Son frère y apparaissait souriant. A ses côtés, une magnifique jeune femme d'origine latine le couvrait d'un regard amoureux. Ces yeux noisette, ces cheveux noirs de jais, cette peau tannée, autant de ressemblances avec la femme pour laquelle elle s'était secrètement éprise.

Arizona : Aria...

April : Tu la connais ?

Arizona : C'est la femme qu'aimait mon frère..., lui répondit Arizona sans quitter l'écran des yeux. Et si je me fie à mon intuition, la sœur de celle qui m'a mise en garde à vue.

Arizona leva le regard vers April qui semblait toute aussi perdue.

April : Qu'est-ce que ça signifie ?

Arizona : Que je ne peux faire confiance à personne...

La déception et le sentiment de trahison dominaient. Callie était-elle au courant du lien qui unissait leurs deux familles ? Etait-il la raison pour laquelle elle avait finalement pris son parti ?

April : Qu'est-ce que tu vas faire ?

Arizona : Tâcher de comprendre. Cette histoire me dépasse totalement. Je ne comprends plus rien.

April : Tu sais que si tu as besoin, tu peux compter sur moi.

Arizona hocha la tête, un léger sourire aux lèvres.

Arizona : Merci April.

April retourna à son bureau. Arizona abandonna son objectif premier et chercha sur Internet une liste de détectives privés. Avant de poursuivre son enquête, elle avait besoin d'éclaircir certains points. Elle prit contact avec l'un d'entre eux et lui donna rendez-vous dans l'un des cafés de la ville.

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Callie exultait. Non seulement elle détenait la preuve de l'innocence d'Arizona mais en plus elle aurait le plaisir de voir la tête du procureur se décomposer. C'est avec une certaine impatience qu'elle débarqua dans son bureau.

Avery : Ah Torres ! J'espère que vous avez une bonne nouvelle à m'annoncer.

Callie : Oui, je vais vous éviter de commettre la plus grosse erreur judiciaire de votre carrière, lui annonça-t-elle en lui plaçant une photo sous les yeux. Vous pouvez abandonner vos poursuites contre Arizona Robbins, elle est innocente.

Avery observa le cliché qui n'était autre qu'une capture d'une vidéo de surveillance. On pouvait clairement y identifier Arizona Robbins.

Callie : Une caméra de surveillance l'a filmée à 13h50 dans la rue comme en atteste cette capture. Vous voyez-ici, l'heure y est indiquée, lui précisa-t-elle en pointant ce détail du doigt. Elle ne peut donc pas avoir tué Izzie Stevens. Si vous en doutez encore, voilà une copie de plusieurs enregistrements de caméras de surveillance tout au long de son itinéraire.

Avery serra les dents. La détective venait de lui ôter une affaire qui aurait pu accroître son prestige au vu des retombées médiatiques dont aurait bénéficié le procès. La colère s'empara de lui.

Avery : Dans quel camps êtes-vous Torres ? Vous étiez censée apporter les preuves de sa culpabilité, pas de son innocence !

Callie : Mon travail est de mettre en cellule des coupables, pas des innocents !, lui répliqua-t-elle avec la même fougue. Son avocate est en possession des mêmes éléments, vous devriez me remercier, je vous évite de vous ridiculiser devant le juge.

Sur ces mots, Callie quitta le bureau du procureur avec le sentiment du devoir accompli. Avant leur entretien, elle avait posté anonymement une enveloppe à l'attention de Maître Altman. La première étape de sa résolution était couronnée de succès, la seconde l'attendait. L'audience passée, elle serait libre de conquérir ée par cette perspective, elle eut l'envie de partager sa joie avec la principale concernée. Arizona se rendait à son rendez-vous lorsqu'elle croisa Callie en bas de sa rédaction.

Callie : Arizona, justement, j'allais venir vous voir.

Arizona : Je n'ai pas le temps, j'ai un rendez-vous, lui répliqua-t-elle d'un ton glacial sans daigner s'arrêter.

Cet accueil inattendu désorienta Callie qui tenta de retenir la jeune femme par le bras.

Callie : Arizona...

