Bonsoir tout le monde !

Alors tout d'abord je voudrais remercier comme d'habitude tous ceux qui me lisent et me suivent, les anciens comme les nouveaux, ainsi que ma béta Mélanie qui lit en avant première mes chapitres et me donne son avis ! Merci merci !

A cause du boulot et de mes horaires assez conséquents, je ne sais pas encore si je vais garder le Lundi pour la publication ou le déplacer à Dimanche, je vous en dirais plus d'ici 1 ou 2 semaines ! Je prendrais le temps de répondre en PM à chacun de vos commentaires ce weekend et je vous laisse découvrir ce chapitre là !

Bonne lecture :D


10.

L'air commençait à leur manquer mais aucune des deux n'y prêtait attention. Elles auraient continué à s'embrasser si un raclement de gorge ne les avait pas soudainement séparé, les laissant essoufflées. Les joues rougies, les yeux brillants et les lèvres gonflées, elles se tournèrent d'un même mouvement vers la personne qui venait de faire son apparition dans la chambre d'hôpital.
Le dos droit, les mains jointes devant elle, Cora Mills les regardaient avec un mélange de dégoût et de suffisance mal dissimulé.
- Je dérange j'ai l'impression.

Emma retint à grand peine le soupir qui menaçait de franchir ses lèvres. Après plusieurs mois sans avoir vu Cora intervenir dans leur vie, voilà qu'elle choisissait ce moment précis pour se montrer. A croire que venir voir la blonde à l'hôpital était devenue son passe-temps favori.
La sorcière portait un manteau violet foncé surmonté d'une écharpe rouge et ses cheveux bruns remontaient en un chignon sévère. Ses lèvres pincées, sûrement par le dégoût de l'avoir vu embrasser sa fille si passionnément, allaient de pairs avec le regard noir qu'elle leur lançaient.

- Exactement, vous dérangez, répondit Emma.

Elle avait un peu de mal à se remettre de son récent contact avec Regina mais décida malgré tout de reprendre sa position initiale sur le lit pour s'éloigner un peu de sa compagne. Si cela ne l'aurait pas dérangé d'afficher effrontément son amour devant sa belle-mère, la jeune femme sentait que ce n'était pas le cas de son amante. Celle-ci était crispée, le dos droit, et attendait manifestement que sa mère reprenne la parole. Ce qu'elle ne tarda pas à faire.

- Les nouvelles vont vites ici, Miss Swan. Quand j'ai entendu que vous étiez, encore une fois, à l'hôpital, j'ai jugé qu'il était de mon devoir de citoyenne et de mère de venir ici.
- De citoyenne et de mère ?
- Et bien, être en mauvaise santé doit largement inquiéter Regina et je me dois de veiller sur ma fille.

Un éclair de haine pure lui étouffa la poitrine et Emma jeta un regard en coin à Regina. Rien sur son visage dénué d'expression ne laissait transparaître ce qu'elle ressentait.

- Adjointe du Shériff Swan, voilà plusieurs fois que vous devez être conduite ici dans un état...déplorable. Je suis venue pour vous informer que lors du prochain conseil municipal, je vais demander à ce que vous soyez relevée de vos fonctions et cela pour le bien de la ville. Nous ne pouvons nous permettre d'avoir une adjointe qui passerait plus de temps dans les couloirs de cet hôpital que dans les rues à traquer les criminels.
- Quoi ? s'écria Regina en s'avançant brutalement. Il est hors de question que tu déposes cette motion au conseil et même si tu le fais je suis le maire de Storybrooke et je rejette dès à présent ta demande.
- Il n'est pas en ton pouvoir de décider, ma chère. C'est au conseil que revient ce droit. Tu pourras seulement donner ton avis et ta voix qui sera, j'en suis certaine, en faveur de Miss Swan.

Elle prononça ces derniers mots avec tout le dédain dont elle était capable et la haine de Regina se mêla à la colère d'Emma. Décidément, elle se sentait beaucoup mieux quand Cora n'était pas dans son champ de vision. Dès que ses yeux avaient croisé les siens, la blonde avait compris qu'elle n'était pas venue pour lui apporter des fleurs mais elle ne s'attendait pas à une telle annonce. Être virée parce qu'elle était tombée malade. Cora ne perdait aucune occasion de lui pourrir la vie. Elle se trompait lourdement si elle pensait que la jeune femme se laisserait faire.

Comme pour calmer les nerfs à vifs de Regina, et les siens par la même occasion, Emma s'empara de la main de sa petite-amie et noua leurs doigts ensemble sous le regard dégoûté de la sorcière. La voir se liquéfier à chaque fois qu'elle touchait sa fille était une petite victoire personnelle.

- Lors de ce conseil je présenterai ma requête de vous suspendre de vos fonctions, Miss Swan, et j'en profiterai également pour présenter de nouveaux noms afin que quelqu'un avec une santé plus...solide, soit en mesure de reprendre votre rôle. J'ai croisé votre collègue dans le couloir et il m'a lui-même confirmé que votre état s'était dégradé depuis plusieurs mois. Il envisage de vous faire prendre un congé conséquent. Je me vois donc obliger de réagir, pour le bien de la ville.

Elle agrémenta son discours d'un sourire de façade mielleux.

- Très bien merci de m'en avoir informé, répondit poliment Emma. Maintenant pourriez-vous sortir que je puisse me reposer ? Nous nous verrons au conseil j'imagine.
- En fait, je souhaiterai parler à Regina.
- J'ai comme un air de déjà vu...

