Strip-Poker
Résumé : Prompt de Makiri,
"Regina et Robin décident de faire un strip-poker !"
Rating : M
Alors juste deux petites précisions :
*De base je ne sais pas jouer au Poker, j'ai donc été lire quelques règles mais j'ai dû adapter les choses pour que cela ne soit pas trop rébarbatif donc je m'excuse par avance auprès des adeptes. ^^
*C'est ma première fic réellement NC-18, d'ordinaire je préfère ne pas trop rentrer dans les détails mais j'ai eu envie de tenter. J'espère que mes descriptions ne sont pas trop crues ni trop mécaniques. Si vous avez le temps (et l'envie), j'aimerais beaucoup avoir vos avis, histoire de savoir si le NC-18 ce n'est définitivement pas pour moi où si ça vaut le coup que je continue à m'exercer dans ce domaine.
Voilà voilà Bonne lecture !
Regina repoussa son verre vide sur la table devant elle et laissa sa tête retomber contre le dossier de sa chaise avec un profond soupir de contentement. Étonnamment, la soirée avait été bien plus agréable qu'elle ne se l'était imaginé.
Contrairement aux autres fêtes organisées frénétiquement par Snow depuis leur retour dans la forêt enchantée, celle-ci s'était déroulée en comité restreint. Seules les personnes les plus proches du couple royal avaient été conviées pour boire un verre en l'honneur de l'anniversaire de leur chère princesse disparue : Emma. Cette fois, il n'y avait eu ni robe de bal, ni cotillons, ni orchestre tape à l'œil, car, comme l'avait judicieusement fait remarquer Charmant lorsqu'il avait porté un toast, cela n'aurait pas plu à la jeune femme.
La reine laissa son regard glisser sur l'immense salle désormais totalement désertée par les invités. Les effluves d'alcool qui inondaient son cerveau lui donnaient une agréable sensation de flottement. Pour la première fois depuis des mois, la douleur liée à la perte de son fils semblait s'être momentanément apaisée. Cependant, la jeune femme avait parfaitement conscience que dès son réveil le lendemain, le sentiment de vide qui hantait dorénavant son cœur se ferrait de nouveau sentir.
La nuit était déjà bien avancée au vu de la faible lumière que Regina pouvait discerner à l'horizon. Le soleil n'allait pas tarder à se lever. Elle aurait dû monter se coucher au risque de devoir abuser de maquillage le lendemain, cependant, elle voulait profiter encore quelques minutes du silence qui régnait dans le château. Du calme que l'hospitalité excessive du couple princier avait réduit à néant.
Alors qu'elle se laissait aller à fermer les yeux quelques secondes un craquement assourdissant raisonna dans l'immense salle. Regina sursauta et par réflexe, elle fit apparaître une boule de feu au creux de sa paume. La jeune femme tourna vivement sa tête en direction du bruit et fut surprise de découvrir Robin qui semblait lutter lamentablement pour garder son équilibre alors qu'une chaise était renversée à ses pieds.
Cette consternante vision du voleur, qui avait visiblement abusé de la bouteille, la détendit instantanément. La flamme dans sa main s'évapora tandis qu'un sourire amusé commençait à étirer ses lèvres.
« Et bien et bien... Moi qui pensais qu'un voleur digne de ce nom était discret en toute circonstance... On dirait que je vous ai surestimé...», se gaussa-t-elle alors qu'elle se redressait légèrement sur son siège.
En entendant une voix s'élever derrière lui Robin fit volte-face.
« Milady ! », s'exclama-t-il surpris de la découvrir encore debout.
« Je...je ...je pensais que tout le monde était parti se coucher... », dit-il en se passant nerveusement une main sur la nuque.
À vrai dire se retrouver face à la reine, alors que l'eau-de-vie distribuée à tour de bras par Tuck dans l'heure précédente, n'avait certainement pas encore montré toute l'étendue de ses effets, ne présageait rien de bon. D'autant plus que ce soir la jeune femme était particulièrement en beauté. Non pas qu'elle n'était pas éblouissante chaque jour, mais cette tenue surpassait toutes les autres. D'ailleurs pendant de longues secondes, il en perdit la parole. Son regard glissa sur elle en commençant par ses cheveux impeccablement remontés en un chignon lâche qui révélait en partie la délicatesse de sa nuque. Un large collier en tulle noir ornait son cou dont le médaillon reposait sensuellement sur le galbe de sa poitrine. La pâleur de sa peau contrastait avec la longue veste sombre et cintrée qui épousait ses épaules ainsi que les courbes généreuses de son corps. Le bustier qui se devinait en dessous offrait une vision presque indécente de cette poitrine qui hantait ses nuits. Le tout se terminait sur un pantalon de cuir noir qui lui collait littéralement à la peau, ainsi que sur une paire de chaussures à talon démesurément hauts.
« Je le pensais également ! », déclara la reine en arquant un sourcil comme si elle attendait une explication quant à sa présence.
Devant un tel spectacle Robin déglutit difficilement puis secoua légèrement sa tête afin de revenir à la réalité.
« Nous jouions aux cartes. Leroy nous a appris à jouer au Poker, ou je devrais plutôt dire à se faire plumer selon ses propres termes... », expliqua-t-il en levant sa main qui contenait un jeu de carte.
Regina ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel bien qu'un léger sourire se formait sur ses lèvres. À croire que peu importe le monde et les époques, les hommes restaient les mêmes.
« Et vous ? Que faîtes vous encore ici ? », demanda le voleur en s'avançant vers elle.
La reine l'observa se rapprocher. Il avait ce fichu sourire espiègle au coin des lèvres et ce regard pénétrant rivé droit sur elle. Pendant quelques secondes, elle n'aurait su dire si l'étrange chaleur qui se diffusait soudainement en elle était dû à l'alcool qui circulait dans ses veines où bien si elle n'était qu'une conséquence de cette attraction inavouable qu'elle ressentait à son égard.
« J'allais partir... », dit-elle précipitamment, en esquissant un geste pour se lever.
Même si l'alcool obscurcissait son jugement, la reine savait que se retrouver seule et légèrement enivrée avec cet homme, qui était loin de la laisser indifférente, n'était pas raisonnable. Cependant à peine s'était-elle mise debout qu'une main se posa sur son poignet.
Regina entrouvrit les lèvres, faussement choquée par l'audace du geste et releva les yeux vers l'homme en le fusillant du regard.
« Vous me devez toujours un verre... J'espère que vous ne l'avez pas oublié... », déclara malicieusement Robin.
À ces mots l'expression outrée de son visage s'effaça et fut remplacée par une soudaine gêne malgré le léger sourire qui se dessinait sur ses lèvres.
« J'espérais que vous, vous l'aviez oublié...», dit-elle en baissant légèrement la tête et en détournant les yeux.