Arizona : Ne me touchez pas !, lui ordonna-t-elle vivement en se retournant. Je ne veux plus que vous vous approchiez de moi, ni de ma fille !

Une colère incompréhensible aux yeux de Callie jaillissait du regard azur. Quel nouvel élément avait de nouveau entaché la confiance d'Arizona envers elle ?

Callie : Arizona, qu'est-ce qui vous prend ?

Arizona : Oubliez notre accord. Je ne veux plus jamais avoir à faire à vous. Si vous souhaitez entrer en contact avec moi, passez par le biais de mon avocate. Désormais, nous ne sommes plus dans le même camp toutes les deux.

Médusée, Callie vit la silhouette de la jeune femme disparaitre au coin de la rue.

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Owen Hunt attendait l'arrivée de sa nouvelle cliente. Il avait l'habitude d'être engagé pour toutes sortes de missions, principalement pour effectuer la filature d'un mari soupçonné d'infidélité mais l'investigation restait son domaine de prédilection. Arizona franchit la porte du café et chercha du regard l'homme qui pourrait correspondre au profil qu'elle se faisait d'un détective. En voyant la jeune femme scruter la salle, Owen se leva.

Owen : Mlle Robbins ?

Elle se tourna vers son interlocuteur et se rapprocha.

Arizona : Arizona Robbins, se présenta-t-elle en souriant.

Owen : Owen Hunt.

Ils se serrèrent la main puis Arizona s'assit en face de lui.

Owen : Alors, qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

Arizona : J'aimerais que vous effectuiez plusieurs recherches. Tout d'abord sur Aria Torres, lui indiqua-t-elle en lui présentant la photo du couple. J'aimerais entrer en contact avec elle alors si vous pouviez me trouver son adresse. Tout ce que je sais, c'est que durant une période, elle s'est droguée. Mon frère m'a parlé d'un squatte qui se situait à North Lawndall, je crois. Sa sœur est flic, Détective Calliope Torres. Elle se charge d'une enquête à laquelle je suis mêlée et c'est la deuxième personne sur laquelle j'aimerais que vous enquêtiez.

Owen : Vous voulez que je me renseigne sur un officier de police ?

Arizona : J'ai des raisons de croire qu'elle ne joue pas franc-jeu avec moi et qu'elle a de nombreux secrets. Ca vous pose un problème ?

Owen : Aucun, je vous recontacte dès que j'ai du nouveau.

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Durant tout l'après-midi, Arizona explora l'ordinateur de son frère. A son grand désespoir, il ne contenait aucune donnée sur son enquête mais regorgeait de photos privées. Elle les fit défiler une par une. Un sourire mélancolique se forma sur ses lèvres à la vue du bonheur éphémère qu'avait connu le couple avant que son frère ne perde la vie. Elle chassa ces pensées douloureuses en fermant l'ordinateur et espéra avoir plus de chance avec l'agenda. Elle le feuilleta à la recherche de la moindre piste. De nombreuses adresses étaient gribouillées par endroit. Arizona releva chacune d'entre elles et les entra sur son ordinateur afin de voir à quel bâtiment elles correspondaient. Une renvoyait à un local où se tenait une réunion des Narcotiques Anonymes, une autre l'intrigua particulièrement. Elle correspondait à une usine désaffectée qui avait subi un incendie quelques mois auparavant. Pourquoi avait-elle pu l'intéresser ?

De son côté, Callie ne s'était pas remise de sa violente altercation avec Arizona. Elle tenta de la joindre à plusieurs reprises mais la jeune femme rejeta ses appels. Avait-elle déjà découvert la vérité ? Si tel n'était pas le cas, mieux valait ne rien lui dire au risque d'aggraver la situation. L'après-midi passa sans qu'elle ne montre un grand intérêt pour son travail. Ses pas la guidèrent devant le domicile de la jeune femme en début de soirée. Elle n'osa appeler sur le fixe, Arizona aurait certainement vu ce geste comme une intrusion dans sa vie privée, et s'en tint à son portable. Aucune réponse. La salle de sport fut de nouveau son exécutoire. Le sac de frappe reçut toute la colère qu'elle cultivait à l'égard de cet homme qui continuait de la priver des personnes qu'elle aimait. Après lui avoir pris sa sœur, il éloignait d'elle la seule personne susceptible de comprendre ce qu'elle endurait depuis deux mois. Elle frappa jusqu'à épuisement. Sa rage s'était transformée en tristesse. Cette distance entre Arizona et elle l'ébranlait beaucoup plus qu'elle ne l'aurait imaginée. A la sortie de la salle de sport, Callie tenta une énième fois d'obtenir une conversation avec elle. La messagerie s'enclencha une nouvelle fois. Callie soupira et lui laissa cette fois-ci un message.

