Callie stationna son véhicule de fonction dans une rue avoisinant le domicile d'Arizona Robbins. Il était situé en plein cœur d'un des quartiers les plus célèbres de Chicago. Adresse en main, la jeune flic se dirigea avec sa collègue vers l'immeuble qui les intéressait.
Cristina : Dis donc, c'est pas vraiment le quartier d'une trafiquante de drogue.
Callie : Sauf si tu t'es enrichie en en vendant.
Cristina : Tu crois qu'Archer Montgomery a raison lorsqu'il nous dit qu'Arizona Robbins est innocente ?
Callie : Notre travail est d'apporter les preuves de sa culpabilité, pas de trouver celles qui pourraient la disculper. Ca, c'est le boulot de la défense. Si on trouve rien, alors peut-être qu'on pourra songer à la possibilité qu'elle est innocente mais en attendant, elle reste notre principale suspecte.
Les deux femmes entrèrent dans l'immeuble et montèrent dans l'ascenseur afin d'atteindre le dernier étage. Elles utilisèrent les clés saisies dans les affaires d'Arizona et découvrirent le lieu de vie de leur suspecte. Contrairement à leurs préjugés, l'appartement duplex n'était pas particulièrement luxueux, il était même d'une simplicité étonnante. La porte d'entrée donnait dans une vaste pièce qui regroupait la cuisine, le salon ainsi que la salle à manger. La peinture blanche cohabitait harmonieusement avec les décorations colorées qui égayaient les murs. Le mobilier était moderne et agrémenté également de quelques touches de couleurs vives. Cet endroit contrastait singulièrement avec la personnalité qu'avait laissée entrevoir Arizona. Il était chaleureux et respirait le bonheur.
Cristina : En tous cas, elle a une belle vue, déclara Cristina en admirant le panorama qui lui était offert sur le lac à travers la fenêtre. Je monte à l'étage.
Callie fit quelques pas dans le salon où le départ matinal semblait s'être fait dans la précipitation. Une tasse contenant un fond de café traînait encore sur le comptoir, une poupée reposait sur le canapé, des crayons de couleurs et un dessin inachevé occupaient la table basse. Son inspection la mena jusqu'à la cheminée où trônaient une série de photos. La jeune journaliste y figurait en compagnie d'un bébé puis d'une petite fille au teint hâlé. Elle était magnifique. Ses traits du visage étaient fins, ses yeux pétillaient de malice et son sourire lui donnait une bouille d'ange. L'amour et la complicité qui émergeaient de ces souvenirs exposés ne laissaient aucun doute sur la nature de leur relation : Arizona était la mère d'une sublime petite fille. Cette découverte troubla Callie qui s'était forgé une image d'Arizona à mille lieux de celle qui se dévoilait petit à petit à elle. Elle se l'était imaginée égoïste, carriériste, opportuniste et sombre. A vrai dire, en dehors de sa beauté, elle ne lui avait trouvé aucune qualité si ce n'est sa pugnacité mais cette visite dans une partie intime de sa vie remettait en cause son jugement. Arizona semblait être dotée de beaucoup plus de qualités qu'elle n'avait voulu lui en accorder et elle était curieuse de connaître la femme qu'elle était vraiment. Callie sourit en découvrant la toile qui surplombait le canapé. Des empreintes multicolores de mains et de pieds d'enfants la tapissaient. Arizona aimait sa fille au point d'exposer la moindre de ses œuvres et cet amour était réciproque à en juger le nombre importants de dessins qui ornaient la pièce.
Pendant ce temps, Cristina procédait à l'inspection des chambres. Elle ne trouva pas utile de désordonner la chambre de la petite aussi ne s'y attarda-t-elle pas, se contentant d'y jeter un rapide coup d'œil à la recherche d'un élément qui aurait pu lui paraître suspect. Arrivée dans la chambre d'Arizona, elle commença par balayer la pièce du regard puis ouvrit les différents placards. Le contenu d'un tiroir retint son attention et elle appela sa supérieure.
Callie : Tu as trouvé quelque chose ?, lui demanda-t-elle en entrant dans la pièce.
