Bonjour à toutes! Je suis suuuuper en retard, mais vous m'aimez quand même, hein? (yeux suppliants)
Ce chapitre est, comme promis, lemonisé. Le ton est donc assez différent, moins axé sur la guerre. Plus sur les personnes en elles-mêmes. De plus, Lavi retrouve sa détestable inconsistance des premiers chapitres (c'est justifié, ne vous inquiétez pas trop!^^) Et pour celles qui me connaissent et qui se disent que mes lemons sont une sorte de "valeur sûre"... ahem. Celui-ci sera différent, parce que... parce que c'est du Yuvi et pas du KoRee, ou du KakaIru, ou du KuroFye. Qui sont très faciles à écrire puisque, à la base, les personnages impliqués s'aiment. La relation de Kanda et Lavi est assez... peu claire, ambiguë, tout ça tout ça. Donc bon, ça se ressentira. En tout cas, moi je l'ai senti en l'écrivant^^"
J'ai mis les dialogues du lemon en anglais (choix personnel, je lis tellement de scans yaoi en anglais que j'ai associé le yaoi à l'anglais. Donc pour une fois que j'ai la possibilité d'utiliser la langue de Shakespeare à des fins perverses...^^-) Bien entendu, les traductions se trouvent toujours dans la partie « lexique ». Je vous conseille cependant de lire tout le lemon d'une traite avant d'aller lire le lexique, histoire de ne pas casser l'ambiance. De toute façon, vous n'avez pas spécialement besoin de comprendre les dialogues pour comprendre ce qui se passe (un lemon reste un lemon^^).
Voilà, j'ai blablaté sur un peu tout ce qui le nécessitait... Place aux RàR! Etant la feignasse que je suis, j'ai répondu à certaines reviews parce que j'étais motivée ce jour-là, et j'en ai laissé tomber d'autres parce que j'étais de mauvais poil au moment où je les ai reçues xD Je réponds à tout ici, par précaution^^
Manuka : Maaaah, j'aime recevoir des reviews tardives ! No problemo^^ Je suis vraiment très contente de voir que tu aies capté tous ces petits détails qui font le propre de cette fic ! Bien qu'ils soient moins présents dans ce chapitre, j'avoue… Merci beaucoup pour cette review et ces encouragements, et j'espère que ma fic continuera à te plaire jusqu'à la fin ! Bonne lecture !
Zyukage : au secours, une fan ! xDD Encore une demande en mariage ? Je suis courtisée de toute part, mais une certaine personne va être jalouse donc je serai obligée de décliner ta demande^^ J'espère que ce lemon te plaira, bien qu'il me semble moins réussi que les précédents…
Elinska : Merci ! Je sais juste pas quoi répondre xD (manque d'inspiration ^^'') Je comprends pourquoi tu n'apprécies pas Allen xD Oh, et apprécie le lemon^^
Pikshii : Quel joli petit pseudo ! Et quelle jolie review ! Merci beaucoup ! (et sois patiente pour le TykixAllen, je le ferai, promis-juré !^^)
Shigure-sensei : Tiens, toi j'ai la très nette impression de t'avoir envoyé un mp au moment où j'ai lu ta review xD Je ferai donc bref : merci, bonne lecture !
Evils-roses : désolée, je ne peux pas t'épouser (je suis déjà prise^^) Je suis vraiment désolée de t'imposer d'attendre avant d'écrire… je suis désooooolée TT Patience ! J'arriverai au bout de cette fic ! Promis ! Merci pour ta review, et j'espère que tu apprécieras ce chapitre !^^
Lavyuu : avec un pseudo pareil, je pense que ce chapitre te plaira xD Merci pour ta review ! Et pour l'absence de traduction de « StYuupid man », c'est parce que je l'avais déjà mise dans le premier chapitre et je n'ai plus pensé à la remettre^^ désolée^^'
Misi-chan : Cool, on a le même âge ! (eh ouais, des fois je suis contente pour rien xD). Pour le truc des témoignages… j'avoue avoir lu des romans sur la guerre, ou vu des films, ce genre de choses. Je me suis inspirée de l'émotion que ça suscitait en moi, plus que de faits vrais… et je suis plutôt satisfaite que ça donne vrai !^^ J'adore écrire sur des trucs que je ne connais pas personnellement, et j'adore que ça ait l'air de m'être familier^^ Lavi le gros pervers xD Tu risques de ne pas apprécier très fort ce chapitre xD Mais si sa lecture t'insupporte, tu peux passer directement à la deuxième moitié du texte (après la première rangée de OoOoO ^^), qui est plus chaste et vertueuse xD Cool, quelqu'un qui aime les gens qui réfléchissent trop ! J'aime réfléchir trop. Bouhou je me suis fait traiter de grosse limace, je vais être très triste là maintenant T^T Méchante misi ! Eh nan, pas d'alcool pour mon lemon ! Après, y en a. Mais pas avant^^ Bref, voili-voilà, j'ai répondu à ta belle review ! Merci merci^^ Et bonne lecture ! (au fait, pour me venger du coup de la limace ! Tu n'as pas reviewé mon dernier chapitre de stairway, et ça me rend très très tristeuh… (oui, bon, j'essaie de t'apitoyer. Et alors ? xP))
Ka-chan !: Je vois que je t'ai manqué xDDD Je pense t'avoir répondu par mp, donc je serai brève ! Merci pour ta review, et apprécie ze lemon :P
Dieu-Chouette à lunettes x : Quel pseudo marrant ! D'où ça vient ?^^ Sinon, merci pour cette gentille review ! Oui, je dois arrêter de dire « Yuu » il doit y avoir une malédiction qui plane sur ma tête xD J'espère que tu vas aimer ce chapitre ! AH ! je viens de comprendre pourquoi ton pseudo me disait rien ! Hoa Rune, si tu es là, frappe trois coups xD
Chowa-chan : Merci beaucoup beaucoup ! x) J'aime les lectrices aussi enthousiastes ! Tu as raison, j'aurais dû faire un Tyki qui ramène Allen au camp, ça aurait été tellement romantique ! (ouais bon, je pars dans mon trip^^'') Bonne lecture !
