Disclaimer : Les personnages (à l'exception de Jon Cooper et Devon Loomis) et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling.
Pairing : HP/DM ; brève mention de DM/OMC (Devon Loomis) et past HP/JC (Jon Cooper)
Rating : T
Genre : Romance / Mystery
NdSs : Helloooooo ! Voici (enfin!) la suite. Merci pour votre patience et votre soutien. Bonne lecture !
The Truth about Love
3ème partie : Tu mens, ça se voit comme le nez au milieu de la figure.
Ooo FCRCSM ooO
Le lendemain, Harry fut en retard. De quinze minutes. Draco était agacé. Et inquiet. Peut-être que le Gryffondor avait changé d'avis et ne voulait plus l'aider à trouver le coupable ?
Il relisait sa liste de suspects, quand Salazar l'informa que Monsieur Harry Potter était arrivé. Soulagé, Draco ordonna à son elfe de maison de l'amener dans le salon. Malfoy s'apprêtait à sermonner l'Auror pour son manque de ponctualité, mais les mots moururent dans sa gorge en avisant la tête de Potter, couverte de griffures.
« Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? On dirait que tu t'es battu avec un Fléreur !
- Presque, en rigola le Gryffondor. »
Alors que le blond fouillait dans une armoire avec vitrine remplie de fioles, Harry expliqua :
« C'est le chat de ma voisine qui ne s'est pas montré très coopératif pour sortir de sa cachette. »
Draco le fixa bizarrement.
« Quoi ? » se sentait-il obliger d'ajouter.
Malfoy adopta un ton empreint de désinvolture :
« Je me demandais juste comment tu avais pu vaincre Voldemort, c'est tout.
- Hé, je tiens à signaler que Sardine a l'allure d'un tigre et il est aussi hargneux que Miss Teigne.
- Ouhlà, oui Sardine, quel nom…pas effrayant. »
Zut, même les sarcasmes ne fonctionnaient plus.
Arrivé à la hauteur de l'ancien Gryffondor, Draco lui tendit une fiole au contenu opaque rouge vif.
« Tiens bois ça. »
Méfiant, Harry questionna :
« Qu'est-ce que c'est ?
- Pas du poison si c'est cela qui t'inquiète tant. C'est de l'essence de Dictame mélangée à une potion cicatrisante.
- Oh, merci.
- Je t'en prie. »
Harry vida le contenu de la fiole et fit une grimace de dégoût. Il sentit presque aussitôt les tiraillements sur son visage s'estomper. Il constata également avec joie et cette pointe de fascination que les marques sur ses mains avaient complètement disparu. Il faudrait qu'il pense à renouveler son stock dans ce genre de remèdes.
« Bien, maintenant que tu es tout beau et présentable. Peut-on en revenir à mon affaire ?
- J'ai rêvé ou tu viens de dire que je suis beau ?
- Concentre-toi sur mon problème, veux-tu ? »
Harry acquiesça. Il avait ce satané sourire agaçant, qui énerva Draco encore plus. D'un ton un peu sec, il déclara :
« Voici la liste de mes suspects potentiels. »
Il donna à Harry une feuille de parchemin. Potter leva presque aussitôt son nez du document pour s'exprimer, désabusé :
« Sérieusement ? Ron est ton suspect principal et j'apparais en deuxième ?!
- Pourquoi ça t'étonne, tu aurais voulu être en premier ? » se méprit le blond qui ajouta sous le regard renfrogné de l'autre jeune homme : « Mieux vaut ne pas écarter toutes les pistes, non ? »
Sortant de son manteau une plume à encre intégrée, Harry barra son nom et celui de Weasley car il pouvait le certifier, Ron et lui n'avaient rien à se reprocher.
Il étudia encore quelques instants les dix autres noms de la liste, demanda des précisions sur les soupçons qu'il espérait fondés et sérieux quant à la légitimité de figurer sur cet inventaire, puis ordonna à Draco de ne pas bouger de chez lui, jusqu'à son retour.
Évidemment, Draco voyait les choses autrement.
« Hors de question que je reste ici. Je viens avec toi ! »
Leur dispute/débat dura encore une dizaine de minutes.
