Je suis de très mauvaise humeur, alors je réponds à vos reviews dans le chap suivant.
Pourquoi suis-je de mauvaise humeur? Mon meilleur ami Fujitsu (c'est la marque de mon ordi) m'a déloggé, alors que je venais de finir mes "notes de l'auteur", ces merveilleuses lignes que je vous adresse avec tant d'amour au début et à la fin de chaque chapitre. Donc mon meilleur ami Fujitsu m'a perdu ces notes. Donc j'ai bien envie de lui arracher ses circuits TT

Le seul truc que je dirai, c'est: Jojo, je t'en supplie, je t'adore très fort (j'adore très fort tous mes lecteurs, cela va sans dire...) mais pourquoi tu t'obstines à me poser des questions aux réponses si évidentes? Itachi fait semblant d'être con pour pas montrer à tout le monde qu'il est détruit par ce qu'il a fait dans son passé (un peu comme Fye dans TRC), le plan à trois serait vraisemblablement un KakashixIrukaxItachi (et c'était écrit noir sur blanc, je vois pas trop comment t'as pas compris), on n'est pas forcé d'aller chez le coiffeur pour se raccourcir les pointes (ma mère se coupe les cheveux elle-même pour pas passer quatre heures à poireauter dans un salon de coiffure), quand je dis "harceler", je veux dire "coller pendant trois heures jusqu'à ce que l'autre, à bout de nerfs, te refile l'info" (autrement dit, la technique des petits enfants qui veulent un animal de compagnie: "steuplésteuplésteuplé je le nourrirai, je le promènerai, je ramasserai ses besoins, steuplésteuplésteuplé")

Les autres, vus que vous m'avez fait des gentilles reviews sans questions nécessitant absolument une réponse, je vous dis juste que je vous adore et que j'ai plus le courage de répondre (que Fujitsu soit maudit).

Chapitre 8 : Deidara

Sasuke regarda Ichigo qui était vautré dans le divan.

-On mange quoi ? demanda l'adolescent.

-Heu… je vais commander des pizzas, j'ai pas eu le temps de cuisiner.

-Tu fais quoi ?

-Je regarde la télé.

Sasuke s'approcha.

-Ça fait deux heures que tu regardes l'anime de Death Note. Tu crois pas que t'as passé l'âge des dessins animés ?

-Aaaah, mais Light est tellement sexy ! Mmmmh ! Je serais L, je profiterais des menottes pour l'attacher à un lit.

-Sale pervers. Bon, tu les commandes, ces pizzas ?

-Oui, oui.

Ichigo se leva et alla dans la cuisine, où était son gsm, pour appeler la pizzeria.

Lorsqu'il revint, Sasuke était assis, en contemplation devant la télévision.

-On dirait que je suis pas le seul à retomber en enfance, dit Ichigo en ébouriffant les cheveux du garçon.

-Râââh, mais dégage ! Moi, j'ai dix-sept ans, c'est de mon âge !

-Tu préfères lequel ? Light, ou L ? Ou Mello, j'ai toujours eu un faible pour les petits blonds sapés de cuir… Et entre L et Light, tu vois plutôt qui en seme ? Je dirais Light, mais connaissant L, je suis sûr qu'il ne se laisserait pas faire… par contre, L aurait des tas d'idées totalement tordues, genre avec de la crème fouettée et des trucs comme ça… hmmm, ça me dérangerait pas de me retrouver entre les deux, tiens…

-T'es obligé de trouver des trucs pervers dans tout ? Je veux dire : Death Note est un thriller, un truc mental où il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour comprendre, et toi, tu… tu me sors toute la vie sexuelle supposée de Light et L !

Ichigo haussa les épaules.

-Chuis complètement dépravé, gomen.

Il rejoignit Sasuke dans le divan.

-Mais tire-toi, tu prends toute la place, râla Sasuke en enfonçant son coude dans les côtes de son colocataire.

-Même pas vrai !

-Ah, et comment t'expliques que je suis presque par terre, alors ?

-Ça, c'est parce que le divan est trop petit.

-Justement, tire-toi.

-Non !

Sasuke râla dans sa barbe, puis se tortilla bizarrement.

-'tain, y a un truc sous les coussins…

Sasuke plongea un bras derrière lui et farfouilla un peu, avant d'attraper enfin ce qui le gênait.