Yuuki-chan : J'aime les gens capricieux ! P Merci beaucoup pour cette impatience ! Pour les détails sur Allen, je compte écrire un recueil d'omake par après. Il y aura à coup sûr du KoRee, du TykiAllen et du CrossAnita ! Je préfère ne pas mettre trop de détails sur les personnages secondaires, afin de ne pas étouffer le Yuvi ! (déjà comme ça j'ai du mal à me convaincre que c'est le couple principal de la fic, vu comme ça part en sucette xD). Bref ! Merci !
Sakyhime-chan : Merci ^^- C'est dingue, j'écris en attendant des reviews de ce genre, mais à chaque fois que j'en reçois je me sens mal à l'aise comme si ça ne m'était pas destiné xDD Enfin bref, merci beaucoup pour cette review, et je ne t'en veux pas du manque de reviews sur mes autres fics (je suis moi-même une piètre revieweuse^^'') Je suis vraiment très heureuse que cette histoire soit aussi appréciée, mais du coup ça me stresse quant à savoir si la suite plaira ^^'' ah, et merci pour le favorisement (c'est un mot que je viens d'inventer pour dire que tu m'as mis dans tes fav' xD)
Axeliste : j'aurais bien aimé pouvoir te prévenir du nouveau chapitre, comme tu me l'as demandé, mais tu n'acceptes pas les mp (c'est tout de suite plus difficile pour communiquer xD). Sinon, tu peux sélectionner le « story alert » qui se trouve en bas à gauche de la page, et tu recevras un avis dès que je poste ^^ Merci beaucoup pour ton enthousiasme (yeah, deux reviews d'un coup xD) Bonne lecture, j'espère que ça te plaira toujours autant !
Et voilàààà! Bonne lecture!^^
Nuit 2
Lenalee passa la tête dans l'entrebâillement de la porte du dortoir 5.
-Hey guys, are you ready ? demanda-t-elle avec un rire doux.
Lavi observa le caporal. Elle portait une robe et s'était maquillée. Le journaliste se demanda pourquoi cette fille était partie combattre dans le désert avec une robe et une trousse de maquillage dans sa valise, mais ne dit rien.
-Yeah, je suis prêt, fit Allen (lui aussi était étrangement bien habillé) en s'approchant de la sortie.
D'autres soldats le suivirent et sortirent du dortoir, avec des rires dans la gorge et des sourires aux lèvres. Dernière nuit au campement, nuit de fête !
Le dortoir 5 se retrouva vide, à l'exception de deux hommes.
-So, you ain't goin' to the party ? soupira Lavi en jetant un œil à Kanda, qui était toujours en treillis et en boots.
-Nope.
Lavi s'appuya contre la fenêtre et regarda tous les militaires qui se dirigeaient vers le grand baraquement. Ils avaient l'air si heureux. Personne n'allait se coucher avant trois, quatre heures du matin.
-I don't like parties. Libre à toi d'y aller.
Lavi regarda le baraquement illuminé, d'où la musique commençait à s'élever, gonflant dans l'air, explosant vers le ciel étoilé. Puis il regarda Kanda, assis sur son lit, en train d'astiquer sa mitrailleuse pour pouvoir la ranger avec les autres armements.
Le journaliste songea qu'il aurait bien aimé le voir astiquer autre chose, puis il rougit de sa propre perversité.
Aller à la fête ? Rester avec Kanda ?
Le choix ne fut pas long à se fixer.
Rester avec Kanda était définitivement la chose à faire.
-Je ne peux pas. Je suis censé rester près de toi, dit Lavi avec un petit sourire, en s'asseyant sur son lit.
Il farfouilla dans son sac, comme pour mettre de l'ordre dans ses affaires. Il en sortit un rectangle en plastique noir, pourvu d'un petit écran.
-Ah, c'est là qu'il était, marmonna-t-il en le posant sur l'étagère au-dessus de son lit.
-C'est quoi ? demanda Kanda.
-Oh, tu t'intéresse à ma vie ? ironisa Lavi avec un grand sourire plein de dents. C'est une sorte de GPS que m'a refilé mon boss. Au cas où je me fais enlever, tu vois ? J'ai un émetteur que je dois épingler sur mes vêtements. Là il est sur ma chaussette. Perso, je trouve que ça sert à rien, vu que je suis censé être toujours collé à un GI...
-Ah bon, répondit le sergent, qui s'était mis à nettoyer l'intérieur du canon de son arme avec une sorte de petite brosse allongée, pestant contre le désert qui lui foutait du sable jusque dans le fond de son canon.
Lavi le regardait, lèvres entrouvertes, faire des va-et-vient dans l'arme avec sa brosse bizarre.
C'était tellement ambigu que Lavi se demanda comment Kanda ne s'était pas encore rendu compte à quel point cela lui faisait de l'effet.
-Yuu, j'aurais quelque chose à te demander…
« Won't you strip ? ». Lavi rougit en entendant ses propres pensées, puis il se calma et reprit son air impassible de dragueur blasé.
-Quoi ? grogna Kanda.
-Tu peux lâcher ce que tu es en train de faire ?
Kanda leva un sourcil, l'air de dire « Tu m'as bien regardé ? ».
-Ça fait combien de temps que tu es ici ? demanda Lavi, déviant astucieusement la conversation.
-Trois ans, tu écoutes quand on te parle ?
-Oui, mais je veux dire… ta dernière permission remonte à quand ?
-Hmm… un an et demi.
