Etant donné mon impardonnable retard de publication (j'étais très occupée par une fic que j'ai écrite pour une amie), je ne vous ferai pas l'affront de vous tenir en haleine pendant une kilométrique note de l'auteure. Je remercie tout le monde, je n'ai pas l'impression d'avoir une réponse particulière à donner à qui que ce soit, donc je vais faire court (en plus je suis fatiguée, dur dur la rhéto T.T).
Bonne lecture!
PS: Comme je vous l'avais déjà dit auparavant, nous entrons dans la phase pur yaoi, quand nos deux bishos sont en couple. Ne vous étonnez pas de la quantité de guimauve. En fait, après coup, tout cela me semble horriblement cliché... mais je pense que toutes les histoires d'amour sont cliché, non? ^^"
Partie III
Chapitre 2
Toi et moi
-Voilà les billets d'avion. Vous partez dans quatre heures, dit Yahiko en montrant deux bouts de papier aux Uchiwa qui entraient dans la cuisine en bâillant et en s'étirant.
-Cool, merci, dit Itachi en empochant les billets.
-Je t'ai préparé un thé. J'ai fait du chocolat chaud pour Sasuke.
-Mais pourquoi tout le monde pense que j'aime ça ? râla Sasuke en s'asseyant.
-Parce que c'est le cas, répondit Itachi en vidant sa tasse de thé vert. Bon, j'ai deux-trois trucs à régler avant de partir, je reviens dans deux heures.
-Je peux venir avec toi ? proposa Sasuke.
-Non, c'est ok, reste ici.
-Ah. D'accord.
Itachi l'embrassa, puis courut dans sa chambre. Il réapparut, enfilant une ceinture rouge dans les passants de son slim noir, puis se remaquilla et attrapa son sac avant d'enfiler ses chaussures et de sortir.
-A tout à l'heure ! s'exclama-t-il en refermant la porte.
-Ce type est très bizarre. Dire que je vais devoir être le uke d'un travelo pareil… ça me fait froid dans le dos.
-Quand il s'agit de sexe, Itachi est beaucoup moins précieux et efféminé. J'en sais quelque chose.
Sasuke haussa les épaules et but son chocolat.
-Dis, t'as pas vu ma bague ?
-Quelle bague ?
-Le diamant qui était pour Nadeshiko.
-Non, chais pas.
-C'est bizarre, je l'avais hier, en me couchant…
-Tu demanderas à Itachi.
OoOoO
-Tu m'appelles quand t'as besoin.
-Oui, Yahiko.
-Tu laisses personne te piquer Sasuke.
-Non, Yahiko.
-Tu me donnes régulièrement de tes nouvelles.
-Oui, Yahiko.
-Si vous adoptez, je veux choisir le prénom et être parrain.
-Oui, ce sera pas pour tout de suite.
-S'ils te servent des sushis dans l'avion, n'y touche pas. On sait pas la qualité.
-Ok.
-Tu m'envoies des chocolats pour Saint-Valentin.
-Oui, oui.
-Tu surveilles bien que Sasuke fait ses devoirs.
-Oui, Yahiko.
-Itachi, grouille, on va manquer le vol ! s'énerva Sasuke.
-J'arrive, mon amour ! lança Itachi en disant au revoir à Yahiko.
Il rejoignit Sasuke, qui fulminait.
-Et arrête de hurler, on est dans un lieu public.
-Ah, je retrouve mon petit Sasu-chan coincé à mort. Ça me rassure, j'avais cru que l'esprit de Deidara avait pris possession de ton corps.
-Ne prends pas tes rêves pour des réalités.
-Je te préfère quand t'es coincé, ainsi je peux te débaucher à mon aise, MON AMOUR !
-Arrête de crier, les gens nous regardent.
-Ils nous regardent parce qu'ils sont jaloux de voir deux personnes aussi belles, parfaites et heureuses que nous !
-Bien sûr. Bon, on doit aller aux portiques de sécurité, puis on prend l'avion à la porte 3.
-A vos ordres, chef !
Itachi voulut l'embrasser, mais Sasuke se dégagea.
-On est dans un aéroport, il y a plein de gens et de caméras.
-Je suis fou de toi, j'en ai rien à battre des gens et des caméras, MON AMOUR !
