Et voilà, nous sommes déjà Lundi pour le chapitre 7 ! Ca passe vite ! Avant de répondre à vos reviews qui m'ont comme d'habitude fais extrêmement plaisir, je voulais vous faire partager l'histoire de Loulouche, qui écrit "Secrets de famille" et qui est une super fiction ! Donc pour ceux qui n'ont pas jeté un coup d'œil à sa fic, je la conseille !
Loulouche si tu passes par là :p
SQ-Faberry-OQ : Ah je suis ravie que tu trouves ce chapitre trop chou^^ Je me suis dis qu'un peu de douceur dans ce monde de brute faisait pas de mal ^^ Enfin...sauf à Emma ! *cours se cacher avant d'être traitée de sadique* Quand à si la fin est un happy end ou non...tu verras :p Et oui j'avoue je suis une sadique voilà ! ^^ ca en dit long pour la suite ! ^^
evilhayleyregal : En même temps Cora avait prévenu que plus Regina éprouverait des sentiments, plus Emma en paierait le prix. La pauvre...ce que je leur fais pas subir XD J'espère que la suite te plaira tout autant !
Et merci aux nouvelles personnes, comme aux anciennes, qui me suivent et me lisent sans laisser de trace :)
7.
- Je suis content que tu sois là.
Ils n'avaient passé qu'une journée ensemble, mais Emma sentait qu'elle s'attachait à ce gamin. Bien plus qu'elle n'aurait voulu. Bien plus que ce qu'elle aurait dû en si peu de temps. Ses bras ballants finirent par entourer le garçon et le serrer à son tour contre elle pour lui rendre son étreinte.
- Moi aussi gamin.
Aucun des deux n'aperçut le sourire de Regina près de la voiture, qui ne perdait pas une seconde de cette scène, ni la larme de joie qui roula sur sa joue hâlée de voir sa famille ainsi réunit. Les choses n'allaient peut-être pas si mal finalement.
Septembre était bien avancé désormais et cela faisait plus de deux mois maintenant que Regina cherchait Rumplestilskin. Elle avait beau eu retourner toute la ville de StoryBrooke ainsi que les bois alentours, elle commençait à s'avouer vaincue devant ces échecs répétés. Il restait introuvable malgré tous ses efforts pour le retrouver. Elle avait plusieurs fois sentie sa magie, sa présence, mais il lui échappait dès lors qu'elle semblait sur une piste. Et après tout, elle ne pouvait pas lui en vouloir. La dernière fois qu'ils s'étaient vus, elle cherchait à récupérer la dague et à le tuer. Elle pouvait comprendre qu'il se méfie. Sans compter que Cora devait elle aussi se trouver sur ses talons. Depuis leur confrontation à l'hôpital, sa mère n'avait pas cherché à la revoir intimement. Sûrement pour se concentrer sur la recherche de Rumple, ou alors parce qu'elle était consciente d'avoir franchis une limite qu'elle aurait dû éviter soigneusement et avec sagesse. Néanmoins, ne plus la croiser pour autre chose que des rendez-vous officiels avec les autres membres du Conseil de la ville enlevait un poids terrible de sa poitrine.
Un mouvement à ses côtés lui fit ouvrir les yeux et Regina ne put s'empêcher de sourire à la vue d'Emma encore endormie paisiblement au creux de ses bras. La jeune femme avait tenu parole et était restée chez le Maire, dormant même dans le canapé du salon les premiers jours. Elle passait le plus clair de son temps avec Henry, acceptant de l'amener au poste avec elle et nouant une relation que la brune ne pouvait s'empêcher de couver d'un regard protecteur. C'était comme si le destin pour une fois lui souriait et que les pièces du puzzle commençaient à se rassembler pour lui permettre de voir un brin d'espoir. Henry se rapprochait de sa mère biologique, Emma avait retrouvé ses pouvoirs, bien qu'ils semblaient désormais se tarir jour après jours, et elles avaient accepté de se battre pour leur histoire. Regina était consciente du contrôle qu'une telle situation exigeait d'elle, mais elle ne parvenait pas à s'éloigner de la blonde. Elle étouffait au mieux ses sentiments lorsqu'elles étaient ensemble et elles s'étaient mises d'accord pour ne pas refaire l'amour tant qu'elles n'auraient pas réglé la question des blessures. La Reine savait que c'était une torture pour Emma, tout comme cela l'était pour elle, de se retrouver si près et de dormir ensemble sans jamais pouvoir se toucher, ni s'abandonner dans les bras de l'autre.
Pourtant, malgré tous ses efforts pour la préserver, Regina observait Emma perdre son énergie et ses forces jours après jours. Sa peau devenait de plus en plus pâle, ses cheveux plus ternes. Elle perdait du poids à vue d'oeil et ses joues commençaient lentement à se creuser. Elle avait du mal à se servir de la Magie, même pour des choses anodines, alors que la brune sentait son propre pouvoir se décupler toujours plus. Elle était en train de la perdre et Regina n'avait plus aucune idée de comment arrêter cette lente agonie. Elle avait cherché une solution dans les livres qu'elle gardait dans la Crypte familiale, ainsi que dans la boutique de Gold, mais elle ne trouvait rien. C'était une énigme sans réponse. Elle ignorait combien de temps sa compagne tiendrait le coup, et restait en permanence partagée entre son envie de la fuir pour la protéger tout en sachant que cela ne ferait que ralentir sa décadence, ou profiter de chaque instant et l'aimer de toutes ses forces. C'était un éternel statut quo qui la laissait souvent en larmes. Elle, Regina Mills, la Méchante Reine du Royaume Enchantée, était impuissante face au déclin d'Emma Swan. Quelle ironie.
Un grognement cessa le fil de ses pensées.
- Pourquoi est-ce que tu penses à des choses négatives de si bonne heure ?
Regina eut un sourire.
Leur étrange connexion devenait plus solide à mesure qu'elles passaient du temps ensemble. Si bien qu'elles parvenaient même à ressentir les émotions de l'autre sans être obligatoirement à ses côtés. C'était nouveau et assez déroutant pour la brune, mais cela faisait de leur relation quelque chose d'unique et de spécial. Qu'elle n'aurait voulu partager avec personne d'autre. De toute façon, elle ne voulait personne d'autre. Cela lui paraissait étrange les premières semaines de penser comme ça, de se promener dans la rue et de sentir la main de sa blonde se glisser dans la sienne. Ou de s'endormir le soir dans ses bras. Mais Regina ne regrettait aucun de ces instants. Elle se sentait heureuse.
Emma, les paupières toujours closes, se colla un peu plus contre elle et poussa un soupir de contentement.
- Je préfère ça.
- Il faut que tu te réveilles. Tu as promis à Henry qu'on passerait la journée avec lui. Tu sais comme il attend ça avec impatience.
La jeune femme se réfugia dans le cou de son amante en poussant un nouveau grognement.
- Rappelle-moi pourquoi je lui ai promis ça lors de mon jours de repos ?