-Tout ça ? s'étonna le roux.
-Je n'ai personne à aller retrouver. Tant qu'à errer seul, je préfère ne pas trop prendre l'avion.
-Un an et demi ! répéta Lavi.
-Et alors ?
-Tu n'es pas fatigué ?
-Il est bien temps de me le demander, tiens !
-Ça fait un an et demi d'abstinence, alors.
Kanda rosit légèrement en plissant les yeux.
-En quoi ça te regarde ? le rabroua-t-il.
-Ou peut-être que tu couches avec Lenalee, entre deux offensives, continua Lavi sans l'écouter.
-Si c'est pour me faire assassiner par le chevelu, je préfère autant qu'on me castre tout de suite. Ce type est un sadique.
-Un an et demi d'abstinence, donc.
-Ta gueule.
-C'est quoi ton genre de fille ? demanda Lavi en s'asseyant à côté du Staff Sergeant.
-Euh… ça dépend… éluda Kanda.
Lavi sourit.
Kanda avait répondu. Il n'avait pas dit un truc comme « ferme-la ». Il avait répondu. Il avait ouvert une brèche. Il se jeta sur cette ouverture, pour ne pas lui laisser le temps de se rétracter.
-Moi je les aime avec des longs cheveux noirs, les yeux froids, la peau pâle, le sourire rare. Avec des abdos qui sortent légèrement, des pectoraux plats, des bras fins mais musclés.
-Une fille musclée ? grogna Kanda en reprenant le nettoyage de son arme.
-Qui a dit qu'il s'agissait d'une fille ? murmura Lavi en caressant du bout des doigts une mèche de cheveux noirs.
Kanda le repoussa d'une tape, mais ne dit rien.
-Ça ne te fait rien que je sois gay ? souffla Lavi, se rapprochant de son cou si tentant.
-Ils sont tous gays dans ce campement, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
-Tous ? s'alarma Lavi.
-Bah, déjà, y a Lee qui est avec Wenham depuis des années. Beansprout et son syndrome de Stockholm. Je suis sûr que Captain Cross a des vues sur sir Lee. Jeryy, le cantinier, pas besoin de lui demander pour s'en apercevoir. Sergeant Daisya…
Il n'acheva pas sa phrase et le mouvement de sa main sur son arme s'accéléra alors qu'il essayait de reprendre contenance.
-Bref. Lieutenant Cloud regarde Corporal Lee d'une façon que je ne jurerais pas totalement innocente. Il y a les mecs qui nous sont venus d'un autre campement… Le petit blond en orange, et le petit brun qui a une tête de déserteur sont en couple, c'est indéniable. Le Lieutenant Hatake lit des livres érotiques version boy's love et a pour marque-page la photo de ce qui semble être son petit ami, un petit brun avec une cicatrice sur le nez, à moitié nu avec des oreilles de chat. Et puis, il y a…
De nouveau, il se tut.
-Et toi ? murmura Lavi en se rapprochant.
Kanda se leva d'un bond.
-Non !
Lavi se leva lentement, presque lascivement, et tourna autour de Kanda, le frôlant à chaque passage.
-Non ?
-Non.
-Je pense que si.
-Tu n'as pas à penser pour moi.
-Actif ou passif ?
-Aucun des deux. I'm and I've always been straight !
-Pédé refoulé… passif.
-Ta gueule !
-Tu as déjà couché avec beaucoup d'hommes ?
-Je. Suis. Hétéro, répéta Kanda, de plus en plus faiblement au fur et à mesure que Lavi se rapprochait.
Ce dernier voulait faire tomber tous les murs qui le séparaient de Kanda. Il voulait le rendre fou. Il approchait la bouche de son cou, puis reculait. Il effleurait son dos, puis écartait sa main. Il caressait distraitement ses cheveux, puis s'éloignait.
-Ça ne te manque pas ? souffla-t-il de sa voix la plus vibrante.
-De quoi ? murmura Kanda, de plus en plus perdu.
Hypnotisé.
-De sentir un homme profondément ancré en toi ? gronda-t-il en plaquant soudainement sa main sur les fesses du militaire.
Lavi évita la gifle de justesse et enleva sa main dans un mouvement souple.
-Ça va faire un an et demi que tu n'as plus tiré ton coup. Tu vas pas me dire que ça ne te manque pas… le dortoir est vide, ils sont tous à la fête…
Kanda ne répondit rien. Il semblait réfléchir.
-Pourquoi je le ferais avec toi ? Demain, je prends l'avion, après-demain je suis à New-York. Des bars gay, il y en a des centaines là-bas.
-Parce que je suis un très bon coup et que je ne le répèterai à personne.
Kanda se rassit sur son lit et enleva son T-shirt. Lavi se perdit quelques secondes dans la contemplation de son torse musclé et pourtant si souple.
-Tu ne dis rien. Je hais les gens bavards, surtout au lit.
-Okay, accepta Lavi en pensant à Homer Simpson « moins de blabla, plus de crac-crac ».
-Ne cherche même pas à me faire crier.
-Okay.
-Je ne suis pas soumis, alors si t'aimes qu'on te supplie, tu devras aller voir ailleurs.
-Okay.
-Tu retournes dans ton lit quand c'est fini.
-Okay, répéta le roux pour la dernière fois avec un petit pincement au cœur.
Kanda défit les fermetures de ses boots.
-Tu ne veux pas que je le fasse ? chuchota Lavi en posant ses mains par-dessus les siennes.
Kanda s'allongea sans un mot et Lavi acheva de le déshabiller. Il enleva ses propres vêtements, puis approcha son visage du ventre du militaire pour y déposer quelques baisers.
-Tu ne m'embrasses pas, grogna le sergent. Tu tires ton coup puis tu vas te coucher.
Lavi acquiesça.
