Hey guys !

Le nouveau chapitre est en ligne, comme vous pouvez le voir ! Pile à l'heure !

Réponse à la review de ma guest adorée ( oui, depuis que j'ai vu tes romans de commentaires en fait xD ) Kanade-Chin : Je réponds TOUJOURS aux reviews, qui me font tant plaisir que je ne peux m'empêcher de les lire à tous mes proches tant elles me rendent euphorique ! Et puis, le père Noël existe, voyons ! Je prends des photos avec lui dès que je le croise en période de fêtes ! Non mais !
Aaaah, tant de compliments, c'est trop d'honneurs... ! Oui, la plaque chauffante... J'ai écris ce passage en attendant mon train, et j'ai explosé de rire toute seule en m'imaginant la scène... Réaction de toute la trentaine de personnes agglutinée sur le quai à côté de moi ? Je te laisse imaginer...
Oh, la théorie du vide ? En toute honnêteté, j'ai moi-même du mal à m'y retrouver dedans ! Les automails d'Ed ? No problem, il porte cette espèce fausse peau étrange comme dans le film ! Et il s'est brûlé l'autre main, ce qui ne pose donc aucun problème :)
Oui, moi aussi, j'aime faire et voir souffrir notre petit Edo tout kawaii *^* Promis, je ne ferrais rien de trop méchant à Alounet (ou presque pas... Ou alors... Qui sait ? )
Ah, toi aussi tu as une petite sœur ? En fait j'en ai trois. Et un petit frère. Et trois demi-frères plus âgés que moi. Oui, ça fait beaucoup. Mais bon, on s'éclate bien lors des réunions de famille ! Je te raconte pas le bazar ! Et quand on commence à s'engueuler... ! Bon, stop le racontage de vie...
Et au fait, tu écris une fic ? Où ça ? Je peux la lire ?
Bref, merci encore, et voici la suite tant attendue (ou pas ? TwT ) ! J'ose espérer te revoir apparaître dans la section reviews de ce nouveau chapitre !

Et maintenant, chapitre quatre ! Enjoy !~


FULLMETAL ALCHEMIST : LES SAUVEURS DU FUTUR
CHAPITRE QUATRE : ATTENTE ET RÉVEIL

Trois jours. Trois jours qu'Alphonse était rentré chez Thomas et sa famille, les Stone, les yeux gonflés et rougis par les nombreuses larmes qu'il avait versé, portant sur son dos le corps inerte d'Edward. Trois jours que ce dernier n'avait pas ouvert un œil. Trois jours qu'Alphonse, mort d'inquiétude, le veillait...

Le médecin était passé dans la nuit qui avait suivi 'l'incident', et avait diagnostiqué une sorte de paralysie temporaire due à un effort beaucoup trop important des muscles. Pas seulement des muscles d'une partie du corps, non. De tous les muscles, y comprit ceux du cœur et des principaux organes. Bien évidemment, le médecin avait demandé ce qu'il s'était passé, et alors, Alphonse s'était vu contraint de mentir. Il détestait le faire. Mais il n'avait pas le choix, et de toute façon, lui-même ne savait pas ce qui avait mis son frère dans un tel état. Il avait donc raconté qu'il avait trouvé Edward inconscient dans la forêt, et qu'il ne savait pas pourquoi. Et le vieux médecin l'avait cru, bien qu'il ne cessait de répéter que jamais, en trente-cinq ans de carrière, il n'avait vu de pareil cas, et que pourtant, il en avait vu des choses !

Le vieil homme avait donc prescrit un repos total, ce qui, selon lui, serait sûrement inévitable de toute façon, vu l'état dans lequel se trouvait les muscles de son patient. Les courbatures ne disparaîtraient pas du jour au lendemain... Et la faiblesse de son corps provoquerait très sûrement bientôt une forte fièvre au Jeune homme.

Le médecin avait donc quitté la maison des Stone, demandant aux occupants de cette dernière de prendre garde à ce que rien d'anormal n'arrive à Ed durant son sommeil. Le cœur, muscle le plus important de tout le corps humain, pouvait s'arrêter de battre à tout moment, si le muscle était trop endommagé. Al avait tremblé de peur aux paroles du médecin, mais s'était montré brave - bien plus qu'il ne se sentait l'être, tout du moins -, et avait simplement hoché la tête.

