Me revoilà avec un OS. Comme je m'auto-frustre avec ma fic longue Under, j'ai eu besoin d'écrire quelque chose de plus frais, de moins drama. En le commençant je ne savais pas du tout où j'allais aller et au final je suis assez déçue de moi-même. Pour le coup je crains d'être tombée vraiment dans la guimauve. Cela dit je n'avais pas envie de jeter 9 pages au feu donc je le publie quand même en espérant ne pas trop vous décevoir.

Bonne lecture !

8. Nightmare

Résumé : Une nuit, réveillée par ces habituels cauchemars, Regina va se rendre compte qu'elle n'est pas la seule à devoir lutter contre les fantômes de son passé…

Rating : T

Regina frissonna. L'hiver approchait et les nuits étaient de plus en plus fraîches. Au loin se faisaient entendre les premiers grondements d'un orage particulièrement menaçant. Pieds nus, et ne portant pour seuls vêtements que sa chemise de nuit et sa robe de chambre en satin, la reine avançait dans les longs couloirs sombres et déserts du château.

Depuis leur retour dans la forêt enchantée ses songes ne cessaient d'être hantés par d'horribles cauchemars qui ne lui laissaient pour seul souvenir qu'une angoisse insupportable au creux de l'estomac. Comme chaque nuit, Regina avait été réveillée par ses propres cris de terreur, les yeux baignés de larmes et des sueurs froides roulant le long de sa colonne vertébrale. Etait-ce le fait de se retrouver de nouveau au château qui lui faisait inconsciemment revivre ses pires souvenirs ou bien était-ce le fait de ne plus jamais pouvoir revoir Henry qui la terrorisait ? Dès son réveil, les images semblaient s'évaporer et elle était incapable de se souvenir de ses cauchemars.

Ses pas la guidèrent jusqu'au balcon qui surplombait toute la vallée. Elle posa ses mains légèrement tremblantes sur le garde-fou et inspira profondément en fermant les yeux. La brise qui précédait l'orage la fit frissonner. La fraîcheur de l'air contrastait avec la chaleur de son corps. Comme chaque nuit, comme chaque instant où elle se retrouvait seule, la reine ressentait une irrésistible envie de disparaître. Contrairement à ce que Tinkerbell ou Blanche pouvaient lui répéter inlassablement, elle n'avait toujours pas trouvé de raison de vivre. Henry était son unique raison de vivre ! Et aujourd'hui elle l'avait perdu pour toujours.

Au cours des premières semaines Regina avait cru que se jeter à corps perdu dans la bataille contre Zelena pourrait l'aider à survivre, à donner un nouveau sens à son existence. Cependant elle s'était rapidement rendu compte que ce nouveau combat n'était finalement qu'un leurre. La vengeance et la destruction n'avait plus qu'un arrière-gout amer et la haine ne pouvait définitivement pas combler le trou béant que la perte de son fils avait laissé dans son cœur.

Elle ouvrit brusquement les yeux et l'espace d'une seconde elle s'imagina tomber dans le vide. Rien qu'une seconde elle pensa à l'effet que pourrait avoir la mort. Elle se demanda si la faucheuse serait assez puissante pour faire taire la souffrance qui lui déchirait le cœur sans relâche. Inconsciemment elle se pencha en avant mais un cri déchira le silence et la ramena brusquement à la réalité.

La jeune femme se retourna et retint son souffle à l'affut du moindre bruit. Après quelques secondes de silence elle crut avoir rêvé mais rapidement un bruit sourd raisonna à l'autre bout du couloir. Prudemment elle avança dans sa direction et son sang se glaça lorsqu'elle réalisa que les bruits provenaient de l'ancienne chambre royale. Cette maudite chambre.

Regina eut soudainement l'impression d'être ramenée des années en arrière. D'avoir de nouveau dix-huit ans et ses jambes se mirent à trembler.

Elle se souvenait de tout dans les moindres détails. Les relents d'alcool soufflés contre son cou. L'humidité d'une bouche contre ses lèvres. Le prénom de la défunte reine murmuré à son oreille. Et par-dessus tout elle se souvenait de la douleur insoutenable qui lui avait lacéré le bas ventre.