Callie : Arizona... Je vous en prie, j'aimerais comprendre pourquoi ce revirement soudain... S'il vous plaît, rappelez-moi... Prenez soin de vous et ne tentez rien de stupide...

Allongée sur son lit, Arizona regarda son portable vibrer. Sans doute était-ce une nouvelle fois Callie. Elle l'attrapa et hésita quelques secondes avant de supprimer le message sans prendre la peine de l'écouter.

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Arizona prenait son petit-déjeuner en compagnie de sa fille. C'était l'un de ses moments favoris de la journée lorsque le réveil ne leur faisait pas défaut et abrégeait le temps consacré à cet instant familial. Le téléphone sonna. Sofia se dépêcha d'aller décrocher sous le regard attendri de sa mère.

Sofia : Allô ?, répondit-elle de sa petite voix. Oui.

Arizona secoua la tête avec amusement lorsque sa fille lui apporta le combiné. Sofia grimpa sur ses genoux et attrapa son bol de céréales pour le terminer.

Arizona : Allô ?, dit-elle en saisissant l'appareil tout en passant un bras autour de la taille de sa fille.

Teddy : Mlle Robbins, c'est Maître Altman. J'ai une excellente nouvelle pour vous. J'ai reçu une enveloppe contenant la bande-vidéo de caméras de surveillance de la ville. On vous y voit très nettement à l'heure du meurtre.

Arizona : Qui vous a envoyé cette enveloppe ?

Teddy : Je ne sais pas, elle est anonyme mais une nouvelle audience a été programmée pour cette après-midi. Le procureur va demander l'abandon de toutes les charges à votre égard.

Arizona : C'est vrai ?

Teddy : Oui, nous avons gagné. Il n'y aura pas de procès.

Au-delà de la joie qu'elle ressentit, Arizona s'interrogea aussitôt sur l'identité de la personne qui venait de voler à son secours. Elle remercia son avocate puis raccrocha.

Sofia : C'était qui ?

Arizona : Mon avocate, c'est elle qui défend Maman devant le juge. Elle a des documents qui prouvent que Maman n'a pas fait la bêtise dont la Police l'accuse.

Sofia : Alors tu ne vas plus retourner en prison ?

Arizona : Non, confirma sa mère d'un sourire.

Sofia l'embrassa sur la joue et glissa ses bras autour de son cou en souriant.

Arizona : Bon, on va aller préparer ton sac comme tu m'abandonnes ce soir.

Sofia : La maman d'Emily, elle a dit qu'on allait regarder un dessin animé comme on n'a pas école demain !

Arizona : Ouh, dis donc, tu en as de la chance !

Sofia : Tu vas faire quoi toi ?

Arizona : Je ne sais pas encore, certainement regarder la télé aussi.

Sofia : Tu peux aussi inviter une copine à dormir.

Sa mère rit.

Arizona : Je vais y réfléchir.

Elle embrassa sa fille puis elles terminèrent de prendre leur petit-déjeuner. Sur le chemin de l'école, elle reçut un appel d'Owen Hunt qui avait déjà obtenu toutes les informations qu'elle lui avait sollicitées. Après avoir accompagnée sa fille, elle retrouva le détective au même endroit que la veille.

Arizona : Vous avez été rapide.

Il poussa un dossier devant elle alors qu'elle s'installait.

Owen : Voici tout ce que j'ai pu rassembler sur Callie Torres.

