Meuuuh... juste quatre reveiws? Mais où sont mes lecteurs/trices adoré(e)s? (en vacances, probablement... ^^)

Reytan: évidemment que mon Deida-chan est trop hypersex en string u.u Personne ne peut lui résister xP Hum, hum... pour le SasuNaru... ça durera le temps que ça durera (yay la réponse qui répond à rien XD) Itachi n'est plus en couple, mais faut pas espérer que je vais être assez gentille pour le laisser violer Sasu-bâtard-chan comme ça sans transition u.u Nan nan, aujourd'hui, le rival de Sasu-baka apparaît^^
Jojo: J'espère que t'as de la patience, parce que tout ce que tu me demandes va prendre du temps^^ Par contre, je ne compte pas traumatiser tous les bons fans fidèles à l'ItaSasu: le SasuNaru mourra!

Je vais essayer d'accélérer la publication, mais actuellement je suis très prise par "Don't go away", une fic anniversaire en retard pour laquelle je dois lemoniser du KuroFye, puis j'aimerais m'atteler sérieusement à Stairway (autre KuroFye), et avancer dans mes OS dgm et... OMG on est mal barrés TT Ok, je fais un effort et je vais taper jour et nuit s'il le faut, mais je vais vous faire des chapitres plus rapprochés!

Allez, bonne lecture, les mouchoirs sont disponibles au fond du couloir à droite (mais qu'est-ce que je raconte, moi? -_-"")

Disclaimer: ouf, ça remonte à loin la dernière fois que j'en ai fait un XD Bon, Ita-chan ne m'appartient pas (son passé, oui. Enfin, son passé écrit par moi... parce que son vrai passé ne m'appartient pas. Il lui appartient. Euuh... je m'embrouille, là)... tout ça pour dire: Naruto est à Kishimoto, grand bien lui fasse, et prions tou(te)s ensemble pour qu'Itachi rescussite au dernier tome.

Chapitre 10 : Yahiko

-Tu traînes pas dans les coins malfamés.

-Non, non.

-Tu restes toujours là où il y a des foules.

-Oui, oui.

-Tu restes avec Naruto.

-Oui, oui.

-Tu m'appelles au moindre problème.

-Oui.

-Ou plutôt, non. Tu appelles à ce numéro, c'est un pote à moi. Kisame. Si quelqu'un t'approche de trop près, Kisame s'en chargera. Ok ?

-Ouiiiiii…

-D'accord. Bon. J'y vais.

-Hm, hm.

-Tu fais pas de conneries ?

-Nooooon, dit Sasuke en poussant Ichigo vers la sortie.

-J'ai le droit de m'inquiéter !

-Oui. Mais maintenant, tu me fous la paix, et tu t'occupes de ton short.

-Je n'ai pas de short.

-Ah tiens, c'est vrai. On dirait presque un être humain.

Ichigo portait un jean normal, ni moulant ni déchiré ni taille basse, avec un T-shirt normal sans inscriptions telles que « Gay Pride » ou « Yaoi Powaaa », et des chaussures de sport tout ce qu'il y avait de plus normal.

-Ça fait bizarre. Je savais pas que t'avais des vêtements normaux.

-La dernière fois, je suis allé à l'hôpital avec mon T-shirt « le Jeu du Chat et de la Souris » limited edition avec dessin et dédicace de l'auteur, avec un pantalon en cuir orné d'un beau « I love Boys » sur les fesses. Eh bien, tu sais quoi ?

-Non.

-Ils m'ont fait faire dix-sept fois le dépistage du sida. Ils ont pas voulu me croire quand je leur disais que je l'avais déjà fait et que j'avais été testé négatif. C'est de la discrimination.

-Cool.

-Bon. A plus. Donc, pas de bêtises.

-Si je croise Itachi dans la rue, je promets de pas le tuer.

-Et si tu veux passer à la vitesse supérieure avec Naruto…

Ichigo fronça légèrement le nez en prononçant ces mots, mais, cachée par les bandages, sa grimace passa inaperçue.

-… Tu te protèges. Il y a une boîte dans ma valise.

Sasuke fit une grimace de dégoût.

-Fais pas cette tête-là, ils sont à la fraise !

Ichigo esquiva un coup de pied et s'éclipsa.

Avant de refermer la porte, il ne put s'empêcher de lâcher :

-J'aurai un truc à te dire à propos de ton frère…

Sasuke fit comme si de rien n'était, tandis qu'Ichigo partait.

Dans la rue, Itachi respira un grand coup.

Il était peut-être temps… pas de tout dire, non… mais de convaincre Sasuke. Le convaincre de lui pardonner.

