Je suis...

Comment dire...

DÉSOLÉÉÉÉÉEEEEE!

J'ai tant de retard, je ne mérite même pas d'avoir d'aussi gentil(le)s lecteurs(trices) que vouuuus TT-TT

Mais maintenant je m'y suis remise! J'ai fini ce chapitre, j'ai commencé le suivant, et puis normalement, une fois que j'aurai réécrit le chapitre 2, le 3 s'enchaînera sans problème... (normalement, sait-on jamais TT)

Merci à tout le monde, ceux qui lisent et reviewent, ceux qui favent (si si, tu verbe faver, mettre dans les fav' ^^) sans reviewer, ceux qui mettent en alerte après avoir lu, ceux qui lisent sans reviewer, ceux qui vérifient régulièrement que je suis vivante, ceux qui lisent d'autres trucs de moi, ceux qui m'attendent, ceux qui se disent "fan", ceux qui me complimentent tellement que ça me fout le trac... merci à tout le monde!

(J'aime bien mettre une fois de temps en temps les noms de tous mes revieweurs/faveurs pour "personnaliser" mes remerciements, mais j'ai pas le temps là tout de suite (poster à 11h et demie du soir, c'est pas la joie -_-") je le ferai au chapitre suivant^^)

Voilà donc la partie II, la plus déprimante à mon avis, dédicacée à mes revieweurs(euses) réguliers(ères)! Ils/elles se reconnaîtront ^^

Note J'ai intégré un couple yuri (rien de grave^^ juste inhabituel, mais ça s'est imposé sans raison à mon esprit... s'il y a des réclamations, c'est pas à moi qu'il faut les faire^^") et du... hum... comment dire... ça va pas plaire aux fans d'ItaSasu (merde, je suis bête, y a que des fans d'ItaSasu dans le coin TT)... du... SasuNeji? Ne me haïssez pas! Je vous jure que c'est temporaire! Et y a du KakaIru, bien bien pervers, parce que depuis qu'Ichigo/Itachi est parti, ça commence à se dé-pervertir^^"

Enjoy reading!

Partie II : Sasuke sans Ichigo

Chapitre 1

Chat noir, thé vert et cigarettes

Iruka Umino était quelqu'un de relativement calme. Et il le fallait bien, pour être éducateur dans un orphelinat peuplé d'enfants tous plus turbulents les uns que les autres. Mais il savait aussi crier pour imposer son autorité, cela allait de soi. Il était le meilleur. Sans se vanter. Sa profession était taillée sur mesure pour lui. C'est ce qu'il aimait se répéter le matin, quand il s'installait à son bureau.

Mais certains jours, il était inquiet. Inquiet à l'idée d'avoir loupé son objectif. De ne pas avoir su aider les enfants qui lui avaient été confiés. Ne pas avoir su les guider.

Dans ces cas-là, Kakashi était toujours là pour le réconforter – même si sa méthode de réconfort consistait presque toujours à l'attirer sous les draps.

Mais son amant ne pouvait pas tout régler.

En particulier en ce qui concernait Sasuke Uchiwa.

Iruka alluma le percolateur et s'appuya contre le comptoir de la cuisine, se rongeant les ongles.

Selon les dires de Kakashi, Sasuke n'était plus revenu en cours depuis trois semaines.

En gros, depuis qu'Itachi était venu voir Iruka à l'orphelinat. Depuis qu'il avait disparu de Konoha.

Iruka ne comprenait pas le lien qui s'était tissé entre eux.

Il fut tiré de sa réflexion pour la sensation de deux larges mains sur son ventre.

-Ruka-chan ? murmura Kakashi en l'enlaçant.

-Hmmm…

-Tu fais du café.

Ce n'était pas une question.

-C'est moi qui fais le café, d'habitude, chuchota le professeur en embrassant son cou brun. Pendant que toi, tu traînes au lit.

-Je suis…

-Inquiet, je sais, soupira Kakashi.

-Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il s'est passé entre Sasuke et Itachi. Ou Ichigo, je ne sais même plus ! Est-ce que Sasuke était au courant que c'était son frère ? Itachi m'a demandé de veiller sur lui, et il ne vient plus en cours. J'ai jamais su quoi faire avec ce petit, moi…

Kakashi défit les boutons du haut de pyjama d'Iruka, en embrassant sa gorge et ses mâchoires tendres. Il glissa ses mains le long des flancs bronzés, avant de les poser sur les reins dorés, extasié par la beauté de son amour. D'une voix très sérieuse, tout en baissant doucement le pantalon d'Iruka, et en caressant lentement sa virilité, il dit :

-Si c'était Naruto, tu ferais quoi ?

Iruka bascula la tête en arrière avec un petit gémissement, appréciant les attentions de son pervers d'amant.

-Je défoncerais la porte de sa chambre, je l'engueulerais jusqu'à ce qu'il pleure toutes les larmes de son corps, puis je me calmerais et je lui demanderais de s'ex… pliquer… aaaahh…

Iruka crispa ses doigts sur les épaules blanches et nues de Kakashi, le souffle court.

-Et pourquoi tu ne ferais pas ça avec Sasuke ? demanda le professeur en léchant ses doigts maculés de blanc, avec un sourire obscène.

Iruka rougit violemment, mais il ne pouvait détourner ses yeux du spectacle.

