Les ailes de la rébellion :

Bienvenue chez nous ! De la part d'Aglaé !

Tout le monde était encerclé. Les enfants empêchaient les soldats de faire le moindre geste, et la petite fille, toujours sur son muret, pointait de son calibre assez imposant, le front du commandant. Elle abordait un sourire des plus carnassiers, ce qui n'était visiblement, pas bon signe. Elle ordonna rapidement à ses « hommes », de se préparer à tirer.

« Je ne le demanderais qu'une fois ! Commença-t-elle. Où est votre planque, et donnez-nous toutes vos munitions et vos réserves de bouffes et d'eau ! Où sinon, c'est pas un front lisse que vous aurez, mais un cratère. »

Elle commença à se positionner de telles sortes à bien viser. Erwin, ayant assez de fierté et d'envie de vivre pour se laisser faire et tuer par un enfant sans agir, décida de résonner quelque peu la petite pour limiter les blesser.

« Ecoute, nous ne vous voulons pas de mal et nous souhaitons juste passer ou tout simplement s'en aller de ce cul de sac. Et puis,….Pose ton arme, tu vas finir par blesser quelqu'un avec ça ! »

Elle ne dit rien, et lâcha son sourire pour un air boudeur et un regard noir. Il venait de dire quoi là ?! Il venait de la traiter comme une gamine de six ans où elle rêvait ?! Elle vit un garde arriver vers elle à toute vitesse, il semblait ne pas se soucier des soldats présents, mais d'elle seulement. Il était assez loin.

« Et puis, continua le caporal, qui nous dit que tu sais t'en servir comme il faut d'ailleurs. Hein, gamine. »

Trop loin, certes, mais pas assez pour son arme. Elle ne prit même pas la peine de viser, ajusta juste son arme vite et tira tout aussi rapidement. Le soldat qui approchait tomba raide mort par terre. L'armée ne dit rien, surement assez choquée par cette vision, attendant aussi une quelconque réaction de leur supérieur.

« Tu as blessé quelqu'un….Dit Erwin encore un peu sonné par la rapidité du geste de l'enfant.

-Et tu sais t'en servir. Continua Rivaille sur un ton habituel mais quelque peu surpris. »

La petite ne compléta pas et se contenta de redresser son calibre une nouvelle fois en direction d'Erwin et ne le lâchait pas des yeux. Elle leur fit remarquer qu'ils étaient habillés différemment des autres soldats qu'elle avait l'habitude de voir, mais que ça ne la prendrait pas, qu'elle n'allait pas se faire avoir par cette débilitée. Qu'elle les trouerait de toutes les manières et qu'elle apporterait seulement les deux personnes les plus importantes à leur base. Elle ajouta aussi qu'elle était fière d'être rebelle et de tuer pour son but qui est la liberté, donc, qu'elle n'hésiterait pas à les trouer, les exterminer.

Les soldats n'osaient faire quoi que ce soit, ils venaient de reconnaître cet uniforme que portait Magalie. Sauf qu'à l'instar d'une veste courte et noire avec leur blason, la leader des rebelles portait un long manteau noir avec le blason sur son épaule gauche. Ils savaient donc que cette petite et son groupe faisaient partis du côté rebelle, et ne voulaient donc ne pas lui faire de mal. Mais la gamine n'avait pas dit son dernier mot et était plus que prête à tirer. Elle commença à appuyer légèrement sur la gâchette lorsqu'elle posa l'ultime question auquel tous les gardes avaient droit.

« Un dernier mot ou une dernière prière avant de pisser le sang ?! »

Aucun soldat ne répondit, il fallait dire que la situation leur échappait et qu'ils ne savaient ce qu'ils devaient tous faire, attendant l'ordre de l'un de leur supérieur. L'enfant détourna son arme en direction de Sacha, libérant ainsi Erwin de l'emprise d'une mort certaine. La dite Sacha ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait jusqu'au moment où, par simple réflexe, elle esquiva une balle qui la frôla au niveau de la joue. Personne ne sut vraiment comment elle réussit à l'éviter celle-là, mais ce que tout le monde se disait était qu'elle avait une sacré chance. Même elle ne sut ce qu'elle a fait à ce moment-là, cela se voyait lorsque l'on regardait ses yeux ahuris.

La petite grogna et s'apprêta à tirer de nouveau lorsqu'une balle venant de nulle part fusa et la fit lâcher son arme. Elle regarda la silhouette qui venait de se détacher de la ruelle et qui était visiblement accompagnée, la faisant quelque peu rugir de rage.