La discussion la ramena quelques mois en arrière. À ce jour dans la bibliothèque, où pour la première fois quelqu'un qu'elle connaissait à peine avait réussit, par de simples mots, à fissurer la carapace qui protégeait son cœur. À ce jour où pour la première fois depuis des années, elle avait ressentit cet étrange picotement grisant au creux de son estomac. A ce jour où elle avait finalement vu ce satané tatouage et que pour la seconde fois de sa vie, elle avait fui.
« Comment le pourrais-je... », déclara le voleur d'une voix caressante.
Le souvenir de cette après-midi était encore intact dans son esprit. Il pouvait encore voir l'air agacé qui s'était dessiné sur le visage de la reine lorsqu'il avait pris la décision de l'aider dans ses recherches concernant Zelena. Il revoyait la façon dont ses épaules s'étaient relâchées lorsqu'il s'était étonné ouvertement du surnom dont le peuple l'affublait. Il se souvenait de la façon dont son regard s'était fait plus doux et sa voix plus suave lorsqu'il s'était rapproché d'elle et qu'elle lui avait expliqué d'une manière charmante que le flacon qu'il venait de trouver dans une des armoires n'était rien d'autre qu'une boisson alcoolisée. Il lui avait alors proposé d'y goûter, mais lorsqu'il lui avait tendu le verre, elle s'était évaporée dans une nuage de fumée sans aucune explication.
Sans attendre une réponse Robin attrapa une bouteille de vin rouge encore intacte qui traînait sur la table et remplit le verre de la reine avant de le lui tendre.
Regina l'observa quelques secondes. Sa raison lui criait qu'accepter serait une très, très mauvaise idée. Cependant, elle finit par le prendre et reprit sa place sur sa chaise. Un sourire triomphant étira discrètement les lèvres du voleur tandis qu'il se servait à son tour et s'installait sur le siège à la droite de la reine.
« Une partie ? », proposa-t-il finalement en jetant nonchalamment le jeu de carte sur la table.
« Non merci... », répondit distinctement la reine avant de porter le verre à ses lèvres.
« Vous avez peur de perdre ? », demanda-t-il provocateur avant de boire à son tour une longue gorgée de vin, sans la quitter des yeux.
La reine laissa échapper un rire outrancier et secoua négativement la tête.
« Certainement pas ! Je ne joue pas aux jeux d'argent et encore moins avec un voleur ! », déclara-t-elle en le toisant ostensiblement.
« Qui a parlé d'argent ? », lâcha-t-il simplement sans aucune arrière-pensée.
À ces mots, la reine manqua de s'étrangler avec le nectar qu'elle était en train d'avaler.
« Pardon ? », s'exclama-t-elle en écarquillant les yeux.
Robin fronça les sourcils et l'interrogea du regard. À vrai dire, il ne comprenait pas du tout sa réaction.
« Et bien, nous ne sommes pas obligés de parier quoi que ce soit, nous pouvons simplement jouer pour la gagne ? », expliqua-t-il tout naturellement.
« Oh... », souffla Regina en se rendant compte de son erreur.
« J'ai cru que vous proposiez de... Enfin non rien... Oubliez ça ! », éluda-t-elle rapidement tandis qu'un rire gêné s'échappait doucement de sa gorge.
L'espace d'un instant, elle avait cru que le voleur lui proposait un strip-poker, ce qui après réflexion paraissait totalement stupide. Bien qu'il savait se montrer particulièrement provocateur avec elle, il n'avait jamais outrepassé les limites. Ses remarques même les plus audacieuses n'étaient jamais grossières, et même si elle ne s'autoriserait jamais à l'avouer, la reine les appréciait particulièrement. À plusieurs reprises, elle avait surpris son regard sur elle, mais contrairement à bien des hommes ce n'était pas de la lubricité malsaine qui faisait briller ses yeux, mais plutôt une sorte de fascination qui aurait presque pu la faire rougir.
« Dîtes moi ! », insista le voleur, à qui le regard soudainement fuyant de la reine n'avait pas échappé. Aiguisant alors sa curiosité.
Regina secoua négativement la tête et termina son verre de vin d'une traite.
« Voilà ! Mon verre est vide, je ne vous dois plus rien ! », dit elle en l'agitant outrageusement devant lui avant de le reposer sur la table et de se lever de son siège.
« Pas si vite ! », s'exclama Robin en bondissant à son tour de sa chaise afin de lui faire barrage.
La jeune femme hoqueta légèrement lorsqu'en moins d'une seconde, elle se retrouva bloquée entre la table et le corps du voleur. Elle chancela légèrement, l'alcool affectant momentanément son équilibre.
« Laissez-moi passer... », ordonna-t-elle en appuyant son index sur le torse de l'homme.
« A quoi pensiez-vous ? », insista Robin en plongeant ses yeux dans les siens.
Le regard profond du voleur accentua étrangement le sentiment de flottement et d'étourdissement dû à l'alcool qui envahissait le corps de la reine. Elle ferma les yeux pour tenter de retrouver un semblant de contrôle, mais cela eut pour effet de la faire sombrer un peu plus, lui donnant presque le tournis.
Toujours en face d'elle, Robin profita de l'instant pour contempler son visage. Il laissa ses yeux glisser sur chaque trait, chaque parcelle de peau. Il s'attarda sur les légers sillons qui encadraient ses yeux. Sur ses sourcils impeccablement bien dessinés qui accentuaient la force de caractère de son regard. Sur ses pommettes saillantes qu'il rêvait de caresser du bout des doigts. Et finalement sur cette bouche aussi rouge que le sang qu'une légère cicatrice ne rendait que plus désirable.
« Dans notre monde, il y a plusieurs...Sorte de poker... », expliqua-t-elle finalement d'une voix étonnamment plus suave en replongeant son regard dans celui de l'homme.
« Leroy a effectivement parlé de ça, il y a le Texas Hold'em, le Royal Hold'em, le... », commença-t-il a énumérer avant d'être brusquement interrompu.
« Je ne parle pas de ce genre de poker là...Ce n'est pas une question de règles du jeu...C'est plus une question de...Mise... », continua-t-elle en arquant un sourcil tandis que le doigt qu'elle gardait appuyé contre le torse de l'homme commençait imperceptiblement à jouer avec le premier bouton de sa chemise.
« Oh ! », s'exclama Robin qui comprit enfin l'origine du malentendu.
« Je ne savais pas que sa majesté pouvait avoir un esprit si...Licencieux... », dit-il avec un large sourire espiègle.
Regina ouvrit la bouche faussement scandalisée par cette insinuation.
« Cela étant dit...je peux vous dire que dans ces conditions, il est certain que je ne vous aurais jamais laissé gagner, ne serait-ce par galanterie ! », ajouta-t-il un brin provocateur.
« Me laisser gagner ?! », répéta-t-elle en laissant échapper un rire ironique.
« Je n'ai aucunement besoin de votre prévenance machiste pour vous battre à plate couture ! », déclara-t-elle dédaigneusement.
Un large sourire étira les lèvres du voleur. Il l'observa quelques instants puis rapprocha dangereusement son visage du siens.