Regina porta une main à sa bouche en sentant une nausée lui soulever violement le cœur. Elle s'apprêta à faire demi-tour mais un nouveau cri se fit entendre. Et si Zelena était revenue au château ? Elle se maudit intérieurement d'être aussi faible et à contrecœur elle poussa la porte.

Ses yeux balayèrent la pièce. Celle-ci était restée intact depuis la mort du roi et intérieurement elle se demanda pourquoi elle ne l'avait tout simplement pas faite brûler afin d'en finir une bonne fois pour toute avec cette nuit qu'elle aurait voulu oublier pour toujours.

Du mouvement attira son attention et elle découvrit avec surprise le voleur, allongé au pied du lit, entremêlé dans les couvertures. IL semblait se débattre avec un ennemi invisible. Ses lèvres bougeaient au son des paroles incompréhensibles qu'il prononçait. Les mots n'étaient pas identifiables mais le ton de sa voix indiquait clairement qu'il suppliait quelqu'un.

Regina resta un instant immobile, le regard fixé sur lui. Visiblement elle n'était pas la seule dans ce château à avoir des nuits agitées. Elle ne savait pas qu'il s'était installé ici et si elle l'avait su plus tôt elle s'y serait opposé. Elle ne voulait personne dans cette chambre et plus précisément elle ne voulait pas de Robin des bois dans son château.

Il ne lui avait fallu qu'une semaine pour apercevoir le lion dessiné à l'encre noire sur son avant-bras. La reine avait alors fait tout son possible pour convaincre Blanche et son imbécile de mari de lui faire quitter les lieux mais sa demande était restée vaine. Depuis elle tentait de le maintenir à distance à coup de phrases assassines et de regards menaçants mais rien ne semblait impressionner le hors-la-loi. Quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse il semblait prendre un certain plaisir à toujours se retrouver sur son chemin.

Elle aurait pu le laisser à ses vieux démons mais sans savoir pourquoi elle ne put s'y résoudre. Elle avait l'impression de se voir elle-même quelques minutes plus tôt et bien qu'elle n'accepterait jamais de l'avouer elle aurait aimé que quelqu'un soit là pour mettre fin à ses cauchemars.

Prudemment elle s'avança vers lui et s'agenouilla à ses côtés. Elle posa délicatement sa main sur son avant-bras et tenta de faire abstraction du tatouage qui l'obsédait depuis des mois. A cet instant Robin se redressa brusquement et ses mains se refermèrent sur la gorge de la jeune femme qui tomba lourdement en arrière.

Complètement prise par surprise, Regina n'eut pas le réflexe de le repousser grâce à la magie. Elle agrippa les poignets de l'homme au-dessus d'elle et lutta pour obtenir de l'oxygène.

« Robin…. », gémit-t-elle alors qu'il ne semblait même pas la voir.

Ses yeux étaient vides et les traits de son visage semblaient déformés par une haine qu'elle ne lui connaissait pas.

Elle se débattit avec plus de force et enfonça ses ongles dans la peau du voleur. Alors que son esprit commençait à s'embrumer, le regard de Robin s'éclaircit et il relâcha son étreinte.

« Regina ! »,souffla-t-il haletant et horrifié en posant ses mains sur le sol de part et d'autre de son visage.

Immédiatement Regina inspira une grande bouffée d'air et porta sa main à sa gorge endolorie. Une quinte de toux s'empara d'elle et elle obligea l'homme à s'écarter en posant une main sur son torse.

« Je…je suis désolée, je…je vous ai blessé ? », demanda-t-il inquiet en posant une main sur son bras tandis qu'elle se redressait également.

« Ca va, j'ai connu pire ! », répondit-elle avec un sourire amer alors que sa toux commençait à se calmer.

« Vous êtes sûre ? Laissez-moi regarder… », dit-il en posant sa main au creux de sa mâchoire afin de lui faire relever la tête.

« Je vous ai dit que ça allait ! », cracha-t-elle en lui repoussa violement le bras.

Robin resta un instant interdit avant de plonger sa tête entre ses mains pendant de longues secondes. Les cris qu'il avait entendu dans son rêve semblaient encore raisonner en lui. Tout lui avait semblé si réel.

« Je suis vraiment désolé. Je devais faire un cauchemar, je ne voulais pas… je…», souffla-t-il en relevant les yeux vers elle avant de rejeter sa tête en arrière contre le montant du lit et de fermer les yeux.

