Comme promis, le chapitre des révélations est arrivé vite^^ je me suis dit "voyons, Yosshi, ne sois pas trop cruelle!", donc voilà, je suis pas cruelle!
Pas trop... parce que bon, c'est quand même exceptionnel chez moi, un chapitre aussi proche du précédent^^" ce qui signifie qu'il faudra attendre un peu (beaucoup) pour le suivant. Il est bien en cours de rédaction, mais entre d'autres chapitres qui me supplient de me mettre au travail, donc bon, l'homme est imparfait, la femme l'est un peu moins, mais moi je suis loin d'être au point niveau ponctualité ^^""
RàR
Lycksam: Merci^^ Moi non plus j'aime pas Ita-viril^^ il fait peur TT Mais je comprends pas très bien pourquoi tu aimes Nadeshiko xD Bah, tu apprendras à la déprécier ^^ Et non, je compte pas la caser avec Itachi (yurk)
Reytan: Yeah! Toi non plus t'aimes pas Nadeshiko! mais en même temps, j'ai pas tellement fait en sorte qu'elle soit antipathique... pas pour le moment xD Et tes théories sont intéressantes... mais ce n'est pas ça^^ Aucun abus sexuel, aucune traite d'humain... ou si peu... Ah, et merci pour tes nombreuses reviews ^^
Bloom: Yatta! Toi de nouveau! Je suis contente x) Merci! Mais tu devras encore attendre un peu pour la réconciliation... pas beaucoup... deux chapitres? Trois? je ne sais pas encore comment je vais les découper... mébon, ça va pas tirer trop en longueur^^
xx-Honoka-Chan-xx: Merci beaucoup, je suis heureuse de susciter de telles émotions xD Et j'espère qu'après tant d'attente, les révélations te plairont ^^
Jojo: Ben tu vois, j'aime bien les reviews, j'aime même les reviews méchantes qui me permettent de m'améliorer. Mais j'aime pas tellement les reviews coup-de-gueule. Moi je fais des efforts pour donner de bons chapitres à mes lecteurs, j'ai d'autres fics en cours qui sont aussi compliquées à gérer que celle-ci, si pas plus, j'ai aussi une vie sur le côté, j'ai aussi des cours à suivre, des devoirs, des interros. Si la seule chose que tu as à me reprocher, c'est mon manque de ponctualité, j'ai pas vraiment à me plaindre. Est-ce que tu écris des fics? Est-ce que tu sais le mal que les auteurs se donnent pour trouver une bonne idée, puis pour développer le scénario? Est-ce que tu as la moindre idée des efforts que je déploie pour cerner les personnages, savoir où je veux les mener, puis les y conduire? Mes chapitres, je les relis minimum quatre fois avant de les poster. Pour qu'ils soient le plus proche possible de la perfection. Pour ne pas décevoir les personnes qui me suivent depuis le début. Mais si ça t'ennuie d'attendre, je peux aussi poster sans relire, mais alors tu te plaindras aussi de mon manque de cohérence, de mon orthographe défaillante, de mes constructions boiteuses. Je n'ai pas l'intention de mettre cette fic en hiatus, ça signifierait pour moi que je la laisse tomber temporairement. Ce n'est pas le cas. J'y pense très souvent, j'y réfléchis fréquemment. Et j'ai prévenu des retards que je risquais de prendre... D'autre part, je sais que c'est frustrant de devoir attendre longtemps. Mais je n'ai pas spécialement l'intention d'arrêter d'étudier, ou de sécher les cours, ou de rester collée à mon ordi vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour pouvoir poster un chapitre par semaine. Enfin bon, c'est pas grave. Je suis contente que mon chapitre t'ait plu! Je n'ai pas trop envie de tuer Nadeshiko, même si je l'aime pas non plus^^"" Je suis non violente à la base... mais je promets qu'elle ne fera pas de mal trop longtemps à Itachi...
Jin: Merci! Je suis contente que ça t'ait plus... par contre, je suis un peu surprise que Ita-viril te plaise... je comprends tes arguments, mais c'est un peu embêtant parce que c'est censé être une personnalité factice... Pourquoi tout le monde veut tuer Nadeshiko? TT Bon, moi non plus, je l'aime pas! Mais Itachi-Ichigo a dit: "pas de violence!" Tes théories ressemblent très fort à celles de Reytan... je te donne donc la même réponse: intéressant mais c'est pas ça^^
Persyanne: Merci! Et je m'attendais pas du tout à un nom de Pokémon xD ça m'évoquait un nom de princesse celtique, me demande pas pourquoi xD Ta théorie... est... très proche de la mienne! J'en avais parlé, ou quoi? o.O" je suis folle? Ou alors un lien paranormal s'est tissé entre nous... Je suis vraiment très étonnée xD
CaiN de Ludette: ... sacrifice humain? xD Je suscite de tels extrémismes? xD Merci beaucoup, et de rien (j'ai beau râler, j'aime quand on reconnaît mes efforts ^^)
x1999kamui: oh! oh! je flaire une fan de Clamp xP Ne t'inquiète pas, moi non plus je savais pas qu'on pouvait reviewer sans être inscrit, avant d'avoir mon compte^^ Merci! Je suis contente de découvrir une fan qui me suis depuis longtemps! Ta théorie peut se rapprocher de la mienne, mais Mikoto et Fugaku ne comptaient pas vraiment tuer Sasuke... enfin, tu verras!
Bonne lecture! J'espère que ce chapitre ultra-important sera à la hauteur de vos attentes, mais saura toujours tenir votre curiosité en haleine...
Partie II
Chapitre 3
Fugaku et Mikoto
-Mes mains se sont couvertes de leur sang pour toi… c'est ça, la vérité. Entièrement pour toi. Pour que je puisse te voir encore sourire…
Sasuke croisa les bras et fronça les sourcils pour masquer l'immense frisson qui avait parcouru son corps. La vérité ? Il allait enfin savoir la vérité, pourquoi toute sa vie s'était écroulée en une seule nuit, pourquoi ses parents étaient morts…
-Tu me promets de me croire ? demanda Itachi en serrant anxieusement les poings, son corps tendu d'appréhension et d'espoir qui ne peut s'avouer.
