8. Son butin le plus précieux II
Résumé : Et si comme elle l'avait promis, Regina avait retrouvé cet homme qui avait osé lui voler un baiser ?
J'ai enfin eu l'inspiration pour vous offrir la suite d'une de mes premiers fics OQ que vous trouverez sous le titre « Son butin le plus précieux ». J'espère qu'elle vous plaira. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. : D
Rating : T
« Majestée ! Cette fois nous l'avons eu ! », s'exclama un des gardes royaux derrière elle.
Regina fit immédiatement volteface un large sourire démoniaque étirant ses lèvres. L'heure de la vengeance avait enfin sonné. Elle avait attendu ce moment depuis des mois. Elle se l'était imaginé des centaines de fois. Cette traque lui avait presque fait oublier la mission qu'elle s'était fixée depuis la mort de Daniel.
« Amenez le moi ! », ordonna-t-elle sans réussir à cacher l'excitation naissante au creux de son estomac.
Le garde lui adressa une légère révérence puis se précipita dans le couloir.
La reine se retourna vers son miroir et vérifia que tout était parfait. Ses cheveux étaient délicieusement remontés dans une queue de cheval tandis que son rouge à lèvre rouge comme le sang donnait à ses lèvres ce petit côté pulpeux dont elle était particulièrement fière. D'un habile geste de la main elle fit disparaître la dentelle qui recouvrait le haut de son bustier, laissant alors place à un décolleté outrageusement plongeant. Machinalement elle lissa le pantalon de cuir qui moulait le bas de son corps puis laissa échapper un profond soupire de contentement. Elle le tenait ! Enfin !
A vrai dire elle ne savait toujours pas exactement ce qu'elle allait faire de lui. Il allait, à n'en pas douter, payer pour son affront mais de quelle manière, la reine n'avait pas encore réussi à se décider. Elle s'était imaginée lui arracher le cœur puis le broyer lentement, très lentement entre ses mains jusqu'à ce que la vie disparaisse de son regard. Première solution simple et efficace mais peut-être un peu trop commune pour qu'elle y tire suffisamment de plaisir. Elle avait également pensé à faire dresser une potence dans la cour du château et de convier tout le royaume a son exécution afin qu'il serve d'exemple. Après tout personne ne pouvait prendre le risque de voler la reine sans en subir les conséquences. Cependant cette solution lui semblait trop impersonnelle. L'ordre donné au bourreau ne suffirait sans doute pas à combler sa soif de sang et de vengeance. Pour finir il lui était également arrivé d'envisager une troisième solution. Plus perverse et inavouable. Elle y songeait chaque fois que Graham quittait ses appartements après avoir rempli la seule et unique mission qui lui était dévolue depuis sa trahison. Sans son cœur le chasseur semblait avoir perdu toute son ardeur. Ses baisers, ses caresses ne laissaient chez la reine qu'une profonde sensation d'inachevé. Malgré les efforts de l'homme pour le cacher elle pouvait voir son esprit s'évader à chaque fois qu'il glissait en elle. Il ne la désirait pas. Pas plus qu'il ne désirait vivre dans le luxe. Il n'était qu'une bête sauvage qu'elle gardait en cage et qui ne lui obéissait que pour survivre un peu plus longtemps. Bien qu'elle ne souhaitait pas se l'avouer, cette situation la rendait plus malheureuse qu'elle ne l'aurait cru. Cela, elle l'avait réalisé juste après sa rencontre avec le hors la loi. Dès son retour au château et malgré la rage qui la consumait, elle avait eu une irrésistible envie de plaisir charnelle. Elle avait fait venir Graham et comme à son habitude il s'était installé sur le lit, attendant patiemment qu'elle prenne les rennes comme elle le faisait toujours. Pourtant cette fois elle n'avait pas réussi à faire abstraction de son regard vide et de ses gestes plus mécaniques que sensuels. Ce qu'elle avait désiré plus que tout au monde cette fois-là était de voir ce même regard que ce voleur avait posé sur elle juste avant de presser ses lèvres contre les siennes. Un regard empreint de désir et de fascination. Un regard scandaleusement concupiscent mais dénué de toute lubricité malsaine. Elle avait eu l'impression d'être désirée pour elle-même et non pas uniquement pour son enveloppe charnelle.
