Voilà mon ptit premier chapitre, jour 1 (pour changer des "nuits" de dgm^^")

Je sais qu'on pourrait penser que Lavi tombe un peu trop vite sous le charme de Kanda. Mais j'ai été obligée de faire dans l'urgence et d'user du fameux coup de foudre, parce que l'histoire tient en trois jours, et j'aimerais quand même mettre un lemon dans la nuit entre les jours 2 et 3 (vous voilà prévenues, y a du sexe dans cette fic xDD mais c'est obligé, Lavi est teeeellement pervers xD Nan, je me suis dit que c'était bien d'ajouter ça pour bien montrer l'attachement qui naît vaguement entre eux... enfin vous verrez bien U.U)

Enfin bref, bonne lecture^^ Soyez indulgentes, c'est la première fic pour laquelle je fais autant de recherches (mon père croit que je veux m'engager dans l'armée de terre américaine, maintenant ^^")

Jour 1

Le soleil était déjà haut dans le ciel, quand une jeep gris sale s'approcha du campement, soulevant des nuages de sable brûlant. La portière de la voiture s'ouvrit, un homme en descendit, chargé d'un grand sac de sport, se pencha vers le conducteur pour lui adresser quelques mots, puis s'éloigna. Il s'approcha du campement, les yeux plissés pour se protéger du soleil et du sable. Il tendit son laissez-passer à un garde, qui ouvrit les grilles barbelées. Le jeune homme entra dans le campement, cherchant ses repères. On lui avait dit qu'un militaire au physique asiatique serait là pour l'attendre. Il n'arrivait plus à revenir sur son nom. K… quelque chose. Il repéra un Asiatique non loin de là, et se dirigea vers lui, empli d'espoir.

-Bonjour, je suis Lavi Bookman. Je suis ici pour un reportage sur l'amnistie qui vient d'être signée.

Le journaliste tendit la main vers le militaire, un homme assez mince, les cheveux noirs relevés en une queue de cheval. Il ne portait qu'un treillis couleur sable, des boots beige sale, un T-shirt. Lavi ne put reconnaître son grade, car il ne portait ni sa casquette ni sa veste. Le militaire regarda la main tendue d'un air sceptique avant de s'éloigner.

-Je ne serre pas la main aux journalistes.

Lavi eut un sourire crispé.

Il était mal tombé.

-Ne faites pas attention, il est toujours comme ça, dit une voix douce. Moi c'est Lenalee. Enfin, Corporal (1) Lee pour être plus formelle.

Lavi se tourna vers la jeune femme, jolie à mourir. Elle portait elle aussi treillis et boots de camouflage, avec un T-shirt moins militaire, mais toujours américain. Wonder Woman en train de balancer un kick à un méchant des comic-strips des années cinquante. Ses cheveux noirs mi-longs étaient relevés pour dégager sa nuque, et étaient retenus par sa casquette beige ornée d'un galon de caporal, soit deux V inversés.

-Je vais vous présenter à mon frère, comme ça, vous règlerez tout ce qui est administratif avec lui. C'est lui qui était censé vous accueillir, mais je crois qu'il a oublié.

Lavi acquiesça et suivit la jeune femme à travers le camp militaire.

-Et c'est quoi, ce reportage que vous voulez faire ?
-Je dois suivre un militaire pendant quelques jours, sachant que la guerre est finie, pour connaître ses avis sur le conflit et sur l'amnistie, écrire ses expériences, tout ça. C'est pour le New York Times.
-Oh, je vois. Mais notre compagnie (2) va rentrer en Amérique après-demain. Vous n'aurez pas beaucoup de temps pour l'écrire, votre reportage.
-Pas grave.

Corporal Lee s'arrêta devant une très grande tente.

-C'est ici, dit-elle avec un sourire en soulevant un pan de tissu.

Lavi entra en premier. Une petite dizaine de blessés étaient allongés sur des lits de camp, et une infirmière faisait la navette d'un lit à l'autre.

-Votre frère est blessé ? chuchota Lavi.
-Non, il est chirurgien. Regardez, il est au fond de la tente.

Lenalee attrapa le coude de Lavi et le traîna jusqu'à un lit où un petit vieux se faisait ausculter par un médecin à la coiffure improbable.

-Non, je vous assure, tout va bien, Mr Lee (3)! s'alarma le vieux en essayant de se dégager de la poigne du docteur.
-Mon petit Allen, il faut quand même bien que je te soigne, si ton bras se démet, non ?
-Oui mais non, assura le petit vieux – qui était en fait un très jeune militaire aux cheveux blancs. Je préfère que l'infirmière le fasse. Vous, je vous connais, vous êtes un sadique !
-Mais que vas-tu t'imaginer là, little boy ? soupira le médecin en attrapant le bras gauche du dénommé Allen.
-Lâchez-moi ! beugla ce dernier. Aïeuh !

Le bras craqua bizarrement, puis le médecin lâcha le jeune homme.

-Fini, ton bras est remis.
-Maaaal… j'ai maaal… se plaignit Allen en regardant son épaule gonflée.
-Brother, je dois te présenter quelqu'un : le journaliste qu'on nous a envoyé est arrivé.

Le docteur se leva et épousseta sa veste d'uniforme.

