... Bonjour TT
Désolée pour ce retard, vraiment, vraiment, je suis désolée! J'ai tout laissé en plan, je suis désolée, j'avais plus d'inspiration TT Mais je vais m'y remettre sérieusement, promis-juré!
Comme vous l'avez sans doute remarqué, j'ai modifié les deux premiers chapitres car ils contenaient une information incorrecte: Komui n'était pas étudiant en chirurgie avant de partir au front, mais il venait d'achever son internat (sinon, il n'aurait pas le droit d'opérer des soldats). De plus, par souci de rester cohérente avec un omake que je voudrais publier une fois cette fic finie, Reever ne s'est pas pris une balle perdue, mais trois. J'aime le chiffre trois donc voilà j'ai corrigé xD
Maintenant, je réponds aux reviews ^^
Lalilana: Je vois que j'ai suscité des émotions xDD c'est quoi cette histoire de queue de loup? o.O" Ne t'inquiète pas, je ne me suis pas "embêtée" à écrire cette fic, j'aime tellement écrire, ça vient tout seul ^^ Si en plus ça plaît, je ne peux qu'être heureuse d'écrire^^
Elinska: Merci! Je ne comprends pas pourquoi tu n'aimes pas Allen, mais si je te le fais aimer à nouveau, je suis contente xD
Shigure-sensei: Merci! ça me touche beaucoup, ce que tu me dis là... j'espère que ce chapitre et les suivants seront à la hauteur de tes espérances! (courbette)
Zyukage: Oï! Une fan du TykixAllen xD Oui j'écrirai un omake sur eux deux, après... et je parle encore un peu de ce couple ici... Merci pour ta review, ça me fait plaisir (et ça me motive, faut dire que je suis une feignasse du clavier xD)
Meilin07: Merci! Ta toute petite review m'a fait super-plaisir pour cette simple phrase: "elle prend aux tripes". C'est ce que je voulais, je l'ai eu, je suis CONTENTE! Yahouu! Bref^^" Merci beaucoup, j'espère beaucoup que la suite ne faiblira pas et ne te donnera pas envie de revoir ton verdict... je veux que ça prenne aux tripes jusqu'au bout ! Nyah ~!
Misi-chan: Ah, ma chère misi-chan, que serai-je sans tes belles reviews? ^w^ Je comprends tes réticences vis-à-vis des coups de foudre. Moi aussi j'aime bien les trucs bien psychologiques... mais ici... ben ça collerait pas. Vraiment, j'y ai réfléchi dans tous les sens, mais ça collerait pas avec ce que je veux faire... tu comprendras peut-être pourquoi c'est impossible, quand on en sera à la fin de la fic... Yeah, vive la musique! Non, je ne me suis pas appuyée sur des témoignages. J'ai vraiment fait au feeling, comme à mon habitude^^" Ah, la haine de l'humanité^^ J'avais le même, à douze-treize ans... tu as quel âge? (si ce n'est pas indiscret) Personnellement, j'ai commencé à aimer l'humanité quand j'ai arrêté de me haïr. Je ne pense pas que l'homme soit parfait (loin de là), mais j'aime garder espoir... Auteur de BD! Je veux voir ça! Quand tu seras auteur de BD, tu me diras ton nom de plume, pour que j'aille acheter tes oeuvres!^^ Je suis très contente que ce chapitre t'ait plu, d'autant plus que c'était un chapitre que j'aime beaucoup moi-même... celui-ci aussi, bien qu'un peu moins...
Kamazu: Ka-chaaan, tu vas me faire pleurer T^T Merci! MERCIIIIIII! J'espère que la suite te plaira, je suis tellement emballée quand je reçois tes reviews TT
Evils-roses: Merci beaucoup pour ta review passionnée xD Je suis heureuse que ça t'ait plu! (heureuse, que dis-je? Je suis carrément honorée xd)
Risaa: Mon Dieu, quelle review! Merci! Si mon chapitre t'a bouleversé, ton commentaire m'a littéralement transportée d'émotion! TT Merci beaucoup!
Chowa-chan: Yep, t'inquiète, j'abandonne pas ma fic xD Merci beaucoup, je suis contente de t'avoir réconciliée avec le Yuvi^^
Globalement, je ne dirais qu'une chose: merci à toutes pour vos reviews! Elles sont vraiment toutes magnifiques, je suis comblée! (bon, ça se voit peut-être pas, vu le temps que je mets à poster -_-") J'ai rarement reçu d'aussi magnifiques reviews, et je me plais à croire que c'est parce que j'ai fait un bon chapitre (ou pas^^"). Nan vraiment, je tuerais pour avoir encore de si belles reviews! Merci (courbette).