Emma n'avait pas envie que sa petite-amie aille discuter avec Cora, pas après la réaction qu'elle avait eu la dernière fois. La vision de Regina en train d'étouffer Whale sans la moindre once de pitié était encore trop présente dans son esprit. La noirceur qu'elle avait aperçu tourbillonnant dans son esprit, ces ténèbres qui se reflétaient dans ses yeux... Et même lorsque la blonde avait posé sa main sur sa joue, elle avait craint pendant une fraction de seconde que sa Reine ne se retourne contre elle. A cet instant elle s'était jurée de ne pas laisser sa compagne retomber dans un tel état. Alors l'idée qu'elle se retrouve seule à seule avec sa mère lui apparaissait comme la pire des idées possibles.

Regina dû le percevoir car elle posa une main sur son bras pour lui intimer de ne pas s'inquiéter. Son regard accrocha celui de sa petite-amie et les mots ne furent pas nécessaire pour traduire ce qu'elle lui demandait. "Fais moi confiance, je ne me laisserai pas faire". Emma voulait lui ordonner de ne pas y aller mais elle n'en avait pas le droit. Alors, à la place, elle acquiesça lentement.

Son amante se pencha tendrement vers elle pour déposer un baiser sur son front et resta dans cette position une minute avant de finalement se redresser à contrecœur.

- Allons-y Mère.
- Miss Swan, je vous souhaite une bonne journée.

Emma répondit avec un mouvement de tête polie et suivit du regard les deux femmes qui prenaient la direction de la sortie. Cora fit passer sa fille avant elle puis eut un sourire avant de la suivre. Lorsqu'elle referma la porte, la poignée ne s'enclencha pas et laissa un mince espace qui fit soupirer la blonde. A croire que cette mégère avait fais exprès de mal fermer la porte pour la pousser à se lever alors qu'elle ne se sentait pas très bien.

Il lui suffisait de repousser les couvertures, sortir du lit et claquer cette maudite porte pour donner l'intimité voulue aux Mills mais quelque chose l'en empêcha soudainement. Une simple phrase qui la fit se figer au moment où elle s'apprêtait à passer à l'action.

- Tu ne lui as toujours pas dis à ce que je vois.

Emma fronça les sourcils. C'était la voix de Cora.

- Tu ne devrais pas trop tarder. Au vu de son état je ne pense pas qu'elle puisse supporter le sort encore bien longtemps.
- Je refuse de parler de ça avec toi. Si c'est tout ce pourquoi tu m'as fais venir dans ce couloir alors que ma place est aux côtés d'Emma je crois que notre conversation s'arrête ici.
- Je suis inquiète pour toi Regina...
- Toi, inquiète ? Je n'aurais jamais cru que tu puisses être inquiète pour une autre personne que toi Mère.
- Tu es ma fille et tu sais que tout ce que j'ai fais jusqu'ici, je l'ai fais pour ton bien. Te voir souffrir en la regardant mourir à tes côtés n'est pas ce que j'espérais pour toi. Je pensais que votre petite aventure serait déjà terminée depuis bien longtemps.
- Tu as tué Daniel sous mes yeux pour mon bien ? Tu m'as fais épouser Léopold pour mon bien ? Tu as fermé les yeux sur le malheur que tu as provoqué dans ma vie, tu as ignoré mes appels au secours et tu t'es détournée de ton rôle de mère il y a des années. Tu crois qu'avoir jeté une Malédiction pour moi suffit à récupérer mon amour et ma confiance ?
- J'ai toujours agis dans ton intérêt ! Tu ne savais pas ce qui était bon pour toi ! Tu méritais, et tu mérites toujours, d'être une Reine. Grâce à moi tu as pu le devenir ! Tu as obtenu plus de pouvoir que n'importe qui aurait pu l'espérer parce que je t'ai poussé à te dépasser.
- Je n'ai jamais voulu devenir Reine ! Jamais !

La tension qui grandissait dans le cœur d'Emma s'accentua à cause de la rage de Regina mais cette fois la jeune femme n'avait aucune envie de la calmer. Elle avait beau ne pas comprendre exactement de quoi parlaient Cora et sa fille mais elle sentait au plus profond d'elle-même qu'il fallait qu'elle écoute jusqu'au bout. Son pouls battait trop vite, sa respiration se faisait trop rapide.

- Tu n'as jamais voulu entendre que je ne désirais rien d'autre que de vivre avec Daniel et me marier avec lui. Je n'avais pas envie de gouverner un royaume ni même d'avoir ces pouvoirs. Tu me terrifiais et la dernière chose que j'aurais souhaité était de les posséder également. Je ne voulais pas devenir comme toi.
- Comment oses-tu me dire ça ? Je ne voulais pas que ma fille devienne l'épouse d'un simple garçon d'écurie ! Tu étais destinée à devenir une Reine et c'est ce que j'ai fais de toi. Et je vois que tu as encore besoin que j'intervienne si j'en crois ta proximité avec cette Emma Swan !

Il y eut un silence pendant lequel Emma cessa de respirer. Sans même s'en rendre compte elle serra les doigts pour stopper le tremblement de ses mains. Elle commençait à se sentir nauséeuse.

- Ne t'approche plus d'Emma, avertit lentement Regina. Tu as tué Daniel et je ne t'ai jamais pardonné pour ça. Mais si tu la touches...
- Je t'ai déjà dis que tu étais la seule à détenir son avenir entre tes mains. Tu avais le choix de lui dire la vérité, de t'éloigner et de la sauver mais tu as préféré lui mentir et nier la raison de son état de santé. Tu crois que personne ne va remarquer ce qui se passe lorsqu'elle gravite autours de toi ? Est-ce qu'elle sait au moins la vérité sur toute cette histoire ? Est-ce qu'elle est au courant qu'elle ne doit sa vie qu'à un concours de chance et à mes pouvoirs ?
- Je ne -
- Est-ce que tu lui as expliqué pourquoi elle ne se rappelle de rien, sa perte de mémoire soudaine ? Non. Tu n'as pas le courage de lui dire que cette réalité n'existe pas car tu as peur de la perdre. Je t'ai toujours dis que l'amour était une faiblesse Regina et tu refuses encore de m'écouter.
- Je ne l'aime pas.