Il y a quatre ans :

La petite venait de lâcher son arme au contact de la pierre qu'avait lancé son mentor. A ce contact trop brusque qu'avait eu le caillou avec son poignet, elle tomba, rejoignant ainsi son arme.

« A quoi penses-tu ?! » La gronda son mentor et sa sauveuse. « C'est comme ça que tu veux devenir une fière rebelle ?! Que tu veux te battre contre tous les gardes et soldats de ce pays ?! Laisses-moi rire ! » L'enfant grogna quelque peu avant de se relever, essoufflée et avec un air d'hargneuse sur son visage d'ange.

« On reprend ! » Avait alors lâchée sa professeur sans la moindre compassion. Elles étaient dans cette salle au fond du couloir depuis combien de temps déjà ? Elle n'en savait rien. Elle était juste épuisée et ne ressentait que de la colère envers une personne qui ne pouvait n'être qu'elle. Elle se détestait elle-même de ne pas y arriver, de ne pas pouvoir tenir cette connerie de flingue normalement. Elle y arriverait, il le fallait ! Pour ses parents et sa famille qui venaient de mourir, pour sa maison en cendre, pour son mentor et sauveuse pour le peuple et contre l'armée, le roi, les princes et la princesse et contre les nobles.

Elle reprit le calibre et évitait de mieux en mieux les cailloux que lui lançait sa supérieure. Plus tard, un sourire s'afficha sur les lèvres de l'ainée qui était plus que fière des progrès que sa petite protégé.

Un peu plus tard encore, elle lui dit que s'en était finit pour la journée et qu'elle pouvait aller se reposer. En partant de la pièce, la professeure lança une serviette en coton blanche sur la tête de la plus petite, assise sur le sol et en sueur.

L'enfant sortit elle aussi de la salle qu'elle referma soigneusement à clef. Elle traversa le couloir pour atterrir près des rambardes en craie aux allures grecs où sa chef c'était assise, elle regardait le petit carré d'herbe où venait un peu de soleil réchauffant. La petite s'assit à son tour à ses côtés et contempla elle aussi le carré d'un œil rêveur mais tout de même vide. La plus grande avait le même air sur le visage. Mais un détail choqua la plus jeune lorsqu'elle s'en rendit compte.

« Tu-….Tu as pleuré ?! »

A ce moment-là, surprise, la plus grande se frotta ses yeux rouges et bouffis de l'avant-bras et demanda à sa cadette de ne pas raconter de bêtises. La plus jeune, ne croyant pas une seule seconde à cette la poussa à lui expliquer la raison de ses larmes d'un ton curieux et plutôt innocent. Ne tenant plus, sa supérieure eue de nouvelles larmes qui perlèrent au coins de ses yeux.

« Tu te souviens de ton arrivé ?

-Comment l'oublier, c'était il y a deux mois !

-Te souviens-tu de ce que j'ai ramassé ce jour-là ? »

A ces mots, l'enfant revit le corps de cette femme rousse qui avait été placée dans une charrette. Elle eue quelque frissons et peur d'avoir compris où sa chef voulait en venir. Alors cette femme, c'était…. Elle ne put s'empêcher de poser sa tête contre l'épaule de sa sauveuse et lui dit de ne pas s'inquiété, que tout ira mieux, avec un essaie de sourire des plus enjôleur.

Ce à quoi répondit faiblement sa professeure avec tout de même une pointe de tristesse mais surtout une pointe de compassion et de tendresse pour l'enfant dans ses yeux.

Retour à l'état présent :

« Magalie putain ! » Rugit la petite qui se massait le poignet. « Pourquoi t'a fait ça ?! »

« Pour t'empêcher de faire une connerie, tout simplement. » Décréta d'un ton calme et las la jeune femme aux longs cheveux violets qui finissaient en boucles anglaises.

« Aglaé, ma petite Aglaé, ne t'ai-je donc jamais appris les règles de politesse ? »

Aglaé ?! Ce nom sonnait comme une connaissance dans les oreilles de Rivaille, il jurait l'avoir déjà entendu, mais où ?!

« Faite attention à Aglaé, elle est en mission avec son équipe en ce moment. Si elle vous tombe dessus alors que vous n'êtes pas accompagné, il y a de grandes chances pour qu'elle veuille vous tuer. Et rien ne peut la faire changer d'avis, elle est très, même trop bornée. Surtout, évitez les culs de sac ou autres choses de ce genre ! »

Mais oui, c'est vrai ! Tout lui revenait à présent, c'était Gayanne qui leur avait dit cela. Il leur avait même dit que cette fameuse Aglaé était une gosse plutôt sure d'elle et qu'elle prenait souvent la décision de tuer plutôt que de parler.