-Non, répondit Sasuke du tac au tac. Tu me mens depuis toujours, tout n'a jamais été que mensonges dans ta bouche. Si je t'écoute c'est seulement pour décider si ton mensonge me plaît et si je peux te laisser en vie.
Itachi recula d'un pas, frappé par la violence de ses mots. Une proie. Il n'était qu'une proie dans cette ruelle, la proie de son propre frère.
-Je ne t'ai pas toujours menti, dit-il du bout des lèvres. Cette maladie à mes yeux… je l'ai vraiment eue…
-Quel rapport avec papa et maman ? s'impatienta Sasuke.
-Arrête de les appeler comme ça, s'irrita Itachi. Ils ne méritent pas l'amour que tu leur voues.
-Toi oui, peut-être ? ricana Sasuke, acide.
-Je ne t'ai jamais demandé de m'aimer.
Sa voix était triste et à peine articulée, un murmure mélancolique. Il voulait que Sasuke l'aime, mais il ne lui avait jamais fait l'affront de le lui demander. Il avait respecté son choix de le haïr, son choix de ne jamais lui pardonner.
-Le rapport entre ma maladie et nos géniteurs… commença Itachi, gagnant un peu plus d'assurance à chaque mot. Depuis des dizaines de générations, une maladie s'est formée dans le clan. Ça remonte très loin, quelques temps à peine après l'apparition des Uchiwa, je dirais du temps des shoguns… Elle est sans doute due à la tradition qu'avaient nos ancêtres de se marier entre cousins… puis elle s'est peut-être transmise génétiquement… je n'en sais trop rien, mais ce que je sais, c'est que c'est une dégénérescence qui n'apparaît pas souvent mais qui est totalement incurable. On peut soulager le malade, mais pas le guérir. Et pourtant, nos ancêtres s'y sont cassé la tête pendant des siècles. Quand on est atteint par cette dégénérescence qui s'étend comme un cancer, on s'affaiblit autant par la maladie que par les traitements. Le malade finit par avoir des problèmes cardio-vasculaires, il est plus exposé aux infections… moi-même j'ai eu de graves insuffisances cardiaques.
Il leva légèrement la tête pour plonger son regard dans celui de Sasuke. Il ne rencontra qu'un mur froid, un visage impassible et empli de haine.
Il voulut reculer encore, comme si la proximité de son frère le blessait aussi sûrement qu'un coup de sabre.
Ne fuis pas, murmura une voix en lui, le reste de fierté qui subsistait en lui après tout ce temps.
-Le clan appelait cette maladie le « Sharingan Mangekyou ». Le Mangekyou ne connaît que deux « traitements ». Celui de Tsunade, que je suis le seul à avoir reçu, et celui développé par le clan. Pendant huit ans, Tsunade m'a ausculté pour trouver un remède. Quand j'ai eu vingt ans, elle avait développé une technique chirurgicale qui m'a guéri à cent pourcent. En comptant les opérations à cœur ouvert, celles pour me greffer de nouveaux yeux, celles pour refaire mon front et mon nez…
-Chirurgie esthétique ? persifla Sasuke. Je ne vois pas ce que ça peut bien me foutre…
-Mon front était rongé par la maladie et mon nez avait commencé à se nécroser, répondit platement Itachi. Donc, en comptant toutes ces opérations, je suis passé près de vingt fois sur le billard en moins de deux ans. Tsunade me laissait sortir de l'hôpital entre chaque intervention, c'est comme ça que j'ai connu Deidara et les autres…
Il agita la main, semblant dire que ces détails n'avaient aucune importance.
-J'avais cinq ans quand tu es né. Cinq ans et deux mois.
-Et ?
-Si je te dis que j'avais quatre ans et cinq mois quand on a diagnostiqué le gène déficient, tu comprends le lien ?
Sasuke calcula mentalement.
Neuf mois. Il était né neuf mois après l'annonce qu'Itachi était malade.
-Déjà à l'époque on avait tracé tout mon avenir. J'étais très précoce et très intelligent. L'héritier idéal.
Il marqua une pause, pensif.
-Je crois que c'est parce que eux voulaient de grandes choses pour moi qu'aujourd'hui j'aime vivre de choses médiocres… enfin, soupira-t-il. Quand on a découvert que j'étais malade, il est apparu clairement que je devais vivre. C'est pourquoi tu es né.
Sasuke eut un choc, comme une pierre tombant sur son cœur. Il accusa le coup et s'exclama, la voix vacillante :
-Tu m'avais dit que tu étais tombé malade à onze ans.
Il le défiait littéralement, il le défiait de mentir.
-Le gène du Mangekyou a été découvert à mes quatre ans, mais les symptômes ne se sont déclarés que plus tard.
-J'y crois pas, souffla Sasuke d'une voix nette où perçait l'affolement.
-Aussi horrible que cela puisse paraître, c'est la vérité. La technique développée par le clan au cours des siècles consistait à offrir une banque d'organes au malade. Légalement, ce n'est évidemment pas permis, c'est pourquoi cette réserve humaine ne peut venir de l'extérieur du clan. Le donneur devient l'esclave du malade, en quelque sorte. Et il faut un donneur compatible. Un clone.
Sasuke pâlit.
-Un… clone ?
Itachi eut un rire bref, sans joie.
-Dans l'idéal. Concrètement, un petit frère suffit. Un petit frère conçu et né pour offrir à son aîné son sang, sa moelle, sa peau, ses organes.
-Tu mens ! s'écria Sasuke. Maman et papa n'auraient jamais… tu mens ! Tu n'as aucune preuve !
-Je n'en avais pas, à l'époque. C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais osé appeler la police. Mais lorsque j'ai été arrêté, qu'on m'a jeté en prison et qu'on a fouillé la maison, on a retrouvé tout un livre à ce propos dans les archives du clan.
-Tu es allé en prison ? répéta Sasuke, qui dans un coin de sa tête était persuadé que son ignoble frère était resté impuni.