-Parce que Sasuke n'est pas Naruto, dit-il, la voix fléchissant à peine.

-Tu dois aller le voir.

Iruka soupira mais acquiesça.

-J'y vais maintenant, dit-il, déterminé, en se libérant des bras de Kakashi, qui devenait de plus en plus entreprenant.

Il sortit de la cuisine pour aller s'habiller. La porte d'entrée claqua et Kakashi se retrouva seul dans l'appartement, son boxer déformé de désir, avec pour seule compagnie une tasse de café fumant.

-Merde, conclut-il, frustré.

OoOoO

Iruka frappa trois coups à la porte d'entrée de l'appartement de Sasuke. Il ne reçut aucune réponse. Inquiet, il tourna la poignée et s'étonna de voir le battant pivoter doucement sur ses charnières.

Sans réfléchir, il entra. Il retira ses chaussures et s'engagea à pas de loup dans le couloir. Des vêtements jonchaient le sol. Il arriva à la chambre de Sasuke, et fut surpris de voir un chat noir en faction devant la porte.

Le félin le suivit du regard tandis qu'il entrait dans la chambre. Iruka faillit s'étouffer.

Un homme, la vingtaine, était assis sur le lit défait, nu.

L'homme se tourna vers lui en l'entendant.

-Oh… Je… vous êtes là pour Sasuke ? Il est dans la salle de bains.

Il attrapa un sous-vêtement et l'enfila, puis se leva en boitant légèrement. Iruka observait l'homme avec presque du dégoût.

-Qu'est-ce que vous avez fait à Sasuke ? gronda-t-il, imaginant toutes sortes de scènes de viol.

Pour lui, Sasuke était toujours un enfant. Un petit enfant meurtri et silencieux.

-Ah ! Non… c'est lui qui… il m'a invité chez lui…

Iruka dévisagea l'homme, ses cheveux noirs qui frôlaient ses épaules, ses yeux bleu nuit, ses lèvres fines. Il était petit et mince. Inoffensif.

La porte s'ouvrit à nouveau, et Sasuke entra, une serviette noire nouée à la taille, suivi du chat.

-T'es encore là, toi ? Dégage, dit-il en s'adressant à l'homme.

Iruka sembla s'offusquer.

-Sasuke !

Mais l'homme était en train de s'habiller et s'apprêtait à sortir. En passant devant Sasuke, il chuchota quelque chose. L'adolescent jeta un œil du côté de la table de nuit. Iruka suivit son regard et vit un petit papier où était griffonné un numéro de téléphone.

L'homme était parti, il ne restait qu'Iruka et Sasuke dans la chambre. Et le chat.

Sasuke se dirigea vers sa garde-robe, sans adresser un regard à l'éducateur. Il laissa glisser sa serviette noire au sol et, complètement nu, se mit à piocher des vêtements dans le grand meuble.

-Sasuke… commença Iruka, hésitant.

-Iruka-sensei, répondit Sasuke, impassible.

-Qui est cet homme ?

-Je ne sais plus.

Un ange passa.

-Qu'est-ce que tu fous, Sasuke ? s'exclama Iruka, abandonnant toute courtoisie.

-Je m'habille, répondit l'adolescent.

-Non. Qu'est-ce que tu fous de ta vie ? Qu'est-ce que tu deviens ? Tu vois où tu dérives ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ?

Iruka s'interrompit, reprit son souffle.

Sasuke, presque entièrement habillé à présent, lui fit face, daignant enfin lui adresser un regard.

-Il ne m'est rien arrivé. Je suis comme avant. Je bosse le soir dans un café, je vis seul dans mon appartement, j'évite les gens. Rien n'a changé. Je suis seul.

-Mais tu n'es pas seul, commença Iruka à mi-voix. On est là. Y a plein de gens qui sont là pour toi, pourquoi tu ne les vois pas ?

-C'est ce qu'il m'a dit. De regarder ceux qui restent. Mais ceux qui restent, c'est des abrutis qui ne me comprennent pas.

Sasuke enfila un T-shirt noir et sortit de la chambre. Iruka le suivit dans le couloir, jusqu'à la cuisine. Il le regarda ouvrir un placard et fouiller parmi les boîtes à thé.

-Il te comprenait, lui ? demanda-t-il.

-…

-J'imagine que ça veut dire oui.

-Non !

L'éducateur sursauta. Sasuke avait crié, sans le regarder. Il avait crié sur lui, ou sur le chat qui avait bondi sur la table, ou sur la vaisselle sale. Sur quelque chose qui était là dans cette cuisine, parce que la seule personne sur qui il voulait crier n'était plus là.

Sasuke referma le placard avec un claquement sec, un sachet de thé vert serré dans son poing.

-Non, il ne me comprenait pas. S'il avait, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, compris ce qu'il y avait dans ma tête, il ne serait jamais parti. Alors oui, il reste tous les autres, oui je dois aller au lycée pour penser à mon avenir. Mais les autres n'ont jamais été là dans la ruelle, et mon avenir, ça m'avance à quoi d'y penser ? Puisque j'ai perdu la seule personne qui me faisait croire que j'en valais la peine ! Que je valais la peine d'avoir un avenir !

Iruka ne chercha pas à savoir ce qu'était cette histoire de ruelle – peut-être un règlement de compte qui avait mal tourné.