- Parce passer l'un de ses derniers jours de vacances seul ou le passer avec nous est une chose complètement différente pour lui, répondit Regina. Il m'en parle depuis deux semaines. Il est heureux de pouvoir faire quelque chose avec nous deux pour une fois. Tu n'as pas beaucoup été là ces derniers temps, et je suis souvent prise par mon boulot.
- Très bien. La famille Mills remporte le duel. Mais avant...
Emma se redressa et embrassa longuement sa Reine qui mit peu de temps à répondre à son baiser. Sentir ses lèvres sur les siennes faisait toujours accélérer son cœur et elle ressentait la même chose chez son amante. C'était une sensation incroyable.
Elles finirent par se séparer, trop rapidement au goût de Regina, pour éviter qu'il ne devienne plus profond et n'entraîne avec lui un désir difficile à contrôler. Et surtout car cela donna une fois de plus le vertige à sa compagne.
- Bonjour, murmura Emma.
- Bonjour.
La blonde n'avait rien d'une personne stupide. Elle avait très vite comprit que les maux qui se déclenchaient lorsqu'elles se retrouvaient en contact étaient liés à Regina et à elle. Mais elles en avaient sérieusement parlé, et tentaient malgré tout de vivre cette histoire comme elles pouvaient. Emma pensait que seuls ses vertiges étaient une conséquence et Regina ne parvenait pas à lui avouer que sa perte de poids et sa pâleur étaient elles aussi liés à leur relation. Il avait également été convenu que le Maire devait apprendre à contrôler sa colère qui devenait elle aussi démesurée. Plusieurs fois Emma avait dû la calmer et la faire revenir à elle avant qu'un drame ne se produise. Elles sentaient cette noirceur avancée lentement dans le cœur de Regina et ignoraient comment l'arrêter.
- Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour virer ces pensées négatives de ton esprit une bonne fois pour toute ? soupira sa compagne.
Décidemment, elle ne s'habituerait jamais complètement à ce lien.
- Je suis désolée Emma. J'ai la tête ailleurs ce matin.
Un sourire taquin apparut sur les lèvres de son amante, qui se fit plus séductrice.
- Peut-être que je pourrais t'aider à fixer ton attention sur autre chose.
- Ah oui ? répondit Regina en se laissant prendre au jeu. Comme quoi ?
- Et bien...
Emma s'empara de la main de sa Reine et la glissa lentement sous son propre tee-shirt. Sentir la peau brûlante sous ses doigts électrisa aussitôt la brune qui ne put rien faire d'autre que de la regarder disparaître sous le vêtement. Centimètre par centimètre, son amante l'amenait jusqu'à sa poitrine et bientôt elles poussèrent un gémissement commun quand elle toucha au but. Il semblait à Regina que cela faisait une éternité qu'elle ne l'avait pas caressé ainsi.
- Emma...
- Est-ce que ça t'aide à penser à autre chose ? susurra sa blonde.
La jeune femme passa sa langue sur ses lèvres. Une partie d'elle leur criait de s'arrêter dès maintenant avant que ça n'aille plus loin mais l'autre était sous l'emprise d'Emma. La voir les yeux clos, la respiration haletante, lui donnait envie de glisser sa main autre part que dans son tee-shirt. Et ce fut pire quand sa compagne décida de repousser le drap pour la chevaucher, lui laissant l'accès complètement libre. Elle sentait leur envie respective, leur désir, prendre le dessus sur la raison qu'elles auraient pourtant dû garder. Son sang bouillonnait dans ses veines, ses muscles commençaient à se tendre. Et comme pour achever ses défenses, son amante l'attira contre elle pour un baiser enflammé. Un nouveau gémissement s'échappèrent de leurs lèvres lorsque, sans même s'en rendre compte, Regina incita Emma à bouger contre elle. Un éclair de plaisir la foudroya pour résonner sourdement entre ses jambes.
- J'en ai envie Regina.
Elle voulait se laisser aller, ne plus réfléchir. Elles se battaient au quotidien contre cette pulsion et cette fois, elle pourrait bien être la grande gagnante. Fiévreuse, la bouche de la Reine descendit sur le cou qui lui était offert. Mais elle n'eut pas le temps de goûter à sa peau que des coups frappés contre la porte les ramenèrent brutalement à la réalité avec un sursaut. Comme deux adolescentes prises en flagrant délit, elles s'emparèrent dans un même geste du drap pour recouvrir leur corps pourtant habillé.
- Maman ! s'exclama Henry, visiblement bien réveillé et très impatient. Emma ! Vous êtes debout ?
Les deux femmes échangèrent un regard mi- amusé, mi- frustré.
- Oui mon chéri, répondit Regina. On arrive dans une minute. Attends-nous dans la cuisine.
Des pas précipités leur indiquèrent que le garçon dévalait les escaliers à toute vitesse. Elles ne purent retenir un petit rire gêné et Emma appuya son front contre l'épaule de sa compagne.
- Je suppose que ce n'est que partie remise.
Lorsqu'elles pénétrèrent dans la cuisine, cinq minutes plus tard, Henry était déjà attablé devant un bol de céréales et lisait la boite en balançant ses jambes dans le vide. Regina embrassa le sommet de son crâne.
- Bonjour Henry.
- Salut gamin.
Emma lui adressa un grand sourire qu'il lui rendit avec bonheur.
Pour la brune, un quotidien parfait n'aurait pas pu plus ressembler à ce tableau qui se peignait sous ses yeux pétillants. Un petit-déjeuner, tout ce qu'il y avait de plus normal mais qui représentait tant pour elle. A cet instant, elle était vraiment heureuse.
Son amante, adossée à un plan de travail, sa tasse de chocolat à la cannelle dans la main, la regardait fixement et Regina comprit qu'elle discernait son bonheur, comme elle sentait le sien. Ce qu'elle voyait dans ce regard, les sentiments qu'elle y découvrait, suffisait souvent à la faire frissonner quand bien même elle tentait de se contrôler.
- Alors Henry, tu sais déjà quels livres tu vas prendre cette fois ? demanda finalement la blonde après une gorgée.
- Aucune idée ! J'espère que Belle en aura reçu des nouveaux.
- Dis tu sais, je me disais qu'après la bibliothèque on pourrait déjeuner chez Granny's à midi. Et qu'on pourrait demander à David de nous emmener avec lui aux écuries. Peut-être même qu'il te laissera monter un des chevaux.
La mine rayonnante, le garçon se tourna vers sa mère.
- C'est vrai ? On peut ?
Regina hocha la tête avec un sourire et éclata de rire quand son fils termina son bol aussi vite qu'il le pouvait et couru à l'étage pour terminer de préparer ses affaires.
- Je crois que tu viens de faire de lui l'enfant le plus heureux du monde aujourd'hui.
- J'essaie en tout cas, répondit Emma en se rapprochant.
- Il tient beaucoup à toi tu sais...
La jeune femme releva la tête. Regina comprit ce qu'elle pensait sans même avoir à lui demander et prit sa main pour la rassurer.
- Je ne suis pas inquiète, dit-elle. Je pense que ça lui fait du bien de passer du temps avec quelqu'un d'autre que sa...