C'est Draco qui gagna cette bataille. Harry n'était pas sûr de pouvoir expliquer comment cela était possible. Il se demandait même si le blond n'avait pas utilisé un Impérium pour le forcer à accepter qu'il participe aux investigations.
« Tu m'accompagnes, mais tu ne diras rien, compris ?
- Oui, oui. Bouche cousue. Enfin, façon de parler. Je ne vais pas vraiment me coudre la bouche. Je vais me préparer.»
Malfoy passa une robe de sorcier par-dessus sa tenue (pantalon noir et chemise d'un gris foncé) et prit une paire de gants en cuir qu'il enfila puis boutonna au niveau du poignet.
Harry lui fit remarquer qu'il devait se dépêcher un peu et que la météo s'annonçait clémente et ensoleillée - lui-même troquerait volontiers son uniforme réglementaire d'Auror contre un simple tee-shirt, s'il le pouvait.-
« Ça s'appelle avoir du style. »
Harry préféra ne rien répliquer.
Enfin prêt, Draco voulut savoir leur destination. Harry lui indiqua qu'ils iraient selon l'ordre des noms sur la liste.
« Très bien, allons rendre visite à Théo. Il a un commerce de potions près du chemin de Traverse. C'est bien son genre de trafiquer des potions uniquement pour se marrer. Il va payer très cher cette farce.
- Tu me laisses gérer l'interrogatoire, lui rappela fermement Harry. Et tu n'interviens en aucun cas. »
Malfoy afficha un sourire digne d'une publicité pour une marque de dentifrice. Cela déstabilisa Harry car il n'y avait aucune sournoiserie. Juste un franc bonheur.
« Je suis sérieux Malfoy, ne joue pas au con.
- Oui, fais-moi confiance. Je ne vais certainement pas gâcher ma chance de voir le célèbre Harry Potter en pleine action. Aucun risque. Je suis convaincu que ça ferait un super sujet d'article. »
Passant à ses côtés, Harry saisit Draco par le bras et le contorsionna de telle sorte à maintenir fermement avec son autre main le blond légèrement recroquevillé dos au brun. Harry détacha chaque mot de son avertissement qu'il énonça au creux de l'oreille de Draco, d'un air autoritaire :
« Tu publies une seule ligne de cette enquête et je te passe les menottes. »
N'attendant pas d'acquiescement, il relâcha Malfoy qui réajusta sa tenue pourtant impeccable.
Alors qu'il s'introduisit dans la cheminée, Draco annonça :
« Hm, je vais peut-être me laisser tenter alors. »
Il disparut après avoir lancé un clin d'œil aguicheur. Harry songea que peut-être il avait barré son prénom un peu trop hâtivement, finalement.
OooooO
De retour au Manoir, Malfoy s'écria tout en époussetant sa robe de sorcier :
« Salazar ! »
Aussitôt, l'elfe de maison apparut et s'inclina :
« A votre service, maître Draco … est blessé ! » acheva l'elfe en se redressant. Il trottina de ses petites jambes jusqu'à son maître pour voir de plus près sa blessure au visage et lui apporter son aide.
« Que s'est-il passé ? Qui … »
Cependant Salazar ne put finir son questionnement car Harry arriva à son tour par le Réseau de la poudre de Cheminette. Il fulminait de rage.
Ooo Flash-back ooO
« Cooper, dis-moi que tu as trouvé quelque chose.
- J'ai fait plusieurs analyses, mais je n'ai rien trouvé de suspect dans ton organisme. J'en suis donc arrivé à la conclusion qu'il s'agit d'un sortilège.
- Tu me l'as déjà dit la dernière fois. Peux-tu identifier la personne qui a lancé le sort ?
- La magie résiduelle est trop faible. Désolé.
- Tu ne peux pas défaire le sort ?
- Non, seule la personne qui a jeté le maléfice peut l'annuler.
- C'est quoi alors la bonne nouvelle ? »
Draco avait reçu une notification par hibou du briseur de sort, alors que lui et Harry arpentaient une ruelle adjacente à l'Allée des Embrumes pour se rendre chez le prochain suspect de la liste.
« J'ai peut-être trouvé le moyen d'atténuer les effets.
- C'est-à-dire ?
- C'est une hypothèse, mais si mes estimations sont correctes, j'ai une potion qui peut te rendre ta capacité à modérer la vérité dans tes paroles.