Ce chapitre est... court... et... euh... court. Bon, je m'explique: dans la première version, il fait deux pages. Je n'avais écrit royalement que le passage à l'infirmerie. Et encore, c'était pas complet. Donc je me suis épuisée à rallonger tout ça... Et je pense que ça donne pas trop mal. Une fois de plus, le lexique est en bas de page (dans l'ordre alphabétique). Pas de notes explicatives aujourd'hui (je laisse tomber mon encyclopédie xD), mais une citation qui m'a complètement éblouie quand je l'ai lue... Je vous laisse la surprise, elle se trouve vers la fin du chapitre^^
Comme je l'ai déjà dit à certaines personnes, je compte publier un recueil d'omake après avoir fini cette fic. Au moins trois: un KoRee, un TykixAllen, un CrossxAnita. Je verrai pour la suite, selon l'inspiration. Evils-roses m'a aussi proposé d'écrire une fic sur le passé de Kanda et sur celui de Lavi, mais je pense qu'elle devra être publiée aussi à la fin de cette fic, pour être cohérente. Voilà, c'est tout^^ Si vous avez des demandes à me faire concernant les omake, je suis ouverte à toute proposition xD
Dernier petit truc avant de vous laisser lire: j'ai écrit ce chapitre en m'inspirant d'un roman-photo que j'ai lu sur le net. Je vous mets le lien, effacez les espaces avant et après les points et les slashes.
www . pennyallen . info / frhell . htm
Il est gore. Enfin, ptêt pas pour les fans d'Exorciste ou de REC ou Dieu sait quel autre film d'horreur. Moi il m'a galvanisé. Je m'en suis inspirée pour le passage sur les photos (vous comprendrez de quoi je parle). Il s'agit d'un roman-photo fait à partir de vraies photos de guerre. Pas des montages bidon avec du ketchup pour le sang et de la saucisse pour les tripes. C'est une journaliste française (je crois) qui l'a fait, à la suite d'une rencontre avec un soldat américain, dans un avion. La ressemblance avec ma propre fic m'a tout d'abord étonné, puis ça s'est imposé à mon esprit, je devais utiliser ce document. La citation en est tirée. Ah... c'est en anglais... je pense qu'il y a moyen de trouver une vf sur le même site...
Jour 2
Lavi se réveilla aux aurores et se demanda ce qu'il foutait là. Il se redressa en se grattant le crâne avec cette hébétude qui ne s'efface qu'après quelques tasses de café.
Il posa machinalement le regard sur la personne allongée à côté de lui. Kanda dormait encore, recroquevillé sur le côté, le visage enfoncé dans l'oreiller. Lavi se pencha pour discerner l'objet qui brillait entre les bras du sergent.
La réponse le fit frissonner. Une mitrailleuse M4.
Il se leva en silence, posa ses pieds nus sur le sol poussiéreux et enfila ses vêtements à la hâte. Il attrapa son appareil photo et sortit du dortoir.
Dehors, le soleil se levait à peine, projetant les ombres longues des miradors sur le sol sablonneux. Il photographia cette image étrange, le calme apaisant du désert à travers les grillages et les barbelés. Un bruit de pas derrière lui le fit sursauter.
-Good morning, fit la voix douce de Lenalee.
-Hi, marmonna Lavi.
-C'est joli, isn't it ? J'aime les levers de soleil… J'aimais regarder le soleil monter dans le ciel derrière la Statue de la Liberté…
-Tu es de New-York ? s'étonna Lavi.
-Yep. Je suis née à Brooklyn, j'ai grandi dans le Queens, près de l'East River et j'ai emménagé avec mon frère à Manhattan, tout près de Central Park, quand nos parents sont morts.
-Je suis désolé. Pour tes parents…
Lenalee hocha doucement la tête. Il n'y avait rien à répondre.
Ils restèrent côte à côte un long moment, le regard dans le vague, leurs yeux pareillement verts posés sur l'horizon jaune et ocre.
-May I ask you… commença Lavi, gêné. Qu'est-ce qu'une fille comme toi fait… ici ?
Le caporal sourit piteusement.
-Ah, je comprendrais que tu ne veuilles pas répondre, s'exclama Lavi avec un ton d'excuse.
-Non, ça va. C'est ton boulot, de poser des questions, non ?
-Ce n'est pas forcément le tien d'y répondre.
-J'avais une amie. Ma meilleure amie… elle était deux ans plus vieille que moi, et habitait le même immeuble que nous. Elle nous connaissait depuis longtemps. Elle était secrétaire, elle travaillait dans le quartier des affaires. Et le 11 septembre 2001, quand les tours se sont effondrées, elle ne répondait plus au téléphone, murmura Lenalee.