Le brun se tourna alors vers Erwin et les autres qui semblaient avoir eu la même illumination que lui. Il voulut dire quelque chose à l'enfant mais se retint lorsqu'il vit Magalie qui venait d'arriver comme une héroïne d'un livre qui venait pour sauver la veuve et l'orphelin. Il devait se l'avouer que pour une fois, l'aide de quelqu'un ne serait pas de refus, bien au contraire. De son côté, Eren souffla un bon coup, heureux de voir la chef des rebelles arriver. Jean ainsi que tous les autres l'imitèrent. De son côté, Erwin restait perplexe sur ce qui venait de se passer, elle sortait d'où Magalie ? Comment pouvait-elle savoir où ils étaient tous ? Et surtout, pourquoi était-elle ici que maintenant, elle avait attendu que la petite tir avant de faire une apparition super classe ? Elle s'était cachée derrière un mur ou quoi ?! Pas que ça lui déplaisait, bien au contraire ! Mais il lui paraissait tout de même assez étrange qu'elle arrive ainsi, et surtout, au bon moment.

Magalie ne fit à peine attention aux soldats, trop occupée à sermonner la petite chipie. Chipie, qui soit dit en passant, tirait sur tout garde ou soldat qui bougeait.

« Aglaé ! Qu'est-ce que je t'ai dit à propos de la politesse ?!

-Euh-…. »

Elle fit une mine d'enfant innocent qui cherche une réponse ou comment expliqué une bêtise. Elle ne donnait aucuns mots, aucune phrase, elle se contentait d'argumenter de petits « Euh » dans un silence total. Entre temps, les petits soldats rebelles en miniatures se détendirent et rengainaient leur armes dans la plus total des incompréhension. Ils en avaient ressues l'ordre par la seconde de Magalie, Aurore, qui l'avait accompagnée.

Aglaé ne répondait toujours rien, au grand désespoir de la chef, qui commençait peu à peu à perdre patience et toute crédibilité. La petite jouait avec les nerfs de sa supérieure, elle le savait, aussi, c'est pourquoi elle avait placé un de ses petits doigts fin sur ses lèvres tout aussi fines et qu'elle levait les yeux au ciel. La simple réponse qu'elle énonça, tétanisa un peu le groupe de soldat, comment une enfant pouvait-elle sortir des trucs pareils ?!

« Accouche bordel ! Aglaé, je t'ai appris quoi à propos de la politesse pour les nouveaux ?!

-Hum-….Sembla réfléchir la plus petite. A toujours viser entre les deux yeux ! »

Là, tout le monde resta bouche bée, comment avait-elle pu dire une chose pareille avec un ton si innocent et des yeux brillants, comme une enfant fière d'elle lorsqu'elle avait trouvé une bonne réponse. Magalie faillit tomber en arrière, mais se reprit bien vite. Elle se pinça l'arête du nez avant de dire d'un ton des plus agacés, qui manqua de faire s'écrouler la plupart des soldats.

« Non ! Ça c'est pour les gardes !

-Ah oui ! C'est vrai ! Hum-….J'ai trouvé ! Toujours avoir un couteau sur soi pour mieux les égorgés lorsqu'ils veulent me faire des trucs bizarre !

-Non ! Toujours pas ! Sa c'est quand ils sont bourrés !

-Oh ! Euh-….Ah oui, comment ai-je pu oublier ! Se réprimanda-t-elle faussement. Ça ne fera pas mal !

-Non plus ! Ça, c'est pour les otages…. »

La petite semblait réciter une leçon qu'elle avait apprise par cœur, au plus grand désarroi de tout le monde qui ne semblait pas trop comprendre la petite. Elle voulait absolument mettre Magalie à bout et savait précisément comment se comporter pour réussir son coup. Evidemment qu'elle savait qu'il fallait s'excuser, que si sa chef les protégeaient, c'était pour une raison bien particulière. Mais au fond d'elle, elle en avait rien à foutre si ils crevaient tous et voulait même tient ! Elle avait appris que Magalie avait rencontrée des soldats qui pourraient surement leur venir en aide. Déjà, rien que cette idée-là lui donnait envie de gerber et par-dessus tout, lorsqu'elle apprit qu'ils avaient catégoriquement refusé alors qu'ils connaissaient leur situation à tous. Ils n'auraient jamais dû venir, ils auraient dû rester dans leur mur bien au chaud ou même crever comme les chiens qu'ils étaient. Enfin, c'est ce que pensait Aglaé qui nourrissait depuis assez longtemps comme ça, une haine envers toute forme d'armée. Elle ne pouvait simplement pas les saquer.