-Huit ans de détention en quartier haute sécurité. Je suis sorti à ma majorité, car j'avais des circonstances particulièrement atténuantes. J'ai tué mes géniteurs pour protéger mon petit frère d'une tradition barbare perpétuée par mon clan depuis des siècles. Je n'avais pas d'autre solution, j'étais acculé, dos au mur. Je n'avais même plus le temps de fuir.
-Pourquoi ? demanda Sasuke d'une voix un peu plus sèche qu'il ne l'aurait voulu.
-Quand j'ai eu onze ans, j'ai enfin compris que Fugaku et Mikoto voulaient me greffer tes yeux. J'ai cherché à gagner du temps, pour organiser ma fuite avec toi, quelque part où on ne nous retrouverait pas. Tu n'imagines pas comme c'est compliqué de se procurer des billets d'avion pour les USA quand on a douze ans, sans l'accord d'un tuteur. J'étais sur le point d'en obtenir quand ça a commencé à déconner. J'avais des hallucinations et des cécités passagères, il m'arrivait de pleurer du sang. Je ne pouvais pas le cacher à Mikoto et Fugaku. Ils n'ont plus voulu attendre, et ont décidé d'appeler notre oncle Madara pour effectuer la greffe. Le même jour, au soir, ils ont…
Itachi se tut, une main douloureusement plaquée sur sa bouche. Il se retint de pleurer, de gémir. Il était le Tueur. Il ne devait pas se comporter en proie. Son regard devint vide et froid et il finit par écarter la main de son visage.
-Ils ont préparé mes affaires pour m'emmener chez Madara. Ils allaient te réveiller pour t'emmener aussi, mais… j'avais volé le revolver de Fugaku et je…
-Oui. Ça, je le sais. Je l'ai vu, grogna Sasuke. Tu les as tués de sang-froid, sans remords.
Il avait beau avoir entendu tout le récit horrible de sa naissance, il ne pouvait l'assimiler. Il ne pouvait le croire. Tout ce qu'il voyait, c'était le crime horrible de cet homme dont il ne voulait pas pour frère.
-Des remords, j'en ai eu sans arrêt depuis cette nuit-là. Si tu crois qu'on tue des gens avec plaisir, tu…
-T'AVAIS PAS BESOIN DE LES TUER, ALORS ! explosa Sasuke. Ça t'apportait quoi de ruiner nos vies, à tous les quatre ? Tu as détruit ma famille !
-Ils voulaient arracher tes yeux et les enfoncer dans mes orbites ! répliqua Itachi d'une voix rendue aiguë par l'émotion. Ce n'est pas moi qui ai détruit cette famille, elle l'était depuis longtemps, depuis toujours ! Ils voulaient arracher les yeux de mon petit frère… les seuls yeux au monde qui m'aient regardé avec de l'affection. Je devais les laisser faire ?
-Tu aurais pu trouver un autre moyen, non ? cracha Sasuke. Tu n'arrêtes pas de dire qu'il ne faut pas prendre la vie d'autrui, qu'il ne faut pas agir par la violence…
-Je sais, murmura Itachi, les yeux clos, l'air torturé.
Un malaise grandissait en lui. Toute son assurance s'était envolée. Il était de nouveau un enfant faible et malheureux.
-Tu aurais pu appeler la police ! continua Sasuke.
-Non, souffla Itachi, dans un murmure presque inaudible. Le clan… aurait étouffé l'affaire… t'aurait écarté de moi… Même comme ça, ils ont réussi à… personne ne connaît toute l'histoire… Les Uchiwa sont influents…
Il haussa fatalement les épaules en soupirant :
-Je n'avais aucune preuve.
-Les archives.
Itachi rit jaune :
-Parce que tu crois que je connaissais leur existence ? Les policiers ont retourné toute la maison avant de les trouver. Je sais que tu me hais, je n'attends… je n'ose plus attendre qu'un jour tu me pardonnes… Mais je ne pouvais rien faire d'autre. C'était eux ou toi et il ne m'a pas fallu longtemps pour choisir. Pourtant, il m'a fallu longtemps pour me persuader que c'était la bonne chose à faire et que je n'avais pas à me reprocher de t'avoir sauvé d'eux. Il m'a fallu mes huit années de prison pour me pardonner… et dans le fond je me hais toujours. J'ai toujours ce sang qui macule mes mains et ta voix qui me demande pourquoi je t'ai fait souffrir. J'ai fait tout ça pour toi.
Il se sentait misérable en disant ces mots. Il se justifiait en vain, il voyait bien que Sasuke n'écoutait rien.
-Si c'était à refaire, je n'y changerais rien. Sauf… j'aurais demandé à te voir. Même au parloir, même sans te toucher, même si tu ne voulais pas me regarder. Pour t'expliquer. Te raconter qu'il faut pardonner. Si j'avais su que tu m'avais vu, c'est ce que j'aurais fait. Si je n'avais pas voulu que tu me croies mort. Si je n'avais pas voulu que ce soit plus simple pour toi.
-PLUS SIMPLE ? s'écria Sasuke, la voix cinglante.
Ne retenant plus sa fureur, il se jeta sur lui et le roua de coups. Itachi ne réagit pas, inerte. Comme mort. Les coups fusaient, mais il ne sentait pas la douleur.
-OÙ TU VOIS QUELQUE CHOSE DE SIMPLE ? J'ai perdu toute ma famille par ta faute et tout ce que tu trouves à me dire, c'est que tu as fait ça pour que ce soit plus simple ?
Il parlait d'une voix saccadée, ponctuant chaque mot d'un nouveau coup.
Itachi s'écroula au sol quand le poing de son frère s'enfonça dans son ventre.
-Et tu me mens ! Tu salis la mémoire de mes parents ! Tu insultes mon clan ! Et tu veux que je te pardonne ?
Sasuke agrippa les cheveux d'Itachi pour le tirer vers le haut et voir son visage. Il eut un sursaut de dégoût en le voyant pleurer.
-Pauvre merdeux.
Cette loque ne méritait même pas qu'il le tabasse dans les règles de l'art. Il le repoussa violemment et la tête d'Itachi claqua contre le sol.