Il avait fait tous ces sacrifices dans l'espoir d'un jour pouvoir renouer avec lui.

Il avait tout fait pour le préserver.

Il avait besoin de sa reconnaissance plus que quoi que ce soit d'autre.

Il avait besoin qu'il lui pardonne.

Ainsi, peut-être… peut-être qu'un jour il pourrait lui dire qui il est réellement, sans craindre sa réaction… et reprendre leur vie d'avant, comme si cette coupure de dix ans n'avait jamais existé.

OoOoO

Itachi entra dans l'hôpital universitaire en sifflotant – ça le mettait toujours de bonne humeur de voir de beaux médecins en blouse blanche, ou de jolies infirmières.

Il repéra un nouvel interne, à l'accueil, qui n'était pas là lors de son hospitalisation.

« Mignon » songea Itachi en le déshabillant du regard.

Il jeta un œil à sa montre.

Il avait un quart d'heure d'avance.

« Tout juste le temps pour amorcer une approche… »

Itachi changea de trajectoire pour s'accouder au comptoir, face à sa proie.

-Bonjour. Un renseignement, peut-être ? dit doucement l'interne.

« Serviable, attentionné »

-Oui, dit Itachi avec une voix vibrante. Ton nom…

L'interne rougit en bafouillant son prénom.

« Timide »

-Tu veux… boire un verre ?

-Maaaaaais, j'ai du travail…

-Tu peux toujours sécher le boulot, dit Itachi en passant la langue sur ses lèvres.

-Désolé, je peux pas. Une autre fois, peut-être, mademoiselle…

-Ok, est-ce que tu es libre dans… hein ? Quoi ? Tu viens de dire quoi ?

-… ?

-« Mademoiselle » ? Hey ! Chuis un mec ! Tu veux une preuve ? s'énerva Itachi en portant la main à sa ceinture.

-Heu non ça va… bafouilla l'interne.

-Hey mais je rêve ! T'allais connaître l'extase de boire un verre avec Uchiwa Itachi, et t'as même pas vu que j'étais un homme ?

Itachi s'éloigna en claquant des pieds et en sortant toutes les insultes qu'il avait apprises en prison.

Non mais il avait de la merde dans les yeux, ce con ?

Bon, ok, ses longs cheveux ne faisaient pas très masculin.

Oui, il avait un sac à main – et alors ? c'est beaucoup plus pratique pour fourrer toutes ses affaires.

D'accord, il portait les mêmes lunettes de soleil que Paris Hilton.

Mais ce crétin aurait dû voir le vide de sa poitrine et le… la … l'excroissance de son entrejambe, non ?

Une musique se fit entendre, légèrement étouffée.

Itachi ouvrit son sac en râlant et en pestant.

Il sortit son portable (rouge), sur lequel Deidara avait écrit un « I LOVE MY SEME » à l'indélébile.

-Faudra que j'en rachète un nouveau, grommela-t-il en décrochant sans regarder le numéro affiché. Moshi moshi, Ita…

-Ichigo ? souffla la voix de Sasuke.

Itachi se mordit la lèvre. Il avait failli faire la bourde du siècle.

-Ichigo ?

-Euh, oui, quoi ?

-T'as l'air bizarre… encore en train de te faire dépister ?

-Nah, j'aimerais bien. Au moins, ça voudrait dire qu'on a remarqué que j'étais un mec…

-Hein ?

-Non, rien. Pourquoi tu m'appelais ?

-Pour savoir si tout va bien. Tes examens, tout ça.

-Je les ai pas encore faits.

-Ah. Bon. Beeen…

-T'as appelé juste pour ça ?

-Nan, c'est parce que tes capotes sont trop petites.

-Tu te fous de moi ?

-Evidemment que je me fous de toi ! Tu crois vraiment que j'ai touché à… ça ?

-Tu m'as fait peur ! J'étais en train de me demander ce que tu bouffais pour en avoir une aussi…

-C'est bon, ta gueule. Dernière fois que j'essaie de faire les mêmes feintes que toi.

-Donc, tu m'as appelé pour rien.

-Je… je voulais savoir ce que tu avais à me dire à propos d'Itachi.

Ichigo soupira en se frottant les tempes.

-Ben… c'est juste que… tu vas dire que je suis tout le temps à dire peace and love…

-C'est pas nouveau. T'accouches ?

-Tu sais pourquoi je veux absolument que tu pardonnes à ton frère ?

-Parce que tu es Itachi ?

Ichigo sentit son sang se glacer en deux secondes.

Sa bouche était sèche, sa gorge serrée et il lui semblait être figé sur place jusqu'à la pointe des cheveux.

-Euh… c'est une blague, dit Sasuke, mal assuré.