Regina l'observa silencieusement. Elle remarqua qu'il tremblait légèrement et que des gouttes de sueurs coulaient sur ses tempes. Même s'il n'en disait rien, elle savait qu'à cet instant une peur irrationnelle devait lui contracter l'estomac. Elle le savait parce que c'était exactement ce qu'elle ressentait lorsqu'elle se réveillait chaque nuit.

Elle se mordit la lèvre et garda les yeux rivés sur lui pour ne pas raviver les souvenirs qui lui revenaient dans cette pièce.

« De quoi s'agit-il ? Vos cauchemars ? », demanda-t-elle finalement à défaut d'être douée pour réconforter les gens.

Robin pencha la tête et plongea ses yeux dans les siens, un sourire triste flottant sur ses lèvres. Il se contenta de la fixer ainsi de longues secondes et Regina dû lutter pour soutenir son regard. Si quelqu'un lui avait dit un jour que la reine viendrait le sauver d'un de ses perpétuels cauchemars il n'y aurait jamais cru. Et pourtant rien ne lui faisait plus plaisir que de l'avoir à ses côtés à cet instant.

« Et vous ? Qu'est-ce qui vous hante ?», lui retourna-t-il la question avec sérieux.

La reine entrouvrit les lèvres et secoua négativement la tête.

« Non je…je ne… », commença-t-elle à nier mais elle fût rapidement coupée.

« Je sais que vous errez toutes les nuits dans les couloirs…alors dîtes moi… qu'est-ce qui vous hante ?», réitéra-t-il en posant cette fois sa main sur la sienne.

Regina se sentit frémir à ce contact, d'autant plus qu'un éclair à l'extérieur vint éclairer le tatouage sur son bras. Elle voulut retirer sa main mais son corps ne lui répondit pas. Elle tenta alors de détourner son regard de l'encre noire mais à chaque fois qu'il se posait sur une partie de la pièce elle avait l'impression de revivre sa nuit de noce et cela lui donnait la nausée. Elle se sentit étouffer et elle n'eut d'autre choix que de reposer ses yeux sur Robin.

Dans cette chambre elle n'était plus qu'une gamine de dix-huit ans, meurtrie, seule et désespérée. Son regard dévia sur le torse du voleur et pendant une fraction de seconde elle se demanda ce que l'on pouvait ressentir une fois blotti contre un homme tel que lui. La plupart du temps elle le trouvait imbuvable, arrogant et impertinent mais elle ne pouvait nier qu'il pouvait se montrer courageux, attentionné et particulièrement séduisant.

Sans s'en rendre compte elle leva le bras et caressa du bout des doigts une cicatrice qui prenait naissance sur l'épaule du voleur et redescendait le long de sa clavicule. Robin frissonna imperceptiblement à ce contact. Sur le moment il se demanda si cette fois il n'était pas en train de rêver. D'ordinaire elle était si distante, si cassante qu'il ne l'aurait jamais cru capable d'un geste aussi tendre, surtout envers lui.

« Je ne m'en souviens jamais… », avoua-t-elle à demi-mot sans arrêter de parcourir la cicatrice de bas en haut.

« D'où vient-elle ? », s'enquit-elle pour détourner la conversation.

Robin soupira et haussa les épaules. Cette cicatrice était là pour lui rappeler que dans sa vie il avait parfois fait de mauvais choix et il n'avait pas envie d'en parler, pas ce soir.

« C'est une longue histoire… peut-être qu'un jour je trouerais le temps de vous la raconter mais il se fait tard vous devriez retourner vous coucher…», répondit-il simplement en repoussant délicatement sa main.

Regina sentit sa gorgée se serrer douloureusement mais elle acquiesça d'un signe de tête. Elle avait passé des mois à l'éviter, voir même à le fuir et pourtant ce soir elle n'avait pas envie de le quitter. Telle une enfant elle redoutait ces moments où elle devait dormir. Ces moments où seule avec son désespoir ses vieux démons prenaient plaisir à venir lui rendre visite.

Robin se rendit compte de son trouble mais il décida de ne pas la brusquer en la questionnant d'avantage. A son tour il leva le bras et effleura délicatement sa lèvre supérieure.