- Combien de temps ?
- Non, mais c'est ridicule, intervint Harry qui avait suivi la conversation sans rien dire jusque-là. Malfoy, dire la vérité n'est pas une malédiction.
- Potter, on en a déjà discuté : C'est pour me protéger. Ce n'est pas de dire la vérité qui m'inquiète, mais les réactions des gens qui l'entendent. »
Coupant là la conversation, Draco se tourna vers Cooper pour avoir des précisions sur la posologie.
Ce dernier s'isola ensuite dans une pièce aux vitres transparentes pour finaliser la potion : il devait encore dire une incantation et Malfoy pourrait la boire de suite après.
Les bras croisés sur son torse, manches retroussées, assis sur un tabouret, Harry demanda :
« Tu crois vraiment que ça va marcher ?
- C'est ma meilleure chance, jusqu'à ce que tu retrouves l'individu qui m'a jeté ce sort. »
Harry était surpris par la détermination du blond et la confiance qu'il lui portait. Aucun suspect sur la liste n'avait porté ses fruits. Pourtant, Draco avait eu raison de croire qu'ils avaient tous une dent contre lui. Cependant, aucun d'entre eux n'avait avoué commettre ce pseudo-crime et sans preuves concrètes, Harry ne pouvait pas les accuser de quoi que ce soit. Sauf peut-être de stupidité et de naïveté : La plupart avait eu une liaison d'une nuit avec Malfoy et ce dernier ne les avait jamais rappelés. Voilà quoi. L'enquête piétinait.
Harry s'en voulait de ne pas avoir bouclé l'affaire. Outre le fait que Malfoy semblait vraiment miné par sa condition, il fallait qu'il trouve une piste rapidement parce qu'il avait mieux à faire que passer son temps avec le blond et s'immiscer dans son intimité.
En quelques heures, avec ces interrogatoires, il avait appris bien plus de choses sur la vie privée de Malfoy qu'il ne le souhaitait. Tout ça pour rien, en plus. Il était tenu à la confidentialité : il ne pourrait même pas partager certaines infos avec ses amis. En même temps, il se voyait mal glisser lors d'un dîner entre amis ce qu'il avait appris :
« Vous saviez que Malfoy sait parler cinq langues (« Il est doué avec sa bouche…) et qu'il joue du piano et du violon ? (« C'est un virtuose avec ses mains. . . Il a un toucher exceptionnel…») Au fait, je vous ai parlé de sa collection de balais ? (« Il m'a fait décoller comme personne jusqu'au Septième ciel…») Vous avez des projets de voyages ? Malfoy possède sa propre plage privée... (« C'est un adepte du nudisme…») Ah et il paraît que c'est un super amant et qu'il est membré comme un hippogriffe. »
Harry voyait déjà l'air horrifié et abasourdi sur le visage de Ron et Hermione. Il garderait ses infos pour lui. Pas besoin de donner ce genre de vision à ses amis. Lui-même avait du mal à les chasser de son esprit.
« Cent Gallions pour tes pensées.
- Pardon ?
- Rien, tu étais ailleurs. Je me demandais ce qui pouvait se tramer là-dedans (Il pointa la tête d'Harry) au point de te faire rougir.
- Je réfléchissais à l'enquête. »
C'était la vérité, en quelque sorte. Il dévia rapidement la conversation car il n'aimait pas quand Malfoy le dévisageait de cette manière. Il avait l'impression que Draco tentait de lire dans son esprit - chose dont il était parfaitement capable à n'en pas douter.
« Boire une potion pour mentir : C'est pas un peu hypocrite, alors que tu écris des articles "véridiques" ? »
Draco prit bien cinq longues secondes avant de s'exprimer :
« Toute personne apparaissant dans mes interviews est consentante à ce que j'écrive leurs vérités. Tu le saurais si tu acceptais d'en faire une.
- Dans tes rêves.
- Qui est hypocrite, là ?
- Il y a une différence entre étaler sa vie privée dans les journaux et être honnête avec quelqu'un lors d'une conversation.
- Vraiment ? Alors tu ne vois pas d'objections à ce que je demande ce qu'il y a eu entre Cooper et toi ?
