Blabla de début de chapitre : Bon, visiblement, ma méthode de d'abord finir cette fic avant de continuer celle sur Ivan et Alfred fonctionne, puisque ça ne fait qu'une semaine que j'ai publié le chapitre précédent. Espérons que ça dure ! :D

J'espère que vous profitez bien tous de ce début de vacances, courage à ceux qui n'en ont pas pour des raisons diverses et variées. Et pour ceux qui ont passé leurs partiels : vous pouvez enfin souffler ! J'espère que ça s'est bien passé pour vous !

Bien, alors, aujourd'hui, chapitre familial. En effet, c'est un huis-clos entre toute la famille Kirkland ! J'espère que ça vous plaira !

Bonne lecture à tous !

Personnages : Arthur Kirkland/Angleterre | Cymru Kirkland/Pays de Galles | Elwyn Kirkland/Irlande | Alister Kirkland/Écosse | Elizabeth Kirkland/Britannia | Herbert Kirkland/Hibernia


Chapitre 11

Cymru avait exposé sa théorie à ses parents et à ses deux aînés. Lorsqu'il l'avait fait, alors qu'Arthur était dehors en train de se balader, un silence de plomb était tombé sur sa famille. Tout le monde l'avait regardé d'un air choqué et extrêmement douloureux.

Arthur ? Se droguer ? Impossible.

-T-tu dois te tromper, Cym... avait réagit Elizabeth, la voix tremblante, serrant fort la main de son mari.

-C'est possible, oui... souffla le brun. Mais c'est une possibilité qu'on ne doit pas ignorer... sincèrement, j'espère me tromper, mais les symptômes concordent... puis il y a cette nouvelle, qu'il écrit, où le héros se drogue et qui lui ressemble vraiment beaucoup...

Herbert s'était approché de son fils, l'air vulnérable, malgré ses deux mètres et demi.

-Ça ne veut pas forcément dire grand chose... les auteurs mettent toujours un minimum d'eux-mêmes dans leurs personnages... et tu as raison, ce n'est pas impossible, mais il vaut mieux ne pas affirmer ça sans être sûrs...

-On... on devrait peut-être lui en parler ? demanda Elwyn en se tournant vers Alister, qui avait passé un bras autour de ses épaules à l'annonce de la nouvelle.

-Peut-être... marmonna l'aîné. Il niera que ce soit vrai ou faux, mais j'pense que selon sa réaction, on saura si c'est vrai ou pas...

Elizabeth acquiesça, et se mordit les lèvres. Son mari la serra contre lui, pour la réconforter et la rassurer, autant que pour se rassurer lui-même.

Ils avaient quatre garçons qu'ils aimaient énormément, et dont le bonheur importait plus que tout.

Si leur plus jeune fils avait plongé dans de telles extrémités, ils auraient l'impression d'avoir complètement raté quelque chose dans sa vie, et d'être de mauvais parents.

Voyant leur réaction, leurs autres fils vinrent leur faire un câlin.

-E-eh... j-je suis désolé... souffla Cymru.

La grosse main de son père vint caresser doucement ses cheveux.

-Ne t'excuse pas, bonhomme... c'est peut-être faux, mais quoiqu'il en soit, je pense que nous sommes tous d'accord pour dire qu'Arthur va très mal si on commence à le supposer drogué. Et il est plus que temps de réagir contre ça...

Ses trois enfants acquiescèrent, tandis qu'Elizabeth, d'habitude si forte et assurée, semblait ployer sous le poids de la douleur inconnue d'Arthur. Elle savait bien qu'il allait mal. Cela se voyait.

Elle aurait tellement aimé que tout soit plus facile pour lui... car elle était persuadée que, d'une façon ou d'une autre, c'était lié à sa découverte récente quant à son homosexualité.

Il avait, de toutes façons, très certainement trop tout gardé pour lui...

-On va attendre qu'il rentre, fit-elle d'une voix plus maîtrisée. Et nous allons lui parler. Tous les cinq. Nous sommes ses parents et vous êtes ses grands frères, nous sommes tous concernés, et je ne veux pas que nous le laissions se détruire, que ce soit par la drogue... ou juste en dissimulant tout ce qui ne va pas.

Les cinq Kirkland se mirent d'accord. L'ambiance était soudainement bien moins joyeuse qu'à l'accoutumée, plus pesante.

