Nous revoilà déjà pour le chapitre 6 qui attendait impatiemment d'être posté ! Bienvenue aux nouveaux arrivants et encore merci à ceux qui continuent de la suivre chapitre après chapitre !

SQ-Faberry-OQ : Et oui, Cora est toujours aussi détestable ! ^^ J'avoue que l'idée de l'étouffer en plein repas avec un morceau de viande est très, très tentante mais...naaaaan :p Et non je ne suis pas sadique d'abord :p

Stitch-Attitude : J'avoue que Regina est bien une tête de mûle ^^ Et quand à parler des problèmes à Emma...Je ne dis rien mais tu auras vite tes réponses ^^ Je suis vraiment contente que tu ai aimé la connexion qui s'installe entre elles !

evilhayleyregal : J'avoue je n'aime pas trop tout ce qui est rose bonbon dès le début, j'aime bien les complications ^^ Mais bon je ne suis pas hyper sadique quand même ! ^^ enfin...pas trop... :p

Merci à La plume d'Elena, tu sembles soulagée par cette fin de chapitre ^^ , et à Angele ! Moi aussi j'adore Regina en mode furax !

Merci aussi à tous ceux qui me lisent sans poster de reviews ! J'espère que cette suite vous plaira.


6.

- Explique-moi, dis moi ce qu'il t'arrive.
Elles restèrent un moment sans esquisser un geste puis, finalement, Emma pivota lentement en direction de Regina. Manifestement terrifié, les yeux rouges d'avoir sûrement pleuré et la mine plus cadavérique que ce matin, la jeune femme tendit ses bras devant elle. Elle tremblait comme une feuille, et son amante comprit d'où lui venait sa peur lorsqu'elle suivit son regard et que ses yeux se posèrent sur les mains de la blonde.
Elle retint un hochet de surprise.
Elles brillaient d'une lueur blanchâtre qui ne pouvait signifier qu'une chose. La magie d'Emma était revenue malgré la Malédiction.

Assises côte à côte sur le rebord du lit, aucunes des deux femmes n'avaient encore prises la parole. Elles se contentaient de rester dans cette position, les yeux fixés au sol. La terreur d'Emma se calmait peu à peu et elle savait qu'elle ne le devait qu'à la présence de Regina. Entendre sa voix à travers le bois de la porte lui avait arraché un soupir de soulagement car, même si elle restait en colère contre la Reine, il n'y avait qu'elle qui pourrait lui apporter son aide et lui expliquer ce qui n'allait pas. Ses mains continuaient de luire doucement, mais perdaient peu à peu de leur lumière. Sûrement le signe que ce...pouvoir, ou quoi que ce soit d'autre, commençait à s'épuiser.

- Comment est-ce que ça a commencé ? demanda finalement Regina en relevant la tête dans sa direction.

Emma passa sa langue sur ses lèvres et se mit à les mordiller, comme à chaque fois que le stress s'insinuait dans son esprit. Le stress et, bien évidement, l'incompréhension.

- Ca faisait un moment que tu étais partie, se lança-t-elle. Je tournais en rond dans le salon, j'étais furieuse contre toi. Et je le suis toujours ! Je n'en pouvais plus de ne pas savoir pourquoi tu m'avais enfermé ici. Je me sentais piégée, mise à l'écart. Je t'en voulais d'avoir utilisé ta Magie sur moi pour me retenir prisonnière et Henry...
- Henry ?
- Il me tournait autours, avec pleins de questions auxquelles je n'avais pas de réponses. Il ne me laissait pas, j'avais l'impression d'étouffer.

Les premières heures avec ce gamin s'étaient déroulées à merveille et ils avaient même ri pendant un temps, mais son interrogatoire incessant avait vite fait de la crisper et elle se demanda si Regina devait subir ce genre de choses tous les jours. Après tout, être le fils de la Méchante Reine du Royaume Enchanté piégée à Storybrooke devait bien soulever des questions dans son petit crâne.

- Et ensuite ? l'encouragea sa compagne.
- J'ai commencé à paniquer. Il fallait absolument que je sorte de chez toi et j'ai essayé de passer au travers de ta...barrière magique.
- Charme de protection.
- Peu importe ! s'exclama Emma. J'ai appuyé dessus de toutes mes forces, j'y ai mis toute ma volonté mais ça refusait de céder. J'étais tellement en colère contre toi Regina. Je ne me suis même pas aperçue que mes mains commençaient à me brûler. Et quand j'ai voulu essayer de sortir une nouvelle fois, elles se sont mises à...briller et je me suis retrouvé projetée en arrière. A partir de là, elles n'ont pas cessé d'émettre cette lumière.

Pour appuyer ses dires, elle les leva devant elle.

- Qu'est-ce qu'il m'arrive, Regina ? demanda la jeune femme. Est-ce que ton charme a eut comme des effets secondaires sur moi ?
- Le charme n'y est pour rien, répondit son amante en se levant, les mains sur les hanches.

Elle commença à faire les cents pas dans la pièce, les sourcils froncés. Manifestement, elle savait quelque chose que Emma ignorait, elle pouvait le sentir. Cette fois, elle devait lui avouer la vérité.

- Tu es comme moi, finit-elle par annoncer. Un être magique.
- C'est impossible ! Tu le sais mieux que quiconque. Je ne suis pas comme vous tous, je ne viens pas de votre monde. Je me suis simplement installée dans cette ville et sur Terre, on ne possède pas ce genre de pouvoir. C'est forcément une erreur.
- Il n'y a pas d'erreur avec la Magie, Emma.

La peur commençait à revenir assombrir son cœur et elle jeta un regard apeuré en direction de Regina. Comment pouvait-elle rester aussi calme alors qu'elle même n'avait qu'une envie, partir d'ici en courant ?