Et maintenant, trois jours après la visite du médecin, il était là, aux côtés de son frère, espérant un réveil de ce dernier le plus vite possible. Mais rien ne se passait. Depuis trois jour, il ne quittait le chevet de son aîné que pour aller grignoter, généralement poussé par Thomas ou sa femme, Sylvia, qui s'inquiétaient énormément pour les deux jeunes hommes, autant pour Alphonse que pour Edward. Et il y avait de quoi. Al ne s'accordait que quelques minutes de sommeil lorsque la fatigue devenait trop insupportable, et déjà, de grosses et profondes cernes s'étaient formées sous ses yeux, telles deux poches remplies de la fatigue et du stress qu'il avait accumulé ces derniers jours.

Alors qu'il commençait à piquer du nez vers le lit sur lequel reposait Edward, un léger grincement de porte le fit sursauter. Il leva les yeux vers l'origine du bruit, et aperçu, dans l'entrebaillure de la porte, la petite fille aux cheveux bruns et courts et au visage parsemé de tâches de rousseur à qui il avait parlé trois jours plus tôt. Il lui sourit, ce qu'elle prit pour une invitation à entrer dans la chambre. Elle s'avança donc vers Alphonse, les mains cachées derrière son dos. En fait, la petite semblait bien plus calme que lorsqu'elle avait accompli sa 'mission' de messager, quelques jours auparavant... Quand elle fut arrivée à quelques centimètres d'Al, elle tourna la tête vers Edward, qui reposait toujours sur le lit, yeux clos, et pâle comme jamais. La petite brune afficha une légère grimace et retourna ensuite la tête vers la première cible de son attention. Elle lui offrit un magnifique sourire qu'il lui rendit, et elle ôta les mains de derrière son dos, pour tendre ses deux poings fermés vers Al.

"Dans quelle main ?"

Le blondinet afficha une expression confuse et surprise, qui fit doucement rire la petite.

"Tu dois choisir une main ! Z'ai ramené une surprize, et ze l'ai mis dans zune main, tu dois la trouver !"

Alphonse comprit enfin le but du jeu, et un large sourire vint fendre son visage, contrastant avec les sombres cernes sous ses yeux. Apercevant un morceau de papier brillant dépasser de la main droite de la petite, Al désigna la gauche, de façon à laisser gagner la brunette. Celle-ci afficha immédiatement un sourire vainqueur en ouvrant sa paume gauche.

"T'as perdu ! T'es trop nul ! C'était l'autre main !"

Al rit doucement, aussitôt imité par la brune, heureuse d'avoir réussi à redonner le moral au garçon déprimant depuis trois jours.

"Bon, tu sais quoi ? Ze vais quand même te donner ta surprize, pas'que ze t'aime bien !" Et elle ouvrit sa main droite, dévoilant un bonbon enroulé dans du papier doré. "En fait, c'est Maman qui me l'a donné pour mon goûter, mais ze voulais te le donner, paceque t'étais tout triste auzourd'hui, hier et le zour d'avant... Alors ze te le donne, comme ça tu seras content quand tu le manzeras, paceque un bonbon, c'est trop bon ! Quand z'en manze un, ze suis touzours très contente !"

Les simples paroles de l'enfant en face d'Al le touchèrent immédiatement. Cette petite avant un cœur en or, et elle lui rappelait étrangement une autre petite fille, le ramenant des années et des années en arrière. Nina. Cette petite que lui et Ed avaient été incapables de sauver des griffes de ce scientifique fou qu'était son père, et qui avait finalement été tuée par Scar, l'Ishval tueur d'alchimistes. Oui, cette petite lui rappelait Nina.

Sans qu'il ne s'en rende compte, de grosses larmes coulèrent de ses yeux, et la brunette se rapprocha de lui, ramenant sa main contenant la friandise contre sa poitrine. Elle lui posa une main sur le bras, et demanda d'une voix inquiète, basculant sa tête sur le côté pour mieux voir le visage d'Al. "Dis, ça va pas ? Pourquoi tu pleures ? Z'ai fait que'que choze de mal ?" Le blondinet secoua la tête, et serra ses deux bras autour de l'enfant qui ne comprenait pas pourquoi il s'était mis à pleurer quand elle lui avait tendu le bonbon. "T'aimes pas les bonbons, c'est ça... ?" Al secoua la tête, et murmura simplement un "merci" entre deux tremblements dus à ses pleurs muets. La petite pencha la tête sur le côté.

