Les ailes de la rébellion : chapitre 6 :

Amandine :

Ses larmes inondaient son visage sous les regards perdus des soldats qui ne comprenaient pas la réaction de la chef à la vue de l'enfant. Ce monde était-il si horrible pour pleurer à la vue d'un simple gosse ? Ils n'en savaient rien. Mais leur trouble se faisait encore plus grand lorsqu'ils voyaient les sourires tendres de Gayanne, Aiden, Franny et de leurs équipes respectives. Le pire dans cette histoire était surement le regard doux et l'étirement de lèvre chaleureux qu'Aglaé portait à l'enfant, étonnant plus d'un. Et puis surtout, les gestes de Magalie et ses mots étaient des plus étranges. Elle souhaitait un bon retour à cette gamine qui ne devait même pas avoir quatre ans et juste avant, elle venait de lui donner une couverture bleue que la petite s'était empressée de prendre dans ses bras et de serrer fort contre elle.

Puis, comme rattrapée par la réalité, Magalie reposa l'enfant dans les bras de Rivaille qui grogna quelque peu en réceptionnant l'enfant sous l'indifférence total de la dirigeante, qui commençait déjà à donner de nouveaux ordres.

« Bien ! Franny, je suppose que tu ne peux pas marcher et qu'il va falloir te porter ainsi que ton coéquipier que l'on a couché. Je voudrais donc qu'une équipe se charge de porter les blessés ne pouvant pas marcher. Tous le reste, je veux que vous veniez avec moi pour « nettoyer » les alentours si besoin et de repérer le chemin le plus sûr pour rentrer. Alors, je voudrais que viennent avec moi : L'équipe de Gayanne et d'Aiden, certains membres valides de l'équipe de Franny et les soldats du bataillon mis à part Rivaille.

-Et je pourrais savoir pourquoi je suis mis à l'écart ? Grogne-t-il.

-Tu as vu ce que tu as dans les bras ? Répondit Magalie avec toute l'évidence du monde.

-Oui, une gosse. Et alors ? Je peux aussi très bien la déposer ici ou la confier à l'un des blessés. Il s'en occupera forcément mieux que moi après tout. »

Puis, accompagnant les gestes aux paroles, il déposa la petite dans les bras du membre de l'équipe de Franny qui était coché. Le rebelle le pris alors avec un fin sourire peiné et observa la petite qui le fixait avec dans les yeux, une émotion indéchiffrable. Puis, pensant que tout allait bien, Magalie acquiesça et invita tout le monde à sa suite, Rivaille leur emboitant le pas. Mais, contre toute attente, lorsque Rivaille allait passer le pas de la porte, une petite voix fluette et pleine de larme se fit entendre.

« Pars pas…. »

Ce à quoi s'ensuivit un sanglot qui pouvait déchirer n'importe quel cœur de pierre. Ne comprenant la situation, toute l'équipe que dirigeait Magalie se rua vers la petite qui, même à leur contact pleurait en tendant les bras vers le soldat en face d'elle : Rivaille. Tous regardèrent alors l'intéressé qui se décala du champ de vision de la petite, laissant ainsi Eren en face d'elle, pour voir si elle le voulait lui ou si elle souhaitait un simple réconfort. L'enfant grogna alors lorsque ses yeux baignés de larmes rencontrèrent ceux d'Eren et elle baissa les bras, ses pleurs redoublant alors. Soudainement, Magalie se plaça devant elle, l'étonnant, ce qui la calma un instant avant qu'elle ne reprenne ses plaintes. La chef des rebelles la prise dans ses bras et tendis la petite au caporal qui n'eut d'autre choix que de prendre le paquet non sans un grognement de sa part. Il ne savait si ça allait la calmer et en doutait franchement, après tout, pourquoi la petite le voudrait lui et pas l'un des rebelles ? Surtout qu'ils semblaient la connaître. Mais, contre toute attente, elle cessa de pleurer au contact des bras du caporal et recroquevilla sur elle-même, serrant sa couverture bleue contre elle et pourtant son pousse à la bouche. Puis, dans un soupir, elle s'endormie dans les bras du noiraud sous la surprise générale. C'est alors que, bien qu'assez sonnée et attendrie devant la scène, Magalie sourit de façon victorieuse et un peu moqueuse avant de s'exclamer.

« Tu vois, je te l'avais bien dit qu'il fallait que tu restes ici pour surveiller la petite. Bon, je te confie le paquet et les blessés, je te fais confiance, tu ne nous suis pas, compris ?

-Tch ! Ouais, ça va, je vais m'en occuper. Mais je te préviens, je ne le ferais qu'une seule fois. Il est hors de question que cette petite me colle partout où je vais. C'est clair ?