Le bruit de bottes raisonnant dans le couloir la fit revenir à la réalité et elle réalisa que ce souvenir lui avait pratiquement donné des palpitations. Elle secoua la tête afin de reprendre totalement ses esprits ainsi qu'un visage de marbre.
Lorsqu'elle le vit enfin apparaître au coin du couloir encadré par deux gardes et menotté, elle eut soudainement l'impression de manquer d'air. Il était exactement comme dans son souvenir et ce sourire narquois qu'il affichait ne semblait jamais avoir quitté ses lèvres. Dès qu'il la vit à son tour il releva fièrement la tête et garda son regard fixé sur elle jusqu'à ce qu'ils arrivent au centre de la pièce.
« Agenouilles-toi devant la reine ! »,ordonna un des gardes en lui frappant violemment l'arrière du genoux.
Le hors-la loi tomba à terre et laissa échapper un léger cri de douleur. Malgré le choc, il releva immédiatement les yeux et Regina put constater que son sourire ne l'avait toujours pas quitté. Étrangement elle se sentit troublée mais elle fit de son mieux pour ne rien laisser paraître.
« Laissez-nous ! », lâcha-t-elle à l'intention des gardes sans pour autant quitter le voleur des yeux.
« Majestée cela ne serait pas prudent, il a sacrément amoché Baudoin alors qu'il était déjà menotté et cagoulé ! », objecta un des gardes sur un ton peu assuré.
Regina serra les dents et laissa son regard remonter jusqu'au garde qui sembla se liquéfier sur place.
« J'ai dit laissez-nous ! », répéta-t-elle distinctement le regard plus noir que jamais.
Le garde resta un instant immobile comme s'il craignait réellement de laisser la reine seule avec le hors la loi. Ce ne fût que lorsque son collègue lui donna un léger coup de coude dans les côtes qu'il se décida finalement à obéir. Regina les observa partir un air de dégoût plaqué sur le visage. Il allait vraiment falloir qu'elle remette les choses au clair avec ses gardes avant qu'un d'entre eux ne daigne encore remettre en cause ses décisions.
Lorsqu'ils furent hors de vue, elle laissa son regard redescendre doucement sur le voleur agenouillé à ses pieds.
« Vous avez fait forte impression à mes gardes on dirait… », dit-elle de façon détachée en commençant à arpenter la salle de long en large.
Le regard du voleur ne la lâchait pas. Il semblait suivre chacun de ses mouvements avec une attention toute particulière.
« Ils l'avaient mérité ! », répondit-t-il en désignant sa joue de ses mains menottées.
« Qu'elle vilaine blessure… », souffla-t-elle faussement attristée avant qu'un sourire mesquin ne étirer ses lèvres.
Regina s'avança de nouveau vers lui sans rompre le contact visuel un seul instant.
« Levez-vous ! », ordonna-t-elle en agitant sa main vers le haut pour le presser.
L'homme sembla hésiter, méfiant. La reine eut soudainement l'impression qu'il cherchait à sonder son esprit et elle ne put s'empêcher de détourner le regard, mal à l'aise. Après de longues secondes il s'exécuta enfin.
« Bien… », souffla-t-elle tout en s'approchant dangereusement de lui.
Contrairement à la plupart des personnes qu'elle avait rencontrée il ne bougea pas d'un pouce. Il semblait ne pas la craindre. Courageux ou inconscient elle n'aurait pas vraiment su le dire. Sans doute un peu des deux. Elle pouvait sentir ses yeux chercher les siens cependant elle ne voulait pas lui laisser la possibilité de prendre le dessus sur elle de quelque manière que ce soit. Le regard braqué sur sa blessure, elle s'arrêta à quelques centimètres de lui et leva la main vers son visage. Après tout il avait le droit d'être parfait pour son exécution.