Le Maire dû apercevoir son état car elle cessa aussitôt de marcher et s'agenouilla devant la jeune femme avec un sourire rassurant.

- Tout va bien se passer Emma, ce n'est pas grave. Je vais découvrir comment tu as obtenu ces pouvoirs, je te le promets. Mais en attendant, il faut que tu essaies de rester aussi calme que possible.
- Calme ? répéta sa compagne. Calme ? Comment veux-tu que je reste calme alors que je suis en train de me transformer en monstre !

Elle sut que ses paroles furent une erreur à l'instant précis où elles franchirent ses lèvres. Le visage de Regina se figea et son regard se durcit.

- Tu penses que je suis un monstre à cause de mes pouvoirs ? questionna-t-elle froidement.
- Non, je...Je ne pense pas que tu sois un monstre, balbutia Emma. Mais je pense que tu n'aurais jamais été la Méchante Reine si tu ne les avais pas eu.
- Mon passé n'a rien à voir avec la Magie. Certes, ils ont précipité ma chute mais ce sont les personnes qui m'entouraient qui ont fais de moi ce que je suis. Ce que j'ai été. J'étais trop jeune pour comprendre. Trop naïve. Ma mère, Rumplestilskin, j'ai fais partie d'un plan qui me dépassait.
- Rumple quoi ?

Regina fronça une nouvelle fois les sourcils et resta silencieuse quelques secondes, avant de finalement chasser ses pensées d'un mouvement de main.

- Considère-le comme celui qui m'a tout appris.

Emma baissa la tête. Elle n'avait pas voulu blesser la jeune femme mais ignorait comment se faire pardonner. A elles deux, il lui semblait qu'elles ne faisaient que commettre des erreurs, et la blonde aurait souhaité que cela en soit autrement. Mais c'était comme si quelque chose les poussaient dans des directions opposées malgré leur effort pour se rapprocher l'une de l'autre. Sa main frôla celle de Regina dans l'espoir que celle-ci lui pardonne son manque de tact. Il fallut de longues secondes avant que cet air sombre disparaisse quelques peu du visage de son amante, puis qu'un sourire se dessine sur ses lèvres.

- Alors, comment Est-ce que je m'en débarrasse ? demanda Emma avec détermination.
- T'en débarrasser ? Tu ne peux pas ! Et puis, même si tu le pouvais vraiment, penses à tout ce qu'ils peuvent t'apporter.
- Me faire propulser contre un mur par exemple ?
- Ils peuvent t'aider, te protéger.
- A part des ennuis, je ne vois vraiment pas ce qu'ils peuvent avoir comme effet positif pour moi. Je n'y connais rien à la Magie.

Manifestement à bout d'arguments, Regina regarda autours d'elle un instant à la recherche de quelque chose, puis finit par lui sourire à nouveau. Certaine de capter l'attention d'Emma, elle agita la main et la jeune femme sentit une vive douleur dans sa cheville avant qu'elle ne cesse aussi brutalement que son arrivée.

Sa bouche s'ouvrit.

Son plâtre avait disparu, et le fait de pouvoir bouger librement son ancien membre blessé lui indiquait clairement que son amante venait tout simplement de faire disparaître sa fracture aussi facilement que si elle venait de chasser une poussière dans l'air. Décidemment, cette femme ne cesserait jamais de l'étonner.

- Comment tu...
- La Magie n'est pas que maléfique, répondit le Maire. Tout dépend de la personne qui l'utilise. Et tu as une chance inestimable de m'avoir car tu vas pouvoir profiter de mon expérience sur le sujet.

Emma écarquilla les yeux.

- Tu veux dire, comme si tu étais mon professeur ?
- Exactement, Miss Swan, ria Regina. Et le mieux à faire, vu ce qu'il t'es arrivée en bas, c'est de commencer dès maintenant. J'espère que tu es prête pour ta première leçon.

La jeune femme ne parvenait pas à comprendre pourquoi sa compagne tenait tant à ce qu'elle apprenne la Magie, et pourquoi aussi vite, mais elle savait à cet instant que non ne serait pas une réponse acceptable. C'est ainsi qu'elle se retrouva plantée dans le jardin, le Maire à ses côtés, les yeux rivés sur un vieil arbre.
Regina se frotta les mains, puis s'adressa à celle qui devenait désormais son élève.

- Tout ce que tu as à faire, expliqua-t-elle, c'est te concentrer sur une émotion assez puissante et visualiser l'endroit où tu souhaites relâcher ta Magie. Plus l'émotion est forte, plus ton pouvoir le sera également.

Emma hocha la tête, bien qu'elle ne soit pas certaine d'arriver à quoi que ce soit. Une pensée lui traversa pourtant l'esprit.

- Je deviendrais aussi puissante que toi ? se mit-elle à rire.
- Ne soyez pas ridicule, Miss Swan ! s'exclama son professeur sans parvenir à retenir un sourire. Maintenant regarde, et apprends.

Suivant donc son conseil, elle fixa son visage et eut à peine le temps de la trouver magnifique que l'air se mit à gronder et qu'une énergie d'un ton violacé se propulsa hors de ses doigts et atteignit sans douceur l'une des branches de l'arbre. Celle-ci se cassa aussitôt sous la force de l'impact et tomba au sol avec fracas, arrachant un sourire de satisfaction à Regina qui se tourna dans sa direction.

- Tu vois, rien de plus simple. A ton tour.

Emma déglutit péniblement et retint un soupir. Rien de plus simple, qu'elle dit.

