Bonjour tout le monde ! Voici l'ultime épisode de ma longue saga sur le thème de « peut-on pardonner et aimer la personne que l'on tenait pour responsable de l'échec de sa vie et que l'on voulait tuer ? ». Dissertation en minimum quatre-vingt-cinq mille mots. Ça m'a pris une énooorme partie de mon énergie, mon imagination, sur la fin ça m'a même fatiguée (je jure que si vous n'aviez pas été là avec vos reviews et votre impatience, j'aurais tout envoyé au feu depuis longtemps xD), mais je l'ai fait, je suis arrivée au bout et je suis fière de moi :D j'espère que vous avez aimé, je ne regrette pas l'aventure même si mon Dieu j'ai souvent failli l'abandonner (en parlant de Dieu, une revieweuse m'a fait remarquer que j'avais laissé sous-entendre dans une de mes notes de l'auteur que je croyais en Dieu. Je sais que beaucoup de gens s'en foutent un peu, mais je tenais à préciser que ce n'était pas le cas xD J'ai passé un mois à écrire une dissertation sur l'inexistence de Dieu alors ça m'embête un peu qu'on croie que j'ai la foi. Bref. Je suis une brebis égarée u.u).

Où en étais-je ? Merci tout le monde, pour les reviews et tout. Je suis contente que mon histoire vous ait plu, un peu triste d'avoir vu certaines de mes lectrices du début ne plus reviewer (mais bon, ça m'arrive aussi alors je ne jetterai pas la pierre xD), très contente d'avoir vu arriver de « nouvelles venues ». Le mystère du sexe de Jojo-le-crapaud a été percé, ce qui dans un sens est bien dommage (j'aime les mystères p), les malentendus ont été éclaircis, j'ai raconté mon histoire, j'ai proposé ma vision des choses et du monde, et si vous n'aviez pas été là pour lire tout ça, rien n'aurait été possible. J'ai appris en cours de littérature que des écrivains du XXème siècle, les néoromanciers (c'est-à-dire ceux qui écrivent dans le genre « Nouveau roman »), considéraient que le rôle du narrateur n'était pas d'être omniscient et que le rôle du lecteur n'était pas de recevoir le texte comme un produit fini. C'est le lecteur qui doit construire l'histoire, lui donner du sens, une interprétation. En d'autres termes, sans le lecteur, l'histoire n'existe tout simplement pas. J'aime bien cette idée, c'est grâce à elle que ma façon d'écrire a évolué, parce que j'ai écrit pour vous. Cette histoire étant une de mes plus longues dans le temps, elle a vu mon style « vieillir », elle a assisté à cette prise de conscience : ce que j'écris est pour vous. Juste pour vous.

Voilà pour le long discours plein d'émotions xD Je remercie tout le monde, bisou bisou bisou, I love you all, et bonne lecture !

Partie III

Chapitre 7

Happy birthday Sasuke!

Sasuke s'étira en bâillant. L'autre côté du lit était vide. Itachi devait être en train de préparer le petit-déjeuner. Sasuke entendait de la musique venant de la cuisine. Il se leva et sortit de la chambre, toujours en pyjama.

Itachi chantait sur l'air d'une chanson étrangère qui était inconnue à l'adolescent. Ayant de très vagues notions de français, il parvenait à comprendre quelques paroles… qui lui semblèrent parfaitement obscures.

-Je suis une poupée de cire-euh, une poupée de son, mon cœur est gravé dans mes chansons, poupée de cire poupée de son !

-Qu'est-ce que tu fous ? marmonna Sasuke en trouvant son frère habillé d'un simple jean, se déhanchant exagérément sur le rythme de la musique, chantant à tue-tête devant la cuisinière.

-Oh Sasuke, déjà debout ? s'exclama-t-il avec un grand sourire. Je vois la vie en rose bonbon, poupée de cire pou-

Sasuke éteignit la radio.

-Qu'est-ce que c'est que cette musique pourrie ? grogna-t-il.