Le ton fut sans appel et Emma sentit son cœur se briser dans sa poitrine. La seule chose qu'elle ne pouvait dire était la véritable raison. Depuis tout ce temps Regina lui mentait...Depuis le début. Depuis la seconde où elle avait repris connaissance à l'hôpital. Elle jouait avec elle, s'amusait de ses sentiments. La brune n'avait jamais été honnête. Tout n'était qu'un mensonge cruel qui glaçait à présent le sang de la jeune femme dans ses veines. Elle avait envie de vomir, de pleurer ou de crier de rage. Elle faillit même éclater de rire tant la détresse qu'elle ressentait à cet instant la submergea. Mais Cora ne semblait pas avoir terminé et pour la première fois depuis très longtemps, Emma eut peur. Terrifiée à l'idée d'en découvrir plus, d'entendre ce qu'elle ne voulait plus apprendre.

- Si tu n'as pas de sentiments pour cette fille alors pourquoi est-elle allongée dans ce lit d'hôpital ? Tu arrives peut-être à lui mentir en la regardant droit dans les yeux mais ce n'est pas le cas avec moi. Une mère sent ces choses. Tu as beau me dire le contraire, cela n'en fait pas la vérité pour autant. Comment penses-tu qu'elle va réagir le jour où elle apprendra la vérité ? Tu crois qu'elle va rester à tes côtés, te pardonner et continuer à t'aimer ?
- Cela n'arrivera pas. Je ferais tout pour qu'elle ne l'apprenne jamais.
- Tu ne vas donc rien lui expliquer ? Sur la Malédiction que toi et moi avons jeté ? Sur son rôle de sauveuse dans la première ? Tu ne vas pas lui parler de ses parents, ni du fait que Henry soit son fils et pas le tien ? Tu me déçois tellement. Il fut un temps où tu ne craignais la réaction de personne.
- Notre conversation s'arrête ici, cracha Regina. Ma place est auprès d'Emma et je compte rester à ses côtés quoi qu'il puisse arriver.
- Laisses-moi te donner un conseil. La vérité finit toujours pas se savoir. Alors tu ferais mieux de tout lui révéler avant qu'elle ne l'apprenne d'une autre manière.
- Je t'ai déjà dis que je ne craignais plus tes menaces. Maintenant excuses-moi.

Le haut-le-cœur fut si violent qu'Emma dû serrer les lèvres pour s'empêcher de vomir. Une sueur froide coulait le long de sa colonne vertébrale et le tremblement se répandait dans tout son corps affaiblit. Son cœur tambourinait avec violence. L'air n'entrait plus dans ses poumons tandis qu'elle tentait vainement de reprendre sa respiration. Elle s'étouffait sans parvenir à inspirer et jeta un coup d'œil paniqué autour d'elle. Mais sa vision devenue floue l'empêchait de voir quoi que ce soit.
Rien n'était réel. Tout n'avait été que mensonges et Regina les gardait précieusement enfermés. Ce n'était qu'une vie inventée. Graham avait raison sur toute la ligne.

- Emma ?

La voix de la brune résonna à ses oreilles. Elle parvint à voir sa mine inquiète mais tendit les mains devant elle. Elle ne voulait pas que cette femme s'approche, ne désirait pas croiser son regard ou entendre ses mensonges. Elle détenait la vérité à propos de tout. Ses parents...Henry. Son...fils ? Elle avait un enfant et ne parvenait pas à s'en souvenir. Son garçon.

- Emma, qu'est-ce que tu as ? Je vais appeler Whale !
- Non !

Sa voix résonna dans la chambre avec puissance et figea immédiatement Regina.

Il fallait qu'elle se calme. Peut-être avait-elle tout simplement mal entendu ? Peut-être que ce n'était qu'une hallucination à cause des médicaments ou de sa maladie ? Oui, ça ne pouvait être que ça. La jeune femme avait besoin de réfléchir, de s'éclaircir les idées et la présence de sa petite-amie à ses côtés l'angoissait.

- Tu es sûre que tout va bien ?

Pourquoi fallait-il qu'elle soit si inquiète à son sujet ? Elle n'avait pas besoin de faire semblant à ce point !

- Oui ça va, je t'assure. J'ai eu une petite crise d'angoisse je crois. Je ne te voyais pas revenir et la présence de...Cora m'oppresse.
- Oh Emma...

Regina s'approcha et la prit dans ses bras avant que son amante n'ait pu réagir. Celle-ci se figea brutalement, le cœur à nouveau au bord des lèvres. Pourtant, étrangement, elle cessa de ressentir quelque chose au moment où l'étreinte débuta. Plus de désespoir, plus de colère. Pas de joie ou de peine. Rien. Seulement le néant absolue.

- Tu devrais t'en aller, annonça-t-elle brusquement. On ne sait pas si cette maladie se transmet.
- Je ne bougerais pas d'ici, c'est hors de question.
- Ce n'était pas une demande.

Les yeux de Regina plongèrent dans les siens. Sans doute se demandait-elle ce qui lui arrivait.

- Je ne veux pas que tu l'attrapes, expliqua Emma en étirant ses lèvres en un sourire concerné. C'est tout.

La brune sembla réfléchir puis finit par accepter à contre-cœur. Elle hésita sur la conduite à tenir puis approcha ses lèvres de sa petite-amie mais celle-ci leva la main en s'éloignant brusquement.

- Qu'est-ce que...
- On ne peut pas non plus s'embrasser. Il ne faudrait pas que tu tombes malade à cause de ça.