Pourtant décidée à l'impressionner, la jeune femme se plaça face à sa pauvre victime végétale et tendit les mains devant elle, comme son amante l'avait fais juste avant. Quel était son conseil déjà ? Se concentrer sur une émotion ? Mais laquelle ? N'y en avait-il pas une plus puissante que les autres ou bien Est-ce que cela dépendait des personnes ? Et si elle n'y arrivait pas ? Peut-être que Regina avait tord et qu'il n'y avait rien de magique en elle, que ce n'était qu'un effet secondaire de s'être approchée trop près de son sort de protection.

Un éclat de rire discret lui fit perdre le fil de ses pensées et elle jeta un rapide coup d'œil en direction de sa compagne.

- Quoi ? maugréa-t-elle.
- Ta façon de te tenir, s'esclaffa la Reine. Et pourquoi Est-ce que tu plisses les yeux comme ça ?
- Je me concentre ! C'est tout !

Regina leva les mains devant elle tout en continuant de rire discrètement.

Mais il fallait qu'Emma se reprenne. Juste sur une émotion. Le fait que son amante se moque d'elle lui parut suffisant et elle fixa l'arbre d'un air déterminé, les pieds enfoncés dans le sol pour parer au choc que subirait son corps lorsque son pouvoir s'enflammerait. Elle resta ainsi un certain nombre de temps, sans que rien ne se produise. Il n'en fallut pas plus pour qu'elle décide de renoncer en soupirant de mauvaise humeur.

- Ca ne sert à rien ! Je n'y arrive pas. Je suis nulle. Si ça se trouve, tu t'es juste trompée et je n'ai aucun pouvoir.

Elle voulut faire demi-tour et rentrer dans la maison mais elle eut à peine le temps de se retourner que deux mains fermes se posèrent sur ses hanches et la firent de nouveau pivoter en direction de l'arbre. Un corps brûlant se colla contre son dos et lui enflamma subitement les joues. Réaction qu'elle trouva particulièrement stupide et puérile. Cela faisait à peine trois semaines depuis qu'elles avaient partagé cette douche à l'hôpital, et elle venait de réagir comme une adolescente dont les hormones s'agiteraient au moindre contact de l'objet de ses désirs.

- Concentre-toi sur l'arbre, murmura une voix rauque à son oreille qui lui arracha un frisson.

Cette voix...Elle pourrait se damner pour l'entendre.

Le souffle de Regina lui caressait la nuque et ses mains sur elle ne l'aidaient pas. La seule émotion qui lui venait à cet instant précis n'avait rien à voir avec la colère ou quoi que ce soit de négatif. Malgré elle, Emma tourna la tête pour tenter d'apercevoir son amante, mais celle-ci la tint fermement.

- L'arbre, Miss Swan, chuchota-t-elle.

Elle devait le faire exprès, la jeune femme n'avait aucune autre explication quant a l'effet qu'elle produisait sur elle en ce moment. Sa peau brûlait d'envie d'un contact plus charnel avec Regina et sa compagne dû le ressentir, d'une manière où d'une autre, car un léger rire s'échappa de sa gorge mais elle n'ajouta rien. Se concentrer sur l'arbre. Surtout ne pas imaginer ce qu'elle avait envie de faire à sa Reine là sur le champ. Elle leva donc une nouvelle fois les bras devant elle, prête à retenter l'expérience. Mais ce fut sans compter les mains du Maire qui commençaient lentement à bouger sur son corps.

- Regina...tenta-t-elle de l'interrompre quand elle sentit ses doigts s'insinuer dangereusement sous son pull.
- Shhh, concentre-toi.

Ce qu'elle lui demandait était au dessus de ses forces, et Emma parvenait presque à sentir le propre désir de Regina à travers elle. Comme si un lien étrange s'était tissé et que la jeune femme parvenait à ressentir. Un bras passé autour de sa taille, sa main droite avait complètement disparu sous le vêtement et débutait son ascension en direction de sa poitrine. Son cœur battait la chamade, et sa bouche devenait plus sèche à chaque respiration difficile tandis qu'elle se perdait peu à peu dans ce moment. Le nez de sa Reine frôla ce point si sensible, juste en dessous de son oreille, et elle ne put retenir un soupir de bien-être en fermant les yeux.
Elle avait de plus en plus de mal à penser à autre chose qu'à la façon dont leur corps se pressait l'un contre l'autre, au souffle rauque dans son cou et à cette main...cette main qui n'allait pas tarder à lui arracher un gémissement. Ce qui se produisit lorsque Regina passa délibérément ses doigts en dessous même de son soutien gorge.

- Est-ce que vous ressentez une émotion particulière, Miss Swan ? murmura Regina, manifestement en train de se perdre elle-même.
- Oui..., répondit-elle, la tête renversée en arrière sur l'épaule de la jeune femme.

Emma bouillonnait de l'intérieur et commençait à ne plus pouvoir retenir les sons de plaisir qui s'échappaient de ses lèvres au moindre mouvement de la main de son amante. Les yeux fermés, elle se pressait contre elle pour accentuer le contact entre leur deux corps. Elle avait besoin de la sentir contre le sien, de ressentir la façon dont son être brûlait d'impatience et de désir. Ses bras étaient toujours levés en direction de l'arbre en face, mais tremblaient quelques peu, perdant l'attention de leur propriétaire.

Regina, quant à elle, poursuivait sa lente perdition et sa main sur sa poitrine devenait plus active. Emma frissonnait, commençait à chavirer. Et la façon dont sa Reine posa ses lèvres dans son cou d'une manière qui frôlait l'indécence n'allait pas pour l'aider à retrouver une certaine contenance.

- Regina...gémit-elle sous le baiser brûlant.

Elle avait envie d'elle. De lui arracher ce surplus inutile de vêtements et de se laisser aller à lui prodiguer toutes sortes d'attentions plus viscérales les unes que l'autre jusqu'à l'entendre jouir sous ses caresses et se crisper entre ses bras. Les images étaient trop fortes, son désir bien trop puissant. Et Emma chavira lorsque la langue de Regina remplaça sa bouche dans son cou.

