Blabla de début de chapitre : Hello everybody ! Je vous souhaite une bonne année et une bonne rentrée à tous ! (Et check aux autres qui sont encore en vacances comme moi, eheheheh)
Je voulais initialement publier ce chapitre le 24 décembre, mais je pense que vous comprendrez si je vous dit que les fêtes m'ont occupée. Quoiqu'il en soit, ce chapitre est bien là, quoique un peu court ! J'étais pas trop inspirée ces derniers temps, j'espère qu'il sera bien malgré tout. On se rapproche de la fin en tout cas !
Bonne lecture à tous !
Personnages : Arthur Kirkland/Angleterre | Cymru Kirkland/Pays de Galles | Alfred Jones/Amérique | Ivan Braginsky/Russie | Francis Bonnefoy/France
Chapitre 12
Arthur suivait Cymru, profondément angoissé. Son aîné avait un air très sombre qui faisait s'écarter tout le monde sur son passage. Ils cherchaient les harceleurs d'Arthur. Leurs parents allaient voir ceux des deux garçons de Terminale le soir-même, Cymru ayant déniché leurs adresses grâce à Facebook. Mais pour l'heure, le brun comptait bien avoir une discussion claire et nette avec ses « camarades » de classe.
En ouvrant violemment une salle d'étude, les deux Kirkland restèrent figés par la surprise.
Alfred était assis à une table, et en face de lui, il y avait Ivan. Ils se souriaient, et leurs mains étaient liées, leurs doigts entrelacés. Cependant, les deux jeunes hommes sursautèrent brutalement en entendant le fracas de la porte.
-O-o-oh, c'est que vous… bégaya Alfred. Vous m'avez fait peur ! Qu'est-ce qu'il vous prend d'entrer comme ça ?
Cymru haussa un léger sourcil.
-Vous êtes ensemble ?
-Oui. Est-ce que ça pose un problème ? répliqua alors l'Américain avec un petit air de défi.
-Oh, non, bien sûr que non. Ravi pour vous.
Il leur adressa un signe de tête et un petit sourire encourageant, connaissant Alfred, et appréciant Ivan. Il allait entraîner Arthur sans lui laisser le temps de féliciter son petit frère de cœur, d'autant plus qu'il n'était pas du tout au courant que le blond était arrivé à ses fins. Puis, le brun pila et se retourna. Un sourire de dément était apparu sur son visage. Ivan et Alfred regardèrent les deux frères sans comprendre ce qui était en train de se passer.
-Ivan. Tu tiens à Alfred ? demanda le brun calmement, avisant les deux mètres et la carrure d'ours du Russe.
-Bien sûr que oui ! rétorqua Ivan. Je ferais n'importe quoi pour lui !
-Bien, susurra Cymru.
Arthur se fit la réflexion que ça y'était, son aîné était définitivement en train de virer à la psychopathie la plus totale, vu ses yeux d'émeraude qui luisaient d'une lumière plus qu'inquiétante. On aurait presque dit qu'il avait accompli un crime parfait et qu'il s'en délectait.
-Alfred. Tu tiens à Arthur ? continua-t-il d'une voix doucereuse.
-O-oui ! Vraiment beaucoup ! Énormément, même ! répondit l'Américain en adressant un regard perdu à Arthur, qui ne comprenait pas plus que lui. Pourquoi, il s'est passé quelque chose ?
Cymru attira Arthur à l'intérieur de la salle, puis se posa derrière lui, les mains sur ses épaules.
-Arty, je pense que tu dois la vérité à Al', sur ce qui s'est passé ces derniers-temps.
-Q-quoi ? M-mais ! protesta Arthur.
Alfred le contempla, une lueur d'inquiétude vive dans ses prunelles bleues. Il s'approcha du petit Anglais.
-Arthur ? Tu m'as menti, l'autre fois, pas vrai ? T'as pas arrêté de fumer, hein ?
Le blond aux yeux verts eut le souffle coupé par la déduction si rapide de son ami. Ses mensonges allaient vraiment tous lui tomber sur le coin du nez.
-J-je… j-je vais te dire la vérité… souffla-t-il en baissant les yeux. Mais me juge pas, s'il te plaît…
Honteux et gêné d'avouer son harcèlement aux deux garçons, dont un qu'il ne connaissait pas tant que ça, alors qu'ils étaient plus jeunes, Arthur garda les yeux sur ses mains durant son récit.