Cristina : Ton bonheur, lui répondit-elle avec amusement en lui dépliant une nuisette noire en soie.
Callie : Je te rappelle qu'on recherche des preuves de sa culpabilité.
Cristina : C'est un crime de porter une telle lingerie ! , lui répliqua-t-elle en rangeant sa trouvaille. On peut corrompre n'importe quel officier de police avec ça.
Callie : Ferme ce tiroir !, lui ordonna-t-elle avant de regarder autour d'elle.
La chambre était à l'image du reste de l'appartement : simple et moderne. Un parfum agréable l'embaumait : c'était celui que portait Arizona lors de son interrogatoire. Callie le reconnut car c'était un des rares détails qui l'avait séduite chez la jeune femme. Une nouvelle fois, ce furent des photos qui monopolisèrent son attention. Elles mettaient en avant un homme. Au vue de la ressemblance avec la journaliste, la Détective en déduisit qu'il devait s'agir certainement de son frère. Il apparaissait sur certaines avec sa sœur, sur d'autres avec sa nièce. Toutes offraient l'image d'une famille unie et définitivement sans histoire. Callie s'apprêtait à quitter la chambre lorsque son regard s'égara sur une nuisette qu'avait sans doute portée Arizona lors de la nuit passée et elle devait reconnaître que Cristina avait raison : cette lingerie invitait facilement à céder au pêcher de la luxure mais elle était tout à fait à son goût. Elle se surprit à imaginer le tissu soyeux enveloppant les courbes voluptueuses d'Arizona et se sentit traverser par une vague de chaleur. Elle détourna son regard de l'objet de son fantasme et tenta de se focaliser de nouveau sur son enquête.
Callie : Si elle détient de la drogue, ce n'est certainement pas ici qu'elle va la garder alors que sa fille vit sous ce toit.
Après un rapide passage dans la salle de bain, les deux femmes redescendirent et entendirent la porte s'ouvrir. Maura et Amelia entrèrent en compagnie de Sofia. Leurs regards se durcirent dès qu'elles aperçurent les deux officiers.
Maura : Qu'est-ce que vous faites ici ?
Sofia fixa les deux étrangères avec timidité. Elle sentait que ces deux personnes étaient liées à l'absence de sa mère. Elle serra un peu plus fort la main d'Amelia lorsque son regard croisa celui de Callie. La jeune femme ne s'attendait pas à la rencontrer aussi tôt. Ce n'était plus la petite fille joviale des photos qu'elle avait devant elle mais une enfant marquée par le chagrin. Callie culpabilisa. C'était elle qui était à l'origine de cette séparation temporaire, peut-être permanente, c'était elle qui avait enlevé son sourire à cette enfant et elle avait du mal à l'assumer.
Callie : Je suis le Détective Torres et voici mon adjointe, le Lieutenant Yang. Nous sommes chargées de l'enquête sur le meurtre d'Izzie Stevens et procédons à l'inspection de cet appartement.
Amelia : Vous ne trouverez rien ici. Arizona est une personne honnête et innocente du crime dont vous l'accusez.
Maura sentit qu'il ne valait mieux pas que Sofia assiste à cet échange qui promettait d'être houleux. Elle lui demanda de monter dans sa chambre. La petite fille grimpa les escaliers mais une fois arrivée en haut, s'arrêta et s'accroupit pour écouter discrètement la conversation.
Maura : Vous ne pouvez pas parler d'Arizona ainsi devant sa fille. La petite ignore que sa mère a été arrêtée.
Sofia ouvrit de grands yeux. Pourquoi la Police avait-elle donc arrêté sa mère ? Il n'y avait pourtant que les méchantes personnes qui étaient mises en prison. Perturbée, elle écouta attentivement la suite de la conversation.
Callie : Nous vous prions de nous excuser, nous ignorions que votre amie avait une fille. Je sais que cette situation n'est évidente pour personne mais votre amie est suspectée de meurtre et nous avons besoin d'enquêter sur elle.
Amelia : Etre suspecté ne veut pas dire qu'on est coupable. Vous ne voyez pas que toute cette histoire est bien trop évidente ?