-On a toujours cru en toi, Sasuke. Je me rappelle, déjà enfant, tu étais tellement intelligent, tellement prometteur. On croyait tous en toi. On a toujours été là. C'est toi qui n'étais pas là, c'est toi qui refuses notre aide. Tu as toujours voulu régler tes problèmes tout seul, tu nous as toujours écartés, et maintenant tu te plains. Tout ça parce qu'Ichigo Sanada a été le seul à s'installer de force dans ta vie, à t'obliger à accepter ton aide. Parce qu'il a été le seul à avoir l'indécence de ne pas tenir compte de tes paroles, parce qu'il se sentait tellement tout-puissant que ça ne lui a jamais effleuré l'esprit que tu ne voulais pas de lui.

-Vous ne le connaissez pas ! Vous ne savez pas…

Iruka était rouge de colère.

-Tu fais le misérable, le solitaire incompris, mais tu n'as jamais rien fait pour aller mieux !

-J'ai essayé ! J'ai cherché mon frère pendant des années pour le flinguer et…

-Et ça t'aurait aidé ? l'interrompit Iruka.

-Vous parlez comme lui, cracha Sasuke.

-Tout le monde parle comme lui ! Tout le monde te veut du bien ! La seule différence entre lui et nous, c'est que lui est parti.

-Fermez-la ! hurla Sasuke.

Le silence retomba sur la petite pièce, et Sasuke fit infuser son sachet de thé vert.

-Si… commença l'adolescent à mi-voix. Si une nuit, Hatake-san faisait ses bagages, s'il vidait votre appartement, et vous réveillait pour vous dire qu'il part… S'il faisait ça, s'il détruisait tout ce que vous avez bâti jour après jour… S'il fermait la porte sans vous adresser un regard… est-ce que vous auriez envie de voir tous ces gens qui ne sont rien comparé à lui ?

-Kakashi ne ferait jamais…

-Ichigo non plus ! répliqua Sasuke en réfrénant ses larmes. Il… m'a ramassé, quand j'étais à terre. Il m'a relevé. Il m'a frappé, une fois, puis il m'a soigné. Il est le genre d'homme… qui ne fuit pas… du moins je le pensais…

Iruka baissa les yeux, ne voyant pas quoi lui dire. Mais qu'est-ce qu'il y avait à dire ?

-Tu l'aimais ?

-Peut-être, grommela Sasuke, soudain honteux de se dévoiler à ce point.

-Plus que le type que tu as viré ce matin, en tout cas.

-…

-Beaucoup d'hommes ont… ?

-Sensei, ça ne vous regarde pas.

-Pourquoi tu fais ça ? Tu… ça te plaît ? De coucher avec des inconnus, pour ne plus penser à Ich…

-J'ai dit que ça ne vous regardait pas ! l'interrompit-il.

-…

-Quand on fait un trou dans un mur, on le rebouche avec du plâtre. J'ai des trous dans ma vie. Aucun plâtre au monde ne peut les reboucher. Je fais comme je peux, et pour l'instant, tout ce que je peux, c'est baiser des inconnus et ne jamais les rappeler. Ça ne vous regarde pas.

-Sanada-san m'a demandé de veiller sur toi et…

Sasuke frappa la table du poing, ce qui eut pour effet de faire sursauter le chat.

-Il n'est plus là, d'accord ? S'il voulait veiller sur moi, il n'avait qu'à rester. J'ai besoin de personne. Les crétins du lycée, ils ne m'intéressent pas.

-Mais ils sont tes amis ! rétorqua Iruka. Naruto, Kiba, Gaara, Neji… tu ne ressens rien en pensant à eux ?

-… j'ai toujours eu envie de baiser Hyuuga.

Iruka le fusilla du regard, profondément choqué. Il sortit sans un mot en claquant la porte.

Sasuke caressa doucement la tête noire d'encre de son chat, en silence.

Il sortit une cigarette et un briquet de sa poche.

C'est étrange comme le silence peut être déchiré par de tout petits bruits. Comme chaque minuscule son peut sembler être un fracas assourdissant.

La roulette du briquet tourna avec un grincement déchirant, la flamme apparut dans un soufflement de pétrole et dévora le bout de la cigarette dans un crépitement infernal.

Ces bruits irritèrent Sasuke. Parce que, habituellement, ils n'auraient eu aucun silence à déchirer. Ils auraient été couverts par la télévision allumée, par la vaisselle entrechoquée, par les grands rires d'Ichigo.

Sasuke s'assit, la cigarette au bord des lèvres, et ôta le sachet de thé de sa tasse. Le liquide brûlant formait de larges volutes vaporeuses. Le chat descendit de la table pour s'asseoir sur les genoux de l'adolescent.

Sasuke glissa ses doigts dans la fourrure lustrée, au noir parfait. Il tapota sa cigarette sur le bord d'un cendrier, pour en faire tomber un cylindre de cendres.

Il tendit la main vers son téléphone portable.

Aucun message.

Personne ne s'inquiétait pour lui.

Sauf Iruka, évidemment. Mais il l'avait fait fuir. Volontairement, bien sûr. Il en avait assez de le voir. Mais il regrettait peut-être un peu de l'avoir choqué à ce point.

Peut-être…

Ou pas.

-Bon, chuchota-t-il.

Il eut un moment d'hésitation. Voilà qu'il parlait tout seul, lui qui ne parlait jamais à personne.

