Muf ce chapitre est plus court que le précédent T^T
M'enfin c'est mieux que rien ;P
Bloom: Désolée de pas avoir pu poster pour ton anniversaire, mais c'était juste trop serré... et je me voyais pas faire un chapitre hors-série pour un baiser^^" Mais je te dédie le premier baiser, qui paraîtra en toute logique au chapitre 3 ou 4 de la Partie II, et qui est... ma foi... un bon baiser^^ Et merci pour ta review^^ (mmh, pas de gare, et Itachi est trop classe pour disparaitre en laissant un petit mot, voyons^^ Il fait face à ses problèmes (ou pas^^"))
Nina: Merci^^ J'espère que ce chapitre te plaira aussi (bah on dirait que oui, tu as l'air d'être tellement fan depuis le début xD)
Jojo: Nan nan Saï je suis obligé de le prendre (pas de sous-entendu merci^^)! Il a juste un super-rôle au chapitre... 2 ou 3 de la Partie II! Et je pouvais pas le remplacer par qui que ce soit d'autre U.U Et tu risques de me détester très très fort, mais je te le jure: Saï est gentil, Saï n'a pas l'intention d'être le rival de qui que ce soit, Saï est un... comment dire... sex friend? PAS TAPER! Mais ce sera pas pour longtemps, juste le temps que nos deux bishos comprennent qu'ils sont faits l'un pour l'autre et qu'ils doivent arrêter de coucher avec d'autres personnes! Tu continueras de lire, hein? Pleeeease... et donc merci pour ta review^^
Je vous aime, lectrices/lecteurs (je suis toujours pas au courant pour Jojo... graaa! ça m'éneeeerve! xDD)!
Chapitre 13
Adieux
-Je vais prendre un bain, marmonna Sasuke.
-Tu veux pas regarder la télé avec moi ? proposa Ichigo, alarmé de voir le temps passer si vite.
-Nan.
-Qu'est-ce que tu aimes comme glace ?
-Chocolat.
-Ok, je vais descendre en acheter pendant que tu prends ton bain.
-Si ça peut t'amuser…
-Détends-toi bien ! dit Ichigo en ébouriffant les cheveux de Sasuke.
Ce dernier fit la grimace, rougissant légèrement.
Ichigo prit son sac et sortit. Sasuke soupira, d'un long soupir ressemblant au feulement d'un animal blessé.
-Pourquoi tu ne vois rien ? murmura-t-il en posant le front contre le froid de la table où il était assis.
Pourquoi ne voyait-il pas ses stratagèmes de gamin destinés à attirer son attention ?
Pourquoi aimait-il, séduisait-il, embrassait-il tous ces autres gens, tous ces autres hommes, et restait-il si distant avec lui ?
Oui, ils vivaient dans la même maison, dormaient dans le même lit, mais ils étaient… comme séparés par une barrière invisible. Par cet homme qu'aimait Ichigo, par ce silence que cultivait Sasuke. Par cette indifférence moqueuse, et ces moqueries indifférentes. Ils étaient séparés par cette simple évidence : Ichigo était là pour aider Sasuke. Pour l'aider, pas pour l'aimer.
Mais qu'est-ce que tous les autres hommes de la Terre avaient de plus que lui, pour plaire autant à Ichigo ?
Mis à part le fait qu'ils étaient d'un caractère plus agréable, qu'ils étaient moins têtus et surtout qu'ils étaient majeurs…
Sasuke soupira encore en passant la main dans ses cheveux.
Comment c'était arrivé, tout ça ? Comment en était-il venu à stupidement tomber amoureux ? Après tout, Ichigo n'avait rien de particulier. Il était même tout ce qui l'énervait le plus. Mais il ne pouvait pas résister à sa gentillesse, ses attentions, son caractère tellement chaleureux. Sa façon de se mêler de tout, tout le temps, de faire attention à lui. Et puis, pour ne rien gâcher, il était beau comme un dieu.
Il ne voyait plus quoi faire.
-Bon, je vais le prendre, ce bain, souffla-t-il en poussant la porte de la salle de bains.