"Bah de rien, mais tu sais, il faut pas pleurer zuste pour ça, paceke sinon, ze vais être triste, moi aussi... Et Maman me dit touzours qu'il ne faut pas être trizte, ou sinon, on rendras aussi les autres triztes, et tout le monde sera touzours trizte... Moi ze pense que c'est pas drôle d'être trizte."

Malgré ses larmes, Al ne peut retenir un petit rire. Bien sûr qu'être triste, ce n'était pas drôle ! Le garçon essuya ses larmes d'une main, et sourit à la petite.

" - Merci, Jeanne, tu es vraiment adorable... Mais tu sais, tu peux manger ton bonbon, si tu veux !

- Nan, il est pour toi, répondit la brunette en secouant la tête. Ze te le donnes !"

Elle lui tendit de nouveau le bonbon, qu'il prit dans ses mains, puis, sous le regard insistant de Jeanne, le déballa et l'apporta à sa bouche. Il l'avala après quelques secondes, alors que la petite battait des mains, ravie.

"Zénial, zénial ! Il était bon, hein, mon bonbon ? Maintenant tu es heureux, pas vrai ?! Alors on peut zouer tous les deux, puizque tu pleures plus !"

Al poussa alors un long soupir. C'était donc cela, l'idée que la petite avait derrière la tête... Mais l'intention n'en restait pas moins généreuse et attentionnée. Il hocha donc la tête en signe d'acquiescement. Du moment qu'ils ne quittaient pas la chambre dans laquelle reposait son grand frère...

" - Ok, alors ze vais aller sercher des feuilles et des crayons et on va dessiner tous les deux, d'accord ?

- D'accord, on fait comme ça. "

Heureuse comme tout, la petite Jeanne sortit de la chambre en trottinant, sous le regard attendri d'Alphonse. Elle revint quelques minutes plus tard, portant à bout de bras une dizaine de feuilles et de nombreux crayons de couleur. Elle déposa le tout au pied du lit d'Edward, sur un grand tapis, et fit signe de se rapprocher à Al. Ce dernier s'accroupit donc aux côtés de la petite, qui commençait déjà à dessiner ce qui ressemblait - de très loin - à une figure humaine. Il sourit, avant d'attraper à son tour un crayon et une feuille. Il fit tourner le crayon dans ses doigts quelques instants avant de se mettre à dessiner furtivement quelques cercles de transmutation simples. Avec le premier, il aurait pu transmuter du bois, dans le but que celui-ci prenne la forme d'un petit cheval de bois, sculpté selon les goûts du garçon. Avec le second, il aurait pu réparer un objet cassé, comme la radio du barman de Liore...

Liore, cela semblait si lointain, et si proche en même temps au jeune garçon... A l'époque, son âme était encore rattachée à une armure. Lorsqu'ils étaient arrivés dans la ville, lui et Ed cherchaient la pierre philosophale. Cet espèce de vieux fou de prêtre semblait la posséder, mais il s'était finalement avéré que la pierre était une fausse, simplement une pâle réplique de la véritable pierre. Cette pierre, ils l'avaient cherché si longtemps... Pour finalement en apprendre la conception, et refuser de devoir passer par un tel moyen pour récupérer leurs corps. Mais tout cela, c'était avant que Scar, l'Ishval, ne transforme Al en la pierre elle-même. Avant le combat final contre les Homonculus... Avant qu'Ed ne rende son corps à Al, et ne disparaisse pendant plusieurs années, laissant tout le monde le penser mort. Puis, il était revenu. Et était repartit. Mais Al l'avait suivi. Et maintenant, ils étaient coincés dans ce futur dont ils ne comprenaient rien, avec pour mission de sauver la Terre.

