Note des auteurs : «En lieu et place de lire les clauses du contrat infernal, les donzelles ne firent qu'"accepter les termes du contrat de licence et règles de confidentialité". C'est ainsi qu'Ophélie se retrouva à mi-temps à servir de porte-manteau/assignée au vestiaire au donjon (pas au sens médiéval, non) du roi de l'Enfer, et Marine à la formation des nouveaux démons. En sortit la génération la plus traumatisée de notre ère. Mais aussi, en conséquence, la plus machiavélique.» Enjoy!

Note des auteurs 2.0 : Vous devez vous demander pourquoi en l'espace de trois jours deux chapitres sont sortis? Non, vous ne vous posez pas la question? Tant pis, on vous fournira quand même la réponse. C'est une histoire toute bête. En fait, ce sont trois nains et un elfe dans un bateau ... Ah, mauvais script! Tout simplement parce que le chapitre 5 est à l'origine en une seule et unique partie et qu'il s'avère que les deux morceaux du chapitre auraient dû être publiés à peu près en même temps. Cependant, dû à une faille spatio-temporelle impliquant une cabine téléphonique, un retourneur de temps et trois grains de riz, il n'a pas pu être publié à temps. Avec toutes nos excuses.

Disclaimer : L'univers de Supernatural et tous ses personnages ne nous appartiennent malheureusement pas.

Chapitre 6 :

La convocation de Crowley

- Alors, les enfants, si je vous ai convoquées dans mon bureau -j'espère déjà que vous mesurez l'effort que je fais pour ne pas vous tuer une seconde fois, en plus du privilège du temps précieux que je vous accorde- c'est avant tout pour vous calmer. Nous sommes en Enfer. Mon Enfer. C'est pas Wall Street, ici. Et je suis le roi de l'Enfer. Maintenant, même les plus anciens et les plus puissants démons me respectent. Certains me traitent encore de «bureaucrate», mais jamais l'Enfer n'a si bien tourné depuis que j'en suis la tête.

Crowley s'interrompit un instant, dégusta une gorgée de son excellent Scotch. Il pesait chacun de ses mots. A vrai dire, il adorait se mettre en scène. Et s'écouter parler. Soigner son effet.

- Mais je dois avouer que, pour des mortes, vous m'avez donné du fil à retordre. Pas autant que le zoo Winchester, mais quand même. Mon vrai problème est que je ne peux vous envoyer dans les meilleurs cercles de l'Enfer, vos âmes ne sont pas assez corrompues. Pas encore. Je trouverais volontiers de quoi tordre vos petites âmes insignifiantes -ce ne sont pas les vices qui manquent, ni ma connaissance en la matière-, mais ...

- Vous auriez pas des boulons avec vos vices, par hasard? postillonna Marine, la bouche pleine de muffins.

- ... mais j'ai d'autres sorcières à fouetter, voyez-vous.

Le pauvre était vraiment consterné. Ces saloperies devaient être calmées, ou au moins sous sa coupe pour les contrôler un minimum. Il retint un soupir.

- La plupart de ces sous-fifres sont soit des grosses brutes stupides, soit des secrétaires de bas étages. Pour tout vous dire, corrompre une âme, c'est comme la torture, voyez-vous. Faire craquer le système central d'une créature, quelle qu'elle soit, relève plus de l'art que de la technique pure. Je ne peux donc même pas laisser un plan et des instructions et être sûr que le travail soit fait correctement. Dans quel monde meurt-on, vraiment? Il faut dire aussi que vous êtes mal foutues au départ. Sérieusement. Vous êtes tordues, mais pas dans le sens où vous iriez tuer, profaner à tour de bras ou passer des pactes aux croisements. Entre nous, vous devriez essayer, ça m'aiderait drôlement.

Il porta le verre à ses lèvres. Ce qu'il s'apprêtait à faire était peu orthodoxe, même comparé à tous les contournements de traditions qu'il avait effectués jusque là. Ce qui l'exaspérait le plus, c'était de devoir le faire pour que ces gamines arrêtent de lui pourrir ses journées. Même les gardiens de cellules se plaignaient. Quel imbécile avait instauré des quotas à l'entrée du Paradis?

Crowley voulait juste les regarder brûler.

Il ravala difficilement ce qui lui restait de fierté depuis qu'il avait accepté cette idée stupide. Son idée. Tss.

- Cependant... Cependant, cependant... Je ne peux me résoudre à vous abîmer.

Crowley surprit le regard qu'échangèrent les démons gardant la porte de son bureau.

- Certes, du mal a déjà été fait. Vous n'y avez pas été sensibles, tant ...mieux ... Vous êtes deux cauchemars ambulants. Vous êtes douées. Je me suis rendu compte qu'il serait dommage de risquer un tel talent par de la corruption. Je veux vous avoir sous le coude. Vous pourrissez l'après-vie des damnés et faites chanceler la santé mentale de mes démons.

- Vous voulez que l'on travaille pour vous? s'étonna Marine entre deux gobages de muffins.

- Travailler est un bien grand mot. Ici le tripalium serait pour les autres, le plaisir mesquin pour vous.

- Mh pervers. Et tentant, remarqua Ophélie. Salaire?

- Vous êtes mortes donc sans besoins, et seriez sous les ordres directs et prestigieux du roi de l'Enfer...

- Risque de damnation?

- A moins que vous n'usiez de tortures physiques, corporelles ou psychologiques reconnues comme telles par le De damnatio...

- Des exigences particulières?

- Que vous enfiliez autre chose que ce foutu pyjama.

- Muffins? demanda Marine, les yeux pleins d'étoiles.

- Illimités.

Les comparses hochèrent la tête.

- Ça me semble...correct.

- Correct? s'insurgea froidement Crowley. Je n'ai jamais passé de pacte aussi honnête. Je ne récupère même pas vos âmes!

- Eh, oh, ça va, hein. «Honnête», faut pas déconner non plus. On a compris qui vous étiez, mon cher.

- Nous allons y réfléchir, conclut Marine.

- Sérieusement, approuva Ophélie.

- Sinon, ils sont bons vos muffins.

- Oui, oui, merci, fit Crowley en agitant la main comme pour chasser une mouche. Dépêchez-vous de réfléchir ou déguerpissez et revenez plus tard, j'ai d'autres...trucs à fouetter.

- Ils sont vraiment très bon vos muffins, continua Marine.

- …

- Vous auriez pas d'autres muffins pour nous aider à réfléchir, à tout hasard?

Crowley sentit d'un coup que l'éternité allait être longue avec ces deux-là. Vraiment longue.

Imi : Merci pour ta review qui, comme tu t'en doutes, nous a fait extrêmement plaisir. En espérant que la suite te convienne et que tu ne nous en voudras pas trop (surtout que tu ne nous en voudras pas trop).