Sasuke soupira, découragé. Il enleva sa ceinture et la posa dans un panier en plastique avec sa montre, afin de pouvoir passer le portique de sécurité.
Itachi prit beaucoup plus de temps que lui à se débarrasser de ses objets métalliques.
-Mes boucles d'oreilles, mon bracelet, mon collier, ma ceinture, mon sac à main, mes chaussures, mon téléphone, ma montre…
-Vide complètement tes poches, ce sera plus rapide, s'énerva Sasuke.
-Ok.
Itachi vida les poches de sa veste et en empila le contenu dans deux paniers.
-Mascara, lime en carton, paquet de mouchoirs… ah, mes clés… baume pour les lèvres… hm-hm.
-C'est quoi ? demanda Sasuke en montrant une petite boîte en carton rose.
-Capotes. Oh, des bonbons ! s'exclama Itachi en sortant des caramels du fond de sa poche.
-Mais qu'est-ce que les gens vont penser ?
Itachi haussa les épaules et passa dans le portique. Il récupéra toutes ses petites affaires puis se dirigea avec Sasuke vers la porte 3.
-Tu veux un caramel ? demanda Itachi en enfournant un bonbon.
-Non, merci.
-Ils sont super-bons, pourtant.
-Ouais ben j'en veux pas, rétorqua Sasuke en se mettant dans la file de la porte 3.
-T'es sûr ? Ils sont délicieux…
-Ok, refiles-en un, grommela Sasuke, plus pour le faire taire que pour autre chose.
Il tendit la main pour recevoir le caramel, et sursauta quand les lèvres d'Itachi se pressèrent sur les siennes. Il voulut ouvrir la bouche pour protester et sentit quelque chose s'écraser sur sa langue. Le caramel. Sasuke repoussa Itachi.
-Dégueu !
Itachi essuya ses lèvres du revers de la manche.
-Tu pouvais pas m'en donner un autre ?
-J'allais pas rater une aussi belle occasion, quand même… s'expliqua l'aîné avec un sourire penaud.
Sasuke se résigna. Itachi était irrécupérable et il ne pouvait tout simplement pas résister à ses sourires innocents.
OoOoO
-Thé ou café ? demanda une hôtesse de l'air aux jambes interminables et à la poitrine trop opulente pour être naturelle.
-Un thé vert, s'il vous plaît, répondit Itachi avec un petit sourire.
-Deux, grogna Sasuke.
L'hôtesse versa le liquide brûlant dans deux tasses et les tendit aux deux Uchiwa avant de s'éloigner. Itachi trempa ses lèvres dans le thé.
-Hm, pas sucré… grimaça-t-il. Mademoiselle ? Vous pourriez me donner du sucre, s'il vous plaît ?
-Oui, bien sûr, voici, dit l'hôtesse en lui tendant un petit sachet.
-Merci.
-De rien, répondit-elle en repartant.
Le tout avec moult sourires et battements de cils. Sasuke fulminait.
-T'es obligé de faire le beau devant toutes les filles qui passent ? s'exclama-t-il.
-C'est la moindre des politesses, un petit sourire.
-C'était pas un petit sourire. T'avais l'air d'une pub pour Colgate White !
-Ah. Désolé, je n'avais pas fait attention.
-Forcément, toute ton attention était concentrée sur ses jambes et son décolleté !
-Pourquoi j'aurais fait ça ? Ses mollets étaient aussi gros que ceux de Yahiko et ses seins étaient visiblement à quatre-vingt-cinq pourcents en silicone. Beurk.
-Si tu l'as vu, c'est parce que tu as regardé !
-Ça te stresse donc tant que ça que je regarde des filles ? T'es vraiment, vraiment jaloux.
-Mais c'est pas ça ! s'énerva Sasuke. C'est que… que… moi, j'ai rien pour rivaliser avec elles, continua-t-il à voix basse en fuyant le regard de son frère.
Itachi haussa les sourcils, surpris.
-T'as plein de trucs pour rivaliser ! Tiens, ça, par exemple, dit-il en posant la main sur l'entrejambe de Sasuke.
Ce dernier repoussa sa main d'une claque.
-« Ça », comme tu dis, ne me sert à rien tant que j'ai peur de coucher avec toi.