Il ne vit ainsi pas la colère qui anima subitement Alfred. Ce dernier serra les poings. Très fort.
Il fallait dire que le jeune homme était très très droit en matière de justice et de défense des opprimés. Il avait toujours voulu être un genre de héros, et aidait sans aucune hésitation ceux qui en avaient besoin. Surtout ceux qu'il aimait.
Et il adorait Arthur comme un frère.
Ivan, de son côté, avait posé son regard tranquille sur Arthur.
Ce genre de traitements, il connaissait. Pas exactement de la même façon, mais on l'avait souvent isolé et laissé à l'écart, l'insultant parfois. Il comprenait, et cela le blessait toujours de constater que d'autres aussi pouvaient souffrir de ce genre de traitements.
-Vanya, lâcha Alfred d'une voix emplie de fureur lorsqu'Arthur eut finit, on y va.
Cymru sourit un peu plus. Là ça y'était. Les deux harceleurs allaient déguster. Cher.
oOoOoOo
-Alors comme ça, on emmerde mon petit frère, lâcha très calmement Cymru.
Il referma doucement la porte, passant son bras autour des épaules d'Arthur. Ivan et Alfred se postèrent chacun d'un côté des deux frères.
La salle d'étude était vide, à l'exception de Julien et Baptiste, les deux Terminale L qui en avaient après Arthur. Ils se figèrent et plissèrent les yeux. Regardant le comité d'accueil, ils finirent par regarder Arthur qui, courageusement, avait planté ses prunelles vertes dans les leurs.
-Espèce de sale petite taf-
BAM.
D'un coup de pied brutal, Cymru avait renversé une table juste devant eux, ce qui les fit sursauter.
-Un mot de plus, et j'arrache votre langue hors de votre bouche, répliqua-t-il d'une voix glaciale.
Son mètre quatre-vingt était bien plus impressionnant que d'habitude, d'un coup. Le jeune homme rêveur et tout à ses livres avait disparu, remplacé par un Kirkland en colère.
Très très mauvais signe.
Encore plus mauvais signe, le Russe très baraqué derrière lui, qui les regardait d'un œil mauvais, et l'Américain qui faisait craquer ses poings.
Cymru posa ses mains sur la table à laquelle les deux garçons étaient installés, et se pencha d'un air menaçant vers eux.
-Vous n'auriez jamais dû toucher à un seul de ses cheveux, siffla-t-il. Je vais faire de votre vie un enfer. J'ai deux frères aussi menaçants que lui, et encore plus en colère...
Il pointa Ivan du pouce sans même se retourner.
-Qui sont prêts à vous faire la peau si un jour ils vous croisent dans la rue.
D'un coup, ils faisaient bien moins les fiers.
Oh ! Bien sûr, c'était si facile de s'en prendre à plus petit que soi ! Plus fragile, plus vulnérable, et plus isolé surtout.
Des harceleurs pitoyables qui faisaient du mal pour se sentir plus forts, parce que justement, lorsqu'ils croisaient quelqu'un de moins vulnérable, au contraire, ils avaient tendance à fuir. Comme des lâches.
Et l'Anglais qui leur faisait face, ils ne doutaient pas une seule instant qu'il était capable de mettre ses menaces à exécution. Il dégageait une telle rage qu'ils ne préféraient même pas imaginer à quoi devait ressembler les deux autres frères en question.
-T-t-tu… v-vous pouvez pas nous frapper ! siffla l'un des deux garçons. Ça se verra et on pourra porter plainte !
-Oh, ricana Cymru, vous me pensez donc si bête ? Mes frères, Ivan, Alfred… c'est ce qu'il vous attend si vous continuez. Mais je vous assure que je peux vous faire du mal sans que ça se voit… et très très très facilement, en plus…
Son ton doucereux indiqua aux deux Terminales qu'il ne valait mieux pas le provoquer pour être certains qu'il ne mentait pas. L'ombre d'Ivan les surplomba alors. Le jeune homme s'était avancé derrière Cymru. Il avait un sourire enfantin qui promettait mille souffrances, lui aussi.
-Je vous conseille de ne pas vous approcher d'Arthur, dit-il joyeusement. Sinon, il y aura des représailles…
-De très lourdes, gronda Alfred à côté de lui.
Satisfaits devant l'air de leurs vis-à-vis, les trois garçons s'écartèrent.
-Bien. Nous allons pouvoir vous laisser maintenant ! lança joyeusement Cymru. Arty ?