Ce dernier ne réagit pas, gémit à peine, le regard vide, les yeux vitreux.
Sasuke fut tenté de poser le pied sur son crâne et de marcher dessus comme on marche sur une cannette vide. Pas par envie, juste pour démolir un peu plus ce déchet tombé d'on ne sait quelle poubelle. Juste par ennui, comme on shoote dans un gravier.
Il plongea les mains dans les poches, cherchant son paquet de cigarettes. Il le trouva et glissa une clope entre ses lèvres blanches de rage, l'alluma et aspira lentement.
-Et tu réagis pas, hein ? siffla-t-il, le regardant de haut, étalé sur le trottoir sale d'une ruelle de Sapporo. Je pourrais… je sais pas… sortir un couteau. Jouer à faire glisser sa pointe sur ton visage, chercher l'endroit où l'enfoncer. Pas le cœur, trop facile. Le ventre, peut-être. Les joues. Je pourrais te couper la langue pour que tu ne mentes plus jamais. Est-ce que tu te défendrais si je te tranchais la langue ? Et les mains ? Si je coupais les mains qui ont tué mes parents, tu réagirais enfin ?
Itachi parut ne pas entendre ses paroles, son expression ne changea pas. Il continuait de pleurer silencieusement.
-Tu fais ça pour mon bien aussi, te traîner comme un chien ? Tu fais honte au clan.
Itachi le regardait du coin de ses yeux écarquillés et noyés de larmes. Sur Sasuke se superposa l'image de Fugaku.
« Tu es la honte du clan ».
Sasuke s'accroupit.
-T'es un lâche. Depuis toujours. Tu sais ce que je pense ? T'es un sale fils à papa. Un gamin pourri gâté. Parce que maman a pas voulu t'offrir le dernier jouet à la mode, tu l'as flinguée. Et quand papa t'a dit que c'était pas très gentil de descendre les gens, tu l'as tué aussi. Et tu t'inventes des mensonges pour avoir le beau rôle. Voilà ce que je pense. Je te pardonnerai jamais, parce que tu fais plus partie de ma vie.
Il lui cracha sa fumée de cigarette au visage avant de se lever. Il avait envie d'écraser son mégot sur son visage, l'entendre hurler sous la brûlure. Il avait envie qu'Itachi le supplie d'arrêter. Mais ça aurait été gaspiller une cigarette, et il n'y tenait pas vraiment.
Il s'éloigna.
-Je te tuerai pas, comme je l'ai promis à l'homme que j'aimais. Il est mort aujourd'hui et je te laisse en vie. Tu peux remercier Ichigo Sanada d'avoir existé, pauvre con.
Alors qu'il se dirigeait vers le bout de la ruelle, une brise légère souffla autour de Sasuke, soulevant les pans de son sweat noir et de son T-shirt bleu nuit.
Sur le pantalon de cuir, au niveau des fesses, Itachi put lire « I love boys ».
Il reconnut son pantalon de cuir qu'il avait oublié à Konoha, et songea confusément que c'était pour cela qu'il ne le trouvait plus.
C'est dingue les conneries qu'on peut penser quand le monde s'effondre.
OoOoO
Sasuke marchait les mains enfoncées dans les poches, fulminant.
Il n'avait plus la moindre envie de pleurer.
Plus il y pensait, plus cette histoire était absurde. Une réserve d'organes, lui ?
N'importe quoi.
Un délire de psychopathe.
Il le détestait plus que jamais, il l'avait torturé à tous niveaux, il avait démoli sa famille, sa joie de vivre, il avait joué avec son amour, il lui avait menti, lui avait fait perdre ses amis, lui avait fait douter en sa famille, en lui-même. Il avait tout brisé : son cœur, ses rêves, son passé.
Mais sous la haine palpitait encore l'amour et il revoyait comme en songe les sourires d'Ichigo, il entendait sa voix douce, il sentait ses mains sur son corps quand il l'avait soigné. Il se souvenait de ses soupirs teintés de tristesse et de ses grands éclats de rire. Il sentait son odeur si enivrante, qui envahissait ses narines chaque nuit qu'ils passaient ensemble.
Ichigo était Itachi, Itachi était Ichigo.
Il aimait l'un et haïssait l'autre, à en devenir fou d'amour et de haine.
Mais comment peut-on aimer un mensonge ?
Comment peut-on haïr son frère ?
Comment peut-on pardonner à un tueur ?
Il ne pouvait tout simplement pas concilier ces deux sentiments.
Et comme il n'avait jamais rien appris d'autre que la haine, il avait choisi de le détester. L'humilier. Le détruire.
Simplement.
Pourtant, une voix dans sa tête lui murmurait qu'il s'était trompé.
S'enfoncer dans les ténèbres de la colère n'a jamais sauvé personne.
Ichigo lui avait dit, des mois auparavant, que haïr est facile, et que c'est dans le pardon qu'on reconnaît la valeur d'un homme.
Alors tant pis, il ne valait rien.
De toute façon, qui se souciait de sa valeur ? Seul, il ne lui restait plus rien. Plus rien qu'un chat et des amants aussi éphémères et insipides qu'un souffle de vent.
Quelque chose lui disait qu'il se trompait.
Ce genre de léger doute qui vous assaille quand vous n'en avez vraiment pas besoin. Des lambeaux de souvenirs de son enfance perdue. Ses parents qui ne l'avaient jamais vraiment regardé. Son frère qui restait toujours près de lui comme s'il craignait de le voir disparaître. Ses oncles qui l'ignoraient royalement et ne lui prêtaient attention que pour l'observer comme on observe un cheval au marché aux bestiaux. Les amis de la famille qui plaignaient Itachi tout en soulignant du bout des lèvres « heureusement que Sasuke est là ».
Et si… mais il était trop tard pour les doutes. Et il préférait se dire qu'Itachi avait détruit sa vie. La volonté humaine fait des merveilles, puisque rien qu'en voulant croire quelque chose, on réussit à ignorer la vérité pourtant si limpide.
OoOoO
Yahiko sortit de la douche avec un soupir satisfait. Ses deux « types sublimes » venaient de repartir et lui-même songeait à sortir faire un tour, histoire de retrouver Itachi.