Elle n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait lorsque ses mains devinrent brusquement brûlantes et qu'une vague d'énergie se propulsa en avant pour percuter un pot de fleur posé à quelques mètres de sa cible initiale. L'impact fut si violent que l'objet explosa littéralement dans une gerbe de terre, de plantes et de pierre. Le son de l'explosion leur arracha à toutes les deux un sursaut de peur et cessa un instant leurs activités pour qu'elles puissent se concentrer sur le résultat de l'exercice.

Dû moins auraient-elles dû accorder leur attention là-dessus.

- Bon travail, Miss Swan, chuchota Regina avec ce ton de plus en plus rauque.

Emma devrait se féliciter d'avoir réussi, d'avoir prouvé qu'elle était capable de contrôler un tant soit peu de ce pouvoir magique. Mais en cet instant, elle n'avait envie que d'une chose.

Incapable de résister à l'attraction de sa Reine, la jeune femme se retourna brusquement et s'empara sauvagement des lèvres de Regina, bien décidée à assouvir leur envie. La façon dont son amante répondit à son baiser acheva d'enflammer ses sens et Emma l'entraîna en arrière sans jamais rompre le contact jusqu'à ce que le dos de l'objet de ses désirs percute ce superbe pommier qu'elle appréciait tant. Le feu ardent qui la consumait de l'intérieur l'empêchait de n'avoir ne serait-ce qu'une seule pensée censée. Comme de si quelqu'un, en passant devant la demeure, risquait de les voir. Sa bouche quitta celle de Regina et descendit jusqu'à son cou qu'elle prit le temps d'explorer de la pointe de la langue, tâchant de ne pas prendre garde à cette envie de la glisser sur le reste de son corps.

- Miss Swan...gémit sa Reine en enfouissant ses mains dans ses cheveux. Nous sommes à l'extérieur...

Emma ne lui accorda pas un regard et déboutonna prestement les premiers boutons de son chemisier, révélant cette peau qu'elle rêvait de gouter depuis trois semaines. Voir sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration saccadée l'excitait au plus haut point, comme incapable de se contrôler.

Pourtant, elle se sentit repousser, aperçut le regard plein de luxure de Regina à l'instant où celle-ci agita ses mains et retrouva la sensation d'être transportée grâce à la Magie dans la chambre du Maire. C'était une impression étrange, pas désagréable mais tout de même déroutante sur laquelle Emma n'eut pas le loisir de s'appesantir car son amante la poussait déjà en arrière et la jeune femme se retrouva assise sur le lit. En voulant attraper ses hanches pour la ramener contre elle, un claquement de langue désapprobateur la força à rester tranquille et lui arracha un soupir de frustration, sans se douter de la douce torture qu'elle allait subir.

- Restez tranquille.

Elle ne put empêcher sa bouche de s'ouvrir légèrement lorsque les doigts habiles de Regina s'emparèrent des boutons encore fermés et commencèrent à les faire céder. L'un après l'autre. Avec une lenteur exagérée pour qu'Emma n'en perde aucun instant. Ses yeux ne quittaient pas leur mouvement provocateur et la chaleur qu'elle ressentait déjà en elle se décupla brutalement. Puis, à l'instant où elle fit glisser la chemise le long de ses épaules pour se retrouver à demi-nue, exposée sans aucun gène, la jeune femme ne put retenir le gémissement qui monta dans sa gorge.

- Regina...souffla-t-elle.

Mais sa Reine se montrait délicieusement cruelle. Tout aussi lentement, elle fit glisser sa jupe noire sur ses jambes galbées, révélant des courbes à faire pâlir n'importe quelle femme. Elle n'ignorait pas l'effet qu'elle était en train de produire sur Emma, son sourire satisfait le confirmait.

- Vous aimez ce que vous voyez, Miss Swan ? demanda-t-elle d'une façon séductrice.

Seul un hochement de tête lui répondit.

Féline, Regina s'approcha de sa proie et s'installa sur elle, l'empêchant de poser les mains sur ses courbes jusqu'à ce qu'elle l'ait décidé. Le cœur d'Emma battait tellement fort qu'elle était certaine que son amante l'entendait. Son corps brûlant sur le sien, sa façon de passer délibérément sa langue sur ses lèvres et ce regard...

- Putain...ne put retenir la jeune femme.

Ses yeux brillaient d'une lueur violette, enflammés de désir. Elle ignorait si c'était une chose normale pour une sorcière, mais en tout cas la façon dont son intimité réagit lui indiqua clairement que cela lui plaisait tout particulièrement.

- Vous êtes certaine que tout va bien, Miss Swan ? susurra sa compagne en se pressant un peu plus contre elle.
- J'ai très envie de vous, votre Majesté...

La réponse eut un effet foudroyant sur Regina. Avec un soupir de plaisir, elle plongea sur les lèvres d'Emma pour les capturer entre les siennes. Le baiser était plus animal que jamais, pure mélange de plaisir, de désir et d'une envie bestiale que rien ne pourrait les empêcher de consommer à cette instant. Ses mains agrippèrent le pull de la jeune femme et lui enlevèrent sans douceur, leur baiser ne cessant que pour permettre de retirer le vêtement. Les souffles se mélangeaient, les corps se caressaient. L'air devenait électrique.

Les doigts d'Emma courraient avec avidité sur la peau hâlée, la pressant toujours plus contre elle. Quand ils achevèrent leur périple sur la fermeture du soutien-gorge de sa compagne, et le déclipsèrent d'un mouvement habile, celle-ci ne put retenir un gémissement.

- Emma...

Il n'en fallut pas plus.