« Alors prouvez le ! », lui murmura-t-il à l'oreille.
Regina sentit des frissons lui parcourir la colonne vertébrale, mais elle s'efforça de ne rien montrer.
« J'espère pour vous que personne ne se promène dans les couloirs du château, car je peux vous dire, mon cher, que vous allez devoir repartir aussi nu que le jour de votre naissance ! », se gaussa-t-elle fièrement.
« Et bien, c'est ce que nous allons voir ! », rétorqua-t-il en lui désignant, avec une amabilité exagérée, sa chaise d'un geste de la main.
Atteinte dans sa fierté Regina ne put s'empêcher de relever le défi. Après tout que risquait-elle face à un adversaire qui ne savait jouer que depuis quelques heures et dont l'esprit était certainement bien plus embrumé par l'alcool que ne l'était le siens ? Cependant lorsqu'elle tituba légèrement en voulant s'asseoir, elle réalisa qu'elle s'était peut-être surestimée...
Alors qu'il prenait également place sur sa chaise aux côtés de la reine, Robin eut du mal à réaliser dans quoi il s'était embarqué. La jeune femme était certainement bien meilleure que lui à ce jeu qu'il connaissait à peine et quand bien même il réussirait à la battre, il savait qu'elle serait bien plus encline à le carboniser qu'à dévoiler ne serait-ce qu'une partie de sa délicieuse anatomie. Cette dernière pensée lui tira un léger sourire qu'il s'efforça d'effacer rapidement lorsqu'il croisa le regard inquisiteur de la reine.
« Dix jetons chacun ? », proposa-t-il en posant sa bourse qui contenait des pièces d'or sur la table.
Regina acquiesça négligemment d'un signe de tête avant de se servir une nouvelle coupe de vin.
« Vous allez me faciliter la tâche Majesté... », déclara malicieusement le voleur.
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la reine, mais elle se contenta d'ignorer royalement la remarque. Robin l'observa de longues secondes, incapable de se lasser d'un tel spectacle. Dès leur première rencontre, le voleur avait réalisé que la regarder était devenu une des choses qu'il appréciait le plus. Il aimait la façon qu'elle avait de se mouvoir avec grâce même lorsque la colère alourdissait son pas. Il aimait saisir les furtives expressions qui traversaient son visage alors qu'elle luttait pour rester de marbre. Il aimait voir son regard s'illuminer lorsqu'elle évoquait les souvenirs heureux qu'elle partageait avec son fils.
« Les cartes ne vont pas se distribuer toutes seules ! », cingla-t-elle en se laissant aller contre le dossier du fauteuil tandis que ses jambes se croisaient ostensiblement.
« Impatiente ? » Demanda-t-il sur un ton faussement innocent.
« De vous voir perdre ? Certainement ! », répondit-elle narquoisement.
Les lèvres de l'homme s'étirèrent en un sourire amusé tandis qu'il commençait à distribuer le jeu. L'arrogance de cette femme provoquait toujours chez lui une multitude de sentiments contradictoires. Autant, elle pouvait lui taper sur les nerfs, autant, elle pouvait réveiller ses instincts les plus primaires et les plus fougueux.
Robin déposa deux cartes devant la reine et fit de même devant lui. Il refréna immédiatement le sourire qui lui brûlait les lèvres alors qu'il découvrait sa main : une dame de trèfle et un As de trèfle. Un bon début. Il releva alors les yeux vers son adversaire et distingua le mince rictus de frustration qu'il avait si souvent vu au coin des lèvres de la jeune femme.
« A vous l'honneur ! », déclara-t-il le plus sobrement possible.
Sans ciller une seule fois, Regina fit glisser une pièce d'or au centre de la table.
« Je vous suis », lâcha-t-il en lui adressant cette fois un large sourire.
Le voleur dévoila ensuite le flop : un roi de cœur, un cinq de trèfle ainsi qu'un dix de trèfle.
Robin tâcha de rester impassible, mais intérieurement, il se sentait jubiler. Un trèfle de plus et c'était la couleur ! Il fit alors glisser deux pièces et défia la reine du regard. Cette dernière le toisa ostensiblement et prit tout son temps pour avaler une longue gorgée de vin avant de le suivre.
Robin déposa le tournant et il dut lutter de toutes ses forces pour cacher son excitation. Deux de trèfle ! Soit la reine était extrêmement douée pour le bluff, soit il allait avoir l'honneur de lui faire enlever son premier vêtement. À dire vrai, cette deuxième option lui mettait déjà l'eau à la bouche.
La reine misa deux pièces et Robin fit de même. Le voleur dévoila finalement la dernière carte. Dame de cœur.
« Tapis ! », déclara-t-il fièrement en poussant ses derniers jetons.
La jeune femme resta silencieuse de longues secondes et pendant un instant Robin craignit qu'elle ne se dégonfle et mette immédiatement fin à la partie.
« Tapis », murmura-t-elle à son tour alors qu'un sourire presque démoniaque venait finalement étirer ses lèvres.
« Une paire de Dame ! », dit-elle fièrement en déposant son jeu sur la table.
Robin laissa volontairement échapper un profond soupir de dépit en secouant négativement la tête. Il releva les yeux vers elle et constata qu'une lueur de triomphe illuminait son regard.
« Désolé... », souffla-t-il avec un large sourire mesquin alors qu'il déposait à son tour ses cartes.
« Couleur ! », ajouta-t-il fièrement en attrapant son verre pour le terminer d'une seule traite.
Le visage de la reine sembla se liquéfier. Elle le fusilla du regard de longues secondes puis se décida enfin à bouger. Ses mains remontèrent le long de son cou et elle retira son collier de tulle.
« Hey ce n'est pas un vêtement ça ! », contesta vivement le voleur.
« Ah oui ? Si cela ne vous convient pas vous pouvez toujours quitter la partie... », lui rétorqua-t-elle en arquant un sourcil provocateur.
« C'est déloyal ! », bougonna-t-il en redistribuant le jeu et les jetons.
Les trois prochains tours furent remportés par la reine. Dans un premier temps et sans aucun doute par pure vengeance, Robin n'avait retiré que le foulard vert qui ne quittait jamais son cou. Mais ses deux autres défaites l'obligèrent à aller plus loin. Après sa veste, c'était dorénavant à sa chemise de rejoindre le sol.
Alors qu'il commençait à déboutonner le premier bouton Regina se sentit étrangement mal à l'aise. Pour l'avoir déjà surpris torse nu, la reine savait que cette vision avait sur elle des effets bien plus qu'inavouables. La jeune femme tenta alors de garder son regard rivé sur le visage de l'homme, mais son inclination semblait être décuplée par les effets de l'alcool. Au bout de quelques secondes, ses yeux dévièrent sur les muscles saillants qui se dévoilaient devant elle. Un léger fourmillement prit soudainement naissance dans son bas-ventre et elle dut lutter pour ne pas se tortiller sur sa chaise.