Il plaqua ses deux mains contre sa bouche en rougissant violemment.
-J'ai rien dit ! J'ai pas peur du tout de…
-C'est pas grave, le rassura Itachi avec un sourire. Ça viendra, tu verras. C'est normal que tu n'aies pas encore confiance en moi.
Il l'embrassa avec toute la tendresse dont il était capable. Et c'était beaucoup. Sasuke enfonça ses doigts dans la chevelure tiède d'Itachi pour rapprocher son visage du sien. Les deux frères s'interrompirent en entendant le crépitement des flashes d'appareils photo. Itachi composa son plus beau sourire en serrant Sasuke contre lui. Toutes les fans de yaoi que comptait l'avion voulaient les avoir en photo. Sasuke s'énerva et se dégagea. Il appuya son front contre le hublot, dépité. Il ne pouvait pas être tranquille deux secondes. Itachi lui colla un baiser dans le cou pour le calmer.
-Chéri, j'ai un cadeau pour toi.
Sasuke se tourna vers lui en grommelant.
-C'est bon, les groupies ont rangé leurs appareils ?
-Hm-hm. Voilà mon cadeau, murmura Itachi en lui donnant une petite boîte rose – celle qu'il avait sorti de ses poches à l'aéroport.
-Des capotes. Cool. T'as peur que je te trompe sans me protéger ? dit Sasuke d'une voix agressive et blessée.
-Ce n'en sont pas. Ça, c'est ce que je t'ai dit pour pas que tu regardes avant que je te l'offre. Ouvre, je pense que tu vas aimer.
Sasuke regarda la boîte comme s'il allait pouvoir, par la force de son regard, percer le carton et voir ce qu'il y avait à l'intérieur.
-T'ouvres pas ?
-Venant de toi, j'ai peur de tomber sur une adaptation yaoi du Kâma-Sûtra.
-La boîte est trop petite pour ça. Et puis, je sens bien que tu n'aimerais pas.
Sasuke ouvrit doucement la petite boîte et en sortit…
-Oh, joie ! Une autre boîte, marmonna-t-il. Depuis le temps que je rêve de recevoir une boîte.
-Ouvre-la et épargne-moi tes sarcasmes.
Sasuke l'ouvrit et vit deux anneaux d'or blanc, garnis chacun d'un petit diamant entouré de deux minuscules onyx. Bien que sertis de pierres précieuses, ils ne donnaient pas une impression de féminité, seulement d'élégance classe.
-Ils t'ont fait une réduction deux pour le prix d'un à la bijouterie ? demanda Sasuke, pas du tout impressionné.
-Aaah, soupira Itachi. Puisque t'as pas compris, je vais devoir te le dire en japonais. Si t'as pas encore compris, je peux te faire un dessin, mais je suis pas Léonard de Vinci, je te préviens.
-Abrège.
-Bon. J'ai jamais vraiment eu l'impression d'être stable dans la vie, j'ai toujours été dans un entre-deux. Gosse, j'attendais de quitter la maison. Une fois que j'ai… fait ce que j'ai fait, je me suis retrouvé là où on n'a pas trop les moyens de se faire vraiment un avenir. Après je suis allé à l'hôpital, j'ai été à la rue, j'ai un peu bossé sans trop savoir pourquoi je devais gagner ma vie, alors que ma vie était déjà un peu finie. J'ai joué un rôle pour toi, un rôle qui n'était pas voué à être éternel. J'attendais que tu me pardonnes, mais je ne vivais toujours pas… Puis j'ai joué un rôle pour moi, pour oublier que j'allais dans le mur.
Sasuke ne voulait pas l'entendre parler de Nadeshiko. Mais il ne savait pas quoi lui dire pour ne pas donner l'impression qu'il l'interrompait dans un discours visiblement important. Itachi s'interrompit finalement lui-même, d'un geste vague de la main.
-Aujourd'hui, j'ai l'impression que ça commence. Je commence à vivre. Tu m'as… hum… donné naissance, si on veut. Je veux juste marquer l'événement, pour qu'on se souvienne toujours que tu m'as donné la vie.
-Tu m'as sauvé la vie, murmura Sasuke en écho à ses paroles.