Il enfila un jean et un T-shirt déchiré avant de sortir son gsm et appeler son colocataire.
Le téléphone sonna dans le vide, personne ne répondit.
Un mauvais sentiment s'empara du roux. Il appela de nouveau.
OoOoO
Itachi n'avait pas bougé, cela devait faire une demi-heure maintenant qu'il était couché sur le trottoir de cette ruelle sinistre, le visage en sang et le corps brisé.
Son téléphone sonna une première fois et il ne chercha pas à répondre, le corps trop engourdi pour bouger.
Quand la sonnerie retentit une seconde fois, il glissa ses doigts écorchés dans la poche de son jean pour en tirer son gsm.
Il décrocha et porta l'appareil à son oreille, avec la lenteur d'un mort-vivant.
-Mmmshi-Mmmshi, marmonna-t-il sans prendre la peine d'articuler.
-Itachi ! hurla la voix de Yahiko. Tu es où ?
Itachi leva les yeux vers un panneau d'indication. Il lut le nom de la rue qui y était écrit.
-Ça va ? demanda le roux, percevant à sa voix faible et inarticulée qu'il y avait un problème.
-Il sait.
Yahiko sembla comprendre instantanément, car il déclara :
-Je viens te chercher.
Itachi laissa tomber son téléphone et ferma les yeux.
Il aurait pu se lever. Après tout, il n'avait rien de cassé.
Physiquement, il était capable de se tenir debout.
Mais mentalement…
Il était vide, épuisé, exténué. Son corps semblait peser une tonne, il ne sentait plus ses jambes et sa tête vide de toute pensée lui donnait l'impression d'être soudée au trottoir. Il aurait voulu se fossiliser, devenir pierre sur les pavés, être érodé par la pluie et le vent jusqu'à disparaître après une éternité immobile.
Qui le regretterait ?
Deux pieds entrèrent dans son champ de vision. Il reconnut les Converse noires de Yahiko et leva les yeux pour distinguer le visage du roux. Ce dernier se pencha, ramassa le gsm et le sac de son ami.
-Ça va. Je suis là…
Il attrapa délicatement le brun sous les genoux et les épaules et le souleva de terre. Sans un mot de plus, il porta le corps amorphe de son ami loin de la ruelle, sans vraiment se rendre compte qu'il répétait les gestes et les paroles qu'Itachi avait accomplis, des mois plus tôt, dans une ruelle de Konoha.
Le sauveur était devenu la victime, poignardé par celui qu'il avait voulu protéger.
Il perdit connaissance.
OoOoO
Dès que Sasuke eut rejoint son groupe, Kakashi lui tomba dessus, presque au sens propre du terme.
-Où étais-tu ? Ça fait une demi-heure qu'on t'attend ! Tu étais seul ? J'avais précisé qu'il fallait rester par deux ou trois ! Tu…
Sasuke lui jeta un regard glacial.
-Fermez-la.
Kakashi eut un sursaut mais se maîtrisa bien vite.
-Plaît-il ? grinça le professeur, les yeux plissés.
-Fer-mez-la ! répéta Sasuke en détachant les syllabes. J'ai des envies de meurtre, là tout de suite, essayer de ne pas être dans mon champ de tir si vous tenez à la vie.
Kakashi le regarda de haut et décréta :
-Pas la peine de venir en cours lundi, tu es renvoyé pour la semaine.
-Parfait, grommela le garçon.
-Non, ce n'est pas parfait. Tu fais n'importe quoi. J'ai déjà vécu ce genre de choses, tu sais, et j'ai déjà fait pire. Les centaines de coups d'un soir, l'alcool, la drogue, les voitures brûlées, les gars qu'on tabasse pour se passer les nerfs, les vols, les fugues. Je suis allé plus loin que toi dans la noirceur. Mais on ne peut pas vivre indéfiniment comme ça. Dieu merci, Iruka m'a sauvé. Je ne sais pas où je serais aujourd'hui sans lui. Il faut que tu te laisses aider.
-Je n'ai pas besoin d'aide, objecta Sasuke. Il n'y a plus rien à sauver.
OoOoO
Yahiko déposa Itachi dans son lit et sortit silencieusement pour aller préparer du thé.
Depuis la cuisine, il entendit Itachi s'agiter. Il retourna dans la chambre, inquiet.
-Ita-chan ?
-J'ai froid… j'ai froid…
Yahiko sortit une couverture de la garde-robe et l'étendit sur un Itachi grelottant.
-Attends, je vais nettoyer ton visage, chuchota-t-il en se dirigeant vers la salle de bain attenante.
Il en revint avec un gant de toilette humide.
-TU vas boire un peu de thé et puis dormir. Après, ça ira mieux.
-Il sait… murmura Itachi en se tordant nerveusement les poignets. Il sait, il me hait, il me hait…
Yahiko le fit taire en posant ses lèvres sur sa bouche. Trois fois rien, le baiser le plus léger qui soit, juste pour le consoler et le réconforter. Comme en prison.
Il entreprit ensuite de laver son visage en de lents mouvements.
-Il hait tous ceux que je suis. Il veut tuer son frère, il a dit qu'Ichigo était mort et il a traité Itachi de chien. Je dois être qui, alors ? Je suis quoi ?
-Tu ne vis vraiment que par lui, hein ? chuchota Yahiko en lissant les plis de la couverture.
Itachi ne répondit pas, les yeux fixés au plafond.
-Et tu te mens en disant que tu t'en fous. Arrête de te mentir et tu seras celui que tu dois être. Sasuke le détestera peut-être, mais au moins tu seras franc.
-Il aimait Ichigo. J'aurais dû rester Ichigo…
-Surtout qu'Ichigo ressemble très fort à celui que tu es réellement, sourit Yahiko en promenant rêveusement ses doigts sur le front blanc.
-Non. Celui que je suis vraiment, c'est un assassin.
-Tu es Itachi Uchiwa, tu as flingué tes parents pour sauver ton petit frère, dit sévèrement Yahiko. Tu es un héros, d'accord ? Rentre-toi ça dans le crâne.