Elle se tût brusquement. Dire "sa mère" sonnait comme un mensonge alors qu'Emma se tenait devant elle.
- Quelqu'un d'autre que moi.
- Je sens que ça te fait peur Regina.
Oui elle avait peur. Leur fils se rapprochait de sa mère biologique alors qu'aucune solution pour empêcher ses forces de la quitter n'était encore en vue. Elle craignait qu'il ne la perde pour de bon.
- J'aime vous voir ensemble, répondit pourtant le Maire. Tu es importante pour lui.
- Et je le suis pour toi...?
La question était anodine. Pour tout autre personne, la réponse aurait été plus qu'évidente. Mais Regina ne pouvait se permettre d'avouer ses sentiments à Emma au risque qu'elle le paie très cher. Elle s'empêchait de mettre des mots dessus et espérait ainsi rendre tout ça moins réel. Car si ce n'était pas réel, alors elle ne pouvait pas vraiment le perdre.
- Car tu es importante pour moi, souffla la blonde.
Touchée par cet aveu, incapable d'y répondre avec des mots, Regina l'attira contre elle pour presser ses lèvres contre les siennes.
- Vous devriez aller vous préparer ! s'exclama Henry revenu sans qu'elles ne s'en aperçoive.
Il leur fallu une bonne heure pour être tous prêt. Regina avait opté pour une robe bleue que son amante appréciait tout particulièrement et des bottes noires. Le garçon trépignait d'impatience, son sac à dos sur les épaules. Il ne cessait d'appeler Emma à travers la maison pour la forcer à se préparer plus vite, ce qui lui valut les gros yeux de la part de sa mère. Quand enfin elle descendit, elle était habillée d'un jean sombre et d'un débardeur blanc, sa crinière blonde nouée en queue de cheval.
Dehors, le temps commençait à prendre des allures de journée d'automne tandis que la rentrée des classes approchait maintenant à grands pas. C'était d'ailleurs pour cette raison que Regina avait décidé de prendre un jour de repos au même moment que celui d'Emma, afin de leur accorder une dernière sortie tous les trois. Ils marchaient sur le trottoir pour rejoindre le centre ville, les mains d'Henry chacune glissées dans celle des deux femmes. En le regardant aussi heureux, rayonnant et d'accord avec leur relation, la Reine ne pouvait empêcher son cœur de se serrer. Elle aurait pu avoir tout ça dans son ancienne réalité si elle n'avait pas été aussi lâche. La peur avait contrôlé ses actes et elle avait passé son temps à repousser la blonde loin d'eux alors qu'elle aurait dû la laisser entrer dans leur vie. Si les choses s'étaient passées autrement, aucun d'eux n'en serait là. Tout aurait été différent.
Elle sentit le regard inquiet d'Emma sur elle et chassa ses pensées d'un mouvement de tête. Elle ne pouvait peut-être pas retourner en arrière, mais elle était capable de profiter de l'instant présent.
Lorsque la bibliothèque se dressa enfin dans leur champ de vision, Regina autorisa Henry à s'y précipiter s'il faisait attention en traversant, chose qu'il lui promit solennellement en levant sa petite main devant lui. Il regarda de chaque côté de la route, puis courut vers la porte qu'il ouvrit sans ménagement avant de disparaître à l'intérieur. Elle voulut suivre son chemin mais une poigne impérieuse l'empêcha d'avancer et elle se retrouva collée contre le corps chaud d'Emma.
- Henry peut nous attendre une seconde, chuchota-t-elle avant de l'embrasser.
Il devait déjà parcourir les rayons à cet instant. Aussi Regina se laissa aller et passa ses bras autour de son cou pour répondre à son baiser. Une sensation de satisfaction s'empara aussitôt d'elle mais elle aurait été bien en peine de savoir si c'était son propre sentiment ou celui d'Emma. Elles se séparèrent après quelques secondes et s'accordèrent un sourire rayonnant avant de traverser la route pour rejoindre la bibliothèque.
Il régnait à l'intérieur un calme presque religieux. L'odeur singulière du cuir des reliures et des pages marquées par le temps flottait dans le grand espace. De hautes étagères s'étendaient dans la pièce et des tables s'éparpillaient par-ci par-là. La lumière tamisée renforçait l'impression de pénétrer dans un autre univers à peine les portes à doubles-battant franchies.
- Maman ! Regarde ce que Belle m'a offert !
Henry s'approcha précipitamment de sa mère en tenant dans sa main un ouvrage. Il resplendissait de joie et agitait son bras tant et si bien que Regina ne parvenait pas à lire le titre. En revanche, elle aperçut Belle French derrière lui et le remercia d'un mouvement de tête. La jeune femme n'était pas si différente de leur ancienne réalité et restait toujours la même fille simple et attentionnée. Rumple en moins à ses côtés. La Reine avait bien tenté de lui poser des questions mais Belle ne se souvenait plus de personne portant le nom de Rumplestilskin ou de Gold, comme n'importe qui d'autre en ville. Ce lutin s'était encore débrouillé pour plier la Malédiction à son avantage. Il l'avait déjà fais avec celle de Regina après tout. Il semblait échappé à toutes les règles à chaque fois.
- Merci Mademoiselle French, la remercia le Maire.
Henry en profita pour se jeter dans les bras d'Emma qui venait de surgir derrière.
- Ca me fait plaisir. Henry est un garçon avec l'esprit tellement ouvert qu'il mérite qu'on continue à satisfaire sa curiosité et son imagination.
- Viens Belle !
Le garçon saisit la main de la bibliothécaire et l'entraîna à sa suite, sûrement pour aller fouiller les cartons qu'elle venait de recevoir dans l'arrière boutique. Il sautillait presque pour rejoindre la salle.
Regina en profita pour flâner entre les rayons, accordant une attention distraite aux titres étalés sur les reliures. Elle cherchait un livre auquel elle n'aurait pas pensé et qui renfermerait peut-être un moyen de trouver Rumple, ou bien de libérer Emma de sa propre Malédiction. Il y avait de tout, des contes de fées à la science-fiction, des bouquins de philosophie à ceux des mathématiques et même certains contenant des secrets sur leur monde. Mais aucun ouvrage ne semblait correspondre à ce qu'elle espérait. La frustration naissait au creux de son ventre, très vite remplacée par de la colère. Comment pouvait-elle accepter de rester impuissante face à ça, alors qu'elle était l'une des sorcières les plus puissantes du Royaume ?
Des bras encerclèrent sa taille.
- Qu'est-ce qu'on a dit sur ta colère ? murmura Emma après avoir embrassé sa nuque.
- Je cherchais...
- Je sais ce que tu cherchais. Mais si on est là aujourd'hui, c'est pour Henry. Laissons cette histoire de côté, tu veux bien ?
Regina se retourna dans ses bras et se blottit contre la jeune femme. Elle avait raison. C'était la journée de leur fils. Elle ne devait pas la gâcher avec sa mauvaise humeur. Mais c'était bien plus facile à dire qu'à faire, comme la sonnerie du portable dans la poche d'Emma allait très vite lui rappeler.