-Aaaaah… euuuuh…

-Tu parlais d'Itachi.

-Ah, oui… ben, c'est parce que….

Ichigo réfléchissait à toute vitesse pour trouver un mensonge.

Il avait pensé le préparer dans le train du retour, mais il était pris de court.

Il inventa une histoire selon laquelle il avait vu ses parents se faire tuer, alors qu'il était très jeune…

Le mensonge lui écorchait la bouche.

Il lui avait menti déjà pendant dix ans.

Une histoire de plus ou de moins, quelle importance ?

Mais chaque nouvelle tromperie l'éloignait peu à peu de lui.

-J'ai oublié le visage de l'assassin de mes parents. Presque vingt ans ont déjà passé. On ne retrouva jamais ce type… et… je dis pas que ta situation avec ton frère soit l'idéal, au contraire. Mais en faisant abstraction de la douleur que ça a pu te faire subir… je pense que tu as plus de chance que moi. On avance en tournant des pages. Parfois en en arrachant. Dans tous les cas, on n'est vraiment complet qu'en assumant tout notre passé.

Itachi eut un sourire désabusé.

Il prêchait une théorie qu'il n'avait jamais pu appliquer sur lui.

Assumer le meurtre de ses parents et l'abandon de son frère, c'est impossible.

-Et assumer son passé dans le cas d'une mort, ou de n'importe quel autre accident, c'est pardonner aux coupables. Ça peut te sembler totalement… débile, mais c'est une étape du deuil, c'est tout. Je pense pas que tu doives chercher forcément à le revoir pour lui dire en face que tu lui pardonnes, ni que tu doives faire comme si de rien n'était. Mais te perdre dans le désir de vengeance, sans profiter de la chance que tu as eu de survivre à ce carnage… c'est pas une chose à faire.

Itachi prit une longue inspiration.

-Dans la vie, c'est marche ou crève. Je sais de quoi je parle. Soit tu avances en fermant des chapitres de ton passé et tu soignes tes blessures, soit tu te laisses sombrer dans la solitude. Tu as la chance d'avoir un coupable à qui donner ton pardon. Moi je n'ai rien. Ma vie est en trois petits points depuis leur mort. Je suis tout seul, et je fais illusion pour moi et les autres. Je ne suis pas un exemple dans la vie. Mais si j'ai un truc à te transmettre, ce serait de ne jamais laisser ta vie te briser. Tu as la force d'aller plus loin. Alors ravale ta saloperie d'orgueil et avance !

-Ichigo…

-Je t'assure que rester seul avec ses blessures n'est pas une chose à faire. C'est ce que j'ai cru bon de faire, et maintenant, je suis seul avec les bruits horribles du passé, coincés dans mon crâne.

« Seul, parce qu'on ne se pardonne pas ses propres erreurs… ou horreurs » songea Itachi.

-Ichigo…

-Pour moi, il est déjà trop tard. Occupe-toi de toi.

-Mais…

-Je l'ai dit… je te demande pas de l'aimer. Juste d'assumer tout ton passé, et pas baser toute tes espérances sur un futur illusoire de projets criminels.

-Mais…

-Désolé, je dois raccrocher, c'est l'heure pour mon examen.

Il coupa la communication et se laissa tomber sur une chaise de la salle d'attente.

Il lui restait cinq minutes.

Il aurait pu parler encore avec Sasuke, mais c'était un peu au-dessus de ses forces.

Son téléphone sonna à nouveau.

Itachi rouvrit son sac et fixa le petit écran d'un air vide.

Un texto d'un numéro inconnu.

Il le lut avec un mélange de curiosité et de lassitude.

« Yo, c'est Naruto. Je sais pas ce que tu as dit à Sasuke, mais ça l'a secoué, en tout cas. Je lui ai demandé s'il allait pleurer, il m'a chassé de la chambre à coups d'oreiller. J'espère que ce n'est pas trop grave. »

-Mais qu'est-ce qu'ils foutaient avec un oreiller ? grogna Itachi, de nouveau dévoré d'une jalousie irrationnelle.

Car s'il y avait un oreiller, c'est qu'ils étaient dans un lit.

Et rien que d'imaginer le concept « lit+Sasuke+Naruto », Itachi se sentait des envies de meurtre.

-Faudra que je vérifie mes capotes en rentrant.

Itachi rangea son portable en se rongeant les ongles.

Il s'arrêta pour recracher des écailles de vernis noir, puis essaya de se calmer.

Il se leva et se dirigea vers la machine à café.

Rien de tel qu'un thé vert sucré pour le relaxer.

Il sortit des pièces de son sac et les glissa dans la machine.