Lavi baissa pudiquement les yeux. Lui aussi avait perdu un ami lors de ces attentats.
-C'est pas pour la venger, ou quoi que ce soit. Je ne crois pas en la vengeance. Mais quand je suis allée au centre commercial, quelques jours après, il y avait des officiers qui sont venus nous parler, à moi et mes amis. Ils nous ont dit que l'armée recrutait. On avait l'âge et on avait l'impression de pouvoir faire quelque chose pour qu'il n'y ait plus jamais d'autre 11 septembre… Alors on a accepté. Je me suis engagée pour ça, juste parce que mon amie était morte. Je l'ai dit à mon frère et il s'est engagé aussi. Et Reever après lui. On est partis se faire charcuter comme trois imbéciles…
Dans la poche de Lavi, le magnétophone enregistrait les paroles de la jeune Chinoise.
-Reever s'est pris trois balles dans la poitrine. Brother est à deux doigts de la dépression nerveuse. Je sais pas si tu peux imaginer ce qu'il ressent. Il se sent vraiment coupable. Il a déjà parlé plusieurs fois de quitter Reever par respect…
Elle se tut quelques secondes puis eut un rire bref.
-« Respect »… moi je trouve ça magnifique de pouvoir aimer quelqu'un dans des situations pareilles. Ils peuvent compter l'un sur l'autre parce qu'ils peuvent se comprendre. Ils ont vécu les mêmes horreurs. On les a tous vécues… On a tous été détruits par cette guerre. Et mes amis, ceux qui étaient avec moi au centre commercial… on était cinq. Deux sont morts, un est handicapé à vie et le dernier s'est pendu le mois passé. C'est ridicule.
Sa voix était amère, emplie de sanglots contenus.
Le regard de Lavi se perdit dans le lointain.
-Je peux te photographier ?
Lenalee leva les yeux vers lui, hésitante.
-Comment, tout de suite ?
Le roux acquiesça. Lenalee tenta de sourire mais les larmes commençaient à dévaler ses joues. Sans un mot, Lavi attrapa le fusil qui pendait dans le dos de la jeune fille. Il le plaça dans ses mains et Lenalee prit naturellement la position, la crosse coincée dans le creux de son coude, le canon dirigé vers le sol. Lavi lui fit pencher la tête sur le côté de sorte que les cheveux qui dépassaient de sa casquette beige tombent devant ses yeux.
Il se recula de quelques pas et prit la photo de cette jeune fille en T-shirt Captain America, armée de la pire invention de l'Homme, une larme presque invisible traçant un sillon brillant sur sa joue pâle.
-That's it.
Une sonnerie de clairon déchira le silence relatif des dunes balayées par le vent.
-C'est le réveil, expliqua Lenalee. Je retourne dans mon dortoir. Tu as pris ta douche ?
-Not yet.
-J'espère que tu n'es pas trop pudique, alors. C'est des douches communes.
Lavi haussa les épaules.
-J'avoue que je préfèrerais avoir accès à celles des filles, mais on fait avec ce qu'on a, plaisanta Lavi.
-Brother te tuerait.
OoOoO
Les douches ressemblaient à l'idée que Lavi se faisait des salles d'eau des camps de concentration. Des robinets rouillés pendaient des murs de tôle et l'eau qui s'en écoulait était froide et vaguement orangée. Les savons étaient jaunes, les gants de toilette aussi et l'eau qui courait des pieds des soldats vers le trou d'évacuation au centre du hangar n'était pas beaucoup plus propre.
Lavi n'était pas quelqu'un de particulièrement pudique, il était plutôt du genre à tomber la chemise à la moindre occasion et certaines photos prises durant des soirées de cuite prouvaient qu'il avait une propension à l'exhibitionnisme. C'est pourquoi il enleva ses vêtements sans la moindre gêne et se plaça sous le robinet voisin à celui de Kanda.
- Désolé, j'ai oublié le mien dans le dortoir, dit-il en lui volant son bloc de savon. Bien dormi ?
Kanda ne répondit pas, la tête penchée en avant tandis qu'il se savonnait les cheveux. Lavi laissa son regard glisser sur son corps à la fois mince et musclé, puis se racla la gorge en tentant de paraître à l'aise.
-Je disais : tu as bien dormi ?
Le Staff Sergeant leva la tête sans rien dire et planta son regard dans le sien.
-Ça intéresse les lecteurs du Times de savoir que je fais des cauchemars ? grogna-t-il en ouvrant la vanne.
L'eau glaciale gicla du robinet et tomba en pluie drue sur le crâne du militaire, emportant tout le savon avec lui. Ses cheveux de jais pendaient, trempés, sur ses épaules larges.
