Yellow. Enfin un nouveau chapitre. Et non, je ne vous ai pas oublier. J'ai juste un peu ragé sur ce chapitre en fait.

Micka : Pour une raison absurde en plus : elle ne trouvait pas ça assez glauque.

Blanche : Tu peux difficilement faire plus morbide que ça, à mon humble avis.

Léo : Surtout pour un texte écrit en pleine relecture d'un bouquin sur la Shoah...

Moran : De la vision d'un documentaire il me semble aussi.

L'horreur avec des images d'archives très très insupportable ? J'en frissonne encore * va se planquer sous le canapé *

Ca va hein. J'ai le droit de penser que ça rend pas comme je veux...Surtout pour les catacombes, qui ont disparues depuis un moment. Comment tu veux que j'arrive à faire un plan correct sans cartes, et sans descriptions outres celles de quelques vieux fous dans des bouquins ?

Blanche : Tu remontes le temps ?

Moran : La prime sur nos têtes, on s'en fout après tout... * recharge son fusil de chasse à l'homme *

Bref. On va arrêter de déblatérer sur tout et n'importe quoi, et lancer ce cinquième chapitre. Enfin, je crois. Donc, bonne lecture, et n'hésiter à le dire si vous aim...

Micka : Détester ce qu'elle à écrit ! * se prend une tablette sur le front *

Chapitre 5 : Qui êtes vous ?

L'odeur du sang. La puanteur de la chair que l'on brûle. Le bruit des rats s'acharnant sur un cadavre avec leurs pattes griffus. Puis le silence. Encore et toujours le silence. Le silence dans lequel résonne les voix, elles en profitent pour hurler, hurler, HURLER…

Crac. La craie s'était brisée entre ses doigts. Blanche regarda sa main tenant encore les morceaux de son stylo mural. Sa dernière craie partie aussi bêtement. Et zut. Nouveau soupir, d'exaspération. Elle allait encore devoir négocier avec Léonard, et elle sentait qu'il allait encore ronchonner. Elle l'avait beaucoup solliciter ces derniers temps.

Sans bruits, la prisonnière s'assit dos au mur du fond, les genoux sous le menton. Son regard dériva vers la droite, où une petite fenêtre découpée dans le mur donnait sur la cellule adjacente. Il y avait une saleté de moine dans cette geôle là, un ivrogne de la pire espèce. Jeté en prison sur ordre de l'Inquisition, conformément à un accord passé avec les monastères du Nord. Sans chercher à comprendre ce qui poussait des moines à enfermer un ivrogne dans les catacombes, lieu d'où il avait peu de chance de survivre, l'Eglise de la Lumière avait encore une fois jeté un homme dans les tréfonds de la terre. Depuis 4 ans, il essayait tant bien que mal de cuver son vin, prenant son alcoolisme pour cause de sa mise aux arrêts.

Blanche s'arrangeait de temps en temps pour lui faire arriver une bonne bouteille de vin. Malgré son air de soûlard, son nez rouge et son odeur de sueur rance, la dame avait une certaine affection pour lui. Il était spécial ; dans son genre, évidemment. Il avait ce je ne sais quoi d'attachant.

Voilà une semaine déjà qu'il veillait sur le nain, lui prodiguant les soins que lui préconisait Blanche chaque jour. Il ne discutait pas, se contentant de se plier à ses exigences. Que ce soit par crainte, ou par respect, la dame s'en fichait, du moment que le demi-homme reprenait des forces. Son état lui importait, par le biais de son compagnon de cellule.

Cherchant du regard ce dernier, elle tourna son front vers la gauche cette fois. La grande ouverture du mur semblait la narguer. Nul besoin de se pencher vers cette porte improvisée pour savoir ce qu'il s'y produisait : elle entendait quatre respirations, une très faible, fébrile, cherchant un air glacé comme un noyé ; une profonde, celle d'un homme dormant d'un sommeil de plomb, attendue depuis bien longtemps ; une autre encore, erratique, sifflante, discrète ; et une dernière. Celle qu'elle commençait à reconnaître, parmi les milliers de souffle dans ces longs couloirs de la mort. Aussi douce qu'une brise, mais avec cette fluidité propre à un cours d'eau. Elle aimait bien cette respiration.