Alors qu'il cherchait le bouton « thé vert », sa main courant sur le côté de la machine, il sentit un corps se presser contre lui, une main attrapa la sienne et la guida vers le bouton qu'il cherchait.

-Thé vert, sucré, si je me souviens bien ? souffla une voix délicieusement grave derrière lui.

Itachi ferma les yeux.

-C'est… c'est toi ?

-Ça faisait longtemps, Itachi…

-Je t'ai manqué ?

-La prison, c'est moins marrant sans toi…

-Yahiko… si tu savais combien je… commença Itachi en se retournant.

Il marqua une pause.

-Yahiko ? T'es sûr que c'est toi ? T'étais blond, à l'époque. Et petit. Et t'avais moins de piercings. T'as fait quoi à tes yeux ? Ne mens pas, ils étaient bleus. On t'a laissé sortir ? Je croyais que t'en avait pris pour dix ans.

-Mais ça fait dix ans.

Itachi ouvrit et ferma la bouche, comptant mentalement.

Yahiko était entré à la prison pour mineurs le même jour que lui.

Lui avait douze ans, Yahiko quatorze.

Alors qu'Itachi ne devait rester en prison que jusqu'à la majorité, car il avait des « circonstances particulièrement atténuantes », Yahiko avait eu une peine plus lourde, car non content d'avoir tué des inconnus sans raison apparente, Yahiko avait aussi mis le feu à leur maison, provoquant deux morts de plus.

Un mec cinglé, quoi.

Le premier amour de sa vie.

Pas si cinglé que ça, puisque le meurtre des « inconnus » n'était en fait qu'un cambriolage qui avait mal tourné.

Yahiko volait pour nourrir sa famille.

Mais ça, il ne l'aurait jamais dit aux juges. Question d'honneur.

Itachi n'en revenait pas.

Il le retrouvait de nouveau en face de lui.

Son héros, sans exagérer.

Celui qui l'avait gardé en vie pendant ses noires années d'emprisonnement.

-Tu fais quoi ici ? demanda le roux.

-J'ai un rendez-vous, pour des examens.

Yahiko désigna ses lunettes de soleil.

-T'as enfin trouvé un moyen de te débarrasser de cette saloperie… enfin… un autre moyen.

-Oui. Maintenant, ça va mieux. Bientôt, je pourrai enlever les bandages et…

-Et je pourrai revoir tes beaux yeux.

-C'est des nouveaux.

-J'espère bien. Tes anciens te donnaient un air de psychopathe.

-Sympa.

-Tu deviens quoi, sinon ? demanda Yahiko en tendant le gobelet de thé à Itachi. Tu bosses où ?

-Actuellement, nulle part. Mais j'étais garçon de café à l'Aka. Tu connais ? C'est pas loin de Konoha.

Yahiko haussa un sourcil.

-Au centre de détention, tu passais ton temps à étudier, pourtant. Je crois même que t'es le premier à avoir pu étudier par correspondance à Tokyo, Harvard et Paris depuis une cellule du quartier haute-sécurité de la prison pour mineurs.

-Ben ouais, mais j'aime servir dans un café.

-Tu dois être mignon en soubrette, dit pensivement Yahiko, l'air très sérieux.

-Un de mes ex a insisté pour que je m'habille en maid.

-Ah.

-J'ai des photos, si ça t'intéresse.

-Hm…

-Désolé de pas être venu te voir. C'était vraiment pas possible… enfin, tu sais, comme t'étais dans le quartier HS, y avait que ta famille qui pouvait…

-Je sais, dit Yahiko avec un sourire. Tu parlais d'ex… je vois que je ne t'ai pas trop manqué.

-On ne s'était jamais juré fidélité, précisa Itachi avec un sourire espiègle.

-Combien ? Juste pour me faire une idée.

-Euh… trente-neuf. Dont seize filles. Je compte pas les coups d'un soir.

-Trente-neuf en deux ans ! Quel dépravé ! s'exclama Yahiko avec un grand rire.

De toute évidence, c'était lui qui l'avait dépravé le premier.

-T'es avec quelqu'un ? Sinon, je suis libre ! chuchota-t-il, presque moqueur, en frôlant du bout des doigts la joue pâle d'Itachi.

-L'interne de l'accueil.

-Quoi ?

-Nan, c'est pour rire ! Il sait même pas que je suis un homme, alors… Non, je suis avec mon frère.

-Quoi ? répéta Yahiko.

-Pas « avec » mon frère. J'habite chez lui.

-Ah. Tu lui as tout raconté, alors.

-Non. Il ne sait pas que je suis Itachi.

-Ah bon.