La jeune femme releva immédiatement les yeux vers lui et l'interrogea du regard. En temps normal elle l'aurait repoussé et elle l'aurait probablement incendié pour ce geste déplacé mais à cet instant, tout lui semblait si irréel. Ils étaient là, assis sur le sol, plongés dans le noir tandis que dehors la pluie s'était mise à tomber et que l'orage était pratiquement arrivé au-dessus du château.

« D'où vient-elle ? », demanda-t-il à son tour.

Un sourire triste éclaira le visage de la reine lorsqu'elle comprit qu'il parlait de sa propre cicatrice.

« Je n'ai jamais été une enfant très obéissante… », répondit-elle en venant la cacher du bout des doigts comme si elle en avait honte.

Robin lui repoussa délicatement la main et entrelaça ses doigts aux siens.

« Je la trouve très jolie… », souffla-t-il en se penchant en avant afin d'accrocher de nouveau son regard.

Regina sentit les battements de son cœur devenir de plus en plus forts. Il fallait qu'elle mette un terme à cette conversation. Elle ne pouvait pas se laisser aller de la sorte avec un homme tel que lui. Un homme que Tink avait désigné comme son âme sœur. C'était bien trop dangereux, bien trop risqué pour elle. Et pourtant elle était tellement fatiguée, tellement lasse de se montrer forte, de faire comme si elle ne souffrait pas.

Sans rompre le contact visuel elle posa sa main dont les doigts étaient entrelacés avec ceux du voleur sur sa cuisse. Elle perdait complètement la tête et dès le lever du jour elle regretterait à n'en pas douter ce moment de folie. Cependant, à cet instant elle était incapable de lutter contre cette envie. Cette envie irrésistible de sentir ses mains sur elle, de se blottir contre lui. Et surtout d'oublier rien qu'un instant toutes les souffrances qui ne l'avaient jamais quitté.

Robin ne s'était pas attendu à un tel geste de sa part. Cette femme était décidément la plus étonnante qu'il n'avait jamais connu et c'était une des choses qu'il aimait le plus chez elle. La plupart du temps il côtoyait la reine Regina, froide et méprisante, celle que certain s'entêtaient encore à surnommer l'Evil Queen. Une fois seulement elle lui avait laissé entrevoir la mère aimante et désespérée dans les dédales du château. Cependant cette nuit c'était la première fois qu'il découvrait la jeune femme fragile et meurtrie qui se cachait derrière le masque de la reine. Sans ses coiffures impeccables, son maquillage de prédatrice et ses tenues à faire damner un prêtre elle était seulement Regina. Et c'était avec cette femme là qu'il voulait faire connaissance. Les yeux humides, les mains tremblantes elle respirait la solitude et la fragilité.

Ses yeux plongés dans les siens il frôla la peau nue de sa cuisse du bout de son pouce. S'il s'était écouté il aurait écrasé ses lèvres contre les siennes et lui aurait enlacé la taille afin de la coller totalement contre lui sans perdre une seconde de plus. Cependant il ne voulait pas faire quelque chose qui puisse la contrarier ou bien lui faire prendre la fuite. Alors centimètre par centimètre il fit remonter sa main sur sa cuisse en observant avec attention chaque traits de son visage.

Regina déglutit difficilement puis ferma les yeux afin de profiter au maximum de ces nouvelles sensations. Elle n'arrivait pas vraiment à saisir ce qui était en train de se dérouler entre eux. Elle ne savait pas où cela allait les mener mais pour le moment elle n'avait aucune envie que cela cesse.

Un éclair illumina la pièce et le tonnerre raisonna dans le château. Une brise s'aventura dans la pièce et lui provoqua un frisson qui la secoua toute entière.

« Vous avez froid ? », s'inquiéta immédiatement le voleur en stoppant la progression de sa main.

Regina secoua silencieusement la tête. Juste une fois, se promit-t-elle intérieurement avant de se rapprocher du voleur et de finalement s'installer sur lui.

Elle laissa ses genoux se poser sur le sol de part et d'autre des jambes du voleur et ses mains agrippèrent fermement ses épaules.

« Plus maintenant… », répondit-elle dans un murmure, son visage à quelques centimètres du siens.