Arizona : Rien de suspect ?, l'interrogea-t-elle en ouvrant le dossier.

Owen : Non. Une enfance heureuse à Miami, une carrière sans faute. Je ne pense pas que vous ayez à craindre quoi que ce soit d'elle.

Arizona : Et concernant Aria ?

Owen : Elle est décédée d'une overdose il y a deux mois. On a retrouvé son corps sur un banc du Lincoln Park un matin.

Deux mois. Lincoln Park. Autant d'éléments qui la renvoyaient à sa propre histoire. Son frère et sa sœur avaient connu le même destin tragique qu'ils devaient au même homme. La visite de Callie au cimetière prenait soudainement tout son sens, tout comme son attitude à son égard. Elle savait.

Owen : Il y a un problème ?, demanda-t-il devant son air interdit.

Arizona : Mon frère a été tué il y a deux mois et son corps a été retrouvé dans le lac au niveau du Lincoln Park.

Owen : Vous pensez qu'il y a un lien entre ces deux morts ?

Arizona : Je pense qu'il y a une personne qui va pouvoir me le dire.

Arizona remercia Owen et rémunéra ses services. Elle glissa les dossiers dans son sac et quitta l'établissement. Elle feuilleta l'agenda de son frère et retrouva l'adresse du groupe de soutien auquel participait Aria. Une réunion était en cours. Arizona patienta discrètement dans un coin. Elle s'approcha de celui qui avait semblé mener la discussion lorsque le groupe se sépara.

Arizona : Bonjour, je suis Arizona Robbins, la sœur de Timothy Robbins.

Mike : Oh, bonjour. Mike Hodgson, se présenta-t-il en serrant sa main.

Arizona : Mon frère est souvent venu ici ?

Mike : Oui, il accompagnait régulièrement une jeune femme, lui révéla-t-il en se dirigeant vers le buffet.

Arizona : Aria, n'est-ce pas ?, présuma-t-elle alors qu'il lui servait un café. Si je suis venue vous voir, c'est parce que j'aimerais que vous me parliez d'elle.

Mike : C'était une chouette fille, déclara-t-il en lui tendant un gobelet. Votre frère l'aimait beaucoup. C'est lui qui l'a incitée à nous rejoindre. Grâce à lui, elle avait vraiment remonté la pente. Elle était redevenue complètement clean. J'arrive pas encore à croire qu'elle ait replongé. Tout allait mieux dans sa vie depuis qu'elle avait rencontré votre frère.

Arizona : Justement, est-ce que vous pensez que la mort de mon frère a pu la pousser à se suicider ?

Mike : Aria était une femme fragile mais forte à la fois. Si elle avait sombré, c'était seulement parce qu'elle avait fait de mauvaises rencontres. Votre frère l'a sauvée. Elle lui devait la vie et je pense qu'au contraire, elle se serait battue pour lui. A mon avis, elle s'était mise en tête de trouver son meurtrier et c'est peut-être ce qui l'a conduit à sa perte...

Arizona : Vous ne croyez pas à la simple thèse de l'overdose alors...

Mike : Non. Quelqu'un a du lui administrer cette quantité de drogue.

Arizona : Quand est-ce que vous l'avez vue pour la dernière fois ?

Mike : Elle devait venir à une réunion quelques jours avant sa mort mais elle ne s'est jamais présentée. La dernière fois doit remonter à une semaine avant. Votre frère était là, comme à son habitude. Ils étaient plus heureux que jamais. Aria a évoqué de nombreux projets. Ils voulaient s'installer ensemble.

Arizona sourit légèrement.

Arizona : Je vous remercie d'avoir répondu à mes questions.

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Une rose à la main, Arizona déambula dans les nombreuses allées du cimetière à la recherche de la tombe d'Aria Torres. Elle était persuadée que c'était à elle que Callie était venue rendre visite lorsqu'elle l'avait croisée. Elle avait une tâche à accomplir. Pour une raison inconnue, elle se sentait proche de cette femme que son frère avait aimée. Au bout d'une demi-heure de recherches, elle trouva enfin la dernière demeure d'Aria. Son cœur se serra en apercevant la photo des deux sœurs. Leur histoire s'apparentait à la sienne et celle de son frère. Elle déposa la rose rouge près du bouquet offert par Callie deux jours auparavant et s'agenouilla devant la pierre tombale. Elle lut l'épitaphe, Aria était si jeune. Seulement deux jours séparaient sa date de décès de celle de son frère. Elle sortit l'écrin de son sac.