-Fais ce pour quoi tu es payé et leave me alone.
-Je fais ce pour quoi je suis payé : tout savoir d'un militaire en mission. Tu rêves de quoi ?
Kanda ferma la vanne et ramassa sa serviette avant de sortir de sous la douche et de se rhabiller.
-You piss me off, grogna-t-il en s'éloignant.
-Non ! rétorqua Lavi en élevant la voix. C'est toi qui m'emmerdes, moi je fais mon boulot !
Il regretta d'avoir haussé le ton, de ne pas avoir su garder son calme. De ne pas avoir su se retenir de mentir. Bien sûr qu'il ne faisait pas son boulot. Il faisait plus que ça, il nourrissait une obsession au sujet de Kanda. Il était amoureux. Merde.
-Fous-moi la paix, dit le sergent en se dirigeant vers la porte. Je te demande pas si t'as une copine en Amérique, alors ne me demande pas si je rêve des pin-up que collectionne Cross.
-Juste une question ! s'exclama Lavi en nouant un essuie à sa taille, le ton presque suppliant. Pourquoi tu dors avec ton arme ?
La porte claqua sans que Kanda eût répondu.
-Bugger ! grogna Lavi en shootant dans un mur. Mais quel CON !
-It's the rule, dit simplement Allen en se glissant à côté de Lavi, à la place qu'avait désertée Kanda. On dort avec son arme dans son lit pour être prêt à réagir en cas d'attaque. Ne va pas t'imaginer de fausses choses au sujet de StYuupid man. Il est pas plus traumatisé qu'un autre. Il respecte juste les règles de sécurité.
Lavi acquiesça en silence. Ouais, les règles. Sauf que ça ne faisait pas partie du règlement de s'agripper à son arme comme à une bouée de sauvetage.
Il remit ses vêtements en fixant les pieds d'Allen. Sous son talon, un long cheveu noir laissé par Kanda après sa douche.
Lavi se leva en soupirant. Il avait raté une occasion de se rapprocher du sergent.
OoOoO
Après le petit-déjeuner, Lavi suivit Kanda qui continuait de donner des ordres à ses subordonnés – et même à ceux qui n'étaient pas sous son commandement.
-Sergeant Walker ! Si tu sais pas démonter une tente sans provoquer d'accidents, fallait rester chez toi. Je me demande ce qu'un boulet comme toi fait ici, c'est étonnant qu'on t'ait pas perdu plus tôt !
Allen n'écouta pas, évitant de faire scandale devant un journaliste.
-Comme si j'avais envie d'être ici, marmonna le jeune homme en passant devant Lavi, des morceaux de l'armature d'une tente sous le bras.
Lavi le prit en photo, plus par réflexe que par véritable intérêt.
-On irait à l'infirmerie ? proposa-t-il à Kanda.
Ce dernier soupira mais prit le chemin de la tente de Komui.
-C'est bizarre qu'un gamin aussi jeune que Walker soit dans l'armée, non ? fit remarquer Lavi en lui emboîtant le pas. Surtout qu'il n'a pas l'air d'aimer spécialement…
-Il est entré à l'armée pour ses études.
Lavi acquiesça. Il avait déjà entendu parler de ces jeunes sans trop d'argent, qui s'engageaient pour que l'armée paie leurs études. Sauf qu'en cas de guerre, ils étaient les premiers à devoir partir. Un système assez pervers qui profite de la pauvreté des Américains moyens.
-Il a quel âge ?
-J'en sais rien. Vingt, vingt-et-un. Comme Corporal Lee.
Il souleva le pan de la tente et Lavi entra dans l'infirmerie. Il salua le Chief Warrant Officer qui lui sourit avec bienveillance.
-Je peux prendre des photos des blessés ? demanda-t-il.
-Euh… oui… marmonna le Chinois qui était plongé dans les derniers rapports qu'il devait signer avant le départ.
Kanda restait près de l'entrée tandis que le journaliste slalomait entre les lits. Il s'arrêta devant un homme qui avait été amputé de la jambe. Ce dernier sourit pour l'objectif et Lavi trouva cela bizarre de voir un éclopé à vie sourire comme ça.
-On rentre demain, je vais enfin revoir ma femme et mes gosses, expliqua le soldat.
Lavi ne trouva rien à répondre et prit d'autres photos dans un silence quasi-religieux.
Komui se plaignit de la chaleur en enlevant sa veste.
-On est dans le désert, aussi, fit remarquer Kanda, acide.
-C'est pas des conditions pour pratiquer la médecine, ça. J'ai de la chance de pas encore avoir eu de cas de gangrènes… en parlant de ça, ça va mieux ta blessure ? Ça doit bien faire une semaine que je ne t'ai plus ausculté.