Véritablement, cela semblait être plus un cauchemar qu'autre chose... Mais ils avaient l'opportunité de retourner chez eux, retrouver tout le monde, Winry, Pinako, le colonel, et tous leurs amis... C'aurait été merveilleux. S'ils trouvaient un moyen de sauver ce monde. Et si Ed se décidait à se réveiller. Enfin, il suffirait d'être patient, ils trouveraient bien un moyen, se dit Al, tout en continuant de dessiner des cercles de transmutation sur la feuille de papier devant lui. Ils sauveraient ce monde, et retrouveraient le leur.


Après un bon quart d'heure de concentration intensive pour dessiner le garçon blond en face d'elle, Jeanne releva la tête de son ouvrage, un grand sourire sur ses lèvres. Elle était satisfaite de son oeuvre. Elle se redressa, et apporta son dessin à Alphonse, qui dessinait encore des étranges rond avec des choses écrites dedans dans une langue bizarre. Le garçon releva la tête alors que la petite lui tirait sur la manche afin d'obtenir son attention. Elle lui montra son dessin d'un air vraiment fier qui fit sourire le blond.

"C'est pour toi ! Ze t'ai bien dessiné, hein ? Et après, ze dessinerais Edward ! Et ze lui donnerais quand il se réveilleras, comme ça il sera plus malade, il sera content, et il souriras, comme toi !"

Al sourit. Cette petite était définitivement trop adorable...

"Oui, je n'en doute pas une seconde. Il sera surement très content ! Merci beaucoup, Jeanne, cela me fait vraiment plaisir, ton dessin est magnifique, et je te promet que je le garderai toujours avec moi !"

La petite fit 'oui' de la tête, avant d'attraper une nouvelle feuille et des crayons, probablement pour dessiner Edward, cette fois.


Quelques heures plus tard, après avoir joué à différents jeux pour s'occuper avec la petite fille, cette dernière avait insisté pour que Al vienne partager le diner avec le reste de la famille. Devant l'insistance de l'enfant, Alphonse avait finit par céder, en se disant que de toute façon, Edward ne se réveillerait probablement pas durant le petit laps de temps dont il aurait besoin pour dîner. Il avait donc suivit Jeanne au rez-de-chaussée et avait rejoint Thomas, Sylvia et leurs enfants dans la salle à manger, où il avait pris place sur une chaise, un peu gêné. Il était embarrassé de s'imposer ainsi à la famille Stone, sans rien donner en échange. Toujours le principe de l'échange équivalent qui lui torturait l'esprit... L'humanité ne peut rien obtenir sans donner quelque chose en échange. Et il n'avait rien à offrir aux Stone, ce qui le rendait extrêmement mal à l'aise. Pourtant, la famille semblait ravie d'avoir des invités... Même si l'un d'entre eux roupillait depuis trois jours et qu'ils avaient dû payer le médecin. Bah, ils devaient sans doute ne recevoir que très peu d'invités..

Le repas se passa rapidement, les Stone posant des questions à Alphonse sur l'histoire des deux frères, sur leur voyage depuis l'Allemagne, et le garçon tentait de répondre à chacune de leurs interrogations de la manière la plus cohérente possible, bien que certaines réponses faisaient parfois sourciller les deux adultes. Évidemment, puisque Al ne connaissait pas la situation géo-politique du monde en 2057, il lui était parfois bien difficile de répondre...

Alors que Sylvia était partie dans la cuisine et que Thomas sortait le gâteau qu'il avait mit à cuire quelques minutes plus tôt du four, un grand 'BOUM' se fit entendre à l'étage au-dessus de la salle à manger. Tous levèrent la tête vers le plafond, et Al se rendit compte se rendit compte qu'au-dessus de la pièce dans laquelle il était assis, se trouvait une chambre. La chambre qu'on lui avait prêté, à lui et à Ed. Il repoussa violemment sa chaise de la table, et se rua hors de la salle à manger vers les escaliers, la panique lui donnant des ailes. Arrivé au premier étage, il courut jusqu'à devant la chambre, et ouvrit précipitamment la porte.

Son premier réflexe fut de jeter son regard sur le lit sur lequel était sensé reposer son grand frère. Sensé. Car sur le lit, il ne restait plus qu'un oreiller. Al commençait vraiment à paniquer, lorsqu'un gémissement et une sorte de froissement de drap attira son attention vers le sol, au pied du lit. La couverture du lit était roulée en boule par terre, et son volume semblait avoir doublé. Voir triplé. Voir plus. Al s'en approcha doucement, alors que le drap froissé paraissait s'agiter tout seul et pousser des gémissements rauques ressemblant étrangement à ceux de...