Robin déglutit difficilement en la sentant s'installer sur lui et immédiatement son cœur se mit à tambouriner furieusement dans sa poitrine. Délicatement il posa ses mains sur ses hanches et crispa ses doigts sur le léger tissu de soie. Il ne put s'empêcher de laisser son regard glisser sur la poitrine généreuse de la jeune femme qui se dessinait au travers de ses vêtements et il ressentit soudain une envie irrésistible d'y déposer de langoureux baisés. Cette pensée eu sur lui un effet instantané et il se tortilla nerveusement craignant que cela ne soit pas au goût de la reine.

« Votre Majestée je… », commença-t-il sans vraiment savoir ce qu'il devait dire.

La jeune femme posa un doigt sur ses lèvres pour le faire taire puis appuya son front contre le siens.

« Regina…je ne veux pas être reine cette nuit…seulement Regina… », rectifia-t-elle à demi-mot.

En d'autre circonstance la remarque aurait pu le faire sourire. A chaque fois qu'il se permettait de l'appeler par son prénom elle semblait prendre un malin plaisir à lui refuser cette familiarité le ramenant sans ambages à son statut de hors-la-loi. Cependant, à cet instant, il n'avait pas la moindre envie de rire, il la sentait à fleur de peau et il savait que ce n'était plus le moment de jouer.

A défaut de Daniel, Regina aurait voulu avoir un homme tel que lui pour sa première fois. Malgré quelques maladresses la jeune femme avait toujours su que le roi n'avait jamais cherché à lui faire du mal intentionnellement. La nuit de noce n'avait été qu'une garantie pour la validité du mariage et jamais plus il n'avait reposé les mains sur elle. S'il avait pu il se serait très certainement lui aussi soustrait à cette obligation. Cependant, elle ne pouvait toujours pas s'empêcher de ressentir de violentes nausées à chaque fois que les images de cette soirée lui revenaient en tête.

« Regina je ne suis pas certain que nous devrions… », souffla-t-il avant d'être interrompu par un habile mouvement de hanche de la reine contre les siennes qui lui tira un grognement.

« J'en ai besoin…juste pour cette nuit…j'ai ai besoin et je sais que vous aussi… », répondit-elle en enfouissant son visage dans son cou, sa bouche frôlant sa peau.

Robin soupira et ferma les yeux. Il ne pouvait pas lui donner tort. Il en avait envie depuis la première fois où il avait posé les yeux sur elle mais ce soir il en avait également besoin. L'angoisse provoquée par ses cauchemars lui serrait toujours l'estomac et il avait besoin de ce contact pour se rassurer, pour au moins une fois oublier tous les fantômes de son passé.

L'orage gronda une nouvelle fois à l'extérieur du château et il décida que ce n'était plus le moment de réfléchir. Les regrets, les remords tout cela serait pour plus tard. A présent il devait profiter de ce moment hors du temps avec cette femme incroyable qu'il avait toujours désiré.

Sa main gauche quitta la hanche de la reine pour venir se poser de nouveau sur sa cuisse, tandis que son autre main se frayait un chemin dans sa magnifique chevelure.

Regina s'imprégna de son odeur en inspirant profondément puis se redressa légèrement pour plonger ses yeux dans les siens. A cet instant elle eut l'impression de regarder son propre reflet. La souffrance qu'elle pouvait lire dans son regard était exactement la même qu'elle observait chaque soir dans son miroir.

De son côté Robin ressentit exactement la même chose. Elle portait encore ses vêtements et pourtant il avait l'impression qu'elle s'était autorisée à se mettre à nue devant lui. Il posa sa main sur sa joue et il apprécia la façon qu'elle eut de fermer les yeux et d'entrouvrir les lèvres pour laisser échapper un soupire. Son pouce caressa sa pommette et il rapprocha son visage du siens pour finalement presser ses lèvres contre les siennes.

Pendant plusieurs secondes aucun d'eux ne bougea. Ils appréciaient chacun ce contact secrètement espéré depuis longtemps. Ce fût finalement Regina qui fit remonter sa main jusqu'à la nuque de l'homme et accentua le baiser. Elle fit glisser sensuellement ses lèvres contre les siennes avant de finalement laisser sa langue se frayer un chemin jusqu'à sa partenaire. Débuta alors une danse charnelle faite de caresses, d'aspirations et de suçotements jusqu'à ce que leur poumons soient désespérément en manque d'oxygène.