La blonde jeta le sous-vêtement dans un coin de la pièce avant de passer les mains sous les fesses de Regina pour la soulever au moment où elle se redressait. Puis elle pivota et s'allongea sur le lit, son amante prisonnière sous son corps.

Leur passion les consuma pendant de longues heures. Tant et si bien que lorsqu'elles s'écroulèrent pour la énième fois après un orgasme particulièrement dévastateur, leur voix menaçait de se briser et leurs muscles tremblaient sous l'effort. Elles n'avaient pas cherché à faire attention au volume de leur plaisir et les regards qu'on leur jettera plus tard dans la rue leur fera vite comprendre que leur concert charnel n'était pas passer inaperçue auprès du voisinage. En particulier pour Mary-Margareth qui devait leur afficher une mine particulièrement outrée.

Mais pour l'heure, les deux amantes tentaient vainement de reprendre leur souffle, allongée l'une à côté de l'autre. Le visage rouge, le cœur battant à tout rompre, elles gardaient les yeux fixés sur le plafond.

- Je ne me souvenais pas que c'était aussi...intense, s'exclama Emma dans un souffle.
- Parce que ça ne l'était pas.
- Je crois que je n'ai jamais autant crié.

Avec un sourire, elle bascula sur le côté de telle sorte à se retrouver collée contre Regina et inclina la tête pour l'embrasser avant de rajouter :

- Je savais que cette bouche était faite pour autre chose que des remarques cinglantes.

Les iris de sa Reine combattaient toujours pour savoir qui, du violet, ou de la noisette, gagnerait la place. Emma les avait vu changer de couleur au cours de ses multiples orgasmes, et hésitait toujours à lui poser des questions concernant ce phénomène. Alors, en attendant, elle profitait de l'éclat de rire qu'elle venait de provoquer chez son amante.

- Je dois dire que vous n'êtes pas mal non plus, Miss Swan.

Ravie de son petit effet, la blonde l'embrassa une nouvelle fois. Chastement au début. Puis le désir s'empara de leur deux corps et très vite Regina pivota pour venir s'allonger sur celui de la jeune femme. Emma parvenait à ressentir cette envie à travers son être, mais devait également remercier cette connexion pour capter celle de sa Reine.

Pourtant, alors que des mains aventures se dirigeaient déjà vers des zones plus dangereuses, elle dû la repousser gentiment.

- Je crois que si tu me fais jouir encore une fois, je vais frôler la crise cardiaque. A moins que ton but ne sois de me tuer, il faut vraiment que je me repose.

Elle s'attendait à un sourire entendu mais Regina se figea brutalement entre ses bras, la mine pâle. Comme si ces simples paroles venaient d'éclater la bulle dans laquelle elles vivaient depuis la fin d'après-midi, la jeune femme se redressa et s'empara de son peignoir de soie.

- Regina ? s'étonna Emma. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien je...J'ai dis à Henry qu'il ne devait pas partir de chez Paige jusqu'à ce que je l'appelle. Il doit attendre mon coup de téléphone.
- Ne me mens pas. Je vois très bien que quelque chose ne va pas.
- Je ne pensais pas que ce serait aussi tard, c'est tout.

Elle disparut dans la salle de bain juxtaposée à sa chambre.

Décidément, Emma avait vraiment le don pour tout ficher en l'air. Même en ignorant comment elle avait fais. Elle se baissa pour ramasser ses sous-vêtements étalés par terre et grimaça en ressentant une vive douleur dans son dos. Intriguée, la jeune femme s'habilla prestement, se dirigea vers le grand miroir accroché contre un des murs et se retourna pour tenter d'apercevoir ce qui lui faisait mal. Elle ne put retenir une exclamation qu'elle étouffa aussitôt avec la paume de la main. De longues griffures striaient sa peau pâle, et cela lui aurait arraché un sourire de penser à la façon dont Regina avait laissé s'exprimer son désir sur elle si les sillons n'étaient pas anormalement profond et leurs bords parcouru de veines noircies qui s'étalaient sur le reste de son dos. Son regard glissa le long de ses cuisses et elle apperçu de nouvelles echymoses, comme lors de leur première étreinte à l'hôpital. Elle s'examina, accordant de l'attention à chaque partie de son corps. Les bleus apparaissaient peu à peu sous ses yeux écarquillés et venaient s'ajouter à la marque toujours présente sur son cou.

Quelque chose n'allait pas. Que ce soit de la faute de Regina, ou de la sienne, une chose clochait avec son corps.

Emma jeta un rapide coup d'œil en direction de la salle de bain. Si jamais son amante la découvrait ainsi, qui sait quelle sera sa réaction.

- Tu veux venir avec moi récupérer Henr...

Regina, déjà habillée, venait de se figer sur le pas de la porte. Son geste pour mettre sa boucle d'oreille suspendu dans le temps, ses yeux examinaient le corps d'Emma. Si la jeune femme doutait encore qu'elles partagent la moindre connexion, la culpabilité qu'elle ressentit brusquement lui enleva tout soupçon. Ce n'était pas la sienne. Pas plus que cette tristesse qui l'assaillit aussi sûrement que si cela avait été son propre sentiment.

- Emma je...

Elle aperçut une larme brillante et se précipita aussitôt vers Regina pour prendre ses mains dans les siennes.

- Tout va bien, Regina. Ce n'est rien.
- Ces marques...
- On a dû y aller un peu trop fort. C'est tout.

Mais ses explications étaient loin de la rassurer et la culpabilité continuait de dévorer malgré elle le cœur d'Emma. Il fallait qu'elle fasse comprendre à sa compagne qu'elle ne devait pas s'en vouloir.

- Je t'interdis de te sentir coupable.
- Comment tu...
- Peut importe comment je le sais. Je ne veux pas que tu penses que tu y sois pour quelque chose.

