark Sloan, effectua-t-elle les présentations alors qu'ils s'asseyaient en face d'elle. Nous sommes en charge de l'enquête sur le meurtre d'Izzie Stevens.

Arizona : Le meurtre ? releva-t-elle, perdue.

Callie : Votre amie a été tuée.

Cette révélation laissa Arizona sous le choc. Elle qui était persuadée qu'elle avait à faire face au suicide de son amie se retrouvait au cœur d'une affaire criminelle dont elle déduisit facilement qu'elle était devenue la principale suspecte à leurs yeux.

Callie : A quelle heure êtes-vous arrivée chez la victime ?

Arizona : Vers 14 heures, parvint-elle à lui répondre lorsqu'elle eut repris ses esprits, j'avais rendez-vous avec elle.

Callie : Et vous dites qu'elle était déjà morte.

Arizona : Oui. J'ai sonné plusieurs fois. Elle n'a pas répondu alors j'ai utilisé le double que j'avais. Je suis rentrée et je l'ai découverte dans le salon..., lui narra-t-elle en se remémorant douloureusement les évènements.

Callie : Pourquoi deviez-vous la voir aujourd'hui ?

Arizona : Elle m'a appelée hier en me disant qu'elle avait quelque chose d'important à me dire mais qu'elle ne pouvait pas le faire au téléphone.

Callie : Vous avez une idée de quoi elle voulait vous parler ?

Arizona : Non, aucune.

Mark : Quelles étaient vos relations avec elle ?

Arizona : On était amies depuis l'Université. On se voyait de temps en temps lorsque nos emplois du temps nous le permettaient.

Callie : Vous saviez que votre amie possédait de la drogue chez elle ?, poursuivit-elle l'interrogatoire en se levant.

Les yeux d'Arizona s'arrondirent de surprise tant elle ne s'attendait pas à se voir poser une telle question au sujet de son amie.

Arizona : Quoi ?

Callie : On a retrouvé un sachet de cocaïne dans un des tiroirs de sa chambre.

Arizona : C'est impossible, Izzie ne se droguait pas !

Callie : Ca ce sont ses analyses sanguines qui nous le diront.

Callie s'appuya d'une main sur la table et se pencha pour capturer le regard de sa suspecte.

Callie : C'est pour de la drogue que vous vous êtes disputée avec elle ?

Arizona : Quoi ? Mais qu'est-ce que vous racontez ? Je n'ai jamais touché à ces choses là !

Mark : Une balle se trouvait dans le mur du salon. Elle provient certainement de l'arme qui a tué votre amie, la balistique nous le confirmera mais cela supposerait qu'il y a eu une dispute entre la victime et son meurtrier.

Callie se redressa et fit quelques pas.

Callie : Je vais vous dire moi ce que ce qu'il s'est passé cette après-midi. Vous vous êtes disputées, certainement au sujet de la drogue et le coup est parti...

C'était sa méthode, déstabiliser l'adversaire pour mieux l'affronter.

Arizona : Elle était déjà morte quand je suis arrivée, je vous l'ai dit !, lui rétorqua-t-elle vivement. Elle tenait le révolver dans ses mains, j'ai cru qu'elle s'était suicidée.

Callie : Pourtant l'arme n'était pas dans les mains de la victime lorsque nous sommes arrivés.

La réponse, Callie la connaissait déjà, l'officier de police la lui avait fournie mais elle avait besoin de vérifier si elle maintenait sa version des faits.

Arizona : Parce que je la lui ai enlevée des mains. Je sais, c'est idiot.

Callie : Plutôt oui.

Arizona : Je n'ai pas songé un instant qu'il puisse s'agir d'un meurtre et permettez-moi de vous dire que dans de telles circonstances, on ne réfléchit pas à ce qu'on fait !

Mark : Qui d'autre que vous était au courant que vous aviez rendez-vous avec la victime ?

Arizona : Mon amie, Meredith Grey. J'ai pris un verre avec elle juste avant d'aller chez Izzie.

Callie : Elle était dans votre petit trafic aussi ?

Arizona : Mais c'est pas vrai !, s'emporta Arizona qui cédait à la colère qui montait en elle au fil des accusations. Je vous dis qu'on n'a jamais consommé de drogue ! Demandez-lui, vous verrez !

Callie : Ne vous en faites pas, ça sera fait. Donc si je résume, vous buvez un verre avec votre amie puis vous vous rendez chez Izzie Stevens et la découvrez morte. Quelqu'un peut confirmer votre version ?

Arizona : Non... Je n'ai croisé personne.

Callie : Alors vous restez notre principale suspecte.

Arizona : Je n'ai pas tué Izzie Stevens !, affirma-t-elle en se levant d'un bond.

Callie : Si ce n'est pas vous qui l'avez tuée, alors qui est-ce ?, lui répliqua-t-elle avec la même ardeur.

Arizona : Je ne sais pas. Ce n'est pas à moi de vous le dire, c'est à vous de faire votre boulot.

Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Elles se jaugèrent du regard avec intensité. Mark assista à cette joute visuelle sans émettre le moindre commentaire, conscient de la tension qui régnait entre elles. Aucune des deux n'avait l'intention de laisser l'autre prendre l'ascendant.

Callie : Vous oubliez que nous sommes tous corrompus, persifla-t-elle d'un sourire narquois.

Arizona saisit immédiatement l'allusion à son article.

Arizona : Alors c'est pour ça que vous vous acharnez sur moi. Vous vous êtes sentie visée ?, la railla-t-elle d'un sourire provocateur.

Callie rit légèrement.

Callie : Je n'ai rien à me reprocher.

Arizona : Pas plus que moi.

FIN FLASH-BACK