Blabla de début de chapitre : Bonsoir tout le monde ! Voici le nouveau chapitre ! A priori, il ne reste qu'un chapitre et l'épilogue avant la fin, maintenant… et a priori, ils arriveront avant le 18 ! Le 18, je reprends les cours, et quand les vacances ont commencé avant Noël, je me suis promis que je finirai cette fic avant ma rentrée. Je compte bien tenir ma parole, alors attendez-vous à la fin imminente ! Après dix mois, Just the way you are est enfin sur le point d'être terminée ! Je blablaterais bien encore un peu ici, mais la fin de ce chapitre m'a crevée. N'hésitez pas à la commenter au passage, ça me ferait bien plaisir vu comment j'ai galéré dessus. TwT
Mais peu importe. Je vous laisse lire ! Bonne lecture à tous !
Personnages : Tout le monde
Chapitre 13
Le groupe de musique improvisé du lycée était en pleine répétition. Aucun des quatre ne s'était proclamé « leader », ils discutaient toujours tous ensemble pour savoir que faire, et cela leur allait parfaitement. Matthias, le batteur, était très énergique, et même si Natalya, la bassiste et petite sœur d'Ivan, semblait réservée et silencieuse, elle participait sans soucis. Ivan avait même affirmé qu'elle était contente de faire partie de ce groupe.
Les quatre adolescents étaient en pleine répétition, un jeudi après le repas de midi, lorsque l'on frappa à la porte. Puis, cette dernières s'ouvrit et les quatre s'arrêtèrent de jouer pour observer le professeur de musique et le CPE qui étaient entrés.
-Pardon de vous déranger, commença ce dernier, mais nous devons parler avec vous d'un sujet important.
Les quatre lycéens s'assirent, attendant la suite.
-Nous avons besoin de quelqu'un pour gérer l'argent que nous récupérerons du concert. Moi-même et votre professeur ne pourrons pas rester toute la soirée, à cause de raisons personnelles, mais il est possible que des gens arrivent après notre départ. Je pense que vous êtes les plus à même de gérer cela, et j'ose espérer que vous comprenez que je vous fais entièrement confiance. Je vais tout de même assigner à l'un d'entre vous la gestion du compte, et l'autre gardera l'argent pour le rendre dès qu'il retournera au lycée.
-Ben… ça serait mieux de le filer à un interne, non ? intervint Matthias. Comme ça l'argent sort pas du lycée…
La perspective de potentiellement avoir à gérer cela ne semblait pas l'intéresser.
-Et pourquoi on pourrait pas juste mettre tout dans la vie scolaire ou je sais pas ? Le proviseur reste pas là, lui ? ajouta Gilbert.
-Non… ce genre de musique ne l'intéresse pas vraiment, pour tout avouer, répondit le CPE. Et ce ne serait pas prudent de laisser la caisse n'importe où dans le lycée. On ne sait jamais, et si des élèves prévoyaient de voler le tout, ce serait le premier endroit où ils chercheraient. Mais vous avez raison, M. K øhler. Un interne serait plus approprié. Donc, M. Kirkland ou M. Gilbert ?
Gilbert haussa les épaules.
-Filez le à Arthur, c'est plus logique… mon dortoir est plus loin que le lycée, alors que le sien est juste à côté…
Arthur tourna le regard vers lui et hésita. C'était tout de même une grosse responsabilité.
-B-ben… je… personne d'autre ne peut le faire ? Vraiment ? Aucun professeur ?
-Vous savez M. Kirkland, les professeurs ne sont pas forcément plus honnêtes que les élèves, répondit malicieusement le professeur de musique. Et justement, si vous vous en chargez, la caisse ne bougera pas vraiment du lycée.
Arthur soupira en passant sa main dans ses cheveux. Cette responsabilité le mettait mal à l'aise, plus que ça n'aurait dû, mais il ignora sa petite voix intérieure.
-Très bien, j'accepte.
-Bien, approuva le CPE. Quelqu'un pour faire le compte ?