Il fit couler de l'eau chaude dans la baignoire, puis se déshabilla.
En boxer, il traîna des pieds jusqu'à la chambre.
Dans la garde-robe, sous ses jeans, il trouva une bouteille de saké à moitié entamée, vestige de son après-midi de soi-disant cuite avec Naruto.
Cela lui semblait remonter à des années. Rien n'avait changé. Ce jour-là, il avait vu dans le regard d'Ichigo une étincelle de fureur. De la jalousie, avait-il pensé. Mais cette étincelle n'avait jamais reparu et Sasuke en avait conclu que ce n'était que de la colère, pure et simple. Il avait monté ce plan puéril avec le blond pour rendre Ichigo jaloux, et ça s'était plutôt bien planté.
Juste un verre, ça n'engageait à rien, il ne risquait pas d'être soûl.
Il but un coup, au goulot, puis retourna dans la salle de bains, la bouteille en main.
Il termina de se déshabiller et se laissa aller dans l'eau brûlante. Il sentait un nœud dans sa gorge, que la chaleur de l'alcool ne dissipait pas. Il se sentait mal, comme à chaque fois qu'il pensait un peu trop à Ichigo. Il sentit les larmes dévaler ses joues.
Il gémit doucement, écartelé de douleur.
Il aurait pu dire « je t'aime » à Ichigo, mais pour ça, il aurait dû ravaler son putain d'orgueil, son putain d'honneur et oser lui montrer ses putains de larmes.
Et ce n'était pas dans ses projets immédiats de détruire tout ce qu'il était.
-Putain de bordel ! Mais merde… fait chier… jura Sasuke, le plus fort qu'il pouvait, comme pour rendre le monde entier témoin de sa douleur.
Il pleura encore, rendu inconscient du monde extérieur, la chaleur du saké se répandant dans ses veines.
-Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Qu'est-ce que j'ai fait à mon karma pour avoir une vie aussi merdique ? Mes parents, mon frère, l'autre enculé d'Orochimaru, et maintenant… maintenant…
Il se laissa glisser dans la baignoire et plongea la tête sous l'eau.
Après quelques instants, il rejaillit en éclaboussant tout autour de lui et en hurlant :
-Bordel je t'aime !
Il sanglota, profitant de sa solitude pour laisser sortir tout ce qu'il ressentait.
-Pourquoi t'en as rien à foutre de moi ? Pourquoi tu ne m'aimes pas ? lâcha-t-il à mi-voix en laissant sa tête tomber en arrière.
Un peu plus tard, il entendit la voix douce d'Ichigo :
-Je suis là !
Sasuke ravala ses sanglots.
-Oui, oui.
OoOoO
Ichigo entra sans bruit dans l'appartement. Il comptait surgir dans la salle de bains et crier « bouh ! » à Sasuke, pour lui faire peur, l'embêter, le voir crier et râler. Alors qu'il refermait doucement la porte d'entrée, il entendit un cri rauque.
-…l'autre enculé d'Orochimaru et maintenant… maintenant…
Puis un long silence.
-Bordel je t'aime !
Ichigo tressaillit, tant la voix frissonnait de douleur.
-Pourquoi t'en as rien à foutre de moi ? Pourquoi tu ne m'aimes pas ?
Ichigo soupira.
Ce Naruto avait complètement bousillé Sasuke. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait entre eux et Gaara, mais c'était à coup sûr quelque chose de malsain. Surtout pour Sasuke, il semblait souffrir beaucoup de cet étrange partage. Il devait absolument régler cela avant de partir… parler à Sasuke, oui. C'est ce qu'il ferait. Pour l'aider.
Il ne savait pas à quel point il se fourvoyait.
Il soupira à nouveau, puis décida d'être le plus discret possible.
Sasuke le détesterait s'il apprenait qu'il l'avait entendu.
-Je suis là ! cria-t-il, comme s'il était en train d'ouvrir la porte, comme s'il venait seulement d'arriver.
-Oui, oui.
