Salut à tous. Cette fanfiction trainait depuis longtemps sur mon ordi et je me suis enfin décidée à la publier.

Bonne lecture.

CHAPITRE I
la Grosse Pomme

- De-rek ! Mais qu'est ce que tu fais encore!?

Lizzie a fermé les yeux un instant, comme pour reprendre son calme afin de ne pas nous tuer tous les deux. Ma demi-sœur était coincée entre Casey et moi sur un banc de l'aéroport, alors que je venais d'attraper le téléphone de Case d'une façon très subtile.

- Faut bien que je trouve une occupation.

Notre vol avait du retard et cela faisait environs une demi-heure que nous attendions ici.

- Ben pas avec mon téléphone ! a-t-elle répliqué en me l'arrachant des mains, les écorchant légèrement au passage.

- Oh ! Doucement Klutzilla !

Je lui ai rendu son portable. De toute façon, il n'y avait rien dedans qui soit digne d'intérêt.

Je me suis demandé une fois de plus ce que je faisais ici avec elles. Ah oui, elles se rendaient au remariage de leur père à New York, et le concert auquel je voulais assister dans quelques jours était à New York également. Nora avait insisté pour que nous prenions tous les trois le même vol, ça devait la rassurer de nous savoir ensemble. Au contraire, ça aurait plutôt dû l'inquiéter… J'étais donc coincé à l'aéroport de London avec ma demi-sœur et Casey.

Quelques minutes plus tard, nous avons enfin pu embarquer. Une fois installés tous les trois côtes à côtes dans les confortables sièges, une autre dispute a éclaté. Dans ces moments là, on ne se souciait pas des gens autour de nous : les expressions outrées des passants, ou celles quasiment désespérées de nos parents ne suffisaient pas à nous arrêter.

- Oh pitié ! La ferme !

Je me suis tourné vers Lizzie qui venait de toute évidence de perdre son calme. Casey s'est enfoncée dans son siège, visiblement vexée tandis que Lizzie nous regardait avec un petit air satisfait avant de se replonger dans sa lecture.

Le vol n'était pas si long, mais Casey a tout de même fini par s'endormir, la tête ballotant légèrement contre son siège. J'étais en train de penser à ce concert, et l'instant d'après j'avais les yeux rivés sur son visage angélique, sans vraiment comprendre comment mon regard était arrivé là…

oOo

Quand nous sommes descendus de l'avion, Dennis et sa fiancée étaient déjà là à nous attendre. Dennis a semblé ravis de nous revoir, bien qu'un peu surpris de me trouver ici également.

- Les enfants, je vous présente Lydia.

Celle-ci nous a souris d'un air avenant. Puis, se tournant vers Casey, elle a lancé d'un ton enjoué :

- Parfait, tu as invité ton petit-ami !

Le visage de Casey a parfaitement reflété son ahurissement sans qu'elle ait pu le contenir. Puis, reprenant quelque peu contenance alors que je souriais d'un air ironique, elle est parvenue à dire :

- Non ! Ça c'est Derek, notre demi-frère.

Elle a insisté sur le « demi », comme à son habitude surement parce qu'elle ne voulait pas être apparenté à un « crétin comme moi ».

- D'ailleurs, tu n'avais pas un taxi à appeler ? a-t-elle ajouté en se tournant vivement vers moi.

Ses yeux bleus semblaient prêts à me fusiller mais je n'avais rien fait cette fois, non ?

- Tu ne vas pas aller dormir à l'hôtel alors qu'on a des chambres d'amis inoccupées à la maison ! s'est exclamé Dennis.

Sa fille a légèrement pâli puis a frénétiquement hoché la tête de gauche à droite, mais trop tard… J'avais une occasion parfaite pour l'énerver, je n'allais quand même pas passer à côté !

oOo

Dennis a ouvert la porte d'entrée et s'est effacé pour nous laisser entrer.

- Bienvenu dans notre humble demeure ! a dit Lydia d'un ton légèrement pompeux.