- Ça ne te regarde pas. »
Harry lança un coup d'œil en direction du Briseur de sort, pour s'assurer qu'il n'entendait pas cette discussion.
« Qu'est-ce que je disais ? Hypocrite. Allez Potter, tu peux me le dire. Promis, ça reste entre nous. Vous avez couché ensemble et ce n'était pas terrible, c'est ça ? »
Le blond prit un air faussement désolé, avant d'adopter un air passablement réjoui, comme s'il tenait une info croustillante : « Ou au contraire et c'est à ça que tu pensais tout à l'heure ? »
Harry bafouilla quelque chose d'incompréhensible avant de se ressaisir :
« Plus un mot ou je te jette un sort, avertit Harry qui se redressa sur son tabouret alors que Cooper revenait vers eux. »
* Fin du Flash-back *
« J'avais prévenu de te taire.
- J'ai bien essayé, mais c'est Cooper qui a voulu savoir si tout allait bien, parce qu'il avait l'impression du contraire. J'ai simplement été honnête. »
(« Oui, tout va très bien. C'est prêt ? Merci Jon. Tu viens Malfoy, on a un coupable à arrêter. »
Harry avait pris Malfoy par la manche.
« Non, ça ne va pas. Potter refuse de me dire si vous avez couch... »
Harry avait mis sa menace à exécution, sous le regard choqué de Cooper. Puis il avait entraîné Malfoy jusqu'au réseau de cheminées le plus proche. )
« C'est bon Salazar, tu peux nous laisser. »
Les grands yeux de l'elfe se durcirent et ne lâchèrent pas Harry jusqu'à ce que la porte se referme entièrement.
« Tu avais raison : il vaut mieux que tu ne dises pas la vérité. »
Après un « Enfin tu l'admets » Draco avala une gorgée de la potion, puis lança un sort sur sa montre pour qu'elle l'avertisse au bout de trois heures. Temps imparti durant lequel elle agissait.
Pendant ce temps, Harry commenta :
« Nous avons interrogé tous les suspects de ta liste. Sans résultat probant. Alors on va procéder autrement : qui aurait un mobile pour te faire dire la vérité ?
- Si je le savais, tu ne serais pas là.
- J'aurais besoin de consulter le courrier que tu reçois de tes lecteurs. C'est possible ?
- Tu penses qu'un lecteur aurait pu faire ça ?
- Peut-être. C'est une piste à suivre en tout cas.
- Très bien, allons-y.
- Où ça ? Tu ne le reçois pas chez toi ?
- Évidemment que non. Je le fais transférer au journal pour ne pas être importuné toutes les trente secondes par une horde de volatiles. »
Harry leva les yeux au ciel (quel vantard) pour se retrouver nez à nez avec le blond :
« Serais-tu jaloux Potter à l'idée que je puisse avoir plus d'admirateurs que toi ?
- Absolument pas. »
Il recula d'un pas, mais Draco le saisit par l'avant-bras et les rapprocha encore plus si c'était possible. Harry serra les poings et retint un instant son souffle.
« Relaxe Potter, sinon je risque de te désartibuler un membre en nous transplanant. »
Le contact sur sa peau avec le cuir des gants de Malfoy provoqua un agréable frisson tout le long de son bras. C'est sur cette sensation qu'il se concentra avant de ressentir un nœud dans son ventre l'envahir...
OooooO
Harry le savait : le blond ne recevait pas tant de lettres que ça.
Il y avait seulement trois cartons (un pour chaque année passée au journal) de tailles relativement imposantes, certes, mais ce n'était pas non plus la montagne qu'il s'était vanté de recevoir. Ça leur prendrait tout au plus deux jours pour tout lire.
Malfoy lui avait ordonné d'attendre son retour (il devait parler à son patron) dans son bureau. De taille plutôt modeste, avait remarqué Harry en arrivant. Cependant, malgré le style épuré, il était bien équipé pour se sentir à l'aise : en plus du bureau standard et trois chaises, il y avait un canapé très confortable, un fauteuil et une table basse, sur laquelle était posé un service à thé. Une cafetière et une bouilloire se trouvaient sur une petite commode, à côté de laquelle une étagère remplie de livres sur des sujets divers et un placard mural venaient agrémenter la pièce.
