Je viens de rentrer de vacances, ce qui explique que je ne poste qu'aujourd'hui le 9ème chapitre de la fiction ! Mais je suis là et prête à poster !

Alors pour répondre à vos reviews qui me font toujours autant plaisir :

Blackkfeather : Ah tu es une fervante croyant du Happy-end pour cette fiction :p La suite te donnera raison ou tord...Merci de continuer à suivre cette histoire !

Lilith : Nooon il ne faut pas me séquestrer ! Je ne veux pas écrire de la guimauuuuuve ! Tu n'as pas le droit de faire ça, je ne me laisserais pas faire :p

Raphi5930 : Merci beaucoup pour ta review Raphi ;)

StitChE : Pfff tu ne me fais pas peur ! ^^ Oh je suis désolée d'avoir piétiné ton petit coeur mais je pense que ce ne sera pas du tout la dernière fios :p gnark gnark gnark.

Loulouche : Ah tu es à Dublin ? Profite de tes vacances la Miss ! Effectivement c'était évident mais il y a toujours de l'espoir tant que les choses ne sont pas dites clairement :p là on ne peut pas être plus clair, merci Rumple ^^ Je suis contente de t'avoir surprise avec ma Belle/Regina ! Et oui moi aussi j'ai trouvé ça dégueu quand j'ai imaginé qu'elle allait se laisser embrasser...berk ! Stresse bien car happy-end...ça reste à voir :p

angele751 : Ah tu ne sauras si je tue Emma que dans plusieurs chapitres :p Merci pour ta review !

SQ-Faberry-OQ : Je vois qu'on a des envies de meurtres dans cette review ! XD Me découper en petit morceaux avec une hache mal aiguisée ? Sympa dis donc :p Qu'est-ce que ça va être pour la suite ! ^^ Je suis super contente que tu ne saches pas ce qui va suivre dans la fic ! J'espère vraiment te surprendre agréablement dans les prochains chapitres ! Et n'oublie pas...je ne suis PAS sadique :p

evilhayleyregal : Il faut que tu me laisses envie sinon je ne pourrais jamais écrire la suite voyons :p J'espère que la suite te plaira encore :D

Serieslover44 : Je suis vraiment touchée par ta review merci beaucoup... J'espère vraiment que la suite te plaira et que mon écriture te serra toujours autant agréable !

Je voudrais aussi remercier toutes les nouvelles personnes qui suivent cette histoire ou qui me suivent moi ! Voir que ma fiction vous plait, au travers de vos follows ou de vos reviews, me va droit au coeur et me motive encore plus pour la suite !


9.

Regina était au bord de l'évanouissement. Tout commençait à prendre sa place dans son esprit, ses questions devenaient des réponses. Rumple l'avait prévenu, aucune magie ne peut ramener un mort à la vie et pourtant sa mère avait ramené Emma. Elle faisait partie de la malédiction.

- A l'instant même où la malédiction sera brisée, Emma mourra avec elle. Quel que soit ton choix, elle ne survivra pas.

Il était un peu plus de onze heures affiché à l'horloge de la place de Storybrooke. Décembre approchait à grands pas, amenant avec lui les premières chutes de températures et la plupart des habitants avaient déjà sortis les écharpes ou tout autre vêtement capable d'empêcher l'intrusion du froid. Ce qui n'excluait pas Emma. La jeune femme avait troqué son blouson de cuir contre un manteau fourré beaucoup plus chaud et tâchait de garder visser sur sa tête son bonnet péruvien. L'hiver serait sans doute rude. Il apporterait les éternels accidents liés à la neige, au givre, au verglas. Et vu la tonne de travail que Graham et elle se payaient ces temps-ci, elle avait déjà envie de se glisser sous ses couvertures et se faire porter pâle pour le reste de l'année. Comment une ville aussi petite que StoryBrooke pouvait lui donner autant de fil à retordre ? Ca en était presque déprimant.

La blonde poussa un grognement, frotta ses yeux fatigués par une nuit entière de service, aussitôt suivit d'une matinée, et repoussa sur le bureau le dossier qu'elle était en train de remplir. Une bande de gamin s'amusait à saccager le jardin des maisons et plusieurs personnes venaient régulièrement se plaindre au Poste. Mais à cet instant Emma était incapable de penser à autre chose qu'un café bien dosé et une bonne heure de sommeil. Graham comptait de plus en plus sur elle à ses côtés la nuit pour les rondes, ce qui n'était pas pour lui plaire. Elle adorait son ami mais commençait à se rendre compte qu'il interprétait ses signaux d'amitié comme autre chose et elle ne voulait pas avoir de nouveau à le repousser. Surtout qu'elle avait autre chose à penser en ce moment.