Lavi stoppa deux secondes son activité. Kanda était blessé ?
-'t's okay, c'est cicatrisé. J'ai bien désinfecté.
-Tu dis ça à chaque fois, n'empêche que l'an passé, t'as failli attraper le tétanos. Allonge-toi sur un lit, je vais vérifier par moi-même.
-Didn't I say it was okay ? gronda Kanda en rougissant.
Komui plissa les yeux d'un air menaçant.
-Tu t'allonges tout de suite ou j'appelle Reever pour qu'il m'envoie un Komurin en colis express !
Kanda céda finalement et s'assit sur un des lits de camp. Komui termina de signer un papier et s'approcha de lui.
Lavi suivait tout ça de loin, les yeux grands ouverts pour ne rien louper du spectacle. Le Chinois prit une chaise pour s'installer correctement.
-Enlève ton pantalon, dit-il en ramenant les cheveux en arrière et en les attachant pour ne pas qu'ils gênent sa vision.
Lavi écarquilla encore un peu plus les yeux, puis, croisant le regard farouche de Kanda, il se remit à prendre des photos en l'épiant du coin de l'œil.
Kanda enleva ses boots et baissa son pantalon. Lavi se surprit à sourire en regardant son boxer noir visiblement bien rempli. Il n'avait pas eu droit à une vue aussi agréable sous la douche.
Komui se pencha sur le Staff Sergeant et palpa sa cuisse droite du bout des doigts.
-« Cicatrisé », tu disais ? J'ai jamais vu une telle charcuterie, marmonna-t-il avant de se relever pour chercher du désinfectant.
Kanda voulut remettre son pantalon mais Komui l'en empêcha.
-Je vais te nettoyer ça, te mettre un bandage, et tu vas venir me voir tous les jours pour que je désinfecte, même quand on sera de retour en Amérique, parce que je te connais. Si je ne le fais pas, tu ne le feras pas non plus et tu vas te retrouver avec une boucherie suintante de pus.
Lavi grimaça de dégoût.
Il jeta un œil vers Kanda et put enfin voir quelle était cette blessure. L'intérieur de sa cuisse droite avait été déchiré par une balle et une blessure encore rouge s'étendait en étoile de son genou à la bordure de son boxer. Le roux était à la fois attiré et révulsé par cette vision.
Kanda capta le regard de Lavi et rougit encore plus.
-Regarde ailleurs, Stupid Rabbit !
Komui revint pour nettoyer la plaie.
-Ce qui m'étonne le plus, c'est que tu arrives encore à marcher avec cette sale blessure, marmonna le médecin.
Lavi continuait de surveiller les réactions du sergent. Il avait fermé les yeux et se mordait la lèvre inférieure pour ne pas hurler de douleur sous la brûlure du désinfectant. Sa tête était basculée en arrière, des mèches d'ébène collées à son front par la sueur. Lavi songea que son attitude était parfaitement ambiguë et il sentait une chaleur étrange se répandre en lui.
Kanda ouvrit les yeux et croisa son regard. L'air devint électrique autour d'eux. « Je le veux » songea Lavi. Le Japonais semblait penser la même chose, tant ses yeux étaient suppliants.
Komui se redressa et se tourna vers Lavi.
-Tu veux prendre une photo ? C'est un beau cas de connerie macho, persifla-t-il.
-I beg your pardon ? balbutia Lavi, ne comprenant pas très bien.
-Sergeant Kanda se la joue Rambo et se promène avec une plaie ouverte depuis une semaine. Tu peux prendre une photo, c'est très édifiant.
Lavi ne se fit pas prier, il prit la place de Komui sur la chaise. Il croisa de nouveau le regard de Kanda qui le défiait de faire le moindre commentaire.
Le journaliste photographia l'immonde blessure, puis se leva et s'éloigna tandis que Kanda se faisait un bandage et se rhabillait.
-Vous avez des… je ne sais pas, des photos d'archives de blessés graves ? demanda-t-il à Komui.
-Nope, sorry.
-You've got some, objecta Kanda.
Le Chinois leva les yeux en soupirant.
-Too hard to see. C'est pas beau à voir.
Mais il se leva quand même et attrapa la caisse libellée à son nom, en haut de l'armoire à médicaments. Il posa le carton sur son bureau encombré et l'ouvrit. Il en tira ses décorations, une liasse de lettres, un petit bocal contenant trois balles rougies de sang étiqueté du nom de « Reever Wenham », et enfin deux piles de photos.
-This, commença-t-il en désignant la première pile. C'est mes blessés.
Il tendit les photos à Lavi.
-That, continua-t-il en prenant la seconde pile. C'est les autres.