-You're lucky I love you that much, grommela-t-il imperceptiblement. On n'a pas de lubrifiant, ni de préservatifs, constata-t-il à voix haute.
-Va voir dans le sac de Corporal Uzumaki. Sous le lit là-bas dans le coin.
Le journaliste se leva et fouilla dans le sac du caporal. Il trouva ce qu'il cherchait et revint vers le lit de Kanda. Il s'installa entre les jambes du militaire et lui enleva son boxer.
Kanda grimaça quand il frôla le bandage à sa cuisse blessée.
-Does it hurt you ? chuchota Lavi.
-I told you to shut up.
Le roux soupira et souleva les jambes de son coup d'un soir pour les mettre sur ses épaules. Il commença à le préparer, distraitement, concentrant son regard sur le visage du sergent. Il était beau, mordant ses lèvres pour ne pas gémir, yeux fermés et sourcils froncés.
Lavi tendit la main pour défaire l'élastique retenant ses cheveux de jais.
Il était magnifique. Il lui faisait atrocement envie. Il était fou de lui, mais il ne pouvait rien dire.
Le roux enfila le préservatif et se positionna correctement.
-Now, I'm gonna…
-Shaddup.
Lavi soupira, dépité, et entra le plus doucement possible. Sa chaleur le fit presque suffoquer, c'était si agréable, si délicieux d'être en lui qu'il aurait voulu que ce moment ne finisse jamais. Kanda grimaça encore plus, visiblement la situation n'était pas des plus confortables pour lui.
-Do I hurt you ?
-Shaddup.
Lavi parut blessé. Non mais! Il s'inquiétait pour lui, et voilà ce qu'il récoltait. Vexé, il se mit à faire des va-et-vient plutôt violents, sans chercher à savoir si Kanda était prêt ou non. Il lui avait bien dit de tirer son coup, non ?
Kanda se cambra et écarquilla les yeux, la bouche grande ouverte sur un cri muet. Ses mains s'agrippèrent violemment au montant métallique du lit de camp.
-Touch me, murmura Lavi, désorienté.
Pourquoi ce crétin de militaire préférait-il s'accrocher au lit plutôt qu'à ses épaules ?
-Shut… up… répéta Kanda d'une voix hachée.
Lavi courba le dos et posa la tête au creux du cou du sergent, reprenant des mouvements un peu plus doux, comme pour apprivoiser ce corps sous lui. Ses mains passaient et repassaient sur sa peau veloutée, cherchant des points sensibles. Kanda lâcha peu à peu le montant du lit et posa ses bras sur les épaules de Lavi.
-A… a bit faster… Go faster…
Lavi obéit, en prenant garde à ne pas trop maltraiter la cuisse de Kanda et en gardant toujours son attention fixée sur le visage de son amant. Kanda ouvrit les yeux et croisa le regard de Lavi.
Un fil étrange se tissa entre leurs quatre yeux, comme s'ils pouvaient tout lire l'un de l'autre. Fil qui fut brisé lorsque Kanda jouit en lâchant un gémissement aigu et en griffant le dos de Lavi.
Ce dernier le suivit bien vite, avant de se retirer de lui, d'enlever et de jeter le préservatif. Lavi reprenait péniblement sa respiration en promenant ses doigts sur le ventre du sergent.
-Thanks, chuchota-t-il en se levant.
-I'm not a whore, rétorqua Kanda en remontant les couvertures jusqu'à son menton.
Lavi marmonna quelque chose sur la fierté mal placée de certains sergents qui feraient mieux de se la fermer s'ils ne voulaient pas se faire violer.
Il se coucha avec amertume, se demandant si pour une fois dans sa vie il n'aurait pas mieux fait de se retenir de sauter sur le premier beau mec qui passait.
Il ne pouvait pas rester indifférent face à lui. Il était beau, il était râleur, il était sensible même s'il ne voulait pas le montrer, il était intelligent, il était désirable, il était mature. La guerre avait façonné son âme et son corps, et l'avait grandi autant qu'elle l'avait détruit.
Lavi regarda Kanda, qui lui tournait le dos.
-Tu sais, j'ai jamais dit que tu en étais une.
-De quoi ? grogna Kanda sans se retourner.
-Une pute. J'ai jamais dit que tu étais une pute.
-Tu m'as dit « merci ». Il n'aurait plus manqué que tu me files cent dollars.
-C'est de la politesse.
-Tu n'as pas à être poli avec le mec que tu as baisé pour te défouler. Si j'ai accepté, c'est que j'en avais plus envie que toi. C'était pas pour te faire plaisir.
-Excuse-moi d'être bien élevé.
Kanda ne répondit rien, et bien vite, Lavi entendit sa respiration ralentir.
Il dormait.
Le jeune journaliste se leva. Il passa un pantalon et un T-shirt sans regarder s'ils lui appartenaient et prit son appareil photo.
Il photographia Kanda endormi, ses cheveux fins en cascade, sa peau d'albâtre brillant de quelques gouttelettes de sueur, sa bouche aux lèvres légèrement rougies, ses doigts encore crispés contre les draps.
Il reposa son appareil et se rassit sur son lit en jetant un dernier regard vers le lit de camp de Kanda. Il vit que celui-ci avait la main agrippée à son arme. Lavi secoua la tête, désolé pour lui, et sortit en enfilant ses chaussures.
Il voulut aller à la fête, puis entendit quelqu'un parler.
La voix venait de la tente de Komui. Lavi s'en approcha à pas de loup.
La tente était vide, excepté une silhouette, debout à côté du bureau.
-Allô ? Oui, je sais, je n'ai pas le droit d'appeler pour le privé. Ce n'est pas comme si c'était la première fois, dit la voix, avec un petit rire.
C'était la voix du médecin.
-Hein ? Le bruit ? C'est la fête. J'irai après.