-Je retourne au lycée ? murmura-t-il en grattant la gorge soyeuse du chat.

Ce dernier toussa un peu, irrité par la fumée de nicotine. Sasuke écrasa sa cigarette.

-J'y retourne ? demanda-t-il à nouveau en frottant le petit carré de fourrure rase au-dessus des narines roses de son chat.

Le félin plissa ses yeux verts, tendant le museau pour accentuer la caresse. Il finit par poser son menton sur l'épaule de Sasuke, ses petites pattes douces appuyées sur sa poitrine.

Il ronronna doucement, comme pour donner son approbation à son maître.

Sasuke acquiesça.

-D'accord, j'y retourne, murmura-t-il finalement en enlaçant le grand chat.

-Mraaaaaw ! fit-il en se dégageant de ses bras et en bondissant sur le sol.

Il trottina vers le comptoir de la cuisine, sa queue balançant de gauche à droite.

Il s'assit au pied du meuble, tendit le menton pour désigner le calendrier posé sur le comptoir, puis fixa Sasuke de ses yeux vert fougère. Il était assis fièrement, le dos droit et la queue collée à ses pattes, comme une de ces représentations égyptiennes, d'ébène et d'or.

Sasuke regarda le calendrier.

-Lundi…

Lundi. Un jour parfait pour reprendre sa vie comme si Ichigo ne l'avait pas quitté. Le chat semblait l'avoir compris. Sasuke regarda l'heure. Il lui restait quinze minutes avant de partir. Il avala son thé, attrapa son sac à dos et se prépara à sortir. Il offrit une brève caresse au chat noir, qui s'était assis à côté de ses chaussures.

Il enfila ses baskets, puis s'assit par terre, le corps penché en avant pour que son regard soit au même niveau que celui du chat.

Si quelqu'un l'avait vu dans cette position, il en aurait été mort de honte. Mais il y avait quelque chose dans ce regard métallique, quelque chose qui l'apaisait.

Sasuke se demanda vaguement s'il resterait longtemps au lycée, s'il n'allait pas en avoir marre. Il se demanda comment il se comporterait, puis, agacé, il défit les lacets de ses chaussures. Le chat miaula d'un ton qui pouvait paraître sévère. Choqué, Sasuke dévisagea son chat. Puis il remit ses chaussures et sortit.

OoOoO

-Et à ce moment-là, il le chope par les épaules, le jette sur le lit et…

-Kyaaah ! s'écria Sakura en sautillant comme une hystérique et en serrant les mains de Karin, qui lui racontait le dernier yaoi qu'elle avait lu.

-Oh, j'en ai lu un encore meilleur hier, dit Ino en frappant dans les mains. C'était un shota, et…

-Vous pourriez parler d'autre chose quand on est là ? râla Shikamaru, assis par terre, dos à la grille d'entrée du lycée.

-Nan, c'est cool, relativisa Naruto, installé à côté de lui.

-Oui, c'est intéressant, dit Saï, qui avait l'air d'être sur le point de prendre des notes.

-Bon, okay, on parle d'autre chose, admit Sakura.

-Quelqu'un a des ragots intéressants ? demanda Kiba en ôtant un écouteur de son oreille, sans pour autant éteindre son iPod.

-Il paraît que Kurenaï-sensei va quitter Asuma-sensei, dit Karin en remontant ses lunettes sur son nez.

-Rien à voir, rétorqua Shikamaru.

Mais il n'ajouta rien. Visiblement, c'était « trop galère » d'expliquer ce qu'il entendait par là. Les autres ne dirent rien, parce que de toute façon, Shikamaru connaissait mieux qu'eux leur professeur.

-Oh ! vous savez ce que je viens de voir il y a un quart d'heure ? s'écria Ino avec un tel emportement qu'elle fit même sursauter Neji et Gaara.

-Non…

-J'allais à la salle des profs, parce que vu que j'étais absente vendredi, je devais repasser l'interro de chimie, mais seulement mon prof était pas là. Il est jamais là, d'ailleurs, ça commence à m'énerver. En plus, quand il est de mauvais poil, il se défoule sur ses élèves. Un vrai chien ! Je…

-Abrège, la supplia Kiba.

-Ouais, approuva Chaoji en mâchant mollement ses chips.

-Bon. Donc, je m'apprête à sortir, puis tout à coup je décide d'aller aux toilettes, parce que mon maquillage commençait à partir. Là, j'ouvre la porte, mais j'avais pas bien regardé, c'était les toilettes des profs. Vous savez comment j'ai la tête dans le cul le matin, j'étais vraiment à côté de mes pompes, genre j'étais sur une autre galaxie, c'est affligeant.

-Accouche ! ordonna Naruto, qui adorait entendre des ragots croustillants sur ses profs.

-C'était Hatake-sensei qui tenait un type contre le mur. Il avait ses mains dans son pantalon, c'était carrément du viol !

-Arg ! Yaoiste, sors de ce corps ! s'écria Chaoji, choqué, ses doigts orange de paprika formant une croix boudinée et épicée.

-Un type comment ? demanda Naruto, déjà convaincu que Kakashi trompait Iruka.

-Bronzé, cheveux noirs, yeux bruns. Une cicatrice bizarre sur le nez. Les cheveux en queue de cheval.