Des dizaines de pensées plus indécentes, les unes que les autres lui traversaient l'esprit. L'idée même de pouvoir laisser ses doigts glisser sensuellement sur ses abdominaux, de pouvoir presser sa poitrine contre ses pectoraux, de pouvoir déposer des centaines de baiser au creux de son épaule, la faisait saliver à outrance.
« Satisfaite ? », demanda ironiquement Robin alors qu'il laissait tomber sa chemise sur le sol.
La voix du voleur la fit presque sursauter et elle eut la désagréable impression que ses joues s'empourpraient. Elle releva les yeux vers son visage afin de lui offrir une réponse acerbe, mais lorsque son regard croisa le sien, les mots lui manquèrent.
Malgré la légère brise qui filtrait par l'une des fenêtres ouvertes, la température semblait avoir augmenté d'une dizaine de degrés. L'air ambiant était presque suffoquant.
La reine s'évertua à acquiescer distraitement et s'empressa de saisir son verre afin de s'obliger à détacher son regard de l'alléchant spectacle qui lui faisait face. Alors qu'elle rejetait doucement sa tête en arrière afin de faire glisser jusqu'à la dernière goutte du liquide rougeâtre dans sa gorge, la jeune femme sursauta en sentant quelque chose frôler son genou.
Elle se redressa vivement, juste à temps pour voir le voleur se pencher au dessus d'elle afin de saisir la bouteille de vin qui se trouvait un peu plus loin sur la table.L'odeur enivrante et immuable de l'homme satura instantanément son oxygène. Sa main libre agrippa violemment l'accoudoir de sa chaise tandis que ses doigts se crispaient dangereusement sur le verre en cristal désormais vide. Une panique inexpliquée sembla prendre possession de son corps et son cœur se mit à marteler férocement dans sa poitrine. Trop proche ! Bien trop proche ! Un signal d'alarme semblait raisonner dans son esprit alors que l'envie irrésistible de toucher ce torse menaçait de lui faire perdre le peu de self-control qui lui proximité ne dura probablement qu'une fraction de seconde, mais Regina eut l'impression que cette douce torture avait duré une éternité.
Robin se recula et se laissa retomber sur sa chaise avant de verser l'alcool dans son propre verre.
« Un autre ? », proposa le voleur en levant la bouteille dans sa direction.
Regina le fixa de longue seconde hagarde, encore sous le coup de l'émotion insensée qui l'avait envahi.
« Majesté ? » S'inquiéta Robin en posant impudemment sa main sur la sienne.
La reine sursauta et rompit brusquement le contact.
« Non ! Je pense que j'ai suffisamment bu pour ce soir ! », répondit-elle finalement en croisant ses bras sur sa poitrine.
Robin lui offrit un petit sourire moqueur puis commença à redistribuer les cartes. Bien qu'il n'en était pas totalement certain, il avait l'impression que la reine était quelque peu déstabilisée par son torse. Il ne l'avait jamais vu rougir et pourtant, il était certain que ses pommettes s'étaient colorées à l'instant même où sa chemise avait rejoint le sol. Peut-être n'était-ce dû qu'aux verres de vin qu'elle avait bu, mais l'idée qu'elle puisse le trouver attirant lui plaisait beaucoup plus que la première hypothèse.
Malgré ses efforts pour bluffer, cette fois, ce fut Robin qui remporta la partie. Mauvaise joueuse, il l'entendit lâcher un juron avant qu'elle ne commence à détacher un à un les crochets qui maintenaient sa veste fermée.
Debout devant lui, elle le fixait droit dans les yeux, les dents serrées
« Je vous le ferrais payer ! », cracha-t-elle tandis que le voleur se contentait de l'observer avec un sourire mesquin plaqué sur le visage.
Malgré son air serein, Robin n'était au fond de lui pas tout à fait à l'aise. Voir cette femme si désirable se déshabiller devant lui sans qu'il ne puisse la toucher, l'embrasser, lui dire à quel point elle pouvait le rendre fou de désir, était en réalité une véritable torture. Il savait que tout cela n'était qu'un jeu. Qu'un pari frivole que l'alcool avait encouragé.
Soudain, la dernière attache céda et la reine fit glisser le morceau de tissu le long de ses épaules. Elle lui lança ensuite outrageusement le vêtement en pleine figure. Afin de la provoquer un peu plus comme il aimait tant le faire, Robin se redressa sur son siège et plongea son visage dans la veste. Il inspira profondément et eu finalement l'impression d'être pris à son propre jeu. Ce parfum fruité lui fit presque tourner la tête.
« Enivrant ! », commenta-t-il en arquant un sourcil suggestif.
Ce mot et le ton employé aurait dû la mettre en rage, mais la seule chose qu'ils provoquèrent chez elle fut une sensation de chaleur dans son bas-ventre. La reine avait parfaitement conscience que l'homme n'avait fait cela que pour l'agacer et pourtant, ce seul geste avait suffit à attiser son désir. Maudit voleur ! Maudit jeu ! Maudite pulsion !
« Rendez-moi ça ! », ordonna-t-elle en tentant de lui arracher le vêtement des mains.
S'étant attendu à cette réaction le voleur tira également sur la veste pour la garder. L'alcool ayant déjà probablement influé sur l'équilibre de la reine, ce simple mouvement la fit basculer vers l'avant. Avec le peu de réflexes qui lui restait Robin tenta de la rattraper en posant ses mains sur ses hanches, tandis qu'elle s'écroulait littéralement sur lui.
Le voleur déglutit difficilement lorsqu'il sentit ses seins, largement découvert malgré le bustier qu'elle portait encore, se presser contre son torse.
« Vous allez bien ? », s'enquit-il après quelques secondes.
« Vous êtes un idiot ! », lui lança-t-elle en relevant la tête alors qu'elle se trouvait encore à moitié allongée sur lui.
Les yeux du voleur tombèrent immédiatement sur ses lèvres. Une envie irrésistible d'y goûter s'empara de lui et il dut se mordre douloureusement la langue pour se contrôler.
De son côté Regina en oublia presque de respirer lorsqu'elle vit son regard dévier sur sa bouche. La jeune femme resta immobile, ses mains sur ses épaules, son visage à quelques centimètres du siens, espérant secrètement qu'il l'embrasse. Cette pensée était totalement folle et inconvenante, mais à cet instant, elle en mourait littéralement d'envie. Elle voulait sentir ses mains remonter jusqu'à ses côtes et finalement envelopper ses seins. Elle voulait sentir sa langue se frayer un chemin entre ses lèvres et venir caresser sensuellement la sienne.
Ce fut finalement Robin qui brisa la magie de l'instant. Craignant que son désir ne soit pas réciproque, le voleur se racla la gorge et poussa ses hanches afin de l'aider à se relever complètement. À cet instant, il crut voir une once de déception dans le regard de la reine, mais celle-ci retrouva rapidement un visage de marbre.
« Une dernière et après, c'est terminé ! », lâcha-t-elle froidement en se rasseyant sur son siège.