Itachi pleurait de nouveau.
-Sois honnête avec toi-même. Ce qui est fait est fait et tu dois l'assumer. J'ai tué des inconnus. C'est fait et je ne le referai plus. Tous mes amis le savent, je suis honnête. Je n'ai plus revu mes frère et sœur pour qui j'avais fait ça, et je ne les reverrai plus jamais car ils ont honte de ce que j'ai fait. Mais j'avance parce que je sais qui je suis et où je veux aller.
Itachi essuya une larme qui coulait sur sa tempe, mais ne répondit rien.
-Tu sais que tu les as tués pour sauver Sasuke. Tu sais que tu es un héros. Il ne le sait pas, mais certains héros sont anonymes, non ? Pourquoi tu n'y arrives pas ?
-J'ai besoin de parler à Deidara… chuchota Itachi.
Yahiko lui tendit son téléphone puis sortit de la chambre.
Itachi composa le numéro de son ami. Au bout de trois tonalités, le blond décrocha.
-Moshi moshi ?
-Deida-chan ?
Ce dernier eut un sursaut d'incompréhension, comme s'il n'en revenait pas qu'Itachi l'appelle par son diminutif.
Itachi ne s'en était même pas rendu compte, c'était venu naturellement.
-Deida-chan, tu me manques.
Il pleurait une fois de plus.
-Merde, je suis… désolé… j'arrête pas de chialer… désolé…
-C'est rien… souffla Deidara. Tu me manques aussi…
-J'ai vu… Sasuke, expliqua Itachi d'une voix hachée. Je lui ai tout dit et… il… ne m'a pas cru.
-…
-Il me déteste… il m'a frappé et…
-Quoi ? s'exclama Deidara. Mais je vais l'exploser ce petit con !
Itachi sourit faiblement.
-Si j'avais voulu qu'il souffre, je me serais défendu… mais il souffre déjà bien assez…
-Je sais, soupira Deidara.
-…par ma faute. Tout est de ma faute… j'aurais jamais dû m'installer chez lui.
-Mais non. Ça n'aurait rien changé.
-Si. Parce qu'il est tombé amoureux d'Ichigo. Il voulait tuer Itachi mais il aimait Ichigo.
-Ah ! Ouf, soupira le blond, soulagé.
-Quoi ?
-Bah si c'est que ça, il suffit que tu redescendes à Konoha, tu lui montres le dossier de ton procès, il te pardonne et vous vous mettez en couple ! Tu as bien dit que tu étais amoureux de lui, non ?
Itachi entendait à la voix de Deidara qu'il souriait comme un fervent catholique à qui la Vierge Marie se serait présentée à grand renfort d'angelots et de séraphins.
-Non. C'était avant. Avant de faire une croix sur lui.
Deidara marmonna quelque chose comme « parce que tu penses qu'on fait aussi facilement des croix sur ceux qu'on aime ? »
-Et je vais me marier.
-Ah, ouais, c'est vrai. Tu vas épouser Nadeshiko-folle-à-lier.
Itachi sourit à nouveau. C'était dingue comme Deidara pouvait lui remonter le moral en quelques phrases. Ça avait toujours été comme ça, depuis le début, depuis les premiers instants.
Il se revit errant une nuit dans les rues de Konoha aux alentours de son ancienne maison, l'esprit embrumé d'alcool et la tête perforée de la douleur de sa première opération, évitant de peu une voiture qui fonçait sur lui. Deidara en était descendu et lui avait demandé en riant s'il avait vu un fantôme. Itachi n'avait pu que sourire face à cet étranger au sourire chaleureux, tout auréolé de la lumière jaune de ses phares.
-Yahiko m'a dit d'être honnête, reprit-il avec d'un air lugubre. Qu'est-ce que je dois faire ? Je lui ai dit la vérité, je peux pas être plus honnête.
-Non. C'est avec toi-même que tu dois être honnête. Envers tes sentiments et envers… Nadeshi-foldingue.
-Moi-même… mais je ne sais plus, moi… qui je suis censé être ?
-Tu n'es pas « censé être » toi. Tu « es » toi. Et tu peux te le cacher comme tu veux, ça reviendra toujours. Tu es généreux, un peu con, très drôle. Tu sais être sérieux quand il faut et tu aimes à la folie. Tu es un peu instable, tu as besoin de tes amis. C'est ça, ce que tu es, et cent mille autres choses. Je ne devrais pas avoir à le dire…
-…merci.
-Et maintenant que tu as parlé de Sasuke, je peux te le dire… il file un mauvais coton. Je crois que c'est de toi dont il a le plus besoin. Si tu veux, je peux aller avec lui chez ton avocat, lui montrer ton dossier… pour le convaincre, tu vois ? Après, vous pourrez vous rencontrer et ça se passera mieux.
-…je vais y réfléchir.
-Ta voix est bizarre. Tu devrais dormir pour te calmer un peu.
-Oui… merci, je t'adore.
-De rien. Sois heureux. Avec Nade-cinglée, je veux dire…
Longtemps après avoir raccroché, Itachi entendit toujours le rire clair de Deidara.
« Sois heureux… »
Il réfléchit quelques instants, n'eut pas besoin d'y penser longtemps avant de prendre sa décision.
Il envoya un message à Sasuke, en prenant soin de masquer son numéro.
Pour pouvoir choisir le moment où il l'affronterait, pour ne pas être pris au dépourvu…
Ensuite, il appela son avocat. Dix ans plus tôt, ce n'était qu'un avocat commis d'office, sans grande renommée, mais aujourd'hui il était devenu réputé. Itachi s'en foutait, il ne comptait pas revoir ce sale prétentieux qui n'avait jamais daigné le considérer comme un être humain. Quand il l'avait vu pour la première fois, frêle du haut de ses douze ans, Maître Tokugawa l'avait pris pour un imbécile. Puis, après avoir lu son dossier, il lui avait parlé comme à un malade mental. Et durant tout le procès, il l'avait traité comme un moins que rien.
-Moshi moshi ? Maître Tokugawa ?
