Notes: Enfin! un deuxième OS. Je sais, je mets du temps à écrire et à poster. Une vraie plaie. Mais bon, quoiqu'il en soit, il est bien là. Le deuxième OS. Si, si.
PS: Merci pour les reviews! Je suis vraiment contente de voir que l'idée et le premier texte plaisent… :)
II. Fondcombe – Arwen & Elrohir
(Ecrit sur la valse n°7, op. 64 n°2, de Chopin)
Un grincement retentit dans la nuit. Dans l'embrasure de la porte coupable apparut une petite silhouette. A demi-cachée, elle jeta un regard à gauche, puis à droite. La voie semblait libre. Elle observa alors avec appréhension les grandes ombres qui s'étendaient de part et d'autre du vaste couloir. Celles-ci semblaient bien menaçantes pour l'enfant qu'elle était… Néanmoins, elle aperçut un petit chemin de lumière, tracé depuis les nombreuses fenêtres par la lueur bienveillante de la lune. Rassemblant tout son courage, elle sortit de sa chambre et courut à travers les ombres, jusqu'à ce qu'elle eût atteint l'espace éclairé. Rassurée, elle poussa un soupir de soulagement et se mit en marche, aussi discrètement que possible.
L'enfant ne savait guère où elle allait. Elle cherchait surtout un endroit plus accueillant que sa sombre chambre. Cependant, même si elle passait ses journées à gambader d'un bout à l'autre de la Demeure, les couloirs lui semblaient bien moins familiers la nuit, et elle peinait à trouver son chemin. De plus, l'hiver approchait, et le temps se faisait de plus en plus froid. Pieds nus, vêtue d'une simple chemise de nuit, elle se mit vite à trembler.
Elle évitait autant que possible les larges zones d'ombre, leur préférant la douce lueur de la lune, bien que celle-ci ne lui fournît aucune cachette. Si quelqu'un arrivait, il la surprendrait sans mal… D'un autre côté, elle n'aurait pas été contre une présence bienveillante. Que n'aurait-elle donné à ce moment précis pour retrouver l'étreinte rassurante de sa mère… Mais elle ne parvenait même plus à se souvenir du chemin qui menait à la chambre de ses parents. Les larmes lui montèrent aux yeux; elle était perdue…
Laissant échapper un sanglot, elle se mit à courir. Elle n'en pouvait plus de ces ombres qui la terrifiaient… Le cri d'un oiseau de nuit résonna, glaçant, et elle se retint d'hurler de peur. Forçant l'allure autant qu'elle pouvait, elle manqua de trébucher au détour d'un couloir…
Quand soudain elle s'arrêta. A travers ses larmes, elle aperçevait le rougeoiement chaleureux d'une lumière qui émanait d'une porte entrouverte.
Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle reprit sa course avec une ardeur renouvelée et traversa le long couloir qui la séparait de la lueur bienveillante. Elle ralentit finalement l'allure, puis s'approcha de la porte avec discrétion. Elle scruta l'intérieur de la pièce à travers l'embrasure, et tendit l'oreille; elle ne vit rien, et n'entendit que le crépitement du feu. L'endroit était apparemment désert; elle poussa donc la porte, et entra.
A peine avait-elle fait quelques pas dans la pièce que la lumière et la chaleur vinrent l'envelopper d'une étreinte rassurante. Elle alla s'asseoir devant l'âtre, sur un grand tapis qui reposait là. La douceur de l'étoffe était bien plus agréable que la morsure froide de la pierre… Elle ramena ses jambes contre elle et posa son menton sur ses genoux. Dans cette atmosphère chaleureuse, elle se sentait enfin réconfortée; ici ses cauchemars ne la dérangeraient plus. La peur s'était envolée.
o o o o
Elrohir arpentait les couloirs d'un pas tranquille. Le sommeil semblait l'ignorer cette nuit-là, si bien qu'il avait décidé d'aller lui-même à sa rencontre dans une ballade nocturne. Passant devant une large fenêtre, il observa d'un air pensif le paysage endormi qui s'offrait à lui. Son regard fut alors attiré par un mince filet de lumière chaude, qui contrastait avec le scintillement froid des étoiles. A la fois curieux et intrigué, il s'avança vers la porte entrouverte d'où filtrait la lueur. Il l'ouvrit et entra sans un bruit.
Son regard se promena dans la pièce avant de se poser sur une petite silhouette assise devant le feu qui ronflait dans la cheminée. Même de dos, il n'eut aucune mal à la reconnaître. Il était plutôt surpris de voir sa petite sœur encore debout à une heure si avancée. A son tour, il vint s'asseoir sur le tapis, à côté de l'enfant. Celle-ci, apparemment captivée par les flammes qui dansaient dans l'âtre, ne sembla pas le remarquer.