Elle y avait cru. L'espace d'une seconde, elle avait réellement cru qu'il pouvait avoir envie d'elle. Intérieurement, elle se fustigea pour avoir été si crédule. Comment avait-elle pu croire un seul instant qu'un homme tel que lui pouvait éprouver quelque chose pour elle, pour celle que tout le monde surnommait encore l'Evil Queen ?
La déception lui serrait douloureusement l'estomac et si elle s'était écoutée, elle aurait immédiatement disparu dans un nuage de fumée violette. Cependant, elle ne voulait pas qu'il puisse se douter une seule seconde de ce qu'elle ressentait. Elle ne voulait pas lui faire ce plaisir. Alors elle fit comme si de rien n'était et s'empressa de distribuer les cartes.
Cette dernière partie se déroula dans une atmosphère étrangement tendue. Aucun d'eux n'osait regarder l'autre en face et Robin n'éprouva aucun plaisir lorsqu'il révéla pourtant une quinte flush royale sur la table.
Regina se raidit instantanément en réalisant qu'elle devait retirer son bustier. Elle n'avait plus aucune envie de jouer à présent. La déception qu'elle avait ressentit quelques minutes plus tôt s'était peu à peu transformée en un vague mélange de tristesse et de colère. La seule chose qu'elle désirait à cet instant, c'était de se plonger sous ses couvertures et d'oublier cette fichue soirée. Pourtant, elle bondit sur ses pieds et commença à délasser son bustier sans jeter un regard au voleur à qui elle tournait à moitié le dos.
À peine avait-elle détaché la première boucle qu'une main se posa sur la sienne.
« Arrêtez... », souffla Robin debout à côté d'elle.
Regina le repoussa et s'attaqua au second nœud.
« J'ai perdu ! Je fais ce que j'ai à faire ! Tâchez d'en profiter, car c'est la dernière fois ! », répondit-elle froidement toujours sans le regarder.
« Regina... », insista-t-il en reposant sa main sur la sienne.
« Quoi ? » , s'exclama-t-elle sur un ton plus fébrile qu'elle ne l'aurait voulu.
« Je ne veux pas qu'une femme se déshabille pour moi parce qu'elle a perdu une partie de cartes...Je veux qu'elle le fasse parce qu'elle en a envie, réellement envie... », lui murmura-t-il à l'oreille.
À ces mots Regina eu l'impression que son cœur venait de louper un battement. Elle n'était pas certaine de comprendre ce qu'il voulait vraiment dire. Sans retirer sa main de la sienne, la reine tourna doucement sa tête vers lui et ses yeux plongèrent instantanément dans les siens. Son air était sérieux, mais un tendre sourire étirait le coin de ses lèvres.
Sans prendre le temps de réfléchir, la reine se tourna complètement vers lui. Elle attrapa sa main libre et la posa à côté de l'autre sur sa poitrine, l'invitant à se saisir lui même du ruban qui fermait son bustier.
Robin garda son regard plongé dans le siens, encore incertain de ce que la reine attendait réellement de lui.
« Et si j'en ai envie ? Réellement envie ? », murmura-t-elle presque imperceptiblement.
Les mots lui avaient échappé. Elle avait sans aucun doute bu quelques verres de trop, mais l'alcool n'avait rien à voir là-dedans. Il lui avait tout au plus permis de se désinhiber, mais il n'était en aucun cas la cause du désir intense qu'elle ressentait pour l'homme qui lui faisait face.
Cette fois Robin comprit le message. Un large sourire éclaira son visage et il fit un pas en avant afin de venir se placer dernière elle. Il laissa une de ses mains s'échapper un instant de l'étreinte de la reine afin de passer son bras de l'autre côté de son buste puis la reposa au même endroit.
La reine ferma les yeux et laissa son dos reposer contre le torse de l'homme derrière elle. Elle pouvait sentir ses doigts défaire délicatement le laçage de son bustier, frôlant au passage chaque centimètre de peau découverte. Le souffle chaud du voleur sur sa nuque la faisait frissonner à chacune de ses respirations.
Lorsque la moitié des boucles furent défaites, les doigts du voleur remontèrent lascivement le long de son sternum puis se glissèrent sous le vêtement jusqu'à ce que sa main puisse parfaitement englober son sein. La caresse la fit frémir et elle laissa échapper un léger gémissement.
Au même instant Robin pressa ses lèvres sur une de ses épaules puis parsema sa peau nue de baiser en remontant jusqu'au creux de sa mâchoire.
« Si vous saviez combien de fois, j'ai pu rêver de ce moment... », lui susurra-t-il d'une voix suave.
À ces mots, Regina se mordit violemment la lèvre pour garder le peu de self-contrôle qui lui restait et rejeta doucement sa tête en arrière.
« De ce moment ? », répéta-t-elle d'une voix étranglée, avide d'en entendre plus.
« De ce moment où vous m'autoriseriez à poser mes mains sur vous, à vous caresser... », souffla-t-il en laissant son pouce taquiner son mamelon sous le tissu de son bustier.
« A goûter votre peau... », continua-t-il avant d'aspirer légèrement la peau de son cou.
Il fit ensuite lentement descendre sa main libre sur son corps, s'arrêtant un instant sur ses côtes, puis sur sa entrouvrit les lèvres afin d'inspirer le peu d'air que sa respiration anarchique le lui permettait. Elle fit remonter une de ses mains jusqu'à la nuque du voleur tandis que l'autre se posait sur son avant-bras. La main de l'homme continua alors son exploration et la reine haleta lorsqu'elle la sentit glisser dangereusement sur l'une de ses cuisses.
«À vous entendre gémir de plaisir... », ajouta-t-il alors que sa main se pressait finalement contre son entrejambe au travers de son pantalon.
Sous ce toucher, la reine ne put s'empêcher de crisper ses doigts sur la nuque du voleur, tandis qu'un profond gémissement déchirait sa gorge. Sa propre main rejoignit alors celle de l'homme à l'endroit même où elle voulait désespérément le sentir, afin de l'encourager à continuer sa douce torture.
« À vous embrasser... », termina-t-il finalement en avançant légèrement sa tête par dessus son épaule afin de capturer ses lèvres.
À cet instant Regina eu l'impression que tous ses sens étaient décuplés. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait en vie. L'angoisse, la colère, le désespoir, tout cela ne semblait plus être qu'un vague et lointain souvenir. Son cœur battait frénétiquement dans sa poitrine et elle avait l'impression que son sang bouillait à l'intérieur de ses de résister plus longtemps à l'envie d'approfondir le baiser, la jeune femme fit volte face et enroula brusquement ses bras autour du cou de Robin. Le voleur perdit un instant l'équilibre, mais il réussit finalement à s'asseoir sur la chaise derrière lui. Sans rompre le baiser Regina passa ses jambes de part et d'autre des siennes et s'installa sur ses la trouvant probablement pas assez proche, Robin l'invita à coller son buste contre le siens, ce qu'elle fit sans se faire prier. La jeune femme sentit alors l'effet qu'elle avait sur lui et ondula légèrement son bassin tout en laissant sa langue venir cueillir la sienne.