Arizona : Il n'a pas eu le temps de te l'offrir alors je suis venue te l'apporter car je sais qu'il aurait aimé que tu l'aies. Pour moi tu fais déjà partie de la famille Robbins, mariage ou pas... Sache qu'il t'aimait, je ne l'avais jamais vu aussi heureux... Il aimait me parler de toi. Cette relation comptait beaucoup pour lui, c'est pour ça qu'il voulait prendre son temps avant de te présenter à moi. Il ne cessait de me dire qu'il voulait que cette première rencontre soit parfaite. Il avait tellement peur que je ne t'accepte pas... Merci de lui avoir offert ces quelques mois de bonheur...

Elle posa l'écrin près des fleurs quand elle entendit des pas. Elle n'eut pas besoin de se retourner pour connaître l'identité de la personne. Elle balaya ses larmes de la main et se redressa en se retournant.

Arizona : Vous le saviez, n'est-ce pas ?

Callie confirma d'un signe de tête. Depuis le début de la matinée, elle avait suivi le moindre de ses déplacements à distance. Lorsqu'elle l'avait vue se rendre aux Narcotiques Anonymes, elle avait compris que la relation entre son frère et sa sœur ne n'était désormais plus un secret pour elle.

Callie : C'est en enquêtant sur vous que j'ai appris le décès de votre frère. Tout comme vous, Aria ne m'avait dit que son prénom. Lorsque j'ai lu le rapport, il y avait beaucoup trop d'éléments qui correspondaient à la description qu'elle m'en avait faite pour que ça soit simplement une coïncidence...

Arizona : Shake est responsable de leur mort, n'est-ce pas ?

Callie : J'en suis persuadée. Votre frère devait vraiment lui poser problème, quant à Aria, elle n'aurait jamais retouché à la drogue, même après le meurtre de votre frère. Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé mais je suis déterminée à la découvrir. Il est hors de question que leurs meurtres restent impunis.

Arizona : Pourquoi ne pas m'avoir dit la vérité dès que vous l'avez su ?

Callie : Je ne savais pas si vous étiez au courant de quoi que ce soit. J'en avais fait une affaire personnelle, je voulais venger ma sœur. Je comptais vous soutirer habilement les quelques informations que vous pouviez avoir. Je cherchais simplement à vous protéger. Si vous n'étiez au courant de rien alors moins vous en saviez, moins vous étiez en danger.

Arizona : Je dois vous avouer que je n'ai pas joué franc-jeu avec vous aussi... Ce n'était pas pour récupérer les affaires de Timothy que je vous ai demandé de m'emmener chez Alex, je savais parfaitement où elles étaient. J'avais simplement besoin de la clé et de l'adresse du box où elles se trouvaient.

Callie rit légèrement.

Callie : Vous feriez vraiment un bon flic.

Arizona : A partir de maintenant, on ne se cache plus rien. On se dit tout et on n'agit plus séparément.

Arizona lui tendit la main, Callie la serra pour marquer son accord.

Callie : On repart à zéro.

Elles échangèrent un sourire.

Callie : Maintenant qu'on sait qu'on était en quelque sorte belle-sœur, on peut peut-être se tutoyer.

Arizona lui sourit et l'attira dans ses bras. Callie intensifia l'étreinte. Pour la première fois depuis deux mois, elle avait l'impression de revivre. L'avenir ne lui paraissait plus si sombre maintenant qu'elle avait trouvé une personne avec qui partager son ressenti. Arizona était la personne la plus à même de comprendre la douleur et la culpabilité qu'elle avait ressenties en apprenant le décès de sa sœur puis la haine qu'elle avait développée à l'égard de l'homme qui lui avait ôté la vie.