Son amante hocha lentement la tête puis dévia ses lèvres sur le front de la blonde pour y déposer un baiser. Mais le contact de sa bouche sur sa peau ne déclencha aucune réaction. Pas le moindre frisson, pas le moindre apaisement. Seulement du dégoût et de la nausée. Il fallait que cette femme s'éloigne d'elle dès à présent.

- Je reviens te chercher ce soir d'accord ? Je fais au plus vite et je te récupère. Tu viens dormir à la maison, je ne veux plus te laisser seule...

La douceur dans ses yeux serra le cœur d'Emma mais ce fut de colère. Comment pouvait-elle la regarder en face et faire comme si tout était normal ? Comme si leur relation n'était pas qu'un immense tissu de mensonges ?

Elle laissa glisser ses doigts sur son visage puis consentit enfin à récupérer ses affaires et à prendre la direction de la sortie, non sans un dernier regard pour sa compagne.

Toujours figée, Emma ne lui accorda pas un sourire. Elle n'en avait pas la force. Elle désirait seulement s'enrouler dans ses couvertures et fermer les yeux. S'endormir pour ne plus penser à rien. Ne pas se réveiller.

Tout s'embrouillait dans son esprit. Tout s'emmêlait ou devenait plus clair, Emma n'aurait su le dire. Cette histoire semblait trop irréelle pour y croire mais pourtant cela devenait une évidence. Cela expliquait tellement de choses...Cet amour pour Henry alors qu'ils n'avaient jamais été proche, le fait qu'elle ait appelé son père en se réveillant ce jour-là à l'hôpital, son absence de souvenirs. Cette attirance soudaine pour Regina...

"Est-ce qu'elle est au courant qu'elle ne doit sa vie qu'à un concours de chance et à mes pouvoirs ?". De quoi parlait Cora ? Qu'entendait-elle derrière cette phrase ?

- Je vois que vous vous posez énormément de questions.

La voix de la mère de Regina ne surprit même pas Emma. Elle ne releva pas la tête, se contentant de garder les yeux dans le vide alors qu'une tempête se déchaînait dans son crâne.

- Vous saviez, comprit-elle. Vous saviez depuis le début que j'entendrais votre conversation, c'est ce que vous espériez. Que j'apprenne la vérité. C'est pour cela que vous avez mal refermé la porte en sortant.
- Il aurait bien fallu que vous l'appreniez un jour ou l'autre, ma chère. Vu votre état, j'ai pensé que la vérité avait besoin d'éclater et que le plus tôt serait le mieux.
- Vous avez manipulé Regina pour qu'elle avoue tout à demi-mots...Toute cette conversation faisait partie de votre plan.

Elle osa enfin lever les yeux vers son ennemie et retint un haut-le-cœur devant la mine éclatante de Cora. Celle-ci avait pris place dans la chaise à droite de son lit et avait posé ses mains jointes sur ses genoux croisés. Son sourire était étincelant tandis que son regard pétillait de joie. La joie de l'avoir vaincu. Le bonheur d'être gagnante de ce jeu. Regina n'avait été qu'un pion sur son échiquier qu'elle bougeait à la moindre de ses envies. Cette femme n'avait pas seulement voulu qu'Emma apprenne la vérité. Elle désirait qu'elle l'entende de la bouche même de la femme qu'elle aimait afin qu'elle se rende pleinement compte de sa trahison.

- Pourquoi...?
- J'aurais pu attendre que votre misérable existence prenne fin grâce au sortilège dont vous êtes prisonnière mais je ne supportais plus de vous voir pavaner avec Regina. Ma fille est tombée amoureuse de vous beaucoup plus rapidement que ce que je n'avais imaginé. Le fait de vous voir dépérir était certes un spectacle plus que plaisant mais je ne suis pas une mère cruelle. Du moins...pas à ce point. Je sais ce que cela vous a fais d'apprendre que toute la vie que vous menez depuis six mois n'est qu'un mensonge. Vous devriez vous estimer heureuse, vous avez ici l'unique opportunité de rester en vie. Il ne vous reste qu'à partir très loin de Storybrooke.
- Cela ne vous fait-il rien de savoir que votre fille va en souffrir ? Ne lui en avez-vous pas assez infliger ? Pourquoi est-ce que son bonheur vous importe-il si peu ?
- Ce n'est pas vous qui ferez son bonheur Miss Swan ! cracha Cora en se redressant sévèrement. Vous ne méritez pas cet honneur, tout comme Regina ne mérite pas de finir avec une personne telle que vous. C'est une reine -
- Vous en avez fais un monstre.

Est-ce qu'elle aurait dû se sentir attristée par le sort de Regina ? De comprendre qu'une fois encore sa mère la manipulait à sa guise ?

Oui, sûrement. Mais elle ne ressentait plus rien. Son cœur était mort, écrasé par les mains de la femme à qui elle l'avait confié.
Cora se leva lentement, le menton relevé, et ficha son regard dans celui de la blonde. Et quand elle plongea dans ses yeux, son sourire s'étira cruellement. Elle venait d'y lire l'abandon d'Emma Swan. Elle venait d'y déchiffrer une âme brisée.

- Je vous avais prévenu de ne pas vous mettre en travers de mon chemin Miss Swan. J'avais le pouvoir de vous détruire. Et Regina vient de le faire pour moi.

Elle s'évapora aussitôt, laissant Emma seule dans la chambre d'hôpital. Ce ne fut qu'à cet instant précis, lorsque le constat de ce que cette discussion venait de provoquer irrémédiablement s'imposa, que la jeune femme laissa une émotion déborder de son cœur assassiné.

Une perle salée brilla sur sa joue. Unique preuve de la destruction d'Emma Swan.


Regina tenta de garder sa concentration, ne penser à rien, mais l'image de sa petite-amie apparut une nouvelle fois à son esprit et le vase posé devant elle explosa brutalement pour arracher un grognement de désapprobation de la part de Rumplestilskin.

- Encore ! intervint-il.