Elle pouvait presque voir les lents mouvements des doigts de son colocataire sur les plaies de son ami le demi-démon. Il en était couverts des pieds à la tête ; les divers blessures crachaient un pus entre le violacé et le jaune. On pouvait aisément remarquer que le sel n'était pas étranger à ces dégradations du corps. Une odeur de crasse et de mort occupait chaque parcelle de la peau du squelette sur jambes qui fut un pyromage. Une véritable infection, que Shin avait une infinie difficulté à contempler sans pleurer. L'horreur de la situation venait de la frapper de plein fouet, encore une fois. Le découragement lui serrait la tête dans une couronne de tristes brumes. Enfermé, dans un cave dont personne ne réchappait vivant. Enfermé, comme beaucoup d'autres, injustement, et pour toujours. Un enfer sous terre.

Blanche pouvait sentir sa tristesse aussi facilement qu'elle pouvait dire que le ciel était bleu. Enfin, elle en était presque aussi sur. Aussi sur qu'elle pensait que le paladin était une erreur de l'Eglise : qui avait laisser cet homme devenir Inquisiteur ? C'était un danger public. Une semaine seulement qu'il était là, quatre heures réveiller maximum, et il l'agaçait déjà.

Retournant la tête vers la grille de sa cellule, elle se perdit dans la contemplation de ses barres de métal qui la séparaient d'une liberté toute relative. Tandis que son regard divaguait à nouveau, la flamme de la torche en face de la geôle vira un instant au bleu.

« A LA SOUPE ! »

Ce cri de guerre, hurler de bien loin dans les catacombes humides, résonna dans toutes les cellules, comme un appel au combat. Cela eut d'ailleurs pour effet de réveiller en sursaut l'Inquisiteur, qui ouvrit les yeux pour tenter de se saisir du fantôme de son épée.

En dehors des quelques réflexes d'un Théo grincheux, ce fut une toute autre réaction qu'eurent les prisonniers. Les mères se jetèrent sur les barreaux de leurs cellules, tenant leurs enfants devant elles, suppliant pour eux. Les hommes, la bave aux lèvres, se battaient pour être en première ligne, repoussant les faibles et les boiteux loin des grilles. Certains, trop faibles pour se relever, ne purent que se faire piétiner en se lamentant. Les orphelins, seuls et si amaigris qu'on auraient pu les prendre pour des fantômes, ne pouvaient que pleurer sur leurs sorts en silence.

« Il n'en à pas pour tout le monde,! hurla Léonard, en tendant un quignon de pain à une pauvre femme.

Les gardes, au nombre de sept, distribuaient les pains, avec autant de douceur qu'un chien mordant une main. C'est à dire en donnant le pain aussi rapidement que possible, et sans prêter la moindre attention à qui le recevait. Les bagarres éclataient aussitôt que le chariot était passé, et des mares de liquide sombre s'échappaient par endroits de dessous les grilles.

L'odeur du sang et de la mort accompagnait les gardes dans leur tournée macabre, si bien qu'on pouvait les sentir avant même qu'on ne les vit. C'est cette puanteur qui réveilla doucement Balthasar. Etrangement, il ne sentit pas la joie macabre secouer le démon à sentir la mort près de lui. Rien que le dégoût. Bon, au moins une bonne nouvelle parmi les milliards de mauvaises qu'il pouvait entrapercevoir de ses yeux fatigués.

Une énième prison. Cela ne l'étonnait guère, après tout, on l'avait de nombreuses fois menacer de l'enfermer, de l'égorger, de le torturer jusqu'à la mort… Bien que cette fois les paroles avaient laissées place aux actes. Son corps hurlant de douleur le lui rappelait avec vigueur et gentillesse recouverte d'amertume. La lumière floue qui lui transperçait la rétine juste devant lui fut cacher par une forme tout aussi brumeuse, mais mouvante, donc probablement humanoïde. Des éclats de voix incompréhensible lui parvinrent soudain. Fermant les yeux, Bob concentra ce qu'il lui restait d'énergie pou analyser correctement la conversation qu'il entendait dans la cellule d'à côté.