A cause de tout ce surplus de travail, et de la volonté du sheriff de la garder au Poste, cela devait faire plus d'une semaine qu'elle n'avait pas vu Regina. Henry passait de temps en temps au bureau après les cours et Emma profitait de ces instants spéciales en sa compagnie. Mais sa petite-amie lui manquait affreusement. Elles étaient conscientes que leur emploi respectif prenait beaucoup de leur temps en ce moment mais cela n'empêchait pas de souffrir de l'éloignement. Le garçon lui donnait des nouvelles, lui apprenait qu'avec toutes les réunions du Conseil et les nouveaux arrêts mis en place pour la ville, sa mère n'avait pas un instant à elle. Souvent, la blonde se demandait si c'était une manœuvre de Cora pour l'empêcher de voir sa fille avant de trouver ridicule sa manière de penser. Si elle devait s'en prendre à quelque chose, c'était uniquement aux aléas de la vie.

Épuisée, Emma s'étira prestement avant de s'écrouler sur son bureau, les bras croisés en dessous de sa tête. Elle sentait la fatigue tirer sur chacun de ses muscles et embrumer son esprit aussi sûrement qu'une trop forte dose d'alcool. En quelques semaines elle avait encore perdu du poids, si bien qu'elle flottait dans quasiment tous ses vêtements. Sa peau continuait de pâlir et les cernes noircies qui entouraient ses yeux ne cessaient de s'élargir. Quand à son visage, il continuait de s'émacier au fil des jours. Cela faisait aussi partie des raisons qui poussait la jeune femme à se tenir éloignée de Regina. Elle ne voulait pas que sa Reine la voit dans cet état et ne s'inquiète encore plus. Elles avaient déjà tellement à faire entre la colère de la brune et son incapacité à poser la main sur sa petite-amie sans lui laisser d'affreuses marques. Elle ne voulait pas rajouter à l'équation une simple maladie bientôt guérie.

- Tu as une tête affreuse.

Avec un râle, Emma releva la tête et adressa un sourire sans joie à Graham. Le beau brun se tenait devant elle, l'air tout aussi épuisé, et lui tendait une tasse de café brûlante. Il la regardait, les sourcils froncés, avec une réelle pointe d'inquiétude qui serra le coeur de la blonde. Elle faisait tant pitié que ça que de plus en plus de gens la fixait ? Mary-Margareth hier, Granny et Ruby ce matin et maintenant lui.

- Je te remercie Graham, tes compliments me vont droit au cœur, répondit-elle en récupérant le breuvage.

- Je ne plaisante pas Emma. Tu as vraiment l'air malade. Je ne t'ai jamais vu aussi pâle et tu as l'air d'avoir perdu pas mal de poids depuis ces derniers mois. Tu devrais voir un médecin.

- Je suis juste fatiguée. Tu ne me laisses pas vraiment de jours de repos ces temps-ci.

Le jeune homme passa sa main dans ses cheveux tout en affichant une mine désolée. A l'air qu'il affichait, Emma était certaine de ne pas apprécier ce qu'il s'apprêtait à lui dire.

- Ouai en parlant de ça...Je vais encore avoir besoin de toi ce soir.

- Tu me fais marcher ? Ca fait trois nuits que je suis au Poste. Et après tu oses me dire que j'ai une tête affreuse.

- Je n'ai pas le choix, il faut que je patrouille aux alentours du Port. Eric n'arrête pas de me dire qu'il retrouve des dégâts chaque matin et m'a demandé de venir y passer la nuit pour prendre la personne sur le fait. Je sais que tu avais des plans...

Oui elle en avait. Pour la première fois depuis ce qui lui semblait une éternité, Emma avait prévu d'accorder sa soirée à Regina. Elle lui avait même promis de l'emmener dîner dehors pour pouvoir profiter pleinement de cet instant. Elles attendaient ça avec une impatience non dissimulée et voilà que tout s'effondrait. A croire que Graham le faisait exprès, depuis le temps qu'elle lui rabâchait les oreilles avec cette sortie.

Elle poussa un soupir.