Trouvant le temps long, Harry s'installa sur le canapé et ouvrit un premier carton.
Harry fut immédiatement conscient de son erreur en entendant un grondement venir du carton, mais il était déjà trop tard. Une explosion de lettres jaillissant de la boîte se produisit. Le courrier pleuvait et cela rappela à Harry le dimanche chez les Dursley quand leur salon fut inondé de lettres de Poudlard.
Quand le carton recracha sa dernière lettre, la porte du bureau s'ouvrit sur un Draco surpris et le souffle un peu saccadé comme s'il avait couru - surement avait-il entendu la détonation :
« Qu'est-ce que... Merde Potter, je t'avais dit d'attendre!... Oui, tout va bien, retournez bosser. »
La porte claqua.
« Comment je pouvais savoir que le contenu des cartons était magiquement rétréci ? »
La voix d'Harry était étouffée. Il était à moitié allongé sous un tas de lettres duquel il émergea.
« Tu aurais dû me prévenir.
- Que tu devrais écouter au lieu d'agir comme le stupide Gryffondor que tu es ? Je suis persuadé que tu le savais déjà.
- Désolé » admit Harry qui prit sa baguette et lança un sort de rangement. Les lettres s'ordonnèrent en plusieurs piles. Poussant un long soupir devant la tâche qui les attendait, Harry prit un tas et en commença la lecture.
À son grand étonnement, Draco s'installa à ses côtés. Harry aurait pourtant parié qu'il choisirait le fauteuil.
OooooO
« Le café est prêt, annonça Harry après plusieurs heures. Tu en veux un ?
- Volontiers. Regarde dans le placard, à droite, il doit y avoir des tasses qui traînent. »
Harry s'exécuta puis s'exclama au bout de quelques secondes :
« Oh bah ça alors ! »
Malfoy leva le nez du parchemin qu'il lisait.
« Quoi ? »
Harry lui montra sa trouvaille : une jolie tasse noire avec une inscription : I, un cœur, Harry Potter.
Et merde.
« C'est un cadeau de Zabini. »
Putain de Zabini qu'il saluerait d'un Crucio la prochaine fois qu'il le verrait.
« Sympa, sourit Harry.
- Ne flatte pas trop ton égo et jette-la à la poubelle.
- Pourquoi tu ne l'as pas fait toi-même si tu la trouves si horrible ? questionna Harry en versant le café dans la tasse puis dans une autre pour Malfoy qui était venu à sa hauteur.
- La politesse, Potter, tu connais ? Ça ne se fait pas. C'est pour cela qu'elle était au fond du placard où tu n'aurais jamais dû...
- Oh, regarde, elle change de couleur quand on met de l'eau chaude !
- Fantastique, nota Draco en roulant des yeux. »
La tasse était devenue entièrement blanche et une nouvelle image apparut à la place du message. Draco n'avait jamais utilisé son cadeau et Zabini avait omis ce détail, volontairement ou non, il ne savait pas.
« Oh. Je ne m'attendais pas à ça. »
Une photo d'Harry qui enlevait son tee-shirt s'anima devant les yeux ébahis des deux hommes.
Une longue minute de silence gênée passa. Jusqu'à ce que Harry demande, en cherchant dans le placard une autre tasse :
« Du sucre ? »
« La boîte bleue. Un morceau s'il te plaît. C'est un piercing que je vois là ? »
Harry fit disparaître d'un coup de baguette magique la tasse que tenait Malfoy et qu'il étudiait avec attention. Le Serpentard avait un sourire goguenard et lui fit un clin d'œil.
Gêné, Potter déclara : « C'est une photo truquée. »
Avec une moue, Draco lui rétorqua :
« C'est bien dommage. »
Harry ne voulait pas savoir pourquoi le blond semblait aussi déçu.
Une autre minute passa en silence, si ce n'est le bruit d'une cuillère contre la porcelaine de Chine.
L'alarme sur la montre de Draco retentit. Il était temps qu'il prenne une autre gorgée de sa potion. Cela rappela à Harry que le blond était certainement faussement déçu.
Harry ne voulait pas savoir d'où lui venait sa propre déception quant à ce fait.