Un tube de crème d'une marque inconnue, à l'étiquette écrite en anglais, que Sasuke ne réussit pas à déchiffrer.

-Ah, c'est là qu'il était ! s'exclama Ichigo.

-Qu'est-ce. Que. C'est ? Si tu me dis quelque chose comme « du lubrifiant », je te préviens, je t'égorge.

-C'est de la crème hydratante. J'ai des gerçures aux cuisses. Si tu ne me crois pas, tu peux vérifier.

Sasuke laissa exploser son exaspération, et il écrasa un coussin sur la tête d'Ichigo.

Celui-ci riposta avec son propre coussin avant de partir en courant, dans un grand rire enfantin, l'arme du crime toujours en main.

Sasuke le suivit en hurlant.

S'ensuivit une longue bataille de coussins, qui ne s'acheva qu'avec la sonnerie de l'interphone.

-Temps mort ! s'exclama Ichigo, qui pleurait de rire.

-Je vais te tuer, je vais t'étouffer avec les plumes de ce coussin ! s'écria Sasuke en se retenant de rire.

Ichigo prit la tangente et décrocha l'interphone.

-C'est pour les pizzas, commandées par m'sieur Sanada.

-Ouais, c'est moi, je vous ouvre. Quatrième étage à gauche de l'ascenseur !

-Yep.

Ichigo raccrocha avant de se réfugier dans la cuisine.

-Tu m'échapperas pas, enfoiré ! hurla Sasuke en glissant sur le carrelage.

-Que tu crois ! rétorqua Ichigo qui ouvrit une bouteille d'eau et en jeta le contenu sur Sasuke, avant de trouver refuge derrière le divan.

Sasuke le suivit dans le salon, ruisselant d'eau.

Il avait envie de rire, ça faisait des années qu'il n'avait plus ri.

Il ne savait même plus comment faire, il sentait cette effervescence au creux de son estomac, ce rire qui naissait, s'amplifiait, attendait d'être libéré, il l'avait en lui, il suffisait de se lâcher et de rire, d'exploser de rire, avoir le fou rire, pleurer de rire, être plié de rire, se tordre de rire, se rouler de rire, il y avait tant de mots et il n'osait pas, il n'osait pas avouer à Ichigo que tout simplement, il le faisait rire.

Un Uchiwa est froid et glacial.

Un gamin qui a vu ses parents mourir est trop désespéré pour pouvoir jamais rire à nouveau.

Alors un Uchiwa qui a vu la mort de ses parents ne peut décemment pas rire.

Sasuke sauta à pieds joints sur le divan, passa par-dessus le dossier pour s'écrouler sur Ichigo en hurlant « Banzaï ! ».

Ichigo roula sur le côté et assomma à moitié Sasuke avec son coussin, puis alla dans l'entrée, où la sonnette résonnait désespérément.

Il lâcha son coussin et ouvrit la porte.

-Alors, une quatre fromages et une capriciosa, ça fait…

-Deida-chan ? Deidara, c'est toi ? Hey, ça faisait un bail ! Désolé, j'ai pas trouvé le temps d'aller te voir…

-Ita…

Ichigo se jeta sur ses lèvres avant qu'il ait le temps de prononcer son prénom.

-Hm, calme-toi ! Tu comptais quand même pas me violer sur le seuil, si ? Je peux entrer ?

Ichigo acquiesça, mais retint Deidara par le col.

Il murmura dans son oreille.

-Appelle-moi Ichigo et pose pas de questions.

-Ok.

-Ichigo ? Tu comptes sérieusement inviter ça chez moi ? dit Sasuke d'une voix traînante.

-Ça ? répéta Deidara, outré.

-J'ai bien assez avec un seul pédé, j'en ai pas besoin d'un deuxième en bonus.

-Il est tout le temps comme ça ? s'irrita Deidara.

-Oui… Mais il m'aime bien, dans le fond. Tout au fond.

-Te fais pas d'illusions, Ichigo.

-Tout au fond, répéta Ichigo avec un sourire gêné.

-Dans l'absolu, ça ne me dérange pas que tu invites des gens, mais quand je ne suis pas là pour voir cet étalage de perversité, merci.

Deidara montra les dents, soudain poussé par des envies de meurtre.

-Comment dire… Sasuke n'a pas l'esprit très ouvert, tenta d'expliquer Ichigo. Désolé, on se reverra une autre fois. Si tu veux, je peux passer chez toi, un de ces quatre.