En moins d'une fraction de seconde la situation lui échappa totalement. Le hors la loi se retrouva dans son dos, la chaine qui reliait ses menottes écrasée autour de son cou. Regina voulu crier mais l'étreinte était bien trop forte et l'air commença à lui manquer.
« Vous auriez dû écouter vos gardes milady ! », lui susurra l'homme à l'oreille.
Regina se sentit instantanément frémir et elle n'aurait su dire si cela était dû à la perspective de sa mort ou bien à la proximité indécente du voleur dans son dos. Elle pouvait sentir sa respiration saccadée contre son cou ainsi que l'odeur particulière de pin autour d'elle. Pendant une fraction de seconde son esprit sembla se déconnecter de la réalité et elle en oublia presque que pour la seconde fois elle se retrouvait à sa merci. Cependant elle se ressaisit rapidement et tenta d'agripper la chaine qui allait finir par l'asphyxier.
« Vous comptez me tuer ? », réussit-elle finalement à demander.
« Et vous ? », lui rétorqua immédiatement le voleur qui relâcha légèrement la pression.
Regina en profita pour inspirer une grande bouffée d'air.
« Je n'ai pas encore décidé ! », avoua-t-elle un sourire sans joie étirant ses lèvres malgré la situation.
Elle l'entendit rire légèrement derrière elle et étrangement elle ne put s'empêcher d'en faire de même.
« Vous lancez toute la garde royale a mes trousses pendant des mois et vous n'êtes même pas fichue de décider s'il faut me tuer ou non ? »,s'exclama-t-il amusé.
« Avouez le vous mouriez simplement d'envie de me revoir…», ajouta-t-il à voix basse contre son oreille.
« Vous rêvez voleur ! Je voulais surtout récupérer les bijoux que vous m'avez dérobés ! », objecta-t-elle sèchement sans pour autant pouvoir refréner un léger sourire.
« Honnêtement ? Je crois que vous mentez ! Si c'était ça vos gardes m'auraient simplement tué sur place quand je leur ai dit que j'avais déjà tout revendu ! », expliqua-t-il simplement.
« Pas nécessairement, j'aime faire le travail moi-même ! On ne me vole pas impunément !», dit-elle en haussant les épaules.
« Moui…je crois plutôt que je suis là à cause du baiser ! », rectifia-t-il d'un ton plus suave.
A ces derniers mots Regina sentit sa respiration se bloquer et cette fois ce n'était pas à cause de la chaîne qui lui enserrait le cou. Elle ferma les yeux et lutta de toutes ses forces pour chasser le souvenir de ses lèvres contre les siennes. Pour chasser le souvenir de cette sensation de bien-être et de flottement indescriptible qu'elle avait ressenti à ce moment-là.
« Quel baiser ? Ce n'est pas quelque chose dont je me souvienne…», tenta-t-elle de mentir malgré la fébrilité de son ton qui la décrédibilisait totalement.
Elle sentit de nouveau le voleur étouffer un rire derrière elle.
« C'est fort dommage pour vous alors milady. Pour ma part je m'en souviens très bien et je crois que cela fait partie des choses que je ne pourrais jamais oublier… », raconta-t-il tandis que son torse se collait encore un peu plus contre le dos de la reine.
« A vrai dire c'est mon butin le plus précieux… », lui susurra-t-il à l'oreille avant que ses lèvres ne viennent frôler imperceptiblement le haut de sa mâchoire.
A ces mots Regina sentit son rythme cardiaque s'emballer. Elle se fustigea intérieurement pour ses réactions. C'était comme si son corps en entier ne lui répondait plus. Comme si une puissance supérieure l'attirait irrémédiablement vers cet homme qu'elle n'avait pas vu plus d'une quinzaine de minute dans toute sa vie. Il semblait avoir un effet sur elle qu'elle ne pouvait décemment pas tolérer. Elle était l'Evil Queen et maintenant que Cora et le roi étaient morts elle ne pouvait plus accepter qu'une tierce personne exerce un quelconque contrôle sur elle. A cet instant elle sentit la chaîne autour de son cou se relâcher et elle saisit l'occasion pour se retourner afin de se débarrasser du voleur.