Natalya fut finalement désignée pour le faire, et les deux adultes s'en allèrent. Les lycéens discutèrent brièvement avant de se mettre à jouer. Peu importe les responsabilités, le jour fatidique approchait de plus en plus : ils allaient jouer devant tout le lycée et cela les excitait bien plus que cela ne les effrayait.
oOoOoOo
Arthur jeta un œil entre les pans du rideaux et sentit son estomac se contracter assez fort. Il y avait du monde. Beaucoup de monde. Il regarda ensuite les autres membres du groupe. Matthias riait et faisait du bruit en parlant, Natalya ne bougeait pas mais devait certainement être anxieuse, et Gilbert semblait parfaitement nonchalant. Il grattait quelques notes sur sa guitare non branchée.
-Ça fait un paquet de monde… soupira Arthur en s'asseyant.
-Bah… dis-toi qu'on est prêts, de toutes façons. Le stress s'envolera dès qu'on commencera à jouer, affirma l'Allemand.
-T'as déjà joué devant du public ? le questionna le petit blond.
-Ouaip, avec mon frangin, pour une fête de village ! Au début t'angoisse, mais après tu penses plus à rien. T'en fais pas, va !
Arthur marmonna qu'il ne s'en faisait pas du tout, et Gilbert commença à rire. Arthur se renfrogna encore plus, et ils finirent par se chamailler comme des gosses. L'Anglais appréciait plus l'albinos qu'auparavant, quand il le connaissait à travers Francis. Certes, ils ne pourraient jamais être meilleurs amis, et ils se lançaient assez souvent des piques, mais ils s'entendaient bien. Ils s'étaient même découvert une passion commune pour les échecs, jeu pour lequel ils étaient assez forts tous les deux.
Le petit blond finit par se tourner de nouveau devant le rideau fermé. Il imaginait sans mal la foule qu'il avait entraperçut derrière. Il se demanda brièvement s'il réussirait à apercevoir son frère, Francis, Alfred, ses autres amis. Ou ses anciens harceleurs. Il espérait bien que non. Le jeune homme voulait passer une soirée parfaite, en profiter à fond, se défouler complètement. Être heureux, tout simplement. Il allait beaucoup mieux depuis que tout s'était arrêté, mais il avait la sensation que le concert serait le point d'orgue de tout cela. Sa dernière libération avant ses aveux et sa déclaration.
Le stress atteint son paroxysme lorsque le professeur de musique vint leur annoncer de se mettre en place. Ils s'exécutèrent tous, finirent de tout accorder, et attendirent.
Lorsque le rideau s'ouvrit sur la foule, Arthur sentit une énorme boule dans son ventre.
Boule qui se dissipa lorsqu'il vit le sourire de Cymru, au premier rang, et ses yeux qui exprimaient sa fierté. Son grand frère était juste là, près de lui. Son cœur battit un peu plus lorsqu'il vit trois tignasses rousses juste derrière lui, et la longue chevelure noire de sa mère.
Sa famille était là, au complet, pour le soutenir, pour la toute première fois qu'il jouait sur scène. C'était comme dans ses rêves de gosse, et il fut encore plus motivé à donner le meilleur de lui-même.
Et Francis…
Francis était là aussi, Arthur le remarqua juste après. Un ou deux rangs derrière sa famille, mais il arrivait tout de même à distinguer ses yeux bleus et son sourire.
Oui. Tout s'annonçait absolument parfait. Comme il en avait rêvé.
Gilbert avait raison. Lorsqu'il commença à jouer et à chanter, accompagné par les trois autres adolescents, il sentit son stress s'évaporer complètement, avec les notes de musique qui s'envolaient pour s'éparpiller dans toute la salle.
Il était si concentré sur ses doigts, sa voix, sa mémoire et sur les autres membres du groupe, si occupé à s'amuser et à se donner tout entier à son art qu'il en oubliait de stresser. Il en oubliait même ce qui se passerait fatalement après le concert.
Tout ce qui comptait était l'instant présent et seulement lui.
Ils jouèrent tout d'abord des morceaux connus pour bien échauffer la foule avant de varier leur répertoire. Leurs muscles les chauffaient et leurs doigts s'engourdissaient sur leurs cordes ou leurs baguettes, mais ils souriaient. L'enthousiasme du public était au rendez-vous.
Cependant, lorsqu'ils eurent l'impression de mourir de chaud, de nager dans leurs vêtements et de ne plus sentir leurs mains et leurs bras, ils firent une entracte.
Descendant de la scène, Matthias et Gilbert se mirent à rire, comme pour évacuer toute cette énergie en train de leur retomber dessus.