Selon toute vraisemblance, son costume originellement vert était tombé dans un seau d'eau de Javel, car il était inhabituellement blanc, mis à part les bandes noires qu'il portait aux poignets, et sur les côtés de ses jambes, bandes servant à distinguer les officiers des sous-officiers. Il ne portait aucune médaille, ni même son badge de médecin, seuls ses insignes de Warrant Officer aux épaules prouvaient qu'il était bien militaire. Son béret, étrangement blanc lui aussi, portait le même insigne. Lavi tiqua en voyant que, non content de peroxyder son uniforme et de cacher ses décorations, le médecin portait son béret un peu n'importe comment. Tout bon militaire est pourtant censé savoir qu'aucun cheveu n'est autorisé à dépasser à l'avant du béret. Or, Komui, pour une évidente raison d'esthétique, avait une belle mèche soyeuse qui caressait le côté droit de son visage. Si même les officiers donnaient le mauvais exemple…

-Hum, bonjour. Mr Lee, se présenta le docteur en tendant une main.

Puis, voyant tout le sang qui maculait sa paume et le bord de sa manche, il la ramena vers lui.

-Métier salissant, murmura-t-il en frottant sa main contre un chiffon qui traînait sur un lit.
-Corporal Lee m'a dit que c'est vous que je devais voir pour l'administratif. Vous êtes aussi médecin ? Vous n'avez pas d'assistant ?

Une voix grave et traînante répondit à la place de Komui.

-Son assistant s'est pris trois balles dans la poitrine. A la guerre, on fait avec ce qu'on a. Le gouvernement n'a jamais prêté beaucoup d'attention à notre compagnie, alors on ne peut pas suivre toutes les conventions qu'ont édictées des intellos planqués comme toi.

Lavi reconnut la voix du militaire qui avait refusé de lui serrer la main.

-Euh, c'est Kanda. Sergeant (4) Kanda, présenta Lenalee.
-Hum… Mr Lee ? Vous allez bien ? s'inquiéta Lavi en voyant le visage de Komui rivaliser avec la couleur de son béret.
-Des mauvais souvenirs… euh, je reviens dans deux secondes, s'excusa-t-il en courant vers un autre blessé.
-Mauvais souvenirs ? répéta Lavi.
-Son assistant, un Warrant Officer 1, Mr Reever Wenham, et lui étaient très proches. Ils étaient… hum…
-Qu'est-ce que tu crois que ça fait de fourrager dans la chair ensanglantée de son amant pour en extraire trois putains de balles ? demanda le Staff Sergeant. Tu te sentirais comment, si tu devais plonger tes doigts dans sa poitrine, et fouiller près du cœur, en sachant qu'au moindre faux mouvement, la vie de l'homme qui est toute ta raison d'être s'éteindra à jamais ?

Lavi était mal à l'aise. Ce Kanda avait une voix vibrante de révolte quand il parlait de sang et de chairs meurtries, mais complètement vide quand il parlait d'amour. Comme si c'était un concept qui lui était totalement étranger mais qu'il utilisait comme argument pour frapper les esprits.

-Il est… mort ?
-Suite à l'opération que mon frère a pratiqué sur lui, son cœur a été fragilisé. Il ne peut plus subir aucun stress, donc il reste au pays. Komui va le voir à chacune de ses permissions. Ici, ça va faire neuf mois qu'il l'a vu.
-Oh… Je suis désolé…
-C'est rien, après-demain, on rentre à la maison ! Une fois la guerre finie, c'est cool d'être militaire. Les missions sont moins dangereuses. Et surtout, on a une permission plus longue que d'habitude, pour récupérer !
-Jusqu'à la prochaine guerre, marmonna Kanda en piochant dans l'armoire à médicaments.

Lavi remarqua la boîte en carton libellée « CW3 Lee » posée sur le sommet de l'armoire. Un éclat argenté retint son attention. Son badge de médecin, et sans doute toutes ses autres décorations. Quel genre de militaire a suffisamment honte de servir son pays, au point de cacher ses décorations ?

-Voilà, je suis de retour ! s'exclama Komui en réapparaissant, le tirant de ses réflexions. Donc, si vous pouviez m'expliquer un peu mieux le concept de votre reportage…
-Euh, oui… je dois suivre un militaire, le temps que le camp replie bagage, pour récolter des anecdotes, des avis.
-Quel genre d'avis ? Il vous faut du positif ou du négatif ?

Komui savait que certains journalistes n'étaient que des chiens du gouvernement, qui faisaient de la propagande.

-Un avis objectif, d'une personne qui a vécu la guerre en première ligne. Vous voyez ?
-Oui, oui. Pour ça, il n'y a qu'une personne : Kanda.
-Quoi ? s'exclama l'intéressé.
-Tu es le mieux placé.
-Mais j'en ai rien à foutre de ce paparazzi de mes deux !
-C'est un ordre. Dis-toi que ça vient du Lieutenant Colonel (5) Luberier.
-Je m'en fous de Luberier !
-Il vaut mieux ne pas s'en foutre, chuchota Lenalee d'une voix effrayée.

Kanda fixa la jeune femme, puis soupira.

-Ok.
-C'est juste pour aujourd'hui, demain, et le matin du départ, le rassura Komui.
-Mouais, « juste », maugréa Kanda.
-Bon, fais-lui visiter le camp, ordonna Komui en secouant la main pour les chasser.

Kanda grogna et sortit à grands pas.