-Moshi moshi ? fit une voix à l'autre bout du fil. Oui, c'est bien moi.
D'une voix posée et vide d'expression, Itachi expliqua à Tokugawa qu'un jeune homme allait sans doute se présenter dans les jours à venir pour consulter son dossier.
-Quel est son nom ? marmonna l'avocat, d'un ton qui signifiait clairement « j'ai pas que ça à foutre ».
-Uchiwa Sasuke.
-Bien. Normalement, il faudrait que vous remplissiez un formulaire pour me prouver que vous autorisez Uchiwa-san à lire votre dossier. Secret professionnel, vous voyez…
-Pas la peine. Cette histoire est trop vieille maintenant, vous pourrez brûler mon dossier, si vous voulez.
-Je ne me laisserais jamais aller à ce genre de mouvement inconsidéré, monsieur. Au revoir.
-Hm.
Il raccrocha en soupirant. Ça, c'était fait. Yahiko entra sans un bruit. Il lui tendit un gobelet de thé vert.
Itachi le prit précautionneusement et souffla sur la surface lisse de la boisson.
Des petites vaguelettes irisées se dessinèrent sur le liquide et un nuage de vapeur s'éleva lentement.
-Tu as mis du sucre ? demanda Itachi du bout des lèvres.
-Ouais. Comme toujours depuis dix ans.
-… je comprends même pas pourquoi j'ai arrêté. Le sucre dans le thé, je veux dire.
Yahiko sourit tristement, parce que derrière cette simple discussion se cachait la lutte entre le vrai et le faux Itachi. Celui avec sucre, celui sans sucre. Celui qui était lui-même et celui qui jouait un rôle.
Itachi but son thé à petites gorgées puis déposa le gobelet vide sur la table de nuit.
Il enleva son T-shirt, dévoilant son torse taché de bleus et d'ecchymoses.
-Tu dors avec moi ? demanda-t-il à mi-voix en s'allongeant
Yahiko ôta son T-shirt et se glissa sous les draps. Itachi se colla contre lui, appréciant la chaleur de son torse où piquait le froid métallique de ses piercings.
Yahiko l'enveloppa de ses bras et posa sa large main dorée sur le crâne d'Itachi, l'amenant à loger sa tête entre son cou et son épaule.
Le brun s'endormit rapidement, bercé par ce corps si bienveillant.
Avant de sombrer dans le sommeil, il se félicita de s'être choisi des amis tels que Yahiko et Deidara.
OoOoo
Sasuke était assis au fond du car, à côté de la vitre. Maussade, il regardait défiler le paysage gris.
Les autres adolescents criaient et chahutaient, se lançaient des insultes ou des vannes pourries d'un bout à l'autre de l'allée centrale.
Et pourtant tout lui semblait silencieux.
Enfermé en lui-même, plongé dans ses idées noires, il n'entendait rien.
Son gsm vibra dans sa poche et il le sortit d'un air absent.
Un sms.
C'est Itachi.
Je savais que tu ne me croirais pas, avant même de commencer à t'expliquer. J'aurais voulu que ça se passe autrement. Je t'ai menti pour te protéger, au fond de toi, tu sais que je ne t'ai jamais voulu de mal. C'est toi qui me veux du mal.
Ne cherche pas à me revoir et je ne chercherai plus à t'embêter. Je vivrai amputé de toi, amputé de l'espoir de te revoir sourire un jour, mais je m'en fous. Tant pis. Si ça peut te rendre heureux…
Je veux que tu me croies. Tu ne seras jamais heureux tant que tu n'auras pas la vérité. Mon avocat détient les documents du clan prouvant ce que je t'ai raconté.
Suivaient un nom, une adresse et un numéro de téléphone.
Je t'en prie, sois heureux. Que tous mes sacrifices t'aient au moins apporté quelque chose de bon. Je suis désolé. Infiniment plus que tu ne pourras jamais imaginer.
Sasuke fixait l'écran d'un air vide. Il finit par ranger son téléphone dans sa poche, indifférent. Il n'était même pas énervé. Même pas en colère de voir qu'Itachi avait masqué son numéro. Même pas dégoûté par ses airs de martyr.
Il détestait Itachi, mais d'une haine sereine. Pas de ce genre de haine qui vous donne envie de faire couler le sang. Il s'était résigné à sa haine, peut-être grâce à Ichigo. Mais puisque Ichigo était un mensonge, sa haine à l'égard d'Itachi aurait dû jaillir plus forte qu'avant, sa soif de vengeance aurait dû être plus grande encore.
Mais il l'aimait.
Il aimait celui qui avait été, l'espace de quelques mois, Ichigo Sanada.
L'imbécile Ichigo. Le pervers Ichigo. L'inquiétant Ichigo. Mais le gentil, drôle, sage, attentionné, intelligent, consolant Ichigo.
Il ne pouvait pas renier l'amour qu'il avait ressenti et ressentait toujours pour Ichigo. Renier ce genre de sentiments, ça n'amenait à rien. Il avait fini par le comprendre après s'être perdu dans le marasme de la haine depuis ses sept ans.
Il avait aimé son frère, aussi, avant de vouloir le tuer.
Cette pensée nostalgique le ramena aux révélations d'Itachi. Croire en cette histoire illogique ? Ça ne le pousserait qu'à trahir la mémoire de sa famille et de son clan.
Mais son clan l'avait abandonné après la mort de Fugaku et Mikoto. Ce n'était pas pour rien qu'il avait moisi dans un orphelinat pour pauvres pendant près de dix ans.
Peut-être que ce n'était pas si illogique, après tout. Peut-être n'avait-il pas valeur d'humain aux yeux de son clan. Pourtant, cracher sur la mémoire de ses parents lui semblait trop horrible, trop ingrat.
Mais alors, pourquoi trouvait-il cela si simple de cracher sur la mémoire de son frère ? Celui qu'il avait toujours aimé plus que sa propre mère. Celui qu'il aimait toujours aujourd'hui, celui dont il était tombé amoureux par le hasard d'une fausse identité…
Il se fit le serment d'aller voir cet avocat, ne serait-ce que pour avoir les idées claires. Après, il relèguerait tout ça au passé.