Regina voulut tourner Emma dos à elle. Malgré les protestations de la jeune femme, elle ne put résister à sa poigne impérieuse. Son cœur se brisa littéralement dans sa poitrine et elle comprit que son amante venait de découvrir les lacérations dans son dos. Elle éprouvait une colère qui n'était pas la sienne, une douleur qui ne lui appartenait pas. Mais ce fut autre chose qui la fit se retourner et plonger son regard dans celui de sa Reine.

- Je ne veux pas que tu penses ça ! s'exclama-t-elle en prenant son visage entre ses mains. Je refuse de croire que tu ais pu me faire du mal intentionnellement.
- Je suis la seule fautive, Emma. Crois-moi. Si je ne m'étais pas laissée emporter encore une fois...
- Explique-moi ce qu'il se passe alors. Je peux tout entendre si seulement tu voulais m'expliquer ce qui arrive. Pourquoi est-ce que mon corps se transforme en champ de bataille au moindre de tes contacts ?

Regina secoua la tête et voulut se défaire de son emprise.

- J'aurais dû me tenir éloigné de toi après ce qu'il s'est passé à l'hôpital. Je n'aurais pas dû revenir vers toi.

Les sourcils d'Emma se froncèrent lorsqu'elle commença à comprendre de quoi voulait parler sa compagne. Ses mains quittèrent son visage.

- C'est pour ça que tu m'as évité pendant deux semaines ? Pour ça que tu m'as envoyé balader ce matin ?

Les souvenirs de leur discussion remontèrent en elle. Il lui semblait que cette matinée était déjà loin, tant les évènements s'étaient précipités dans la journée. Leur dispute, les menaces de Cora puis ce baiser échangé avec Regina qui l'avait mené de nouveau aux Urgences. La façon dont elle l'avait enfermé ici, l'apparition de ses pouvoirs et maintenant ça.

- Tu savais ? demanda-t-elle d'un ton inquisiteur. Ce qui se passe quand tu me touches. Tu savais depuis tout ce temps et tu n'as pas juger bon de m'en parler ?

Une peur inconnue se refléta dans les yeux de Regina et Emma la ressentit jusque dans son âme. Elle ne savait pas si elle devait lui en vouloir pour ne rien lui avoir dit, ou lui être redevable d'avoir voulu la protéger. Après tout, elle ne pensait pas à mal et à la douleur qui tourbillonnait dans son regard, cet éloignement forcé avait dû être aussi difficile pour elles deux. Mais pourquoi s'obstinait-elle à ne pas lui dire ce qu'elle savait ? Elle était au courant de quelque chose, peut-être même la raison de tout ça, et continuait d'éviter de donner des explications. Emma ne les méritaient-elles pas ? Est-ce que Regina pensait qu'elle prendrait la fuite au moindre problème ?

Blessée d'être ainsi mise à l'écart, la jeune femme releva pourtant la tête vers la brune et s'approcha d'elle, ignorant le pas en arrière que cela provoqua chez sa Reine.

- Tu n'as pas à me protéger Regina, murmura-t-elle doucement.
- Tu ne sais pas...Tu n'as aucune idée des conséquences.
- Il faut que tu ais confiance en moi. Je ne vais pas prendre mes jambes à mon cou et tout abandonner juste à cause de quelques bleus. Mais tu dois m'expliquer.

Regina eut un sourire triste, puis leva la main en direction de son visage avant de la baisser aussitôt comme si ce contact allait la brûler.

- J'ai toujours aimé ta façon de te battre, Emma. Et j'aimerais pouvoir t'expliquer. Un jour je le ferais, je te le promet. Mais pour l'instant il faut que tu me fasses confiance.

Elle se laissa aller quelques secondes et posa son front contre celui de la blonde qui ferma les yeux.

- Il faut que tu me laisses régler cette histoire. Je te raconterais tout après.
- Après quoi ?
- Ais confiance en moi c'est tout, répondit Regina dans un souffle. Je sais que je n'ai pas toujours été une personne honnête, surtout avec toi, mais je te donnerai toutes les explications que tu voudras. Plus tard.

Emma n'avait aucune idée de ce dont elle voulait parler. Bien que son arrivée à Storybrooke ait fais du bruit, et que son installation n'avait pas plus au Maire, jamais elles ne s'étaient livrées de guerre ouverte. Même si amicale n'était pas le mot qu'elle aurait choisi pour décrire leur ancienne relation, jamais elle n'avait eu à se plaindre de la façon dont Regina l'avait traité. Encore des questions sans réponses, des choses qu'elle ne voulait pas partager et qui frustraient Emma de plus en plus.

- En attendant, nous devons nous tenir éloignée l'une de l'autre.

La jeune femme se recula. Comment pouvait-elle espérer qu'elle accepte cette condition après cette journée ? Il était hors de question qu'elle revive ces dernières semaines. Elle ne pouvait même pas l'envisager.

- Non.

Regina écarquilla les yeux.

- Non ?
- Je refuse de m'éloigner de toi à cause de quelques marques sans importance.
- Tu n'as pas écouté ce que j'ai dis, Emma.
- Non c'est toi qui ne m'écoute pas ! rétorqua la jeune femme.

Elle ignorait d'où lui venait cette soudaine assurance mais c'était le moment où jamais de briser les premières lignes de défense de son amante.

- Je ne vais pas m'éloigner de toi. Et tu te trompes lourdement si tu penses que je vais seulement essayer. Savoir la vérité ne fait pas de toi la personne qui décidera de ce qui est bien pour moi. Peut-être qu'avant les choses étaient différentes et qu'il n'y avait vraiment rien de plus que du sexe entre nous, mais depuis mon réveil les choses sont différentes. Je le vois à ta façon d'agir avec moi, de chercher à me protéger et dans ton regard. Il y a plus entre nous deux que ce que tu veux bien admettre, et je me fiche que tu veuilles te cacher la vérité. En revanche, je ne te laisserai pas tout mettre en péril uniquement car tu as peur de ce qu'il pourrait m'arriver. Je ne veux pas être ton excuse pour fuir. Est-ce que j'ai été assez clair ?