"Ed !"

Le jeune homme blond se trouvait effectivement sous le drap, étendu sur le tapis au pied du lit, et malgré les apparences, ses yeux fermés indiquaient qu'il était encore plongé dans ce profond sommeil qui le gardait prisonnier depuis déjà trois jours. Il secouait frénétiquement les bras, et ses paupières closes semblaient vouloir se fermer plus fort encore qu'elles ne l'étaient déjà. Ses dents s'étaient resserrées, mais lissaient tout de même s'échapper quelques gémissements. Un cauchemar. C'était probablement un cauchemar qu'Edward était en train d'avoir. Al le secoua doucement dans l'espoir de le réveiller, mais le garçon ne réagit pas à la tentative vaine de son petit frère. Des perles de sueur roulaient le long de son visage, surement à cause de la fièvre et du cauchemar.

"Grand frère ! Réveilles-toi !"

Al le secoua de nouveau, plus fortement cette fois-ci, mais une nouvelle fois, rien ne se produisit, et Ed semblait même se débattre de plus belle.

"Frérot ! Allez, fais un effort, réveilles-toi, c'est juste un cauchemar, ça va aller, je suis là, Ed... !"

Cette fois, Al le secoua plus violemment, inquiet par le visage pâle duquel dégoulinait des cascades de sueur de son frère. Celui-ci grogna, alors que ses deux paupières papillonnaient dans le vide pour tenter d'adapter sa vue à quelque chose d'autre que l'obscurité dans laquelle elle était plongée depuis quelques jours.

"Ed... !"

Alors que ses deux yeux se battaient pour trouver un point à fixer afin de rester ouverts, Edward prononça quelques mots incompréhensibles, preuves qu'il était toujours à demi-endormi. Al le secoua doucement une nouvelle fois.

" - A... A... Al, demanda Edward d'un air groggy et affolé en même temps, ... ?

- Oui, Ed... C'est moi... Calmes-toi, s'il-te-plaît... Tu as fait un cauchemar...

- Hein... ? Un... Cauche... Mar... ?

- C'est ça, un cauchemar, rien d'autre. Allez, je vais te remettre sur ton lit... "

Edward acquiesça doucement. Une grimace de douleur apparut sur son visage. Pourquoi ses muscles le tiraillaient-ils ainsi ? Il tenta néanmoins de se redresser, mais ses efforts furent vains. La douleur vrillait tous ses membres au moindre mouvement. Cette incapacité à bouger le fit doucement paniquer, et il dirigea ses deux yeux dorés remplis de détresse vers ceux de son frère, qui lui sourit doucement pour le rassurer, comprenant la raison de la panique de l'aîné. Ce fut à ce moment-là que Thomas débarqua dans la chambre, suivit par les visages de trois gamins, trois de ses enfants. L'homme aux cheveux bruns grisonnants aida Alphonse à ramener Ed sur son lit après que le plus jeune des deux adolescents aux cheveux d'or lui ait expliqué la situation. Il indiqua à la plus vieille de ses trois enfants, une adolescente autour de seize ans, d'aller chercher de l'ibuprofène afin de faire baisser la température d'Ed, qui ne devait pas être loin des 40°C. Le second enfant, un garçon d'une douzaine d'années, s'empressa d'aller chercher un linge gorgé d'eau fraîche dans la salle de bain, et le troisième, un autre garçon d'une douzaine d'années également - probablement le jumeau du précédent - , fut envoyé chercher un verre d'eau. Le père de famille, quant à lui, partit vers la cuisine chercher quelque chose à manger. Les muscles de son invité n'allaient pas se remettre tous seuls, sans nourriture, tout de même !

Alphonse resta donc seul aux côtés de son frère qui se réveillait, lentement mais sûrement. L'air groggy qu'il affichait ne s'estompait décidément pas, mais la fièvre devait probablement en être la cause. Quand la médecine dont avait parlé Thomas - de l'ibuprofène ? - ferait effet, Ed se sentirait sûrement mieux. Mais déjà, à mesure que ses sens s'éveillaient, il semblait de moins en moins confus.