Cette fois, ce fut au tour de Robin de gémir contre ses lèvres. Il fit descendre une de ses mains jusqu'à ses fesses et y exerça une légère pression tandis que l'autre remontait jusqu'à sa nuque afin de l'empêcher de mettre fin au baiser.
Regina fit remonter une de ses mains jusqu'à la mâchoire du voleur et laissa l'autre glisser sensuellement sur ce torse qui la rendait folle. Ses ongles effleuraient chaque ligne de ses pectoraux, chaque pli de ses abdominaux. Dieu qu'elle avait envie de cet homme. Son intimité semblait comme chauffée à blanc et elle ne put rester plus longtemps immobile. Elle fit de nouveau onduler son bassin contre le siens afin de profiter à nouveau de cette friction dont elle avait tant envie.
La reine avait l'impression de perdre complètement pieds. La passion et l'ardeur que le voleur mettait dans leur baiser la transportaient littéralement dans un autre monde. Des émotions dont elle ne soupçonnait même pas l'existence envahissaient son corps à chaque fois que leurs langues se touchaient. Personne ne l'avait jamais embrassé de cette façon et à cet instant, elle eut l'impression qu'elle ne serrait plus jamais capable de s'en passer. Leurs bouches semblaient être faites l'une pour l'autre.
À bout de souffle, elle mit finalement fin au baiser et Robin en profita pour prendre d'assaut son cou. La reine hoqueta en le sentant aspirer et mordiller sa peau au creux de sa mâchoire. Elle fit remonter sa main jusque dans ses cheveux et l'invita à descendre plus bas, toujours plus bas.
Lorsqu'elle sentit ses lèvres frôler le galbe de sa poitrine, elle se cambra brusquement et laissa échapper des mots incompréhensibles. La main de l'homme jusqu'alors posée sur ses fesses remonta le long de sa colonne vertébrale et trouva sa place au creux de ses omoplates.
De son côté Robin n'arrivait toujours pas à réaliser que c'était réellement la reine qu'il tenait dans ses bras. Que c'était les seins de cette femme, qu'il désirait plus que tout au monde depuis des mois, qu'il était en train de parsemer de langoureux baisers.
« Quinte flush royal... », murmura-t-il contre sa peau avant de laisser sa langue glisser sur le bord du bustier.
Il sentit la poitrine de la jeune femme être secouée par un léger rire tandis que les mains de cette dernière ne cessaient de glisser frénétiquement dans ses cheveux. Il releva immédiatement la tête vers son visage, espérant y voir ce magnifique sourire qui se faisait pourtant si rare. Et il était là, étirant délicatement ses lèvres. Il laissa alors son pouce venir caresser doucement sa bouche puis plongea ses yeux dans les siens.
« Vous êtes tellement belle... », souffla-t-il, presque hagard devant tant de beauté.
À ces mots Regina senti son estomac se nouer et elle détourna le regard, presque gênée face à tant de sincérité. Elle n'avait jamais été traitée avec tant d'égard par un homme et elle fut soudainement submergée une angoisse inexplicable.
« Hey...il y a un problème ? », souffla Robin qui avait remarqué son trouble, en posant sa main sur la sienne afin d'entrelacer leur doigts.
Ce geste attira le regard de la reine et pendant de longues secondes ses yeux restèrent fixés sur leurs mains jointes. Cette proximité était dangereuse. Bien trop dangereuse, car elle allait à n'en pas douter y prendre goût et une relation avec cet homme était inenvisageable pour des centaines de raisons différentes. Elle hésita à partir, mais la curiosité et l'envie étaient bien trop fortes. Elle voulait savoir, juste une fois, ce que l'on pouvait ressentir dans les bras de cet homme. Dans les bras de cet homme qui était sur le point de lui faire l'amour et non pas de se servir d'elle comme d'un vulgaire produit de consommation.
« Non...juste...arrêtez de parler... », répondit-elle finalement avant de fondre sur ses lèvres.
Robin sembla vouloir dire quelque chose, mais elle l'en empêcha en approfondissant immédiatement le baiser tandis que ses hanches reprenaient leur danse lascive contre les siennes.
Les mains du voleur se faufilèrent entre eux et il détacha les dernières boucles de son bustier. Celui-ci tomba sur le sol et Robin recouvrit immédiatement les seins fraîchement révélés de ses mains. Il les massa délicatement tout en laissant ses pouces frôler leur pointe.
Un incontrôlable frisson secoua le corps de la reine tandis qu'elle étouffait un intense gémissement contre les lèvres de l'homme. Son dos se cambra afin d'accentuer la pression de ses paumes sur sa poitrine et elle dut mettre un terme au baiser pour tenter de reprendre son souffle.
« Ah ! », lâcha-t-elle sous l'effet de la surprise lorsqu'elle sentit les hanches du voleur venir rencontrer les siennes un peu plus brutalement que les fois précédentes.
Ils étaient tous les deux arrivés à un point de non-retour. Leur désir réciproque était si intense que s'arrêter maintenant était dorénavant inenvisageable. Se sentant incapable de se détacher de l'homme, ne serait-ce que pour trouver une position plus adéquate pour la suite des évènements, Regina agita sa main et en moins d'une seconde, ils se retrouvèrent dans ses appartements.
Robin qui ne s'était pas attendu à un tel changement de décor, tomba en arrière sur le lit, son dos n'ayant plus de dossier sur lequel s'adosser.
La reine, agenouillée au-dessus de lui ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire devant son air stupéfait.
« Le lit royal ! C'est un honneur ! », plaisanta le voleur lorsqu'il eut retrouvé ses esprits.
Regina se laissa tomber en avant, ses deux mains se posant de part et d'autre de la tête de l'homme.
« Arrêtez de parler, j'ai dit ! », souffla-t-elle avec un sourire mutin avant de presser fougueusement ses lèvres contre les siennes.
Les bras de Robin se refermèrent immédiatement autour de sa taille et il l'invita à s'allonger complètement sur lui.
Il fit glisser ses doigts le long de sa colonne vertébrale jusqu'à atteindre son chignon. Il retira alors une à une toutes les épingles qui s'y trouvaient. C'était également une des choses qu'il rêvait de faire depuis des semaines. Les cheveux de cette femme hantaient ses nuits presque autant que son corps de déesse.
Lorsque le chignon fut totalement défait, il agrippa les hanches de la reine et la fit basculer sur le côté. Il se retrouva alors au-dessus d'elle et se redressa légèrement afin de la regarder. Elle était éblouissante. Il entrouvrit les lèvres pour le lui dire, mais la jeune femme posa son index sur ses lèvres en fronçant les sourcils. Il garda alors le silence, mais ouvrit la bouche et suça sensuellement son doigt en plongeant ses yeux dans les siens.
