Hello ! Voici le nouveau chapitre de cette fic ! J'espère qu'il vous plaira, j'ai bien aimé l'écrire celui-là, même s'il n'y a pas des masses de dialogue !
Bonne lecture à vous !
Diclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Rappel/Note : Elizabeth Kirkland est Britannia, Cymru est Pays de Galles et Alister est Ecosse.
Arthur soupira, sur le lit d'infirmerie. Il était assis, le dos calé contre un coussin, sa cheville et sa jambe lui faisant un mal de chien. Les allées et venues des infirmières l'avait fatigué et il n'aimait pas que l'on s'inquiète de trop pour lui. Physiquement, mis à part la douleur... il allait bien.
C'était tout le reste qui n'allait pas.
Le jeune homme avait eu beau essayer de faire croire aux deux lycéens que la page qu'il lisait s'était ouverte par erreur, ils avaient réussi à le coincer. Ils avaient appelé le pire cafteur du lycée dans le but de lui dire qu'Arthur était gay, puisque selon ses dires, il s'en foutait puisque ce n'était pas vrai.
Avant que le garçon en question n'arrive devant eux, il avait craqué, tétanisé, et avait avoué.
Il s'était pris lui-même dans un engrenage douloureux, où s'il ne voulait pas que son secret soit dévoilé au lycée tout entier ou qu'il ne se fasse passer à tabac, il devait faire ce que les deux autres voulaient.
Pour être bien certains qu'il avait compris la nature de la menace, l'un des deux lui avait fait un croche-pied dans les escaliers, qu'il avait dévalé. Arthur préférait relativiser en se disant que ses blessures n'étaient pas vraiment graves. Une infirmière avait posé un pack de glace contre sa cheville et appliqué une pommade sur son poignet.
Alors que le lycéen se demandait si on allait le laisser repartir en cours ou non après la fin de son heure de permanence, la porte de la pièce s'ouvrit sur Cymru et Francis.
Le premier se précipita à son chevet, un air très inquiet sur son visage.
-Comment tu vas ? C'est grave ? Tu t'es fait très mal ? Comment est-ce que tu es tombé ? débita son frère à toute vitesse.
-Hey, keep calm ! l'enjoignit Arthur. C'est pas grave, l'infirmière a dit que j'aurais plus du tout mal dans quelques jours. Et j'ai... juste trébuché.
Il se força à regarder son aîné dans les yeux en mentant, sans rougir. Cymru sembla soulagé et se laissa tomber sur la chaise à côté du lit.
-Je te jure, quel maladroit ! râla-t-il.
-Tu es sûr que tout va bien, Arthur ? demanda alors Francis en fronçant les sourcils.
Arthur acquiesça en s'efforçant de garder son regard sur son frère. Mentir à sa famille était bien plus facile que de proférer un mensonge en fixant les yeux bleus de Francis.
-C'est pas grand chose, je vous assure. Désolé de vous avoir inquiétés...
Le brun posa sa main sur la chevelure emmêlée de son petit frère et s'appliqua à l'ébouriffer encore plus avec un petit sourire.
-Attends que je dise ça à maman, là tu vas être désolé de l'avoir inquiétée !
Arthur gonfla un peu ses joues, boudeur. Elizabeth Kirkland allait certainement insister pour qu'il revienne à la maison jusqu'à ce qu'il soit rétabli. D'un côté il aurait pu être tranquille chez lui, et se reposer loin de ses soucis, mais ce serait également un signe de faiblesse. S'il continuait à aller en cours, en marchant normalement malgré la douleur, peut-être que ses deux bourreaux l'enquiquineraient moins. Du moins, c'était ce qu'il espérait.
-Je lui dirai ce week-end ! Je vais pas rentrer à la maison alors qu'il reste plus que demain avant le week-end ! s'exclama Arthur.
-Ça te ferait un jour de week-end en plus, justement, argua Francis qui voulait que le petit blond se repose.
Arthur soupira.
-On a un contrôle demain, lui rappela-t-il. J'ai aucune envie d'avoir à le rattraper alors que j'ai révisé !
Francis et Cymru finirent par s'avouer vaincus, mais l'infirmière décida de garder Arthur pour la fin de la journée, afin que sa cheville se repose. L'Anglais accepta et son frère promit de venir le chercher à la fin des cours pour l'aider à remonter dans le dortoir. Francis, quant à lui, comptait lui prendre ses devoirs et cours qui lui restaient. Son frère envisagea même de sécher pour lui tenir compagnie, mais Arthur feint d'être épuisé, et ils s'en allèrent tous deux.
La fin de la journée allait être longue, mais le blond avait besoin de se concentrer sur ses pensées.
Il était dans les ennuis jusqu'au cou à cause des deux lycéens. Il ne voulait pas se laisser marcher complètement sur les pieds, bien qu'il ne soit pas en position de force, et il allait devoir avoir quelques coups d'avance sur eux, des excuses inventées, et surtout, ne jamais rester trop loin de ses amis.