-Tu suis, Stupid Rabbit ? Je vais pas t'attendre toute la vie ! s'exclama-t-il.
-Euh… ah… pardon ! répondit Lavi en se précipitant à sa suite.
-Bon. Le camp est assez vaste. Au nord, ce sont les dortoirs. Un dortoir par Squad (6), ce qui fait quinze dortoirs de dix personnes. Il y a aussi un dortoir à part pour les officiers. A l'est, il y a les entrepôts, pour les armes et l'équipement. A l'ouest, on gare les jeeps, et le peu de chars d'assaut qu'il nous reste. Au sud, c'est la piste d'atterrissage pour les hélicos. La piste est assez grande pour trois appareils, ce qui est plutôt pratique en cas d'urgence. Les bâtiments importants sont au centre. Le grand baraquement que tu vois là-bas, c'est le principal. C'est là où on bouffe. L'autre, à côté, c'est les douches, pas très loin des dortoirs.
-Attends, moins vite, soupira Lavi en prenant note le plus vite qu'il pouvait. Les jeeps, c'est à l'ouest ?
-Hm.
-Il n'y a pas… un plan, quelque part ?
-Mais oui, et on a un site internet aussi. Comme ça tu pourras faire ton putain d'article depuis le pc de ta chambre, et tu me foutras la paix, ironisa Kanda.
-Très drôle. La piste d'atterrissage d'hélicoptères, c'est pour quoi ?
-En cas d'urgence, pour envoyer des renforts. Mais c'est surtout pour recevoir les vivres. Une fois par semaine. On n'utilise plus la route, parce que les résistants qui habitent dans la région n'arrêtaient pas de faire sauter nos camions.
-Ok. Ah, et pour les armes ?
-On garde une arme à feu dans le dortoir. M4 ou M9 (7). Ainsi qu'un couteau, un casque et un gilet pare-balle. Le reste, les armes à gros calibre, les munitions, ça reste dans les entrepôts.
-D'accord…
-Hum, donc il y a aussi la tente de Lee. Tout au centre, pour être protégée le mieux possible.

Kanda marchait à grands pas, désignant un baraquement après l'autre, à la vitesse de la lumière, désirant en finir au plus vite avec cette mascarade grotesque.

-Ok. Tu pourrais juste me montrer l'endroit où vous mangez ?

Kanda fit volte-face.

-On ne mange pas, ici. On bouffe. Ne confonds pas tout.
-Euh… mais encore ?
-La guerre, ça te transforme en animal. Surtout celle-ci. Un animal ne mange pas. Il bouffe.

Lavi acquiesça, pas tout à fait sûr d'avoir compris. Kanda se remit en marche, pestant sur les crétins d'intellectuels bornés qui ne comprennent rien aux réalités de la guerre.

Lavi remonta la sangle de son sac sur son épaule, soupirant, et suivit le sergent, moitié marchant, moitié courant. Il y avait quelque chose de fascinant chez lui, ce petit truc qui fait qu'on ne peut simplement pas ne pas lui obéir. Ce quelque chose qui le faisait littéralement fondre, cette froide indifférence…
Parce que oui, Lavi craquait très souvent pour des hommes – ou des filles, cela va sans dire – légèrement psychopathes, glacials, secrets. Pour le plaisir de les harceler et les rendre fous, sans doute.

Ils marchèrent un bon quart d'heure, et Lavi constata à quel point le campement était gigantesque. Le sergent ne parlait pas, et Lavi en profita pour observer tout ce qu'il voyait.

Des soldats marchaient dans tous les sens, mais semblaient suivre des voies invisibles, comme des fourmis travailleuses, des entrepôts aux dortoirs, des dortoirs au réfectoire, du réfectoire à l'infirmerie, de l'infirmerie aux parkings, des parkings à la piste d'atterrissage. Tous les militaires s'agitaient avec un calme déconcertant, démontant peu à peu leur camp, vidant les entrepôts et remplissant des caisses en carton.

-Aujourd'hui et demain, on doit replier le camp, dit Kanda en comprenant ce que Lavi observait. C'est-à-dire que tu vas m'aider à remballer les munitions dans des caisses.
-Moi ? Mais je suis journaliste, j'étais pas censé…
-Lee était venait d'achever son internat quand il a rejoint sa sœur au front. Cross était prof avant de se rendre compte que la nation avait besoin de lui. Tiedoll était peintre. Ici, personne n'était censé tuer des gens.

Lavi acquiesça et prit note de la dernière phrase.

Kanda continua de marcher en silence vers les entrepôts, à l'autre bout du camp.

-Pourquoi y a-t-il encore des gardes, si la guerre est finie ? demanda Lavi en montrant du doigt des soldats patrouillant de l'autre côté des grillages déterminant les limites du campement. On m'avait dit que la plupart des boys étaient retournés en Amérique, qu'il ne restait que quelques soldats par campement…
-La guerre n'est jamais finie. Il y aura toujours des illuminés qui pensent que ce conflit n'a pas encore fait assez de morts. Bouge-toi pour m'aider à ouvrir les portes.

Lavi rangea son bloc-note dans sa poche et poussa un lourd battant de métal.

-Tu prends les cartouches sur les étagères là, et tu les mets dans les caisses en bois qu'il y a là-bas.

Lavi regarda les rangées d'étagères métalliques, couvertes de petites boîtes de munitions, étiquetées selon le type d'arme. Il y en avait vraiment beaucoup. Lavi frissonna en se disant que chaque munition avait été produite pour tuer quelqu'un. Que chaque balle avait un mort qui lui était destiné. Peut-être pas pour cette guerre-ci, mais certainement pour la suivante. L'Amérique est perpétuellement en guerre, non ?

-Je les pose où, mes affaires ? demanda le journaliste.

Kanda soupira.

-Au dortoir.
-Tu peux me montrer le chemin ? Tu m'as dit que c'était au nord, mais…
-T'es pas mon ami, l'interrompit le Sergeant. Tu me vouvoies.
-Et toi, tu crois que t'as le droit de me tutoyer ? s'énerva Lavi.
-Moi, je suis Staff Sergeant. Tu me dois le respect, même si je suis pas un officier bardé de décorations, j'ai protégé ta putain de patrie.