Sans s'éloigner, la blonde s'empara de son téléphone et Regina posa un regard intrigué sur le nom de l'appelant. Avant de grimacer de frustration en voyant écrit Graham Humbert. Depuis sa rupture avec Ruby, un mois plus tôt, le jeune homme passait son temps à appeler Emma ou à lui envoyer des textos. Son amante avait beau lui soutenir que ce n'était qu'amicale, qu'elle se devait d'être présente à ses côtés comme il l'avait été pour elle, sa présence irritait de plus en plus la Reine.
- Excuses-moi, je dois répondre.
Sa mâchoire se serra alors qu'elle regardait Emma sortir de la Bibliothèque. Pour une fois qu'elle pouvait passer une journée en famille, voilà que cet abruti venait tout gâcher. Il devait sûrement se plaindre à l'autre bout du combiné. Souhaitant malgré tout ne pas céder à ses mauvaises pulsions, Regina rejoignit son fils dans l'arrière-boutique et s'extasia des différents livres qu'il lui montra. Elle prêtait tout de même attention aux sentiments d'Emma. Ressentir cette joie pour ce coup de téléphone l'agaçait plus que ce qu'elle ne voulait bien se l'avouer.
Quand la cloche finit par retentir, signe que la blonde venait de rentrer dans la bibliothèque, elle laissa Henry et Belle pour aller à sa rencontre.
- Qu'est-ce qu'il voulait ?
Le ton fut plus cassant que ce qu'elle avait imaginé dans sa tête. Aux yeux ronds de son amante, ça ne lui avait pas échappé.
- Simplement me parler.
- Il ne pouvait pas le faire hier, ou demain ? Il est obligé de t'appeler pendant ton jour de repos qui, soit dit en passant, est réservé à Henry ?
"Et à moi" voulut-elle ajouter mais elle tint ses lèvres pincées pour s'en empêcher.
- J'ai l'impression de vivre avec Graham maintenant. Si tu pouvais faire la part des choses entre ta famille et ton boulot ce serait bien, Emma.
Une pointe de bonheur et de fierté se fit ressentir et Regina se gifla mentalement. Elle avait déjà compris pourquoi sa compagne éprouvait ça. Elle les avait appelé une famille. Mais la colère reprit vite le dessus et fit taire les émotions qui ne lui appartenaient pas.
- Regina, je suis partie à peine cinq minutes.
Pas de réponse.
- Je sais que tu es jalouse.
Regina s'esclaffa. Jalouse ? Elle ?
- Je ne suis pas du tout jalouse, qui plus est d'un simple chasseur. Je suis la Méchante Reine, ne l'oublie pas.
Emma arqua un sourcil puis croisa les bras sur sa poitrine.
- Donc tu ne verras pas d'inconvénients à ce qu'il m'invite à dîner chez lui demain soir.
- Vous pouvez même vous envoyez en l'air !
Le ton brutal mit fin à toute conversation. Vexée, énervée, Regina s'éloigna d'un pas ferme et se réfugia dans les rayons déserts à cette heure-ci. Seules les voix étouffées de son fils et de Belle lui parvenaient. Ses oreilles commençaient à bourdonner et elle sentit la sensation si particulière de son pouvoir traversant ses veines pour alimenter son cœur de rage.
Imaginer Emma près de cet homme, dans ses bras. L'embrasser comme elles le faisaient, faire l'amour comme elles le souhaiteraient. C'était une vision insupportable. Ses mains tremblaient et Regina étouffa un cri de colère. Elle était consciente qu'il fallait qu'elle se débarrasse de cette noirceur au plus vite si elle ne voulait pas se laisser submerger.
Elle la sentit avant de la voir. La jeune femme recula de quelques pas dans la pénombre et son dos toucha le mur froid.
- Laisses-moi tranquille Emma.
Un éclat de rire se fit entendre dans l'arrière-boutique.
Le visage de sa blonde apparut dans la lumière tamisée et le cœur de Regina bondit malgré elle dans sa poitrine. La douceur qui s'y lisait dans ses yeux verts, sa mine désolée quand elle s'approcha.
- Je m'excuse Regina. Je ne pensais pas que ça t'affecterait à ce point.
Bien sûr qu'elle était affectée. Emma lui appartenait, à elle seule. Imaginer que quelqu'un d'autre puisse la convoiter suffisait à la mettre hors d'elle.
- Je sais que tu crains qu'il se passe encore une fois quelque chose avec Graham. Mais je peux te le promettre, il ne m'intéresse pas. Je l'ai repoussé une fois, la situation est claire entre nous. Nous ne sommes, et ne serons jamais, rien de plus que des amis.
Emma s'était encore rapprochée, jusqu'à pouvoir prendre les mains tremblantes de Regina dans les siennes. Mais ces paroles n'étaient pas pour rassurer sa compagne. La vérité était toute autre. Dans la véritable réalité, la blonde ne l'avait pas repoussé. Si le chasseur n'avait pas succombé sous les mains de la Méchante Reine, il serait sûrement avec elle à l'heure d'aujourd'hui.
Portée par un désir de possession, Regina se jeta sur les lèvres de son amante et l'entraina en arrière jusqu'à ce que son dos percute sans douceur l'une des étagères. Elle laissa s'échapper un grognement presque bestial et déboutonna brutalement le jean d'Emma sans se soucier de sa réaction.
- Attends !
- Tu es à moi Emma, gronda-t-elle avant de fondre sur son cou.
- Ce n'est pas toi qui parle, Regina. Arrête ça !
Ses protestations furent royalement ignorées quand son amante poursuivit l'exploration de son corps comme si rien d'autre ne comptait. Un voile noir tombait sur le monde tandis que la colère continuait son empoisonnement. Elle ne cherchait même plus à y résister. Elle voulait simplement rappeler à Emma à qui elle appartenait et la prendre là maintenant.
Mais la blonde se dégagea violement de son emprise. Avant de pouvoir lui laisser l'occasion de dire un mot, elle posa ses mains de chaque côté du visage de Regina et l'attira contre elle pour un baiser. Un baiser emplit de douceur et de sentiments, remplit de tendresse et de calme qui brisa le mur de ténèbres qui s'érigeait en elle.
La noirceur poussa un grondement de défaite et dû se résigner à quitter peu à peu le cœur de son hôte. Les lèvres d'Emma délicatement pressées contre les siennes la ramenaient peu à peu à la raison. Le poids dans sa poitrine débutait sa reddition et ses pensées devenaient plus claires. Beaucoup plus claires.
Son amante dû le sentir car elle cessa lentement de l'embrasser.
- Tu te sens mieux ? demanda-t-elle après un instant de silence.
- Je suis désolée Emma...
Elles restèrent un instant l'une contre l'autre. Aucune ne voulait en parler, mais elles savaient que les ténèbres devenaient de plus en plus présent chez Regina. Pourtant, s'expliquer n'aurait rimer à rien. Seul comptait de trouver une solution à ce problème qui assombrissait leur horizon.