Elizabeth et Herbert se passaient et repassaient l'information dans leurs têtes. Ils ne voulaient pas imaginer une seule seconde qu'un de leurs fils puisse se droguer.

Certes, Alister et Arthur fumaient tous deux, mais n'en faisaient pas une consommation excessive. Et ils aimaient tous les quatre boire, mais ils connaissaient leurs limites, qu'ils ne dépassaient pas. C'étaient des garçons raisonnables malgré les apparences, alors que cette possibilité existe... non, c'était beaucoup trop pour eux. C'était trop grave, trop... trop.

L'atmosphère pesante augmenta d'un cran lorsque la porte d'entrée s'ouvrit et que la voix du benjamin de la famille retentit entre les murs silencieux de la maison.

-I'm home !

Le jeune garçon fut surpris de ne recevoir aucune réponse, et capta aussitôt une certaine tension. Un peu anxieux, il se débarrassa de son manteau, qu'il accrocha à la patère.

Dans le salon, ses frères et ses parents ne savaient pas quoi dire, et se contentèrent d'attendre, plus inquiet encore que le petit blond. Ils avaient attendu un bon moment que le jeune homme rentre. C'était toujours ainsi, quand on attendait une réponse à une horrible question. Le temps s'écoulant entre la prise de conscience et le moment où l'on pouvait enfin avoir la réponse semblait toujours atrocement long, quoi qu'il en fut en réalité.

Arthur fut surpris de voir ses frères aînés assis sur le canapé, l'air grave, et ses parents derrière, le visage à l'image de ceux de leurs fils.

Soudainement angoissé sans savoir pourquoi, il sut toutefois qu'il aurait bien aimé se trouver partout ailleurs... sauf ici.

-H-hi... fit-il doucement. J-je... qu-qu'est-ce qu'il se passe ? Pou... pourquoi vous me regardez tous comme ça ? J'ai... fait quelque chose de mal ?

Sa famille sembla sortir de son immobilité mutique en voyant son air un peu apeuré d'animal traqué. Aussitôt, Elizabeth franchit la distance qui la séparait de son fils pour le prendre dans ses bras. Ce qui n'arrangea pas l'incompréhension d'Arthur, bien au contraire.

-Oh, Arthur... désolée, je suis si inquiète... je ne voulais pas qu'on te fasse peur comme ça...

Lorsque son père se joignit au câlin, silencieux, ses doutes se confirmèrent. Quelque chose clochait vraiment. Il se sentait mal à l'aise, d'autant plus que ses frères n'avaient pas réellement réagit. Ils s'entre-regardaient d'un air grave et indécis.

-I-il est arrivé quelque chose de grave ? déglutit-il. Rassurez-moi... personne n'est mort, au moins ?

-Non ! s'exclama Elizabeth. Non, non ! C'est que... on s'est inquiétés toute l'après-midi... on est tous un peu à cran...

Le petit blond repoussa gentiment mais fermement ses parents, et plongea son regard dans celui de chacun de ses frères, puis dans celui de ses parents.

-Mais qu'est-ce qu'il se passe à la fin ? Vous allez arrêter de tourner autour du pot, oui ou non ? râla-t-il.

-Arty... commença alors Alister.

Aussitôt, son benjamin, nerveux et légèrement agacé, tourna toute son attention vers lui.

-Je suis désolé de te le demander comme ça... mais faut vraiment qu'on sache...

La voix de son aînée, suppliante, lui noua les entrailles. Où était passé son frère immature et toujours partant pour rire ?

-Arty, est-ce que tu consommes de la drogue ?

Il y eut un gros blanc. Le temps que l'information percute le cerveau d'Arthur. Lorsque ce fut fait, il écarquilla les yeux d'un air stupéfait, et ouvrit légèrement la bouche sous le coup de la surprise, avant de regarder tout le monde d'un air choqué, et un peu outré, aussi.

-Non mais... non mais ça va pas ? s'exclama-t-il avec force, relâchant par ce fait la tension qu'il avait accumulé dès qu'il avait trouvé sa famille aussi grave et sérieuse. Bien sûr que non ! C'est quoi cette question ? C'est pour ça que vous m'attendiez tous comme ça ? Sur quoi vous vous basez pour me demander un truc pareil ?