-Les autres ? répéta Lavi en saisissant les deux tas de photographies.
-Les rebelles. Les… kamikazes. Photographiés par des enlisted en mission.
Lavi écarquilla les yeux, choqué. La première photo représentait un corps disloqué, couché sur le bitume comme un pantin dont on aurait coupé les fils. Des traces d'explosion étaient visibles sur le macadam et une immense flaque de sang imbibait ses vêtements brûlés. Ses entrailles étaient déversées sur le sol, immondes, sanglantes.
-Oh my… murmura Lavi. I don't wanna see that…
-Tu dois regarder, gronda Kanda derrière lui. Il faut que les gens sachent. Prends ces photos et mets-les dans ton article.
-C'est horrible, balbutia le journaliste en regardant les photos suivantes.
D'autres corps explosés, d'autres poitrines déchirées par les balles, d'autres morts. Encore, et encore, et encore. L'une des images lui arracha un gémissement nauséeux.
-What the hell…
Une tête en gros plan. Ou ce qu'il restait d'une tête. Le crâne était effondré comme une voûte qui se serait écroulée avec les siècles. Une masse rose vif, le cerveau, avait giclé sur près de cinquante centimètres hors du crâne. Du sang rouge emplissait le cadre.
-I did it, murmura Kanda.
-L-la photo ? C'est toi qui…
-No. The wound. I did it.
L'estomac de Lavi se tordit d'horreur.
-Ouais, je tue des gens, dit le Sergeant, lugubre.
-C'est horrible !
-War is an ugly thing, but not the ugliest of things. The decayed and degraded state of mind that thinks nothing is worth fighting for is far worse.
La guerre est une chose horrible, mais pas la plus horrible des choses. L'esprit décadent et dégradé qui pense qu'il n'y a rien qui vaille la peine que l'on se batte est bien pire.
-…
-John Stuart Mill, chuchota Kanda. Il a raison, bien que je ne sache pas exactement pourquoi je me bats.
-L'amour sacré de la patrie. In God we trust, dit Komui avec un sourire désabusé, citant la devise calligraphiée sur tous les billets de banque américains.
-Ouais, justement. Je crois en Dieu et je flingue des pauvres types. Pourquoi ?
-La lutte contre le terrorisme, proposa Lavi.
-Le pétrole, rectifia Kanda avec une expression indéfinissable sur le visage. Tu savais qu'avant la guerre de 40, l'issue des combats dépendait du nombre de soldats, de l'armement, de l'organisation ? Aujourd'hui, elle dépend du pétrole. Tu l'as, tu gagnes. Tu ne l'as pas, tu perds. Les premiers GI qu'on a envoyés ici, ils n'ont pas attaqué de grandes villes, ou des sites terroristes. Ils ont assiégé les réserves de pétrole. On a le pétrole, on a gagné. L'adversaire ne peut rien sans l'or noir. Ça se joue à ça. Après, le reste, c'est juste pour jouer. On joue à tuer des gens, à se faire tuer, on joue à exploser des villages et à marcher sur des bombes. Les guerres menées par l'Amérique ne sont pas des guerres saintes.
Lavi ne trouva rien à dire, comme toujours depuis son arrivée dans le camp. Il n'était pas idiot. Il n'était pas ignorant. Il avait toujours un avis à donner sur tout. Mais face à Kanda et à la rage qui brillait dans son regard noir, il n'y avait rien à dire. Le sergent savait des choses qu'il ignorait. Il connaissait la cruauté, le sang, la douleur, la peur mieux que lui. Tout ce qu'il pourrait dire ne serait que discours d'amateur face à ses phrases pleines de sa colère désabusée.
Il baissa les yeux sur sa pile de photos, avec une pensée confuse en tête. Il avait succombé au charme d'animal blessé du militaire. Cette façon de ne parler qu'en phrases courtes et coupantes, comme pour économiser le peu d'oxygène qui lui restait. La manière qu'il avait de regarder tout le monde avec les mêmes yeux farouches, ennemis comme amis. Le silence qu'il cultivait à longueur de temps. La distance qu'il imposait entre lui et les autres.
Il était tombé amoureux de sa colère.
C'était ridicule. Il n'avait plus l'âge de ces conneries. Et pourtant c'était arrivé.
Lavi sortit de la pile trois photos. L'homme au crâne éclaté, l'homme explosé, et un cliché d'un soldat au ventre transpercé d'une balle de gros calibre.
-Je peux les garder ? marmonna-t-il en fixant la dernière photo.
Ne recevant pas de réponse, il releva la tête. Kanda était en train de se curer les ongles, appuyé contre le bureau de Komui. Le chirurgien était plongé dans une contemplation silencieuse, les yeux rivés sur le petit bocal contenant les trois balles.