Ichigo posa la glace dans la cuisine. Lorsqu'il passa la main sur son visage, il sentit que ses bandages étaient un peu humides.
Il pleurait, sans même s'en rendre compte. La douleur de Sasuke le frappait directement, il aurait voulu le rejoindre dans la salle de bains pour le consoler, mais il ne pouvait pas se permettre de montrer à Sasuke combien il tenait à lui. Pas alors qu'il était sur le point de le quitter. Il l'avait déjà assez fait souffrir.
Ichigo soupira et prépara le dessert.
Il lui restait… un coup d'œil à sa montre… douze heures.
Il devait partit de l'appartement le lendemain à huit heures pour prendre l'avion de neuf heures avec Yahiko.
Le téléphone sonna.
Ichigo décrocha.
-Moshi moshi ?
-Hey, baby, c'est Deidara. Tu veux que l'Aka t'accompagne à l'aéroport, demain ?
-Euh… si tu veux…
-Pour rien au monde je raterais ma dernière chance de voir ta gueule d'amour, Ita-chan !
-Sasori va pas piquer une crise de jalousie ?
-Sasori n'est pas jaloux ! Il est juste hyper-possessif !
-Ah que j'aimerais avoir quelqu'un qui m'aime au point de casser la gueule à quiconque m'approche de trop près…
-Dis pas ça, je te connais, tu supporterais pas.
-T'as sans doute raison…
-Bon. A demain !
-Ouais, à demain.
Ichigo raccrocha en sifflotant et remarqua que Sasuke se tenait dans l'encadrement de la porte. Il eut un coup au cœur en le voyant. Ses cheveux mouillés rebiquaient anarchiquement dans tous les sens, ses yeux brillaient d'une lueur inhabituelle – l'alcool, mais Ichigo l'ignorait – ses joues étaient légèrement roses, il portait une serviette rouge – une serviette appartenant à Ichigo – nouée autour de sa taille fine.
Ichigo se reprit et lança, joyeux :
-Une ou deux boules ?
-Deux, souffla Sasuke en sentant ses épaules ployer sous le poids de la déception.
Ichigo n'avait toujours rien vu.
Ichigo ne voyait jamais rien.
Il aurait pu mettre un uniforme d'écolière avec une jupe plissée ras des fesses qu'il n'aurait pas capté la manœuvre.
-Pauvre con, murmura Sasuke en s'asseyant devant son dessert, trop bas pour qu'Ichigo l'entende.
Ce dernier s'assit face à lui et commença à manger en silence, ne sachant pas par où commencer.
-Hum… Sasuke…
-Hm ? fit l'adolescent en levant les yeux vers lui.
Ichigo triturait sa cuillère en se mordant la lèvre inférieure, visiblement gêné.
-Je… ne sais pas ce qu'il se passe avec Naruto… mais il vaut mieux que tu y mettes fin.
Sasuke écarquilla les yeux. Serait-il possible que… non, inimaginable. Et pourtant…
-Il n'y a pas trente-six solutions dans une situation pareille. Si tu l'aimes vraiment, il ne faut pas le laisser te traiter comme ça. Ou tu t'écartes ou tu t'imposes. Mais ne reste pas comme ça, à le… partager. C'est pathétique, et ça ne te fera que du tort.
Sasuke se rembrunit.
-Je t'ai déjà dit que ça ne te regardait pas.
-Désolé, mais si. Je suis ici pour t'aider.
Sasuke serra les dents.
-Tu lui as dit ?
-Quoi ? aboya Sasuke.
-Que tu l'aimais.
-… non.
-Dis-lui. Et si rien ne change, alors quitte-le. Ça ne te rend pas heureux, et je ne veux pas te voir malheureux.
-Tu peux parler. Tu lui as dit que tu l'aimais, toi, à ce type dont tu es raide dingue ?
-Non. Mais je ne suis pas toi. Tous les jours je le lui dis en gestes, et ça me suffit. Mais ça ne te suffira jamais, alors dis-lui. Dis-lui ou disparais.