-« Poupée de cire, poupée de son ». De France Gall, indiqua Itachi, vaguement vexé qu'on lui ait coupé la musique.

-Connais pas.

-C'est une chanteuse française, expliqua patiemment Itachi. C'est elle qui a chanté « les sucettes ».

-Les… quoi ?

-« Annie aime les sucettes, les sucettes à- »

-C'est pervers, ce truc ! s'horrifia Sasuke.

-C'est un peu le but, sourit Itachi. J'adore cette chanson.

-Normal, t'es un pervers, soupira le garçon.

-Bon, trêve de plaisanteries. Assieds-toi, j'ai une surprise pour toi.

Sasuke s'assit à table et vit apparaître devant lui une montagne de muffins, gaufres, crêpes, choux à la crème, croissants, cookies, chocolats…

-Qu'est-ce. Que. C'est ? articula-t-il, les yeux lui sortant presque des orbites.

-Je savais pas quoi préparer, alors j'ai fait un peu de tout, s'expliqua Itachi d'un air un peu gêné.

Sasuke observa le silence quelques secondes, estomaqué.

-Bon anniversaire, ajouta son aîné.

Sasuke l'embrassa et mordit dans un muffin.

-Tchu shais quoi ? Je vais avoir tchrop. Tchu peux en manger ausshi, shi tshu veux… proposa-t-il, la bouche pleine.

Itachi le fit se lever, puis s'assit à sa place et l'installa sur ses cuisses.

-Comme tu veux, souffla-t-il en mordant dans le muffin que Sasuke avait en main.

-Je tsh'adore, mon Shash'ke ! Et j'adjore ches muffins…

-Moi ausshi.

Les deux frères s'esclaffèrent. Ils étaient vraiment trop ridicules, peinant à articuler des phrases rendues incompréhensibles par leurs joues gonflées de nourriture.

OoOoO

-Bon anniversaireuh ! s'écria Naruto en bondissant sur Sasuke.

-Aïe ! se plaignit ce dernier.

-On a un cadeau pour toi ! s'exclama Sakura, en lui tendant un gros paquet emballé de bleu.

-On s'est tous cotisés, indiqua Saï.

Sasuke jeta un regard circulaire aux neuf adolescents rassemblés autour de lui (Naruto, Gaara, Neji, Saï, Kiba, Sakura, Ino, Shikamaru et Temari). Il commença à défaire l'emballage bleu, pour tomber sur un emballage rouge, qu'il défit. Puis il défit une couche de papier journal. Puis de papier-cadeau vert. Puis beige. Puis doré.

-Vous avez emballé ça combien de fois ? s'énerva Sasuke.

-Jusqu'à ce que ça ait une taille acceptable pour un cadeau, répondit Karin.

La taille du cadeau diminuait à vue d'œil. Il était tout plat, de cinq centimètres sur cinq, lorsque cinq lorsque Sasuke arriva enfin au dernier emballage.

-Un préservatif. D'accord… marmonna Sasuke, vaguement déçu.

-On a su que c'était le grand jour, alors on s'est dit que c'était le meilleur cadeau ! s'exclama Kiba.

-Mouais, grommela l'Uchiwa en cachant le condom dans sa poche.

-Tiens, on t'offre la boîte avec, j'imagine que vous en aurez besoin de plusieurs, dit Naruto en lui lançant un paquet rose foncé.

-Et je range ça , moi ? Si un prof tombe dessus, j'ose même pas imaginer ce que…

-Oh ! J'étais justement en train de me dire qu'il fallait que j'en rachète ! s'exclama Kakashi en attrapant la boîte.

-Et merde, grogna Sasuke, sentant déjà venir le sermon, la punition, voire les heures de colle.

-Oooh, c'est ceux qui brillent dans le noir ! s'extasia Kakashi. Iruka-chan les adore. Je peux les prendre ?

-Si vous voulez, balbutia l'Uchiwa, n'y croyant pas trop.

Le professeur s'éloigna en secouant joyeusement la boîte rose.

-Sale voleur ! s'écria Naruto, outré. Bon, tant pis, il va falloir que vous vous contentiez d'un.