La reine entendait le cœur de la blonde battre tranquillement dans sa poitrine. Combien de temps encore pourrait-il tenir ? Combien de semaines avant qu'il ne lâche à cause de ce qu'elle ressentait ?
- Maman ? Emma ?
L'appel d'Henry stoppa leurs pensées. Il fallait profiter de ces instants que la vie leur offrait. Le jean rapidement boutonné, les deux femmes rejoignirent le garçon toujours affublé de son éternel sourire.
Le reste de la journée se déroula sans nouvel accroc pour le plus grand bonheur de tous. Le dîner chez Granny's leur laissa le temps pour des fous rires qui éloignèrent à eux seuls le moindre de leurs soucis. Malgré les regards inquisiteurs des autres personnes -après tout, c'était inhabituel de voir leur Reine avec Emma et son fils sans s'en cacher - Regina se laissa porter par ce bonheur qu'ils lui apportaient. Elle les observait se chamailler les dernières frites qui restaient, ou bien pousser tous les deux un soupir de contentement quand ils burent leur chocolat chaud saupoudré de cannelle. La brune se demandait même comment personne ne pouvait faire le lien entre eux. Ils se ressemblaient tellement.
Lorsqu'ils terminèrent leur repas et rejoignirent le point de rendez-vous donné par David, ça en était trop pour le garçon qui trépignait d'impatience. Il n'était peut-être pas de son sang, mais il avait hérité de son côté cavalier. Il ne cessait de poser des questions dans tous les sens, si vite qu'aucune des deux femmes ne pouvait lui répondre.
Le haras était beaucoup plus grand que celui que possédait Regina au Royaume Enchantée mais elle s'y sentait chez elle. Elle se remémorait toutes ses après-midi passées à dos de Rocinante, quand ses soucis se trouvaient bien loin à l'époque. Avant que tout ne bascule. Depuis la mort de Daniel, elle pensait trouver sa fin heureuse dans sa vengeance. Dans la destruction de la vie des autres autours d'elle et en particulier de Snow. Mais en regardant à quelques mètres Emma aider Henry à monter sur un jeune cheval, son cœur lui hurla que son bonheur se tenait debout devant elle. Elle avait simplement été stupide de ne pas ouvrir les yeux plus tôt. Beaucoup plus tôt. Avant de reproduire les mêmes erreurs que dans le passé.
Sa blonde tourna subitement la tête dans sa direction et fronça les sourcils, alertée par leur lien unique. Peut-être que parfois, ce serait mieux si leur connexion s'abstenait d'exister pendant quelques minutes.
Emma s'assura que Henry était surveillé de près par David, puis trottina jusque dans sa direction d'un pas déterminé. Elle s'attendait à des questions de sa part, exigeant des explications quand à ce qu'elle ressentait mais sa surprise fut totale lorsque la jeune femme l'embrassa sans rien demander en retour, le sourire aux lèvres. Regina ne put retenir un éclat de rire quand elle la souleva même de terre pour la faire tournoyer dans les airs comme une princesse sous les yeux pétillants de leur garçon. Elle se sentait intouchable à cet instant, plus en sécurité dans les bras d'Emma qu'avec tous les pouvoirs du monde. Le soleil sur sa peau la réchauffait autant que ses sentiments le faisaient pour son cœur. Elle savait qu'elle aurait dû se retenir de ressentir quoi que ce soit, mais le moment était trop parfait. Se laisser aller, il n'y avait rien d'autre à faire. Ne plus combattre. Sa vie était une guerre depuis trop longtemps.
Et dire que quelques mois en arrière, elle vivait une tout autre réalité. Certes ses sentiments avaient déjà commencé à naitre mais aujourd'hui c'était comme si plus rien ne pouvait séparer la famille qu'ils devenaient tous les trois. Elle sentait cette chose dans sa poitrine, couler dans ses veines et l'apaiser.
L'espoir.
L'espoir d'une vie qu'elle pensait ne jamais avoir mérité.
- Regarde Maman !
Regina leva les yeux vers leur fils et une bouffée de fierté la traversa quand elle le vit trotter avec une aisance digne de sa mère adoptive à son âge.
- Un vrai petit prince ! ria-t-elle.
Ses pieds touchèrent le sol mais Emma ne la lâcha pas pour autant.
- Ne pensez pas pouvoir vous enfuir, votre Majesté.
- Une telle idée ne m'a même pas effleuré l'esprit, Miss Swan.
- Parfait. Parce que je ne compte pas te laisser partir maintenant que je t'ai trouvé.
Ce fut au tour de Regina de passer ses bras autour du cou de son amante pour l'attirer dans un nouveau baiser. Rêvait-elle ? Avait-elle vraiment la chance de vivre cet instant ? De pouvoir serrer l'objet de ses désirs contre elle et de sortir accompagnées d'Henry comme si rien ne pouvait sembler plus normal ? Elle peinait à le croire, mais les lèvres d'Emma contre les siennes servaient à lui rappeler que c'était sa réalité à présent. Quand elles se séparèrent, la blonde posa son front contre le sien, ses bras autour de sa taille la serrant contre son corps.
- Je t'aime, Regina.
Le temps se figea brusquement.
Le cœur tambourinant, le souffle bloqué dans sa poitrine, elle plongea dans les yeux verts d'Emma. Elle y lisait toute la force de ses sentiments, et le ressentait à travers chaque fibre de son être.
- Je sais que nous ne sommes officiellement ensemble que depuis deux mois et que je dois agir comme une collégienne. Mais quand je nous regarde, et que je regarde Henry, j'ai l'impression que tous les morceaux de ma vie prennent la place à laquelle ils étaient destinés depuis le début. Je n'ai peut-être pas eu de parents, mais je veux construire quelque chose avec toi. Avec vous. J'aime ton fils. Et je t'aime toi.
Regina s'attendait à percevoir la peur de la jeune femme en lui offrant un tel aveu, en ouvrant son cœur de la sorte, mais elle ne ressentait que de la détermination. Emma ne craignait pas un seul instant d'être repoussée car son geste n'avait aucune arrière pensée, et ne pouvait donc souffrir d'aucune conséquence. Elle ne demandait rien en retour, n'exigeait rien de sa part. Ni un mot ni un geste.
- Je ne te demande pas de répondre quoi que ce soit, poursuivit-elle. Je voulais simplement que tu saches ce que je ressens vraiment. Ce n'est pas un jeu pour moi.
Sa blonde était magnifique. La lumière du soleil étincelait dans son regard d'émeraude pour s'y refléter en paillettes d'or et ses lèvres près des siennes semblaient irrésistibles. Leur deux cœur battaient à l'unisson dans un rythme parfait et les éclats de rire de Henry au loin étaient la plus douce des musiques. Jamais encore Regina ne s'était sentie aussi paisible, dénuée de la moindre noirceur, sans une once d'obscurité. Pas la moindre colère ni la moindre envie de vengeance. La Méchante Reine n'existait plus, la sorcière n'existait plus. Il ne restait que la femme, la jeune fille qui rêvait d'Amour. Un filet de peur voulut s'insinuer dans ce tableau aux couleurs rayonnantes mais elle ne voulait pas y penser, refusait d'y accorder la moindre importance.