OooooO
« Malfoy. »
Harry posa une main sur l'épaule du blond et le secoua légèrement pour le réveiller. Il était parti quelques instants pour utiliser des toilettes et se dégourdir un peu les jambes. Il avait pris quelques ravitaillements dans le bar-restaurant à deux pas du journal. À son retour, il avait trouvé Malfoy paisiblement endormi, assis sur le canapé, une lettre en main.
Malgré le réveil sans brusquerie, Malfoy sursauta.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
- Désolé de te réveiller...
- Je ne dormais pas, affirma Draco, grognon.»
Harry comprit ce que la devise "on ne réveille pas un dragon qui dort" signifiait. Il comprit également que la potion agissait correctement. Malfoy pouvait mentir. Ce dernier masqua un bâillement avec le revers de sa main.
« Je voulais te faire savoir que si tu as faim, j'ai ramené des sandwiches. »
Draco le remercia avant de brutalement cacher son visage entre ses mains, étouffant un cri de douleur.
« Malfoy, qu'est-ce qui ne va pas? »
Draco se leva et le bouscula, avant de s'enfuir en courant.
Harry le poursuivit à travers les locaux de la Gazette jusqu'aux toilettes pour hommes où il vit le blond pénétrer.
Un sorcier en sortit dix secondes plus tard, effrayé. Il fut suivi de peu par Zaccharias Smith qui était surtout énervé de se faire jeter dehors par un « putain de Mangemort qui se croit tout permis. »
Il passa à côté d'Harry en l'ignorant complètement. En même temps, Harry et lui n'avaient jamais eu d'affinités.
Arrivé devant la porte, Harry prévint le Serpentard qu'il allait entrer.
Entrant dans la pièce, Harry constata que Draco s'était réfugié dans l'un des cabinets de toilette.
Il l'appela. Plusieurs fois, jusqu'à ce que la voix étouffée du blond résonna et lui ordonna de dégager.
Selon lui tout allait bien. Il n'avait pas besoin d'aide.
Le râle de douleur prouvait pourtant le contraire.
« Par Merlin, Malfoy sort de là et dis-moi ce qu'il t'arrive!... Je vais défoncer la porte.
- Ne fais pas ça. C'est bon, je sors. Promets-moi juste de ne pas rigoler et je t'interdis de mentionner ça à qui que ce soit.
- D'accord.
- Jure-le.
- Je le jure, dit Harry agacé. »
Malfoy sortit enfin et Harry, malgré toute sa bonne volonté et son empathie, fut incapable de tenir ses promesses.
En même temps, pour sa défense, Harry n'avait pas d'autres choix que de faire appel à un spécialiste car il ne connaissait pas de remèdes qui rendraient son apparence normale au blond. Et difficile de ne pas rire quand le nez de votre ancien rival d'école ressemblait à celui de Pinocchio.
« Je te hais, Potter. » lança Draco en croisant les bras et serrant les poings à cause de la douleur. Harry était tellement hilare qu'il ne remarqua pas le nez du blond s'allonger d'un autre centimètre.
Ils apprendraient plus tard, en rendant visite pour la seconde fois à Cooper, que c'était un effet secondaire de la potion. Le sortilège influençait le fonctionnement de la potion anti-vérité. Draco pouvait mentir, mais s'il le faisait alors son nez s'allongeait. Maigre consolation, cela était temporaire. Cooper s'excusa et promit d'élaborer une autre formule. En attendant, Draco ne devait plus boire la potion. Retour à la case départ.
OooooO
C'est d'humeur morose et fatigué que Draco transplana chez lui, vers 1 heure du matin, accompagné par Harry.
« Bonne nuit, souhaita Harry en se détachant. »
Malfoy le retint par la manche.
Il attrapa la main d'Harry et donna une brève pression dessus.
« Merci. »
Leurs regards se croisèrent et se fixèrent. Harry esquissa un sourire :
« Tu me remercieras comme il se doit quand tout ça sera terminé. »
Draco acquiesça d'un geste de la tête. Harry savait qu'il suffisait d'un pas supplémentaire et leurs lèvres se frôleraient. C'était une très mauvaise idée. Terriblement tentante, mais qui laisserait place aux regrets dès que le jour se lèverait.
Harry retourna chez lui sans un regard en arrière.
OooooO
A suivre…