Sasuke se demanda s'il fallait réellement qu'il lui annonce qu'Itachi avait de quoi ravitailler tous les bordels de la région en préservatifs, ou s'il devait simplement se contenter d'annoncer que de toute façon ils avaient été tous les deux diagnostiqués séronégatifs. Sa réflexion fut interrompue lorsque Naruto se jeta sur lui.

-T'as intérêt à être heureux, Teme.

-Euh… oui, Usuratonkachi.

-Si Itachi t'en fais baver, on le tue. C'est aussi simple que ça, lui assura Sakura.

Sasuke songea qu'il avait des amis un peu trop portés sur le meurtre, mais bizarrement, cela lui faisait… chaud au cœur.

OoOoO

-Qu'est-ce qui est arrivé à Itachi ? s'étonna Nagato en voyant l'Uchiwa faire la danse du ventre en lavant la vaisselle.

-Je crois que c'est hormonal, répondit Konan en servant une table.

-Hormonal ? répéta un client curieux.

-Ça veut dire que ce soir, il va sauter son mec, et que ça va lui faire beaucoup de bien parce que ça fait des mois qu'il n'a plus tiré son coup, répondit Deidara.

-Hey ! protesta Itachi. Tu parles de moi comme d'une traînée !

-On dit « gigolo », quand on est un mec, indiqua Kisame avec un sourire moqueur.

-Je vais pas « sauter mon mec », je vais « honorer mon conjoint », reprit Itachi.

-C'est du pareil au même, rétorqua Yahiko.

Itachi soupira bruyamment.

-Vous n'avez aucun sens de la romance.

Il se remit à danser en rangeant les verres dans une étagères.

-Voilà les hormones qui redémarrent, ricana Deidara.

-Tu râlais moins quand elles t'étaient destinées, mes hormones, rétorqua Itachi en sautillant pour atteindre le haut de l'étagère.

Sasori gronda sourdement et Itachi lui tira la langue.

-Ah, j'en peux plus d'attendre ! se lamenta-t-il.

-Mais que quelqu'un le calme, il fait fuir les clients ! se plaignit Kisame.

-Itachi, arrête de te frotter contre le comptoir, dit Deidara d'un ton anodin en imprimant l'addition d'un client. Y a des toilettes, si tu veux te soulager.

-Quoi ? Mais ! s'offusqua Itachi.

Deidara lui sourit, railleur.

-On le sait, que tu l'aimes. Calme tes ardeurs.

Itachi leva les mains au ciel, scandalisé. La porte d'entrée d'ouvrit dans un tintement léger.

-Itachi est encore là ? demanda le nouvel arrivant.

-Son corps, oui. Mais je crois que son esprit a pris la tangente, répondit Konan, très sérieuse. Ita-chan, y a du monde pour toi !

Le serveur apparut de derrière le comptoir.

-Sasukeeee ! s'écria-t-il en se jetant sur son frère. T'as déjà fini les cours ?

-J'avais Hatake en dernière heure, dit Sasuke en haussant une épaule.

-Il est malade ? s'inquiéta Itachi, qui appréciait le professeur.

-Pas exactement. C'est juste que Hatake + Iruka-sensei + capotes phosphorescentes = une heure de cours en moins.

-Oooh, je vois.

-Tu n'es pas le seul à vivre sous l'impulsion de tes hormones, lui lança Yahiko.

-Râh mais ta gueule !

-On rentre ? demanda Sasuke.

-Euh… c'est que je dois terminer mon service et il n'est que onze heures…

-Vas-y. De toute façon, tu es incapable de travailler dans cet état, lui dit Deidara.

Itachi sourit de toutes ses dents.

-Merci !

Il prit son sac et son manteau, dit au revoir à tout le monde et sortit au bras de son chéri.

-T'es pas stressé ? murmura Sasuke.

-Hm, dix mille fois plus que quand j'étais encore vierge. Et ça fait beaucoup.

Sasuke l'embrassa.

-C'est nul qu'on soit stressés.