Un ange passa. Itachi reprit la parole, vaguement gêné.

-Tu sais, je suis en train de chercher à me caser…

-Je suis libre, répéta Yahiko.

-C'est bien ça le problème. Je m'étais fait une raison, moi ! lui reprocha-t-il, un air rieur dans la voix.

-Mais… et la promesse ? « On ne se quitte jamais », t'as oublié ?

-J'ai dit ça quand on était gamins. Il faut pas me prendre au sérieux.

-Ok, on oublie la promesse. Juste du sexe, alors ?

Itachi rit nerveusement.

-Ça va être compliqué, avec mon frère dans les pattes. Mais tu peux venir chez nous autant que tu veux. Tu m'as manqué.

Yahiko lui fit un grand sourire moqueur, l'air de dire « queuh c'est meugnooon ».

-Seul truc : tu m'appelles Ichigo.

-Ichigo ?

-Oui. C'est mon faux nom à l'usage personnel de Sasuke.

-Cool. En plus, j'adore les fraises…

Yahiko s'approcha encore plus pour embrasser Itachi.

Celui-ci posa sa main sur la bouche de Yahiko et le repoussa.

-Je te le déconseille fortement. Après, on va être bons pour se faire dépister.

-Dépister ?

-Oui, pour le sida.

Yahiko rit doucement de sa voix chaude.

-Au fait, t'es ici pour quoi ? demanda Itachi.

Yahiko grimaça.

-Un piercing qui s'infecte.

-Où ça ? demanda Itachi en fixant le visage de Yahiko.

-Ah, je te le montrerais bien, mais c'est pas des choses qu'on fait en public.

Itachi pouffa de rire, puis se ressaisit.

-Je vais être en retard chez Tsunade. Euh… je suis de retour dans une demi-heure… tu peux m'attendre ?

-Sans problème.

Itachi sourit et partit en courant vers la partie du bâtiment où il avait rendez-vous.

OoOoO

Dans le train vers Konoha, Itachi reprit sa discussion avec Yahiko.

Puis, au fil des questions et réponses anodines, il osa enfin lui dire ce qui le tracassait depuis deux ans.

-Tu… enfin, tu es toujours amoureux ? De moi ? Enfin, c'est parce que je crois que moi non, et donc…

-Amoureux ? Non.

Itachi accusa le choc.

-Ah… euh… ouf ! Ça me rassure. J'osais pas trop te le dire, et ça m'aurait embêté que tu aies encore des sentiments pour moi alors que… c'était des trucs de gamins, quoi…

Itachi était gêné au possible, fuyant le regard de Yahiko.

-On a grandi, et j'ai compris certaines choses et…

-Te fais pas de bile. J'ai jamais été amoureux de toi, de toute façon.

-Huh ? balbutia Itachi, stupéfait.

-On était des gamins. T'étais un… ami spécial, tu vois ?

-Un… « ami spécial » ? répéta Itachi, incrédule, dégoûté.

-Itachi. J'avais quatorze ans quand on est sortis ensemble. Dix-sept quand on a fait l'amour la première fois. On ressent pas de vrais sentiments à quatorze et dix-sept ans. Désolé si tu n'avais pas compris…

Itachi était… vraiment choqué.

Il l'admettait, il n'était plus amoureux de lui.

A l'époque, il avait confondu amour et besoin d'aide. Yahiko lui apportait son soutien, son aide, ses paroles réconfortantes, et tout ce qui l'avait maintenu en vie tout ce temps.

Par après, il s'était senti coupable pour cette confusion.

Il avait eu peur, si peur que Yahiko se sente trahi, qu'il lui en veuille.

En fait, c'était l'inverse qui se passait.

C'était lui qui se sentait trompé.

-Tu étais si perdu, je n'ai pas réfléchi. Après, je me suis attaché à toi. Mais en tant qu'ami spécial. Tu étais tellement différent. Tu faisais un peu pitié, aussi. Ne le prends pas mal, mais tu me faisais mal au cœur. Je me suis dit que c'était la meilleure chose à faire.

-Mais merde ! Tu te rends compte que t'es en train de m'annoncer que ma première fois, que je croyais avoir offerte à mon prince charmant, je l'ai donnée à un… « ami spécial » ? On parle de ma pureté, là, mon petit capital !

-Ton petit quoi ?

-Rien, laisse tomber.

Itachi serra les dents.

Oui, il était un bisexuel complètement dépravé.

Oui, son occupation préférée était de lire des yaoï.

Oui, il aimait balancer des feintes crades pour choquer Sasuke.

Mais ça n'empêchait que, dans le fond, il se sentait blessé et trahi.