Elle leva la main prête à lui arracher le cœur et releva les yeux afin de profiter de l'expression de peur qu'elle espérait y voir. Cependant ce qu'elle découvrit ne fût pas du tout ce à quoi elle s'était attendu. C'était ce regard. Ce même regard qui la hantait depuis leur rencontre. Elle réalisa immédiatement qu'il avait délibérément relâché la pression sur son cou. Ses yeux littéralement plongés dans les siens elle se sentait complètement déstabilisée. Incapable de réfléchir clairement. La main qu'elle prévoyait d'enfoncer dans sa poitrine lui sembla soudainement étrangère et elle la laissa reposer à plat contre le torse du voleur.
Le sourire narquois qui ne le quittait jamais avait laissé place à une expression qu'elle ne fût pas capable de déchiffrer clairement. Ses mains étaient toujours liées derrière la nuque de la reine ce qui les maintenaient relativement proches. Bien trop proches. A force de le regarder Regina réalisa qu'il semblait aussi déstabilisé qu'elle. Elle n'arrivait pas à comprendre comment elle pouvait être si irrémédiablement attirée par un hors la loi et à l'inverse elle réalisa que lui non plus ne devait pas comprendre comment il pouvait être attiré par la femme la plus diabolique de tous les royaumes réunis.
Regina n'aurait su dire combien de temps ils étaient restés là. Face à face. Complètement perdu dans le regard l'un de l'autre. Soudain elle réalisa que ce n'était pas seulement son propre cœur qu'elle sentait raisonner en elle mais également celui de l'homme sous sa paume. Elle entrouvrit les lèvres pour lui lancer une remarque mesquine mais les mots lui manquèrent. Ce fût à cet instant qu'elle vit le visage de l'homme fondre sur elle et en un quart de seconde elle eut l'impression que la foudre venait de lui traverser le corps. Il avait osé l'embrasser ! Encore ! Cependant contrairement à la première fois elle se surprit à répondre ardemment au baiser. Elle passa un bras autour de sa taille afin de se coller complètement à lui tandis que sa main sur son cœur se crispait sur sa veste.
Regina sentit les doigts de l'homme agripper délicatement ses cheveux tandis que sa langue se faisait plus audacieuse. Sans hésiter une seule seconde la jeune femme entrouvrit les lèvres et apprécia l'impulsion langoureuse que le voleur donna instantanément à leur baiser. Elle en voulait plus, toujours plus. La reine fit remonter la main qu'elle avait posée contre son cœur jusqu'à sa joue et aspira sensuellement la lèvre inférieure de l'homme qu'elle trouvait particulièrement délicieuse. Soudain elle sentit ses mains dans ses cheveux tenter de descendre et elle l'entendit lâcher un grognement de frustration contre sa bouche. Elle réalisa alors que ses mains étaient toujours entravées par les menottes. Devait-elle le détacher et ainsi prendre le risque qu'il ne lui joue encore un mauvais tour ? Et si ce baiser n'était qu'une diversion pour s'échapper ? Elle tenta de réfléchir mais la langue du voleur glissant contre la sienne lui rendait la tâche quasiment impossible. De plus elle ne rêvait plus que de ses mains sur elle. De ses doigts glissant jusqu'au creux de son dos. De ses bras vigoureux enveloppant son corps dans une étreinte passionnée.
Sans prendre plus de temps elle fit tourner son poignet et les chaînes se volatilisèrent. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? Comment avait-elle pu le laisser menacer sa vie alors qu'en moins d'une seconde elle aurait pu lui ôter ce plaisir ? L'attirance qu'elle ressentait pour cet homme semblait lui faire perdre tous ses moyens.
Lorsqu'il se rendit compte qu'il était de nouveau libre, l'homme mit immédiatement fin au baiser et recula d'un pas. A cet instant Regina sentit quelque chose se briser en elle. Il s'était joué d'elle. Cela aurait dû la mettre en rage mais étrangement elle ne fût pas capable de bouger. Haletante, désemparée, elle releva les yeux vers les siens et détesta le sentiment de manque qui semblait la dévorée toute entière.