-Non, c'est génial. Ça rajoute de l'importance ! dit-il, encourageant.

-T'es bizarre.

-Je t'aime.

-Idem.

Itachi se surprit à courir en tirant Sasuke derrière lui. Il était tellement impatient !

OoOoO

-Tu es sûr ? murmura Itachi.

-Sûr.

-Okay.

-Mh.

-J'y vais.

-Oui.

-Maintenant.

-Hm-hm.

Itachi inspira profondément, puis embrassa Sasuke. Il défit doucement les fermetures de son pull. Sasuke était immobile et silencieux, debout au milieu de la pièce, restant concentré sur Itachi et uniquement sur lui. Itachi embrassa ses joues et ses tempes, le couvrant de milliers de baisers, légers comme des plumes. Il lui ôta son pull et sa chemise, guidant ses mains vers ses propres vêtements.

Sasuke le fixa droit dans les yeux avec un petit sourire crispé, avant d'ouvrir sa chemise rouge.

Il se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser son front, les marques de ses joues, le coin de sa bouche, son cou, tout doucement, sans un son.

Itachi captura ses lèvres, tendrement, et se mit à baisser le pantalon de Sasuke. Ce dernier commençait à avoir la vue brouillée, il ne savait plus où il était, seuls comptaient lui et… et…

Et le temps de cette légère déconcentration, Sasuke était perdu. Il se rattrapa in extremis, réintégra son corps et murmura d'une voix rauque :

-Eloigne-toi de moi…

Itachi écarquilla les yeux.

-Je vais te faire du mal. Il.. il revient, éloigne-toi, je risque d'encore te frapper.

Sasuke, qui était à présent en boxer, recula de quelques pas et s'aplatit contre le mur.

-Je suis désolé…

-Mais je croyais que… souffla Itachi en s'approchant.

-Il n'est pas parti ! protesta Sasuke. Il est toujours en moi, et même si je ne le vois pas, son ombre est là et j'ai peur… de perdre pied…

-Sasuke… chuchota Itachi d'une voix angoissée.

-Eloigne-toi, soupira le plus jeune.

-Non ! se rebiffa-t-il. Je t'ai écouté, samedi, et je me suis éloigné, mais je n'ai pas à fuir tout le temps !

Sasuke se prit la tête dans les mains. L'image d'Orochimaru dansait devant ses yeux, il n'entendait plus ni ne voyait Itachi, il était perdu. Itachi s'alarma et attrapa son bras.

-Sasuke ! répéta-t-il.

-Lâchez-moi ! hurla l'adolescent. Je ne veux pas ! Je ne veux pas tuer mon frère ! Je ne veux plus… je l'aime ! Je t'aime Itachi ! Lâchez-moi !

Itachi tressaillit. C'était la première fois que Sasuke lui disait explicitement qu'il l'aimait.

-Sasuke ! REGARDE-MOI !

Il prit son visage tordu par la peur entre ses mains.

-C'est moi ! C'est Itachi… murmura-t-il. Je t'aime, mon ange.

-Si tu m'aimes, sauve-moi. Exorcise-moi. Fais-le sortir de mon corps. Chasse-le, si tu m'aimes ! S'il te plaît. Prends sa place.

Itachi cligna les yeux, étourdi. C'était la plus belle déclaration d'amour qu'on lui eût faite, sans doute parce que ces mots sortaient de la bouche pâle de son ange.

Il souleva Sasuke de terre et l'allongea sur le lit.

-Tue-le, Itachi. Tue-le. Il m'a fait tant de mal… murmura le garçon en attrapant ses poignets.

-Où ? demanda Itachi avec impatience.

Sasuke ne comprit pas sa question.

-Montre-moi où il t'a fait mal. Je veux apaiser toutes les blessures qu'il t'a faites.

Sasuke ne se souvenait que trop bien de cette nuit. Il se souvenait de la poigne trop forte sur son épaule, de sa tête cognée contre le mur, de son front éraflé sur les briques… Sans un mot, il désigna son épaule. Itachi se pencha et souffla doucement sur sa peau, comme pour en apaiser la douleur, et y posa un baiser, pour laisser son sceau sur l'épiderme pâle.