Les leçons qu'il lui prodiguait habituellement pour apprendre à gérer au mieux sa colère se déroulaient plutôt bien. Sa technique était radicalement différente de celle de la Reine et il lui avait conseillé de la laisser s'exprimer à petite dose plutôt que d'en devenir l'esclave au mauvais moment, face aux mauvaises personnes. Il disposait un objet devant Regina et se contentait d'appuyer là où ça faisait mal puis d'observer la noirceur de son élève faire le reste du travail. Les premiers jours, elle avait failli réduire l'appartement d'Archie, toujours disparu, en cendres. Mais plus les semaines avançaient, plus elle se montrait capable de gérer ses sentiments négatifs. Elle devenait à la hauteur des espérances de Gold.

Lui faire confiance n'avait pas été chose aisée mais il avait fini par la convaincre que son unique opportunité pour anéantir Cora était de s'allier avec lui. Une fois qu'il aurait retrouvé la totalité de sa force et de ses pouvoirs, alors ils pourraient ensemble faire en sorte que la sorcière soit arrêtée une fois pour toute. Étrangement, l'intervention de Rumple se révélait vitale dans leur opération. Il était le seul à posséder assez de puissance pour s'opposer à elle et la détruire, libérant par la même occasion Storybrooke de la Malédiction. Mais Regina gardait enfouie au fond d'elle l'infime espoir de pouvoir sauver Emma par la même occasion. Accepter de la perdre était une chose à laquelle elle se refusait et ne céderait jamais. Elle avait passé ces derniers jours à la fuir, mettant cette attitude sur le dos de son travail, et espérait ainsi ralentir l'agonie toujours plus rapide de sa petite-amie. Tout s'était accéléré si brutalement...

- Regina un peu de concentration !

La brune secoua la tête pour sortir de ses pensées et aperçut l'énorme fissure qu'elle venait de provoquer sur le mur.

- Je ne peux pas Rumple, pas aujourd'hui.
- La mort imminente de ta sauveuse n'est pas une excuse ! Je t'ai averti que quelle que ce soit ta décision tu ne pouvais pas la sauver alors cesse de te tourmenter avec ça et concentre-toi sur ce qui mérite de l'être.
- Emma est ma priorité !
- Vaincre Cora est la priorité. Sinon tout ce que nous tentons de faire depuis des semaines n'aura servit à rien. Si tu n'es pas capable de contrôler l'obscurité de ton cœur alors tu ne m'es d'aucune utilité.
- Parce que tu es assez stupide pour croire que je peux balayer son sort d'un revers de main ?
- Ta mère a au moins raison sur une chose, Majesté. L'amour est une faiblesse. Cesse de penser à Emma Swan et accorde ton attention à ce que nous essayons de faire.

C'était au dessus de ses forces, tout simplement. Le Ténébreux n'avait pas hésité à lui faire remarquer sa faiblesse après qu'elle se soit volatilisée subitement dans la matinée pour ne revenir que bien des heures plus tard. Mais son être entier avait réagit lorsqu'elle avait senti que quelque chose arrivait à Emma. Rester éloignée n'était pas une option envisageable et elle avait bien fait car en découvrant le corps de sa petite-amie écroulée sur le sol, Regina avait failli céder à la panique. Cette vision restait claire dans son esprit et elle ne parvenait pas à la chasser, quand bien même elle essayait. Et la discussion qu'elle avait eu avec Cora n'avait rien arrangé.

- Je m'arrête pour aujourd'hui, annonça-t-elle brutalement avant de s'emparer de son manteau. Je dois retourner chercher Emma à l'hôpital.
- Tu -
- Plus un mot ! Je ne veux pas entendre ce que tu as à me dire. Je vais chercher Emma et ensuite je resterai avec elle quelques jours, que ça te plaise ou non. Elle a besoin de moi et Cora ne réduira pas la ville en cendre. Nos leçons peuvent bien attendre une semaine.

Elle ne laissa pas le temps à Rumplestilskin de répliquer qu'elle se matérialisa devant sa voiture, garée au coin de la rue pour ne pas attirer l'attention. Durant tout le trajet jusqu'à l'hôpital, la jeune femme ne put empêcher son cœur de battre à une vitesse folle. Elle ne ressentait plus les émotions d'Emma et cela la paniquait littéralement. Il n'y avait que le vide, un néant qu'elle désirait repousser de toutes ses forces. Elle voulait éprouver la joie de sa compagne, la peur ou la tristesse. N'importe quoi.

Ce fut donc la gorge serrée qu'elle se gara rapidement devant le bâtiment et s'engouffra jusqu'à l'accueil où elle raccrocha férocement le téléphone que tenait l'infirmière et lui ordonna d'une voix sèche de faire appeler le Dr Whale. Terrorisée, l'employée s'exécuta aussitôt, jetant des coups d'œil affolés à la brune. Après une longue minute au téléphone, elle se recroquevilla dans son siège.

- Le Dr Whale est sur une opération, couina l'infirmière. Il ne peut pas vous recevoir.
- Très bien. Donnez-moi les papiers à remplir pour la sortie d'Emma Swan.
- Euh...je...
- Tout de suite !
- C'est que...Je vous prie de m'excuser mais Mademoiselle Swan est sortie il y a plusieurs heures déjà.

Regina se figea. Les doigts qui tenaient le comptoir se crispèrent brusquement. Emma avait déjà quitté l'hôpital ? Non, elle lui avait pourtant dis qu'elle venait la récupérer. Pourquoi la blonde n'en faisait-elle toujours qu'à sa tête ?

Passant l'envie de réduire l'infirmière apeurée au statut de larve insignifiante, la Reine sortit d'un pas précipité et se dépêcha de prendre le volant de sa mercedes pour s'engager sur la route qui menait à l'appartement de sa compagne. Mais après un bon nombre de coups frappés sur la porte et des menaces restées sourdes, elle dû avouer que Emma ne s'y trouvait pas. Cela ne l'aurait sans doute pas paniqué si son état n'était pas aussi grave, et si ses sentiments lui étaient accessibles.