Lorsque leurs regards se croisèrent de nouveau, Regina retint son souffle. Il semblait aussi confus qu'elle. Pendant de longue seconde elle crut qu'il allait s'enfuir. Après tout c'était le mieux qu'il avait à faire et en l'état elle savait qu'elle ne serait pas capable de l'en empêcher. Il esquissa d'ailleurs un mouvement vers le balcon et la reine eu l'impression de recevoir un coup de poignard en plein cœur.
Alors qu'il s'apprêtait à s'élancer vers sa liberté, elle le vit faire volteface en laissant échapper un juron qu'elle ne réussit pas à comprendre. Avant même qu'elle n'est pu réaliser ce qu'il faisait elle sentit ses mains accrocher son visage et ses lèvres s'écraser violemment contre les siennes. Elle referma automatiquement ses bras autour de sa taille afin de ne pas perdre l'équilibre et ses doigts se crispèrent sur le tissu de sa veste dans son dos.
Alors que leurs corps bougeaient au rythme des impulsions langoureuses de leur baiser, Regina finit par sentir son dos heurter la pierre froide du mur ce qui lui provoqua un puissant frisson. Le voleur recula instantanément son visage et l'observa comme s'il voulait s'assurer qu'il ne lui avait pas fait mal. Cette réaction laissa la reine encore plus déconcertée qu'elle ne l'était déjà. Elle laissa sa main remonter jusqu'au visage de l'homme et caressa sa joue avec une tendresse qu'elle pensait ne plus être capable de manifester à l'égard d'une autre personne. Elle le vit fermer les yeux sous la caresse et elle le sentit frémir.
« Qu'est-ce que vous m'avez fait ? », souffla-t-il à demi-mot comme si la question lui avait échappé.
Regina eut l'impression de se pétrifier sur place. Il plongea de nouveau ses yeux dans les siens et la jeune femme secoua négativement la tête pour lui signifier que quoi qu'il pense elle n'y était pour rien. Elle entrouvrit les lèvres pour répondre mais avant qu'un seul mot ne puisse franchir ses lèvres, le voleur plongea dans son cou et commença à aspirer chaque parcelle de peau nue qui passait à sa portée.
La reine releva automatiquement la tête afin de lui offrir un meilleur accès et elle laissa échapper un profond gémissement. A chaque nouveau baiser elle sentait ses forces l'abandonner un peu plus. Ses jambes se dérobaient littéralement sous elle et elle sentit son dos glisser dangereusement contre le mur. Alors qu'elle tentait de s'agripper désespérément aux épaules de l'homme afin de profiter des sensations indescriptibles qu'il lui offrait, ce dernier fit descendre ses mains le long de ses côtes puis de ses hanches avant de se saisir de l'arrière de ses cuisses l'invitant ainsi à les enrouler autour de sa taille. La reine s'exécuta sans perdre une seconde.
Un second gémissement lui échappa lorsqu'elle sentit la virilité du voleur heurter la sienne avec passion. Elle ferma les yeux et se mordit la lèvre alors qu'elle réalisait à quel point elle désirait cet homme. A qu'elle point elle mourait d'envie de sentir ce voleur en elle. Son bas ventre était littéralement en feu. Chaque mouvement de hanche, volontaires ou non lui donnaient l'impression de s'enflammer toute entière.
Les lèvres de l'homme dans son cou glissèrent de plus en plus bas. Regina prit une profonde inspiration puis agrippa l'arrière de sa tête, l'invitant à accélérer sa descente. Son impatience sembla faire son effet sur le voleur dont les hanches ondulèrent plus vigoureusement entre ses cuisses avant que sa langue ne se fraye un chemin jusqu' à la naissance de sa poitrine. A ce contact la reine sentit son dos se arquer violemment.
« Oh mon dieu ! », lâcha-t-elle sans le vouloir alors que son corps semblait ne plus répondre qu'aux voluptueuses caresses du voleur.