Lavi serra les dents et suivit Kanda. Ils marchèrent un long moment, durant lequel Lavi pesta intérieurement contre le sale caractère de son « guide », avant de se laisser distraire par les cheveux de jais qui dansaient de gauche à droite au rythme des pas de Kanda. Non, il ne pouvait pas le détester. C'était une évidence, une de ces certitudes contre lesquelles vous ne pouvez rien. Lavi croyait au destin. Il était destiné à rencontrer ce sergent, et à tomber aussi vite sous son charme. Et ça ne le gênait pas plus que ça, c'était même amusant, dans le fond. Ce n'était pas donné à tout le monde d'avoir l'opportunité de débaucher un boy aussi parfaitement sexy.

Ils arrivèrent près des dortoirs, et s'arrêtèrent devant le dortoir 5. Kanda ouvrit la porte et poussa Lavi à l'intérieur.

-Tu les poses sous mon lit de camp. C'est celui au fond.

Lavi scruta la pièce. Deux rangées de cinq lits aux sommiers de métal. Chaque lit était surplombé par une étagère en bois, et un coffre en bois, aux coins renforcés de métal, était posé au pied de chaque couche. Des fenêtres percées dans le mur sud offraient au dortoir une source de lumière, légèrement étouffée par les fins rideaux.

Le journaliste se fraya un chemin entre les lits, scrutant les divers objets personnels posés sur les étagères. Des photos, des petits bibelots insignifiants, des lettres. Il trouva le lit de Kanda, et y posa ses affaires. En se redressant, il vit une plaquette nominative clouée sur le coffre de bois.

« Sergeant Yuu Kanda. »

-Tu t'appelles Yuu ? murmura Lavi, trop bas pour que Kanda l'entende.
-Tu te bouges, oui ? Les cartouches vont pas se remballer toutes seules.
-C'est un travail de sous-officier, ça, de ranger des munitions ? C'est pas aux Privates (8) de le faire ? demanda Lavi en suivant Kanda.

Il aurait aimé observer le dortoir plus attentivement, mais il aurait sans doute plus de temps dans l'après-midi.

-On n'a plus assez de Privates. Les soldats, c'est ceux qu'on envoie en première ligne de tir. Tu penses bien qu'ils sont presque tous morts, ou blessés gravement, grogna Kanda en claquant la porte du dortoir.

Ils se remirent en marche en silence. Lavi remarqua que les soldats qui croisaient Kanda détournaient le regard, voire même modifiaient leur trajectoire pour s'en approcher le moins possible.
Il était craint, ou haï, selon les cas.
Il était à part, une sorte de héros solitaire.

Pour Lavi, un soldat était forcément une sorte de héros. C'est ce qui le fascinait un peu dans la guerre, même s'il était un pacifiste convaincu, il savait reconnaître le courage des boys.

-Pourquoi tu es militaire ? Ça n'a pas l'air de te plaire.
-Je te demande pourquoi t'es journaliste, moi ?
-T'es censé répondre à mes questions, Yuu.
-Pour toi, ce sera Sergeant Kanda.
-Allez ! Pourquoi t'es dans l'armée ?
-Pourquoi j'aurais fait autre chose ? La guerre, c'est dans mon sang, entre un père qui a fait le Vietnam et un grand-père qui était au débarquement de Normandie.
-T'es pas Japonais ?
-Américain depuis dix générations. Et je t'emmerde.

Ils étaient de retour à l'entrepôt.

Kanda resserra l'élastique qui retenait ses cheveux, avant d'attraper un paquet de munitions.

-T'es pas censé avoir le crâne rasé, à l'armée ? demanda Lavi.
-Au début, si. Mais en trois ans de guerre, les cheveux repoussent, si tu crois que j'ai que ça à penser entre un raid aérien et une offensive de missiles…
-Vous n'êtes pas une compagnie dans les normes…
-C'est quoi, la norme, dans la guerre ? Tu crois que ça existe, un quota de morts, un mode d'emploi pour exploser des villages ennemis ? La guerre, c'est un monde à part. C'est des enfants qui prennent les armes pour protéger leurs frères et sœurs. C'est des mères qui se jettent sous les balles pour épargner leurs bébés. C'est des orphelins qui fuient de nuit, à l'arrière des camions de marchandises. Y a rien de normal dans la guerre.
-Je veux dire, habituellement, il y a des règles à…
-Et elle est où, la règle, quand un compagnon se fait tuer sous les yeux et tombe dans le sable en disant « on jouera plus jamais au foot ensemble ». Elle est où ?

Kanda s'arrêta, haletant.

-Tu me fais chier. Tu comprends rien.
-C'était qui, ce compagnon ? murmura Lavi, heureux malgré lui de découvrir la fêlure dans l'apparence si forte du sergent.

Il le connaissait depuis… quoi, une demi-heure ? Et pourtant il lui semblait le connaître intimement, d'être un ami, ou ce qui s'en approchait le plus. Il avait une envie brûlante de le connaître, simplement le connaître, savoir tout ce qui se passait dans sa petite tête étroite. Il ne cherchait pas à savoir pourquoi, il n'était pas assez naïf pour croire au coup de foudre et toutes ces inepties sur l'Amour avec un grand A. Mais il voulait tout savoir de lui pour pouvoir, ensuite, décider s'il valait la peine de l'attirer dans son lit.

-Sergeant Daisya. Ecris-le, dans ton article à la con, qu'il avait dix-sept ans quand il s'est engagé. Il a dit en avoir vingt pour pouvoir entrer dans l'armée, mais il avait dix-sept ans. Et il est mort la semaine passée.

Sa voix tremblait légèrement.
Lavi hocha la tête et commença à empaqueter les munitions.

OoOoO

Lavi piqua sa fourchette dans un morceau de viande à la couleur grise peu alléchante, dévisagea longuement ce qui était censé être du bœuf, puis le mit en bouche et le mâcha méticuleusement.