La silhouette s'assit sur le bureau, déplaçant quelques papiers.
-Je profite qu'il n'y a personne pour t'appeler… tu me manques.
Komui eut un rire bref.
-Je sais, je sais, je rentre demain. Mais tu me manques quand même. Tout le monde va à peu près bien… On a tous hâte de quitter cet enfer… Oui, j'ai reçu ta lettre.
Lavi se tapit dans l'ombre et continua d'écouter.
-Tu n'as plus fait de malaises ?... Je suis rassuré. Je m'en veux tellement de ne pas avoir…
Komui soupira.
-Je sais que tu t'en fous. Bon, parlons d'autre chose… Lenalee te remet son bonjour. Elle est toujours aussi folle de toi, je vais finir par m'inquiéter. A part ça… Allen s'est démis l'épaule en démontant un des M2 du mirador est. Miranda a encore cassé la vitre du dortoir, tu sais, celle qui était au-dessus de ton lit. Cross a…
Komui s'interrompit.
-Tu as raison, je te dirai tout ça demain. Il fait quel temps à Manhattan ?... Moi aussi, je t'aime… Non, j'ai plus trop de problème avec la paperasse, j'ai réussi à m'organiser. Oh, au fait, on a un journaliste.
Lavi tendit l'oreille.
-Moui, il est mignon… Non, je ne regarde pas ailleurs ! Tu es vraiment jaloux ! Après tout ce temps… De toute façon, il n'en a qu'après Kanda. Ils sont toujours collés ensemble.
Komui éclata de rire.
-Si ça se trouve, ils ont profité de la fête pour le faire… Je devrais peut-être aller espionner ! … Moui, mon amour, dès que je rentre à New-York, on file dans la chambre.
Lavi ricana en silence. Ce type était un pervers fini.
-Et si ton cœur lâche, je te réanimerai, mon amour.
Il y avait une ombre de tristesse dans cette plaisanterie.
-I miss you so much…
Il gémissait presque, avec une note de supplication dans la voix.
Dans un sursaut de pudeur et de respect, Lavi préféra s'éloigner. Mais la discussion restait gravée dans un coin de sa tête.
-Tu espionnes ? ricana une voix grave derrière lui.
-Oh, Yuu, je croyais que tu dormais.
-Faut croire que non.
-Tu vas à la fête, pour finir ?
-Non, je me demandais… où tu étais.
Lavi haussa un sourcil.
-Tu t'inquiètes pour moi ?
-Certainly not. Je me disais juste que… tant qu'à piquer des capotes à Uzumaki, autant ne pas se contenter d'une.
Il ne souriait pas, il n'avait même pas rougi. Comme si ça lui était totalement égal. Lavi ne savait pas s'il devait se sentir vexé ou honoré, et il le suivit vers le dortoir.
.xXx.
Lavi avait plongé son visage dans le cou de Kanda, en se mordant les lèvres pour ne pas parler. Pour ne pas lui dire qu'il l'aimait à en mourir. Pour ne pas lui dire qu'il ne comprenait pas comment c'était arrivé. Comment il avait pu tomber si vite dans son piège. Pour ne pas lui dire qu'il voulait faire plus que juste le baiser. Mais le lendemain ils se sépareraient pour ne jamais se revoir.
Les mains de Kanda se crispèrent dans son dos et il enfonça ses ongles courts dans ses omoplates.
-Stupid… Rabbit… soupira-t-il en se détendant.
-Mmmh… gémit Lavi, les lèvres toujours étroitement fermées, avant de s'éloigner de lui.
Kanda le retint par la nuque. Il se redressa et tendit son visage vers le sien. Il posa ses lèvres au coin de la bouche du rouquin, puis se laissa retomber dans son lit de camp.
Lavi resta immobile un long moment, le cœur battant à lui rompre les côtes. Les joues rouges, il se débarrassa une seconde fois du préservatif souillé, puis retourna vers son lit avec une démarche de zombie.
Il se coucha sur le dos, nu sur les couvertures rêches. De toute façon, personne n'était là pour voir sa nudité. Kanda dormait déjà, épuisé par un second orgasme.
Lavi ressentit un certain orgueil à l'idée d'avoir pu « dompter » le sergent. Mais il ne se leurrait pas, c'était Kanda qui le maîtrisait. Qui jouait avec ses nerfs, à coucher avec lui sans le toucher, à l'embrasser à moitié au dernier moment…
Sentant le désir affluer à nouveau, Lavi secoua la tête en râlant. Il se leva à nouveau et s'habilla en vitesse. S'il restait trop longtemps près de Kanda, il allait devenir fou.
.xXx.
-Hey, you've come finally ! chantonna la voix tendre de Lenalee lorsque Lavi poussa la porte du baraquement central.
Lavi crut entendre « you've cum » et il rougit violemment.
-Comment tu… commença-t-il, avant de comprendre qu'elle ne parlait pas de ses exploits sexuels avec Kanda mais bien de sa présence à la fête. Ah, oui, je suis venu. Je m'ennuyais un peu…
-Tu danses ? demanda la jeune femme avec un grand sourire et en le traînant vers la piste de danse improvisée au milieu du baraquement.
Le roux ne put qu'accepter et se mêla aux autres.
La musique était assourdissante, il faisait trop chaud, trop moite, les lumières étaient aveuglantes, et pourtant, juste là, Lavi se sentait bien. Incroyablement bien. La musique pulsait comme le sang dans ses veines, son cerveau était noyé dans la fumée artificielle qui flottait autour des projecteurs. Lenalee se trémoussait à côté de lui, toute souriante, et il se demanda ce qui l'empêchait de tomber amoureux de cette fille parfaite au lieu de ce sergent à la fierté maladive.
Un chuchotement dans le creux de son oreille le tira de ces réflexions sur sa sexualité.