-… Je lui dirai, murmura Sasuke en ramassant le fond de son bol.
Il lui dirait.
Un jour.
S'il trouvait la force de le faire.
OoOoO
Ichigo sortit de la salle de bains en s'essuyant les cheveux.
-Tu lis quoi de beau ? demanda-t-il en jetant un œil à la couverture du bouquin.
-Un truc pour le cours de japonais. C'est barbant.
-Tu devrais lire les Icha Icha Paradise. Ça, c'est intéressant. Très instructif !
-Rigole pas, c'est mon prof de japonais qui les écrit, et l'année passée, ils étaient dans le programme de certaines classes d'option littérature.
-Les spécial yaoi aussi ?
-Aussi.
-L'éducation nationale est plus ouverte que de mon temps.
-« De ton temps ». T'as juste vingt-deux ans. Pas quatre-vingt-deux.
Ichigo sourit et se coucha.
Il éteignit la lumière et enleva ses lunettes.
-Eh, je lisais !
-Tu ferais mieux de dormir, Sasu-chan. Tu es d'une humeur exécrable quand tu manques de sommeil.
-Grmbl.
-Bonne nuit ! s'exclama Ichigo en plongeant la tête dans ses oreillers.
-…
-…
-Bonne nuit.
Ichigo soupira.
Il aurait voulu que cette semaine ne s'achève jamais, que le temps suspende son cours pour toujours.
Mais le temps reprend toujours ses droits. Il offre parfois un peu de repos à ceux qui en ont le plus besoin. Mais il reprend toujours son cours, immuable et cruel.
OoOoO
-Ne le répétez pas à Sasuke, s'il vous plaît.
Les policiers s'entreregardent.
Ils ne comprennent pas.
-Ne lui dites pas… que c'est moi. Dites-lui que… que c'est un serial killer, dites-lui que je suis mort… je vous en supplie…
Un policier s'approche de moi, je lui tends mes poignets.
-S'il vous plaît.
-Euh… oui, gamin. On ne le lui dira pas.
-Il ira dans un orphelinat ?
-Oui, petit.
-Où est-il ?
-Dans la cuisine.
-Il ne faut pas qu'il voie, monsieur. Ni qu'il me voie.
-Non, non.
-Je suis mort, pour lui.
Le policier me fait me lever.
-Tu vas me suivre sagement.
-J'irai en prison ?
-Oui, sûrement.
-Vous le direz pas, hein ?
-Non, petit. Ton frère n'en saura rien.
Le policier me pousse dans le dos, vers la porte d'entrée.
J'entends Sasuke qui crie dans la cuisine.
Je ne comprends pas ce qu'il dit.
« Je t'aime, petit frère » songé-je en sortant.
Un cri déchire la nuit et déchire mon cœur quand j'entre dans la voiture de police.
-ITACHIII!
Je m'assieds sur la banquette et un policier attache ma ceinture de sécurité, puisque je suis trop faible pour le faire moi-même.
Je lève la tête vers la maison, vers la fenêtre de la cuisine où Sasuke, mon frère, mon ange pleure et crie.
Il y avait sûrement un autre moyen.
Je ne voulais pas qu'il pleure.
Je baisse la tête.
La voiture démarre.
J'entends les deux policiers à l'avant qui murmurent.
-Pas une larme.
-Il a fait ça de sang-froid.
-Il est peut-être fou…
-Tuer ses parents…
-Ces gens n'étaient pas mes parents, dis-je d'une voix amère. J'ai fait ça pour Sasuke. Je voulais pas qu'il pleure…
Et je voudrais pleurer mais rien ne vient.
Et tout ça n'était que le début de mes ennuis.
Et je ne savais pas que le cri de Sasuke n'était pas un appel, mais bien un cri.
De haine.
Itachi se réveilla en sursaut, secoué de tremblements.
-Un cauchemar… murmura-t-il en soufflant doucement.
Il tenta de se calmer, puis sentit un poids sur sa poitrine.
Sasuke avait posé son bras sur son ventre, et sa main était cramponnée à son T-shirt.