Natalya alla rejoindre son frère, et sa grande sœur qui était venue assister au concert sans faire partie du lycée. Arthur l'imita pour aller voir sa propre famille, tout sourire.
Ils s'enlacèrent et Arthur reçut tellement de félicitations de leur part qu'il sentait qu'il ne pouvait pas être plus heureux que cela.
Enfin, si, il l'aurait pu, mais cela lui paraissait très difficile. Il se sentait complet et heureux, et l'espace d'un instant il se demanda à quel point le sentiment de publier un livre était plus fort que cela.
-Merci d'être venus… sourit Arthur à ses parents et ses deux plus grands frères.
-C'est normal ! répondit son père. C'est la toute première fois que tu joues sur scène, on ne pouvait pas rater ça !
Alister le souleva dans ses bras en rigolant tandis qu'Elwyn et Cymru posaient sur lui un regard fier qui le remplit de joie.
-T'avais vraiment l'air à fond sur scène ! se réjouit le grand roux. Continue comme ça, tu déchires little bro !
-Thank you ! lui répondit-il, les yeux brillants.
Ces derniers se portèrent au-dessus de l'épaule de son aîné, pour croiser un regard bleu céruléen. Il échangea un sourire avec Francis. Pourtant, Arthur ne fit pas mine d'aller vers lui. Pour l'instant, il voulait passer du temps avec sa famille. Il préférait consacrer à Francis un tout autre genre d'instant. Certainement le dernier moment qu'il aurait de libre avant la fin du concert.
Bien vite, Arthur et les trois autres durent remonter sur scène.
La famille du jeune blond continua de le contempler en souriant. Arthur avait eu un parcours difficile avant que ce moment ne puisse enfin arriver. Ils avaient l'impression que tout, ou presque, s 'arrangeait enfin pour lui. Ils espéraient qu'il n'aurait pas trop de traces de son harcèlement. Qu'il parviendrait enfin à s'assumer. Mais le Arthur qu'ils voyaient là, sur scène, guitare à la main, devant un micro, leur donner espoir et courage. Il y parviendrait.
Alfred et Ivan contemplaient le groupe, eux aussi, de plus loin. Ils savaient tous deux ce qui s'était passé pour l'Anglais et avaient tous deux prit le parti de passer du temps avec lui pour l'aider à se retrouver, petit à petit. Même Ivan qui ne le connaissait pas bien à la base. Désormais ils s'entendaient plus bien, d'ailleurs !
Francis, lui, regardait tour à tour Arthur et Gilbert, mais surtout Arthur, il fallait bien l'avouer. Il était heureux pour ses deux amis, puisqu'il était aussi très proche de l'albinos, qu'il considérait comme un frère. Tout comme Antonio qui se trouvait à côté de lui. Mais Arthur… Arthur était différent, bien entendu. Il le connaissait depuis si longtemps… il savait à quel point la musique comptait pour lui. Et il savait qu'il avait traversé de durs moments, même s'il ne savait pas encore lesquels. Il voyait bien que son ami, pour qui il éprouvait en plus des sentiments plus fort que cela, était heureux.
Véritablement heureux.
Il ne pouvait que s'en réjouir, après tout…
Le concert dura encore. Il y eut une entracte, plus courte que la première, où les musiciens ré accordèrent leurs instruments et se reposèrent tout en se rafraîchissant. Puis ils continuèrent de jouer divers morceaux. La foule était ravie et complètement emballée par cette soirée, et de nombreuses personnes quémandaient tel ou tel morceau. Parfois, quand la foule s'accordait sur l'un d'eux, les adolescents répondaient à leur demande même s'ils ne s'étaient pas forcément entraînés pour cela. Malgré tout, cela fonctionnait très bien.
Leur coordination était agréable et ils semblaient s'amuser encore plus que leur public, qui le ressentait.
Puis, finit par venir la dernière entracte.
Arthur se sentait envahi d'une émotion étrange. Il y avait certainement une bonne pinte d'adrénaline dans tout cela, et ses yeux brillaient d'une lueur vive.
Francis le rejoignit alors qu'il descendait de la scène, en souriant.
-Tu veux aller marcher un peu dehors ? L'air frais te fera du bien, tu es tout rouge ! rigola le Français.
-Ça me va ! approuva Arthur. On doit bien avoir dix minutes de répit !