-Ah, Iruka-sensei, dit simplement Saï.

-Qu'est-ce qu'il fout ici ? D'habitude, ils se voient à l'extérieur... murmura pensivement Naruto.

-Je sais pas, fit Neji. Mais ça me fait penser que je l'ai croisé, tantôt, en venant au lycée. Il sortait de chez… Sasuke.

Le nom de Sasuke amena un long silence. Cela faisait trois semaines qu'ils ne l'avaient plus vu. Personne n'avait osé aller le voir, ni même l'appeler. Pas même Naruto, qui pourtant ne se gênait pas pour jouer les incrustes chez tout le monde.

Le blond semblait avoir gagné en maturité, à force d'avoir trop fréquenté Sasuke. Il savait que ses méthodes de gamin ne servaient à rien, il l'avait compris depuis… depuis des années, depuis les primaires, peut-être. Il avait compris qu'il ne changerait pas Sasuke, que les changements ne pouvaient venir que de ce dernier. Alors il restait à l'écart, l'aidait avec joie quand il le lui demandait, et s'effaçait avec respect quand il n'avait plus besoin d'aide. Il l'avait compris et intégré, et l'avait fait comprendre aux autres. Il était loin le petit môme blond, les genoux perpétuellement en sang et la figure écorchée, qui se bagarrait avec tout le monde et faisait les quatre cents coups pour attirer l'attention de ses « amis ». Loin le gamin qui s'engueulait avec Sasuke pour lui exprimer son amitié. Loin l'enfant au sourire d'ange un peu débile. Il avait grandi, comme le Sasuke de son enfance. Ils n'étaient plus les mêmes. C'était pour ça qu'il ne voyait pas quoi dire ni quoi faire, lui qui pourtant avait réussi à aider tellement de gens, Neji, Gaara, Sakura, Saï…

Sakura posa une main sur son épaule, consolante.

Elle comprenait tous les sentiments qui s'agitaient en lui. Ils les comprenaient tous. Parce qu'ils les ressentaient tous, ils savaient qu'il n'avaient aucune emprise sur Sasuke, ils savaient qu'ils devaient se contenter de l'attendre, lui faire savoir qu'ils étaient là.

La cloche sonna et les élèves retrouvèrent leurs rangs.

En attendant devant le local de japonais – leur professeur, Jiraya-san, avait toujours un quart d'heure de retard – le petit groupe se remit à discuter de tout et de rien.

-On se fait un ciné demain ? proposa Naruto avec entrain.

-Il paraît que le Jeu du chat et de la souris est sorti en film cette semaine ! se réjouit Ino.

-Sans moi, déclina Kiba.

-Plutôt mourir, grommela Chaoji.

-Galère, soupira Shikamaru.

Lee demanda si cela avait un rapport avec la « fougue de la jeunesse » chère à son tuteur et Karin fut prise d'un fou rire irrépressible.

-Si, ça a un gros rapport, sourit Ino en insistant sur le « gros », ce qui aggrava les éclats de rire de Karin.

-C'est quel tome ? Le un ? se renseigna Sakura.

-Un et deux, répondit Ino. J'ai fait des recherches approfondies.

A ce mot, Karin faillit s'étouffer de rire, bientôt rejointe par le rire léger d'Hinata.

-Faudra un jour qu'on comprenne pourquoi Karin réagit aussi violemment à la perversité, fit remarquer Temari.

-Elle est folle, c'est tout, conclut Neji.

-Faut dire que vous aimez la provoquer, leur reprocha Temari, un sourire amusé sur les lèvres.

-Faut dire qu'elle aime ça, ricana Kiba.

Karin dut s'appuyer sur Hinata, qui elle-même n'en menait pas large, les deux mains sur la bouche pour étouffer ses rires.

-C'est galère d'avoir des amis pervers, grommela Shikamaru en faisant mine de s'écarter.

-La perversité, c'est ce qui a de mieux dans la vie, rétorqua Saï d'un air toujours aussi calme.

-La perversité, et le yaoi ! surenchérit Sakura.

-Pléonasme, indiqua Karin entre deux hoquets de rire.

-Et l'amour pur, dans tout ça ? demanda Lee.

-Je vois pas de quoi tu parles, le fit taire Ino. Ce qui compte, c'est l'exaltation des corps.

Karin pleurait littéralement de rire, appuyée douloureusement sur sa Hyuuga de petite amie – elles étaient en couple depuis maintenant deux semaines.

Ino et Lee se lancèrent dans un débat sur la place du sexe dans une relation de couple, sous les regards atterrés de Gaara et Shikamaru. Naruto, quant à lui, récitait tout son vocabulaire pervers, dans le but d'achever la jeune rousse.

Après un moment, il fut interrompu par un coup de coude de la part de Gaara. Il leva les yeux et vit…

-Sasuke ?

Le silence plana quelques instants dans le couloir, puis tout le groupe se mit à parler en même temps.

-T'étais où ?

-Ça va ?

-T'étais malade ?

-Il paraît qu'Ichigo est parti…

-Tu veux venir au ciné demain ?

-Il faut te changer les idées…

-Tu nous as manqué !

-On s'inquiétait…

-On savait pas quoi faire !

-Hatake-san était furieux !

-Sakura a pleuré pendant une semaine…

-T'as pas le droit de dégager comme ça sans rien dire !