Comme quand ils étaient enfants et qu'ils dormaient ensemble.
Itachi se sentit coupable de l'abandonner une seconde fois.
Des images de cette nuit horrible le frappèrent de plein fouet.
Le sang, les yeux effrayés de Mikoto, le bras levé de Fugaku, tenant le téléphone, le kimono bleu aux reflets rubis, le soleil de sang sur les tatamis, le revolver dans le sang. Et la flaque de vomi dans un coin du salon.
Itachi se sentit pris de nausées.
-Mais je croyais que ça m'étais passé, râla-t-il en serrant les dents et en essayant de se dégager de l'emprise de Sasuke.
Quand il était en prison, il ne pleurait jamais. Mais quand les remords se faisaient trop sentir, il vomissait tripes et boyaux.
Ça lui était passé, vers ses quinze ans.
L'époque où il avait commencé à coucher avec Yahiko.
Itachi se leva en titubant et se précipita vers la salle de bains, tout en mettant ses lunettes. Il se prit les pieds dans le bac à linge sale, puis alluma la lumière en pestant le plus bas possible.
-Ichigo ? marmonna Sasuke, la bouche pâteuse.
-Hm, tout va bien, mentit Ichigo en se penchant au-dessus de la cuvette des toilettes.
Sasuke se leva, inquiet.
Il entra dans la salle de bains et resta interdit en voyant Ichigo agenouillé devant sa cuvette. Puis il se secoua et s'approcha de lui.
-Tu es… malade ?
Le bruit répugnant d'un haut-le-cœur et le clapotis du vomi contre la céramique répondirent à sa question.
Sans hésiter, il s'accroupit derrière lui et retint ses cheveux en arrière, une main posée entre ses omoplates.
-T'as trop mangé ? T'as bu ? Tu… tu…
Il cherchait d'autres raisons qui auraient pu le faire vomir.
Entre deux haut-le-cœur, Ichigo répondit d'une voix faible et avec un sourire moqueur :
-Sasuke, je suis enceint.
-QUOI ?
Ichigo éclata de rire avant de se remettre à vider son estomac.
Après quelques instants, il se calma enfin.
Il essuya ses lèvres et se redressa en tremblant légèrement.
Sasuke se releva et tira la chasse d'eau, pendant qu'Ichigo se brossait les dents.
-Keshqueuta ? demanda Ichigo, la bouche pleine de dentifrice.
-Rien.
-Alors, pourquoi tchu me regardjes avec ches jyeux de chien battchu ?
-J'ai pas des yeux de chien battu ! rétorqua Sasuke en croisant les bras.
-Ah non, ch'est quoi cha, alors ? dit Ichigo en prenant Sasuke par le menton pour le tourner vers le miroir.
-Je m'inquiète, c'est tout.
-Pourquoi ?
-Parce que tu viens de gerber tout ton souper, peut-être ? T'as des questions stupides, Ichigo Sanada.
Ichigo lui fit un grand sourire au dentifrice et ébouriffa ses cheveux, puis il se rinça la bouche.
-Allez, retourne dormir, dit-il en chassant Sasuke, lui assénant un coup d'essuie-main sur les fesses.
L'adolescent grogna en sortant.
-Oui, oui, j'y vais.
Ichigo l'attrapa soudain par le bras. Sasuke se retourna en râlant et se tut en voyant un peu de dentifrice au coin des lèvres du jeune homme.
Il fut tenté de l'en débarrasser.
Avec la langue.
Il se reprit et écouta ce qu'Ichigo voulait lui dire.
-T'inquiète pas, ça m'arrive parfois. J'ai l'estomac un peu… capricieux.
-Ouais.
Sasuke ne le croyait pas. Après tout, c'était la première fois qu'il faisait allusion à cet « estomac capricieux » en plusieurs mois. Il fixa encore un instant la tache de dentifrice et conclut qu'il n'oserait jamais l'embrasser, alors il retourna se coucher.