- Regina va me tuer...

- Elle comprendra. Je lui expliquerai moi-même s'il faut.

La jeune femme eut un rire sans joie. Graham se trompait, même s'il l'ignorait. Que les explications viennent d'elle ou de lui, elle n'était pas certaine que le Maire se montrerait aussi compréhensive que les autres fois où Emma avait du annuler leur soirée pour le boulot. Enfin, si voir les pots de fleurs exploser sous une impulsion magique, les armoires éventrées et les miroirs brisés rentraient dans la catégorie " réactions compréhensives". Elle réfléchissait tellement ces derniers temps que cela lui donnait des migraines affreuses. Elle ne savait pas comment tirer Regina de ses crises de colère. Elle ignorait même pourquoi tout cela avait commencé. Depuis son réveil, il se passait tellement de chose bizarre que parfois Emma se demandait si elle ne vivait pas une autre réalité que la sienne. Sa relation avec la brune, bien qu'elle soit ce qu'elle chérissait par-dessus tout, avec un aspect étrange qu'elle n'arrivait pas à pointer, tout comme cet amour pour un gamin qu'elle ne connaissait pas plus que ça avant l'été. Parfois, quand ses nuits n'étaient pas auprès de Regina, la jeune femme se réveillait entre deux cauchemars en répétant toujours les mêmes phrases. Des divagations pour la plupart, dont beaucoup concernait son père et sa mère. Elle revoyait des scènes qu'elle n'avait jamais vécu. Un dragon qu'elle achevait d'une épée dans le cœur, un combat avec Regina dans un hôpital et le nom de Gold qui revenait sans cesse. Comme un message. Souvent elle sortait de son sommeil en sursaut, agitée de tremblements et une douleur tellement aiguë à la nuque qu'elle en pleurait.

Emma n'en avait jamais parlé avec son amante. Déjà parce qu'elle ne souhaitait pas l'inquiéter et surtout parce que remettre en doute l'histoire qu'elles vivaient l'aurait à coup sûr terriblement vexé. Alors elle gardait ça au fond de son esprit, tapie dans l'obscurité, et tentait d'oublier toutes ces choses qui ne collaient pas entre elles.

- Emma ? Tu m'écoutes ?

La main de Graham devant ses yeux la tira de ses pensées et elle dû secouer la tête pour revenir complètement à elle.

- Pardon, tu disais ?

Le sheriff allait répondre lorsque son regard se posa sur son visage. Aucun son ne sortit de sa bouche et il fronça brusquement les sourcils.

- Quoi ? J'ai quelque chose sur la figure ?

- Tu saignes.

Emma faillit éclater de rire mais devant sa mine inquiète elle ouvrit le tiroir de son bureau, farfouilla quelques instants et en sortit un petit miroir. Graham avait raison. Un épais liquide rouge sombre fuyait de son nez. Cela aurait semblé normal si ça n'avait pas été des deux narines en même temps.

- Merde !

Elle attrapa aussi vite qu'elle le put un mouchoir et le plaqua sur la blessure. Elle releva aussitôt la tête en arrière et se leva précautionneusement.

- Emma...ce n'est pas normal.

- Contente-toi de m'amener jusqu'aux toilettes, tu seras gentil.

Elle l'entendit soupirer puis des pas s'avancèrent et enfin il lui prit la main pour la mener en toute sécurité jusqu'au lieu dit. Elle parvenait presque à discerner dans son esprit les phrases qu'il voulait lui sortir mais elle priait pour qu'il ne le fasse pas. Elle n'avait pas besoin de son avis de plus sur la situation. Surtout qu'en l'occurrence, le fait qu'elle soit malade ne regardait qu'elle et personne d'autre.

Mais Graham étant Graham, son ami se souciait beaucoup de ce qui la concernait. Ce fut sans doute pour cette raison qu'il accepta de s'éloigner des toilettes le temps qu'elle se nettoie, mais qu'il décida tout de même de prendre la parole.

- Tu devrais aller consulter Whale. Ecoute, je sais que pour toi ce n'est rien mais...

- Ce n'est rien je te dis, protesta-t-elle, la tête dans le lavabo. Tu n'as jamais été malade ou quoi ?

Il y eut un silence.

- Non, je ne crois pas. Enfin maintenant que tu le dis...Bon peut-être que j'ai dû être malade une fois ou deux, mais jamais à ce point-là. Je te jure, on dirait que tu es en train de te décomposer jour après jours.