Leur « demeure » été loin d'être « humble ». Il s'agissait en fait d'un appartement spacieux et lumineux au dernier étage d'un immense building en plein centre de New York. La grande baie vitrée du salon offrait une vue imprenable sur… et bien, les immeubles. De grands bâtiments qui s'élevaient jusqu'au ciel, des voitures et des taxis qui se disputaient la route... D'ici je ne pouvais pas entendre les coups de klaxon incessants mais je les imaginais très bien, les piétons qui se pressaient sur le trottoir étaient réduits à une taille de fourmis et le seul carré de végétation que j'apercevais était un petit parc avec une aire de jeux pour les enfants mais cette vue avait un charme indéniable.

Lydia, en parfaite maîtresse de maison, nous a indiqué nos chambres respectives tandis que Dennis repartait travailler.

- Il est sur un dossier important, nous a expliqué sa future femme. Il n'arrête pas de travailler en ce moment.

J'ai pu déceler de la tristesse sur son visage avant qu'elle n'affiche un immense sourire et ne lance :

- Je vous laisse vous installer !

Elle s'est éloignée ensuite vers la cuisine. Casey a fermement empoigné sa valise et s'est dirigé vers sa chambre en traînant légèrement des pieds. Je n'ai pu empêcher mon regard de couler le long de sa fine silhouette, suivant avec intérêt le léger balancement de ses hanches jusqu'à ce qu'elle n'ait fermé la porte derrière elle. Mon sac sur le dos, je suis entré dans la chambre qui m'avait été attribuée en regrettant que Sam n'ait pas pu venir avec moi. C'était apparemment la saison pour les mariages car Sam devait justement assister à celui de sa cousine. Et cet évènement était de toute évidence plus important qu'un simple concert aux yeux de la mère de mon meilleur ami.

J'étais en train de me demander ce que j'allais pouvoir faire de mon après-midi lorsque qu'on tapa à ma porte.

- Entrez !

Lydia et son sourire engageant se sont glissés par l'entrebâillement de la porte.

- Lizzie et moi allons nous balader, tu veux nous accompagner ?

J'ai été pris de court par sa suggestion. Après tout je n'étais pas censé venir chez eux au départ. Mais puisque j'étais ici autant en profiter et ne pas rester enfermé pendant des heures, non ?

- Oui, pourquoi pas.

Apparemment Casey avait décliné l'offre, prétextant une migraine due au voyage en avion. Lydia, Lizzie et moi avons fait un petit tour dans les environs. Elle a payé une glace à sa future belle-fille alors que je déclinais poliment son offre. Tout au long de l'après-midi, j'en ai appris plus sur Lydia. Editrice dans une grosse boite, elle était classe mais sportive à la fois. Et je m'aperçu que, sous ses airs un peu snobs, la jeune femme était réellement sympathique, pleine d'humour, et voulait sincèrement se faire apprécier de nous. Lizzie lui répondait poliment mais ne semblait pas convaincue. Je la comprenais très bien d'ailleurs, sachant par expérience à quel point il était difficile d'accepter le remariage d'un de ses parents.

Nous avons passé un agréable après-midi, bien que je me sente légèrement mal à l'aise avec les membres d'une famille qui n'était pas vraiment la mienne. Après tout, Lizzie n'était pas ma sœur mais elle l'était certainement plus à mes yeux que Casey.

Lorsque nous avons regagné l'appartement, Dennis était rentré du bureau et nous avait fait livrer du chinois. Casey, qui avait retrouvé un peu de sa bonne humeur habituelle, nous a rejoints et a répondu avec un entrain légèrement feint aux questions que nous posaient Lydia et Dennis sur les derniers évènements de nos vies à London.

Alors que mes yeux rencontraient ceux, d'un bleu orageux, de Casey, je me suis surpris à souhaiter à nouveau que Sam soit ici avec moi. Sam, Sam, Sam… Il avait, à mon plus grand désarroi, percé à jour mon « attirance » envers ma chère demi-sœur, et cela semblait même l'amuser. Bien sûr, dès qu'il abordait la question Casey (comme je l'avais surnommé pour moi-même) je changeais de sujet de façon plus ou moins subtile et il finissait par laisser tomber… pour un temps seulement. Il m'avait même demandé, il n'y avait pas si longtemps, quel était mon « plan de bataille ». En vérité, et pour la première fois de ma vie, je n'avais pas de « plan de bataille ». Mais je ne pouvais pas faire autrement… il s'agissait de ma demi-sœur ! Je ne voulais pas essayer de la séduire. Enfin, bien sûr que je le voulais, mais je ne pouvais pas.