Sasuke posa le doigt sur l'arrière de son crâne, où il avait percuté le mur. Itachi soupira dans ses cheveux et embrassa sa tête. L'adolescent désigna son front, que son aîné embrassa. Puis son torse, son omoplate, son bras…

Entre chaque baiser, Itachi lui murmurait des mots d'amour, tellement loin des phrases crues qu'Orochimaru lui avait crachées dans les oreilles.

Quand Sasuke toucha ses lèvres du bout des doigts, Itachi embrassa d'abord sa main, glissant vers ses doigts et enfin vers sa bouche. Il l'embrassa longuement, comme pour aspirer Orochimaru hors de son corps, par la bouche. Quand il se redressa, il lut dans les yeux de Sasuke quelque chose d'une infinie reconnaissance.

-Il t'a fait mal ailleurs ? murmura Itachi.

Sasuke ferma les yeux, honteux, avant de prendre la main droite de son frère et de la guider vers son entrejambe.

Itachi acquiesça et, de la main gauche, amena la main libre de Sasuke vers son visage.

-Je t'aime, souffla-t-il contre sa paume.

Il guida Sasuke, glissant les doigts de son petit frère dans sa longue chevelure d'ébène. Il se pencha sur son torse, l'embrassant doucement, la main de Sasuke toujours dans ses cheveux. Il arriva à son boxer, qu'il ôta lentement, dévoilant cette part cachée de Sasuke. Il l'embrassa tendrement, appliquant le même rituel que sur le reste de son corps. Il sentit la main de Sasuke se crisper sur sa tête.

-C'est moi, Sasuke. C'est Itachi.

Il préférait le lui rappeler, pour éviter tout accident.

-Je sais que… c'est toi… idiot ! chuchota-t-il, la voix hachée.

-Hum, je te fais de l'effet, on dirait, sourit Itachi, plutôt fier de lui.

-Tais-toi !

Itachi ricana et le prit lentement en bouche, plus tout à fait sûr de ce qu'il faisait. Cela faisait presqu'un an qu'il n'avait plus fait ça. Mais il avait l'air de s'en tirer assez bien, au vu des soupirs extatiques que lâchait Sasuke.

-Hmmm… Itachiiii…

Ses doigts crispés dans ses cheveux le guidaient dans ses mouvements. Itachi s'arrêta soudain, détachant les mains de Sasuke.

-Itachi ! protesta-t-il.

-Attends un peu, chuchota Itachi en embrassant ses lèvres.

Sasuke ferma les yeux. Il ne pouvait pas résister, quand Itachi assaillait sa bouche.

-Il t'a fait mal ailleurs ou juste au…

-Non. Il m'a juste défoncé le cul.

Itachi grimaça.

-C'est pas joli, des mots pareils dans ta bouche d'ange.

Sasuke sourit.

-Je t'aime, murmurèrent-ils en même temps.

Itachi se recula et sa tête disparut de nouveau entre les jambes de Sasuke, qui se cambra violemment en sentant sa bouche à un endroit… inapproprié.

-Itachiii qu'est-ce que tu fous ?

-Je chasse Orochimaru. Dis donc, tu as des belles fesses, tu m'avais caché ça.

-Ta gueule.

La tête d'Itachi réapparut. L'aîné Uchiwa tendit le bras vers sa table de nuit et en sortit un tube de lubrifiant. Sasuke captura ses lèvres au passage.

-Tu ne le vois plus ? chuchota l'aîné.

-Maintenant qu'il sait que tu le traques, il n'ose plus se montrer, répondit Sasuke à voix basse.

Itachi soupira de soulagement. Il ouvrit le tube de lubrifiant, interrogeant Sasuke du regard.

-Vas-y, murmura-t-il en écartant un peu plus les jambes.

Itachi embrassa son ventre, redessinant ses abdominaux, sa langue s'attardant dans le creux de son nombril, tandis qu'il le préparait lentement à sa venue.