- Génial, grommela la jeune femme en s'emparant d'un nouveau mouchoir. Voilà qu'on me compare à un cadavre.

- Est-ce que je peux te parler franchement Emma ?

Elle haussa un sourcil, surprise.

- Depuis quand est-ce que tu me demandes mon avis pour ça ?

- Tu ne trouves pas ça étrange tout ce qu'il t'arrive ces derniers mois ? Je veux dire, tu fais une chute mystère on ne sait comment et à ton réveil tu es amnésique et comme cul et chemise avec le Maire.

- Je n'étais pas comme -

- Non écoute-moi ! la coupa-t-il d'une voix dure, ce qui était assez peu naturel chez lui. Je ne plaisante pas. Je me rapelle vaguement de votre relation d'avant et je suis quasiment certain ne jamais vous avoir vu ensemble. Jamais. Il me semble même que vous vous étiez battues au cimetière ce jours-là, lorsque tu m'as repoussé et que j'ai eu mon problème de coeur. Et là d'un coup, comme par magie, elle apparaît dans ta vie et tu en tombes raide amoureuse. Plus tu passes ton temps avec et plus tu deviens...

Il la désigna de la main de haut en bas.

- Ca. Il y a quelque chose qui cloche là-dessous, même si je ne sais pas quoi. C'est malsain votre relation. Parfois je me demande si ce n'est pas elle qui est en train de te tuer à petit feu.

Emma voulait éclater de rire. Elle voulait lui répliquer qu'il ressemblait à un véritable parano et qu'avec cette superbe imagination il pourrait écrire des romans. Elle souhaitait lui répliquer qu'il n'avait aucun droit de dénigrer ainsi l'histoire qu'elle vivait avec Regina, qu'il ne les connaissait pas dans cet aspect-là de leur vie. Elle souhaitait plus que tout trouver des remarques cinglantes pour contrer tout ce qu'il venait de déballer.

Oui, Emma le désirait plus que tout. Mais elle ne le pouvait pas.

Car tout le discours qu'il venait de lui tenir, à quelques mots près la jeune femme y avait déjà pensé. Seule, enfermée dans son appartement avec une bière dans la main, elle avait déjà songé à tout ça. Et si elle n'avait rien trouvé pour confirmer une théorie aussi absurde, elle n'avait cependant rien trouvé non plus qui pourrait l'infirmer.

- Tu t'es déjà dis que ça pourrait justement être Regina la cause de tout ça ? Ta perte de mémoire, votre relation et maintenant ta mystérieuse maladie. Sérieusement Emma, regarde-toi.

La jeune femme obéit à contre-cœur et croisa son reflet dans le miroir. Avec son teint cadavérique, ses poches sous les yeux, ses cheveux ternes, le creux de ses joues et l'éclat dans ses yeux qu'elle perdait à peu, Graham avait raison. Elle ne ressemblait plus vraiment à grand chose. Ou pas de vivant en tout cas. Le sang qui coulait de son nez ruisselait jusqu'à son menton et commençait à prendre des reflets noirs écœurant. Comme les étranges marques que Regina lui laissait après qu'elles aient fais l'amour.

- Tu délires, dit-elle dans un souffle en appliquant un troisième mouchoir. Regina ne me ferait jamais ça.

- Pourquoi ? Parce que tu l'aimes ? Si ça se trouve c'est une de ses malédictions de Méchante Reine.

- Non Graham mais -

- Parce qu'elle t'aime ? Elle te l'a déjà dis ? Et puis même si elle l'avait fais, ce dont je doute, tu n'es pas certaine de ça. Je te le dis, je sens qu'il y a bien plus au fond de cette histoire que ce qu'elle t'en dit.

Emma commençait à avoir la migraine. Une migraine fulgurante qui vrillait ses tempes pour les emprisonner dans un étau et répandait une douleur dans l'intégralité de son corps. Sa nuque lui faisait mal, ses oreilles bourdonnaient. Un goût métallique lui emplissait doucement la bouche.

- Graham, s'il te plait.

- Donnes-moi une bonne raison alors, parce que là franchement je n'en vois pas.

- Stop.

- Tu vois, même toi tu es incapable de la défendre ! Elle t'a jeté un sort, c'est la seule explication possible mais tu es trop obsédée par cette femme pour t'en rendre compte. Tu -

- La ferme Graham !