« What did you do with Sergeant Kanda ? »
Lavi rit doucement, posa sa main dans le creux des reins de Lenalee et souffla dans son cou « Sex ».
Le roux se détacha du caporal avec un clin d'œil et se remit à danser frénétiquement. Son regard se posa sur un homme appuyé au bar. Komui. Ce dernier le regardait fixement en passant le bout de son pouce sur sa gorge, dans un geste menaçant. Lavi s'extirpa de la masse humaine et se dirigea vers le Chief Warrant Officer.
-Touche encore à ma sœur, je te bute, compris ? gronda Komui en le dominant de toute sa hauteur.
-C'était tout à fait innoc-, commença Lavi pour se défendre.
-Ne fais pas attention, dit calmement Jeryy qui essuyait des verres à bière de l'autre côté du bar. He's a bit drunk.
-I'm not ! protesta Komui en frappant le bar du poing.
-Je sais reconnaître un mec ivre quand j'en vois un, honey.
Komui haussa les épaules, et commanda une autre tequila.
-Whisky-coca pour moi ! dit joyeusement Lavi en s'asseyant à côté de Komui.
-Je peux savoir pourquoi tu es aussi content ? demanda ce dernier avec une légère irritation.
-La vraie question est pourquoi vous, vous n'êtes pas content ! rétorqua Lavi avec un sourire. Vous allez rentrer chez vous, c'est génial, non ?
Komui but une gorgée de tequila, puis reposa son verre avec un « toc » sonore.
-Je crois pas, non.
Lavi ne dit rien, de peur de le brusquer. Komui avait le regard dans le vague.
-Je veux rentrer, c'est pas ça le problème. Je veux revoir Reever, je veux l'embrasser, le toucher, lui faire l'amour, le…
-C'est bon, j'ai compris le principe ! s'exclama Lavi en levant les mains.
Il était toujours assez mal à l'aise lorsque les gens se mettaient à lui raconter leur vie… intime sous l'effet de l'alcool.
-Mais j'ai un peu… peur. Parce que les deux dernières fois que j'ai pu rentrer en Amérique… Les deux seules fois où je l'ai vu après… après les balles… les balles dans sa…
Komui posa la main sur sa poitrine, soudainement incapable de dire le mot.
-Il était à l'hôpital. La première fois, c'était normal. C'était peu après l'opération. La deuxième fois, il y a neuf mois… il devait être à l'école, en train de donner cours.
-Il est prof ? demanda Lavi avec étonnement.
-Il adore les gosses. Bref, il aurait dû être en bonne santé à s'occuper d'enfants. Mais il était à l'hôpital, encore. Il avait fait un arrêt.
Komui passa la main dans ses cheveux et but une nouvelle gorgée d'alcool.
-J'ai atrocement peur de devoir encore aller à l'hôpital. J'en ferais des cauchemars si j'arrivais à dormir. Si je devais le revoir encore une seule fois, maigre et à moitié mort au fond de son lit d'hôpital, ça me tuerait.
Lavi baissa les yeux vers son propre verre. Ça, c'était de l'amour. Pas comme lui et Kanda. Il vida son verre et en demanda un autre.
-Vous êtes ensemble depuis combien de temps ? Si ce n'est pas indiscret.
Komui déplia les longs doigts pâles de sa main droite, comptant les années. Lorsqu'il dut passer à la main gauche, Lavi ressentit une sorte de respect pour lui. Et quand il repassa à la main droite, il n'en crut pas ses yeux.
-Douze ans, balbutia Komui en regardant ses mains avec effarement. Déjà douze ans…
-Mais vous avez quel âge ? s'affola Lavi.
-Vingt-neuf, et lui vingt-six. On s'est connus au lycée.
Lavi ricana dans son whisky en songeant que sa propre histoire avec Kanda avait peu de chance de dépasser les trois jours. Plus de mille fois moins longtemps.
-Notre relation a l'âge d'aller au collège, dit Komui avec ce ton de réflexion profonde qu'ont les ivrognes lorsqu'ils débitent des âneries.
-Vous ne dansez pas ? dit Lavi pour changer de sujet.
-Je danse horriblement mal, désolé. T'as déjà vu une sauterelle de près de deux mètres qui danse, toi ?
-Nnnnon…
-C'est très laid, dit simplement Komui avec une moue dépréciative.
Lavi attaqua un troisième verre d'alcool. Il était déjà un peu ivre sur les bords.
-Ce qui est très moche, c'est la reproduction des sauterelles, fit-il avec une grimace. La femelle mange le mâle à la fin !
Lavi ne savait plus trop s'il confondait avec les mantes religieuses, mais continua néanmoins sur sa lancée.
-Vous vous rendez compte ? Après, on s'étonne qu'il y ait des mecs qui ont peur des femmes. Pas que j'en aie peur, hein. Je préfère les hommes. J'ai jamais entendu parler d'une mouche mâle qui mangeait une autre mouche mâle, par exemple.
-L'amour, c'est se laisser dévorer par l'autre. Engloutir.
-Reever vous « engloutit » souvent ? demanda Lavi en riant.
-Secret défense, répondit Komui en croisant les jambes. Au fait. Je ne saurais que trop te conseiller de ne pas trop tourner autour de Kanda.
-Petit frère caché ? supposa Lavi.
Komui écarta la plaisanterie d'un mouvement de la main.
-Il a des problèmes. Niveau affectif, je veux dire. Si c'est juste pour le sexe, il gère. Mais niveau relationnel ce type est nulle part. Zéro sur l'échelle des comportements humains. Laisse tomber. D'autres s'y sont cassé les dents avant toi.
-Je sais. Mais je sais pas m'empêcher de vouloir ce que je ne peux pas atteindre. Je suis un grand gosse, on va dire.
Komui acquiesça. Il comprenait.