Itachi resta seul dans la salle de bains, à dévisager son reflet dans la glace et à se hurler mentalement que ce n'était pas le moment de fléchir, qu'il faisait tout ça pour Sasuke et que donc il n'avait pas à avoir de remords.
Puis il regarda l'heure.
Six heures du matin.
Sasuke dormait, Itachi l'entendait à sa respiration longue et profonde. Doucement, sans bruit et sans heurt, Itachi commença à s'habiller et à refaire ses bagages. Il empaqueta tous ses bouquins et ses yaoi. Entre les pages de l'un d'entre eux, quelqu'un avait glissé un papier. Itachi l'ôta et le lut. C'était l'écriture fine et pointue de Sasuke.
« T'as pas honte ? Sale pervers ! »
Itachi jeta un œil à son manga. Le papier avait été glissé à l'endroit d'un lemon particulièrement détaillé.
Itachi rit silencieusement en rangeant le yaoi dans sa caisse.
Il prit sa valise et y rangea tous ses vêtements éparpillés dans l'appartement. Dans la salle de bains, il rassembla tous ses shampoings, toutes ses crèmes, ses flacons de vernis et les remit dans sa trousse de toilette. Quand il eut tout préparé, il posa ses affaires dans l'entrée.
Sept heures.
Plus qu'une heure à tirer.
Il alluma la télé et coupa le son.
Il resta silencieux devant un dessin animé pour décérébrés de moins de deux ans, regardant sans les voir les espèces de lutins vaguement effrayants chantant et dansant sous un stupide soleil au visage de bébé. Son esprit était loin ailleurs, quelque part entre Sapporo, la prison pour mineurs et le lit où Sasuke dormait paisiblement.
Huit heures.
Le gsm d'Itachi vibra.
-Moshi moshi ? chuchota-t-il.
-Je suis en bas. Je monte prendre tes affaires ?
-Oui, merci Yahiko.
-Mais de rien. Je suis ton chevalier servant, belle princesse.
-Ta gueule, Robin des Bois, répondit Itachi en riant doucement.
Il raccrocha et entra dans la chambre à pas de loup.
-Sasuke…
Il tendit la main comme pour la poser sur son épaule puis se retint. En se mordant les lèvres de dépit, il enfonça ses mains dans ses poches.
-Sasuke, je m'en vais.
-Hein ? marmonna Sasuke en sortant sa tête ébouriffée de sous les draps.
-Je pars.
-Où ?
-Ailleurs.
Sasuke se redressa, perplexe.
-Qu'est-ce que tu me racontes ?
-Je suis un peu comme… euh…
Il sourit et rit doucement, avec une sorte de joie bizarrement déplacée compte tenu de la situation. Il détruisait une fois de plus le bonheur qu'il s'était construit si minutieusement, et ça le faisait rire, il n'y pouvait rien.
-Mary Poppins. Ou Nanny McPhee, rit-il encore, une sorte de fêlure dans la voix. Quand on a besoin de moi, je suis là.
Il redevint lugubrement sérieux.
-Quand on n'a plus besoin de moi, je pars.
-Mais j'ai besoin de toi ! s'écria Sasuke.
-Non, Sasuke. Je t'ai ouvert un compte en banque, avec suffisamment d'argent pour vivre décemment encore un an ou deux. Tu as un travail. Des gens sont là pour veiller sur toi. Je sais, et tu le sais aussi, que tu es devenu quelqu'un de bien, que tu es indépendant, et que tu ne feras plus de conneries.
Sasuke restait silencieux, le visage fermé.
-Je dois partir, conclut Ichigo, sa voix mourant sur ses lèvres.
-Maintenant ?
-Oui.
-Mais pourquoi ?
-Raisons personnelles, éluda-t-il.
-Tu peux pas partir comme ça !
-Sasuke…
-J'ai plus envie… d'être seul ! Ça… ça va être vide sans toi !
Sasuke serra ses doigts autour des draps. Il ne pouvait pas bouger. Il ne pouvait plus parler. Il ne pouvait rien dire de plus que cela. C'était trop dur, trop d'un coup…
Il ne pouvait pas partir !