Le miroir mural explosa brutalement avec fracas, giclant en milliers de petits morceaux dans les toilettes. Ils retombèrent sur le sol, s'éparpillant sous les yeux inquiets des deux collègues.

Pendant un instant, aucun ne réagit et le regard de Graham ne cessait de faire l'aller-retour entre le miroir et Emma.

- Regina est en train de te tuer.

Il avait tord. Jamais Regina ne pourrait lui faire du mal ou lui mentir. Jamais.

Elle voulut répliquer mais avant qu'elle ne puisse réagir, un violent vertige l'envahit et sa vision se brouilla brusquement. Le sol tanguait sous ses pieds et la voix de Graham lui venait de trop loin pour qu'elle l'entende. Puis elle sentit le sol se dérober sous ses jambes. Tout son corps s'écroula, insensible à sa veine tentative de se rattraper au lavabo. Ses mains glissèrent sur la céramique, son poids l'entraîna et elle percuta le sol avec un bruit sourd.

- Emma !

La jeune femme ne voyait plus rien. Elle entendait vaguement Graham à ses côtés, sentit qu'il la secouait par les épaules mais elle était incapable de lui répondre, ni faire un mouvement dans sa direction. Comme si elle était prisonnière de son propre corps. Son coeur battait trop vite et résonnait dans son crâne comme un martèlement incessant tandis que quelque chose de glacé commençait à l'envahir par tous les pores de sa peau.

Finalement, la situation lui aurait presque donné envie de rire. Elle aurait dû écouter son collègue et aller consulter.

- Emma ! Bon sang c'est pas vrai !

- Ne l'approchez pas !

La voix claqua dans l'air comme un fouet. Rauque, brisée par l'inquiétude mais tout aussi autoritaire qu'à son habitude. Elle aurait pu la reconnaître entre milles.

Emma ne pouvait pas la voir, mais son visage lui apparut dans cet état de semi-conscience. Elle la revoyait rayonnante, belle à mourir et heureuse entre ses bras. Ses yeux noisettes, son nez fin, sa bouche et cette petite cicatrice au dessus de sa lèvre. La façon dont ses cheveux caressaient ses épaules à chacun de ses mouvements, dont ses sourcils se haussaient ou se fronçaient selon son humeur.

Une douce chaleur s'opposa au froid qui continuait à s'insinuer en elle et elle se laissa porter par ce sentiment de quiétude. Sa Regina était là.

Elle entendit vaguement le claquement de talon contre le sol.

- Emma, ma chérie...

La voix était claire à son oreille. Quelque chose frôla sa joue avec une impérieuse tendresse.

- Il faut que tu reviennes à toi... Tu m'entends ?

- Bien sûr que non elle ne vous entend pas ! Vous ne voyez pas dans quel état elle est ?

- Taisez-vous !

Le silence.

Puis de nouveau cette douce caresse sur son visage. Emma se demanda de manière absurde si ses yeux étaient ouverts. Car si ce n'était pas le cas, elle les aurait volontier fermer de quiétude.

- Reviens à toi Emma...Je t'interdis de me laisser maintenant.

La jeune femme était fatiguée. Elle avait besoin de dormir, de récupérer de ses nuits agitées. Elle voulait répondre à Regina mais se reposer apparassait comme la meilleure option. Oui, voilà ce qu'elle devait faire. Se laisser aller.

- Je sais que tu es fatiguée, mais tout va bien se passer.

Regina dû s'éloigner un temps, parce que sa voix se fit soudain plus lointaine.

- Sheriff, appelez tout de suite une ambulance. Je suis même surprise par votre manque totale de réaction. Si jamais il lui arrive quoi que ce soit à cause de votre incapacité à gérer une situation de crise je n'hésiterai pas à vous arracher le coeur de la poitrine pour le réduire en cendres devant vos yeux. Et gardez à l'esprit que j'y prendrais un malin plaisir.

De nouveau bruits de pas, puis la douce sensation d'une main sur sa peau, du velours sur sa bouche.

- Reste Emma...

La jeune femme voulut se réveiller. Elle voulut reprendre pleinement conscience et se redresser pour plonger dans le regard de la femme qu'elle aimait. La prendre dans ses bras, lui murmurer qu'elle restait à ses côtés. Sentir sa chaleur contre la sienne, l'embrasser et laisser emporter par ce parfum qui la chavirait.