" - Al ? Demanda-t'il après quelques minutes.

- Hm ? Qu'est-ce ce qu'il y a grand frère ? Tu as besoin de quelque chose ? Thomas et ses enfants sont partis chercher de l'eau, de la nourriture, un médicament et... "

Edward le coupa en secouant la tête. "Qu'est-ce que... Qu'est-ce qu'il s'est passé... ? Est-ce que... Enfin... L'alchimie... Ça a marché... ?"

Malgré la lueur d'excitation qui semblait presque malsaine dans la situation présente et qui luisait dans les yeux de son frère, Al ne put s'empêcher de laisser échapper un petit gloussement, provoquant un haussement de sourcils chez son aîné.

" - Bah quoi... ? Qu'est-ce qu'il y a de si drôle... ?

- Tu ne perds pas le Nord, grand frère ! A peine réveillé, que déjà tu parles de choses sérieuses... Tu pourrais te détendre, de temps en tant..."

Devant l'air insistant d'Edward, Al se reprit en soupirant. "Oui, ça a marché... Enfin... Pas exactement... C'était étrange, en fait. Je ne sais pas ce que tu comptais faire avec la terre au sol, mais en tout cas, ça m'étonnerait que tu y sois parvenu. A moins que tu n'es tenté de transmuter une grosse masse de boue sans aucune forme concrète. Ce n'était pas ton intention, n'est-ce pas ?" L'aîné des deux frères secoua la tête en signe de négation.

"Je m'en doutais... Dans tous les cas, c'est ce qui a été transmuté. Je pense qu'en fait, tu as stoppé ton alchimie avant la fin de la transmutation, et c'est pour cela que la seule chose qui est apparue était ce gros tas de boue. Qu'est-ce qu'il s'est passé, Ed ? Je n'ai pas réussi à suivre, c'était trop rapide et trop... Intense, je dirais. On aurait dit... Ce que j'ai ressenti, quand je suis devenu la pierre philosophale... Tu t'en souviens... ? Non, tu aidais les habitants de Liore a s'échapper, tu n'étais pas là... Eh bien, j'exagère peut-être, mais ta transmutation a déployé tant d'énergie que c'était presque comparable à cela... Mais tout s'est calmé avant la fin de la transmutation, et tu t'es écroulé... Je t'ai ramené ici, et tu te réveilles seulement après trois jours. C'est cela qu'il s'est passé, je ne sais rien de plus."

Edward baissa les yeux vers sa poitrine qui se soulevait lentement et retombait doucement sous l'effet de sa respiration, au fur et à mesure qu'il inspirait et expirait. Oui, il se rappelait exactement de tout ce qu'il s'était produit jusqu'à ce qu'il ait tenté de stopper la transmutation et qu'il ait été à proprement parler submergé par le flux d'énergie. Toute cette énergie lui avait véritablement fichu la trouille. Il ne se sentait pas de retenter une transmutation pour le moment. Il s'apprêtait à dévoiler sa version des faits à Alphonse, et ouvrait déjà la bouche pour ce faire, quand il s'aperçut de la lèvre inférieure tremblante de don petit frère, et de son air soudainement abattu.

"Al... ?" L'intéressé baissa la tête, et renifla doucement.

"Hey... Est-ce qu'il y a un problème... ?" lui demanda Edward, ce à quoi répondit Al en secouant la tête.

"Non... C'est juste que... Ed... Je... J'ai... J'ai eu vraiment peur... Quand je t'ai vu... Quand je t'ai vu t'écrouler... Je ne sais pas pourquoi ! Tu es fort, et bien sûr qu'un truc comme ça ne pourrait pas te tuer, je le sais ! Je le savais ! Mais j'ai eu tellement peur... Je ne comprenais pas ce qu'il se passait, alors j'ai paniqué, je- J'ai couru vers toi... Mais tu es tombé !- Et tu as roulé par terre- Jusqu'à ce gros tas de terre... Tu ne bougeais plus du tout ! J'ai cru- J'ai vraiment cru que j'allais te perde... J'ai eu tellement peur, grand frère... Qu'est-ce que je deviendrais sans toi... ? Sans toi, moi je- je- ..."