-Oui, oui. Très clair mon caporal. Rit-elle tout en faisant signe à son équipe de la suivre. Allez les gars ! On doit vérifier les alentours avant de partir ! Au fait Rivaille….Jettes un œil sur l'otage et fait bien attention à ce qu'il ne s'en aille pas. D'accord ?

-Hum. Fit-il simplement. »

Puis, d'un hochement de tête entendu, elle amena son équipe à l'extérieure du sous sol pour remonter les étages du bâtiment. Ils arrivèrent rapidement au premier étage et ils se regroupèrent en un gros tas, attendant patiemment les ordres de Magalie pour les rebelles et ceux du commandant pour les soldats, bien qu'il suive les propositions de la violette. La leader fit trois groupe, un à chaque étages de la bâtisse. Elle laisse les restants de l'équipe de Franny et celle d'Aglaé ensemble, puis elle partira avec une partie des soldats, c'est-à-dire Erwin et Hanji et est suivie aussi part son cousin Aiden. Le reste de l'escouade sera quand à lui, en compagnie de Gayanne.

Du côté d'Aglaé et de l'équipe qui lui fut attribué, tout se passa vite et bien. Les rebelles se dépêchaient de passer par-dessus les corps des gardes inertes et de passer de murs en murs en prévention d'une quelconque attaque qui ne vint pas, pour le soulagement et le bonheur de tous. La petite rebelle le signala donc au reste de l'équipe grasse au canon de son fusil qui présentait des reflets sur les murs au contact d'un peu de lumière produit grâce à une petite bougie.

Une fois le signalement vu, Magalie donna l'ordre à son groupe d'avancer à pas de loups. A ses côté, Erwin et Hanji posaient quelque questions à la chef, lui demandant notamment qui était la petite, ce à quoi elle répondait d'abord par un mutisme puis par une petite phrase leur disant qu'ils sauraient tout en temps et en heure, mais que pour le moment, le temps n'y était pas et qu'ils devaient inspecter les lieux rapidement. Puis, Magalie se colla contre le mur derrière lequel ils étaient cachés et de laissa dépasser que le canon de son fusil, parée à tirer sur l'ennemi en face d'eux qui ne les avaient visiblement pas remarqué. Magalie en profita, lui tirant dessus avant même qu'il n'est le temps de comprendre qu'il était visé. Le corps de l'homme tomba donc au sol sous un son lourd et sourd, prouvant au groupe qu'il était mort. Tous sur leur garde, ils finirent leur tour en tuant le deuxième et dernier garde de l'étage. Puis, ils envoyèrent le signal de lumière à l'étage du dessous.

« Ca doit être bon. » Dit Gayanne en répondant au signal de Magalie par le même, lui indiquant qu'ils avaient eux aussi finit, étant dans la même situation. Il jeta un regard furtif à ceux qui l'accompagnaient et remarqua assez rapidement la sensation de malaise des soldats qui l'accompagnait. Il eue un léger sourire avant de leur dire de se détendre un peu.

« Vous ne devriez pas être aussi tendu, c'est mauvais pour la santé vous savez ? Plaisanta-t-il pour tenter de détendre l'atmosphère. »

Ce à quoi Eren répondit par un faible rire mal assuré, visiblement, il ne se sentait vraiment pas à sa place ici. Puis, comprenant que l'escouade avec laquelle il était restait extrêmement tendue, Gayanne tenta de les calmer en parlant un peu avec eux tout en continuant leur chemin pour retrouver les autres au sous-sol.

« Je comprends….Souffla-t-il.

-Quoi donc ? Demanda Eren perplexe par cette phrase si soudaine.

-Vous ne devez vraiment pas vous sentir à votre place. De plus, on vous donne des missions et l'on vous demande de nous aider alors que vous ne savez même pas si on vous fait confiance et inversement.

-Ah….C'est donc pour ça que tu nous dis ça…. Pensa Jean à haute voix.

-Pourquoi, il y a une autre raison qui vous pousse à rester dans le mutisme le plus totale et être aussi tendu que des câbles ?

-Eh bien…. Commença Armin.

-Si on prend le fait que nous somme plus habitués à tuer des titans que des humains….Continua Connie.

-Et que l'on est habituellement du côté de l'armée…. Suivit Sacha.

-On peut comprendre que l'on reste silencieux et que l'on soit tendus alors qu'on suit des rebelles qui veulent renverser le royaume. De plus, des rebelles que l'on a jamais vu et dont l'on ne connaissait même pas l'existence au paravent et ce dans des murs que l'on a jamais vu. Et pour combler le tout, nous devons tuer des soldats. Finit Jean d'une traite.

-Hum, je vois….Fit Gayanne dans ses pensées. Vous savez, j'étais comme vous lorsque je suis arrivé ici. J'étais dérouté, mais Magalie m'a tendue les bras et m'a donnée une raison de vivre en me faisant entrer dans la rébellion. Continua-t-il visiblement encré dans ses pensées, un sourire léger peint sur le visage.