Emma aurait dû se sentir gênée de cette confession si ces paroles ne reflétaient pas exactement la moindre de ses pensées. Regina avait beau tenter de le nier, elle éprouvait plus qu'une simple attirance, et la jeune femme partageait ce sentiment. Elle ignorait peut-être d'où il venait, mais ce n'était pas une relation charnelle. Quelque chose grandissait entre elles, une chose qu'elles n'avaient peut-être pas souhaité mais qui existait réellement. Elle voulait y croire.

- Alors maintenant, je vais m'habiller et on va passer récupérer Henry. Et quand on reviendra ici avec ton fils, je compte bien rester à tes côtés, que tu le veuilles ou non. Quitte à passer la nuit dans ton salon pour que tu me crois quand je dis que je ne compte pas m'éloigner de toi.

Elle s'attendait à une réaction digne de la Méchante Reine devant son obstination sans doute insupportable. Mais lorsque Regina s'empara de son visage et pressa ses lèvres contre les siennes, la jeune femme ferma les yeux de bien-être. Oui. Il y avait décidement quelque chose entre elles. Car ce n'était pas un simple baiser, mais bien plus que ça. C'était un message. Elle aurait voulu continuer à l'embrasser mais la tête lui tourna et elle dû la repousser doucement. Une pointe d'inquiètude lui serra aussitôt le coeur et elle comprit que ce n'était pas de son fait.

- Tout va bien, tenta de rassurer Emma avec un sourire. Je suis juste un peu fatiguée.

Elle déposa un léger baiser puis entreprit de rassembler ses vêtements éparpillés sur le sol afin de se préparer au plus vite pendant que Regina, encore troublée, passait un appel au père de Paige. La jeune femme n'entendait que des bribes de la conversation jusqu'à ce qu'une exclamation de son amante ne lui fasse tendre l'oreille.

- Il quoi ?

Intriguée, elle passa la tête à travers la porte de la salle de bain. Regina faisait les cents pas dans la chambre, manifestement inquiétée par quelque chose.

- Et vous ne l'avez pas vu de l'après-midi ?...Très bien merci, Jefferson.

Elle raccrocha brutalement.

- Est-ce que tout va bien ?
- Henry n'est pas allé chez Paige, annonça Regina les larmes aux yeux. Personne ne sait où il se trouve.
- Il faut prévenir Graham. Il pourra commencer à le chercher et on va faire pareille de notre côté.
- S'il lui est arrivé quelque chose...Emma, je ne me le pardonnerais jamais. pas alors qu'on était là en train de...
- Shhh, on va le retrouver, la rassura la blonde mais elle savait à quel point l'angoisse lui serrait le coeur.

Elles passèrent presque une heure à le chercher, alors que sonnait les coups de 21h. L'été ralentissait la tombée de la nuit mais malgré son poste d'adjointe du sheriff, Emma n'avait aucune piste par où commencer les recherches. Elles avaient donc décidé de se rendre chez Jefferson pour parler à Paige. La petite fille leur expliqua qu'elle n'avait pas vu Henry et qu'il ne lui avait pas parlé de la journée. Les recherches avaient continué au Granny's où Emma avait décidé de prendre Ruby à part sans la présence de Regina pour lui poser les mêmes questions. Hélas, pas plus de chance de ce côté.

La jeune femme sentait l'angoisse de son amante devenir chaque fois plus pesante et étouffante, si bien qu'elle crut un instant faire une crise de panique avant de se rendre compte que ce n'était qu'un ricochet de leur étrange connexion. Si le Maire ne gardait pas son self-contrôle, Emma savait qu'elle risquait de passer à côté de quelque chose d'important.

De son côté, Graham menait lui aussi des recherches aux alentours des bois et du Pont à Péage. Ils gardaient perpétuellement le contact mais il n'avait pas plus de chance. Elle devait garder la tête froide mais la culpabilité de Regina commençait à ronger son coeur et le poids de sa faute pesait sur ses épaules. Elle se sentait fautive de ce qui était en train d'arriver et aurait sûrement craquer si la main de sa compagne ne s'était pas glissée dans la sienne, comme pour lui transmettre son propre soutien.

Sûrement encore ce lien.

Il leur aura fallut presque deux heures pour finalement remettre la main sur l'enfant. Ce fut Regina, installée côté passager du véhicule, qui poussa soudainement une exclamation.

- Quelle idiote ! Emma, tourne à droite !

La jeune femme lui obéit aussitôt et roula pendant presque quinze minutes avant de finalement reconnaître l'endroit. L'ancien terrain de jeux des enfants qu'appréciait tant Henry. Celui détruit par la tempête.

- Il va toujours se réfugier là-bas quand quelque chose le tracasse ou qu'il veut être tranquille, annonça Regina. Faites qu'il y soit...

Elle se jeta presque hors de la voiture quand le vieux château de bois fut en vue et ne laissa pas le temps à Emma de se garer.

- Henry !

La blonde détacha sa propre ceinture et explora le lieu du regard jusqu'à apercevoir la petite silhouette assise face à la mer. Sa mère venait elle aussi de le reconnaître. Plongé dans un gros livre, le garçon ne les avait sans doute pas vu arriver.

- Maman, mais qu'est-ce que...
- Tu vas bien ? demanda précipitamment Regina en le prenant dans ses bras. Tu m'as fais une de ces peurs ! Ne refais plus jamais ça, Henry ! Tu devais rester chez Paige !
- Je voulais y...
- Est-ce que tu te rends compte de comment j'étais inquiète ! Je te cherche depuis des heures et toi tu étais là en train de lire !