Alphonse baissa la tête vers ses pieds autant qu'il lui était possible sans que son menton ne transperce sa poitrine pour autant. Il gardait obstinément les yeux grands ouverts, d'où s'échappaient de grosses larmes qui s'écrasaient sans douceur aucune sur le tapis au pied du lit.

"Al..." murmura Ed. Ce dernier ne savait pas vraiment comment réagir, comment réconforter son petit frère. "Je suis vraiment désolé... J'aurais dû me douter que cela pouvait mal tourner... C'était logique... Mais j'ai foncé tête baissée et je t'ai causé du souci, à toi et aux Stone... Je suis désolé, je... Je réfléchirai plus la prochaine fois... Je te demande pardon, frérot..."

Al releva sa tête vers son grand frère, son visage couvert de larmes et figé en une sorte d'expression de stupeur rencontrant le visage désolé d'Edward.

"Ed ! Ce n'était pas ta faute, non, en aucun cas ! Tu ne pouvais pas deviner ! Tu n'as causé aucun souci aux Stone, et moi, j'ai juste eu peur sur le moment, mais après, ça allait... Je te le promets, tu n'as pas à te blâmer pour si peu, grand frère !"

Bien sûr, Al mentait un peu. Mais ce n'était pas mal, il agissait simplement de façon à ne pas faire culpabiliser son grand frère. Ed avait une fâcheuse tendance à vouloir tout assumer et porter le fardeau du monde entier sur son dos. Mais il n'était coupable de rien, si ce n'était de se sentir désolé pour quelque chose contre laquelle il n'aurait rien put faire.

" - Non, je suis désolé, je-

- Ed ! Puisque je te dis que tu n'as pas à te sentir coupable de quoi que ce soit !

- Mais-

- Arrête de tenter de t'excuser !

- Al-

-Grand frère ! S'il te plaît !"

Les deux frères se regardèrent l'un l'autre droit dans les yeux, d'un air tout aussi désolé l'un que l'autre. Après quelques secondes, les deux soupirèrent à l'unisson et baissèrent la tête d'un même mouvement. Ce fut à ce moment que la famille Stone au complet, qui attendait jusqu'alors derrière la porte que les Elric terminent leur conversation, se décida à entrer dans la chambre. Ed et Al sursautèrent à l'unisson quand la porte s'ouvrit pour laisser entrer les deux adultes et leurs quatre enfants. La petite Jeanne fut la première à se ruer vers le lit sur lequel reposait Edward.

"Petit grand frère ! Tu t'es enfin réveillé !" La petite s'exclama avec entrain.

Nina. Jeanne lui faisait définitivement penser à cette petite fille qui avait été transformée en chimère avec son chien par son père qui avait perdu la tête sous la peur de se voir retirer son titre d'alchimiste. Bien que vieux de plusieurs années à présent, le souvenir était toujours frais dans l'esprit d'Ed et Al, et l'impuissance qu'ils avaient alors ressenti leur était toujours aussi douloureuse. La petite dernière des Stone leur faisait indiscutablement penser à Nina, et pourtant, ils ne ressentaient aucune amertume ou regret en la regardant. Simplement de la tendresse. Et une forte volonté de protéger l'enfant contre tous les dangers du monde. Oui, rien qu'en la regardant, Edward se promit mentalement d'accomplir sa mission au plus vite, afin d'empêcher la destruction du monde. Et la mort de la petite comprise. Ed balaya immédiatement cette pensée de son esprit, et posa la paume de sa main sur le crâne de l'enfant - Dieu, que ce simple geste pouvait être douloureux - en tentant de camoufler une grimace due à l'effort considérable que cela lui demandait par un sourire. "Oui, je suis réveillé... "

Bien qu'Al fronça les sourcils en remarquant l'inconfort de son frère, Jeanne laissa échapper un petit rire. "Ze t'ai fait un dessin !"

Edward haussa un sourcil, faignant la surprise au plus grand plaisir de la petite. "Vraiment ?" "Oui ! Ze vais te le sercher, attends-moi ici !" Jeanne s'exclama, avant de partir au galop vers la salle à manger dans laquelle elle avait plus tôt amené son dessin.