-C'est-à-dire ? Fit Eren, d'un coup curieux, le poussant à continuer. »

Gayanne rit un peu pour toute réponse et balaya la pièce de ses yeux couleurs nuit. Il replaça une de ses mèches châtain rebelle derrière son oreille et leur dit qu'il leur racontera tout lorsqu'il aurait plus de temps et surtout dans un endroit plus calme et plus sur. Pour le moment, ils devaient rentrer au plus vite au repère avant que des gardes n'arrivent pour les éliminer.

Rivaille attendait sagement que l'équipe d'éclaireur ne reviennent avec la petite qui s'accrochait fermement à sa chemise, dormant à point fermée. Le caporal soupira longuement avant de s'assoir sur le banc en prenant garde à ne pas blessé plus que ça celui qui était couché sur celui-ci. Il passa ensuite une main las dans les cheveux de la petite en la sentant bouger un peu. Puis, perdu dans le vague, il se remémorait les actions faites dans la même journée. D'un coup, il se demanda quel temps il faisait dehors et si la nuit était tombée. C'est comme si en l'espace de deux heures il avait perdu la notion du temps, égaré entre ses songes et le décor à la lumière faible qui se présentait devant lui. Il souffla légèrement et sentit du mouvement derrière lui tout en entendant un grognement. Il se retourna et percuta de ses prunelles grises celles émeraude du blessé. Il observait le caporal depuis qu'il avait l'enfant dans les bras. Il laissait ses mèches noires recouvrir un peu son visage, ne cherchant aucunement à les enlever, n'en ayant pas la force. Il restait concentré sur le brun, comme si quelque chose de spécial était en train de se passer et que cela restait invisible aux yeux de Rivaille. Celui-ci, perplexe quand au regard quelque peu oppressant et accentué que le noiraud lui lançait lui demanda ce qui le tracassait, ce à quoi l'homme répondit simplement en souriant, un léger rire meurtrie accompagnant ses paroles.

« Tu lui ressemble….Dit-il dans le vague.

-Qui ça ? Demanda le caporal de sa voix grave en haussant un sourcil.

-Au défunt père de la petite. Lui répondit une voix provenant d'un des coins de la pièce.

-Franny ? Questionna alors le blessé comme pour lui demander si elle en était sûre.

-T'en fais pas Len, il a bien droit de savoir.

-Savoir quoi ?

-Rien de trop spécial mis à part que les parents de la gamine sont morts. Sa mère il y a deux ans et son père il y a deux semaines. Mais si tu veux en savoir plus sur eux, t'a qu'à demander à Magalie, elle en saura plus que moi. Après tout, ils étaient ses potes les plus proches. »

Elle voulu ajouter quelque chose mais sa plaie au ventre la rappela à l'ordre, lui lançant une douleur lancinante. Elle se ravisa donc, enserrant sa prise contre son flanc et sourit quelque peu après avoir dégagée son visage de sa crinière blonde. Elle attendait comme tout le monde ici le groupe d'éclaireur avec hâte. Ils n'en pouvaient plus d'être ici et tous voulaient rentrer à la base pour se soigner ou se reposer. Ils en avaient grandement besoin. Puis, au moment où il allait repartir dans se pensées, Rivaille sentit la petite chose contre son torse bouger un peu. Il abaissa son regard sur sa chemise et vit l'enfant ouvrir avec peine ses doux yeux fauves. Elle baya doucement, de faisant aucun bruit et serra sa couverture bleue un peu plus contre elle. Puis, sentant un regard lui brûler le dessus de la tête, elle releva ses petits yeux vers les prunelles de Rivaille qu'elle rencontra brièvement, détournant ses yeux, intimidée par l'aura de son protecteur du moment qui n'avait pas envie de l'être. Elle ravisa donc toute tentative et se rendormie aussitôt, beaucoup trop fatiguée, n'ayant surement passé aucune bonne nuit pendant un peu plus de deux semaines.

Rivaille fit claquer sa langue contre son palais tout en fixant la porte. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien foutre bon sang ? Il grogna un peu, faisant sourire le blessé qui devinait bien que le caporal n'avait pas pour habitude d'attendre mais plutôt d'agir. Il voulu ajouter quelque chose mais des pas l'interrompit dans sa tentative.

« Bon ! La voie est libre ! Présenta Magalie accompagnée de son équipe et assez fière d'elle.

-Enfin ! Cria Franny au bord de l'énervement, sifflant son impatience.

-Tu n'aurais pas pu faire plus long encore ? On a à peine attendus. Se plaignit Len d'humeur sarcastique.

-Franchement Magalie, c'est toi ou ton équipe qui ont retardés tout le monde ? Se fit entendre une voix dans l'assemblée.

