Bon... Me revoilà. Pour ceux qui lisent (et en passant, qui ne manifestent pas) voici le chapitre 4. J'espère qu'il vous plaira (et ça ne coûte rien de le dire).


Le plus humain de tous

les noms ont du pouvoir


Chapitre 4 : L'orphelin et la torturée

Charlotte était assise à la table des Serdaigle. Tom l'avait repérée immédiatement : les autres élèves la fuyaient. Penchée sur un livre, elle n'avait rien à manger devant elle.

Un sourire satisfait collé sur le visage, il se dirigea à grands pas vers la table des bleu et bronze.

- Bonjour, lâcha-t-il en s'asseyant à côté d'elle

Elle leva la tête et le dévisagea :

- Bonjour. Tu veux quoi ?

- À ton avis ?

Son petit déjeuner apparut devant lui et il commença à manger. Il entendit Charlotte soupirer tandis qu'elle replongeait dans sa lecture.

- Tu ne manges pas ? demanda-t-il

Il prit son absence de réponse pour un non.

- Mange ou je te jette un sort.

- Tu te prends pour qui ?

- Mange.

Elle releva la tête. Il lui fit signe qu'il allait sortir sa baguette.

- Tu vas me lancer quoi ? Un Impardonnable ?

- Tu penses que ce sont des menaces en l'air ?

- À quoi ça t'avance que je mange ou non ?

- Tu ne feras pas de crise.

- Quelle crise ?

- Faiblesse.

Elle baissa légèrement le menton. Elle en avait fait plein...

Il vit apparaître une assiette devant elle :

- Mange. Si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour le monde sorcier.

- Quoi ?

- On a besoin de sorcières en bon état pour détruire la créature de la Chambre des Secrets.

Il ne comprit pas pourquoi mais ce mensonge-argument marcha et il vit dans les yeux grands ouverts de surprise des Serdaigle que Charlotte Peterson n'avait jamais prit de petit-déjeuner auparavant.


- Hé ! Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je porte ton sac.

Charlotte était sidérée :

- Tu crois que tu m'auras en jouant le gentil valet ?

- Pourquoi pas ?

- Tu t'es trompé d'adresse alors.

Ils arrivèrent en Runes, Tom portant deux sacs et Charlotte marchant devant lui, dévisagés par la classe entière.

Tom rendit son sac à sa camarade er rejoignit son binôme de Serpentard à leur paillasse habituelle.

Il était satisfait. Très satisfait.

Il allait y arriver.

Ou pas...


- Tu vas arrêter de me suivre partout ?

- Je porte ton sac.

- Mais on a deux cours différents.

- Qu'est-ce que tu as ?

- Histoire de la Magie... soupira-t-elle

- Avec le vieux machin soporifique ?

- C'est ça... Et... Et toi ?

- Métamorphose, cracha-t-il

- Avec le vieux déjanté.

- Je donnerai tout pour sécher un cours de Dumbledore.

- Sécher est contraire au règlement.

- Et...?

Il s'approcha d'elle en esquissant un sourire charmeur. Il fut déçu :

- On est deux préfets.

- Juste une fois...

- Non.

- Allez !

- Non.

- Et si je te supplie ?

- Non.

- Tu préfères sincèrement aller en Histoire de la Magie ?

- Euh... Non...

- Qu'est-ce qui te retient alors ?

Charlotte se mordit la lèvre et soupira :

- Juste cette fois alors.


Ils passèrent un long moment dehors, près du lac.

Que firent-ils ?

Au début rien. Il y avait une certaine méfiance entre les deux. Mais Tom, prit d'un élan incompréhensible, prit les choses en main et se mit à parler. Sans savoir pourquoi er sans pour autant pouvoir s'arrêter, il raconta son passé à l'orphelinat, sa rencontre et sa crainte de Dumbledore, sa haine de son père, les sentiments qu'il avait ressenti en apprenant la mort de sa mère...

Et pas une fois il n'entendit Charlotte.

Elle l'écoutait. Immobile.

Une fois que le Serpentard eut terminé, son regard se perdit dans l'eau du lac.

- Je... dit Charlotte. Ne sais pas quoi te dire. Je ne peux rien faire... Si je disais quoi que ce soit pour te réconforter, ç âne ferait qu'enfoncer le couteau dans la plaie.