Touchée au plus profond de son cœur, elle se blottit contre Emma pour respirer ce parfum qui la faisait chavirer, et l'empêcher de distinguer les larmes qui lui brouillaient la vue.
- Emma ! Viens monter avec moi ! hurla Henry au bout de quelques minutes.
- Je pense que ta mère est meilleure cavalière que je ne le suis gamin.
Regina retint un rire et chercha son regard.
- Miss Swan, est-ce que vous auriez peur ?
Emma tenta une excuse, balbutia une seconde, puis finit par rendre les armes, les joues rouges.
- Je ne suis montée qu'une seule fois à cheval et...disons que ça ne s'est pas très bien déroulé. Je préfère ne pas renouveler l'expérience.
- Même pour lui faire plaisir ? Allons, tu sais ce qu'on dit. Il faut tout de suite remonter à cheval lorsqu'on en tombe.
Sans attendre une protestation, elle attrapa sa main, noua leurs doigts ensemble et prit le chemin des écuries. Il fallut bien cinq minutes avant que sa blonde accepte de s'approcher d'un cheval, et encore un bon quart d'heure pour qu'elle ne se résigne à grimper sur la selle.
- C'est uniquement pour vous faire plaisir, avait-elle grogné, manifestement terrifiée.
Avec un nouvel éclat de rire, Regina lui offrit son plus beau sourire d'encouragement et attrapa elle-même la bride pour mener l'animal au pas. Elle lui prodigua toutes sortes de conseils que son père lui avait donné enfant, lui indiquant comment se tenir pour être à l'aise et faire confiance à son destrier.
David lui-même ne pouvait s'empêcher de regarder la scène les bras croisés, hilare, et Regina eut l'étrange pensée qu'à cet instant elle aurait souhaité qu'il soit le père d'Emma, pas juste une pâle copie. Son amante méritait de retrouver sa famille et Charmant, sa fille. Ce fut à ce moment qu'elle se jura de tout faire pour briser la Malédiction de Cora. Et pour cela, elle devait plus que tout mettre la main sur Rumplestilskin.
- Doucement Regina. Doucement...
- Ne fais pas l'enfant, Emma, s'esclaffa la brune. Je ne fais que marcher, regarde. Tu devrais prendre exemple sur Henry.
- Sa mère est une cavalière hors pairs ! Ce n'est pas équitable de nous comparer.
Ils passèrent la fin de l'après-midi au haras, acceptant même de manger avec David qui se révéla une compagnie des plus agréable. Henry ne voulait pas quitter sa monture tandis qu'après une heure de calvaire, Emma en était descendue en grimaçant, la démarche étrangement arquée. Les deux femmes étaient restées sur le côté, en grande conversation avec le jeune homme qui leur en apprit plus sur son ancienne vie et Regina ne pouvait s'empêcher d'être étonnée par ce qu'elle apprenait. Elle avait toujours pensé que Charmant était un enfant pourri gâté dans son enfance, bercé d'illusion et de grand amour, mais savoir qu'il avait été lui aussi au cœur d'un plan machiavélique, même s'il ne se souvenait plus du nom de Rumplestilskin, lui donnait une version nouvelle de l'histoire. Ils avaient subi la même tromperie et n'avaient pas eu le choix quand à la direction que prenait leur vie. Seule sa rencontre avec Snow avait fais basculé tout ça, et la brune se surprit à l'envier. Son regard dévia discrètement vers Emma et elle se demanda comment aurait été son existence dans le Royaume Enchantée si elles s'étaient rencontrées comme ses parents. Aurait-elle rejeté Rumple et sa mère, tous ses pouvoirs, pour s'enfuir avec la jeune femme ?
Evidemment, la situation était largement plus compliquée. Emma étant la fille de Snow et de David, cela aurait fait d'elle sa grand-mère par alliance. Et là-bas, le temps aurait poursuivi sa route. La vision lui arracha un frisson de dégout et sa compagne lui jeta un regard curieux. Elle n'avait jamais pensé à ce côté-là des choses. Si la Malédiction était rompue...alors elle entretiendrait belle et bien une relation avec l'enfant unique de sa belle-fille. Et Regina devrait sûrement prendre la fuite pour ne pas subir les foudres de David. Il avait beau sembler charmant, elle n'était pas sûre qu'il accepte la situation avec un grand sourire.
Lorsque la nuit tomba, la Reine décida qu'il était temps de rentrer. Le voyage du retour fut plutôt calme, surtout parce qu'Emma et Henry, fatigués de leur journée, s'étaient endormis à peine entrés dans la voiture. La tête du garçon reposait contre la vitre, le cheval de bois offert par David sur ses genoux, tandis que dans son sommeil, la sauveuse s'était emparée de la main droite de Regina et nouée ses doigts aux siens. L'instant était paisible, seulement perturbé par le ronronnement du moteur.
Il ne fallut pas longtemps avant d'apercevoir le manoir du Maire. La jeune femme coupa le contact, se détacha puis, tendrement, s'approcha d'Emma pour déposer un léger baiser sur ses lèvres entrouvertes. Le geste eut l'effet escompté et la belle endormie papillonna des yeux pour se réveiller.
- Debout, chuchota Regina.
Elle mit quelques minutes à s'extirper complètement de son sommeil. Une fois dehors, l'air frais les fit frissonner et la brune ouvrit doucement la portière arrière. Leur fils dormait toujours à point fermé. Elle le détacha et voulut le réveiller mais Emma posa la main sur son bras.
- Attends, laisse-moi faire.
Sans mouvement brusque, la blonde prit Henry dans ses bras et le porta jusqu'à sa chambre, la veste de Regina lui servant de couverture. Une bouffée d'amour s'empara du cœur de la Reine quand elle la regarda disparaître à l'étage mais elle l'étouffa bien vite quand Emma revint sur la pointe des pieds.
- Il s'est réveillé ?
- Non. Il dort comme un prince. Je crois qu'il va faire un somme jusque tard demain matin avec la journée qu'il a eut.
- Je crois qu'on a tous besoin de sommeil.
Les jeunes femmes échangèrent un regard amusé. Regina attira lentement Emma contre elle et posa ses lèvres sur les siennes. Elle avait de plus en plus besoin de son contact, de la sentir contre elle et de ses baisers.
- Tu rentres à ton appartement ce soir ? demanda-t-elle d'une petite voix inquiète.
- Je devrais. Je suis de service de bonne heure demain et je ne pense pas que Graham soit ravit que j'arrive en retard avec tout le travail qu'on a en ce moment.
- Tu n'auras qu'à lui dire que je t'ai gardé pour une réunion importante.
- Pas sûr qu'il croit à cette histoire.
Regina poussa un soupir déçue. Elle n'imaginait pas sa journée se terminer sans s'endormir au creux de ses bras.
- Ne fais pas ta mine boudeuse, tu sais que je ne peux pas y résister.
Bien sûr qu'elle le savait, c'est bien pour cela qu'elle en joua jusqu'à faire lever les yeux au ciel à sa petite-amie et qu'elle ne dépose un nouveau baiser sur ses lèvres.