-C'est Magalie. Dit Aglaé, mon équipe était prête en peu de temps, il n'y avait personne à notre étage.

C'est Magalie. Suivit Gayanne. On était déjà prêt lorsque Magalie nous a envoyée le signal.

-La prochaine fois, je viens. Histoire de te foutre un coup de pied dans le cul pour te faire avancer plus vite. Fulmina Rivaille, ce qui provoqua un rire entendu venant de l'équipe de Franny qui ne put d'ailleurs s'empêcher de commenter.

-Je suis d'accord avec lui ! C'est vrai qu'il t'en faudrait des coups de pieds au cul !

-Bon, ça va, j'ai compris. Souffla Magalie dépitée car son effet venait d'être complètement gâché par les gens présents. Si vous avez d'autres remarques comme celle-ci, je vous prierait des les graders pour vous. Dit-elle en s'approchant de Franny qui ne manqua pas une occasion pour plaisanter.

-Tu peux me tutoyer tu sais. Sourit-elle de façon purement provocante.

-Ha ! Ha ! Très drôle ! Bon, si personne n'a de commentaire à faire, on peut y aller !

-Si tu n'aimes pas les commentaires, tu n'as qu'à aller plus vite. Fit remarquer Rivaille à la grande peine de la chef qui avait du mal à contenir sa colère envers ses coéquipiers qui de un, brisaient ses entrées et de deux, osaient lui faire des remarques alors qu'elle essayaient de faire tout son possible pour les protéger.

-Bon ! On peut enfin y aller ou quelqu'un à encore un truc à dire ?! Elle avait haussée le ton, visiblement sur les nerfs, provocant le silence général. Elle hocha alors la tête et commença à partir.

-On rentre quand à la maison ? J'ai faim ! »

Tous se turent et regardèrent la petite dans les bras de Rivaille qui avait un air sérieux planté sur sa petite bouille d'ange aux grosses joues. Ce à quoi Franny répondit en explosant de rire, suivie d'Aglaé qui firent remarquer une nouvelle fois à Magalie qu'elle était tellement lente que même la petite perdait patience. En colère, Magalie partit suivie de l'équipe.

Les valides aidèrent les blessés à monter dans la charrette prise à cet effet et placée sous la direction de Magalie, devant le bâtiment. La chef avait placée son cheval au devant de la dite charrette pour qu'il puisse la tirer facilement. Magalie monta sur son cheval et se prépara à partir, lorsque, soulagé de ne plus avoir à porter la petite, Rivaille reposa l'enfant sur le bois du transport, la faisant ainsi pleurer et lever les bras vers lui. La chef lui lança un regard noir et réprobateur, obligeant ainsi le caporal à reprendre l'enfant dans ses bras après avoir grogner et fait claquer sa langue contre son palais. C'est en détournant la tête qu'il vit le regard rieur d'Hanji et celui presque attendrie de son escouade. Il les fusilla de ses yeux gris acier, les faisant se raviser d'un quelconque commentaire et détourner vivement le regard. Il jura intérieurement et siffla de mécontentement d'avoir se petit fardeaux bien handicapant. Soudainement, il entendit un rire moqueur. Et sans avoir besoin de relever la tête vers la source du bruit, il reconnu Aglaé qui passait visiblement un agréable moment à se moquer de lui.

« Alors le soldat caractériel, on se retrouve avec une enfant dans les bras ? Ca fait quoi de jouer la nounou ? »

Il ne répondit pas et se contenta de la regarder droit dans les yeux de son air neutre habituel, ne luis montrant ainsi aucun intérêt, la faisant quelque peu rager car elle n'avait pas réussit son coup.

Ils arrivèrent rapidement à la base au grand soulagement de tous. La nuit venait de tomber depuis plusieurs heures maintenant et les rebelles ainsi que les soldats s'affairaient à installer les couchages pour chaque personne. Une fois les différentes couches placées de part et d'autre du repaire, tous les soldats virent les rebelles se diriger vers le carré d'herbe, éclairé par la lune grâce à l'immense trou au plafond. Ils s'installèrent tous, blessés ou non et se mirent ainsi en un cercle. L'escouade les regardèrent, perplexe et aussi curieux de ce qui allait se passer. Ils semblaient être concentrés, tous silencieux, quand soudain, Magalie les appela.

« Vous faites quoi là-bas ?! Venez nous rejoindre !

-C-comment ? Fit Erwin.