Emma s'avança prudemment. Elle pouvait sentir la colère naissante du Maire et cela ne lui disait rien de bon. Ce n'était pas juste de l'inquiétude, c'était une autre sensation. Froide et désagréable.

- Regina...
- Qu'est-ce que tu cherchais à faire ? Me rendre soucieuse ? Tu voulais que je m'agite partout pour te retrouver ? Je ne savais pas où tu étais ! Personne ne t'a vu !

Le sentiment enfla dans sa poitrine. Noir comme la nuit et empoisonnant son esprit. Ecoeurant.

Sans qu'elle ne puisse en expliquer l'urgence, Emma sut à cet instant qu'il fallait que Regina se calme et ne cède pas devant cette chose. Mais la mère d'Henry continuait de lui hurler dessus, sans s'apercevoir que des larmes commençaient à perler dans les yeux de son fils. Quant aux siens...La blonde fronça les sourcils et se rapprocha assez pour y apercevoir ce qu'elle craignait.

- Regina.
- Mais enfin à quoi est-ce que tu pensais ? Tu ne pouvais pas m'obéir pour une fois ? Est-ce que je t'en demande tant que ça ?
- Regina.
- Est-ce que je dois te traiter comme un petit garçon maintenant ? Car c'est ce que tu es Henry ! Je ne peux pas te faire confiance ! Tu n'en fais qu'à ta tête ! A croire que ça te plait de me mettre dans un état pareil !
- Regina !
- Quoi ? hurla la Reine en se retournant brusquement, le visage déformé par la colère.

Emma leva une main devant elle pour signifier qu'elle ne lui voulait aucun mal.

- Tes yeux...

Son amante releva le regard en direction de la voiture et aperçut son reflet dans les vitres. Ses pupilles étaient entièrement violettes et brûlaient d'un feu qui n'avait rien de rassurant. Elle semblait presque incapable de se contrôler, mais la vision que le véhicule lui renvoya eut l'effet d'une gifle et sa colère s'évanouit aussitôt. Les ténèbres reculèrent.

Regina ferma les paupières quelques secondes, puis les rouvrit. Il n'y avait plus aucune trace de son pouvoir mais le mal était déjà fait. Lentement, elle se retourna vers son enfant qui laissait désormais ses larmes couler sur ses joues. La tête baissée, il tenait son livre serré contre lui.

- Henry...commença-t-elle. Je suis désolée, mon chéri.

Mais le garçon prit la fuite, bousculant au passage la main tendue de sa mère, et courut se réfugier sur un des bancs qui bordaient la plage. Le Maire voulut le suivre mais Emma s'interposa.

- Laisse-moi y aller, suggéra-t-elle doucement.

Un hochement de tête lui répondit et la jeune femme suivit le chemin emprunté par l'enfant. Elle n'était pas proche de lui, mais elle sentait que c'était à elle de faire le pas dans sa direction. Lorsqu'elle l'eut rejoint, le garçon tenait ses jambes repliés contre lui et ne cessait de pleurer, les yeux braqués sur l'océan. Elle poussa quelques peu le livre qu'il avait placé sur le banc, et s'assit à côté de lui.

Pendant plusieurs secondes, aucun des deux ne parla.

- Ta mère ne pensait pas ce qu'elle a dit, dit-elle finalement. Elle était juste inquiète de ne pas savoir où tu te trouvais.
- Je la déteste.
- Bien sûr que non. Tu es en colère contre elle mais tu ne peux pas la détester pour jouer son rôle de mère avec toi.
- Je suis partie parce qu'elle me l'a demandé ! expliqua Henry. Je voulais aller chez Paige mais j'ai préféré venir ici. Je ne pensais pas à mal ! Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète.
- Je sais gamin.

Elle lui accorda un sourire compatissant.

- Elle t'aime, c'est pour ça qu'elle a eu aussi peur pour toi.

Henry s'essuya le nez avec sa manche et plongea son regard dans celui d'Emma. Ce contact fit battre son coeur plus rapidement, mais elle ne pouvait en expliquer la raison. Comme si tout son être tentait de se rappeler quelque chose qu'elle ne parvenait pas à se souvenir mais qui se rêvelait vital.

- Est-ce qu'elle a réussi à t'aider ? demanda-t-il. Tu sais, avec ta Magie.

Emma hocha la tête avec un nouveau sourire.

- Qu'est-ce que tu dirais de retourner là-bas et d'aller t'excuser auprès de ta mère en lui faisait un câlin ? proposa-t-elle.

Il secoua la tête positivement et ils se levèrent d'un même mouvement. Mais au moment où elle s'apprêtait à prendre le chemin du retour, Henry se précipita vers elle et la serra contre lui dans une étreinte qui fit surgir un flot de sentiments dans son coeur. Incertaine quant à l'attitude qu'elle devait tenir, elle se contenta de rester comme ça, jusqu'à ce qu'il ajoute :

- Je suis content que tu sois là.

Ils n'avaient passé qu'une journée ensemble, mais Emma sentait qu'elle s'attachait à ce gamin. Bien plus qu'elle n'aurait voulu. Bien plus que ce qu'elle n'aurait dû en si peu de temps. Ses bras ballants finirent par entourer le garçon et le serrer à son tour contre elle pour lui rendre son étreinte.

- Moi aussi gamin.

Aucun des deux n'aperçut le sourire de Regina près de la voiture, qui ne perdait pas une seconde de cette scène. Ni la larme de joie qui roula sur sa joue hâlée de voir sa famille ainsi réunit. Les choses n'allaient peut-être pas si mal finalement.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que cette suite vous aura plus !

A bientôt pour la suite !