- Très bien, Majesté. Vous avez gagnez.
Royale, Regina afficha un sourire victorieux et l'entraîna à sa suite à l'étage. Emma passa la première dans la salle de bain afin de s'accorder une longue douche pour enlever l'odeur du cheval. Elle avait beau tenté de ne pas y penser, la brune s'imaginait sans mal retirer ses vêtements et la rejoindre pour terminer ce qu'elles avaient entrepris le matin même. L'image de cet instant provoqua aussitôt un frisson de désir qui descendit le long de sa colonne pour venir résonner au creux de ses reins. La sensation de la peau de son amante sous ses doigts, la façon dont son corps se cambrait à chacun de ses mouvements. Son souffle rauque et la manière dont sa langue caressait la sienne.
- Tu ne devrais pas penser à de telles choses.
Le murmure dans son oreille la fit frissonner et elle se retourna pour croiser le regard intense d'Emma.
- La salle de bain est libre, ajouta-t-elle avec un sourire.
La douche froide fut la bienvenue. Pourtant, l'eau avait beau être glacée, son corps continuait de devenir brûlant et fiévreux de désir. Tout son être la réclamait. Imaginer ses mains sur son corps, sa bouche l'explorant avec envie. Il lui fallut toute sa volonté pour ne pas se laisser aller au plaisir solitaire et baissa encore la température de l'eau avant de sortir. Le mieux à faire était de se calmer maintenant. Elle resta un instant face au miroir à étudier ses pupilles dilatées avant de se gifler mentalement et de sortir de la salle de bain.
- Emma est-ce que -
Sa question s'étrangla dans sa gorge. Manifestement, il n'y avait pas que ses propres envies qu'elle avait ressenti dans la douche.
Emma l'attendait, allongée sur le lit. Et entièrement nue. Ses cheveux blonds cascadaient sur ses épaules comme elle se tenait redressée sur les coudes et dévorait littéralement Regina du regard. Le vert de ses yeux avait presque entièrement disparu pour laisser la place à un noir profond et empli de luxure. Ses jambes délicatement croisées empêchaient la brune de voir sa nudité mais cette vision cachée ne fit que renforcer la pulsation douloureuse qui battait déjà en elle. Un nouveau frisson de plaisir la parcourut et la jeune femme ne put s'empêcher de passer sa langue sur ses lèvres.
- Je crois qu'on a été interrompue ce matin, dit Emma. Et vu ce que j'ai pu sentir, j'ai comme l'impression que tu voudrais le terminer.
Le Maire déglutit difficilement. En règle général et pour tous les aspects de sa vie, c'était elle qui gardait le contrôle et qui dirigeait. Au travail, dans sa vie privée. Il n'y avait pas de place pour autre chose qu'une main ferme. Alors de voir Emma avec une telle attitude de prédatrice excita le moindre de ses sens.
Pourtant, elle ne comptait pas se laisser dominer par sa blonde, aussi attractive soit-elle. Elle venait de réveiller le jeu dans son esprit et Regina excellait dans ce domaine. Elle désirait voir ce sourire victorieux disparaître du visage de son amante, remplacé par du désir. Elle voulait entendre sa respiration se couper sous ses caresses.
- Regina...
Le murmure semblait presque une supplication et fit sourire la Reine. Décidemment cette connexion avait bien des avantages. Décidant qu'il était temps pour elle de faire son entrée dans la partie, Regina dénoua la ceinture de son peignoir et le laissa tomber à terre sans pudeur, rêvelant le corps qui faisait tant envie à sa compagne. Et entre son regard et la façon dont elle se lécha les lèvres à cet instant, son entrée était magistrale.
Avec une lenteur exagérée, elle s'avança et grimpa sur le lit sous la lumière tamisée de la chambre. Elle adorait voir la façon dont Emma perdait peu à peu de sa superbe et regardait chacune de ses courbes. Ce n'était pas encore ce soir que la sauveuse prendrait le dessus.
Quand elle fut arrivée à sa hauteur, elle plongea dans son regard. Sa main droite effleura légèrement le ventre de sa blonde et elle eut un sourire satisfait en le sentant se contracter sous ses caresses. Il s'accentua d'avantage quand ses doigts glissèrent jusqu'au bassin qui se souleva pour plus de contact, malgré le contrôle que tentait de garder Emma sur son corps.
- Je vois que l'on est impatiente, murmura-t-elle au creux de son oreille.
- Ne joue pas avec moi, Regina.
La faible protestation augmenta son désir, mais la Reine pouvait se montrer cruelle. Elle avait bel et bien envie de prendre Emma maintenant, de la faire crier comme lors de leur dernière fois, mais elle n'était pas assez aveuglée pour oublier toutes les conséquances qu'auraient leur acte. Elle désirait Emma, mais pas au point de prendre des risques irréfléchis. Pourtant, ce désir commun ne cessait de grandir entre elles, au point qu'il était de plus en plus difficile de résister. Peut-être que si...
Une idée germa dans son esprit. Qu'il était bon d'avoir le contrôle de tout parfois.
- Tu seras sans doute plus à l'aise comme ça, suggéra la brune.
Tendrement impérieuse, elle posa sa main sur le genou d'Emma et la força à dénouer ses jambes croisées. Un nouvel éclair de plaisir la foudroya quand la jeune femme se retrouva entièrement exposée sous ses yeux.
- Je veux que tu m'écoutes attentivement, Emma, murmura-t-elle en collant son corps.
- Oui...
- J'ai très envie de toi. Au point que m'en empêcher est une véritable torture. Te voir dans cette état me fait chavirer et je me retiens difficilement de ne pas écarter tes jambes pour glisser ma langue là où j'en ai envie.
- Regina...
- Mais tu sais que ce n'est pas une bonne idée. Que ça risque de te blesser, et ça c'est une chose que je refuse.
Emma voulut protester mais elle posa un doigt impérieux sur ses lèvres, le regard intense.
- Vous ne parlerez que quand je l'aurais décidé, Miss Swan. C'est compris ?
La blonde se décomposa de désir et hocha lentement la tête pour lui indiquer qu'elle avait compris.
- Parfait. Je disais donc qu'il était hors de question que je pose la main sur toi ou bien je ne serais plus capable de m'arrêter. Mais je n'ai pas dis que nous n'aurions pas de plaisir ce soir. Tu seras priée de ne pas trop...t'exprimer. Je te rapelle que Henry dort au même étage et je n'ai pas envie de le traumatiser avec ce genre de scène.
Leur cœur battait à tout rompre et l'attitude féline et dominatrice de Regina semblait plaire tout particulièrement à sa pauvre victime.
- Ferme les yeux, ordonna-t-elle.
- Quoi ?
- Vous contestez mes ordres, Miss Swan ?
La blonde déglutit, fiévreuse, mais s'exécuta néanmoins.
- Bien. Tu les garderas fermés jusqu'à la fin.
La voir ainsi offerte au moindre de ses caprices affaiblit les défenses de Regina et elle faillit se laisser aller. Elle ne dû remercier que sa volonté d'avoir pu se contrôler.