-Poses pas de question ! Venez, c'est tout. Prononça Aglaé, visiblement ennuyée. »

Et c'est ainsi que, sans une parole de plus, toute l'escouade fut installée parmi les rebelles. Erwin et Hanji se retrouvaient entre Franny et Len tandis qu'Eren et Mikasa étaient coincés entre Aglaé et Clyde, un membre dévoué de son équipe. A côté d'Aglaé, Magalie se fit rejoindre par Rivaille qui trainait la petite à bout de bras, elle refusait toujours de lâcher Rivaille, tel un koala à sa branche. Le caporal fut donc un peu obligé de prendre l'enfant sur ses genoux pour le plus grand plaisir de celle-ci. Le reste de l'escouade se retrouvait coincée parmi les restes des équipes d'Aglaé et de Franny, accompagné de Gayanne et d'Aiden qui souriaient paisiblement.

« Bien. Fit Magalie. On est tous là ?

-Ouep ! Répondit Aglaé.

-Parfais. Dans ce cas, commençons. »

Magalie venait de fermer les yeux et d'inspirer et d'expirer à fond puis les rouvris. Elle se tourna ensuite vers Rivaille qui l'observait de son air neutre, un sourcil relevé, visiblement dans l'attente de la suite. La chef sourit puis expliqua que même les rebelles ont besoins de se détendre un peu et qu'ainsi ils se regroupaient généralement en cercle et qu'ils se racontaient leur passé avant d'entrer dans la rébellion, qu'ils se racontaient des histoires faisant peur, pleurer ou même rire. Elle finit par dire simplement que ce moment choisit pour se détendre servait de partage pour leur rappeler qu'ils formaient une équipe et que de temps à autre, il ne faisait pas de mal de tous se retrouver une fois la tempête atténuée ou même passée. Puis, elle eue un léger rire devant l'air curieux d'Eren, Armin, Jean, Connie et Sacha et rigola plus franchement devant l'incompréhension de cette pratique du point de vue d'Erwin et de Rivaille.

« En quelque sorte, cette pratique nous permet de nous retrouver un petit peu. Ca ne vous arrive jamais de vous poser dans un coin et de contempler le ciel avec ses proches, profitant d'un de ces rares instants de délice et de repos ? Nous oui en tout cas.

-Hum….Mais pourquoi est-ce que l'on devrait se joindre à vous ? Demanda Rivaille.

-T'es con ou quoi le nain ?! C'est pour se connaître un peu mieux et pour que vous ne vous sentiez pas seuls, perdue dans votre coin. Expliqua Aglaé à sa manière. »

Ne relevant pas les remarques désobligeantes, Rivaille acquiesça et attendis que l'un d'eux ne commence. Mais il se ravisa bien vite de maintenir sa bouche fermée car aucun son ne sortait de personne. Il comprit qu'aucune paroles ne viendrait des rebelles car, du regard, ils insinuaient que la parole leur revenait à eux seuls et qu'ils attendaient donc qu'ils commencent. Puis, le caporal se tourna vers son escouade qui, en effet, même en ayant compris que la parole leur était donnée, n'osait dire mot. Alors, dans un soupir, Rivaille se contenta de demander, de poser cette question qui lui brûlait les lèvres depuis sa rencontre avec elle qui ne semblait, vouloir le lâcher sous aucun prétexte, irritant au plus au point notre très cher Rivaille.

« Bon, et si quelqu'un pouvait enfin m'expliquer pourquoi cette gamine n'arrête pas de me coller ?! Demanda-t-il d'un ton sec. »

Un peu abasourdie par la question, Magalie tourna quelque peu la tête sur le côté, se rendant soudainement compte de la présence de l'enfant sur les genoux du soldat. Elle semblait paisible mais nullement endormie. Assise en tailleur, elle regardait le monde autour d'elle et semblait plus particulièrement se concentrer sur les soldats autour d'elle, avec un grand sourire innocent sur le visage.

« Vois-tu….Euh….Ri-….Ro-….Rocaille….Commença Magalie hésitante.

-Rivaille ! S'énerva celui-ci, faisant sursauter la petite sur ses genoux.

- Oui, c'est ça, Rivaille….Oui, bah ça va hein ! J'ai pas eue le temps d'entendre vos prénoms à tous ! Bon, bref, Rivaille…. Je me suis d'abord dit que tu ne me poserais pas ce genre de question de suite, mais plutôt que tu me demandes qui elle est….

-Justement, c'était prévu pour plus tard.

-OK, je vois….Hé bien, c'est très simple, je pense que c'est tout simplement parce que tu ressembles à son défunt père.

-Comment ça ? Questionna Rivaille, un sourcil relevé, la curiosité visiblement alertée.

-Hé bien, vois-tu….Caporal, il se trouve que ses deux parents sont morts. Sa mère, il y a deux ans et son père, deux semaines. Nous venons à peine de retrouver la petite, ce qui nous prouve que les soldats qui ont kidnappés la petite doivent être aussi ceux qui ont lâchement tués Ach, son père.