Ce qui donnait à peu près « T'étais va malade paraît changer ciné Hatake-san pleuré parti demain idées inquiétait manqué faire furieux comme ça sans rien dire ! »

Suivi d'un « Galère ».

Sasuke ne répondit pas, affrontant Naruto du regard, Naruto qui n'avait prononcé que son prénom. Soudain, Sakura voulut se jeter au cou de Sasuke, comme elle le faisait avant, quand il leur adressait encore des nano-sourires, quand il se laissait approcher.

Mais avant qu'elle ait pu comprendre, une main blanche et froide l'avait repoussée.

-S-Sasuke ? bégaya la jeune fille, douchée.

Elle fixait cette main tendue, comme un mur infranchissable, comme un bouclier devant lui.

Le jeune Uchiwa continuait de dévisager Naruto sans un mot, puis son regard parcourut les autres personnes.

Hinata et ses joues roses comme celles d'un enfant, ses beaux cheveux noirs, ses grands yeux pâles.

Gaara et son regard glacial et méfiant, sa bouche pincée et son étrange tatouage.

Temari et ses lèvres, d'ordinaire rieuses, serrées en une moue indécise, ses cheveux ébouriffés, son air sévère.

Shikamaru et son allure avachie même en station debout, ses paupières tombantes et sa grimace lassée.

Lee et sa coiffure grotesque, ses vêtements grotesques, et son regard trop plein d'espoir.

Kiba et sa tête de chiot fou, bizarrement assombrie par une mine de chien de garde.

Saï et son fin sourire, ses yeux calmes et profonds, sa peau diaphane.

Karin et ses grands yeux brillants, son air ébahi, ses joues rouges de surprise.

Sakura et ses cheveux indécemment roses, les mains toujours tendues vers lui, le visage décomposé.

Chaoji et son air débonnaire, ses yeux plissés par une légère méfiance.

Ino et ses lèvres pulpeuses entrouvertes sur un « Sasuke » silencieux.

Neji et son regard froid et inquisiteur.

Ils étaient là.

Tous ces gens dont il ne voulait pas.

Son regard s'attarda vaguement sur les cheveux soyeux de Neji, sur le ventre dévoilé de Saï.

Sans un mot, il rejoignit le bout du rang, s'éloignant du petit groupe.

Quelques instants plus tard, Jiraya arriva et ouvrit la classe.

Naruto se mit à côté de Gaara, tout en regardant Sasuke s'asseoir seul au fond du local, contre le radiateur.

Le blond intercepta Neji et lui chuchota :

-Va près de teme. A toi, il parlera peut-être. Vous êtes clones…

Neji acquiesça.

-Il faut qu'il redevienne comme avant. Fais ce que bon te semble pour que ça arrive. Sois gentil, fais ce qu'il demande. On va tous le faire. C'est un gros bâtard, mais il… Ichigo est parti. Il a besoin de nous, maintenant.

Neji hocha la tête, comprenant que sous les airs indulgents de Naruto, il y avait cette colère immense, cette jalousie, cette envie de tabasser le « gros bâtard ». De lui faire payer sa façon de les ignorer. Pas d'être « gentil ».

Le brun prit la chaise à côté de Sasuke, s'attirant un regard noir.

Naruto se tourna vers Gaara.

-Tout va redevenir comme avant, dit-il avec un sourire confiant.

Le roux posa la main sur la cuisse de son petit ami, caressant la paume de sa main du bout de l'index.

-J'aimerais t'avoir comme ami, chuchota-t-il.

-Tu m'as comme amant, c'est encore mieux, répondit Naruto en rougissant sous le compliment.

Au fond de la classe, Neji avait entamé les manœuvres.

-J'ai croisé Iruka-sensei, ce matin, dit-il du bout des lèvres.

-Hm.

-Il est passé te voir ?

-Nh.

-Il s'inquiétait.

-Tch.

-Nous aussi.

Sasuke ricana.

-Tu sais, il y a moyen de se… consoler, marmonna Neji.

Il jeta un œil du côté de Naruto, se jurant mentalement de le tuer. Oh qu'il détestait parler de sentiments.

-Tu devrais… te changer les idées… suggéra-t-il, les joues roses.

Il haïssait parler de trucs personnels. Il haïssait aider les gens. Il haïssait s'occuper des petits problèmes des autres. Il haïssait tout ce que Naruto aimait faire, en somme.

Mais Naruto l'avait aidé, tout un temps, alors il lui devait bien ça.

-Faut pas rester tout seul, continua-t-il, en songeant à la proposition de cinéma qui avait été lancée un peu plus tôt.

Son regard glissa vers Sasuke, qui le dévorait littéralement des yeux.

-Quoi ? bafouilla Neji.

Sasuke détourna les yeux et se mit à prendre note de ce que le prof racontait. Neji l'imita, vaguement troublé par cette lueur qui avait animé le regard de Sasuke lorsque celui-ci l'avait observé.

Soudain, Neji sentit une pression sur son bras. Il releva la tête et vit que le brun lui montrait son cahier de cours.

Neji lut ce qui y était écrit.

« Se consoler, se changer les idées, ne pas rester seul… t'es dingue de moi ou juste une nympho ? Si c'est l'option 1, je te baise dans la semaine. Si c'est l'option 2, je te prends ce soir. »

Les yeux de Neji s'arrondirent de stupéfaction.