Ils allaient bien finir par se lasser et trouver une autre victime...
oOoOoOo
Un peu plus d'une semaine avait passé depuis qu'Arthur était tombé dans les escaliers. Jamais le jeune lycéen n'aurait pu penser qu'un état mental puisse dégringoler à ce point-là en aussi peu de temps.
Les deux lycéens, Julien et Baptiste, étaient toujours là où il ne les attendait pas. Ils le coinçaient dans le dortoir, à l'extérieur du lycée quand il allait acheter de la nourriture, etc. Ils avaient commencé par lui extorquer son argent. Arthur se sentait mal de voir l'argent que ses parents gagnaient aller dans les mains de ces deux-là.
Il y avait les insultes aussi. Prononcées à voix basse, mais qu'il entendait très bien. À chaque fois, Arthur serrait les dents en se retenant de répliquer. Le pire était quand ils insultaient son grand frère.
Ils se servaient du peu qu'ils connaissaient de leur « camarade de classe » pour faire enrager Arthur.
Cependant, l'Anglais se taisait toujours, en se répétant inlassablement que lui savait bien que Cymru n'était pas comme ils le prétendaient et que ce-dernier se fichait totalement de ce que l'on pouvait bien dire dans son dos.
Les deux garçons s'amusaient aussi à le faire trébucher dans les couloirs, à le pousser contre les casiers, à le bousculer dans le self quand il y avait beaucoup de monde pour faire tomber son plateau… C'était une multitude de petites choses qui minaient de plus en plus le Britannique.
À la fin de la semaine, ils avaient commencé à lui envoyer leurs devoirs d'anglais et d'une de leurs matières littéraires pour le forcer à les faire. Déjà qu'Arthur avait beaucoup de travail, mais en plus, bosser sur des sujets d'un niveau plus élevé que le sien… il était obligé de travailler en plus la nuit.
Et à l'intérieur de son crâne, c'était l'enfer. Le lycéen détestait l'idée d'être pieds et poings liés devant ces deux-là, devant quiconque. Il n'avait jamais été du genre à se laisser faire, mais sa peur le tenaillait. Si ces deux-là lui faisaient subir tout ça parce qu'il aimait les hommes, pourquoi d'autres ne le feraient pas si cela venait à se savoir ? Arthur ne pourrait pas supporter ce harcèlement continu venant d'un plus grand nombre d'élèves encore. Alors même s'il se détestait de faire cela, il se taisait, faisait bonne figure devant ses frères, ses amis. Jouer la comédie et faire semblant que tout allait bien était bien trop facile. Combien de personnes avaient pu faire ça avant lui, combien le feraient, et dont on ne saurait jamais qu'elles souffraient ?
Le blond secoua sa tête pour refouler tout ça au fond de lui. C'était le week-end. Il avait promis à Francis de passer du temps avec lui. Il ne fallait surtout pas gâcher cela en tirant la tête.
Laissant de côté son ordinateur, qu'il fixait sans le voir depuis quelques minutes, Arthur se leva avant d'aller essayer d'aplatir un peu sa chevelure rebelle devant son miroir. En vain.
Avant de sortir de sa chambre, il troqua son vieux jean troué/rapiécé à chaîne et clous de punk et son t-shirt blanc déchiré par endroit et personnalisé à la peinture lors d'un festival par un jean simple, noir, et une chemise blanche à manche courte.
Puis, il traversa sa maison en clamant qu'il allait chez son voisin, ignorant la remarque moqueuse d'Alister qui lui disait de penser à se protéger.
Francis vint rapidement lui ouvrir la porte avec un large sourire, qui eut pour effet de faire rosir les joues d'Arthur.
-Bonjour Thutur ! s'exclama-t-il.
Arthur ouvrit la bouche pour protester, puis la referma et se contenta de le fusiller du regard. Francis rigola et le fit entrer dans la maison.
-Tu veux faire quoi ? demanda le Français.
-Je sais pas trop… on pourrait aller se balader dans le village nan ? Ou à l'extérieur.
-Bonne idée. J'ai repéré un nouveau coin assez joli il n'y a pas longtemps !
Arthur accepta de l'y suivre et Francis attrapa des muffins à la myrtille dans la cuisine, laissa un petit mot à sa mère sur la table et sortit après avoir pris une sacoche pour y mettre les gâteaux et une bouteille d'eau.
L'Anglais en profita pour le détailler discrètement. Lui aussi avait une chemise blanche, mais aux manches remontées, et un jean bleu foncé qui le mettait très bien en valeur. Un ruban bleu tout simple retenant ses cheveux complétait le tout. Le plus jeune soupira discrètement. Francis accordait un certain intérêt à son apparence car il aimait plaire, mais il était à peu près certain que son ami ne faisait pas exprès d'être aussi classe et élégant sans avoir besoin de beaucoup.
Les mains dans les poches, Arthur suivit Francis dans le village.
-C'est trop tard pour que tu retournes chercher ta guitare ? déclara soudain le plus grand. Ça fait longtemps que je n'ai pas entendu jouer !
-O-oh, euh… je peux aller la chercher si tu veux ! sourit Arthur, un peu hésitant. Je reviens !