Le blond lui adressa un petit sourire, avant de tirer deux feuilles de son sac et de s'avancer vers ses deux harceleurs. Il contempla leur air terrifié, et, d'un coup, les trouva vraiment pathétiques.
-Vos devoirs de Français, marmonna-t-il d'un air méchant.
Les déchirant au-dessus de leurs têtes, il laissa les morceaux de papier voleter et atterrir sur leurs nouveaux propriétaires. Puis, il sortit, entouré d'Alfred, Ivan, et Cymru.
Une nouvelle page se tournait enfin pour lui… du moins, il l'espérait.
oOoOoOo
Arthur revivait réellement. Depuis que Cymru était allé parler à ses harceleurs avec Ivan et Alfred, et que leurs parents avaient rendu une petite visite à ceux des deux garçons, on voyait réellement le changement qui s'était effectué.
Bien entendu, il avait eu peur qu'ils dévoilent son secret, mais l'ombre de leur camarade de classe brun qui ne les lâchait pas à chaque heure de cours les dissuadaient de faire n'importe quoi.
Le blond, lui, souriait de nouveau. Sa fatigue avait disparu depuis qu'il avait enfin pu rattraper ses heures de sommeil, et ses notes remontaient. Il avait, en plus, été choisi pour participer au concert en tant que guitariste principal et chanteur, avec Gilbert. La bassiste et le batteur étaient sympathiques, et les répétitions se déroulaient sans de soucis. L'Anglais se donnait à fond dans ce qu'il faisait, et cela le rendait heureux.
Bien entendu, son secret demeurait, et plus la date fatidique du concert approchait, plus il angoissait.
Il allait enfin dire la vérité à ses amis, et plus encore, il allait tout avouer à Francis.
Mais il ne comptait plus se défiler. Il allait enfin avoir le courage qui lui avait tant manqué ces derniers mois. Mois qui lui étaient apparus comme une année entière, tant ils avaient été intenses.
Et il faisait encore des cauchemars… il savait que tout ça avait existé. Il avait perdu énormément de confiance en lui, et il avait du mal à se défaire de ses peurs, plus tangibles. Et cela l'avait rendu bien plus paranoïaque. Il se méfiait plus encore des gens qu'il ne connaissait pas, et il sursautait aux bruits un peu trop forts près de lui, excepté lorsqu'il s'agissait de musique.
Sa famille savait qu'il se remettrait très difficilement de tout cela, mais il était sur la bonne voie, et ils étaient tous prêts à l'aider. Ses frères s'étaient encore plus rapprochés de lui si cela était possible et ne cessaient de le cajoler.
Les jours, eux, défilaient à une vitesse plus raisonnable qu'auparavant. Arthur avait l'impression de respirer. Comme s'il avait été plongé sous l'eau un trop long moment, et qu'il devait inspirer d'énormes goulées d'air frais pour s'en remettre.
Le mois de novembre passa à toute vitesse, et bien vite, ce fut le mois de décembre. Les décorations commençaient à se voir un peu partout, et pendant le premier week-end du mois, Francis et Arthur se retrouvèrent dans leur village. Il faisait froid, aussi ils avaient revêtus des manteaux chauds, des écharpes et des gants. Arthur avait un bonnet mais pas Francis, qui ne voulait pas que cela ébouriffe ses cheveux.
-On va se promener pour se réchauffer ? proposa Francis.
Arthur accepta immédiatement. Il valait mieux bouger dans ce froid mordant, cela les réchaufferait.
Les deux jeunes gens empruntèrent donc un petit chemin entre deux maisons, qui longeait un large champ, et qui était caché par de nombreux arbres longeant les deux côtés. Lorsqu'il neigerait, les branches ploieraient sous le poids de la neige, et les troncs seraient recouverts de givre. Arthur avait hâte que cela arrive. Il trouvait la beauté de l'hiver très inspirante pour écrire. Il lui suffisait de se poser avec un plaid et un bon thé chaud dans le salon, là où il y avait une baie vitrée, et d'écrire là, en regardant le paysage gelé.
Un long frisson froid le parcourut soudain, et il resserra un peu plus son manteau autour de lui. Francis se rapprocha de lui sans trop y faire attention, en quête instinctive d'un peu plus de chaleur.
-Dis… commença le Français.
-Hm ?