-Sasuke !

- Ne me dis pas que t'es puceau, ricana Sasuke.

-Je…

-Je veux pas d'un ami. Un sex-friend, ça me branche. T'as un beau cul.

-Mais !

-Tout le monde me veut. T'imagines même pas le nombre de pauvres mecs qui me supplient pour que je les prenne. Des types deux fois plus vieux que moi, parfois. C'est assez pathétique… Sasuke se tut un moment, pensif. Tu devrais te sentir flatté.

Neji faillit rétorquer quelque chose, puis se souvint des paroles de Naruto.

« Fais ce que bon te semble ».

Après tout, ce n'était pas comme s'il n'avait jamais fantasmé sur l'Uchiwa.

-…ok, soupira-t-il finalement.

-Ce soir ?

-Laisse-moi le temps de digérer, râla Neji.

Sasuke se pencha vers lui, et chuchota à son oreille :

-Quoi ? Tu te sens pas prête ?

Neji tiqua à l'emploi du féminin, puis soupira.

-Ok.

-T'es uke.

Ce n'était même pas une question.

Le soir venu, quand Neji se retrouva nu dans le lit de Sasuke, il se demanda si ce qu'il s'apprêtait à faire n'était pas une erreur.

Puis il n'y pensa plus.

OoOoO

Le mardi matin, Neji se réveilla avant Sasuke. Il alla se nettoyer, puis revint dans la chambre pour s'habiller.

En voyant le jeune Uchiwa endormi, ses doigts serrant les draps à en devenir blancs, et sa bouche ouverte sur un « Ichigo » plaintif, il comprit qu'il avait fait une connerie en entrant dans son jeu.

Il s'habilla en vitesse et se dirigea vers la porte. Il se sentait désolé pour Sasuke, et pas tellement pour lui-même. Ça ne lui faisait pas grand-chose de coucher avec un ami, sans aucune forme d'engagement sentimental. Il l'avait fait avec Naruto, quelques années plus tôt, et avec d'autres ensuite. Ça lui allait, tant qu'il ne trouvait personne avec qui se fixer réellement, ça lui plaisait de jouer ce genre de jeu. Sans émotion.

Non, il était désolé pour Sasuke. Parce que lui y mettait trop d'émotion.

Les partenaires de Neji étaient des amis, ou des corps sans noms.

Les partenaires de Sasuke étaient clairement des corps sur lesquels était greffée l'image d'Ichigo. Il mettait trop de sentiments, trop de douleur dans l'acte.

Pour ce genre de personne, ce jeu était dangereux. Sasuke risquait d'y perdre son âme. Si ce n'était pas déjà fait.

En sortant de la chambre, Neji faillit trébucher sur un chat qui semblait avoir campé devant la porte. Comme une sentinelle.

Fais pas attention à Kurosaki, lui avait dit Sasuke.

Kurosaki ? Pourquoi « Kurosaki » ? avait-il demandé.

Neji secoua la tête, encore plus désolé. Il caressa doucement la tête du chat.

-T'es là pour lui, hein ? chuchota-t-il.

Kurosaki lui adressa un regard méchant, cherchant à le faire partir. Neji sortit définitivement, observant du coin de l'œil le chat entrer dans la chambre et grimper sur le lit.

Parce que « Ichigo ».

Neji soupira et appela l'ascenseur. Il sortit son gsm et envoya un sms à Naruto.

« J'ai couché avec S. »

Quelques instants plus tard, alors qu'il quittait l'immeuble, il reçut la réponse.

« Fais pas de conneries. J'ai confiance en toi. J'imagine que tu sais ce que tu fais. »

Non, il ne savait pas ce qu'il faisait.

Il leva les yeux vers la fenêtre de Sasuke, l'esprit ailleurs.

Les prochaines semaines n'allaient pas être simples.

OoOoO

Sasuke ouvrit les yeux avec difficulté et se redressa dans son lit.

Neji était parti.

Sasuke ricana. « Toujours là pour lui », hein ?

La bonne blague.

Il prit une cigarette et vérifia ses messages, cherchant inconsciemment le nom d'Ichigo.

Puis il se leva en soupirant et offrit une caresse à Kurosaki qui était roulé en boule sur le couvre-lit. Le chat le suivit jusqu'à la cuisine, où le garçon se servit un bol de café.

L'interphone se mit à grésiller et Sasuke se leva pour décrocher.

-T'as oublié quelque chose ? râla-t-il en croyant s'adresser à Neji.

-… C'est Iruka.

Sasuke déclencha l'ouverture de la porte de l'immeuble, puis retourna s'asseoir. Prenant conscience de sa nudité, il alla au moins enfiler un boxer.

Un peu plus tard, l'éducateur était face à lui, dans la cuisine.

-J'ai vu Neji sortir de chez toi.

-Cool.

Ce fut sa seule parole. Iruka prit une chaise. Il avança la main pour caresser Kurosaki, qui était assis sur la table. Le chat noir se libéra de son étreinte et alla s'installer sur le comptoir.

-J'ai réfléchi. Si Kakashi partait sans rien dire, ça me démolirait. Mais ce ne serait le cas que parce que je l'aime.

-…

-Tu aimes Ichigo ?

Sasuke détourna le regard.