L'Anglais tapa un petit sprint jusqu'à sa maison et attrapa sa guitare dans sa housse, puis repartit en ignorant Alister qui se moquait en lui demandant s'il avait oublié de quoi se protéger. Il rejoignit enfin Francis là où il l'avait laissé, un peu essoufflé.
-Ce n'était pas la peine de te presser autant tu sais ! soupira son ami. On est pas pressés, on a toute l'après-midi !
Arthur se retint de dire qu'il avait envie de profiter au maximum de la proximité de Francis. Les week-end étaient en train de devenir leurs moments où ils étaient rien que tous les deux. Des moments spéciaux, volés, qui faisaient beaucoup de bien à Arthur. Quand il était avec Francis, le lycéen oubliait tous ses soucis, ses peurs, et le reste. Il profitait de l'instant présent et était heureux. Alors il comptait bien en profiter à fond. Arthur était certain que cela seul l'aiderait à tenir et à rester fort. L'énergie positive de Francis lui redonnait du courage et de la confiance en lui.
Ainsi, les deux garçons empruntèrent un chemin forestier un peu à l'extérieur de leur village. Francis faisait l'essentiel de la conversation mais cela ne le gênait pas outre-mesure, Arthur avait toujours été un peu plus taciturne que lui, et il dialoguait tout de même volontiers avec lui.
Ils parlaient de tout et de rien, mais surtout pas du lycée. Ils avaient pas mal de goûts en commun et en profitaient.
Arthur racontait les dernières frasques d'Alfred tandis que Francis lui parlaient des bêtises qu'il faisait avec ses deux meilleurs amis, dans les dortoirs. Leurs rires devaient s'entendre à plusieurs kilomètres mais ils s'en fichaient.
Bien vite, Francis guida son ami à l'endroit dont il parlait : en traversant un pont en bois caché derrière des fourrés et en marchant une ou deux minutes, ils tombèrent sur une petite cascade qui glougloutait paisiblement, des rochers plats la surplombant. Quelques fleurs égayaient le tableau bien que Francis assura qu'en plein été, c'était bien plus joli.
Arthur adora tout de suite l'endroit et se posa avec sa guitare pour improviser une chanson.
Francis s'assit face à lui en souriant, écoutant la voix très agréable d'Arthur, impressionné par ses doigts qui virevoltaient sur les cordes.
Quand Arthur finit de jouer et de chanter, ils restèrent silencieux quelques instants pour préserver l'unicité de l'instant.
Francis finit par sortir les gâteaux et l'eau de son sac pour qu'ils les mangent en papotant tranquillement. Arthur raconta les dernières frasques de Cymru, qui méritait bien qu'on écrive des livres à son sujet tellement ses bêtises étaient exceptionnelles -il avait mis une pomme de terre dans le pot d'échappement du scooter d'un garçon qu'il détestait, l'explosion avait fait un bruit très intéressant-, puis Francis, inspiré par les cordes que grattait distraitement Arthur, sortit un papier de sa sacoche pour le lui tendre.
Le blond aux yeux verts regarda la feuille d'un air interloqué, s'interrompant dans ses gestes.
-Qu'est-ce que c'est ? questionna-t-il.
-Un papier que j'ai pris à la vie scolaire, répondit-il. Je pense que ça pourrait peut-être t'intéresser !
Arthur posa sa fidèle guitare acoustique à côté de lui et saisit la feuille de papier glacé entre ses doigts.
-Un concert de rock ?! s'exclama Arthur. Ils veulent vraiment faire ça au lycée ? Comment ça se fait ?
-Je crois que c'est une demande de plusieurs élèves ! Tu sais qu'il y a eu un concert de musique électro l'année dernière, et autres trucs qui passent pas mal à la radio… eh bien cette année, c'est du rock, et ils demandent des participants ! Il y aura une audition, je pensais que tu voudrais peut-être y participer !
Francis sut qu'il avait eu une bonne idée en voyant les yeux d'Arthur s'illuminer.
Arthur rêvait de jouer sur une scène depuis tout petit. Il ne voulait plus devenir une rock star comme c'était le cas auparavant, préférant devenir écrivain, si possible, mais jouer devant un public au moins une fois était un objectif qui ne l'avait pas quitté. Il adorait jouer de la guitare et chanter, s'il pouvait faire l'un des deux, voire les deux en même temps -après tout pourquoi pas !- il serait parfaitement comblé.
-Merci Francis ! Je vais tout faire pour être sélectionné ! s'exclama-t-il. Merci, merci, merci ! J'aurais jamais vu ça si tu me l'avais pas filé !
Sur ce, il s'empressa de prendre le Français dans ses bras, envoyant se faire voir ses rougissements et son cœur battant trop fort.
Francis rougit avant de sourire.
Si Arthur était heureux, alors il l'était aussi. De plus, il était absolument certain que l'Anglais avait toutes ses chances d'y arriver !
Désormais, il avait hâte que ce concert prévu pour la veille des vacances de Noël arrive.
Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plus ! A la prochaine, n'hésitez pas à commenter, Arthur viendra vous chanter une chanson en récompense (ou Francis vous faire des gâteaux, ou les deux tant qu'à faire) ! :p