-C'est un peu comme des alliances, on va dire. C'est maintenant que notre… commença Itachi, cherchant ses mots. Notre vie commence. Je crois que c'est même plus qu'un mariage. C'est pas juste une officialisation d'une vie à deux… c'est le symbole de notre vie, tu vois. On a souffert séparément, alors on sera heureux ensemble. Toi et moi.
Sasuke soutint son regard sans pouvoir rien dire.
-Epouse-moi. Officieusement, bien sûr, vu qu'au Japon ce n'est pas…
Le cadet s'enfonça dans son siège.
-Parle moins fort, chuchota-t-il.
-Sasuke.
-Je ne dirai oui que si tu parles moins fort, menaça-t-il.
Itachi hurla de joie et Sasuke le fusilla du regard. Il se tut, puis se pencha vers lui pour murmurer au creux de son oreille :
-Je savais que tu dirais oui.
Sasuke soupira.
-Tu pouvais pas me le demander à Konoha, pour pas qu'on soit en public ?
-J'en pouvais plus d'attendre, gloussa Itachi, tout joyeux.
On aurait dit un petit chiot tout fou.
-Dites, grogna une voix devant eux. Vous pouvez pas la fermer ? Tout l'avion n'a pas besoin d'assister au spectacle écœurant de vos effusions perverses.
Sasuke se leva d'un bond et saisit à la gorge l'homme qui avait parlé.
-Qui c'est que tu traites de pervers, enfoiré ? gronda-t-il en serrant les doigts autour du cou dudit enfoiré. Tu veux crever, c'est ça ? T'en as marre de ta vie ?
Tout à coup, tous les passagers se turent.
-Calme-toi, mon ange, dit Itachi d'une voix morne, avec un sourire carnassier. Il a raison. On est des pervers. Des pédés, des tapettes, des dépravés, des travelos, des anormaux. Faut pas se voiler la face. Lâche monsieur, il ne fait rien de plus que dire la vérité. Il ne connaît pas sa chance d'être normal, d'être un hétéro bien rangé. Il est sans doute marié, sa femme l'attend à la maison en s'occupant de leurs enfants. Nous, on n'a pas cette chance. Ce sera ton enfant ou le mien ou celui d'autres, mais jamais le nôtre. Monsieur ne connaît pas la chance qu'il a de ne jamais avoir senti les mains d'un homme caresser doucement son corps, de ne jamais avoir connu l'immense plaisir de goûter à tes lèvres. Monsieur est hétéro, c'est tellement mieux, il n'aura pas le malheur de tomber amoureux d'un homme aussi parfait que toi. Vous êtes marié, monsieur ? Ou célibataire ? Ou divorcé ? C'est vrai que ça doit être dur de garder une femme, quand on a une tête de connard prétentieux et intolérant. Lâche-le, Sasuke. Il ne faut pas discriminer les connards parce qu'ils sont différents de nous, chéri. Il faut de tout pour faire un monde, des gens comme toi et moi, et d'autres comme… monsieur.
Le « monsieur » final avait été prononcé avec tant de dégoût que Sasuke relâcha l'homme, de peur d'être contaminé par sa connerie. Il se rassit à contrecœur, et sursauta lorsqu'il entendit un tonnerre d'applaudissement. Le discours d'Itachi avait fait son petit effet.
-Tu peux pas t'empêcher d'attirer l'attention sur toi.
-L'occasion était trop belle.
-Pas mal, ton discours, murmura Itachi en enfilant l'une des deux bagues à son annulaire gauche.
Itachi enfila l'autre en couvant son cher et tendre du regard.
A suivre...
C'est guimauve, hein? ^^" désolée... si ça vous dérange, je peux rectifier le tir, bien sûr (en clair: n'hésitez pas à vous exprimer, les reviews sont là pour ça xD).
Au fait, quand j'ai écrit ce chapitre (il y a plus d'un an), je me suis dit que c'était impossible qu'il existe une personne aussi jalouse et pudique qu'un Sasuke amoureux (genre "pas ici, il y a plein de gens", et "arrête de regarder les filles"). Ma vie amoureuse m'a appris l'inverse: je sors avec un spécimen jaloux et pudique (c'est pas de tout repos, croyez-moi xD). Donc en bref, je refuserai net les "il est nunuche ton Sasuke, c'est pas crédible, etc." xD