- Où es-tu Emma...?

Elle chercha dans les rues de Storybrooke mais aucune trace de l'épave jaune qui lui servait de voiture. Rien devant le Granny's ni devant la bibliothèque, pas plus que devant l'école de Henry. Regina eut beau tourner pendant un moment, le portable à l'oreille dans l'espoir qu'elle réponde, Emma restait introuvable. Elle choisit donc de vérifier au dernier endroit restant et se dépêcha d'atteindre Mifflin Street.

La jeune femme ne chercha même pas à retenir le soupir de soulagement qui s'échappa de ses lèvres lorsqu'elle reconnut la voiture de son amante devant chez elle. Elle ne pensait qu'à la retrouver, la serrer dans ses bras, crier son inquiétude avant de l'embrasser.

Pourtant, lorsqu'elle passa le seuil de la porte, son sourire disparut aussitôt. Le manoir était étrangement calme. Aucun bruit ne venait briser le silence inhabituel. Emma faisait toujours du bruit lorsqu'elle se trouvait ici.

- Emma ?

Aucune réponse ne lui parvint. Lentement, le cœur battant, Regina fit le tour du rez-de-chaussée, n'épargnant ni la cuisine ni le salon. La blonde restait introuvable.
Son inquiétude grandissait à mesure qu'elle monta les marches de l'escalier. Son ventre se serra d'appréhension. Elle avait peur, elle était terrorisée mais en ignorait la raison.

- Emma ?

Elle s'approcha doucement de sa chambre et poussa avec précaution la porte. Emma était là, assise sur le lit, les bras reposant sur ses genoux et les mains jointes. Son regard inexpressif était fixé sur le mur d'en face et elle ne tourna même pas la tête pour regarder entrer Regina. Elle se contenta de rester dans cette position telle une statue.

Mais ce qui paniqua brutalement la brune fut d'apercevoir le sac posé à ses pieds. Son cœur s'arrêta soudainement et ses yeux s'écarquillèrent.

Un sac remplie des affaires d'Emma.

Elle n'eut à poser aucune question. Elle n'eut à exiger aucune explication car sa petite-amie prit la parole la première, d'une voix tellement lasse que Regina réprima un frisson.

- Je voulais partir avant que tu ne rentres.

La brune ne fit pas un mouvement. Elle n'osait même plus respirer. Tout ce qu'elle pouvait faire était d'admirer le triste tableau que représentait Emma à cet instant.

- J'ai récupéré mes affaires et j'aurais dû être partie d'ici avant que tu ne franchisses le seuil. Je n'ai pas pu. Pourtant ma tête me le crie depuis que je suis arrivée ici mais il faut croire que mon cœur essaie encore de se battre pour toi.
- Emma...Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je n'avais pas imaginé que j'aurais tant d'affaires chez toi en si peu de temps. Mais ça n'a pas pris longtemps pour tout rassembler. Depuis je suis assise ici en me demandant si je devais partir sur le champ ou attendre que tu rentres.

Emma serra légèrement les mains l'une contre l'autre et baissa la tête, ses cheveux blonds cachant à demi son visage pâle.

- Emma je -
- J'ai tout entendu Regina.

Le souffle de Regina se bloqua dans sa poitrine. Son cœur rata un battement. Non, elle ne pouvait pas...Était-ce...Comment...

- Ta mère a mal fermé la porte à l'hôpital. J'ai entendu chacun de vos mots comme si j'étais juste à côté de vous.

Dire qu'elle commençait à paniquer se révélait un doux euphémisme à côté de ce que la jeune femme ressentait vraiment. Jamais une telle peur ne s'était distillée dans son esprit auparavant. La sensation qu'elle ne contrôlait plus rien, que désormais tout lui échappait. Si Emma avait vraiment entendu leur conversation...

- Je peux t'expliquer, tenta-t-elle d'une voix faible.
- Est-ce que c'est la vérité ?

Sa petite-amie releva la tête vers elle. Elle ne pleurait pas, elle ne criait pas. Elle n'avait même pas changé de position. Sa question était la plus simple au monde, mais la réponse de Regina était la plus difficile.

Le silence se fit entendre pendant un temps. Un temps qui parut bien trop court.

- Oui...

Emma ne fut même pas surprise. Elle voulait juste confirmer ce qu'elle savait déjà, l'entendre de la bouche même de Regina.

- Mais je peux t'expliquer, si tu me laisses -
- Ne m'approche pas !

La brune figea immédiatement le pas qu'elle avait entrepris dans sa direction, la main toujours levée. Non, Emma ne pouvait pas se fermer ainsi. Elle avait besoin de lui expliquer, de lui faire comprendre qu'elle n'avait fais tout ça que dans son intérêt.

- Je peux tout te dire Emma...
- Ah oui ? s'étonna la blonde avec une colère nouvelle. Mais je ne vois pas ce qu'il y a de plus à entendre. J'ai entendu ta mère parler de cette malédiction que vous avez jeté. Est-ce que c'est pour ça que je n'ai plus de souvenirs ? D'ailleurs, est-ce que les souvenirs qui me revenaient étaient réels ? Parle-moi de ça !
- Je ne savais pas...Je n'étais pas sûre.
- Tu ne savais pas que cette perte de mémoire n'était qu'un tissu de mensonge ? Que mes souvenirs n'étaient pas vraies ? Que tout n'était qu'une invention ? Dis-moi Regina, qu'est-ce que j'ai fais pour que tu me fasses subir ça ? Est-ce que tu prenais ton pieds à voir ma réaction ? A me voir tomber amoureuse alors que tu ne faisais que me mentir depuis le début ?
- Je ne pouvais pas te laisser mourir ! s'écria subitement Regina, les larmes aux yeux. Ce jour-là...Quand ma mère t'a...quand tu...