- Tu as envie de moi, Emma. Je peux le sentir à travers tout mon corps. Tu as envie de poser tes mains sur moi.
Pour illustrer ses paroles, la brune posa sa main sur sa hanche, là où elle mourrait d'envie que ce soit Emma qui la touche. Elle se demanda un instant si leur lien serait assez fort pour supporter ce qu'elle prévoyait de faire, mais le gémissement de son amante répondit pour lui.
- Tu rêves de faire glisser tes doigts sur ma peau.
Elle s'exécuta, observant avec délectation la façon dont Emma se mordillait les lèvres.
- Ca te frustre que ce soit moi qui me touche alors que tu rêves de le faire à ma place, je me trompe ?
- Non...
- Tu as envie que j'arrête pour te laisser faire. Tu aimerais que je vienne sous tes caresses.
Un nouveau gémissement fut l'unique réponse.
- Tu meurs d'envie de faire ça.
Elle laissa remonter sa main jusqu'à sa poitrine et retint son propre soupir de plaisir.
- Je sais que tu ressens chacune de mes caresses comme si c'était les tiennes, et que tu profites du même effet que celui que je me procure. Tu es chanceuse, Emma. Tu es spectatrice et actrice.
La voix déjà rauque de Regina baissa d'un octave quand une nouvelle vague de désir la traversa, immédiatement ressentit par sa blonde. Incapable de résister à ses pulsions, celle-ci leva les mains pour capturer les hanches de son amante mais la Reine lui assenna un claque sur les doigts.
- Pas touche, ordonna-t-elle. Ou la partie s'arrête.
- J'arrête, répondit aussitôt Emma, les yeux toujours clos.
Regina eut un sourire victorieux et s'allongea sur le corps nu de la blonde. Elle pouvait sentir tous ses efforts pour ne pas créer une friction entre elles, pour ne pas bouger le moindre de ses muscles. La savoir si près et ne pas se laisser aller...Elles n'avaient jamais rien connu de plus frustrant.
Lentement, observant chaque réaction de la jeune femme allongée en dessous, Regina glissa sa main le long de son bassin avant de la faire disparaître entre ses jambes. Cela faisait des semaines entières qu'elle se retenait de se toucher comme elle le faisait à présent, et ce contact, ajouté à la proximité d'Emma, aurait presque réussit à la faire jouir sans attendre.
- Je veux que tu imagines tes doigts à la place des miens. Tu arrives à faire ça ?
- Oui...
- Tu sens le plaisir que tu me donnes ?
Le corps d'Emma se crispait sous les caresses invisibles que Regina lui prodiguait à travers elle. Elle pouvait sentir le bien qu'elle lui faisait, et cela ne faisait qu'accélerer ses mouvements entre ses jambes. Elle ne put se retenir de fermer les yeux, imaginant plus que tout les doigts de sa blonde à la place des siens. Cette vision lui arracha un grognement et elle enfouit sa tête dans le cou de son amante pour les étouffer, sans savoir que gémir au creux de son oreille n'était pas pour calmer leur ardeur. Son plaisir se décupla brutalement et la fit se coller d'avantage contre le corps en dessous d'elle.
- Putain...
Elle ouvrit les paupières et chavira à la vision de son Emma, les joues rougies par le plaisir que leur lien leur permettait de partager. Sa langue venait caresser ses lèvres et Regina voulut plus. Elle voulait la sentir contre elle, en elle.
Elle posa sa main sur son cou, caressant du pouce cette bouche qui l'avait déjà faite crier par le passé. Foudroyée de désir, elle augmenta toujours plus la cadence de ses caresses mais faillit être emportée par une vague de plaisir lorsqu'Emma s'empara de son doigt pour l'emprisonner entre ses dents et y faire glisser la pointe de sa langue. Aussitôt, une image bien plus érotique s'imposa dans son esprit.
A ce rythme là, aucune des deux n'allaient tenir bien longtemps. L'orgasme se faisait ressentir dans toutes les parties de son corps, rendant ses jambes tremblantes et ses oreilles bourdonnantes. Elle entendait la respiration d'Emma se faire de plus en plus difficile, copie parfaite de son propre état. Leur lien se renforçait inéxorablement et jamais Regina n'aurait pensé ressentir pareil plaisir alors même que sa blonde ne posait pas la main sur elle.
Le plaisir se faisait plus intense, leur souffle hératique se mélangeait. Elles faisaient le maximum pour ne pas s'embrasser ou poser la main sur l'autre, consciente que le moindre écart les ferait se jeter l'une sur l'autre.
- Emma...je...
Regina tenta de contenir cette vague qui la submergeait, mais un gémissement d'Emma conjugué à la vision imaginaire de sa langue sur elle eut raison de sa résistance. Son corps se crispa brusquement, devenu la proie d'une jouissance incontrôlable et elle étouffa son cri dans le cou de sa petite-amie, sentant aussitôt son propre orgasme se déchainer en elle. Il déferla pendant de longues secondes avant de les laisser épuisées et tremblantes.
Pendant un moment, aucun mot ne fut prononcer. Elles se contentaient de retrouver difficilement leur souffle. La tête de Regina reposait sur la poitrine de son amante qui se soulevait au gré de sa respiration. Elle sentait une fine pellicule de sueur sinuer dans son dos tandis qu'Emma gardait les yeux clos pour se remettre de ses émotions.
Avec tendresse, la blonde s'empara de la main de sa compagne et joua avec ses doigts, les liant et les déliant aux siens.
- Comment est-ce que tu as fais ? finit-elle par demander dans un souffle. Sans même me toucher.
Regina eut un sourire et se blottit un peu plus contre elle.
- Dis merci à notre étrange connexion.
- De là à pouvoir produire ça...
- Je n'étais pas non plus certaine qu'elle permette ce qu'on a fait, mais il faut croire qu'on a pas encore fais le tour de la question.
Emma poussa un soupir de contentement et enserra Regina de ses bras pour la maintenir contre elle. Elles se sentaient apaisées, fatiguées par leur acte mais d'une certaine façon encore plus liées à l'autre. Elle déposa un baiser sur son front et rabattit d'un geste le drap sur leur corps entrelacé.
- J'ai définitivement bien fait de rester, plaisanta-t-elle. Je ne m'attendais pas à ça en acceptant.
- La ferme, Swan.
Regina attrapa son visage et l'entraina dans un long baiser, se délectant de cette sensation qu'elle était certaine de ne plus pouvoir retrouver ailleurs. Un sourire apparut sur ses lèvres lorsqu'elle ressentit une bouffée d'amour éprouvée par la blonde et une pensée la traversa.
Et si, au final, Emma n'était pas que la Sauveuse ? Et si Emma Swan était sa Sauveuse ?
Et voilà, le chapitre 7 se termine ainsi ! On pourra pas dire que je suis sadique sur ce coup là ! N'Est-ce pas SQ-Faberry-OQ...oui oui c'est toi que je vise :p
Bon j'espère qu'il vous a plut et si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser une petite review :) !
A vendredi pour la suite !