Elle regarda quelque instant Sacha et recommença alors à viser. Cette fois-ci son petit air innocent laissa place à un sourire des plus sadiques et carnassier. Elle avait vraiment décidé de la tuer. De plus, son ventre lui criait famine et elle put apercevoir une pochette qui devait surement contenir de la nourriture sur son pantalon vu que la soldate venait d'en sortir une patate douce.

« Ca y est, ça me revient. »

Déclara –t-elle, au plus grand étonnement de Magalie et de sa seconde Aurore qui tournèrent la tête sur le côté avec un sourcil relevé.

« On dit bonjour. Elle mit son flingue vers le front de Sacha. Merci pour le ravitaillement. Elle fit signe à deux de ses comparses pour qu'ils entourent la soldate, ce qu'ils firent même sous l'interdiction formel d'Aurore. Et Au revoir ! »

Elle commença à appuyer sur la gâchette et en deux temps trois mouvements un coup de feu retentit.

De la fumée empêchait quiconque de voir ce qui se passait, tout le monde avait peur pour Sacha que l'on ne voyait plus et qui ne faisait aucun bruit. Une fois la brume de poussière dissipée, ont pu apercevoir Sacha en train de mastiquer un bout de sa patate douce avec des yeux ahuris, ayant soudainement compris que pour la deuxième fois de la journée, elle avait failli mourir et qu'elle devait encore sa vie à Magalie. En effet, la leader avait très vite compris les attentions de sa sbire et avait donc couru sans que personne ne la voie venir vers la petite. Elle lui avait attrapée le poignet au moment où elle eue appuyé franchement sur la gâchette, déviant ainsi le tir. Heureusement d'ailleurs, car au lieu de se retrouver avec un trou au milieu du front, elle se retrouvait juste avec une entaille au niveau de la joue. Tout le monde fut abasourdit et regardaient Sacha d'un air complétement étonné. Cette fille était une extra-terrestre ou quoi ? En tout cas, ce qui était sûre, c'est qu'elle avait une chance du diable. Elle s'exprima d'ailleurs lorsqu'elle fut moins choquée, soudainement réveillée par les paroles d'Aglaé.

« Pourquoi tu ne m'as pas laissées en finir ?!

-Je te le dis une bonne fois pour toute : Tu n'y touches pas !

-De toute façon, ça t'avance à quoi qu'ils soient en vie ou non ?!

-Ils sont là pour nous aider !

-T'es con ou quoi ?! Ils ont refusés ! Pourquoi ils viendraient nous aider ?! Si ça se trouve ils sont là pour venir en aide au roi !

-Et tu crois vraiment que si c'était le cas, Gayanne les auraient laissés entrer ?

-Gayanne ?! Il pourrait même faire entrer un loup dans une bergerie ! Il suffit juste que le loup lui dise qu'il ne bouffera aucun agneau et ça y est ! Il le prend pour un mouton ! Il est con ce type ! Faut pas s'y fier !

-Tu vas te calmer oui ?!

-Ecartes-toi, je vais la butter une bonne fois pour toute !

-Ah non ! J'en ai marre de me faire tirer dessus ! Laissez-moi manger tranquille à la fin ! »

Et c'est à cette phrase que Magalie perdit toute espoir en l'humanité. Aglaé, elle, semblait avoir trouvé dans cette phrase, un nouveau moyen pour faire chier Magalie.

« Tu vois ?! Elle pense qu'à manger en plus ! S'il fallait choisir des sauveurs, tu aurais au moins pu en choisir des moins con ! »

Cette fois-ci, prise d'un gros ras-le bol, Magalie coinça le bras de l'enfant derrière son dos, pour ainsi la bloquer de tout mouvement, et lui faire assez mal pour qu'elle retienne la leçon. Le petite hurlait en disant à sa chef qu'elle lui faisait mal, ce à quoi Magalie répondit que c'était tout à fait normal et que le but ne pouvait être atteint qu'ainsi. Elle lui fit aussi promettre, bien qu'assez difficilement, ce fût certain, de ne pas tuer le moindre soldat. Erwin, qui avait essayé de suivre jusqu'ici, s'avança vers la chef pour lui poser quelque questions.

« Si je puis me permettre-….

-Non, on te permet pas-….AIE !

-Aglaé, tais-toi ! Rugit la jeune femme aux cheveux violets tout en resserrant sa prise et arrachant ainsi un cris de douleur à la jeune rebelle. Oui, vous voulez ?