Mais les ténèbres se firent plus oppressantes et elle bascula. Plus de main sur elle, plus de Regina. Juste le vide et le froid de l'inconscience.

—-

Emma n'aurait sû dire combien de temps elle resta ainsi, mais des éclats de voix la firent peu à peu revenir à elle. Ils semblaient se disputer avec force et s'emmêlaient dans un brouhaha déconcertant. Sa tête cessait de lui faire mal tandis que peu à peu les ténèbres se dissipaient et lui laissait apercevoir son entourage.

Manifestement, au vu de ce plafond qu'elle ne connaissait que trop bien et à ce lit, elle se trouvait à l'hôpital. Encore. Le bip régulier des machines se faisaient faiblement entendre, pratiquement recouvert par la dispute qui éclatait dans le couloir. A travers l'embrasure de la porte non fermée, elle parvenait à apercevoir les deux protagonistes. Graham et Regina. elle aurait dû s'en douter.

Malgré les événements, Emma ne put empêcher son coeur de faire un bond dans sa poitrine en regardant sa petite-amie. Face à elle, à moitié dissimulée par le corps imposant du Sheriff, elle était magnifique. Vêtue d'une robe rouge vif et d'escarpin noir, elle tenait replié sur son bras son manteau. Ses cheveux parfaitement coiffés encadraient son visage avec douceur, bien que les éclats de voix et le regard noir de Regina indiquent clairement son état d'esprit.

- Attendez une seconde Madame le Maire ! s'exclama Graham. Ce n'est pas moi sa copine d'accord ! Vous pouvez me reprocher ce que vous voulez mais certainement pas de ne pas avoir veiller sur elle !

- A cause de vous et de votre obsession pour elle, vous lui avez fais faire beaucoup trop d'heures ! répliqua sauvagement la jeune femme. Vous ne vous êtes pas dis en la regardant qu'elle méritait plusieurs jours de repos ? A croire que vous n'attendiez que ça, qu'elle fasse un malaise ! Si je n'ai pas pu la voir depuis tout ce temps c'est en partie votre faute Sheriff Humbert !

- Vous n'aviez qu'à vous passer, vous aussi, de votre travail pour la surveiller ! Depuis combien de temps est-ce que ça s'aggrave son état ? Vous croyez que ça s'est fais du jour au lendemain ?

Emma grimaça et chercha à se redresser dans son lit. Les voir se disputer pour elle était la dernière chose qu'elle souhaitait, surtout en ce moment. Se renvoyer la balle pour chercher un fautif n'était pas la bonne solution et elle préférait éviter plus que tout que Regina s'énerve trop. Mais à en juger par son visage dévorée par la colère et par cette noirceur qui continuait sa route jusqu'à son coeur, c'était peine perdue.

- Je vous interdis de porter un jugement sur moi ! Contrairement à vous je sais respecter sa vie privée et le fait qu'elle doive se reposer ! Je ne suis pas tout le temps sur ses talons pour passer du temps avec elle comme un petit chiot perdu depuis ma rupture !

- Je crois que vous vous faites une fausse idée des raisons qui me poussent à la garder au poste, Madame le Maire.

Il fallait qu'elle trouve un moyen de les empêcher de se disputer. Ils avaient certainement des comptes à régler entre eux mais le scintillement violet qu'elle semblait apercevoir dans les yeux de sa Reine était un avertissement qu'elle ne pouvait ignorer. Pourquoi sa petite-amie n'arrivait pas à voir qu'elle venait de reprendre conscience et qu'elle allait bien ? Un petit coup d'oeil derrière l'épaule de Graham et elle pourrait la voir. Rien qu'un regard.

- Si elle a fais plus d'heures c'est uniquement pour raison professionnel. Rien de plus.

- Vous me croyez aveugle Graham ? Vous pensez que je n'ai pas remarqué votre petit manège ? La façon dont vous la regardez, dont vous l'appelez aussi souvent que possible ? Je ne suis pas née de la dernière pluie et je sais reconnaître un rival quand j'en vois un. Tout cela est de votre faute !

- Ma faute ? Ce n'est pas moi qui lui ai jeté un sort ou je ne sais quoi pour qu'elle tombe amoureuse de moi en un claquement de doigt ! J'ai bien remarqué toutes ces choses bizarre depuis qu'elle s'est réveillé ! Je ne suis pas aveugle non plus !