-Je peux garder ces trois photos ? demanda à nouveau le journaliste.
Komui sursauta et se tourna vers lui en balbutiant :
-Oui, oui, pas de problème…
Lavi lui rendit les autres clichés, que Komui remit dans sa caisse. Il rangea les autres objets et ses mains tremblaient lorsqu'il prit le bocal et la liasse de lettres.
Le journaliste perçut son geste et eut presque envie de le serrer dans ses bras pour lui dire une connerie comme « courage, man, il reste même pas quarante-huit heures à tenir ». Mais il n'en fit rien, Komui lui tendait une dernière photographie.
-Sergeant Walker. Ne lui dis pas que je te l'ai donnée.
Le roux jeta un œil à l'image. Le jeune militaire était couché inconscient sur un lit de l'infirmerie, le corps couvert de blessures. Aucun centimètre de peau n'avait été épargné, certaines plaies avaient été rouvertes après avoir mal cicatrisé… c'était monstrueux.
-Je l'ai prise après l'avoir soigné, juste quand on l'a retrouvé dans le désert, expliqua Komui à voix basse.
-Retrouvé ?
-Il s'était fait enlever par les milices ennemies. On le croyait mort. On l'avait perdu de vue pendant près de trois mois.
Lavi regarda le cliché plus en détail, avec un attrait mêlé de répulsion. Un prisonnier de guerre retrouvé inconscient dans le désert… étrange.
-Il ne faut pas que tu la publies. C'est juste pour te montrer… Komui s'interrompit, pensif. Quand il s'est réveillé, il délirait au sujet de… ce Tyki… il serait celui qui l'avait libéré.
-Pourquoi vous me…
-Parce que c'est une des choses qu'il faut savoir si tu veux tout savoir de cette guerre. Le syndrome de Stockholm, ça fait partie de nos problèmes.
Komui se tut et récupéra la photo, mais son silence en disait long.
Lenalee fit irruption dans la tente à ce moment précis.
-Hey, il paraît qu'il y a une fête ce soir au baraquement principal ! s'exclama-t-elle avec des étoiles dans les yeux.
-Hm, oui, c'est moi qui ai demandé à Jeryy de l'organiser, répondit Komui en replaçant la caisse en haut de l'armoire à pharmacie.
-Une fête ? soupira Kanda. Fuck.
-Cool ! Je peux en être ? demanda Lavi, plus qu'enthousiasmé.
Après tout, s'il y avait moyen de danser avec Kanda…
-Je resterai dans les dortoirs, je dois encore nettoyer mes armes avant de les ranger, marmonna Kanda en se décollant du bureau et en se dirigeant vers la sortie.
Lenalee roula les yeux, excédée.
-Oh, tu nous emmerdes avec ta mauvaise humeur ! Laisse-toi vivre, un peu !
-Yeah. Vivre, ironisa Kanda.
Lavi voulut lui dire que tant qu'on est pas mort, on a toujours le droit de faire la fête. Mais Kanda était déjà sorti. Le roux récupéra ses affaires et lui courut après, non sans s'exclamer :
-Merci pour la photo de tout à l'heure, Lenalee ! Trop mignonne !
Il vit les yeux de Komui lancer des éclairs et entendit Lenalee balbutier des explications.
-C'est rien du tout ! Une photo avec mon M4 !
-Ce sale pervers de journaliste de— !
Lavi rit intérieurement. Au moins, pendant qu'il hurlait des malédictions, il ne pensait plus à Reever.
OoOoO
-Tu n'en as pas marre de me fuir tout le temps ? demanda tranquillement Lavi lorsqu'il eût retrouvé Kanda, errant dans la zone de stationnement des Humvee. Tu sais, je suis quelqu'un de très sociable. J'ai une bonne conversation, un excellent sens de l'humour, et pour ne rien gâcher je suis assez agréable à regarder.
Le militaire lui lança un de ces regards glacials dont il avait le secret.
-Te fous pas de moi, Stupid Rabbit. Et je ne te fuis pas, je fais mon travail. Suis le rythme et ferme-là.
-Lovely, ironisa paisiblement le journaliste. Qui est ce Tyki dont tout le monde parle ?
-Un ennemi.
-Oh. Juste ça ? C'est quoi, son lien avec Walker ?
-Ça te regarde pas.
-Comme ta relation avec Sergeant Daisya Barry, n'est-ce pas ?
Kanda le regarda droit dans les yeux, avec un mélange d'étonnement et de fureur.
-What the heck ! D'où tu sors cette connerie ?
-J'ai un assez bon sens de la déduction. Il en faut, dans mon métier. Alors ?