-Il n'y a pas d'ordinateurs, ou des trucs comme ça pour communiquer avec vos proches ?
-Y en avait un dans l'ancien campement. Après le bombardement, le gouvernement a décidé que c'était trop cher. On a un téléphone, dans le bureau du Chief Warrant Officer. Pas de gsm, c'est une perte d'argent, on n'a pas le temps de perdre son temps. Sinon, on peut envoyer des lettres, si on a quelqu'un pour les recevoir en Amérique.
-Tu étais là, lors du bombardement ?

Kanda plongea ses yeux noirs dans ceux, verts, de Lavi.

-J'ai toujours été là. Depuis le début. J'étais là pour dégager les décombres, pour transporter les blessés, pour construire un nouveau campement. Pour enterrer les morts.
-Ils ne sont pas rapatriés ?
-Tu as compris ce que je voulais dire, grogna Kanda en faisant un geste suffisant de la main.

Lavi baissa la tête vers son assiette et rougit imperceptiblement en revoyant les yeux noirs fixant les siens.

Ce mec, il le voulait.

Et quand Lavi voulait quelque chose, il l'obtenait toujours.

OoOoO

-Yuuuuuuu ? Je peux faire des photos du dortooooir ? chantonna Lavi en sautillant tout autour du militaire.

Kanda le fusilla du regard, les mots « ferme ta grande gueule » comme gravés en lettres de feu sur son front.

-Je suis occupé, crazy rabbit.

Ce qui n'était qu'à moitié vrai – il ne faisait que superviser ses quelques Privates qui démontaient les miradors.

-C'mon, Yuuuuu ! Je VEUX faire des photos !

Puis il eut un demi-sourire inquiétant.

-Et si tu es gentil, je ferai des photos de toi… ce soir… dans le dortoir… tu sais, j'ai bossé à Playboy et Penthouse pour payer mes études…

Les yeux du Sergeant ne firent plus simplement des éclairs, ils sortirent littéralement de ses orbites, comme pour aller tirer une balle à bout portant dans la tête de ce stupid, foolish, crazy, dirty rabbit.

-Je n'en ai strictement rien à battre de tes études de pervers, et n'imagine même pas une seconde que je puisse ne serait-ce qu'envisager l'idée de poser pour tes conneries, gronda le militaire en attrapant Lavi par le col. Et je m'appelle « Sergeant Kanda » !

Lavi, bien que plus grand que Kanda de quelques centimètres, flottait littéralement à cinq centimètres du sol. Ce type avait une force insoupçonnée. Mais il ne montra pas sa surprise et sourit comme un gamin qui vient de mettre une punaise sur la chaise de la vieille et moche prof de maths.

-Tu t'appelles Sergeant… ça veut dire que ton identité militaire a englobé toute autre identité ?
-So what ? grogna Kanda en approchant son nez de celui du journaliste, impressionnant et effrayant comme un tigre qui s'apprête à vous bondir dessus.

Lavi haussa les épaules et fit son plus grand sourire d'angelot innocent – voire déficient mental.

-Je peux prendre des photooooos ?
-Grmbl. Oui, lâcha-t-il en le reposant au sol. Corporal Lee, accompagne-le.

Lenalee descendit du mirador, un morceau de M2 Browning (9) sous le bras.

-Sergeant, c'est toi qui dois t'en charger. Si Brother me voit me balader avec lui, il va en faire une maladie.
-Damn ! Je suis pas une fucking baby-sitter, for God's sake !

Lavi plaça une main devant sa bouche, les yeux moqueurs.

-So shocking ! Tu n'as pas honte d'être aussi malpoli devant une gente dame ?

Lenalee rosit en riant doucement, mais Kanda dévisagea Lavi d'un air glacial.

-Tu sais combien de mecs elle a dézingué, ta gente dame ?

Lavi balbutia un vague « oups désolé ». C'est vrai que la notion de gente dame perd un peu de son sens, quand on est en guerre.

-Bon, off we go, grommela Kanda en s'éloignant à grands pas vers le dortoir 5, suivi de Lavi.
-Et euh… il se passe quoi avec le frère de Lenalee ?
-Corporal Lee, corrigea Kanda.
-Oui. Pourquoi elle dit qu'il va en faire une maladie ?
-L'esprit de famille américain. Unis pour la vie, toutes ces bullshit là. Il est surprotecteur.
-Oh. C'est le genre de frère qui est ceinture noire de karaté et qui va casser la gueule au gamin qui t'a volé ton quatre-heures ?

Kanda ricana doucement.

-Il faudrait déjà qu'il ait le physique pour. Non, il est plutôt du genre harcèlement moral et persécution silencieuse.
-Aah, souffla Lavi, comprenant peu à peu.

Kanda ouvrit la porte du dortoir 5 et s'appuya contre le mur en tôles en attendant que son boulet du jour ait fini ses photos.

Lavi alla chercher son appareil photo dans son sac, nettoya presque affectueusement la lentille de l'objectif, puis commença à mitrailler. Les lits de camp, les fenêtres poussiéreuses, le drapeau américain punaisé sur le mur du fond, les étagères.

-Je peux prendre des photo des trucs personnels, ou ça emmerde quelqu'un ? demanda Lavi. Ça fera plus vivant pour mon article, tu vois.
-Tant que c'est rien de compromettant, soupira Kanda en haussant les épaules.
-Ok, donc je fais comme s'il n'y avait pas une pile de PlayBoy sous le lit de…

Il déchiffra le nom sur le coffre de bois.

-« PFC Thomas Finder… » PFC, c'est… euh…
-Private First Class(10). T'aurais dû potasser un minimum avant de venir te perdre dans le désert.
-Oh c'est bon, t'énerve pas, Yuu.
-Shaddup, gronda Kanda.
-T'es pas drôle.
-Je suis pas payé pour être drôle.