-Être le seul à aimer, c'est pas le genre de truc que je souhaite à la jeunesse. T'as quel âge ?
-Vingt.
-T'as encore le temps de souffrir, murmura Komui avec un rire désabusé. J'ai eu ma première peine de cœur que tu apprenais tout juste à marcher. Jeryy my sweetheart, un autre.
-Je retourne danser, dit Lavi en bondissant de son tabouret.
Il s'éloigna un peu, les yeux fixés sur Komui qui en venait presque aux mains avec Jeryy qui visiblement ne voulait pas lui servir d'autre tequila.
.xXx.
Kanda se retourna dans son sommeil. Il ouvrit les yeux. Il avait un mot sur le bout de la langue. « Lavi, je… »
Il ne dit rien. Premièrement parce que Yuu Kanda n'est pas du genre à parler le premier. Deuxièmement parce que le dortoir 5 était vide.
Il avait un peu mal aux reins. Il ne pensait pas pouvoir se lever, il avait encore les jambes en coton. De toute façon, pourquoi se lèverait-il ? Pour aller avouer à ce crétin roux qu'il avait encore envie de lui ? Sans façon.
Il se coucha sur le ventre, le nez dans l'oreiller et serra ses doigts autour de son arme (1).
Aimer.
Est-ce qu'on peut vraiment aimer quelqu'un qu'on a rencontré la veille, qui est idiot et pervers et qu'on a peu de chances de revoir un jour ?
Après tout, c'est tellement facile d'aimer quelqu'un qu'on ne doit jamais revoir. C'est comme de bombarder un village où on n'a jamais mis les pieds.
.xXx.
-Shit, grommela Allen en quittant la piste de danse.
-Un problème, cute little boy ? susurra Lavi en le suivant.
-C'est à moi que tu causes ? s'exclama Allen, toujours aussi complexé par sa taille.
-J'ai un petit peu bu, admit le roux avec un sourire innocent. Donc, tu as un problème ?
-Il est minuit, répondit laconiquement le jeune homme.
Lavi pensa à la citrouille de Cendrillon et rit comme un idiot en imaginant un tank déguisé en cucurbitacée.
-Je dois aller à la relève.
-Très clair, dit Lavi avec l'air de justement trouver cela peu clair.
-Pour la garde ! s'exclama Allen en espérant éclairer sa lanterne. Comme tout le monde est ici à faire la fête, il faut faire une tournante.
Une fois un certain taux d'alcoolémie dépassé, les seules définitions que Lavi associait aux mots étaient généralement paillardes.
-Une tournante, répéta Lavi de son air le plus idiot. Vous avez amené des prostituées par hélicoptère ?
Allen eut une mine atterrée.
-J'ai rarement autant détesté l'alcool que là maintenant, se dit-il pour lui-même. Une tournante pour monter la garde, pochard ! Comme ça ceux qui sont sur les miradors peuvent aussi faire la fête !
-Vous avez démonté les armes dans les miradors, objecta Lavi avec un sursaut de lucidité.
-Celles de gros calibres, oui, mais ça n'empêche qu'il faut surveiller.
-Ahhh bon. Je peux t'accompagner ?
Allen acquiesça en ajoutant qu'il n'avait pas intérêt à toucher une seule arme potentiellement mortelle tant qu'il n'avait pas dessoûlé.
.xXx.
-C'est haut, dit Lavi, que le vent claquant du désert avait dégrisé.
-Tu as le vertige ? supposa Allen en scrutant l'horizon à l'aide de jumelles infrarouges.
-Non.
Il regardait le paysage autour de lui.
-C'est beau.
-Yep.
Lavi se félicita d'être passé par le dortoir avant de monter dans le mirador, il avait pu récupérer son appareil photo.
Il photographia le désert de nuit, juste pour le plaisir.
Allen s'éclaircit la gorge, visiblement gêné.
-C'est la… la première fois que je vois Kanda dormir nu. En trois ans de cohabitation. C'est étrange, non ?
Lavi comprit aisément le sous-entendu.
-Il a sans doute eu chaud, sourit-il.
-Tu es amoureux ?
-C'est possible.
-Je vois.
Allen resta silencieux un instant, toujours à inspecter les alentours. Le talkie-walkie grésilla à côté d'eux. Le garde en faction au mirador ouest leur annonçait que tout était normal de son côté.
-J'imagine que certaines personnes t'ont déjà déconseillé de trop t'attacher à lui.
-Indeed.
-Ce que je raconte là, c'est off-record, ok ?… Je crois que tu sais que je suis du même genre que toi.
-T'appelles ça un « genre » ? ricana le roux. Hey, on est normaux, t'es pas obligé de créer un genre en plus ! Classification des espèces selon Sergeant Allen Walker : « genre masculin – genre féminin – genre gay ». Très politiquement correct, si tu veux mon avis.
-Je parlais pas de ça, s'irrita Allen. Je disais juste qu'on est du genre à s'attacher à ceux qu'il ne faut pas.
-C'est pas une tare d'aimer les bad-boys, relativisa Lavi.
-Dans mon cas, si.
-C'est la meilleure, ça ! On apprend aux gosses que l'amour doit dépasser les frontières, les genres, les sexes, les cultures, et puis on se prend la baffe du siècle quand le gouvernement décide qu'aimer le camp adverse c'est de la haute trahison.
-C'est logique.
-Si l'Amérique n'était pas en guerre, tu aurais pu aimer ce type. C'est pas ta faute, c'est la faute de notre cher président. Et c'est vraiment, vraiment pas une tare d'aimer les bad-boys. Pourquoi tu crois qu'ils portent du cuir si c'est pas pour nous exciter ? plaisanta Lavi.
Allen rit doucement.