-Très bien…. Donc, elle m'associe à un double de son père en quelque sorte ? Souffla-t-il, visiblement las et fatigué par cette possibilité.

-Je n'en sais trop rien….Pour tout te dire, je ne suis sûre de rien, à 100% du moins.

-Mais si vous nous disiez plutôt, qui étaient ses parents. Vous semblez visiblement les connaître. Demanda Erwin, coupant ainsi Rivaille dans sa lancée qui regarda le caporal tel un tueur.

-En effet, ils étaient tous deux des rebelles. Dit-elle d'un ton sûr. Et mes meilleurs amis et fondateurs adjoint de la rébellion….Finit-elle d'un ton triste. »

Rivaille l'observa quelque instants. Elle semblait si soudainement perdue, perdue dans ce qui devait être au vue de ses yeux, un endroit emplis de profonds regrets, de tristesse et d'une once de joie. Oui, Magalie était en ce moment même, plongée dans de profonds souvenirs, tellement profond qu'elle ne voyait ce qui se passait autour d'elle et ne sentait visiblement pas la main qui tentait de la pousser gentiment pour la « réveiller », en quelque sorte. Ce sera la dure voix d'Aglaé qui la fera sortir de ses songes, l'appelant, visiblement inquiète, sa voix étant quelque peu enrouée. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'elle la voyait comme ça. Mais elle avait toujours eue un peu de peur concernant les aspects de personnalité de sa supérieure.

« Magalie !

-Ce n'est rien ! Je vais bien ! Je vais bien….Ne t'en fais pas Aglaé.

-Yep ! Mais fais gaffe ! Tu as recommencée. La prévint l'adolescente.

-Ce n'est rien je t'ai dit ! Donc, nous parlions d'Amandine, c'est bien ça ?

-Heu oui….Mais si vous ne le sentez pas, ne vous forcez surtout pas. Expliqua Erwin, quelque peu inquiet et pris de court par l'attitude de la rebelle.