Regina déglutit difficilement et elle sentit des palpitations naître dans son bas-ventre. Ne voulant pas attendre plus longtemps elle agrippa la nuque du voleur et tenta en vain de le faire basculer sur le dos. La reine grogna de mécontentement tandis qu'un large sourire venait étirer les lèvres de l'homme.
Ce dernier l'observa encore quelques secondes puis agrippa ses poignets et les emprisonna au-dessus de sa tête. Bien qu'il mourrait d'envie de lui faire l'amour, il voulait prendre son temps et profiter de cette proximité inattendue et inespérée. Il voulait prendre soin d'elle et lui faire comprendre qu'il avait bien plus à offrir qu'une simple partie de jambes en l'air. Il avait envie de la choyer, de lui montrer que contrairement à ce qu'elle pouvait croire, elle aussi méritait toutes les attentions. Il déposa alors un furtif baiser au creux de sa mâchoire puis laissa ses lèvres glisser lascivement de plus en plus bas.
Alors qu'il déposait une dizaine de baiser le long de son sternum, ses mains descendirent le long de ses bras et s'arrêtèrent un instant sur sa poitrine.
Regina se mordit la lèvre en sentant son souffle chaud venir chatouiller son nombril.
Alors que les mains du voleur continuaient leur machiavélique descente le long de ses côtes, la jeune femme sentit sa respiration se bloquer en perspective de son prochain geste. En effet quelques secondes plus tard elle sentit Robin agripper les bords de son pantalon en cuir et commencer à le lui retirer. La jeune femme ferma les yeux et suréleva légèrement ses hanches pour lui venir en aide.
Lorsqu'elle entendit le bruit sourd de ses chaussures et de son pantalon qui tombaient au sol, Regina sentit son rythme cardiaque s'emballer. Elle inspira profondément pour tenter de se calmer mais les mains du voleur se posèrent sur ses cuisses et elle fût totalement perdue.
Ses mains glissaient d'avant en arrière le long de ses jambes, allant toujours un peu plus haut dans leur progression. La jeune femme se mordit la langue et manqua d'air lorsque ce fut finalement les lèvres du voleur qu'elle sentit se presser à l'intérieur de sa cuisse. Elle voulut se redresser, mais l'homme l'en empêcha en posant une main sur son ventre.
« Ne... », tenta-t-elle de protester mais elle fût incapable d'en dire plus.
Un gémissement lui déchira la gorge alors que Robin déposait un langoureux baiser sur la dentelle de son sous-vêtement, à l'endroit exacte de son désir.
« Vous n'êtes pas obligé... », réussit-elle finalement à articuler, haletante.
Robin resta silencieux quelques secondes puis elle le sentit remonter vers son visage.
« Et si j'en ai envie ? Réellement envie ? », lui répondit-il en utilisant les même mots qu'elle avait elle-même prononcé quelques minutes plus tôt, son regard plongé dans le siens.
Un large sourire étira les lèvres de la reine. Robin lui vola un dernier baiser puis redescendit non sans presser sa bouche sur chaque parcelle de peau qui passait à sa portée. Lorsqu'il arriva à destination, le voleur agrippa les rebords de son sous-vêtement et l'envoya rapidement rejoindre le pantalon sur le sol.
Il fit ensuite, de nouveau glisser tendrement ses mains le long ses jambes. Il pouvait sentir à quel point elle était tendue.
« Laissez-vous aller... Ne pensez à rien... », souffla-t-il avant de déposer une dizaine de baiser à l'intérieur de sa cuisse, remontant doucement vers son intimité.
Il commença alors par la frôler imperceptiblement du bout des lèvres puis progressivement, il laissa sa langue se frayer un chemin jusqu'à l'endroit où elle était sans aucun doute la plus sensible. Les hanches de la jeune femme commencèrent à onduler lentement tandis qu'il pouvait l'entendre gémir un peu plus fort à chaque nouvelle caresse.
Regina ne s'était jamais sentie si vulnérable qu'à cet instant et pourtant, elle n'aurait voulu qu'il ne s'arrête pour rien au monde. Ses doigts se crispaient sur la couverture tandis que des vagues de plaisir la submergeaient entièrement. Elle avait l'impression que des décharges électriques lui traversaient le corps de la tête aux pieds. Soudain, les lèvres de l'homme se refermèrent complètement sur son clitoris et il aspira à plusieurs reprises. Cette fois s'en fut trop pour la reine. Son dos s'arqua et le cri, qu'elle tentait désespérément de retenir jusqu'alors, lui échappa se répercutant dans un écho sur les murs de sa chambre.
Elle sentit Robin sourire contre son intimité et elle n'aurait su dire si elle devait le maudire pour cette douce torture ou si elle devait lui ordonner de continuer. Le voleur sembla lui laisser quelques secondes de répit, mais sa langue recommença rapidement sa danse lascive, accompagnée cette fois par un doigt qui se glissa voluptueusement en elle. Ses jambes se mirent à trembler de façon irrépressible et elle se demanda un instant si son corps allait réellement pouvoir tenir le choc. Le voleur ajouta un second doigt à son doux supplice et elle manqua de défaillir. Son bassin n'avait de cesse d'onduler au rythme de ses langoureux baisers dans un impossible mouvement d'attraction-répulsion presque magné étrange sensation d'engourdissement commença à se diffuser dans son corps qui ne lui répondait définitivement plus. La jeune femme avait également de plus en plus de mal à respirer et une chaleur étouffante envahissait progressivement son bas-ventre.
« Ne vous arrêtez pas... », gémit-elle sans le vouloir alors qu'elle sentait les muscles de son intimité se contracter frénétiquement autour des doigts du voleur.
À ces mots Robin sentit sa propre excitation augmenter d'un cran. Dieu qu'il aimait la sentir vibrer sous ses caresses. L'entendre gémir de plaisir à cause de lui. À cet instant, il aurait voulu voir son visage. Il aurait voulu voir ses lèvres entrouvertes et ses yeux clôt. Il aurait voulu voir ses traits se tendre sous le plaisir. Cependant, il intensifia la pression de sa langue et accéléra le rythme de ses doigts. Encore quelques secondes et il la sentit partir. Un cri presque indécent brisa le silence et cela manqua presque de lui faire, également, perdre la tête. Il déposa un dernier baiser au creux de sa cuisse puis remonta vers elle, sa main glissant tendrement contre sa peau brûlante.
Lorsque son visage fut à sa portée Regina agrippa sa nuque et captura ses lèvres avec passion. Immédiatement, elle laissa sa langue venir chercher sa partenaire pour l'entraîner dans un ballet endiablé. Lorsque tout l'air eu déserté ses poumons, la reine interrompit le baiser mais mordilla la lèvre inférieure du voleur, incapable de se séparer réellement de lui.
« J'ai le cœur qui va exploser... », avoua-t-elle à bout de souffle.
Robin lui offrit un large sourire et replaça tendrement une mèche de cheveux derrière son oreille.