Callie : Est-ce que vous lui connaissez des ennemis ? Des gens qui puissent lui en vouloir ?
Cristina s'étonna de ce revirement soudain de la part de sa supérieure. Elle qui proclamait haut et fort que son devoir était de trouver de quoi inculper définitivement Arizona Robbins, semblait maintenant s'intéresser à des informations qui permettraient de remettre en doute l'accusation qui pesait sur elle.
Amelia : Non... Enfin, elle ne s'est jamais entendue avec Archer Montgomery. Il n'a jamais accepté qu'elle sorte avec sa sœur.
Cette parole suscita l'intérêt de Callie aussi bien au niveau professionnel que privé. Ainsi Arizona n'était-elle donc pas insensible au charme féminin. Décidément, cette femme lui réservait bien des surprises. Cette bonne nouvelle ne la détourna cependant pas de son objectif : Obtenir assez de renseignements qui lui permettraient d'avancer dans son enquête et son instinct lui indiquait que ces femmes seraient ses meilleures alliées dans cette tâche.
Callie : Arizona est sortie avec sa sœur ?
Maura : Oui, Addison Montgomery. Leur relation a duré deux ans et demi. Elles ont rompu il y a huit mois après qu'Archer ait demandé à sa sœur de mettre fin à leur relation.
Callie : Vous savez pourquoi ?
Amelia : Il n'a jamais accepté l'idée que sa sœur puisse aimer les femmes.
Callie : Comment Arizona a vécu leur rupture ?
Amelia : Mal évidemment.
Callie : Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur Izzie Stevens ?
Amelia : Je ne la connaissais pas très bien. Mais pour moi cette fille n'était pas claire.
Maura : Amelia..., la rappela-t-elle une nouvelle fois gentiment à l'ordre.
Callie : Vous pensez qu'elle pourrait avoir touché à la drogue ?
Amelia : C'est probable. Elle était photographe et il lui arrivait de travailler sur des défilés. Travaillant moi-même dans le milieu, je ne vous apprendrai rien en vous disant que la drogue y circule facilement. Mais comme vous dirait Maura, ce ne sont que mes suppositions.
Maura : On n'a jamais été proches des amies qu'Arizona a rencontrées à l'Université. On ne s'est jamais vraiment appréciées.
Callie : Je vous remercie pour ces informations. On ne va pas rester plus longtemps. Prenez soin de la petite. Nous tâcherons de lui permettre de rentrer en contact avec sa mère, les informa-t-elle ce qui surprit une nouvelle fois sa coéquipière.
Sofia se dépêcha d'aller dans sa chambre, encore bouleversée par ce qu'elle venait d'entendre. Maura raccompagna les deux flics et referma la porte sur elles.
Maura : Bravo Amelia, grâce à toi on vient de leur fournir un mobile idéal, lui reprocha-t-elle avant de monter voir Sofia.
Callie et Cristina sortirent de l'immeuble et regagnèrent leur véhicule.
Cristina : Dis moi, depuis quand tu t'es transformée en Mère Theresa ? Je croyais qu'on devait se contenter de trouver des preuves de la culpabilité d'Arizona, lui fit-elle remarquer en ouvrant la portière côté passager.
Callie : Je commence simplement à me demander si elles n'ont pas raison. Et si on avait voulu accuser Arizona ? Tu trouves pas ça étrange toi qu'un coup de fil anonyme nous prévienne du meurtre ?, lui demanda-t-elle en s'accoudant sur le haut de sa propre portière.
Cristina : Tu penses que la personne qui a prévenu la police est le meurtrier ?
Callie : C'est exactement ce que je pense. Je peux pas croire qu'une femme comme Arizona qui a une petite fille adorable, tue une de ses amies pour se venger de son ex beau-frère, simplement parce qu'il a mis fin à son histoire d'amour huit mois plus tôt. Ca n'a pas de sens. Pourquoi maintenant alors qu'elle aurait pu le faire avant ? Vérifie-moi où se trouvait Archer Montgomery au moment du meurtre. Son beau discours sur l'innocence d'Arizona sonne faux à présent.