Elle ne se sentait plus maîtresse d'elle-même. Chacun de ses mouvements n'étaient plus commandés que par le besoin vital de contact avec l'homme en face d'elle. Elle le sentit étouffer un rire contre sa poitrine avant qu'il ne relève la tête, un sourire espiègle étirant ses lèvres.
« Robin ! », rectifia-t-il malicieusement avant de fondre sur ses lèvres ne lui laissant pas l'occasion de répondre quoi que ce soit.
Si elle n'avait pas été si désespérément avide de ses lèvres contre les siennes elle lui aurait fait payer pour son arrogance mais à cet instant elle ne désirait rien d'autre que de continuer sa route sur le chemin de la luxure.
« Le lit ! Maintenant ! », ordonna-t-elle entre deux baisers.
Le voleur s'exécuta immédiatement. Alors qu'il passait un bras sous ses fesses son autre main remonta s'enrouler autour de la nuque de la reine afin de maintenir sa bouche fermement contre la sienne. Lorsqu'ils arrivèrent au bord du lit Robin la déposa délicatement sur le matelas. Il commença à se débarrasser de sa veste puis de sa chemise sans jamais quitter la jeune femme des yeux.
Regina l'observa faire haletante. Jamais un homme ne l'avait regardé de cette façon. Elle aurait presque pu rougir si ses joues n'étaient pas déjà en feu sous l'effet de la passion dévorante qui l'animait. Sans le lâcher du regard elle leva les bras et fit glisser l'élastique qui maintenait ses cheveux attachés. Petit à petit les mèches brunes retombèrent en cascade sur ses épaules et elle vit un sourire se dessiner progressivement sur les lèvres de l'homme en face d'elle.
« Vous êtes la plus belle femme que je n'ai jamais vu… », avoua-t-il sur un ton si criant de sincérité que Regina se sentit soudainement mal à l'aise.
En quelques minutes elle s'était laissé entrainer dans quelque chose qui la dépassait totalement. Par son simple touché cet inconnu avait réveillé en elle, cette partie d'elle-même qu'elle pensait éteinte à jamais. Il avait fait remonté à la surface l'humanité qu'elle s'était évertuée à faire disparaitre pour mener à bien son projet de vengeance.
Il fit glisser sa chemise et elle comprit. Regina eut brusquement l'impression que le sol s'effondrait sous elle. Elle eut l'impression de tomber dans le vide sans que sa chute ne s'arrête jamais. Tinkerbelle, la taverne, l'homme au tatouage de lion !
« Non ! », hurla-t-elle de rage en bondissant sur ses pieds, sa main s'enfonçant dans la poitrine de l'homme.
Les yeux de l'homme s'écarquillèrent et elle y vit non pas de la peur mais une incompréhension déconcertante. Elle secoua la tête afin de chasser la vague de culpabilité qu'elle ressentit sur le champ. Il fallait qu'elle le fasse. Il devait mourir. « Je suis désolée pour vous ! Si vous aviez quelqu'un à aimer vous sauriez que vous ne devez pas faire ça ! Vous ne seriez pas si cruelle !». Cette phrase que lui avait, un jour, dit une paysanne n'avait fait que la conforter dans l'idée qu'elle ne devait laisser personne entrer dans sa vie si elle voulait vraiment tuer cette traitresse de Blanche-Neige. Elle ne pouvait donc pas se permettre de laisser cet homme désigné comme son âme-sœur mettre à mal ses plans.
« Milady ! », souffla-t-l-homme en agrippant son avant-bras.
« Je suis désolée… », murmura-t-elle imperceptiblement avant de refermer ses doigts sur son cœur.
A cet instant elle sentit une douleur atroce lui comprimer la poitrine. Elle tenta de l'ignorer et resserra sa prise sur le cœur du voleur. De nouveau quelque chose sembla lui écraser le cœur et elle laissa échapper un cri en même temps que l'homme en face d'elle. Complètement paniquée elle retira vivement sa main et instantanément la douleur disparut. Elle cligna plusieurs fois des yeux puis secoua négativement la tête. Impossible. Elle ne pouvait pas y croire. Elle ne voulait pas y croire. Ils ne pouvaient pas être liés l'un à l'autre.
