Note des auteurs : Et voici tout de suite la suite du chapitre 5 publié avec beaucoup de retard. Enjoy!
Disclaimer : L'univers de Supernatural et tous ses personnages ne nous appartiennent malheureusement pas.
Chapitre 5 :
Skyzo (Deuxième partie)
Le réveil fut brutal. Une main la secouait. Marine émergea difficilement. La personne lui rappelait quelqu'un. Qui? Il commença à parler d'un ton mielleux et sarcastique. Les mots étaient certainement destinés à la blesser, à la tourmenter. Mais, tellement dans les vapes, elle ne put en retenir un mot et se rendormit dès que le démon sortit.
La notion des jours avait disparue. Les démons venaient de manière régulière, mais à chaque fois, c'est comme si un voile empêchait la déchirure de son âme. Et à chaque fois, elle retombait dans un lourd sommeil.
Après ce qui lui sembla être plusieurs jours de ce drôle de manège, elle se réveilla d'elle-même, presque en sursaut, parce que justement aucune main n'était venue la secouer. Et il y avait...un courant d'air.
Marine n'ouvrit pas les yeux sur le mur contre lequel elle s'était recroquevillée. A quelques centimètres d'elle s'ouvrait le vide. Elle roula sur le côté jusqu'au centre de la cellule, se releva. Les murs couverts de mousse avaient disparus. A la place s'ouvrait le vide. Certes, la vue était superbe pour qui appréciait l'altitude. Pour qui appréciait l'altitude.
- Bah voilà. VOILA où tes conneries nous ont encore menées. Rah bordel. Combiiiiieeeeen de fois t'ai-je... Roh bordel.
Ainsi parla la conscience de Marine.
- Tiens, je me demandais combien de temps il faudrait pour que je devienne suffisamment tarée et que tu te matérialises. Classe, d'ailleurs.
- Ce costume m'a coûté assez cher pour que j'ai au moins l'air classe.
- Mais...avec quel argent?
- De l'argent de conscience. Les actes pesant sur ta conscience génèrent un revenu. Autant te dire que j'ai pas eu à économiser longtemps.
- Eh bien pourquoi te plains-tu sans cesse, alors? P'tit con, vas.
- Crétine. Parce que ce costume me pèse quand même. Tu as des trucs qui te pèsent sur la conscience.
- …
- Nan, t'inquiète, c'était une blague de conscience.
Marine jaugea un instant sa conscience, un gars bâti comme Hitman, en costume trois pièces noir mais avec des cheveux (la conscience, pas le costume). Elle voulu s'asseoir contre un mur, mais le vide la figeait sur place.
- Et sinon...hem...tu voudrais pas être utile, pour une fois, par hasard? Du genre comment on sort d'ici? Ou au moins comment on supprime l'effet vertige-à-vomir?
- Pour une fois? Non mais je rêve! Chaque fois c'est pareil. C'est comme la fois où...
- C'est bon! C'est bon, ok?
Cela faisait moins de cinq minutes que sa conscience s'était matérialisée, et déjà il était casse-couilles. L'Enfer réussirait presque son coup, dites donc.
- Non, rien n'est bon! J'ai été engagé pour te servir de conscience. Déjà, tu ne m'écoutes pas, tu me rabaisse et m'humilie dès que tu peux et..
- Parce que c'est drôle.
- … Et alors que certains corrompent leur conscience pour être en paix avec elle, tu préfères quasiment me lancer des pierres.
- Des cailloux.
La conscience soupira, leva les yeux au ciel et s'alluma un cigarillo en chocolat.
- Je n'ai aucun pouvoir, ici. Aucun de manière générale, d'ailleurs. Je suis ta CONSCIENCE, amas de principes et règles pré-établies par le bon sens et les siècles de civilisations. Jiminy Cricket n'a aucun pouvoir, c'est la fée qui fait tout le sale boulot.
- Donc...il nous faut une fée. Et donc tu es inutile. Encore. Ne lève pas les yeux au ciel, c'est malpoli. Pourquoi tu t'es matérialisé, d'ailleurs, si tu ne peux rien pour moi?
- Pour te tenir compagnie, figures-toi.
- J'ai déjà été très seule et tu ne t'es jamais manifesté.
- Parce que tu n'étais jamais vraiment seule. Le principe de l'isolement infernal, c'est d'être parfaitement seul. Face à soi-même. Jusqu'à ce que la folie survienne, que ton cerveau explose ou que tu sautes dans le vide et que tout recommence, car tu es morte et ne peux re-mourir. Les variantes de Prométhée, c'est comme les cupcakes : elles sont infinies.
oOo
- Caligula? Yorrick? Qu'est-ce que vous foutez là? Nan, vous êtes des démons, pas vrai? Venus pour me tourmenter avec mes propres déficiences mentales jusqu'à ce que la folie m'emporte, tout ça, tout ça?
- Tu sais que tu es flippante à avoir l'air aussi excitée quand tu dis un truc pareil?
- Moi j'aime bien.
- Non exhorta, Yorrick. Si les démons savaient ce qu'il se passe dans ta caboche, ils ne prendraient pas la peine de t'enfermer. Ils savent déjà bien que l'isolement fait passer les saints d'esprit à l'état de légumes. Même pas besoin de se fatiguer, l'esprit est malade par nature et se salit lui-même les mains.
- T'en sais des choses, dis donc. Je devrais venir te voir plus souvent dans tes cartons, sale nerd.
Caligula entama un mouvement violent avec sa tablette en marbre vers le crâne de Yorrick.
- Eh, mais il en manque pas un? fit Ophélie, empêchant les murs de se faire encore tâcher de sang. Je croyais que vous étiez plus nombreux.
- Faut voir le bordel qu'on met, en même temps, s'esclaffa Yorrick.
- Que TU mets, fustigea Caligula. Bah non, on est tous là, même Conscience est de la partie.
Il désigna d'un mouvement de tablette le coin le plus sombre de la cellule. Une petite chose chétive à peine vêtue de guenilles s'y tenait, recroquevillée face au mur.
- Elle a pas tenu le coup au passage de Bacchus.
A ce nom, le petite chose frémit et se mit à sangloter. Ophélie resta un moment ahurie sur l'état de cette partie d'elle-même, se demandant s'il était déplacé de câliner sa conscience pour la rassurer.
- T'héberge vraiment des trucs hardcore, quand même, lâcha Yorrick. Entre ça et le séjour de Bacchus...
Caligula ricana de derrière sa tablette en lançant un regard qu'il voulait certainement sarcastique à Yorrick. Mais, entre nous, ça lui donnait un air encore plus taré.