-Ces derniers temps, j'ai l'impression d'enfin retrouver le Arthur que je connaissais. Tu viens enfin me parler au lycée et tu es bien plus… vivant ! Tu… il s'était passé quelque chose, hein ?
Il y eut un court silence.
-Oui, avoua finalement le petit blond. Et je t'expliquerai ce qu'il s'est passé. Mais pas maintenant.
-Quoi ? Mais pourquoi ? répondit le plus vieux sur un ton outré.
-Tu comprendras quand je te le dirai ! Pas avant le concert. Là je te l'expliquerai, mais pas avant !
-D'accord, d'accord… soupira Francis. J'espère que ton explication vaudra le coup !
Il ne récolta qu'un petit sourire taquin qui le fit lever les yeux au ciel, mais auquel il répondit tout de même.
-Tu m'avais manqué, avoua-t-il.
-Je suis désolé… répondit simplement Arthur. Mais…
Francis le regarda, tout en glissant ses mains dans ses poches, attendant la suite de sa phrase.
-Je veux que tu saches que tu m'as beaucoup aidé.
Le Français fronça légèrement les sourcils sous le coup de l'incompréhension.
-Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Je t'ai aidé en quoi ?
Arthur releva ses yeux vers Francis. Il était calme, détendu, mais curieusement, son vis-à-vis trouva que son regard cachait une émotion plus forte que ce qu'il affichait au premier abord. De la gratitude. Une immense gratitude.
-Pendant tout ce temps, où ça n'allait pas… pour des raisons que je ne peux pas encore te dire, donc… passer du temps avec toi était l'une des seules choses qui me faisait me sentir bien. Vraiment bien… Je crois que… sans ça, j'aurais pas tenu. Si t'avais pas été là…
Francis, effrayé par ce qui allait être la fin de sa phrase, posa sa main sur son épaule et la serra fort. Il ignorait pour l'instant complètement ce qui avait pu arriver à Arthur, mais à ses paroles, il devinait aisément que cela avait dû être quelque chose d'atroce pour lui. Cela le terrifiait, car il n'en avait absolument rien su. Oh, bien sûr, il avait vu qu'Arthur allait mal ! Mais il n'avait jamais pu rien lui extorquer. Arthur se refermait facilement, et il était extrêmement dur de lui arracher des confidences quand il avait décidé de se taire.
Cependant…
Cependant, le fait d'avoir pu l'aider, rien qu'un peu, sans le savoir, lui mettait du baume au cœur. Il n'aurait jamais imaginé que son ami puisse s'accrocher ainsi à ces moments qu'ils passaient ensemble…
Sa main remonta pour frotter doucement les cheveux du petit Anglais, qui le regarda sans rien dire. Puis, il lui sourit, et d'un même mouvement, ils s'enlacèrent. Francis ne savait pas pourquoi, mais il avait cet instinct qui lui soufflait qu'un câlin était de mise, à cet instant précis.
-Merci Francis… souffla le plus jeune.
-Ne me remercie pas Arthur… c'est normal… je tiens à toi tu sais… je tiens vraiment beaucoup à toi…
Ils s'écartèrent en se souriant légèrement, avant de reprendre leurs marches quelques instants plus tard.
-Je peux te demander quelque chose d'autre ? questionna de nouveau Francis.
-Tu viens de le faire, répondit Arthur avec une lueur taquine dans les yeux.
Il esquiva la main de Francis, qui voulait certainement lui pincer la joue, en riant.
-Vas-y, sourit-il. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu comptes me dire un jour pourquoi tu t'es éloigné de moi comme ça, l'année dernière ?
Le sourire d'Arthur se fana un peu et il regarda droit devant lui. L'idée de se déclarer lui faisait réellement peur, mais il était bien décidé à le faire.
-Après le concert aussi…
Francis acquiesça silencieusement, ne souhaitant pas le braquer en insistant. Il était déjà satisfait de savoir quand il aurait enfin des réponses à ses questions. Il y réfléchit quelques instants avant qu'Arthur ne le pousse légèrement.
-Eh ! Regarde !
Le Français releva la tête, puis se mit à sourire immédiatement.
-It's snowing ! s'exclama le petit blond avec ravissement.
Francis tourna la tête vers lui. Les yeux émeraude de son ami pétillaient d'une joie enfantine non contenue, et son sourire s'étirait largement sur son visage. Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas vu ainsi…
Aussi ne put-il s'empêcher de sourire. Arthur, son Arthur, était enfin de retour.