-Mouais, lâcha Deidara en donnant ses pizzas à Ichigo, qui paya.

-Salut !

-A plus, ma belle, marmonna Deidara avec un faible sourire.

Le blond sortit et Ichigo referma la porte.

-Tu aurais pu être plus poli. Ce n'est quand même pas sa faute si tu t'es fait violer.

-Attends, je vois carrément pas le rapport, là !

-Ça se voit tous les jours, des garçons qui deviennent homophobes après un viol. Et c'est normal, dans un sens. Mais Deidara est quelqu'un de très gentil, alors tu aurais pu être beaucoup plus agréable.

- Ouais, pour qu'il squatte mon salon, qu'il bouffe mes pizzas et que vous disparaissiez je ne sais pas où pour assouvir vos sales pulsions de sales pervers et que je me retrouve tout seul ! Je voulais les manger avec toi, ces pizzas, pas avec ce mec !

Ichigo ne répondit rien.

Il n'y avait rien à répondre, il n'y a rien à dire, il ne faut surtout rien dire quand Sasuke baisse sa garde, le moindre mot romprait le charme.

Alors Ichigo posa en silence les pizzas sur la table du salon et s'assit face à la télé, laissant plus de la moitié de la place pour Sasuke.

L'adolescent le rejoignit et commença à grignoter un bout de sa pizza.

Ichigo sourit et mangea sa propre pizza.

Après avoir fini, ils restèrent longtemps à regarder la télé, sans un mot, savourant sans le savoir le plaisir de s'être retrouvés.

Vers minuit, Sasuke se leva.

-Je vais dormir.

-D'accord, moi aussi.

Sasuke prit seulement conscience de la taille minuscule du divan.

Comment Ichigo pouvait-il dormir là-dedans ?

Le garçon haussa les épaules puis sortit du salon.

Depuis la salle à manger, et sans jeter un regard dans la direction d'Ichigo, Sasuke demanda :

-Tu veux dormir avec moi ? Mon lit est grand, et je pense que ce sera plus confortable pour toi que le divan. Ne prends pas ça pour une invitation à…

-Jamais je n'oserais trahir ta confiance, murmura Ichigo, qui était déjà à côté de lui. Tu es comme un frère pour moi et jamais je ne te ferai ce que je fais avec Deidara.

Sasuke voulut lui dire qu'il s'en doutait bien, qu'il savait qu'il n'était pas comme ça, qu'il avait confiance en lui… mais tout cela lui sembla tellement stupide qu'il ne dit rien et alla dans sa chambre.

Ichigo le rejoignit peu après, en pyjama – en boxer rouge et en T-shirt noir, en fait – et se glissa dans le lit.

Il éteignit la lumière et enleva ses lunettes de soleil.

-Bonne nuit, Sasuke.

-Hm.

Sasuke déglutit difficilement.

Il n'avait plus dormi avec personne depuis dix ans.

Quand il était enfant, il avait l'habitude de dormir avec son frère, serrés comme des sardines dans le minuscule futon du cadet.

Tiens, d'ailleurs, la nuit de la mort de ses parents, il dormait avec Itachi.

Il ne l'avait pas entendu se lever, cette nuit-là…

C'est peut-être pour ça qu'il était toujours vivant…

Sasuke frissonna en pensant à cela.

Il n'aimait pas, mais alors pas du tout se remémorer cette nuit.

Parce que quand il y repensait, il sentait un vide immense en lui, un vide glacial que rien ni personne ne semblait pouvoir combler, il sentait le froid l'envahir peu à peu, comme la mort avait saisi ses parents.

Sasuke frotta ses pieds contre les draps, pour les réchauffer.

Déjà, il sentait le froid le prendre.

Quand il était dans cet état, il devait penser à autre chose.

Se concentrer sur des pensées autres, idiotes ou non, mais le plus loin possible de tout ce qui touchait à la mort, au sang, au froid.

Des tonnes d'idées assaillaient son cerveau, des bouts de pensées, des fragments de phrases.

« Sasu-chan, tu veux un pain au chocolat ? »

« Le cas de Sasuke est préoccupant. »

« Là, tu dois faire un produit croisé. »

« Chuis un peu surdoué. »

Des souvenirs, de vagues souvenirs vaguement heureux auxquels il tentait tant bien que mal de se raccrocher, puis une phrase perça à travers toutes les autres, un cri de détresse de sa conscience, un brusque rappel à la réalité.