Lavi haussa les épaules et reprit sa séance de photographies, l'air de rien. Il remarqua avec un certain étonnement que l'étagère de Kanda était vide. Strictement vide. Pas une lettre, pas une photo, pas un bijou, pas un de ces grigris que les soldats superstitieux embarquent avec eux.

-Je peux aller prendre des photos dans le dortoir des officiers ? demanda Lavi.
-Hm.

Kanda se décolla du mur et rouvrit la porte du dortoir.

-Dis… euh… les affaires de ceux qui sont morts…
-On les renvoie aux familles.
-Oui, bien sûr, mais… je veux dire, on dirait pas qu'il y a eu tant de morts que ça. Le dortoir 5 a dix lits occupés, c'est pareil dans tous ?
-On a quinze dortoirs, je t'ai dit. Il y en a onze de vides.

Lavi écarquilla les yeux.

-Onze ? Oh my…
-Sur les onze, il y en a trois qui ont été vidés parce que leurs occupants étaient blessés et rapatriés la semaine passée. Tous les autres sont morts. On a bien morflé, dans cette compagnie, je dois dire.
-Ok… donc, il ne reste que quarante soldats ?
-Quarante-six avec les officiers. Lee, Lieutenant (11) Tiedoll, Lieutenant Cloud, Lieutenant Sokaro, Captain Cross (12) et le type qu'on nous a envoyé en renfort il y a trois mois, le Lieutenant Hatake.
-En renfort ?
-Après la mort de Lieutenant Yeegar, on a reçu des renforts d'une autre compagnie qui est basée plus au nord.
-Ok…
-On y est.

Kanda ouvrit la porte du dortoir des officiers. Lavi y entra et sourit mystérieusement en passant devant le sergent. Il avait une odeur agréable, un mélange aigre-doux, entre l'âpreté de la sueur, la fraîcheur de l'after-shave et la douceur du gel douche. L'odeur de Yuu. Le sourire de Lavi s'épanouit. Ce type, il l'avait dans la peau. Irrémédiablement. C'était… dingue.

Lavi remarqua que le dortoir était plus luxueux que celui des sous-officiers. Les lits étaient les mêmes, les fins rideaux étaient les mêmes, le drapeau était le même. Mais il y avait plus d'espace, plus de rangements, plus de fenêtres, et même un frigo. Une sorte de chambre d'hôtel avec minibar...

En plus poussiéreux et plus dangereux. Parce que mine de rien, c'était le désert et ç'avait été la guerre, de l'autre côté des barbelés.

Il commença à prendre des photos, s'arrêtant à chaque lit. Les officiers semblaient collectionner les photos et les lettres. Ils en avaient punaisé un peu partout. Chaque officier avait quelqu'un en Amérique. Quelqu'un qui l'attendait jour après jour.

-Hum, je vais faire l'impasse sur ça, ricana Lavi en désignant du pouce les posters de pin-up accrochés au-dessus du lit du capitaine.
-C'est un dirty old man. Il y en a dans toutes les compagnies, lâcha Kanda en regardant à l'extérieur, attendant visiblement de pouvoir sortir de là.

Lavi sourit encore plus. Il arriva devant le lit du Chief Warrant Officer. Des photos de Lenalee enfant et adolescente étaient encadrées et disposées sur l'étagère et au mur.

-A quoi ça sert qu'il ait des photos de sa sœur ? Elle est avec lui. Il ferait mieux d'avoir des photos de ses amis ou de sa famille, non ?
-Elle… on dirait qu'elle est sa seule famille, marmonna Kanda.
-Oh. D'accord.

Parmi les photos de la jeune fille, il remarqua un petit cadre en bois clair, qui semblait… à part. Il était au beau milieu de toutes ces images colorées, il aurait dû se fondre dans la masse, et pourtant il en ressortait.
C'était une simple photo, en noir et blanc, en plus. Un joli noir et blanc, très artistique, un peu éthéré, à la David Hamilton. Lavi s'y connaissait. C'était un homme aux cheveux clairs en bataille, l'air fatigué mais cool, les yeux mi-clos et brillants. Lavi sourit, il était beau.

-C'est lui, l'assistant qui s'est pris une balle ?
-Hm ? Ouais.
-Je l'ai deviné, parce qu'il a l'air… enfin, ça se voit que ça a été pris après une nuit… agréable.

Kanda jeta un regard vers la photo incriminée.

-You pervert.
-Ben quoi, c'est pas ma faute si votre Warrant Officer est gay, qu'il photographie son mec après l'amour et qu'il affiche les pièces à conviction dans son dortoir, si ?

Kanda ne répondit rien, le regard fixé sur quelque chose à l'extérieur. Lavi se demanda confusément à quoi il devait ressembler après l'amour.

Ne trouvant pas de réponse, il continua son inspection. Il découvrit une petite table couverte de photos d'identité, chacune barrée d'une bande noire dans le coin supérieur droit. Un petit crucifix était cloué au mur, et des bougies éteintes scintillaient presque dans le clair-obscur. La cire blanche luisante avait dégouliné puis s'était figée. C'était joli. C'était triste. C'était un autel aux morts.

-Ils sont tous là ? demanda le journaliste en se signant.
-Ouais, grogna Kanda depuis la porte.
-Tu peux me dire le nom de certains ? demanda Lavi en se tournant vers lui.

Kanda se décolla du mur, soupirant. Il rejoignit Lavi et tendit le doigt vers l'image d'un vieil homme moustachu.

-Lieutenant Kevin Yeegar.

Il pointa la photo d'un jeune militaire, la trentaine, les cheveux bruns ramenés en arrière.