Tom, sans vraiment comprendre pourquoi, sourit :

- Au moins tu le dis.

- Mon... Mon... Mon propre père était un monstre.

Elle dévoila son bras droit. Tom, abasourdi, fit courir ses doigts le long des coupures qui striaient la peau pâle de la Serdaigle.

- C'est... C'est lui qui t'a fait ça ?

Elle opina :

- Mais ça n'a pas toujours été ça. Mon père a été déclaré fou. C'était officiel sur son dossier médical. Quand je dis fou, c'est vraiment fou, pas un peu déjanté. Ma mère a refusé son internat en asile psychiatrique et a obtenu gain de cause. Je la hais pour ça. Tout a empiré pour moi.

Elle recouvrit son bras, repoussant la caresse de Tom :

- Quand j'étais petite, il m'attachait à une chaise et me mettait des araignées dessus pour se délecter de mes hurlements. Je suis terrorisée par les araignées. Je les hais. Ça a été une expérience traumatisante pour moi. Puis, il a été... violent. Je hais mon père pour tout ce qu'il m'a fait. Je hais ma mère pour la réaction qu'elle a eu quand elle l'a appris : si tu oses le dire à qui que ce soit, je te jure que la mort serait presque trop gentille comme punition. Je hais les vacances qui m'obligent à retourner là-bas. Je me hais pour ne pouvoir rien faire...

Tom la trouva immensément fragile en cet instant. Elle venait de lui révéler un affreux secret alors qu'elle le détestait.

Elle avait raison quand elle disait que tenter de la réconforter ne ferait qu'enfoncer le couteau dans la plaie. Il ne trouvait pas de mot.

Sauf un. Un seul.

- Charlotte...

Elle frissonna à l'entente de son prénom, prononcé par ce Serpentard cruel et manipulateur.

Les noms ont du pouvoir.

Elle leva son regard vers Tom qui sonda ses yeux gris brillants de douleur.

Elle pleurait.

Charlotte Peterson pleurait.

Ils avaient abaissé leurs barrières. Ils avaient parlé.

Le silence s'était à nouveau emparé d'eux, tandis que leurs yeux étaient accrochés.

Ils restèrent sans dire un mot très longtemps.

L'heure de liberté était presque écoulée quand Tom allongea son bras pour le passer autour des épaules de Charlotte.

Il fallait qu'ils retournent en cours.

- Je te retrouve à midi, Charlotte ? demanda Tom une fois dans les couloirs quand elle récupéra son sac pour aller en Potions

- D'accord.

- À tout à l'heure, alors.

- À tout à l'heure... Tom.

La dernière chose qu'elle vit avant de disparaître dans la salle de Slughorn, ce fut l'immense sourire du jeune préfet de Serpentard.


Les rumeurs commencèrent à courir.

Les deux préfets mangeaient ensemble à la tables des Serdaigle, discutant et riant aux éclats. Lui l'accompagnait en cours en portant son sac, ils s'asseyaient ensemble lors de leurs cours communs...

Leur amitié naissante fut prise trop vite pour une romance.

Tom se sentait différent depuis quelques jours. Chaque fois que le regard de Charlotte se posait sur lui... Il ressentait un drôle de... De quoi ?

Pourtant, une mauvaise nouvelle ne tarda pas à assombrir le ciel de Poudlard.

La préfète de Poufsouffle débarqua avec son collègue de Serdaigle, Christian Johnson, pendant le cours de Potion des Serpentard de cinquième année.

- Un problème Miss Timer ? demanda Slughorn

- Les préfets en chef ont demandé une convocation urgente des préfets de cinquième et sixième année. Et le directeur Dippet veut voir tous les professeurs.

- Que s'est-il passé ? demanda Tom d'un faux ton alarmé

Il lisait de la terreur dans les yeux des deux préfets.

- On... Une élève a été tuée. On a retrouvé son cadavre dans les toilettes. C'est... C'est une Serdaigle.


Voilà... J'espère que ça vous a plu.

Le prochain chapitre sera bientôt mis en ligne. Vous en saurez plus sur le dilemme interne de Tom. Il reste trois chapitres plus l'épilogue (où on retrouvera Hermione).

Bye !

ACS