Les épaules des Cymru s'affaissèrent sous le soulagement, mouvement reprit par le reste de sa famille. Arthur n'était pas capable de jouer la comédie à ce point, et encore moins de contrôler son corps. Sa réaction était sincère.

Et légitime.

-Vous m'avez fait peur, geez ! siffla-t-il. Ça vient d'où ces conneries ?

-Ton langage, soupira Herbert. Et franchement, Arthur, tu ne peux pas nous en vouloir de tirer ce genre de conclusion. Tu vas mal. Ça se voit ! Tu as perdu du poids, tu as des cernes, tes notes ont chuté, tu voles du tabac à ton frère alors que tu as assez d'argent de poche pour t'en payer, tu t'isoles... les symptômes correspondent beaucoup ! Et si ce n'est pas ça... alors qu'est-ce que c'est ?

Il s'approcha de son enfant pour poser ses mains sur ses épaules, et son regard infiniment triste sur son visage.

-Tu n'as pas idée d'à quel point nous nous inquiétons pour toi, mon bonhomme... on sait bien que ta situation n'est pas facile, mais là, il y a forcément quelque chose. Quelque chose de grave que tu dois nous dire. Et tu ne sortiras pas de cette pièce tant que tu ne nous diras pas la vérité.

Les jambes d'Arthur se mirent à trembler, et il se mordit les lèvres, les yeux plein de larmes.

Les regards à la fois tristes et inquiets des personnes qui comptaient le plus pour lui... les conclusions auxquelles ils avaient sauté en voyant son état...

Alors, il les avait vraiment inquiétés à ce point ? Son état avait finit par faire souffrir sa famille ? Soudainement épuisé, comme s'il avait couru un marathon, le jeune homme se laissa tomber sur une chaise et plongea ses doigts dans ses cheveux blonds, essayant de réguler la soudaine crise d'angoisse qui semblait vouloir le submerger.

Aussitôt, son père et sa mère furent autour de lui, lui frottant le dos et lui prodiguant des mots rassurants.

Ses frères voulurent les imiter, mais leur mère les arrêta d'un geste.

-Ne l'étouffez pas, dit-elle simplement. Attendez qu'il respire un peu.

La sensation le prenant à la gorge finit par redescendre, progressivement, avant que la crise n'éclate.

Il restait légèrement tremblant, et extrêmement perdu et perturbé.

-Arty... viens-là...

La voix d'Alister le fit tourner la tête. L'aîné avait dégagé une place sur le canapé, entre lui et Elwyn. Arthur hésita, puis vint s'y asseoir. La présence chaleureuse de ses frères le fit aussitôt se sentir mieux. Elizabeth et Herbert se saisirent des chaises de salon pour les poser en face du canapé.

-Ça va un peu mieux ? demanda doucement Elwyn en passant son bras autour de lui.

-J-je crois... souffla son cadet. Je crois...

-On est vraiment désolés... osa Cymru. Surtout moi... c'est ma faute, c'est moi qui leur ai dit que peut-être...

Arthur releva les yeux vers lui, totalement interloqué.

-Mais... on vit ensemble toute la semaine ! Tu... tu l'aurais remarqué si ça avait vraiment été vrai !

-Justement... on vit ensemble toute la semaine et ça ne m'a pas empêché de ne pas savoir ce qu'il se passait...

Arthur ne put s'empêcher de prendre une mine coupable.

Puis il détourna le regard.

Il sentait bien que cette fois-ci, il n'avait pas d'autres choix que de dire la vérité, d'avouer tout ce qu'il avait sur le coeur.

Cette perspective lui faisait aussi peur qu'elle le soulageait…

Il souffla un grand coup et préféra regarder consciencieusement ses mains.

-D-d'accord… finit-il par lâcher d'une voix tremblante. J-je vais tout vous dire…

Se triturant les mains, il inspira un autre coup, avant de lâcher ce qu'il avait sur le cœur depuis un petit moment à présent…

-A-au lycée, je… il y a… c-comment dire ?

Son père posa une main douce sur ses mains torturées.

-Prends ton temps, mon bonhomme… le calma-t-il. Prends tout le temps qu'il te faut…

Arthur réfléchit à toute vitesse, ne sachant pas exactement comment dire ce qu'il avait sur le cœur.