-Mais non, c'est bon. Ne vous en faite pas. Alors, pour commencer, Ach, le père, était un ami de longue date. Nous avons passés le plus clair de notre vie et de notre enfance ensemble, se voyant dès que le temps nous l'était permis. Nous nous voyions tellement souvent, que je pourrais vous décrire sans mal, chaque attitude différente pour chaque émotion. Il était un frère pour moi, et nous sommes vite devenus inséparable. Un jour, on venait à peine d'avoir notre majorité, il me ramena ce qu'il qualifiait comme étant « La femme de sa vie », depuis plusieurs mois déjà. Elle rie doucement, se souvenant de comment il fut la première fois qu'il en eu parlé et aussi la fois où il lui a présenté la dite fille. Il m'avait tellement saoulé avec cette fille, la décrivant comme étant la plus belle créature du monde que je me languissais déjà de la voire, l'imaginant sans peine grâce à la superbe description qu'il m'en faisait. Enfin, bref. Lorsqu'il me la présenta enfin, nous venions d'avoir nos dix huit ans donc. Je me souviens de la première impression que j'eue d'elle. Une jeune fille réservée, un sourire aguicheur en coin et les yeux malicieux et perfides. Elle semblait toujours avoir une idée derrière la tête et de prendre les gens de haut. Je me demandais même comment il avait fait pour se dégotter une fille pareille, ne collant au premier abord, aucunement avec son caractère enjôleur et déterminé. Il était encore enfant dans son esprit, et elle, elle paraissait tellement….Adulte. Non, ça ne collait définitivement pas. Elle rie de nouveau. Mais tout ceci, et je l'appris assez vite, n'était qu'une impression de façade, car cette fille était tout bonnement un ange qui rigolait facilement avec ses connaissances et qui aimait plaisanter plus ou moins facilement. Et puis, les mois passèrent, et c'est ainsi que j'appris plusieurs mois qui se résumait à quatre mois qu'ils allaient se marier. Elle eue un moment de silence, semblant réfléchir. J'ai été très heureuse à l'entente de cette nouvelle, ne souhaitant que leur bonheur, bine que je trouve que ce mariage soit arrivé assez tôt. Mais au final, ils ne s'en sont jamais plein et ont été heureux jusque dans la mort. Un nouveau silence apparu et sa voix commençait à s'enrouer, elle touchait visiblement un point sensible tout en parlant de leur mort. Puis, elle reprit plus doucement qu'avant, la voix toujours enrouée. Enfin bref. Après leur union, quelques années se sont écoulées et ce ne sera qu'à l'âge de vingt et un ans, sois trois ans après leur mariage qu'ils eurent leur premier et malheureusement, dernier enfant. C'est la petite que vous voyez parmi vous. Elle s'appelle Amandine. Pour sa naissance, je lui avais offert cette couverture bleue ou plutôt cette espèce de doudou qu'elle tient contre elle. Si je m'en souviens bien, ils l'on toujours prise avec eux et leur petite, cette couverture. Ils étaient tellement beaux tous les trois. C'est vrai, vous auriez du les voir. Ach était grand, assez musclé et plutôt svelte. Il portait le costume de la rébellion à ravir. Il avait toujours un sourire heureux peint sur le visage et ses yeux gris anthracite émettaient toujours un sentiment de joie profond et pétillaient à tout moment. Il était assez énergétique et avait une vision naïve du monde alors qu'il faisait partit de la rébellion. Il se faisait d'ailleurs souvent calmer par Emilie, sa femme. Et qu'elle femme elle était ! Grande, fine, les cheveux longs et fauve, assez cuivrés avec des yeux fauve, émettant de la malice. Ses lèvres portaient constamment un sourire malicieux et énigmatique, surtout vu de l'extérieure. A première vue, elle pouvait paraitre des plus autoritaires. Mais dans le fond, c'était une femme qui aimait rire à tout bout de champs et plaisanter pour un rien, arrivant sans peine à faire rire son entourage tout en ayant cette attitude presque noble. Ils formaient à eux deux, un couple magnifique. Mais petit à petit, malheureusement d'ailleurs, les choses commencèrent à se dégrader au sein de la société. Et très vite, on eue entendue les faits de soldats tuant des enfants et le peuple avec derrière, le roi, livrant une récompense au plus cruel d'entre eux. Puis, vint un jour où je devais me dépêcher de rejoindre mes amis qui se trouvaient chez moi. Mais en chemin, j'eue rencontrée une…. « Difficulté »….Oui, c'est bien ça, une « difficulté » ! Elle s'arrêta un peu, baissant la tête, avalant sa salive avant de remonter sa tête, se figeant dans les yeux de Rivaille qu'elle trouvait étrangement rassurant alors qu'ils n'émettaient aucune émotion. Puis, elle continua son récit. Je suis rentrée tard et enragée ce soir là. C'est d'ailleurs de mon « aventure », que m'est venue la détermination pour exterminer les soldats et la royauté et ainsi, créer la rébellion. Ils m'auront aidés et suivis jusqu'au bout. Et c'est ainsi, que même en ayant un enfant à charge, sur le bras, qu'ils entrèrent dans la rébellion pour m'aider à la monter. Mais, il y a deux ans de ça, je les ai envoyés pour récupérer un village en flamme, pour essayer de trouver des survivants. Ils en ont trouvés d'ailleurs. Une famille, dans une maison en flamme. La mère eue juste le temps de passer son enfant par delà les flammes et de la donner à Ach et Emilie pour qu'ils la sauvent….Avec le sourire et la mort, les accueillant. Puis, au moment où ils allèrent repartir, un combat fut engagé contre des gardes, ceux qui étaient responsables de la fumée et des maisons ainsi que des familles brûlées, déchirées. Emilie se fit toucher et les gardes profitèrent de l'état second d'Ach pour enlever l'enfant qu'il venait de sauver avec Emilie et ainsi, de s'enfuir. Puis, je les ai rejoins, et j'ai retrouvé Ach, pleurant contre sa femme blessée, avec à ses côtés, leur fille. Il me raconta tout et je me souviens m'être athée pour partir chercher de l'aide. Mais, à peine je fus arrivée à la base que je vis Ach arrivé, son visage baigné de larmes avec sa fille dans ses bras, qui ne comprenait rien à la situation. Il est venu m'annoncer la mort de sa femme. Lorsque je fus arrivée avec une charrette et mon cheval, je vis le corps souriant et sans vie de cette jeune femme si vivant et pleine d'entrain d'habitude. Et, sur une maison brûlée, je la vit, cette enfant qui fut enlevée par ces soldats horribles. Elle avait la même expression que moi lorsque j'eue subis mon « aventure ». Je lui ai proposée mon aide qu'elle accepta d'un hochement de tête. Enfin, le mois et deux années passèrent dans le deuil le plus profond de Ach, qui gardait tout de même le courage d'expliquer à sa fille pourquoi sa maman n'était pas là, de lui dire qu'elle était au ciel et qu'elle les regardait et veillait sur eux. Dans un sens, ça le rassurait. Elle contempla un peu l'enfant, avant de reprendre, courageuse. Il souriait, mais tellement lacement, il était si loin de nous, si loin de tout. La lumière pétillante dans ses yeux se sont éteintes et son étirement de lèvres se faisait des plus tristes. Et un beau jour, il y a deux semaines, j'eue l'affreuse idée de l'envoyer en mission, encore sans personne pour garder sa fille. Quatre jours après qu'il soit censé rentré, je suis partie sur les lieux, à sa recherche. J'étais plus qu'inquiète pour lui, j'avais tellement peur qui lui soit arrivé du mal à lui, mais à la petite aussi. Et j'avais visiblement raison. Car, lorsque je suis arrivée, il était là, gisant ensanglanté au sol. Ses yeux fixaient le ciel et bien qu'ils soient ternes, ils étaient redevenus pétillants, plein….De vie. Léger rire triste, cherchant à cacher ses larmes apparentes. Alors, qu'il était….Mort. Un sourire béat, heureux était gravé sur son visage, il l'avait rejoins. Je me souviens lui avoir fermée les yeux à ce moment là, et que même fermés, ils restaient pétillants, comme si ses paupières étaient transparentes. Autour de lui, sa fille restait introuvable et alors que nous avions menés plusieurs expéditions de recherche intensives, il fallut que nous la retrouvions. »