-Sasuke, commença Ichigo, blessé d'avance par le mensonge qu'il allait devoir dire.
Mais il devait le dire. Il devait blesser Sasuke, il devait détruire ce qu'il y avait entre eux. Détruire ce lien et puis disparaître.
-Je ne suis rien pour toi. J'ai tenu à t'aider, parce que je veux soutenir les jeunes en difficulté. Mais c'est tout. C'est toi comme ça aurait pu être Naruto, ou un autre gamin de l'orphelinat. On n'est rien l'un pour l'autre. Je ne t'appartiens pas.
« Si, je t'appartiens ! » songea Itachi, révolté par ses propres mensonges.
Sasuke serra les dents.
S'il osait… s'il osait lui dire… alors peut-être qu'il resterait… qu'il arrêterait de le voir comme un gamin, mais comme un homme…
Mais Sasuke restait Sasuke, et il ne dit rien, le cœur tordu de regrets.
Yahiko frappa à la porte d'entrée et Ichigo sortit de la chambre pour lui ouvrir.
-I-Ichigo… bégaya Sasuke en bondissant hors du lit. Pars pas !
-Sasuke, murmura Ichigo, fatigué, en ouvrant.
-Yo Ichigo ! dit Yahiko en entrant et en attrapant la valise et la caisse de livres. Yo Sasuke !
Sasuke l'ignora royalement en fixant un point entre les omoplates d'Ichigo.
-Je pourrai t'appeler ? demanda-t-il d'une petite voix.
Ichigo inspira longuement.
-Non. Je vais changer de numéro.
-Pourquoi ? hurla l'adolescent, la voix emplie de haine et de tristesse.
-Je te l'ai dit, répondit froidement Ichigo. On n'est rien l'un pour l'autre.
-Tu peux pas dire ça ! T'es pas rien pour moi ! Tu m'as… tu m'as…
Tu m'as ouvert les yeux, tu m'as donné ta lumière, tu m'as nourri de tout ce qu'on ne m'a jamais donné, tu m'as sauvé, tu m'as fait t'aimer…
Mais il ne disait toujours rien.
-Sasuke, arrête avec ça, reprit Ichigo, la voix coupante et cinglante, la même voix qu'il avait si souvent entendue de la bouche de son géniteur, de sa famille en général. Tu savais que j'allais partir un jour ou l'autre.
-Et toutes les fois où tu m'as dit que tu m'adorais, que tu aurais voulu que je sois ton frère, que tu t'inquiétais pour moi… c'étaient des mensonges ?
Yahiko disparut discrètement, les bagages d'Itachi sous les bras.
-Sasuke, ce n'étaient pas des mensonges. Tu es vraiment un garçon de bien. Mais je dois vraiment partir. Ce n'est pas une bonne chose que nous restions en contact, toi et moi. Je suis… je… Jane et Michaël n'ont jamais revu Mary Poppins. C'est tout, c'est comme ça.
-Mais tu m'emmerdes avec tes Disney ! C'est la vraie vie, ici !
La bouche d'Ichigo forma une ligne bien nette et horizontale, les lèvres serrées dans une sorte de moue froide et cruelle.
-Tu crois que je le sais pas ? dit-il d'une voix glaciale.
Ç'aurait été simple, tellement simple pour Sasuke d'attraper le bras d'Ichigo, de le tirer vers lui et de dire quelque chose comme « on ne peut pas être rien l'un pour l'autre parce que je t'aime et que je voudrais que ce soit réciproque »…
C'était si simple.
Ichigo soupira et sortit sans se retourner.
Il ferma la porte, et y resta appuyé.
Sasuke se précipita sur la porte, et y colla son oreille, pour guetter les pas d'Ichigo.
Il posa les mains sur le bois, de chaque côté de sa tête, caressant la porte à défaut de pouvoir toucher celui qu'il aimait.