Puis, il décida d'expliquer comme cela était arrivé. Cela semblait être la meilleure façon de ne pas se perdre.

-J'ai… je… une fois, j'étais dans la salle d'études de l'internat… commença-t-il en déglutissant. J'étais seul. C-Cymru m'a envoyé un article internet, qui parlait des lycéens dans le même cas que moi… à propos de leur orientation sexuelle…

-Ah, oui, je me souviens de ça… souffla le brun, un peu inquiet de ce qui allait suivre.

-Du coup je l'ai ouvert… je l'ai lu… et j'ai pas entendu deux mecs entrer… ils ont vu ce que je lisais… l-le lendemain, ils… ils m'ont pris à parti et m'ont fait avouer que je suis gay en me faisant du chantage… m-mais ça a été pire après… ils m'ont dit que si je voulais pas que tout le lycée soit au courant, je… je… je devais faire tout ce qu'ils voulaient… ils m'ont fait tombé dans les escaliers pour me montrer qu'ils rigolaient pas… p-puis ensuite… ils m'ont racketté… ils m'ont… frappé, insulté… ils m'ont fait faire leurs devoirs… déchiré mes cours… et… et plein d'autres… trucs…

Un court silence accueillit ses aveux, puis sa famille… explosa.

-C'est qui ces mecs ?! s'exclama Alister, furieux. C'est qui, que j'aille leur démolir la tronche ?!

-Ouais bah on va y aller à deux ! gueula Elwyn. Bande d'enfoirés ! Faut être complètement malade pour faire un truc pareil ! Putain !

Elizabeth n'avait pas encore réagi, mais son visage de colère froide et effrayante parlait pour elle. Les frères d'Arthur avaient beau être grands et bien bâtis, et crier très fort, n'importe qui aurait préféré se retrouver face à eux plutôt que face à elle.

-Je vais aller les voir en personne, gronda dangereusement Hibernia. Pourquoi tu ne nous l'as pas dit avant, Arthur ? Ça t'a mit dans un tel état ! Il suffisait de nous prévenir, ou de prévenir l'un de tes frères !

-N-non ! protesta-t-il. C-c'est pas si simple que ça ! J-j'ai… j-j'ai juste peur… parce que si ces mecs-là me font ça parce qu'ils sont homophobes… imaginez, si tout le lycée le savait ?

Des bras l'enlacèrent soudain, le faisant sursauter. La tête de Cymru s'était posé sur son épaule, et il semblait crispé.

-J-je suis… j-je suis si désolé Arty… souffla-t-il. Si désolé…

Arthur passa maladroitement ses bras autour de son frère.

-C-Cym… c-c'est pas de ta faute, je te le jure… je t'en veux pas… lui répondit-il.

-À-à cause de moi tu as vécu tout ça ! s'exclama-t-il. Si je t'avais pas envoyé ce truc, jamais tu… jamais tu te serais fait harcelé par ces connards !

La main d'Elwyn se posa sur le dos du brun et le frotta doucement.

-Arty a raison, Cym, fit-il plus doucement que précédemment. Tu n'y es pour rien. Les seuls coupables, c'est les deux enflures, là… c'est qui, d'ailleurs ?! Ils sont en quelle classe ? Quelle filière ? Leurs noms ?!

Arthur bégaya un peu, pas habitué à une colère si féroce venant d'Elwyn.

-I-ils sont en Terminale L… i-ils s'appellent Julien et Baptiste…

Cymru releva la tête, une flamme effrayante dans ses yeux.

-Quoi ?! C'est eux ? C'est eux qui t'emmerdent ? Ces merdeux qui foutent rien en classe et qui sont cons comme leurs pieds ? Ah ben j'comprends mieux pourquoi ils avaient de meilleures notes, d'un coup, et ils ont pas de quoi être fiers…

Désormais, ses yeux étaient exactement comme ceux de leur mère, et Arthur déglutit.

Peut-être, finalement, que Cymru, le plus calme et le moins grand de ses trois frères, pouvait bien être le plus dangereux…

-Je vais aller les voir, continua-t-il d'une voix atrocement calme. Je vais aller les voir, et crois-moi, ils poseront plus jamais la main sur toi.

