Merci à tous ceux qui suivent cette fic et la commentent, c'est vraiment motivant.

Bonne lecture !


Au commissariat, un officier vint mettre fin à la solitude d'Arizona. Il la menotta et l'emmena dans une salle où l'attendait une femme qui l'accueillit chaleureusement d'un sourire. Une fois qu'il eut libéré ses poignets, il laissa les deux femmes s'entretenir en privé.

Teddy : Bonsoir, je suis Maître Altman. Votre amie, Maura Isles, m'a contactée afin que je vous représente.

Arizona : Bonsoir Maître, lui retourna-t-elle la politesse en serrant la main qu'elle lui tendait.

Teddy Altman était une spécialiste des procès médiatiques. Dès qu'elle avait été en charge de l'affaire, elle avait effectué quelques recherches sur sa cliente dont le nom ne lui était pas inconnu. Elle portait un profond respect à cette journaliste qui effectuait son métier en restant fidèle à ses valeurs et défendait ses convictions à ses risques et périls. Ses articles avaient le mérite d'apporter à ses lecteurs la vérité, une honnêteté qui avait un prix et lui valait sans doute aujourd'hui la place de l'accusée. Nombreux étaient ceux qui souhaitaient la voir tomber et qui devaient aujourd'hui se réjouir que quelqu'un y soit parvenu. Elle l'invita à s'installer autour de la table.

Teddy : N'ayant pas accès à votre dossier, j'ai besoin que vous me disiez exactement ce que vous avez dit à la police lors de votre interrogatoire.

Arizona lui résuma en détails les derniers jours qui venaient de s'écouler. Le coup de fil d'Izzie la veille, son déjeuner avec Meredith, la découverte du corps de son amie, son interrogatoire. Elle n'éluda aucune des questions de son avocate, répondant avec honnêteté à chacune d'entre elles, même les plus épineuses au sujet d'Archer. De son côté, Teddy l'écoutait attentivement, à l'affut du moindre élément qui lui permettrait de la blanchir.

Teddy : Il n'y a personne qui puisse témoigner en votre faveur ? Je ne sais pas, vous ne vous êtes pas arrêtée en chemin à un endroit ?

Arizona : Non... Après avoir quitté mon amie, je me suis rendue directement chez Izzie.

Teddy : Très bien. Au vu des éléments, je serais d'avis que nous avancions la thèse du piège. Vous ne savez pas qui aurait pu vous en vouloir particulièrement ?

Arizona : Non... Vous savez, avec le métier que je fais, il est facile de me faire des ennemis. Je n'ai pas pour habitude de ménager qui que ce soit dans mes articles.

Teddy : Je suis au courant oui, déclara-t-elle d'un sourire. Votre audience préliminaire a été fixée à demain. On va plaider non coupable et je vais demander votre mise en libération sous caution. Normalement, le juge devrait vous l'accorder. Le fait que vous ayez une enfant joue en votre faveur. Ne vous en faites pas, je vais vous sortir de là.

A la fin de l'entretien, Arizona remercia son avocate et elles se quittèrent sur une poignée de mains. La sortie de Teddy ne passa pas inaperçue auprès d'Henry qui leva les yeux de ses dossiers et contempla cette femme dont le charme ne le laissait pas insensible. Il fut comblé lorsque qu'elle lui accorda un sourire auquel il se fit un plaisir de répondre.

Henry : Sexy l'avocate !, commenta-t-il à l'intention de son collègue qui vérifia ses dires en admirant à son tour la jeune femme.

Callie arriva juste à temps pour surprendre ses collègues.

Callie : Non mais c'est pas vrai ! , se murmura-t-elle à elle-même avant de les interpeller. Hey les gars ! Ce n'est pas une agence de rencontres ici. Je veux vous voir immédiatement dans mon bureau.

Le ton autoritaire de leur supérieure les ramena instantanément à la réalité. Ils rassemblèrent les informations qu'ils avaient collectées et suivirent leurs deux collègues féminines dans le bureau de Callie où ils firent le point sur l'enquête.

Callie : J'espère que vous avez du nouveau !, les prévint-elle en ôtant sa veste en cuire qu'elle accrocha au dossier de sa chaise.

Henry : Oui, le relevé des appels téléphoniques de la victime confirme la version de notre suspecte. Elle est bien la dernière personne que Stevens ait appelée la veille de sa mort.

Callie : Et la victime a reçu des appels ?

Henry : Oui. Son petit ami l'a appelée à plusieurs reprises ainsi qu'une dénommée Meredith Grey, lui apprit-il en lui tendant une feuille.

Callie : C'est une de ses amies, celle avec qui Arizona a déjeuné, lui précisa-t-elle en étudiant le document. Vous avez trouvé des infos sur l'arme ?

Mark : Elle appartenait à la victime. Apparemment elle l'avait achetée trois jours avant sa mort.

Callie : Elle se sentait menacée ?

Henry : On n'en sait rien mais on a reçu les résultats du labo, il n'y a que ses empreintes et celle de notre suspecte dessus.

Callie : Evidemment...

Mark : La balle qu'on a retrouvée logée dans le mur provient bien de la même arme.

Callie : Et concernant le coup de fil anonyme, on sait d'où il a été passé ?

Mark : D'une cabine au coin de la rue mais on n'a aucun témoin.

Callie : Ca commence à faire beaucoup de zones d'ombre, réfléchit-elle à haute voix en s'asseyant sur le rebord de son bureau.

Henry : Et vous la perquisition ?

Cristina : Ca n'a rien donné, aucune trace de drogue.