Callie : On ferait mieux d'y aller si on ne veut pas être en retard à votre audience.

Callie glissa un bras autour de la taille d'Arizona qui fit de même et elles quittèrent le cimetière pour se rendre séparément au tribunal où une foule de journalistes attendaient l'arrivée de leur confrère.

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L'audience ne dura que dix minutes. Dix minutes durant lesquelles Arizona écouta le procureur expliquer les raisons qui le poussaient à demander l'abandon de toutes les poursuites à son encontre. Un soupir de soulagement accompagna le verdict du juge qui accéda à sa requête. Son cauchemar judicaire était terminé. Elle pouvait à présent se consacrer pleinement à la nouvelle bataille qu'elle avait à livrer contre le véritable assassin d'Izzie. Elle remercia chaleureusement son avocate à la sortie de la salle et chercha du regard Callie mais elle était déjà partie. Déçue, Arizona quitta le tribunal et répondit aux nombreuses questions des journalistes avant de rentrer chez elle. Assise sur le canapé, portable en mains, Arizona tergiversait. Elle avait une irrésistible envie d'appeler Callie après son départ précipité mais peut-être avait-elle eu simplement des obligations professionnelles et son coup de fil serait alors malvenu. Objectivement, elle n'avait aucune raison valable de la contacter si ce n'est pour la remercier car elle savait au fond d'elle que Callie était celle qui avait fourni à son avocate les documents nécessaires à sa disculpation. Elle renonça à son envie et préféra réfléchir à son programme de la soirée. L'absence de sa fille la chagrinait mais lui offrait en même temps la possibilité de s'accorder une soirée en ville. Depuis Addison, sa vie sexuelle était au point mort et cette abstinence commençait à lui peser. Elle décida alors de renouer avec ses aventures nocturnes d'autrefois.

Le soir venu, elle s'apprêta et se rendit dans le quartier d'Andersonville où elle avait ses habitudes avant d'adopter sa fille. Elle entra dans son bar favori et eut une agréable surprise. Sa cible du soir était toute trouvée. Un sourire aux lèvres, elle accrocha sa veste à un porte-manteau puis s'avança vers le bar et s'assied sur un tabouret inoccupé.

Arizona : Je ne savais pas que vous fréquentiez les bars lesbiens Détective Torres.

Callie sourit au son de cette voix teintée de séduction et ses yeux s'illuminèrent lorsqu'ils se posèrent sur la jeune femme. Elle était encore plus que resplendissante.

Callie : Il y a encore beaucoup de choses que vous ignorez sur moi Mademoiselle Robbins.

Arizona sourit. Callie était réceptive à son jeu de séduction et semblait sensible à son charme à en juger le regard envoûté qui la contemplait. Sa première intuition se confirmait : Callie se laissait volontiers séduire par les femmes.

Arizona : C'est vrai que toi, tu connais tout de ma vie...

Elle fit un signe au serveur et commanda une Tequila.

Callie : Tu as abandonné ta fille ?

Arizona : C'est plutôt le contraire, elle dort chez une amie. Et j'en sais beaucoup plus sur toi que tu ne le crois.

Callie : Vraiment ?, lui répliqua-t-elle avec amusement.

Arizona : Oui, lui répondit-elle en croisant les bras sur le comptoir. Tu as grandi à Miami. Ta mère est avocate, ton père homme d'affaires. Tu as fait l'école de Police là-bas puis tu es venue t'installer à Chicago avec ta sœur.

Callie : D'où tu tiens toutes ces informations ?, la questionna-t-elle, étonnée.

Le serveur apporta sa commande à Arizona. Elle le remercia et regarda Callie avec un air malicieux.

Arizona : Mon Détective privé était vraiment très efficace.

Callie : Tu as engagé un Détective privé pour enquêter sur moi ?, lui demanda-t-elle, ahurie.

Arizona : Il fallait bien que je sache à qui j'avais à faire après avoir découvert que tu m'avais caché que ta sœur était sortie avec mon frère. Je t'avais dit que je savais y faire côté investigation, lui rappela-t-elle d'un petit sourire satisfait en buvant une gorgée d'alcool.