Ils sortirent dehors par une porte derrière la scène. La salle étant au rez-de-chaussée, ils furent vite à l'air libre. La nuit était déjà tombée, et ils marchèrent derrière le bâtiment du lycée, dans l'herbe, côte à côte. La neige tombait doucement et les flocons se voyaient d'autant plus à la lueur des lampadaires plus loin. Arthur savait que sa famille rentrerait sans lui à la fin du concert : il devait rester à l'internat avec l'argent gagné.
L'Anglais avait un fort sentiment… d'irréalité. Tout lui paraissait loin, presque onirique. Oui, c'était ça. Il se sentait comme dans un rêve. Il savait que ça n'en était pas un, mais il se sentait comme cela.
Les sensations, le froid contre sa peau, les odeurs de l'hiver, les sons… tout lui paraissait pris dans un vertige indescriptible. Pas comme un vertige d'évanouissement. Plutôt comme si tout se fondait et s'éloignait de ses perceptions.
Il sentait en revanche cette adrénaline, ce bonheur, et son cœur battre à une vitesse folle à cause de toute l'énergie qu'il donnait dans le concert. À vrai dire, il avait tellement chaud qu'il s'étonnait de ne pas voir fondre la neige sous ses pas.
Il ne s'entendit pas vraiment répondre à ce que Francis lui disait. Il ne savait même pas comment il réussissait à lui répondre. Sa voix, plus que ses paroles, atteignaient son esprit, et elle aussi faisait battre son cœur plus vite.
Il le ressentait plus qu'il ne le voyait à ses côtés. Tout le reste lui paraissait lointain, mais Francis était la seule chose tangible, avec ses propres réactions physiques. Ce n'était pas pour autant qu'il analysait les choses clairement.
Quelque part dans son esprit, il savait que la première chose qu'il ferait une fois rentré dans sa chambre, ce serait d'enlever ses vêtements, de se blottir dans sa couette et de dormir. Longtemps.
Il sentait que l'énergie et l'excitation finiraient par se dissiper pour laisser la place à une énorme chape de fatigue.
Mais cela n'était pas encore arrivé, alors il profitait juste de l'instant présent.
Ils finirent par revenir près de l'entrée. Elle n'était qu'à quelque pas, après le coin du mur. Les dix minutes étaient presque écoulées. Arthur regarda Francis parler avec un sourire. Le Français était auréolé par les légers flocons de neige et la lumière fixée au mur quelques mètres plus haut. Ses cheveux retenus par un ruban dégageaient son visage que l'Anglais jugeait parfait.
Il ne sut pas exactement ce qu'il lui prit. La dernière barrière qu'il avait forgé dans son esprit finit par tomber, comme toutes les autres auparavant. Sans réellement s'en rendre compte, sans tout à fait être maître de ses mouvements, il se rapprocha de Francis qui s'interrompit dans ses paroles, surpris. Arthur l'attira vers lui, agrippant son écharpe bleue entre ses doigts. Puis, dans le même mouvement, il l'embrassa comme si sa vie en dépendait.
Francis finit par y répondre, le premier choc passé. Il ne comprenait pas, ne réalisait pas vraiment, mais décida de ne pas se poser de questions.
Leur premier baiser, maladroit, devint quelque chose de plus fort, de plus doux, de plus intense, tout en restant chaste. Comme si leurs cœurs s'étaient mis à battre à l'unisson.
Puis, une voix appela Arthur de la salle, et la magie de l'instant fut rompue.
Les joues rouges, ils se regardèrent yeux dans les yeux quelques instants.
Puis, avant de réaliser, avant de paniquer et de s'enfuir quelque part très loin, Arthur se dépêcha de rentrer dans le bâtiment.
Il retourna s'abandonner à la musique sans un mot pour Francis, comme une fuite en avant, sans pouvoir, de toutes façons, lui dire tout ce qu'il aurait voulu lui dire.
oOoOoOo
Le concert était fini. Le compte de l'argent avait été fait avec Natalya et cette dernière était partie rejoindre son frère et sa sœur qui la raccompagnait chez elle. Arthur resta quelques instants dans la salle du concert pour la balayer du regard.
La soirée avait été fantastique à tous points de vue. Il avait réalisé l'un de ses rêves d'enfant, sa famille avait été là pour le voir, il avait relâché tout ce qui lui pesait encore en se défoulant… il avait embrassé Francis. Pour la deuxième fois. Et cette fois-ci, il était réveillé. Et le lui avait rendu.