-Euh, Eh bien….Comment pouvez-vous savoir que l'on était ici ?

-C'est très simple ! Alors que j'étais dans le repaire, Aiden, un membre de la rébellion, est venu me dire que Gayanne, celui qui vous a laissé entrer, l'avait prévenu que vous étiez là.

-Ca d'accord, mais, pour notre position exacte ?

-Là encore, Gayanne vous a bien aidé. Grâce à ses jumelles, il a vu que vous aviez pris le mauvais chemin, même avec une carte-….

-Hé ! Hé ! Vous êtes vraiment doublement con ! Mais AIE !

-Aglaé, j'ai dit STOP ! Et il a donc vu que vous alliez vers le terrain de chasse de la miss qui ne veut pas se taire. Argumenta-t-elle en jetant un regard meurtrier sur l'enfant qui paraissait s'en foutre royalement. Et en venant m'apprendre votre présence, Aiden m'a aussi dit que vous étiez « En code Aglaé ! ».

-Vous avez même inventé un code ? Questionna le caporal Rivaille d'un air neutre.

-Hé oui ! Faut dire aussi que cette chipie nous donne du fil à retordre ! »

S'exclama la violette, tout en appuyant franchement sur le dos de la gamine avant de desserrer sa prise et ainsi, de la laisser souffler un peu.

L'enfant tourna la tête une fois qu'elle fut rassise pour ne pas croiser le regard des soldats présents. Elle avait une fierté à tenir et elle ne supportait pas que celle-ci soit mise à l'épreuve par Magalie. Sa chef la regarda d'ailleurs avec un regard doux et tendre ainsi qu'un sourire en coin. Franchement, cette gamine était vraiment un cas. Se disait-elle constamment. Elle caressa par la suite le haut de son crâne, se faisant ainsi répondre par un grognement. Puis, la chef des rebelles se mit à la sortie et aussi entré du cul de sac. Elle allait parler, avant de se faire interrompre par le grognement qui venait de l'estomac d'Aglaé, devenue toute rouge à ce bruit. Sacha, qui avait tout entendu, souffla et s'approcha d'Aglaé. L'enfant la regarda d'un œil mauvais et la soldate ne dit rien de spécial. Sacha sortit une nouvelle patate de sa poche, la coupa en deux et en donna une moitié à la petite. Aglaé, d'abord surprise, ne fit rien, puis, c'est en voyant le sourire franche de la soldate qu'elle s'empara de la moitié. Aglaé rougit et dit tout en bougonnant et voulant garder son air fier.

« Merci. Et désolé….Pour tout à l'heure…. »

Sacha, contente qu'elle accepte sa pomme de terre, lui dit que ce n'était rien et qu'il était normal de ce serrer les coudes en tant que deux affamées. Magalie sourit devant cette scène. C'est fou à quel point cette petite était orgueilleuse et constamment fière. Elle souffla tout en resserrant la bride de sa monture et de l'enfourcher. Ne voyant aucun autre cheval, elle demanda alors aux soldats où étaient les leur, ils n'étaient tout de même pas venus à pied. Ils lui répondirent alors que Gayanne les avaient réceptionnés, ce à quoi la leader ne dit rien et se contenta d'hausser les épaules. Elle demanda aussi à Aglaé de rentrer à la base, ce qu'elle accepta non sans quelques grognements, faisant souffler d'exaspération sa mentor. Lorsqu'elle fut partit avec son groupe qui semblait lui obéir au doigt et à l'œil, Erwin demanda d'un ton quelque peu amusé devant le caractère de la petite et l'exaspération de Magalie.

« Elle est comme ça tout le temps ?

-Malheureusement-….Oui….

-Ça doit pas être un cadeau. Remarqua Rivaille de son éternel ton blasé.

-Effectivement, ça ne l'est pas. Mais elle est une figure importante pour notre groupe. Elle incarne le modèle à suivre pour chaque enfant nous rejoignant. C'est un modèle d'espoir pour eux, en quelque sorte. »

Les soldats acquiescèrent et Magalie demanda à sa seconde qui restait muette jusqu'à maintenant, d'accompagner les membres du bataillon au repère. Elle avait encore des choses à régler et ne pouvait donc, pas les amener elle-même. Après que la seconde fit un geste positif de la tête, la chef des rebelles mit sa monture grise pommelé au galop et partit à travers les ruines de la ville. Puis, sous l'ordre de la seconde, tout le groupe se mit en marche. La mission pour renverser le royaume pouvait enfin commencer !