Regina ne répondit rien et ses yeux se plissèrent, chargés de menaces. Lentement, elle s'approcha de l'homme jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres.

- Faites très attention à ce que vous allez dire, Sheriff. Je ne vous touche pas car vous êtes un ami d'Emma. Mais ne faites pas l'erreur de me provoquer.

- Regina...

Le son de sa propre voix surprit Emma. Ce simple mot avait été d'une difficulté à prononcer qu'elle n'avait pas imaginé, la vidant littéralement de ses forces. Il lui avait brûlé la gorge.

Mais l'appel avait été entendu. Regina se désintéressa complètement de son interlocuteur et son regard se posa sur sa petite-amie qui sentit aussitôt leur coeur s'alléger. Plus rien n'existait désormais et la brune s'avança aussitôt vers elle, refermant doucement la porte derrière son passage.

Emma ressentait sans mal son inquiétude, sa peur et son soulagement. Ces sentiments dansaient avec la colère qu'elle éprouvait à l'encontre de Graham et avec une culpabilité que la jeune femme n'expliquait pas.

- Comment est-ce que tu te sens ? chuchota Regina en passant une main douce sur sa joue. Il faut que j'avertisse le Docteur Whale que tu es réveillée.

- J'ai soif...

Elle remercia d'un sourire sa petite-amie lorsque celle-ci s'empressa de lui donner un verre d'eau. Le liquide apaisa la brûlure de sa gorge et déglutir lui faisait un peu moins mal.

- J'ai eu tellement peur Emma...

- Je suis désolée je ne voulais pas t'effrayer. Je ne me suis pas aperçue que j'allais aussi mal. Je manque de sommeil et je pense qu'avec tout le travail qu'on a en ce moment ça ne m'a pas aidé.

Elle tenta un sourire mais l'inquiétude de Regina ne se dissipa pas, bien au contraire. Elle laissa glisser son doigt le long de la mâchoire d'Emma, ses yeux parcourant chaque centimètre de sa peau.

- J'aurais dû t'emmener voir un médecin il y a déjà un moment, souffla-t-elle. J'aurais dû faire quelque chose.

- Je suis juste un peu malade et fatiguée. Whale va me donner des antibiotiques et tout ira mieux. Je te le promet.

Les yeux de sa petite-amie se voilèrent de larmes et le chagrin lui serra le cœur mais elle ne répondit rien et se contenta de se pencher vers elle pour déposer un baiser sur ses lèvres. La douceur de sa bouche contre la sienne lui avait manqué et Emma se sentit revigoré par ce simple geste. Tendre et lent, il fit accélérer les battements de son cœur. Elle retint difficilement un grognement lorsque Regina se sépara d'elle mais la jeune femme posa son front contre le sien.

- Ne me fais plus jamais ça, Emma. Je ne pourrais pas le supporter.

- Je croyais que tu adorais me voir allonger, plaisanta la blonde.

Elle n'eut droit qu'à un regard noir, signe que son humour n'était pas partagé. Détendre l'atmosphère n'avait rien de simple lorsque Regina s'inquiétait autant.

- Vous n'êtes pas drôle, Miss Swan.

La brune n'eut pourtant pas le temps de rajouter quoi que ce soit car le Docteur Whale passa la porte, accompagné d'infirmières. S'en suivit de longues heures d'examen, de questions et de suggestions. Emma sentait la fatigue s'emparer d'elle à mesure que les minutes passaient. Ses forces diminuaient mais elle tentait malgré tout de faire bonne figure, un faux sourire étirant ses lèvres bleutées, afin de ne pas plus inquiéter sa petite-amie debout à côté de son lit. Elle ne manifestait aucune envie de s'en aller et Emma ignorait si elle devait lui en être reconnaissante ou se sentir gênée d'être maternée de cette façon. Ce fut finalement la reconnaissance qui l'emporta et elle comprit qu'avoir Regina près d'elle valait mieux que de ne pas l'avoir. Ce n'était sans doute pas les circonstances qu'elles espéraient pour se revoir, mais au moins elles étaient ensemble et quoi que lui dirait Whale à la fin de la journée, elles l'apprendraient toutes les deux.