Regina se recula légèrement et sans quitter le visage du voleur des yeux elle dénoua délicatement le nœud qui maintenait sa robe de chambre. Elle le vit se mordiller la lèvre lorsque ses yeux se posèrent avec envie sur sa poitrine qui pointait sous sa chemise de nuit. A cet instant elle sentit son bas ventre s'enflammer. Elle fit glisser doucement la soie sur ses épaules puis attrapa la main de Robin qui était toujours posée sur sa joue.

« Je veux sentir vos mains sur moi… », souffla-t-elle en guidant la main du voleur jusqu'à son sein.

Robin retint sa respiration en sentant les formes voluptueuses de la jeune femme se dessiner sous le tissu au creux de sa paume. Il releva immédiatement les yeux voulant croiser son regard afin d'être certain de sa décision. Ses paupières étaient closes et elle semblait attendre son prochain geste, les lèvres légèrement entrouvertes.

« Regardez-moi… », murmura-t-il d'une voix douce.

Regina ouvrit les yeux et lutta pour soutenir son regard. Au-delà du désir elle pouvait y lire bien d'autre chose beaucoup plus profondes qui l'effrayaient et la grisaient toute à la fois. Elle fit remonter ses mains sur ses épaules pour finalement venir emprisonner sa nuque et attirer son visage contre le siens.

« Ne vous arrêtez pas… », lâcha-t-elle dans un souffle tandis que ses lèvres effleuraient les siennes.

Le voleur acquiesça silencieusement avant de fondre sur sa bouche avec passion. Il sentit la jeune femme presser sa poitrine contre son torse avant de donner une nouvelle impulsion beaucoup plus langoureuse à leur baiser. Sa main quitta son sein pour se frayer de nouveau un chemin dans ses cheveux. Il entortilla quelques mèches brunes entre ses doigts, ces mèches qu'il avait si souvent eu envie de toucher. Après de longues secondes il mit fin au baiser et son attention se porta alors sur le cou de la reine. Délicatement il fit glisser la bretelle de sa chemise de nuit et déposa un baiser appuyé sur son épaule avant de faire glisser ses lèvres jusqu'au creux de son cou. Il fit de même de l'autre côté mais cette fois il s'attarda particulièrement juste en dessous de son oreille après l'avoir entendu lâcher un imperceptible gémissement.

Le souffle chaud de l'homme sur sa peau nue la fit frémir et elle rejeta sa tête en arrière afin de lui offrir un meilleur accès. Elle sentit les bras musclés de l'homme venir se refermer autour de sa taille l'invitant doucement à se relever sans se détacher d'elle une seule seconde. Elle se laissa faire et lorsqu'elle se retrouva debout, sa chemise de nuit délestée de ses bretelles glissa entre leur deux corps révélant sa poitrine ainsi que le mince tissu de dentelle qui couvrait encore sa nudité.

Un nouvel éclair illumina la pièce, rapidement suivit par un roulement de tonnerre qui fit trembler les murs. Une des mains de Robin remonta jusqu'à son visage afin de l'invité à partager un nouveau baiser tandis que l'autre se faisait beaucoup plus audacieuse et venait agripper avec envie le fessier royal.

Robin ne put s'empêcher de sourire contre ses lèvres en la sentant se relâcher complètement dans ses bras. Il frissonna en sentant les doigts de la jeune femme glisser le long de sa colonne vertébrale et cela suffit à le rendre fou.

Grâce à un habile jeu de jambe le voleur échangea leur position et Regina sentit l'arrière de ses genoux buter contre le matelas du lit de son défunt mari. Alors qu'une fraction de seconde plut tôt elle était encore transportée dans un autre monde sous les baisers de l'homme, ce contact suffit à la ramener brutalement à la réalité et à toute l'horreur de ses souvenirs.

« Non ! », gémit-elle en s'agrippant désespérément à son cou.

A mainte et mainte reprise elle s'était imaginée couché avec un autre homme dans ce lit. Par simple vengeance. En s'imaginant le visage scandalisé de ce mari qu'elle détestait tant. Et pourtant elle n'avait jamais pu s'y résoudre.

Robin s'immobilisa instantanément et enroula ses bras autour de ce corps si menu qui se pressait, tremblant, contre le siens. Il resta silencieux de longues secondes, se demandant s'il avait fait quelque chose de mal. S'il était responsable de ce brusque changement de comportement.