-Oooh, Itachi…

-Je te fais mal ?

Sasuke secoua la tête en signe de dénégation.

-C'est bon ?

-Ouiii… soupira l'adolescent en ondulant légèrement les hanches.

De sa main libre, Itachi acheva de se déshabiller.

-Prêt ? murmura-t-il.

-Oui, répondit Sasuke, sans tout à fait comprendre le sens de la question, l'esprit complètement embrumé, le cerveau englué de plaisir.

Itachi se retira de lui, tout doucement. Il souleva son bassin et glissa ses jambes repliées sous le dos de son frère. Il le redressa doucement et Sasuke se retrouva assis sur ses cuisses.

-Ça te fera moins mal comme ça, chuchota-t-il en le soulevant un peu.

-Itachi, je t'aime… murmura Sasuke, perdu entre ce monde et un autre.

-Moi aussi, chaton… attention…

Sasuke poussa un petit cri tandis qu'Itachi l'aidait à s'empaler sur lui.

-Ça va ? chuchota Itachi, inquiet.

-Ouiii…

Il avait mal, bien sûr, un peu. Mais étrangement ce n'était pas le genre de douleur qui faisait peur, c'était le genre de douleur un peu délicieuse, qui donne envie de plus, tout simplement.

Itachi sourit, les yeux ancrés dans ceux de son frère, mari et désormais amant.

Mais Sasuke avait de plus en plus de mal à les garder ouverts.

-Itachi… murmura-t-il.

Celui-ci réagit enfin et commença à se mouvoir en lui.

-Sasuke, tu es tellement…

Le plus jeune le fit taire d'un baiser, puis s'immobilisa, foudroyé par une vague de plaisir plus forte.

-C'était quoi ? haleta-t-il.

-Prostate, diagnostiqua Itachi avec un sourire en coin, en se déhanchant un peu plus, provoquant un nouveau cri.

Sasuke se cramponna à ses épaules et le tira en arrière, se couchant sur le dos.

-Refais-le, ordonna-t-il, les paupières à moitié closes.

Itachi sourit. Il l'adorait. Il était fou de lui. Totalement et irrémédiablement accro.

Il souleva une de ses jambes pour la poser sur son épaule, chacun de ses gestes provoquant un gémissement chez Sasuke, puis se remit à onduler en lui.

Sasuke, toujours désespérément accroché à ses épaules, avait la bouche grande ouverte, mais n'émettait plus un son. Itachi sondait ses yeux, cherchant à voir si son visage exprimait le plaisir ou la douleur, mais ne trouva rien que deux orbes noirs et abominablement vides.

Quelque chose se passait derrière ses yeux, quelque combat insensé auquel Itachi n'avait pas accès. Il l'embrassa tout en faisant de longs va-et-vient en lui.

-Sasuke, chuchota-t-il. Sasuke, c'est moi. C'est juste moi.

-Je… sais, murmura Sasuke d'une voix rauque entrecoupée de gémissements. Il est… parti…

Itachi plongea ses yeux dans ceux de Sasuke, comme pour vérifier ses dires. Ils n'étaient plus vides, ni froids, ni tristes. Ils étaient grands et brillants, comme lorsqu'il était enfant, et ils luisaient de bonheur. Itachi accéléra subitement ses mouvements. Sasuke, sans réfléchir, enfonça ses ongles dans sa peau pâle, pressant sa bouche dans son cou pour ne pas crier.

-Plus… fort… gémit-il en se tordant sous lui.

Itachi accéléra à sa demande, de plus en plus vite, de plus en plus fort, et Sasuke sentit quelque chose grandir en lui, quelque chose qu'il n'avait jamais ressenti aussi bien.

-Itachi… je vais…

-Viens.

La voix rauque et horriblement sexy d'Itachi le secoua d'un long frisson et, rouge de confusion, il vint entre leurs deux ventres. Itachi ferma violemment les paupières, en soupirant bizarrement et en soufflant le prénom de Sasuke, avant de se répandre en lui.