Callie : Imaginons un instant qu'Arizona Robbins ne soit pas la meurtrière contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire. Izzie se dote d'une arme trois jours avant sa mort. Hier, elle appelle Arizona pour lui donner rendez-vous en disant qu'elle a quelque chose d'important à lui confier et aujourd'hui, on la retrouve morte à son domicile. Vous ne trouvez pas ça étrange ?

Mark : Tu penses qu'on a voulu l'empêcher de parler ?

Callie : A mon avis, c'est ce qu'elle s'apprêtait à dire qui lui a coûté la vie. Arizona n'a servi qu'à détourner les soupçons du vétitable meurtrier. Vous avez trouvé des infos sur elle ?

Mark : Casier judiciaire vierge, carrière exemplaire. Rien qui ne permette de la soupçonner de meurtre.

Callie arbora un petit sourire victorieux.

Henry : Il y a tout de même quelque chose. Elle a perdu son frère Timothy Robbins, journaliste également, il y a deux mois. Son corps a été retrouvé dans le lac Michigan. Il avait été tué par balle la veille.

Le sourire de Callie s'effaça. Elle prit d'une main tremblante la feuille qu'Henry extirpa du dossier. La stupeur s'accrut au fil de sa lecture. Tout concordait et pourtant non, c'était impossible. Bouleversée par ce qu'elle venait de découvrir, Callie s'excusa auprès de ses collègues et s'empressa de sortir de la pièce. Elle se réfugia dans un bureau inoccupé où elle fondit en larmes. La douleur intense contre laquelle elle luttait depuis deux mois venait de se raviver à la simple évocation d'un prénom. Son passé était lié à celui d'Arizona, cette femme qui la troublait en éveillant en elle des émotions qui l'effrayaient, des sentiments qu'elle s'était toujours refusé de ressentir. Comment le sort pouvait-il s'acharner autant sur elle ?

Au bout de quelques minutes, ses pleurs s'atténuèrent et sa souffrance céda la place à la colère. Cette affaire prenait un tournant personnel. Elle était déterminée à faire tomber celui qui lui avait arraché la personne à laquelle elle tenait le plus. Cette fois-ci, elle ne laisserait pas le même scénario se reproduire. C'était lui ou elle.

Convaincue à présent de l'innocence d'Arizona, il fallait qu'elle parvienne à en apporter les preuves afin de la libérer. Même si elle comptait bien régler personnellement cette histoire, elle allait avoir besoin d'une alliée et Arizona était la personne idéale. Après tout, son combat était également le sien à présent même si elle l'ignorait encore. Elle prit une profonde inspiration, essuya ses larmes et retourna auprès de ses collègues qui accueillirent son entrée en silence. Tous les trois la dévisagèrent, encore troublés par la scène qui venait de se dérouler sous leurs yeux. Il n'avait pas pour habitude de voir leur supérieur exprimer le moindre signe de vulnérabilité. La seule fois où ils en avaient été témoins remontait à deux mois et la même haine enflammait son regard à ce moment là.

Callie : Excusez-moi, reprenons. Je suppose que le meurtrier n'a pas été retrouvé.

Henry : Non, les flics ont classé l'affaire.

Callie : D'où l'article assassin à l'égard de la police de Chicago... Bon écoutez, je pense que cette histoire ne se limite pas uniquement à Izzie Stevens. Je pense savoir qui est derrière tout ça mais je vais avoir besoin que vous me fassiez confiance et que vous m'obéissiez sans me poser de questions. Croyez-moi, cette affaire est bien plus complexe que vous ne pouvez l'imaginer.

Mark : Tu veux qu'on cesse de chercher des preuves contre Arizona Robbins et qu'on explore d'autres pistes en douce, c'est ça ?

Callie : Je comprendrais que vous ne vouliez pas me suivre.

Henry : On forme une équipe, on marche avec toi.

Callie : Vous êtes bien conscients qu'il faut que ça reste entre nous. Si jamais ça remonte aux oreilles de Stark, c'est nos carrières qui sont en jeu.

Mark : Ne t'en fais pas, on sera vigilants.

Callie remercia ses collègues qui faisaient preuve une nouvelle fois de loyauté envers elle. Une fois qu'elle fut seule, elle s'installa dans son fauteuil et ouvrit le dossier regroupant tous les éléments portant sur le meurtre de Timothy Robbins. Il lui fournissait enfin une partie des réponses aux interrogations qu'elle se posait depuis deux mois. Tout devenait limpide. Son regard se perdit sur une photo qui dépassait du dossier traitant de l'affaire Stevens. Elle la prit et admira d'un tendre sourire celle qu'elle avait accusée à tort. Leur rencontre n'était pas un hasard après ce qu'elle venait de découvrir. Le destin semblait s'être immiscé dans leur vie mais contrairement à son frère, elle n'échouerait pas. Elle était résolue à la protéger et pour cela, elle allait devoir gagner sa confiance sans rien lui révéler au risque de la mettre encore plus en danger qu'elle ne l'était sûrement déjà. Elle avait conscience qu'Arizona la haïrait lorsqu'elle découvrirait la vérité mais elle ne voyait aucune autre solution. Elle avait besoin des informations qu'Arizona serait susceptible de détenir à propos de son frère. Elle reposa la photo et se leva pour aller admirer la vue de Chicago. En temps normal, ce spectacle nocturne l'apaisait mais ce soir, la haine de son ennemi intime dominait. Callie n'avait plus qu'un nom en tête :

Callie : A nous deux Shake...