« Je ne peux pas… », lâcha-t-elle dans un soupire, sa tête enfouie à la base de son cou.

« Je…je suis désolé, je ne voulais pas… », commença-t-il à s'excuser en se détachant doucement d'elle.

« Non ne…ne me laissez pas ! », supplia-t-elle à demi-mot lorsqu'elle le sentit s'éloigner.

Le voleur ne comprenait pas ce qu'elle attendait réellement de lui. Il se sentait perdu mais il obéit sans se poser de question. Ses bras se refermèrent de nouveau autour de sa taille et il posa sa tête au somment de son crâne après y avoir déposé un rapide baiser.

Regina se serra au maximum contre lui avec l'étrange impression d'avoir réellement trouvée sa place pour la première fois de sa vie. C'était comme si en dehors de cet étreinte tout n'était que ténèbres et souffrance. Cette sensation de bien-être la ramena au jour où elle et Henry s'était trouvé. Cet instant dans la cuisine où tout avait finalement sonné comme une évidence.

Robin n'aurait su dire combien de temps ils étaient resté debout serrés l'un contre l'autre dans l'obscurité. Il avait senti les larmes de la jeune femme ruisseler contre sa peau et avait alors resserré, si c'était encore possible, un peu plus ses bras autour d'elle. La sentir si fragile lui brisait littéralement le cœur. La jeune femme lui ferrait, à n'en pas douter, payer ce moment d'intimité dès le lendemain. Il savait pertinemment que dès l'aube Regina laisserait de nouveau sa place à la reine et que tout cela prendrait des allures de rêve éveillé.

Silencieusement ils se laissèrent finalement glisser de nouveau sur le sol au pied du lit. Tout en prenant soin de garder la jeune femme précieusement contre lui, Robin attrapa une des couvertures et l'étendit sur eux. Il sentit la reine venir se blottir contre son torse et immédiatement il l'entoura de ses bras. L'orage sembla s'apaiser en même temps que le déferlement d'émotion qui les avait submergés quelques minutes plus tôt.

Alors que les doigts de l'homme balayaient doucement son dos de bas en haut, Regina attrapa sa main et l'invita sans un mot à venir la poser sur son sein entre leur deux corps. Robin se laissa faire et un léger sourire vint étirer ses lèvres lorsqu'il sentit ses battements de son cœur au creux de sa paume. Peu importe ce que les gens pouvait raconter sur elle. Peu importe les rumeurs qui affirmaient que le cœur de la reine n'était plus à sa place depuis longtemps, il avait toujours su qu'au moins une partie de l'histoire était fausse. Il l'avait su au moment même où leur regard s'étaient croisés pour la première fois. Il l'avait su parce que dans ses yeux il avait reconnu les siens.

Le voleur tenta de rester éveiller afin de profité au maximum de ce moment hors du temps mais rapidement la fatigue le rattrapa et il tomba dans un sommeil profond. Un sommeil dont les cauchemars avaient finalement laissé place à une sensation d'apaisement absolu.

Lorsqu'il se réveilla quelques heures plus tard, il découvrit sans surprise que Regina s'était évaporée. Il cligna plusieurs fois des yeux, ébloui par les premiers rayons de soleil et lorsqu'il voulut se redresser quelque chose attira son attention. Il leva sa main devant lui et un sourire se forma sur ses lèvres. Là, au creux de sa paume, le spectre des battements de cœur de la reine se faisaient toujours sentir. Il crispa le poing et laissa son regard glisser là où elle aurait dû se trouver si elle n'avait pas été aussi fière et bornée. Un parchemin était posé en évidence sur la couverture. Il tendit la main pour le prendre puis commença à lire.

« Vous avez une heure pour quitter cette chambre. Il doit rester de la place dans les écuries, vous devriez vous y sentir comme chez vous.

Soyez heureux que je n'exige pas que vous quittiez le château ! Cependant un seul mot de votre part sur cette nuit et sachez que je ne perdrais pas une seule seconde pour revenir sur cette faveur que je vous fais ! »

Robin froissa le parchemin entre ses mains et il ne put retenir un léger rire.

« Que les hostilités commencent ! », lâcha-t-il avant de finalement jeter la boule de papier dans l'âtre de la cheminée.