«Tu ne dors pas, Arwen?
Le jeune Elfe avait parlé d'une voix douce, pour ne pas surprendre la fillette. Elle s'arracha à sa contemplation et tourna la tête vers lui. Elle sourit, visiblement heureuse de le voir, mais son visage reprit vite une expression indéchiffrable.
- Non, répliqua-t-elle, à demi-boudeuse.
Elle regarda autour d'elle, hésitante, puis ajouta:
- Et puis d'abord, je peux pas.
Elle reporta son attention sur le feu, sans cesser de jeter des regards en coin à son frère aîné. Celui-ci, amusé par son comportement, continua la conversation avec une indifférence feinte.
- Ah? Et pourquoi donc?
Arwen le fusilla du regard. Visiblement contrariée par la question, elle finit par lâcher sa réponse à contrecœur.
- Parce qu'il y a des monstres dans ma chambre. Même que je les ai vus bouger derrière les rideaux. J'avais peur qu'ils m'attrapent, alors je suis partie.
Elrohir sourit, se retenant de rire.
- Des monstres? Vraiment? dit-il en reprenant son sérieux. Et… A quoi ressemblaient-ils?
- Je sais pas, je ne les ai pas vu. Et puis je t'ai dit qu'ils étaient cachés!
L'Elfe s'excusa devant l'air offusqué de sa petite sœur.
- Pardonne-moi. Peut-être s'agissait-il d'Orques… Je ferais bien d'aller jeter un œil.
La fillette, qui se tenait prête à répliquer, lui jeta un regard déconcerté. Elle ne s'attendait apparemment pas à ça. Mais son frère l'ignora superbement.
- Tu… Tu ne te moques pas? dit-elle avec hésitation.
- Pourquoi? Je devrais?
- Non… Mais tu le fais chaque fois que je dis qu'il y a des monstres dans ma chambre!
Arwen croisa les bras et afficha une mine boudeuse. Sans se départir de son air sérieux, Elrohir lui répondit.
- Moi, me moquer? Pas du tout. Tu dois confondre avec Elladan…
- C'est pas vrai, je ne confonds pas! Tu… Vous ne me croyez jamais d'abord! C'est toujours pareil…
Elle prit une grande inspiration, avant de déclamer d'un ton offensé la réplique sentencieuse:
- Je le dirai à Ada!
Le jeune Elfe répliqua d'un air outragé.
- Quoi? Ce serait plutôt à moi de le faire, tu m'attaques sans raison depuis que je suis là!
- Parce que tu es venu m'embêter!
- Quelle idée… T'ai-je embêté ne serait-ce qu'une seule fois depuis ma venue?
- Eh bien…
- Et me suis-je moqué de toi?
La mine déconfite, l'enfant resta silencieuse. Elrohir afficha un air satisfait.
- C'est bien ce qu'il me semblait. Et pour te le prouver, je vais même aller dans ta chambre pour y chasser les monstres.
Arwen releva la tête, surprise. Il la regardait avec une expression sincère.
- C'est vrai?
- Bien sûr. Et je t'assure qu'après ça, ils n'y remettront plus jamais les pieds.
Un large sourire se dessina sur les lèvres de la fillette. Elle hésita, puis se leva finalement et vint se blottir contre son frère. Celui-ci passa un bras autour de ses épaules.
- Elrohir…
- Oui?
- Je peux dormir avec toi ce soir? On n'aura qu'à chasser les monstres demain…
- Si tu veux. Les monstres peuvent attendre.
- Tu crois qu'Elladan nous aiderait?
- Je peux le convaincre facilement.
- Promis?
- Juré.
Arwen poussa un soupir de soulagement. Elle ferma les yeux, puis souffla un dernier mot.
- Merci.
Elrohir sourit. Il se mit à fredonner une chanson douce pour la bercer.
Elle poussa un soupir bienheureux. L'étreinte protectrice d'un grand frère, c'était encore mieux qu'un feu de cheminée.
(Moi aussi j'aimerais bien me faire bercer par Elrohir… Enfin bref.)
Non, je vous jure que mes OS ne parleront pas que d'insomniaques, d'Elfes et de Fondcombe. C'est juste que ces trois derniers m'inspirent particulièrement ces temps-ci. A vrai dire, surtout les deux derniers.
Sur ce, à dans pas trop longtemps j'espère…