Arthur préférait tout de même ne pas y penser.
D'accord, il y pensait sans arrêt.
Mais le souvenir du concert, encore très frais, était là pour l'aider, ainsi que la fatigue qui l'enveloppait de plus en plus, comme prévu.
Il devait voir Francis le lendemain, de toutes façons. Il aviserait. De toutes façons il était bien trop tard pour reculer… même si, à vrai dire, il aurait préféré pouvoir le revoir avant la fin de tout cela…
Mais c'était ainsi.
Le jeune homme prit la caisse avec de grandes précautions et sortit de la salle, qu'il referma soigneusement à clé.
Les élèves n'étaient pas censés rester à l'internat le samedi soir, il était l'exception, et avait les clés. Cymru devait certainement en être très jaloux.
Arthur commença à descendre le long de l'allée qui menait au bâtiment de l'internat, quelques mètres plus loin, mais deux ombres devant lui le firent se figer.
Il déglutit quand ces dernières s'avancèrent et qu'il les reconnut. Ses harceleurs.
Ses doigts se crispèrent sur la caisse et il se força à rester calme et à ne pas trembler.
Courageux. Il devait rester courageux.
Son cœur était en train de se glacer sur place peu à peu…
-Bonsoir Kirkland… susurra l'un des garçons. Cette fois-ci t'as pas ton frangin ou tes copains pour te défendre…
-Vous pouvez me frapper… mais vous savez très bien qu'il y aura des représailles si vous le faites, répondit Arthur.
Cette fois-ci, il n'avait aucune raison de ne pas rendre les coups même s'il n'avait pas de grandes chances de gagner face à eux qui étaient plus grands et moins fins que lui. Mais tout de même.
-On va pas te frapper ! répondit l'autre garçon. En fait, c'est plutôt la caisse qui nous intéresse.
Leurs voix calmes l'inquiétaient bien plus que leurs intentions. Les menaces de Cymru, d'Ivan et Alfred n'étaient-elles pas suffisantes ? Et puis ses parents étaient allés voir les leurs… qu'avaient-ils pour l'effrayer cette fois-ci ?
-Et qu'est-ce qui vous fait croire que je vais vous la donner tranquillement ou ne pas vous dénoncer aux flics si vous me la prenez ? demanda-t-il d'un ton méfiant.
-C'est marrant que tu parles de dénoncer aux flics…
Le plus grand des deux garçons sortit son portable, chercha visiblement quelque chose dessus avant de le tendre en face du visage d'Arthur.
Le cœur de ce dernier se serra en reconnaissant Cymru. Le garçon fit défiler les clichés. Son frère, en plus d'être reconnaissable, ne trompait personne sur ce qu'il était en train de faire, à savoir voler des livres au CDI ou une télé dans la salle des professeurs.
D'accord, il avait toujours remis la télé en place mais…
Mais ses agissements pouvaient réellement lui coûter gros, maintenant qu'il y avait des personnes mal intentionnées au courant de ceux-ci.
-J-je… souffla Arthur, la gorge atrocement nouée.
-On ne va pas te prendre la caisse toute entière, continua l'un de ses anciens harceleurs d'un ton doucereux. Nan, on va juste prendre une petite somme, et on reviendra demain en prendre une plus grosse. Vous avez fait les comptes, non ? Ils sauront que c'est toi. Mais…
Il agita le portable devant le visage d'Arthur, et ce dernier sentit ses forces l'abandonner un peu plus.
Soit il dénonçait ceux-là et ils dénonçaient son frère… soit il acceptait et il allait avoir de gros ennuis…
Il chercha rapidement ce qui pourrait l'aider à s'en tirer sans soucis.
Il ne trouva pas.
Mais…
Mais il n'allait pas se laisser faire. Il savait que là, il était obligé d'obéir.
Mais Arthur sut, en ouvrant la caisse, la mort dans l'âme, qu'il allait trouver une solution.
Il ne pouvait pas faire autrement. Il refusait qu'on lui prenne définitivement ce bonheur qu'il avait réussi à retrouver juste après l'avoir retrouvé.
Il allait trouver quelque chose. Il allait se sortir de là.
Il allait y arriver… il n'avait pas le choix…