« Tu fous quoi, mec, dans le même lit qu'une tarlouze ? Et bordel, t'es inconscient ou quoi, tu cherches le viol, tu lui tournes le dos ! »

Comme secoué par un électrochoc, Sasuke se retourna violemment, face à Ichigo.

Celui-ci avait les yeux grands ouverts, Sasuke les voyait brillant comme deux onyx sertis dans son visage bandé.

-Ça va, Sasuke ?

-Hm.

Sasuke respira profondément.

Il fallait juste qu'il arrête de penser.

Il avait confiance en Ichigo.

C'était stupide, ça sonnait tellement bizarre à ses oreilles, lui, faire confiance à quelqu'un ?

Mais il n'y avait pas d'autres mots.

Il était bien, là, dans ce putain de lit qui lui avait toujours semblé si vide, avec ce putain de mec qui l'horripilait mais qui lui donnait envie de tout lâcher pour éclater de rire.

Alors, il fallait juste qu'il arrête de penser, et qu'il dorme.

Il se laissa doucement glisser dans le sommeil.

OoOoO

Sasuke ouvrit les yeux.

Instinctivement, il sentit qu'il faisait encore nuit, il savait qu'il n'avait pas dormi très longtemps.

Il sentait une bosse bizarre sous sa nuque, et une chaleur étrange sur son torse.

Il était… il était…

« Putain l'enfoiré » songea-t-il en se dégageant des bras d'Ichigo.

Ce dernier ouvrit les yeux.

-Sasuke ?

-Qu'est-ce que tu m'as fait ? Pourquoi je suis dans tes bras ?

-C'est toi ! Tu te tortillais en dormant, et tu t'es collé contre moi. Tu gigotais sans arrêt et tu t'es calmé seulement quand je t'ai pris dans mes bras, c'est tout.

-Ah…

-Si ça t'embête de dormir avec moi, je peux aller dans le divan, dit Ichigo en se redressant. Faut juste que tu saches que pour moi, prendre un mec dans mes bras, ça veut pas forcément dire que… tu vois. J'ai fait ça sans arrière-pensées.

-Je sais ! se défendit Sasuke. Je t'ai dit que tu allais dormir ici, alors tu dors ici, pigé ?

Ichigo pouffa de rire.

-C'est toi le chef, Sasuke !

-Et maintenant, tu te couches et tu la fermes.

Ichigo sourit, il adorait Sasuke, il regrettait ces dix années où il n'avait pas pu le voir.

Il se recoucha sans un mot.

-Bien, grogna l'adolescent.

Il se calma un peu, puis se mit à parler, parce qu'il fallait en profiter tant qu'il était trop fatigué pour se cacher.

-Quand j'étais petit, je dormais souvent avec mon frère. Il voulait tout le temps que je le réveille si je faisais un cauchemar. Et comme j'aimais beaucoup dormir avec mon frère, je faisais semblant de faire des cauchemars pour dormir près de lui. C'est con, non ?

-Non, c'est mignon.

-Je t'ai pas dit de la fermer ?

Ichigo se mordit la lèvre.

-Il… il me manque… Itachi me manque ! Comment je peux ressentir ça, il a tué mes parents ! Mais bordel, il me manque… Je l'aime… je l'aimais… mon frère… je sais plus… je suis fatigué…

Ichigo entendit comme un trémolo dans la voix de Sasuke, mais il n'osa pas lui demander s'il pleurait.

-Je suis fatigué de le détester, mais je ne veux pas… je ne veux pas oublier ce qu'il a fait…

Ichigo soupira et posa une main sur l'épaule de Sasuke.

-Dors, tu es crevé.

-Je suis fatigué… depuis dix ans, je fatigue… je tiens plus debout, moi… vivement que tout finisse, j'en peux plus.

-Fais de beaux rêves, Sasu-chan.

Sasuke se rendormit, en murmurant :

-Nii-san…

Après un moment, Itachi murmura pour lui-même :

-Alors comme ça, il faisait semblant d'avoir des cauchemars… et moi qui m'inquiétais pour lui… tss, j'vous jure…

Il sourit, attendri, en serrant son petit frère contre lui.


Pliiize reviews, ça me motivera pour taper la suite (j'approche lentement mais sûrement de la partie II)