Elle ne voulait pas reparler de cet instant, lorsqu'elle avait assisté à son meurtre. Elle avait tenté de tout oublier, de faire comme si rien ne s'était passé mais à présent la vérité souhaitait se faire entendre. Emma l'exigeait.

Alors Regina respira lentement et débuta son histoire. Elle lui raconta leur rencontre, leur affrontement, expliqua la première malédiction et tous les événements qui s'en suivirent. La jeune femme omit d'émettre Henry et ses parents mais tenta malgré tout de rester fidèle à ce qu'elles avaient vraiment vécu. Leur haine teintée de respect, l'aide qu'elles s'étaient apportées. Elle mentionna Rumplestilskin et son rôle dans tout ça.

Sa petite-amie, elle, n'avait toujours pas bougé. Son visage fermé n'exprimait aucune émotion. Elle se contentait d'écouter sans rien dire, sans poser les questions qui méritaient de l'être.

- Tu nous a combattu ce jours-là. Tu t'es opposée à ma mère lorsqu'elle a voulu s'emparer de la dague de Rumple et tu en as payé le prix...Je ne pouvais pas laisser faire ça...
- Qu'est-ce qui est arrivé ?
- Tu as tenté de me défendre. Même alors que je venais de te blesser tu as voulu prendre mon parti face à Cora. Je t'en ai tellement voulu d'avoir fais ça mais en même temps mon cœur s'est remplie de joie. J'avais la véritable preuve que je n'étais pas qu'une méchante reine à tes yeux.
- Je me fiche de ça, coupa froidement Emma. Qu'est-ce qui m'est arrivée ?
- Elle t'a brisé la nuque...

La réponse n'avait été qu'un souffle mais un silence pesant s'installa dans la pièce.

Regina avait envie d'avancer vers la blonde, de prendre sa main dans la sienne et de s'excuser encore et encore, mais elle savait que sa compagne refuserait ce contact. Elle lui avait menti, elle l'avait trahie.

- Si je suis morte, comment puis-je te parler en ce moment ?
- Je ne pouvais pas accepter ta mort. C'était au-dessus de mes forces. Alors j'ai supplié ma mère. Je lui ai juré que si elle trouvait un moyen de te ramener alors je l'aiderais à retrouver Rumplestilskin pour qu'elle s'empare de la dague et -
- Devienne le Ténébreux. Tu as vendu ton âme au diable, tu l'as aidé a inventer une réalité et tu as privé les habitants de Storybrooke de leur vraie vie. Qu'est-ce qu'il va se passer pour moi si la Malédiction est rompue ?
- Emma, je t'en prie...
- Dis-moi !
- Si...Si tout s'arrête, alors nous reviendrons à notre réalité et...et tu...
- Je mourrais. Car dans notre réalité je suis morte.

Emma s'était levée et commençait à marcher lentement dans la chambre, toujours à bonne distance de Regina. Sa peau était encore plus pâle que ce matin à mesure qu'elle assimilait les informations.

- Tu as sacrifié des vies innocentes pour récupérer la mienne. Et au final tout ceci n'a servi à rien. Tu as été égoïste.
- Je l'ai fais pour toi ! Je ne pouvais pas supporter de te perdre !
- Et regarde où nous en sommes ! Tu as préféré m'ensorceler pour que je tombe amoureuse de toi ! C'est ça ? Tu voulais profiter de ton fantasme avant que je ne meurs à nouveau ?
- Un tel sort est impossible, je ne pouvais pas te faire tomber amoureuse. Ce que tu ressens...ce qu'on ressent...c'est réel.
- Tout est basé sur un mensonge Regina.

Pourquoi n'arrivait-elle pas à comprendre que la jeune femme avait fais tout ça pour elle ? Qu'elle préférait une vie inventée plutôt qu'une existence où Emma ne serait plus à ses côtés ?

- Tu as profité de la situation, reprit Emma en se campant devant la brune. Lorsque tu es venue dans ma douche ce jour-là. Tu savais qu'il n'y avait rien entre nous et tu as tiré profit de ce que la Malédiction t'a apporté. J'étais faible et tu le savais.
- Je suis tellement désolée Emma...
- Qui sont mes parents ?

La question déstabilisa Regina qui ne répondit rien. Elle ne la ressentait peut-être pas, mais elle voyait la colère d'Emma déformer chacun de ses traits. Si elle continuait dans son histoire, les conséquences seraient irréversibles.

- Je -
- Mes parents Regina !

- Il s'agit de...Mlle Blanchard et de...David Nolan.

La bouche de la blonde s'entrouvrit. Elle vacilla légèrement mais repoussa sans ménagement la main tendue de Regina.

- Je ne veux pas que tu me touches. Je ne veux pas que tu t'approches de moi.
- Je n'avais pas d'autre choix Emma...
- Bien sûr que tu l'avais ! Dès le premier jour tu aurais pu tout me relever ! Me faire confiance ! Mais au lieu de ça tu m'as menti et tu m'as trompé ! Tu t'es servie de moi et maintenant regarde-moi ! Morte dans une réalité et agonisante dans une autre ! J'ai bien entendu Cora parler de mon état et je suis loin d'être idiote. Enfin j'ai dû l'être pour ne pas avoir remarqué ton manège avant.

Regina voulut prendre la main d'Emma mais celle-ci se libéra furieusement.

- Lâche-moi ! Toutes tes paroles n'ont été qu'un mensonge et tu n'as jamais été honnête avec moi ! Et dire que je t'aimais !