-Il était différent des autres, murmura le sergent. Il avait compris quelque chose de plus qu'eux, il avait compris que la guerre menait nulle part. Il me regardait comme la merde que je suis, parce que je suis américain et que c'est la pire tare sur terre. Mais y avait autre chose dans ses yeux, autre chose que la colère et le dégoût.
Lavi crut un bref instant qu'il parlait de Kanda.
-J'aime Tyki Mikk et je ne le verrai plus jamais car je pars demain et je ne sais même pas où il vit.
Un petit silence flotta entre eux. Le journaliste voulait pouvoir se dire « un ange passe ». Mais tout le monde sait que les anges ont délaissé les soldats.
-T'as raison, on est du même genre, chuchota-t-il en regardant ailleurs pour ne pas gêner Allen en regardant les perles brillantes qui roulaient sur ses joues.
.xXx.
A une heure, Allen était retourné au baraquement central. Chaoji avait pris la relève. Le jeune albinos lui avait demandé s'il comptait retourner à la fête, et Lavi s'était entendu répondre non.
Il était à présent une heure et quart et le journaliste était raide et silencieux face à la porte du dortoir 5. Un peu plus tôt, il n'avait eu aucun mal à ouvrir cette porte pour récupérer son appareil. Mais là, bizarrement, il n'y arrivait pas. Rien que d'imaginer Kanda nu dans son lit de camp lui donnait des palpitations.
-Lavi Jr. Bookman, you're a dumb.
Il appuya sur la clenche et entra dans le dortoir.
Dans le clair-obscur, il parvint à se frayer un chemin jusqu'à son lit. Il s'assit sur les draps défaits et entendit les ressorts du sommier grincer.
-Yuu, murmura-t-il. Psst, Yuu… tu dors ?
Pas de réponse.
-J'ai un secret à te dire, Yuu.
Il caressa du regard les courbes de son dos, les arabesques de ses cheveux sur l'oreiller et les plis du drap qui était descendu jusqu'à ses reins.
-Je t'aime, Yuu. Je t'aime vraiment. Peut-être pas autant que Komui aime Reever, parce qu'eux se connaissent depuis si longtemps, mais je t'aime quand même.
Il chuchotait si bas que lui-même n'entendait pas la moitié des mots qu'il disait.
-Je pense pas que j'aurai le courage de te demander de m'aimer aussi, et de toute façon, il paraît que tu n'y arriverais pas. Mais je voulais te dire ce secret. Je t'aime. Et je suis très heureux d'avoir pu faire l'amour avec toi. C'est pour ça que je t'ai remercié.
Lavi se changea et se coucha sans bruit, étrangement satisfait.
Kanda serra les doigts de sa main libre contre l'oreiller. Les yeux grands ouverts. Avec un peu de sommeil, il parviendrait à oublier ce qu'il venait d'entendre.
Après tout, il n'avait rien compris.
Lexique :
« A bit faster, go faster »: Personne ne s'y attendait xD « Un peu plus vite, va plus vite ». Quelle richesse dans les dialogues, hein ? xD
« Certainly not » : « certainement pas ».
« Cute little boy » : « mignon petit garçon » (Lavi a des airs de vieux pédophile, vous trouvez pas ? xD)
« Does it/do I hurt you ? »: « Est-ce que ça te fait/je te fais mal ? »
« Dumb » : « idiot ».
« He's a bit drunk - I'm not ! » : « Il est un peu soûl – Non ! » (Komui, tu me choques !)
« Hey guys, are you ready ? »: sans surprise, « hé les gars, vous êtes prêts ? »^^
« Honey » : littéralement « miel », c'est un petit mot doux comme « chéri ».
« I don't like parties » : « Je n'aime pas les fêtes ».
« I'm and I've always been straight » : Je crois que c'est assez évident à comprendre, vu le contexte dans lequel le dit Kanda^^ « Je suis et j'ai toujours été hétéro » (c'est pas beau de mentir, Yuu xD)
« I miss you so much » : « Tu me manques tellement ».
« I'm not a whore » : « Je ne suis pas une pute ».
« Indeed » : « en effet ».
« I told you to shut up » : Venant de Kanda, on ne s'attend à rien d'autre qu'un très poli et non moins délicat: « je t'ai dit de la fermer. » Vilain Yuu !
« Nope » : « non » (en langage familier. C'est comme « ouais » mais pour dire « non »^^)
« Now, I'm gonna… » : « Maintenant, je vais… »
« Shaddup » : « Ta gueule », version contractée (c'est le diminutif phonétique de « Shut up »)
« So, you ain't goin' to the party ? »: en anglais familier: « Donc, tu ne vas pas aller à la fête ? ».
« Sweetheart » : un autre petit mot doux, mais je ne suis pas certaine que ce soit américain… en tout cas c'est anglais xD ça veut dire quelque chose comme « mon cœur », « mon amour ».
« Thanks » : « merci » (noOon, vous croyez ? xD)
« Touch me » : « Touche-moi ».
« What did you do with Sergeant Kanda ? »: « Qu'as-tu fait avec le sergent Kanda? »
« Won't you strip ? » : traduction littéraire : « tu peux te déshabiller ? » (traduction très littéraire s'il en est xD)
« You're lucky I love you that much » : « tu as de la chance que je t'aime à ce point. »
« You've come/cum finally » : « Tu es venu, finalement ». Lavi comprend « cum » au lieu de « come » (« cum » étant le mot familier (voire vulgaire) pour désigner le sperme. Utilisé sous forme verbale il signifie donc « éjaculer, jouir »). D'où le rougissement de notre petit pervers de Lavi^^
Notes:
(1) Etant donné que les armes sont généralement des symboles phalliques, vous pouvez comprendre ce que vous voulez xD
Et voilà. Avez-vous aimé ? Oui, non, bof ?^^
La suite devient mouvementée, j'espère que ça vous plaira tout autant!