La « première fois » était l'une des rares choses qu'il prenait très au sérieux. La faute aux contes de fée et à Walt Disney, sans doute.

-Tu m'as vraiment pris pour un… prince charmant ?

-Attends, un mec qui vole pour nourrir les siens, ça fait Robin des Bois, c'est classe et romantique.

Yahiko ne put s'empêcher de rire.

-Tu regardes trop Walt Disney.

-Fais attention à toi, dit Itachi, la voix tremblante de colère irraisonnée. C'est aussi ce que disaient mes parents quand je voulais protéger Sasuke. J'ai fini par les tuer.

-Parle moins fort, on est dans un train.

-Et alors ? s'écria Itachi en donnant un coup de poing dans la tablette. J'ai toute ma vie sentimentale qui se casse la gueule et je devrais me taire ?

Rendu fou par cette douleur inexplicable, Itachi se tourna vers un passager.

-Eh toi, tu vois ce mec ? dit-il en désignant Yahiko.

-Euh… balbutia le quidam.

-Tu le vois ? Il est beau, non ? Tu sais ce qu'il m'a fait ? Il m'a fait croire qu'il m'aimait, tu vois, et comme un con, j'ai marché. Mais bon, entre temps, je me suis rendu compte que je ne l'aimais pas non plus. Mais toi, ça ne te blesserait pas de te dire que tu t'es fait dépuceler par un type qui ne ressent rien d'autre pour toi que de la pitié ?

-O-oui… répondit le passager, terrifié.

Yahiko rattrapa le bras d'Itachi et le força à se rasseoir.

-Tais-toi. Tu n'as pas besoin de te donner en spectacle.

Itachi lui jeta un regard noir.

-Pourquoi tu te mets dans cet état ? Tu le dis toi-même, que tu n'étais pas amoureux de moi.

-Je ne l'étais pas. J'avais besoin de ton aide. Je sais pas si tu te rends compte que je suis perdu sans toi ! Quand je suis sorti de prison, si Deidara ne m'avait pas aidé, je serais mort aujourd'hui. J'ai toujours besoin d'aide. J'ai cru que tu m'avais donné la tienne pour une raison plus louable que de la pitié.

Le visage de Yahiko se durcit, impitoyable.

-D'accord. Excuse-moi d'avoir été ému par ta douleur. Excuse-moi d'avoir voulu t'aider. Excuse-moi d'avoir cherché à te donner du réconfort et de l'affection. Excuse-moi d'avoir eu mal pour toi en te voyant hurler d'horreur toutes les nuits. Excuse-moi d'avoir osé penser que tu méritais de l'attention et de l'aide. Excuse-moi de m'être dit que tu valais plus que ces petits cons shootés à la violence. Excuse-moi de t'avoir sauvé à plusieurs reprises.

Itachi se calma un peu.

Il avait raison.

-C'est… c'est moi qui te demande pardon, murmura-t-il, soudain très honteux.

-Tu connais l'expression « une fleur qui aurait poussé sur un tas de fumier » ? Ben, c'est toi. Tu étais trop délicat pour la prison. Trop mignon. J'ai juste voulu t'aider, et je me suis dit que ça ne pouvait pas être mauvais pour moi de me rapprocher de toi. T'étais le seul à pouvoir comprendre la douleur d'être emprisonné pour rien.

-« Pour rien », ricana Itachi. T'as quand même tué cinq inconnus.

-Et toi, t'as flingué tes parents. J'ai lu le rapport de ton procès, le jour où je suis entré par effraction chez le greffier pour vérifier le mien, et j'ai vu que t'as tiré plus d'une balle. Le procureur a conclu que c'est parce que tu ne savais pas viser. Je pense plutôt que tu voulais les faire souffrir, non ?

-J'avais de bonnes raisons !

-Moi aussi.

-Je te déteste.

-Moi non plus.

-Pfff… je me sens minable.

-Pourquoi ?

-D'avoir besoin d'aide tout le temps. Toi, Deidara, Kisame… je n'arrive à rien, tout seul. J'ai juste envie de mourir, dans le fond.

Yahiko attrapa les mains d'Itachi et les serra, dans un geste de réconfort.

Il caressa du bout des doigts les cicatrices blanches sur ses poignets.

-Si tu le refais, je te sauverai à nouveau, juste pour le plaisir de t'étrangler de mes propres mains. Compris ?

Itachi acquiesça sans un mot.

-C'est normal d'avoir besoin d'aide. On a tous besoin de soutien. Toi plus que les autres, en raison de ce que tu as vécu. Mais ce qui compte, c'est de trouver une personne qui te donnera cette aide, et qui aura besoin de la tienne. Vous vous suffirez à vous-même. Je crois qu'il n'y a que comme ça que tu pourras… tu sais. Vivre.