Elle se tut, laissant les autres digérer son long récit qui dura facilement plus d'une demi-heure. Elle s'excusa de la longueur de ses paroles avant de se replonger dans un grand mutisme, jusqu'au moment où elle brisa de nouveau le silence, son regard semblant brûler de rassurement la petite et de surprotection surement.

« Si j'ai perdu une amie, une belle-sœur, il y a deux ans, j'ai aussi perdue un frère il y a deux semaines. Alors je t'en prie, Rivaille, prend soin d'elle, d'accord ? Demanda-t-elle, les yeux implorants.

-Tch ! Pourquoi tu me dis ça à moi ?! »

Elle écarquilla les yeux suite à cette remarque avant de rire doucement et de façon très légère. Oui, c'est vrai, pourquoi disait-elle ça à lui ? Surement parce qu'il a la petite en ce moment même sur les genoux et qu'elle observe son petit monde, toujours aussi curieuse qu'avant, ses yeux fauves pétillants de joie et de curiosité, un autre attrait de sa mère qui voulait toujours tout savoir, étant extrêmement curieuse.

« Au fait, j'aimerais savoir. Commença Aglaé.

-Oui ? Demanda Rivaille un sourcil questionneur levé.

-Si tu voulais tant savoir pourquoi elle te collait, pourquoi tu ne lui as pas demandé avant. Après tout, elle a quatre ans, elle sait à peu près parler maintenant.

-Crois-moi, j'ai essayé….Il soupira. Mais sa réponse est des plus étranges et fait plutôt flipper à vrai dire. Dit-il en fixant la petite qui, se sentant concernée et au sein de la discussion, releva la tête pour rencontrer les yeux anthracites de Rivaille, la faisant ainsi sourire et faire une petite moue curieuse.

-Bah vas-y ! Essaie, pour voir ! Lui demanda Aglaé, à sa manière.

-Vas-y ! Lui demanda Magalie, la curiosité piquée au vif après que Rivaille l'ait consultée du regard. »

Il prit alors une grande inspiration et, après avoir fixé Magalie, Aglaé, le reste des rebelles et son escouade, commença.

« Gam-….Heu, je veux dire….Amandine ? Demanda-t-il de façon hésitante.

-Oui ? Répondit-elle de façon assez heureuse à l'entente de son nom venant de sa bouche. On faisait attention à elle.

-Dis-moi. Pourquoi tu me colles tout le temps ? »

Elle sembla réfléchir, puis souris à s'en fermer les yeux, puis répondit aussi machinalement que l'enfant remplit d'innocence qu'elle était, donnant pour elle, la plus grande des évidences.

« Bah, parce que t'es mon deuxième papa ! »

Un regard appuyé fut fait à ce moment là par tout le monde sur la petite qui ne comprenait pas ce qui se passait et se contentait donc de sourire. Elle n'avait pas dit « comme mon deuxième papa ». Non. Mais bel et bien, « mon deuxième papa ». C'était tout bonnement, impensable pour tout le monde. Cette petite était vraiment trop étrange. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'au bout de plusieurs secondes de surchauffe neuronale, un énorme bruit de la part de tout le monde se fit entendre.

« Quoi ?!

-Je vous l'avais bien dit que c'était flippant. »

A suivre….

« Finit tout simplement Rivaille ! » Et oui, c'est sur cette dernière phrase : « Made in notre très cher Riri d'amour qu'on love encore plus que les pancakes » que nous nous quittons ! Mais ne vous en faites pas, car nous nous retrouverons au chapitre 7 ! Et oui mes petits amis ! Mine de rien, on en est quand même au chapitre 6 ! Comme mes petits grandissent vite….Snif ! Enfin bref.

A bientôt mes petits soldats en herbe que je n'aime très fort !

Comme toujours, les review sont toujours les bienvenues, critiques comprises ! Ne vous en faite pas, je ne me fâche pas et suis même assez tolérante et respectueuse des critiques du temps qu'elles sont bien construites. Allez, salut !

Big Bisous à tous et à toutes !