« Je pensais que nous ne devions pas parler... », se gaussa-t-il avant de déposer un rapide baiser sur ses lèvres.
« Je pensais que nous devions simplement jouer aux cartes... », répondit-elle d'un air taquin.
Le voleur fit mine de réfléchir quelques secondes puis plongea dans son cou.
« Je préfère largement cette activité... Pas vous ?!», répondit-il avant d'aspirer sensuellement la peau juste au-dessus de son pouls.
Regina acquiesça silencieusement avant de laisser sa main se glisser entre leurs deux corps jusqu'à la lisière du pantalon du voleur.
« Tapis... », lui susurra-t-elle à l'oreille alors que ses doigts se frayaient un chemin jusqu'à sa virilité.
Regina l'entendit grogner presque imperceptiblement contre sa peau lorsqu'elle referma ses doigts autour de son membre déjà tendu par le désir. Elle laissa son pouce effleurer doucement le sommet de son intimité pendant quelques secondes, puis entama un va-et-vient lascif sur toute sa longueur. Cependant, ses mouvements étaient limités par ce maudit pantalon qu'il portait encore.
Robin l'entendit lâcher un soupir de frustration et il saisit immédiatement le message. Il se redressa et retira le vêtement qu'il envoya valser derrière lui. Il s'allongea de nouveau sur la jeune femme en prenant soin de faire peser son poids sur ses avant-bras plutôt que sur elle. Il plongea ses yeux dans les siens et se mordit la langue pour ne pas lui dire ô combien il la trouvait parfaite.
En sentant leurs intimités l'une contre l'autre, Regina sentit une nouvelle vague de désir prendre possession de son bas-ventre. Elle le voulait. Maintenant ! Elle laissa sa main glisser contre son dos jusqu'à ses fesses musclées et y exerça une légère pression. Un nouveau sourire vint étirer les lèvres du voleur et il acquiesça silencieusement avant de presser ses lèvres contre les siennes. Sans rompre le baiser, il se positionna à son entrée et commença à y glisser, centimètres par centimètres.
Un râle de plaisir leur échappa au même instant.
« Ca va ? », lui demanda-t-il avant de déposer un tendre baiser au creux de sa mâchoire.
Regina acquiesça vigoureusement et exerça une nouvelle pression sur ses fesses. Le voleur commença alors à bouger. D'abord lentement pour lui laisser le temps de s'habituer à ses mouvements puis ses coups de reins se firent plus régulier, plus profond.
La jeune femme laissa sa deuxième main venir se poser sur les fesses du voleur afin de guider son rythme.
« Vous êtes incroyable... », ne put-il s'empêcher de lui murmurer à l'oreille.
La reine entrouvrit les lèvres pour lui dire à nouveau de se taire, mais elle ne fut capable que de lâcher un profond gémissement. Il lui faisait littéralement perdre la tête.
Robin agrippa une à une ses cuisses, l'invitant à enrouler ses jambes autour de sa taille. Regina s'exécuta et elle ne put contenir un cri lorsque sa virilité heurta une zone particulièrement sensible dont elle ne soupçonnait même pas l'existence.
« Vous vouliez dire quelque chose Milady ? », se gaussa-t-il avant approfondir encore un peu plus ses mouvements.
Regina aurait voulu lui répondre, lui envoyer une réplique cinglante, mais plus aucune phrase cohérente n'arrivait à se former dans son esprit. Elle laissa ses mains glisser le long de ses bras et sur ses épaules dans un vas et vient incessant. Elle ne se lassait pas de sentir ses muscles saillants rouler sous ses doigts.
Au bout de quelques minutes, Robin se saisit alors de l'une de ses mains et la plaça au-dessus de sa tête avant d'entrelacer ses doigts aux siens.
À cet instant, la reine sentit son cœur louper un battement. Ce geste lui fit réaliser à quel point ce qu'ils étaient en train de faire avait de l'importance. Pour elle, comme pour lui. Et l'espace d'une seconde, elle ressentit cette même vague d'angoisse la submerger. Elle était définitivement allée trop loin. Bien trop loin. Elle tenta d'organiser ses idées, de réfléchir à ce qu'elle allait dire, ou faire après cette nuit, mais de nouveaux coups de rein particulièrement habiles l'extirpèrent de la réalité.
Elle ferma les yeux et profita de l'engourdissement qui reprenait possession de son corps. Ses doigts se crispèrent sur ceux du voleur et elle gémit de plus belle. Elle se sentait au bord de la rupture.
« Embrassez-moi... », lâcha-t-elle d'une voix plus suppliante qu'elle ne l'aurait voulu.
Robin se redressa légèrement et captura sa bouche dans un baiser à la fois doux et sensuel. Il aspira ses lèvres, frôla sa langue avec la sienne.
Quelque secondes plus tard Regina sentit ses muscles se contracter frénétiquement et elle atteignit l'extase, un sentiment de plénitude absolue qu'elle n'avait jamais connu. C'était presque comme si son âme avait quitté son enveloppe charnelle.
En la sentant trembler de tous ses membres le voleur ne pu s'empêcher de sourire, satisfait. Il ne lui fallut que quelques mouvements supplémentaires pour lui aussi atteindre la délivrance. Haletant, le sang en ébullition, il laissa son visage retomber sur la poitrine de la reine et y déposa quelques baisers humides.
Sans réfléchir, Regina referma ses bras autour de ses épaules et laissa sa main glisser tendrement dans ses cheveux. Elle tourna son visage vers la fenêtre et constata que l'aube pointait déjà son nez. Malgré le corps du voleur encore pressé contre le siens, elle se demanda un instant si tout cela n'était pas un rêve. D'un certain point de vue, elle aurait préféré que ce soit le cas. Il allait à présent falloir reconstruire les murs autour de son cœur et lui dire que tout cela n'était qu'une erreur. Qu'une malencontreuse conséquence de l'abus d'alcool. Que cela ne signifiait rien. Oui, elle allait devoir lui dire tout cela, mais pas maintenant, pas encore...Demain...Oui demain... !
Quelques heures plus tard Regina fut réveillée par des bruits sourds frappés contre la porte. Elle cligna plusieurs fois des yeux et réalisa que Robin était toujours là, ses bras solidement enroulés autour de sa taille. À contre-cœur et en prenant soin de ne pas le réveiller, la reine s'extirpa de son étreinte et se dirigea vers la porte. Elle attrapa au passage sa robe de chambre et l'enfila avant d'ouvrir.
Ne voulant pas que quelqu'un puisse apercevoir le voleur endormi, nu dans son lit, Regina entrouvrit légèrement la porte.
Encore à moitié endormie, la jeune femme sentit son estomac se contracter douloureusement lorsqu'elle réalisa qui se tenait devant elle et surtout lorsqu'elle vit ce que cette personne tenait dans ses mains.
« Tu peux m'expliquer ? », demanda Blanche avec un sourire moqueur en lui tendant les vêtements qu'ils avaient laissé derrière eux la nuit précédente.
Banqueroute !