Ichigo ne reviendrait plus jamais, Sasuke devrait apprendre à vivre amputé de l'homme qui l'avait sauvé.
Mais vivre, n'est-ce pas renoncer à certains rêves ? Toute chose a une fin, la vie est une succession de deuils dont l'homme doit se relever à chaque fois de son mieux. Tout ce qui lui reste, au final, c'est le choix de garder la tête haute et vivre sa vie jusqu'au deuil suivant.
OoOoO
Ses sens lui revenant peu à peu, Sasuke alluma une cigarette. Aidé par les endorphines qui affluaient à son cerveau après l'extase, il se mit à parler au corps nu à côté de lui, corps dont il ne reconnaissait même plus l'identité…
Saï, peut-être.
-Chuis amoureux.
Saï, mal documenté sur le sujet, tenta de dévier la conversation.
-Ton chat nous a encore maté.
-Mmh, c'est un pervers, soupira Sasuke en soufflant de la fumée bleue.
Le chat noir s'approcha et bondit sur le lit.
-T'es un pervers, hein, Kurosaki ?
-Quand tu le caresses, tu as vraiment un drôle de regard, remarqua Saï en s'étirant.
Un regard doux et tendre. Kurosaki était le seul être de toute la Création à pouvoir l'apaiser.
-C'est parce qu'il me fait penser à Ichigo… c'est lui que j'aime… dit-il d'une voix plus basse qu'un murmure. Enfin. Lui et mon frère.
Sasuke parlait sans crainte parce qu'il avait besoin de vider son sac et qu'il savait que Saï n'y comprendrait rien.
-Il a fait quelque chose de vraiment horrible, pourtant je l'aime.
Sasuke plongea son visage dans la fourrure douce de Kurosaki.
-Je dois être vraiment taré pour être amoureux de mon propre frère… je le déteste, et pourtant, quand je pense à lui, je pense à des tas de trucs classés « interdit aux moins de dix-huit ans ».
-Que ce soit ton frère ou non, ça ne compte pas si tu l'aimes, fit remarquer Saï.
-Il m'a expliqué pourquoi il a fait ce truc horrible, continua Sasuke sans l'écouter. Mais je n'arrive pas à le croire.
-Il t'a donné des preuves ? demanda Saï, comprenant que Sasuke parlait de la mort de ses parents.
Évidemment, il était au courant de ce sombre fait divers, qui avait défiguré l'enfance de son ami.
-Un numéro de téléphone. Celui de son avocat.
-Appelle-le.
-Et après ?
-S'il t'a menti, cherche la vérité.
-Et après ?
-Tu choisis. Si ses raisons sont suffisantes pour toi, tu pardonnes. Sinon, si tu n'arrives toujours pas à lui pardonner, tant pis, tu laisses tomber.
-Et après ? répéta Sasuke.
-Si tu lui as pardonné, tu vas le voir, tu lui parles et voilà. Après, vous faites vos trucs classés X.
-En admettant qu'il soit intéressé par l'inceste, mais bon… et si je n'arrive pas à lui pardonner ?
-Euuuh… j'ai pas encore fini de lire ce chapitre.
Sasuke eut une grimace exaspérée.
-Tu m'emmerdes, avec tes bouquins à la con. Les livres ne savent pas tout. Comment tu peux lire ces torchons et croire comprendre le monde ? Les livres n'éprouvent rien !
-Moi je crois qu'écrire les sentiments est l'art le plus raffiné au monde. Et même si je ne ressens rien, je sais lire les émotions des autres comme un livre. Je lis dans tes yeux que tu souffres d'aimer, alors je ne peux que te ressortir ce que j'ai lu dans des livres qui parlent d'amour, puisque moi je n'aime pas.
-TA GUEULE ! ET TIRE-TOI, JE VEUX PLUS TE VOIR !
Saï se leva lentement et se rhabilla sans hâte.
Il sortit de l'appartement sans un mot, habitué aux sautes d'humeur de Sasuke.
Ce dernier fulminait, seul dans son lit. Il avait cru que Saï ne comprendrait rien, mais il avait trop compris.
Kurosaki frotta sa tête contre l'épaule de Sasuke.
Oui, il souffrait d'aimer, d'aimer son frère, d'aimer un assassin.
Il souffrait pour dix mille raisons, parce que ça ne se fait pas d'aimer son frère, que c'est immoral d'aimer un assassin, parce qu'il ne pouvait pas oublier tout le sang, parce qu'il ne savait plus quoi croire.
Il prit le téléphone et appela au numéro qu'Itachi lui avait donné.
Personne ne répondit.
-Évidemment, un bureau d'avocat ouvert à une heure du matin, marmonna Sasuke en jetant un regard excédé à son réveil où scintillaient un « 1 : 00 » rouge.
Il raccrocha et se coucha, Kurosaki lové sur l'oreiller que Saï avait quitté.
Il ne réussit pas à s'endormir, l'esprit tout rempli du visage d'Ichigo.
A suivre...
Qu'en pensez-vous? Si vous avez une quelconque remarque, positive ou négative, je prends! Je peux même réécrire ce chapitre s'il vous a déplu d'une façon ou d'une autre. Vu qu'il est très important, j'aimerais qu'il soit parfait! Pour partir sur de bonnes bases pour la suite ^^
Les reviews coûtent pas cher et font très plaisir! ^^ Je vous adore tous/toutes, j'espère vous garder encore longtemps en haleine, jusqu'au bout, jusqu'au chapitre du lemon! (oui ben faut bien que je le rappelle, des fois que vous oublieriez xD)
Comme toujours, je promets rien pour les délais... j'ai une fic CLAMP qui me tourmente (et que je n'ai plus updatée depuis janvier), une fic dgm qui végète depuis décembre dernier, une trad' qui m'attend depuis août, un KakaIru qui désespère depuis août lui aussi... je vois pas de quoi vous vous plaignez -_-" Mes lectrices devraient me lancer des pierres au lieu de me laisser des reviews T.T
A la prochaine! *peace and love sur ffnet*