-Mikk faisait partie de ceux qui ont pris Walker en otage. D'après ce qu'on a compris de ses délires, ils se seraient… attachés l'un à l'autre. Je ne peux rien dire de plus, et de toute façon t'as intérêt à pas en répéter un mot.
-Tu ferais n'importe quoi pour pas parler de toi, hein ? Même dénoncer tes amis.
-Beansprout n'est pas mon ami.
-Tu as des amis ?
Le sergent s'éloigna.
-Est-ce que quelqu'un, quelque part, tient à toi ? Tu peux pas être juste un mec avec une arme au bout du bras. Tu peux pas juste être ça… lui lança Lavi sans le suivre, avec une émotion dans la voix qu'il aurait voulu pouvoir contenir.
-Si. Je le peux. Ça fait trois ans que c'est tout ce que je suis. De toute façon, à quoi ça sert que quelqu'un tienne à moi ? A quoi ça sert de tenir à un assassin… ?
Lavi le regarda s'éloigner.
« Mais moi, je tiens à toi… »
Lexique :
't's okay : « ça va ».
Beansprout : « Pousse de haricot ».
Bugger : « merde ». C'est plus grossier que « shit »…
Didn't I say it was okay ? : « N'ai-je pas dit que ça allait ? ». En anglais, on utilise parfois la forme interrogative comme emphase (bah en français aussi, d'ailleurs). Donc on peut comprendre ça comme « j'ai dit que ça allait ! ». Parce que la forme interrogative en français fait un peu plus distingué… tandis qu'en anglais, on l'utilise même quand on est en train d'insulter quelqu'un avec les pires noms d'oiseaux xD
I beg your pardon : façon très polie de dire « je vous demande pardon » (dans le sens de « je n'ai pas compris ce que vous avez dit, pouvez-vous répéter »)
I did it : « Je l'ai fait ».
I don't wanna see that : « Je ne veux pas voir ça »
In God we Trust : « En Dieu nous croyons », la devise des Etats-Unis d'Amérique.
It's the rule : « c'est la règle ».
Leave me alone : « laisse-moi seul », ou, dans ce cas-ci « laisse-moi tranquille ».
Lovely : « charmant ».
May I ask you : « Puis-je te demander », « permets-moi de te demander »…
No, the wound. I did it : « Non, la blessure. C'est moi qui l'ai faite ».
Nope : « Non », mais dans un langage plus familier (comme « yep » à la place de « yes »).
Not yet : « Pas encore ». J'avais un livre quand j'étais petite et que je vivais encore en UK avec des animaux qui allaient chez le vétérinaire… à chaque fois les animaux demandaient s'ils étaient guéris et le livre disait « Not yet, said the vet », qui signifie « pas encore, disait le vétérinaire ». C'est très con mais ça m'a marqué et quand je dis « not yet », j'entends presque ma mère qui continue « said the vet ». Voilà pour la minute « les merveilleuses et inintéressantes aventures de Yosshi-chan » xD
That's it: « ça y est », « c'est fait ».
This/that : quiconque a suivi un cours d'anglais le sait, mais je le précise pour ceux qui seraient allergiques à la langue de Shakespeare : « this » c'est ceci, ce qui est proche. « That » c'est cela, ce qui est loin.
Too hard to see : « Trop dur à voir, à regarder ».
What the heck ? : équivalent de « what the fuck », ou « What the hell ».
You piss me off : équivalent anglophone de « tu m'emmerdes ».
You've got some : « Vous en avez ».
Pour rappel, les « enlisted » sont les sous-officiers (je le rappelle parce que ça fait tellement longtemps que je n'ai plus updaté, je comprendrais que tout le monde ait oublié xDD)
A suivre...
Quel chapitre... merdique xD Nan, c'est à vous de juger^^
je tenais juste à dire: Lavi est bizarre. Je veux dire, à chaque chapitre il voit sa relation avec Kanda sous un angle différent. Premier: "j'ai eu un coup de foudre-euh". Deuxième: "l'amour qui naît dans la haine de la guerre, c'est bizarre mais tant pis je l'aime". Troisième: "je suis amoureux de sa colère". Ben vii ça a l'air opposé, mais dans mon esprit tout se rejoint. Il y a un peu de tout ça dans son amour... en plus, c'est difficile de dire pourquoi on est amoureux de quelqu'un! ah lala, cette fic est trop bizarre -_-""
Prochain chapitre: la fête! et le lemon (gwahahaha)^^ Si vous n'en voulez pas, c'est le moment de hurler et de tirer la sonnette d'alarme^^
Reviews please! (bruit d'un M4 qu'on arme) Yuu-chan, ne menace pas les lecteurs! (Tch).
