Callie s'octroyait un café en compagnie de Mark. Malgré toute l'énergie que la détective avait déployée afin de la faire avouer, Arizona avait maintenu sa version des faits et réfuté toutes les accusations portées à son encontre. En dépit de toute l'amertume qu'elle ressentait à l'égard de cette femme, Callie ne pouvait qu'admirer la force de caractère dont elle avait fait preuve tout au long de son interrogatoire. A aucun moment elle n'avait fléchi, défendant sa vérité jusqu'au bout.
Mark : Dis moi, c'était électrique entre vous.
Callie : Cette femme est redoutable, ça va être dur de lui faire avouer ce meurtre.
Mark : Sincèrement, tu crois vraiment qu'elle est coupable ?
Callie : Les preuves sont évidentes, non ?
Mark : Peut-être trop justement. N'oublie pas que c'est un coup de fil anonyme qui a prévenu la police. D'accord tu n'as pas digéré son article mais ce n'est pas une raison pour l'accuser d'un crime qu'elle n'a peut-être pas commis.
Callie : Je suis objective Mark. Je m'en tiens seulement aux faits.
Mark : Je crois surtout que tu as la rancune tenace.
Cristina arriva vers eux en brandissant une feuille.
Cristina : J'ai du nouveau, la victime était en couple avec Archer Montgomery, un riche homme d'affaires plutôt bien vu dans le milieu.
Callie : Génial, manquait plus que ça ! pesta-t-elle avant de boire une gorgée de caféine. Bon, on va aller le prévenir.
Mark profita de la présence de sa collègue pour mettre en avant sa vision personnelle de l'interrogatoire.
Mark : T'aurais du être dans la pièce, il y avait une de ces tensions... sexuelles !, précisa-t-il en provoquant Callie d'un sourire.
Cristina : Une tension sexuelle ? Comment ça ?, demanda l'asiatique avec une pointe de jalousie dans la voix.
Callie : Je tentais simplement de la déstabiliser, tu connais Mark il voit toujours des choses perverses là où il n'y en a pas.
Cristina : C'est ça, avoue que tu craques sur elle !
Callie : N'importe quoi. Et quand bien même ce serait le cas, il ne se passerait rien, c'est la suspecte.
Cristina : Sauf si on finit par trouver qu'elle est innocente. Là je suis certaine que tu te ferais un plaisir de lui enlever ses vêtements un par un..., ajouta-t-elle ironiquement.
Callie : T'es jalouse ?
Cristina : De Barbie ? Tu rigoles ? Je suis bien plus sexy qu'elle !
La mexicaine lâcha un léger rire d'amusement en terminant le fond de son gobelet tandis que Mark les regardait d'un air taquin. En effet, les deux jeunes femmes ne cessaient de s'envoyer constamment des piques concernant les conquêtes de l'une ou de l'autre et il était intimement persuadé que la coréenne nourrissait secrètement des sentiments pour sa meilleure amie.
Mark : Au lieu de vous disputer comme des poules, qu'est-ce qu'on fait d'elle ?, demanda-t-il en désignant la salle d'interrogatoire d'un signe de tête.
Callie : On la place en garde à vue.
Callie jeta son gobelet et remplit un verre d'eau à la fontaine. L'air austère, elle retourna en salle d'interrogatoire et l'offrit à Arizona qui l'accepta volontiers en la remerciant. Toute colère avait disparu de son regard, seule la tristesse émanait des yeux bleu azur qui se levèrent vers elle. Ce soudain signe de vulnérabilité troubla la Détective mais elle se garda bien de le montrer.
Arizona : Est-ce que je peux passer un coup de fil ?
Callie : Si c'est pour appeler un avocat c'est une bonne idée car vous allez en avoir besoin.
Arizona : Vous me mettez en garde à vue ?
Callie : Vous avez tout compris.
Un officier vint remettre les menottes à Arizona qui fut néanmoins autorisée à passer un coup de fil. Une seule personne occupait ses pensées depuis qu'elle avait été arrêtée et elle avait besoin de s'assurer que quelqu'un veillerait sur elle le temps que cette histoire soit réglée. Elle appela alors l'une des rares personnes qui bénéficiaient désormais de sa confiance : Maura Isles, l'une de ses meilleures amies.
Arizona : Maura, c'est Arizona... J'ai de sérieux ennuis.
A l'autre bout du fil, la voix de Maura laissa transparaître immédiatement une certaine inquiétude.
Maura : Qu'est-ce qu'il se passe ?
Arizona : Izzie a été tuée et la police m'accuse du meurtre.
Maura : Quoi ?, s'exclama-t-elle abasourdie. Izzie est morte ?
Maura ne l'avait croisée qu'une ou deux fois chez Arizona lors de dîners. Elle n'avait jamais particulièrement accroché avec les amies qu'Arizona s'était faites à l'Université mais elle pouvait parfaitement imaginer la peine et l'angoisse que devait ressentir son amie en cet instant.
Arizona : Oui. Je vais être placée en garde à vue alors je vais avoir besoin que tu ailles chercher Sofia à l'école et que tu t'occupes d'elle, lui demanda-t-elle alors qu'elle culpabilisait de ne pas pouvoir le faire elle-même. Je lui avais promis d'aller la chercher, elle va m'en vouloir.
Maura : Ne t'en fais pas, je vais trouver une explication à lui fournir mais je ne comprends pas, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Arizona : Je ne sais pas..., lui confia-t-elle au bord des larmes. J'avais rendez-vous avec Izzie après le déjeuner et quand je suis arrivée, elle était morte.
Maura : Je vais te trouver un bon avocat, on va te sortir de là.
Arizona : Embrasse Sofia de ma part et dis lui que je l'aime.
Maura : Ce sera fait. Je te promets de prendre soin d'elle.
Arizona remercia son amie puis raccrocha. L'officier l'amena alors jusqu'à sa cellule où il libéra ses poignets. Elle s'assit sur le banc et ses pensées se tournèrent vers sa fille.