Le reste de la famille Stone en profita pour se rapprocher du lit du blond. Un jeune garçon d'une douzaine d'années lui tendit un verre d'eau qu'Ed accepta volontier, sa gorge sèche comme jamais. Al l'aida à maintenir le récipient en l'air afin qu'il en vide le contenu, chose qu'il fit du plus vite qu'il put, le liquide frais pénétrant dans sa gorge asséchée et redonnant un minimum d'énergie à son corps meurtri. Ed était tant assoiffé qu'il ne remarqua même pas le goût amer de l'ibuprofène dans son eau. Il en ressentirai pourtant bientôt les effets, à son grand plaisir.

Thomas lui proposa ensuite un bol empli d'une purée de pommes de terre qui lui sembla incroyablement appétissante. Il tendit son bras pour réceptionner la cuillère que lui proposait Thomas, et l'attrapa malgré la désagréable douleur dans tous les muscles mobilisés. Alphonse proposa de lui donner la purée lui-même, chose qu'Ed refusa. Se faire nourrir ? Et par son petit frère, qui plus était ? Hors de question ! Sa fierté plus forte que tout lui donna la force nécessaire pour manger de lui-même. Néanmoins, il s'arrêta après quelques cuillères, sentant son estomac rempli. Étrange, si l'on considérait son appétit surhumain en temps normal, et le nombre de jours depuis lesquels il n'avait rien avalé ... Al haussa un sourcil devant l'anormalité de la situation, mais laissa couler. Il mettrai cela sur le compte de l'endolorissement de ses muscles et de ses organes digestifs. Même si c'était improbable.

Jeanne revint quelques minutes après son départ, son dessin pour Ed à la main. Elle le lui offrit, recevant un sincère sourire de la part du blond. Ce dernier ne tarda pas à se mettre à bailler, ce que Thomas interpréta bel et bien pour ce que cela était : de la fatigue. Les Stone sortirent donc de la pièce pour laisser Edward se reposer, après lui avoir placé un linge gorgé d'eau sur le front pour faire baisser sa fièvre. Le blond avait grogné, n'aimant pas recevoir de soin des autres, mais Alphonse l'avait forcé à se laisser faire. Il reposait maintenant en position totalement allongée sur son lit, et Al s'était assis sur une chaise qu'il avait approché de la couchette. Avant qu'il ne commence à s'endormir, Ed avait tout de même trouvé la force de parler à son petit frère.

"Al ... Désolé, à cause de moi, nous prenons du retard sur notre mission ... On ne pourra pas revoir Winry et les autres pour le moment ... Mais je te promets qu'on rentrera. Je t'en fait la promesse. J'ai bien vu que tu t'attachait aux Stone ... C'est de ma faute ! On devrait déjà avoir quitté cet endroit, je sais bien que tu seras déçu de partir et de leur dire adieu ... Mais tu sais qu'on ne pourra pas faire autrement ... Nous ne sommes pas à notre place ici, tu comprends, Al... ?"

L'intéressé ne répondit rien, mais se contenta d'hocher silencieusement la tête. Son grand frère l'avait percé à jour, une nouvelle fois...

"Merci ..." Ed souffla doucement, avant de finalement s'endormir, vaincu par la fièvre accablante qui le terrassait.

Alphonse ne sut jamais la véritable signification de ce remerciement.


Oui, je sais... Aucune action, et très peu d'avancée pour ce nouveau chapitre... Mais, j'ai fait ce que j'ai pu, j'ai coupé le plus de scènes inutiles possible, j'ai remanié ce texte au moins cinq ou six fois... Alors, voilà le résultat final dont je ne suis pas exactement ravie... J'espère qu'il vous aura tout de même plus, car c'est après tout mon seul but, vous satisfaire, vous mes très chers lecteurs ! D'ailleurs, ce chapitre est le plus long depuis le début de cette fanfic ! 5650 mots tout pile !

Oh ! Et une information plus ou moins importante : mon avance sur les prochains chapitres se réduit, à mesure que la marge entre le présent et le temps du baccalauréat diminue ! Ce qui veut dire que je pourrais prendre un peu de temps pour poster, mais sachez que j'en suis la première désolée !

Bref, à très vite, et n'oubliez pas de lâcher un petit commentaire dans la case prévue à cet effet, en bas à droite de votre écran ! Merci d'avance !

Vale