Itachi acquiesça à nouveau.

-Ce qui ne va pas entre nous, c'est que tu as plus besoin de moi que moi je n'ai besoin de toi. Un jour où l'autre, j'aurais fini par partir.

-Je sais.

-Amis ? dit Yahiko en tendant le poing.

-Les meilleurs amis du monde, répondit Itachi en posant son poing contre celui de Yahiko.

Celui-ci sourit en sortant une cigarette de sa poche.

-De toute façon, t'étais trop bien pour moi, dit-il en l'allumant.

-Mais non. Je suis personne, moi. Je compte pour rien.

-Si on devait choisir le plus courageux entre toi et moi, ce ne serait certainement pas moi. C'est facile de tuer des inconnus. Pour tuer sa famille, faut déjà en avoir une sacrée paire.

-C'est facile de tuer les gens qu'on hait mortellement, murmura Itachi en souriant à peine au compliment.

-Tu l'as fait pour ton frère.

-Tu l'as fait pour ton frère et ta sœur.

Yahiko ne répondit rien, contemplant les volutes de fumée bleue flottant dans l'air confiné du wagon.

-Et autre chose… tu n'as pas le droit de dire que tu comptes pour rien. Tu comptes pour moi. Et pour ce type… Deidara. Et pour Sasuke.

-Sasuke. Il sort avec un gamin que je peux pas sentir. Pourtant, il est génial, ce Naruto. Tant qu'il ne s'approche pas de Sasuke.

-Tu comptes lui dire un jour ?

-Chais pas. Je suis tellement bien que j'ai peur de tout foirer.

-Mais un jour, il faudra que tu enlèves ces bandages.

-On est pas prêts.

-Il n'est pas prêt, ou tu n'es pas prêt ?

-Je ne suis pas prêt. Lui, il a beaucoup mûri en quelques mois. Mais j'ai peur de voir de la haine dans ses yeux quand il me regarde. Ou du dégoût.

-T'avais pas tellement d'autres solutions.

-J'aurais pu appeler la police au lieu de… de…

Itachi se tut.

Il se revoyait, dix ans plus tôt, cette arme maudite dans sa main.

Elle pesait lourd, ou peut-être était-ce lui qui n'était pas assez fort…

Il se revoyait leur parler.

Tirer.

Une balle dans le genou, Mikoto qui tombe.

Tirer.

Une balle dans l'épaule, Fugaku tombe aussi.

C'est tellement lourd.

Je n'arrive pas à viser.

Ils se mettent à crier.

Ils vont réveiller Sasuke.

Non ! Pas ça !

Il faut qu'il dorme, pour que je l'emmène loin sans qu'il les voie.

Il faut que je les achève vite.

Je tire encore.

Une balle dans le ventre de Mikoto, cette femme immonde que je n'appellerai plus jamais maman.

Elle crache du sang, ses cris en sont brouillés.

Le sang me fascine et me révulse, c'est tellement beau, tellement ignoble, du sang rouge comme le soleil levant, du sang qui coule à gros bouillons sur les tatamis immaculés.

Je tire sur Fugaku, de nouveau, avant qu'il n'ait le temps d'appeler à l'aide.

Sa poitrine se troue, son sang éclabousse le mur.

Il me regarde de son air sévère, mais je vois la peur crier dans ses yeux noirs.

Heureusement qu'il y a un silencieux sur ce revolver.

Sasuke ne verra pas ce sang.

Mikoto bouge encore.

J'en pleurerais de rage, si mes yeux n'étaient pas complètement asséchés par la maladie.

Je tire encore.

Je lui ai juste éraflé la gorge.

Elle crie de plus en plus, hystérique, en voyant le sang jaillir de sa carotide.

Non, tais-toi, Sasuke va se réveiller ! Il ne faut pas qu'il fasse de cauchemars.

Il en fait déjà tant.

Fugaku se redresse un peu et lève le bras.

Il me montre son téléphone.

Il a appelé la police.

Il faut que je les achève…

Après, tant pis.

J'irai en prison.

Je demanderai au juge qu'on dise à Sasuke que c'est un serial killer qui les a tués.

Oui, voilà.

Il ira dans un orphelinat, on s'occupera bien de lui.

Tant pis pour moi, moi ça ne compte pas.

Je m'approche en tremblant.

Je marche dans leur sang, si beau et si hideux.

J'attrape Fugaku par les cheveux, je pose le canon sur sa tempe.

Il n'arrive plus à bouger pour se défendre.

Quelle déchéance. Ça lui fait quoi, d'être celui qui est faible et sans défense ?