-Corporal Suman Dark.

Une grimace douloureuse passa sur son visage, puis disparut comme un éclair, tandis qu'il désignait un soldat incroyablement jeune. Son visage ovale était voilé par l'ombre que faisait la large capuche de son sweat-shirt. Deux lignes violettes descendaient de ses yeux sur ses joues, dans un maquillage étrange.

-Sergeant Daisya Barry. Il faisait partie de mon escouade.

Son expression s'était assombrie. D'un geste vaste, il désigna le reste des photos.

-Plus tous les Privates.
-Ah merde…
-Comme tu dis.
-Je peux… te poser des questions ? Pour mon article ?

Kanda se signa puis sortit.

-Non.


Lexique :

Boys : c'est les « garçons », le surnom donné aux soldats américains. Je crois avoir lu ça dans « Be safe » (je sais plus qui est l'auteur, par contre…)

Brother (j'imagine que tout le monde aura compris xD): frère, ici c'est la traduction pour « Nii-san ».

Bullshit : c'est un nom singulier en anglais qui se traduit par un pluriel en français (c'est pour ça que j'ai écrit « toutes ces bullshit » avec bullshit au singulier) et qui signifie très vulgairement « conneries ».

C'mon : contraction de l'expression « come on », qui est une traduction de « allez ».

Damn : très beau juron, au même titre que « damn it », qui s'est mué au court du temps en « dammit ». Ça peut se traduire par « merde », même si à la base ça veut plutôt dire un truc comme « damnation »…

Dirty old man : vieux pervers.

For God's sake : « sake » n'a pas vraiment de traduction en français, mais on peut traduire par « pour l'amour de Dieu », ou « nom de Dieu », ou toutes ces expressions teintées d'un doux blasphème^^

Fucking : pas besoin de vous faire un cours magistral sur la signification du mot « fuck », je crois ^^'' juste que c'est un mot qui revient parfois quand les gens sont énervés, comme en français on a « putain ». « Je suis pas une fucking baby-sitter » peut être traduit par « je suis pas une putain de baby-sitter ».

Little boy (facile^^) : petit garçon, gamin.

Off we go : expression que j'aime assez bien (ça sonne bien, je trouve) et qui signifie « on y va ».

Shaddup : contraction de « shut up » qui veut dire « tais-toi ».

So shocking : l'expression favorite des petites vieilles anglaises qui boivent leur thé en râlant sur les temps actuels où les punks rôdent à chaque coin de rue, où les jeunes filles ressemblent à des prostituées, etc. En gros, et vous le savez sûrement xP, ça veut dire « tellement choquant », « c'est choquant ».

So what ? : « et alors ? »

Stupid Rabbit (pas dur) : lapin débile ! ça sonne moins bien que « baka usagi », mébon.

Stupid, foolish, crazy, dirty rabbit : les trois premiers mots sont des variations pour « débile » et « dirty » signifie « sale », « pervers ». Rabbit, pas de nouveauté, c'est « lapin ».

You pervert : pervers (quand on insulte quelqu'un en anglais, on ajoute souvent le « you » avant l'insulte)


Notes

(1) Corporal est l'équivalent américain de caporal. Il s'agit d'un sous-officier, dirigeant les plus petites unités de l'armée. Comme les sergents (Sergeants), les caporaux sont responsables de l'entraînement des soldats, de leur apparence et de leur propreté. Quand on s'adresse à un caporal de façon formelle, il faut dire « Corporal »

(2) Une compagnie est une unité de cent à deux cents soldats, dirigés par un capitaine (Captain)

(3) Komui est un Chief Warrant Officer 3 (ou CW3, grade qui équivaut à peu près à « adjudant-chef »). Sa fonction est de donner des ordres à ses subordonnés, donc de diriger des troupes. Un CW3 peut diriger les opérations à différents niveaux : de « team » ou « detachment » à « brigade ». L'insigne d'un CW3 consiste en une plaquette horizontale, argentée, ornée de trois barrettes verticales, noires, porté sur les épaulettes. Quand on s'adresse à un Warrant Officer de façon officielle, on emploie « Mr » ou « Ms » (Monsieur/Madame). Mais il arrive aussi de les appeler « Sir » ou « Ma'am ». Je trouve que ce grade correspond très bien à celui de Grand Intendant. De plus, puisque Komui est médecin militaire, il porte un badge de médecin, en argent : un caducée (càd un bâton autour duquel s'enroulent deux serpents, symbole universel de la médecine) surmonté d'une croix grecque (càd une croix dont les quatre branches sont de même longueur. C'est ce qu'on voit à l'enseigne de toutes les pharmacies (du moins celles de Belgique)) et d'une paire d'ailes. Le caducée est placé devant une représentation d'une civière, et le tout est encadré par une couronne de feuilles de chêne. Il existe quatre types de badges (quatre « awards »), selon l'importance du médecin. Le 1st award n'a pas d'étoile, le 2nd en a une (au sommet de la croix), le 3rd en a deux (à chaque extrémité du caducée), le 4th en a trois (deux de part et d'autre de la civière, l'autre au sommet de la croix).