Callie sourit avec une certaine admiration. Cette femme était vraiment surprenante et la séduisait de plus en plus.

Arizona : C'est tout de même étrange cette enveloppe anonyme...

Callie : Tu dois avoir un ange-gardien ou quelqu'un qui ne supporte pas l'injustice de ton côté..., supposa-t-elle en terminant son verre.

Arizona : Je sais que c'est toi...

Callie : Je ne vois pas de quoi tu parles.

Arizona : Merci... Pour tout ce que tu as fait. Je te prie de m'excuser d'avoir été si virulente hier...

Callie : J'aurais réagi de la même manière et je l'ai mérité, j'aurais du te dire la vérité.

Une émotion particulière naquit dans leurs regards. Les mêmes pensées agitaient leurs esprits. Les sentiments étaient présents mais ne découlaient-ils pas de la relation qu'avaient vécue leur frère et leur sœur ? N'étaient-elles pas en train de confondre leur relation avec la leur ? La réponse fut évidente. Bien avant de connaître ce lien, l'attirance s'était manifestée sous différentes formes : mépris, compassion, affection, colère à aucun moment elles ne s'étaient laissées indifférentes. Lorsqu'elles en vinrent à la même conclusion, leurs visages se rapprochèrent et leurs souffles se mêlèrent. Leurs lèvres se frôlèrent et s'apprivoisèrent avec tendresse. La timidité s'évanouit. Callie glissa sa main derrière la nuque d'Arizona et prolongea ce premier baiser dont elles s'étaient languies secrètement toutes les deux. Arizona se recula la première des douces lèvres de la mexicaine. Ce contact lui avait apporté un sentiment de bien-être et de quiétude comme elle n'avait jamais encore eu l'occasion d'expérimenter mais d'humeur joueuse, la journaliste préféra s'éloigner avec un sourire mutin dessiné sur les lèvres. Quelque peu remuée par ce baiser, Callie mit un temps à réagir. Elle se leva rapidement de sa chaise, sortit des billets de sa poche afin de payer leurs consommations et courut derrière la jeune femme pour la rattraper.

Callie : Arizona ! Attends ! Tu comptais partir sans même me dire au revoir? Je suis vexée ! J'embrasse si mal que ça ?, demanda-t-elle avec amusement.

Arizona : Quoi ? Non ! Bien au contraire ! Enfin je veux dire, tu embrasses bien même très bien mais..., bafouilla-t-elle mal à l'aise.

Calliope ne put s'empêcher de rire devant la maladresse de son amie qu'elle trouvait adorable et ses joues rosées par la gêne ne faisaient qu'embellir son visage angélique.

Callie : Arizona, relax, je rigolais. Je te raccompagne jusqu'à chez toi ?

Arizona : Avec plaisir.

Callie l'invita à sortir du bar, lui ouvrant la porte, sa main posée dans le creux de ses reins et elles quittèrent l'établissement en arborant un grand sourire. Elles se sentaient heureuses de la tournure qu'avait prise cette soirée ainsi que de la complicité qui s'était développée entre elles. A plusieurs reprises, leurs mains se frôlèrent et leurs regards pétillèrent de désirs pour l'autre. Chacune le savait, ce soir serait peut-être le moment qu'elles attendaient toutes les deux depuis qu'elles s'étaient rencontrées.

Arizona : C'est souvent que vous embrassez vos suspectes dans un bar avant de les raccompagner chez elles Détective Torres ?, demanda-t-elle, charmeuse.

Callie : Est-ce vraiment nécessaire que je réponde à cette question ?

Arizona : Bien sûr ! Pourquoi ? Tu as peur ?

Callie : Moi ? Jamais ! Une Torres n'a peur de rien, tu devrais le savoir.

Elles se sourirent avec amusement. Elles s'arrêtèrent au bord du trottoir et s'y avancèrent prudemment après s'être assurées qu'elles pouvaient passer en toute sécurité mais alors qu'elles se trouvaient au milieu de la route, une voiture fit soudainement son apparition : elle fonça à vive allure en direction des deux jeunes femmes.