Je le fixe droit dans les yeux, articule silencieusement le mot « adieu », et tire.

Mikoto continue de hurler, elle gaspille le peu d'air qu'il lui reste à appeler à l'aide.

Voilà la mère qu'elle est.

Elle crie pour réveiller son fils, pour qu'il la voie agonisante.

Mais Sasuke a le sommeil lourd, il ne peut pas s'être réveillé.

Je vais auprès de Mikoto.

Je m'agenouille près d'elle, elle gît dans son sang.

Son beau kimono bleu a des reflets rubis. C'est parfaitement magnifique.

Mon bras tremble tandis que je pointe le canon vers son front.

Je tire, et tout va au ralenti.

J'entends le déclic de la gâchette, le sifflement de la balle.

L'os craque dans un bruit délicat.

Le sang bouillonne en une musique barbare.

Un bruissement près de la porte.

Non, ce n'est rien.

Rien que mon imagination.

Ça ne peut pas être Sasuke, il dort.

C'est mon imagination.

Je lâche le revolver et il tombe dans le sang.

Un éclat métallique dans une mer rubis.

Je crois que je n'oublierai jamais cette vision.

Je suis si fatigué.

Je m'éloigne un peu, je m'appuie contre le mur.

Je vois tout le sang sur mes vêtements, et ça me rend malade.

Je vomis dans un coin du salon.

Loin de mes géniteurs, pour ne pas que je sois mélangé à leur monstruosité.

Je dois me laver, m'habiller de propre, réveiller Sasuke et l'emmener avec moi ailleurs, avant que la police arrive.

Je ne sais pas encore où, mais le Japon est grand.

Mais je suis si fatigué.

Je titube jusqu'aux cadavres, pour vérifier qu'ils sont bien morts.

Ils ne nous feront plus aucun mal, maintenant.

J'entends la sirène d'une voiture de police.

C'est trop tard pour fuir.

Je m'assieds en seisa entre les deux corps.

Je ferme les yeux.

Le sang détrempe doucement mon pantalon.

Je sais que j'en ai aussi sur les mains, et sur le visage.

Je tremble.

De peur, de fatigue, de haine, ou de fièvre.

Je sens encore le goût de la bile dans ma bouche.

Faites que les policiers ne réveillent pas Sasuke.

Il sera plus heureux sans moi.

Et puis, il sera toujours temps de le retrouver, quand je sortirai de prison, pour tout lui expliquer. Il est trop petit pour comprendre.

Il sera plus heureux sans moi.

On frappe à la porte d'entrée, j'entends les pas furtifs de Sasuke.

La porte du salon est fermée, il ne peut pas avoir vu.

J'entends un policier dire à mon petit frère de venir avec lui à la cuisine.

Bien, on le tient à l'écart.

Les autres courent dans toute la maison.

Je parie qu'ils ont gardé leurs grosses chaussures boueuses.

La cloison coulissante du salon s'ouvre avec un chuintement.

J'ouvre enfin les yeux.

-Ne le répétez pas à Sasuke, s'il vous plaît, murmuré-je en posant les mains au sol et en m'inclinant.


La narration est un peu bizarre, vu que je suis passée de la troisième à la première personne en cours de route, mais c'est venu sans que je m'en rende compte, et j'ai trouvé que ça donnait un effet flash-back pas trop marqué... enfin je veux dire, ça m'aurait un peu embêté de devoir mettre "début flash-back POV Itachi", puis "fin flash-back"... ça fait plutôt moyen comme effet je trouve (même si je l'ai utilisé, réutilisé, ré-ré-utilisé par le passé)

Alors, vous le trouvez comment mon Yahiko? Il est claaaasse, hein, hein? Un peu salaud sur les bords, mais j'ai essayé de donner son point de vue pour clarifier l'affaire, sans rester sur le point de vue "blessé" d'Itachi.

Ah, et le "petit capital" d'Itachi est tiré du "Journal d'une princesse" de Meg Cabot, livre que je n'ai absolument jamais lu, mais qui m'a été spoilé dans son intégralité par ma Naru-chan.

Allez, à la revoyure! (pliiiize des reviews, j'en ai besoin, plus que de ma ration quotidienne de café)

Chapitre suivant: c'est le début de la fin de la première partie! Comment Sasuke va-t-il prendre ce qu'Itachi lui a dit au téléphone? Va-t-il avouer son amour à Itachi? Et Itachi, va-t-il enfin ouvrir les yeux et se rendre compte que, bordel, il a vraiment très envie de [censuré] son frère? Vous le saurez très bientôt dans mon prochain chapitre!

(ça fait très soap tout ça^^ j'adooore^^)