Elle plongea sa tête entre ses mains puis commença à arpenter la pièce de long en large tel un lion en cage. Leurs deux cœurs semblaient être connectés de façon inexplicable. Cette satanée fée avait eu raison sur toute la ligne.
Un cri de rage lui déchira la gorge et d'un geste de la main elle fit exploser tous les miroirs de la pièce.
« Allez-vous en ! », hurla-t-elle sans oser reposer ses yeux sur le voleur.
Du coin de l'œil elle vit l'homme rester immobile de longues secondes. Il esquissa finalement un geste dans sa direction mais elle l'interrompit en le propulsant vers la sortie à l'aide de la magie. Il s'écroula lourdement au sol et elle put sentir son regard sur elle pendant un temps qui lui sembla durer une éternité. A son grand soulagement il se releva et finit par partir non sans lui jeter un dernier regard qui lui brisa le cœur.
Lorsqu'il disparut à l'angle du couloir, Regina se rua vers l'armoire où elle gardait la plupart de ses potions et se mit à chercher frénétiquement une fiole en particulier. Dans la précipitation plusieurs récipients se brisèrent sur le sol mais elle ne s'en préoccupa pas. Lorsqu'elle trouva finalement ce qu'elle cherchait, la reine sentit un énorme soulagement l'envahir et ses mains cessèrent de trembler.
« Gardes ! », hurla-t-elle tout en attrapant une fiole vide.
Des bruits de bottes précipités sur firent entendre derrière elle.
« Laissez partir le voleur ! », ordonna-t-elle tandis qu'elle transvasait une partie de la potion qu'elle cherchait dans un autre contenant un verre.
« Ensuite retrouvez le et assurez-vous qu'il boive cette potion. A son insu j'entends bien ! », déclara-t-elle en lançant la fiole dans les mains d'un des gardes.
Sans un mot les trois hommes s'inclinèrent et repartir aussi vite qu'ils étaient arrivés.
La reine posa ses mains sur ses hanches et soupira en laissant son regard glisser sur le sol. A cet instant elle aperçut son reflet dans les débris de miroir qui jonchaient le sol. Elle s'avança et attrapa l'un d'eux. Ses joues étaient encore rougies et son rouge à lèvre avait totalement disparu. Ses longs cheveux noirs ondulaient librement sur ses épaules et l'espace d'une seconde elle crut reconnaître la jeune fille qu'elle avait été par le passé. La jeune fille qui avait laissé sa place à l'Evil Queen pour mieux être vengée. La reine observa son reflet de longues minutes et elle ne se rendit compte que des larmes s'échappaient de ses pupilles que lorsque l'une d'elles s'écrasa sur le verre.
Un sanglot s'échappa de sa gorge mais il fût couvert par le bruit du morceau de miroir qui se brisait sur le sol. La reine prit une profonde inspiration puis fit volteface en direction de l'armoire. Elle attrapa la fiole désormais à moitié pleine et l'observa attentivement. Ce n'était pas de l'hésitation qu'elle ressentait à présent mais plutôt quelque chose de l'ordre du regret. Après tout peut être que ce fameux soir elle avait commis l'erreur de sa vie. Peut-être que cet homme au tatouage de lion lui aurait suffi pour vivre. Peut-être que son amour aurait suffi à faire disparaître sa soif de vengeance. Certainement même !
La jeune femme ferma les yeux et caressa ses lèvres du bout du doigt. Elle pouvait encore sentir l'effet de sa bouche bougeant langoureusement contre la sienne. L'effet de ses mains caressant voluptueusement son corps. L'effet de son regard glissant sensuellement sur elle. Un sourire triste étira ses lèvres. Elle avait déjà été bien trop loin pour revenir en arrière. Elle s'était laissé glisser bien trop profondément dans les ténèbres pour tout abandonner maintenant.
« Blanche-Neige va payer Daniel ! Quoi qu'il m'en coute ! », déclara-t-elle avant d'avaler le liquide rougeâtre et d'ainsi oublier pour toujours cet homme au tatouage de lion…