-S'il me quittait, je ne saurais pas… me contenter de mes amis. Pas tout de suite.

-…

-Mais je m'en remettrais, petit à petit.

-Je crois que j'ai pas envie de m'en remettre, marmonna Sasuke.

-Tu n'as pas envie de t'en remettre, parce que tu l'aimes trop, encore. Trop pour le tromper en étant heureux sans lui, je suppose…

Sasuke acquiesça vaguement. Iruka supposait bien.

-Et pourtant, tu le trompes sans arrêt avec tous ces hommes que tu invites chez toi.

Iruka rougissait.

-C'est dangereux de faire ça. Dangereux et idiot. Tu multiplies tes chances d'att…

-Je me protège, l'interrompit l'adolescent.

-Peut-être. Mais tu te détruis en faisant ça. Sois honnête avec toi-même, et admets que tous ces coups d'un soir ne compenseront jamais ton amour blessé.

Sasuke se tut, se murant dans un silence indifférent.

-Si Kakashi me quittait… j'essaierais de le retrouver.

-Il m'a dit de ne pas le faire.

-Depuis quand tu fais ce qu'on te dit ?

Sasuke ne répondit pas. Il avait tellement cherché son frère qu'il n'avait plus la force de courir après Ichigo.

Il n'avait juste plus l'énergie. Plus la force de se battre.

OoOoO

-C'est pas mon genre de faire ça… commença Naruto. Vous le savez tous. Mais ici, c'est un cas de force majeure.

Ses amis étaient pendus à ses lèvres, devant la grille du lycée. En l'absence de Sasuke, ils établissaient un plan pour l'aider.

-On va se la jouer pas trop envahissants, juste histoire de dire qu'on est là, mais sans le harceler.

Ils acquiescèrent.

-On fait tout ce qu'on peut pour lui faire plaisir…

Ils hochèrent la tête.

-…et on essaie de ne pas s'engueuler avec lui, même si je suis le premier à avouer que je crève d'envie de lui éclater la gueule. On reste zen, on s'occupe de lui, et tout va s'arranger. D'accord ?

-Ok.

-Hm.

-D'accord !

-Hm, hm.

-Yep !

-Yes, sir !

-Ok.

-O-Oui…

-No problem.

-Entièrement d'accord.

-Je suis pour…

-Ok !

Les treize adolescents empilèrent leurs poings dans un jurement enfantin, puis eurent un sourire satisfait.

-On va y arriver…

OoOoO

Mais le temps passa, et ils n'y arrivèrent pas.

Sasuke restait inaccessible, discutait vaguement et très occasionnellement avec Naruto, ne gravitait autour du groupe que pour attirer l'un ou l'autre dans son lit, et écoutait d'une oreille distraite les discours quotidiens d'Iruka.

De plus en plus lugubre et silencieux, il s'écartait peu à peu de ses amis et du monde en général.

Plus rien ne le faisait se lever le matin et il vivait comme un automate attendant que, un beau jour, la douleur s'efface d'elle-même ou, au contraire, l'emporte tellement loin qu'il ne puisse jamais en revenir.


A suivre...

J'ai relu ce chapitre deux ou trois fois (je ne sais plus trop...) et je le trouve plutôt pas trop mal... je crois que ça restera cohérent avec la suite... si jamais je modifierai (je préfèrerais pas, mais bon...)

Reviews please!

Au risque de me répéter par rapport au chapitre précédent, j'aime beaucoup les reviews! J'étais super-contente d'avoir celle de miottte, par exemple! Parce que c'est pas parce qu'il y a déjà plein de monde qui m'a dit "ta fic est super" que je n'ai plus envie de l'entendre! On s'en lasse pas, vous savez^^

Bon, je vais pas non plus mendier (je suis pas comme ça), mais je le dis et le re-dis, les auteurs AIMENT les reviews. Et ceux qui disent qu'ils s'en foutent du nombre de reviews, vous pouvez être sûr que c'est ceux qui se font des fics à 300 reviews. Forcément qu'ils se plaignent pas ^^ Enfin, je me plains pas non plus... je suis pas non plus à courir après les reviews (genre "j'en veux 200 ou j'arrête d'écrire") mais ça fait vraiment chaud au coeur! Et puis, faut avouer que c'est un peu décevant quand on voit les stat' du nombre de gens qui lisent sans reviewer... franchement, moi, écrire un chapitre ça me prend du temps... je m'en plains pas, c'est ma passion... mais ça me fait au moins deux semaines de le faire à la main, puis deux semaines pour le taper à l'ordi (j'ai accès au pc que du week-end), sans compter le temps avant pour penser à ce que je vais raconter, les prises de tête pour savoir comment tout rendre cohérent... ça me prend du temps. Vous, une review, ça vous prend quoi... une minute? Allez, deux ou trois pour ceux qui aiment écrire des pavés.

Enfin, j'arrête là mon blabla, ou je vais me faire des ennemis mortels^^ Mais pensez-y, ce que je poste ici, je l'écris pas pour moi. Je l'écris pour vous, pour vous faire partager mes idées, mes ptits délires, mes rêves yaoi. J'écris parfois - souvent - pour moi, mais je le montre à personne. Ce qui est ici, c'est ce que je veux vous communiquer. Et comme dirait un de mes profs "il n'y a pas de communication possible sans réversibilité", ben du coup... reviews please^^