La brune voulait répondre mais aucun son ne sortit de sa gorge. Maintenant que sa compagne laissait exploser sa rage, il lui semblait que tout reprenait sa place initiale. Elles redevenaient des ennemies, la sauveuse et la méchante reine.

- Maman ?

La voix d'Henry, puis une porte qui claque. Elle n'avait pas remarqué que c'était déjà l'heure de son retour à la maison et ravala difficilement ses larmes pour s'adresser à son fils.

- Je suis en haut, chéri.

Pas convainquant, mais ça ferait l'affaire pour l'instant. Les pas du garçon le précipitèrent dans les escaliers et il y eut le bruit sourd d'un sac que l'on jette par terre. Emma, elle, n'avait toujours pas bougé et fusillait son amante du regard.

- Emma est là ? J'ai vu sa voiture en bas !

Il apparut devant elles, la mine rayonnante sûrement du à l'idée de voir Emma. A chaque fois qu'il l'apercevait, il se précipitait dans ses bras avec un sourire éclatant. A chaque fois, sauf aujourd'hui. Lorsqu'il passa la porte de la chambre de sa mère, ses yeux passèrent de l'une à l'autre et son expression s'assombrit. Il n'était pas idiot et se doutait déjà certainement du drame qui se déroulait dans cette pièce même s'il en ignorait les raisons.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il, suspect.
- Rien mon chéri, j'ai juste besoin de parler seule avec Emma quelques instants. Et si tu allais prendre un goûter dans la cuisine ?
- Je veux parler avec Emma.
- Je te rejoins dans la cuisine gamin, répondit la blonde.

Pas un sourire.

Henry sembla vouloir insister un instant puis jugea bon de se raviser et sortit de la pièce. Les deux femmes attendirent qu'il descende les escaliers puis reprirent leur conversation en entendant les bruits dans la cuisine. Leur fils n'avait pas besoin d'être témoin de ça.

- Il sait qu'il est mon fils ?

La question serra le cœur de Regina. Elle osa à peine regarder son amante dans les yeux lorsqu'elle secoua lentement la tête de gauche à droite.

- Mes parents ignorent mon existence, mon fils ne sait pas que je suis sa mère et sortir avec toi m'a condamné à mourir. Je crois qu'il n'y a plus rien à ajouter.
- Attends !

Emma s'empara de son sac et n'accorda pas un regard à Regina lors qu'elle passa à ses côtés pour sortir.

La brune sentait les larmes lui brûler les yeux et son cœur se broyait dans sa poitrine. Son corps entier tremblait, elle n'arrivait même plus à réfléchir correctement.

- Je t'en prie Emma, ne pars pas ! Je suis tellement désolée, j'aurais dû tout te dire dès le début mais...J'avais tellement peur de te perdre. Je voulais que cette malédiction soit notre chance d'être ensemble...J'ai tellement espéré pour ça, j'ai tant attendu.
- Je t'en aurais voulu, mais je t'aurais pardonné, répondit Emma. Je t'aurai pardonné car j'aurais vu que tu me faisais confiance et que tu ne voulais que mon bien. Mais tout ce que tu as fais, tu l'as fais pour toi. Tu ne vaux pas mieux que ta mère.
- Emma...
- Et tu sais le pire dans tout ça ? C'est que maintenant, à cause de tout tes mensonges, tu m'as réellement perdu.

Les larmes roulaient sur ses joues sans que Regina ne cherche à les retenir. Son monde s'écroulait, ses fondations s'affaissaient sans qu'elle ne puisse rien faire pour l'éviter. Et lorsque Emma commença à descendre les marches, la reine sût que rien ne pourrait empêcher son départ.

La jeune femme rejoignit Henry dans la cuisine et sa compagne resta à l'extérieur pour ne pas espionner leur conversation. Elle se doutait de ce que Emma devait être en train de lui dire mais ne pouvait l'envisager. Tout ceci n'était qu'un mauvais rêve; un cauchemar duquel elle n'allait pas tarder à se réveiller. Sa vie ne pouvait se détruire à ce point en aussi peu de temps. Elle avait failli perdre sa sauveuse ce matin, elle ne pouvait pas la perdre ce soir !

Alors quand Emma ressortit de la cuisine sans lui accorder un regard et ouvrit la porte d'entrée, Regina ne réfléchit plus et se précipita à sa suite. Ravagée par le désespoir, le cœur brisé, elle fixa le dos de la femme qu'elle aimait plus que tout s'éloigner d'elle. Un dernier espoir, une dernière tentative.

- Emma ! Je suis désolée ! Je t'en prie, ne pars pas ! Ne m'abandonne pas encore une fois. Ne me laisse pas ici, pas sans toi. Je suis tellement désolée !

Sa voix était rauque à cause des larmes et de sa gorge serrée. Le froid mordait sa peau, le vent la giflait mais elle s'en fichait. Elle ne pouvait détourner son regard du dos d'Emma et se mit à espérer lorsque la jeune femme se figea à ses mots.

Lentement, la blonde tourna légèrement son visage. Glacial, dénué du moindre sentiment, de la moindre émotion. Pas même une larme ou un froncement de sourcils. Rien.

- Je m'en fiche.

Sa phrase atteignit la brune en plein cœur avec tant de violence qu'elle tomba à genoux, une main sur la poitrine. Sa respiration se coupa brutalement, les pleurs redoublèrent sur son visage. Sans un regard en arrière, Emma reprit sa route et disparut en laissant Regina anéantie sur le perron.

Tout était terminé.


Alors, qu'avez-vous penser de ce chapitre...? Je dois m'enfuir c'est ça...? Vous voulez encore me tuer...?

Rah je ne suis pas faite pour écrire des choses guimauves tout rose moi j'aime le DRAMA voilà c'est dit ! Mais bon au moins on ne peut pas dire que je sois sadique là hein ! hein...?

Allez à la semaine prochaine pour le prochain chapitre les gens !