Il s'effondra sur le corps encore frissonnant de son frère et l'embrassa nerveusement.

-Sasuke, Sasuke, Sasuke…

Ce dernier desserra son emprise sur les larges épaules de son amant et laissa ses mains retomber sur les draps, en reprenant son souffle. Itachi lécha les quelques larmes qui avaient perlé au coin de ses paupières en murmurant des « je t'aime » désordonnés, entrecoupés de profonds soupirs.

-Waouh, souffla Sasuke, encore ébloui.

Itachi rit doucement et se retira de lui, avant de se coucher sur le dos.

-Ça fait ça, d'être en-dessous ? murmura Sasuke.

-Ah non, ça fait ça d'être en-dessous d'Uchiwa Itachi. Le commun des mortels ne pourrait pas te faire jouir de la sorte, mon chou.

-« Mon chou ». C'est quoi ce surnom débile ? Ça va être quoi, après ? « Mon canard en sucre » ?

-Mais non, mon chaton.

Sasuke se blottit contre lui.

-Il est quelle heure ? chuchota-t-il.

-Midi quart, murmura Itachi.

-On n'a même pas fermé les rideaux ! réalisa le cadet avec une expression horrifiée. Si ça se trouve, les voisins se sont rincé l'œil !

-Oh, Kurosaki était sous l'armoire !

-C'est un perver…

-C'est mignon un chat pervers ! s'exclama Itachi en faisant mine de se lever pour le caresser.

Sasuke le retint par le bras.

-Reste près de moi, susurra-t-il avec une moue aguicheuse, l'air de dire « je veux un câlin maintenant ».

Itachi rit de bon cœur et se rallongea près de lui.

Kurosaki se coucha comme un sphinx au pied du lit, observant avec intérêt les deux corps qui se mouvaient sur les draps défaits. Il savait que c'étaient ses maîtres, c'était d'ailleurs pour cela qu'il regardait. Il regardait toujours, en fait, qui que soit la personne accompagnant son jeune maître, cela l'intriguait au plus haut point. Mais il n'aimait pas quand son jeune maître faisait ça avec un autre, il n'y avait rien de beau, rien de magique, rien de parfait dans l'union de deux corps si inconnus l'un de l'autre.

Mais Kurosaki regardait quand même, car il lui semblait que c'était de son devoir d'être là, de signaler à son maître, une fois seul, que lui ne partirait pas. Un contrat implicite entre chat et humain.

Ce second maître avait rendu ce contrat totalement inutile. Parce que lui non plus ne partirait pas. Alors les voir faire ça enchantait presque Kurosaki, parce que c'était vraiment beau, magique et parfait, parce que leurs deux corps se connaissaient sans s'être jamais touchés si intimement, leurs âmes s'étaient reconnues et n'attendaient que de pouvoir fusionner. Et même si Kurosaki ne pouvait pas tout comprendre des humains, il comprenait que les soupirs qui s'échappaient des lèvres de ses deux maîtres étaient les plus beaux qu'ils pouvaient produire.

Kurosaki ne comprenait pas tout du langage des humains. Il savait que ses deux maîtres parlaient différemment, le plus jeune, avare de mots, le plus âgé parlant à tort et à travers. Il ne comprenait pas le sens du mot « pervers », que son jeune maître lui adressait souvent lorsqu'il l'épiait du coin de sa pupille verticale. Si dévouer toute son affection de chat à son maître, si surveiller qu'il ne souffre pas trop, si affirmer sa présence apaisante faisait de lui un « pervers », alors il était pervers.

Kurosaki aimait ses maîtres.

Il aimait les voir.

Il aimait les voir s'aimer.

OoOoO

-Il est… quelle heure ? soupira Itachi en repoussant le drap trop moite en bas du lit.

-Dix-huit heures, souffla Sasuke, épuisé.

Itachi éclata d'un long rire fatigué.

-On a tenu plus de six heures de baise ?

-Faut croire, dit Sasuke, le sourire en coin.