Ichigo posa son front sur le battant et murmura :
-Je comprends que ça fasse mal, parce que ça fait toujours mal. Mais un jour tu comprendras, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Tu peux me détester si ça t'aide. Tu peux me haïr, mais n'oublie jamais ce que je vais te dire. Des gens s'en vont et c'est inévitable, mais d'autres restent, et c'est à eux que tu dois penser en te levant. Tu dois prendre soin de ces gens, de tes amis, tous tes amis. Je sais que tu en as, que tu comptes pour eux, et ils doivent compter pour toi. Tu peux avoir mal, tu peux souffrir, tu peux même pleurer parce que des gens te manquent. Mais ça passe, tu verras. Tout passe toujours. Mais tu ne dois pas oublier ceux qui restent. C'est la faute que tu as commise il y a dix ans.
-Ichigo…
-Ne répète pas tes erreurs. Déteste-moi, hais-moi, mais n'oublie pas tout ce que je t'ai appris. Oublie-moi. Et vis.
Lorsque Sasuke entendit Ichigo partir, il courut à la fenêtre et se pencha à l'extérieur pour regarder s'éloigner le taxi où montaient Yahiko et Ichigo.
OoOoO
Itachi sortit de l'immeuble.
Yahiko était appuyé contre le taxi et adressait à son ami un sourire encourageant.
-Ça va aller, Itachi, dit-il en ouvrant une portière pour le faire entrer.
-Oui, oui, murmura l'autre en s'installant.
Itachi leva la tête vers l'appartement de Sasuke et il le vit, penché par la fenêtre.
Il entendit sa voix fendre l'air, comme dix ans auparavant.
-ICHIGOOO !
Le même appel.
Le même cri de haine.
Itachi baissa les yeux.
Il enleva ses lunettes et sécha ses larmes tandis que le taxi prenait de la vitesse.
Yahiko le prit contre lui pour le réconforter.
-Tu as fait tout ce que tu as pu. Tu n'aurais pas pu faire mieux.
-… je n'ai jamais pu faire mieux… murmura Itachi. Jamais mieux que de tout détruire.
Un ange passa.
-Tu… commença Yahiko, la voix rauque. Tu verras, on sera bien à Sapporo.
-Je voulais pas qu'il pleure. Et il ne pleure qu'à cause de moi.
C'est pas joyeux, hein? xD
La Partie I est officiellement finie u_u La Partie II (Sasuke sans Ichigo) paraîtra... un jour, peut-être^^"... Je vais m'atteler sérieusement à l'écriture, mais je préfère ne pas poster tant que ce n'est pas finalisé... je vais faire un effort pour aller le plus vite possible, mais il devrait y avoir une pause de... au moins un mois? Désolée, mais je me dis que vous préférez attendre un moment plutôt que d'avoir un truc complètement pourri, non? Je suis désolée, vraiment, mais en période scolaire j'ai plus d'inspiration qu'en vacances, donc je devrais pas prendre trop de temps... le plus hard c'est pour taper, parce que j'ai moins accès à l'ordi... enfin bon, je m'excuse d'avance et je vous supplie d'être patient(e)s T^T
Pliiize des reviews! Même négatives! Même courtes, ou non-constructives, ou n'importe quoi, même pour me dire bonjour! (non, je ne suis pas désespérée! J'ai juste découvert en vérifiant mes statistiques que, durant le mois d'août, 82 personnes ont lu, ou commencé, ou sont tombés par hasard sur le chapitre précédent. 82! Et j'ai reçu 5 reviews. Et c'est pas ça, je suis très contente de mes reviews! Mais c'est juste que... 5 sur 82 ? Je veux pas faire ma mendiante, ou quoi que ce soit, mais les auteur(e)s, ils/elles ont que ça, les reviews, pour savoir quelle est la qualité de leurs écrits, pour savoir qu'on les lit... c'est le lien entre le lecteur et l'auteur, et c'est parfois décourageant quand on écrit de se rendre compte qu'on est reviewé par 5 personnes sur 82... pensez-y, pliiize, et cliquez sur le petit "Review this chapter"! Merci d'avance, je vous aime, je vous adore, et je pense tout le temps à vous, mes heures de temps libre vous sont consacrées, donc pliiiize...)