On sentait dans sa voix une promesse de douleur infinie. Comme s'il comptait leur briser les deux cent six os composant leur corps, un à un, lentement.

-Ça suffit les garçons, lâcha Elizabeth.

Tout le monde tourna son regard vers elle.

-Votre père et moi allons nous en charger. Nous irons voir la directrice, avec toi, Arthur.

-N-non ! supplia-t-il. Écoutez… je ne veux pas qu'ils le disent à tout le monde… s'il vous plaît…

-Arty… moi, je ferai en sorte qu'ils ne disent rien à personne, le rassura Cymru en lui caressant les cheveux. Et je demanderai de l'aide à Gilbert pour ça, après tout il a essayé de m'aider à savoir ce que tu avais… je pense pas avoir besoin de lui, mais vu qu'il est populaire, ça pourrait être un bon argument…

Herbert posa sa grosse main sur les cheveux blonds de son fils.

-Mon bonhomme… je suis tellement désolé que tu aies eu à vivre tout ça…

Arthur baissa les yeux.

-V-vous n'êtes pas déçus ? bégaya-t-il.

Toute sa famille le regarda d'un air interloqué.

-Déçus ? Pourquoi ? demanda Alister.

-P-parce que j'ai pas réussi à me défendre alors que j'aurais pu…

Une main vint pincer sa joue.

-Aïe ! protesta-t-il en se tournant vers Elwyn. Qu'est-ce qu'il te prend ?

-T'es vraiment idiot, Arty ! soupira-t-il. De penser qu'on pourrait être déçus de ça ! T'avais peur et c'est normal ! Ces connards t'ont fait un putain de chantage… faut vraiment que t'en aies hyper peur, de ton coming-out, si tu t'es laissé faire…

Sa famille s'entre-regarda tristement, et Elizabeth finit par prendre son fils dans ses bras.

-Écoute Arthur… écoute. Quoiqu'il arrive, on ne laissera personne te refaire du mal, d'accord ? Mais il faudra que tu nous le dises… c'est promis ? Promets-le nous.

-J-je vous le promets… souffla-t-il, les yeux brillants. J-je suis si désolé…

-Non, ne t'excuse pas, dit-elle d'une voix douce. Je comprends, tu sais. Tu n'es pas le seul à avoir subi ça et tu ne seras pas le dernier. Mais maintenant, il ne faut pas hésiter à le dire quand ça ne va pas. Nous sommes là pour ça. Nous sommes là pour toi. Tu ne devrais pas avoir peur à ce point de te dévoiler…

Elle lui caressa doucement la joue.

-Ce n'est pas normal que le monde soit si mauvais que tu préfères le harcèlement à ça. Mais tu dois savoir que si jamais tu décides de l'assumer publiquement, nous serons toujours là pour toi. Toujours.

-Si tu fais ton coming-out au lycée, je te promets que je démolirai tous ceux qui essayeront de dire quelque chose ! réagit Cymru.

-Et puis nous sommes là pour faire en sorte que ce harcèlement cesse, acheva Herbert. Nous pouvons en parler à la directrice, à leurs parents… généralement, dès que ce genre de gamins sont confrontés à une autorité plus forte que la leur, ils s'enfuient…

Arthur acquiesça, et ne parvint pas à contenir ses larmes. Il les cacha en cachant son visage dans l'épaule de sa mère.

Il avait l'impression que le poids du monde venait de quitter ses épaules. Comme si son estomac venait de se dénouer d'un coup, comme si la tension s'était éjectée de lui comme le bouchon d'une bouteille de champagne.

Il se sentait fatigué, si fatigué… mais détendu, complètement détendu, et ce pour la première fois depuis bien longtemps.

Bien sûr, quand viendrait son retour au lycée, il aurait de nouveau peur.

Mais il sentait qu'à présent, cela allait s'arranger.

Il se sentait si stupide !

Si seulement il en avait parler avant… mais la peur l'avait tétanisé…

Se rendant compte qu'il n'avancerait jamais ainsi, et qu'il s'exposait à des dangers peut-être plus grands que ce qu'il craignait en agissant comme il l'avait fait, il prit une décision.

-Après le concert de Noël… souffla-t-il d'une voix faible. Je le dirai à mes amis… e-et à Francis… et si Francis veut bien de moi… j-je ne me cacherai pas… j-je ne me cacherai plus…