-Tu vas me tuer.

-Je plaiderai le crime passionnel.

-Si on continue comme ça, je vais devoir me mettre au viagra pour tenir le rythme. La honte… je me vois déjà à la pharmacie, tiens…

-Je t'aime.

Itachi roula sur le côté et se colla à son petit frère.

-Moi aussi.

-Je vais pas savoir me lever.

-En effet, ricana Itachi.

-J'ai faim.

-Il reste des choux à la crème dans le frigo.

-Tu vas me les chercher ? demanda Sasuke avec douceur, la main posée sur son bras.

Itachi se leva et s'étira, faisant rouler ses muscles sous sa peau d'albâtre, rougie en plusieurs endroits par les morsures, les griffures et les marques que lui avait appliquées Sasuke.

-Hello, Kurosaki ! Toujours en train de mater, à ce que je vois.

Le chat miaula fièrement et bondit sur le lit. Sasuke caressa le matou avec une tendresse encore plus grande qu'à l'accoutumée. Itachi lui adressa un clin d'œil avant de se diriger vers la cuisine, intégralement nu. Il ouvrit le frigo, sortit l'assiette de pâtisseries et s'apprêta à retourner à la chambre lorsqu'il entendit des coups frappés à la porte. Il attrapa un torchon qu'il noua à ses reins et ouvrit la porte d'entrée.

-C'est pour quoi ? demanda-t-il le plus naturellement du monde en ramenant ses cheveux en arrière. Oh, Naruto. Ça va ?

Le blondinet était bouche bée, scrutant les différentes marques sur la peau blanche de son interlocuteur.

-Je venais voir Sasuke, ça fait deux heures que j'essayais de le joindre et… je pensais que vous aviez fini depuis longtemps… je me demandais si ça allait… bégaya Naruto, pour une fois privé de sa loquacité légendaire.

-Aussi bien qu'on peut l'imaginer en voyant ce qu'il a fait de mon corps parfait, répondit Itachi en écartant les bras – lui ne manquait pas de volubilité. Ce serait mieux que tu repasses une autre fois.

-Ouais, ça vaut mieux, acquiesça Naruto en faisant mine de tourner les talons.

Itachi tendit la joue pour lui faire la bise, mais rebuté par l'odeur forte qu'il dégageait, Naruto préféra décliner l'invitation. Il partit en courant presque et Itachi referma la porte.

-C'était qui ? demanda Sasuke en accueillant son Messie personnel, descendant du ciel avec ses choux à la crème.

-Naruto. Je crois que je l'ai choqué à vie.

-Y a pas qu'à lui que tu fais cet effet, ricana Sasuke. Le voisin du dessus vient d'appeler, il aimerait que tu me bâillonnes, la prochaine fois.

-Hm… intéressant… murmura pensivement Itachi, en se grattant le menton.

Il ouvrit l'armoire et en sortit un nouveau drap. Il se recoucha et étendit le drap propre sur leurs deux corps en répétant « intéressant ». Il se pencha vers le visage de Sasuke pour happer du bout des lèvres un peu de crème pâtissière qui était tombée sur son menton.

-Tu manges comme Naruto.

-C'est de ta faute. Tu m'as trop crevé.

-Ma faute ? Qui m'a fait ses yeux de vamp en se collant à moi jusqu'à ce que j'en perde la tête ?

Sasuke haussa les épaules, boudeur. Il avala encore deux choux, puis bâilla exagérément et remonta le drap sous son menton, prêt à dormir. Itachi l'entoura de ses bras, glissant sa main dans la sienne et s'installa plus confortablement, satisfait.

De sa vie, il ne s'était jamais senti aussi comblé.

Le diamant de son alliance capta un rayon de soleil et le réfléchit, dirigeant la lumière dorée vers le diamant, tout proche, de la bague de Sasuke.

Les deux pierres brillaient d'un éclat irréel et Itachi s'endormit sur cette vision merveilleuse.

Fin.


J'espère que vous avez aimé^^ Laissez plein de reviews pour finir cette histoire en beauté :D