(4) Un Sergeant (sergent) est un sous-officier dirigeant un « squad » (escouade, càd neuf à dix soldats). Kanda est un Staff Sergeant (grade n'existant pas en France), son travail est de faire en sorte que les soldats sous ses ordres donnent le meilleur de leur potentiel. Il a souvent d'autres sergents sous ses ordres (le travail d'un simple sergent est de « donner le bon exemple aux soldats ». Il fait son job, et les soldats regardent, puis imitent). Un Sergeant est plus haut gradé qu'un Corporal. Ses galons consistent en trois V retournés, et un demi-cercle concave reliant les deux extrémités du V (je sais pas si c'est clair XD)

(5) Un Lieutenant Colonel commande un bataillon (trois cents à mille soldats), mais peut aussi se charger d'une brigade (trois à cinq mille soldats). Il a pour assistant un Command Sergeant Major (donc comme ça vous savez le grade de Link, même si on ne le verra pas^^), et on s'adresse à lui en disant « Lieutenant Colonel » ou simplement « Colonel ». L'insigne d'un Lieutenant Colonel, c'est une sorte de petite feuille style feuille d'érable (chuis pas trop sûre^^'') argentée (cependant, le Lieutenant Colonel est plus haut gradé que le Major, qui lui a le même insigne, mais en doré).

(6) Une « Squad » (en français « escouade »), est une unité de 4 à 10 soldats, dirigée par un Staff Sergeant.

(7) Les M4 sont des fusils d'une longueur d'environ 80 centimètres, pesant à peu près 3 kilos. Il s'agit d'une des armes « légères » les plus utilisées par l'US Army (avec le M16, qui est plus lourd et qui est une vraie « arme d'assaut » (« assault rifle »)), qui a une portée de 500 mètres. Les M9 sont des revolvers Beretta (donc d'origine italienne) très utilisés par l'US Army. Il s'agit d'un pistolet semi-automatique, d'une longueur de 21 centimètres, ayant une portée de 50 mètres.

(8) Un Private est un simple soldat. Il n'a aucun insigne, son galon est un simple V inversé. C'est la première étape pour entrer dans l'armée. Leur mission est simplement d'exécuter les ordres du mieux de leurs capacités.

(9) Le « M2 Browning machine gun » est une arme d'artillerie lourde. Un M2 pèse de 38 à 58 kilos (selon qu'il est chargé ou non). Il mesure 1 mètre 60 de long, avec un canon d'1 mètre 10. Il repose sur un trépied. Ses balles peuvent atteindre une vitesse de près de 900 m/s, et atteignent des cibles jusqu'à 1800 mètres.

(10) Les PFC ont les mêmes devoirs que des « Privates », en fait c'est exactement la même chose qu'un Private « normal », le grade de « Private First Class » s'atteint après un an à l'armée (c'est automatique). Leurs galons sont les mêmes que ceux d'un Private, mais avec une sorte de parenthèse qui referme le V renversé.

(11) Le grade de Lieutenant se subdivise en deux catégories : les First Lieutenants (1LT) et les Second Lieutenants (2LT), ces seconds étant plus hauts gradés que les premiers. On s'adresse aux deux en disant « Lieutenant ». Sokaro, Cloud, Tiedoll et Kakashi sont des First Lieutenants, chargés de diriger une section (« Platoon » en anglais), c'est-à-dire 3 à 4 Squads (16 à 40 soldats). Dans cette fic, chaque Lieutenant dirige (à la base, c'est-à-dire avant de se faire tous tuer) un Platoon de 4 Squads (chaque Squad comprenant 10 hommes), donc 40 hommes.

(12) Cross est capitaine, donc plus haut gradé que les autres Maréchaux, mais c'est parce que je voyais pas trop qui mettre d'autre… Luberier, j'aurais pas aimé l'avoir dans cette compagnie… en plus, il est déjà Lieutenant Colonel^^ Donc, un capitaine (Captain) dirige une Company. Ici, la compagnie de Cross est composée de 4 Platoons (puisqu'il y a 4 Lieutenants), donc ça nous fait 160 soldats.


ça nous fait pas mal de notes en bas de page, hein?^^"" mais ça devrait diminuer au fur et à mesure, je crois que j'ai dit le plus gros ici...

Maintenant, le truc pas crédible qui se passera jamais dans la vraie vie: personne n'est assez cinglé pour Javeliser son uniforme. Pas même Komui. C'est à la limite du blasphème, donc peu recommandé^^ De même que les cheveux longs: à part les femmes, c'est tout le monde la même coupe à ras (quelqu'un a vu le film "Jar head"? ^^ Il parle entre autres de ça, les boys ont le crâne qui finit par ressembler à un... (c'est quoi le mot français pour "jar"? xDD) Enfin leurs cheveux finissent par faire penser au couvercle d'un bocal. Je m'en souviens parce que je regarde jamais ce genre de film, mais que je l'ai vu par hasard un jour où je devais aller en salle d'étude mais qu'elle était pleine à craquer et du coup on m'avait envoyée dans la salle de projection, où le film passait. Ce passage-là m'avait fait marrer. Je me suis d'ailleurs inspirée de ce film pour la description des dortoirs (je me souviens plus en détail, mais c'était l'impression vaguement cosy et poussiéreuse, avec les trucs en bois et les lits en métal, qui m'est restée))

Rien d'autre à dire? =_= Mmmmh... ah! oui! Il y a normalement des ordis dans les campements (je l'ai lu dans "Be safe" de Xavier-Laurent Lepetit), et j'imagine qu'il y a aussi le téléphone. Mais je voulais que les boys soient coupés du monde. Parce que la guerre est un monde à part.

Eeet... raah, j'étais sûre qu'il y avait autre chose! huuuummm... Ah! J'ai un peu laissé vagabonder mon imagination en ce qui concerne la fréquence des permissions^^ J'ai dit "neuf mois" comme ça, mais je sais pas vraiment combien de temps c'est censé être et j'ai pensé que c'était un détail sans trop d'importance...

Voilà, , j'ai fini^^

En espérant ne pas vous avoir trop gavées avec mon blablatage et mes notes interminables... je vous jure, ça devrait se calmer par la suite! Vous me laissez une review? Please... (yeux larmoyants et suppliants)