Pourtant, lorsque le médecin revint dans la chambre, le dossier et les résultats en mains, ce ne fut que pour leur annoncer qu'il ignorait de quoi souffrait Emma. Il n'y avait rien d'anormal dans son organisme et rien ne pouvait expliquer le malaise survenu dans la matinée, ni même la raison qui aurait pu la faire saigner du nez. Son état était une énigme impossible à résoudre tant les indices étaient inexistant. Il évoqua la possibilité que son mal-être puisse être lié à quelque chose de plus...magique, mais Regina le congédia froidement à peine les mots sorties de sa bouche. Manifestement, elle ne voulait pas entendre parler de ça.

Lorsqu'elles furent de nouveaux seules, Emma attrapa distraitement la main de sa compagne et joua avec ses doigts.

- Peut-être que Whale a raison. Peut-être que ça n'a rien à voir avec une maladie normale que j'aurais pu attraper n'importe où ailleurs. Tu penses que c'est possible qu'une maladie de votre monde puisse...Je sais pas, traîner dans le coin ?

- C'est impossible. Ou en tout cas je n'ai jamais eu vent qu'une telle chose puisse se produire.

Regina retira sa main et croisa les bras. Sourcils froncés, bouche pincée, quelque chose semblait agiter ses pensées.

- Est-ce que tout va bien Regina ?

- Je suis juste inquiète. J'aurais préféré que cet idiot nous apprenne quelque chose au lieu de venir se pavaner ici sans réponses à nos questions. Il ne mérite absolument pas ce titre de Docteur.

- Ne commence pas à t'en prendre à lui. Il ne peut pas tout expliquer. Que tu sois inquiète ne te donne pas le droit de t'en prendre à lui et...

Elle marqua une pause. Elle n'avait aucune envie de se disputer avec Regina mais tenait pourtant à lui faire part de ses pensées.

- Et ?

- Je t'ai entendu te disputer avec Graham. Regina, soupira-t-elle, tu ne peux pas menacer les gens lorsque tu as peur ou que tu es inquiète. Je sais comment tu es, comment tu fonctionnes, mais je n'aime pas quand tu agis comme ça.

- Il faudra vous y faire Miss Swan, rétorqua sèchement sa petite-amie. Je ne compte pas changer et si cela ne vous plait pas, je ne vous retiens pas plus longtemps.

Elle voulut se retourner, sûrement pour récupérer ses affaires sur sa chaise, mais Emma ne lui en laissa pas le temps. Elle se redressa brusquement et lui attrapa le poignet pour la coller contre elle et s'empara de ses lèvres dans un baiser. Elle était peut-être faible, mais elle n'était pas stupide au point de croire un seul instant aux menaces voilées de Regina. Elle connaissait sa compagne et n'avait pas peur de ce masque dur et froid.

La brune tenta de la repousser sans grande conviction avant de poser ses mains sur les joues d'Emma et d'approfondir leur baiser, y mettant tous les sentiments qu'elle ressentait à cet instant. Ses doigts glissèrent dans les cheveux de sa petite-amie et les serra brusquement tandis que leur sens s'enflammaient brusquement. Peur, colère, inquiétude.

L'air commençait à leur manquer mais aucune des deux n'y prêtait attention. Elles auraient à s'embrasser si un raclement de gorge ne les avait pas soudainement séparé, les laissant essoufflées. Les joues rougies, les yeux brillants et les lèvres gonflées, elles se tournèrent d'un même mouvement vers la personne qui venait de faire son apparition dans la chambre d'hôpital.

Le dos droit, les mains jointes devant elle, Cora Mills les regardaient avec un mélange de dégoût et de suffisance mal dissimulé.

- Je dérange j'ai l'impression.


Je sais vous étiez impatient de retrouver Cora ! :p Alors qu'avez-vous penser de ce nouveau chapitre ? Vos avis m'intéressent toujours autant !

Ca faisait longtemps qu'on avait pas entendu parler d'elle , vous vous doutiez bien qu'elle allait revenir sinon ce ne serait pas drôle !

Bon sinon voilà, on avancez toujours plus dans l'histoire avec les questions que se pose Emma et sa maladie qui continue de devenir de plus en plus grave ! Je sais que beaucoup d'entre vous doutent que cette histoire se termine par un happy-end et tout ce que je peux dire, c'est que rien n'est certain :p Donc aucun indice si ce sera une happy-end ou non ! Je sais je suis cruelle...

J'espère que ce chapitre vous aura plut et je vous dis à Lundi prochain pour la suite ou à jeudi pour ceux qui suivent mon autre fiction !