« Non, je ne peux pas faire ça, fit une voix rauque, d'un ton qu'on pouvait qualifier de très sérieux. Je me ferrais repérer dans la seconde.

- Tu plaisantes ? répondit une voix plus enfantine, manifestement éberluée. Je ne vois pas en quoi m'apporter des craies te dérange.

- Tu me demandes des craies de sorciers, je suis obligé de les acheter aux mages des tours. Je n'ai pas les moyens en ce moment, répondit d'une voix placide son interlocuteur.

- Va voir le tonnelier en face de chez toi, et dit lui que tu sais pour son chien, rétorqua la quémandeuse. Il te donnera son stock de craies, tu verras.

- Heu…mais pourquoi un tonnelier à des craies de sorciers ? demanda timidement une troisième voix.

- A cause du chien je suppose, répondit la voix du négociateur. Bon, tu n'as rien entendu Tim, d'accord ?

- Non chef ! s'écria la troisième voix.

- Alors file, demanda la deuxième voix.

Des bruits de pas résonnèrent soudain dans le couloir, et s'éloignèrent aussi vite qu'ils étaient venus. Aucun bruit ne vint perturber le silence remplie des cris des désespérés des catacombes. Tant et si bien que Bob crut que la conversation était finie. Un chuchotement lui donna tort :

« Je voudrais aussi un petit tonnelet de bière brune, je te prie, fit la voix enfantine.

- Je ne suis pas ton serviteur, tu le sais n'es pas ? demanda au désespoir son interlocuteur. Mais tu auras ton tonnelet, n t'en fait donc pas, soupira finalement la voix rauque.

- Que veux tu en échange dis moi ?s'enquit l'autre voix.

- Rien cette fois, mais merci.

Silence

- Comment ça rien ? Tu ne peux pas ne rien me demander.

- Pourquoi donc ? Ma vie ne repose pas uniquement sur des marchés avec contreparties, tu sais, ironisa la première voix.

- Bien sur que si, sinon je ne serais pas là, sombre idiot, répondit son interlocutrice.

- Tu ne peux pas faire une généralité d'un cas isolé, fit la voix, manifestement embarrassé.

- De quoi il parle Blanche ? demanda une autre voix, encore. Un voix que Bob connaissait, et même très bien d'ailleurs. Impossible de mettre un nom dessus cependant ; mais d'où connaît-il cette voix par les Enfers ? Bon, question à creuser. En attendant, continu-on à écouter cette étrange échange…

- D'une vieille histoire, parlant d'une promesse qu'elle a fait il y a longtemps, commença la voix rauque.

- Léo. La ferme.

- Très bien, comme tu veux, fit le dénommé Léo. Bob put presque le voir hausser les épaules à travers ses paupières, tant le geste était évident dans une telle situation. N'empêche, c'est la meilleure histoire de mon répertoire…

- Peut-être, mais tu la fermes quand même, rétorqua la voix enfantine, une menace sous-jacente glisser pointant dans son intonation.

- S'il te plait Blanche, je m'ennuie moi, tu pourrais le laisser raconter ? demanda la dernière voix, larmoyante. Bon sang, mais à qui appartenait cette fichue voix ?

- Toutes histoires que tu veux, mais pas celle là, fit catégoriquement son interlocutrice. De un, elle m'ennuie, de deux, elle m'énerve, de trois, c'est pas tes oignons. Vas-y Léo, raconte quelque chose.

- Bien mademoiselle, répondit avec un respect tout sauf respectueux Léo. Assied toi près de la grille, jeune élémentaire, je vais te conter l'histoire du dernier des elfes…

Bob, tout en se laissant bercer par l'histoire du conteur, qui avait un réel don pour faire vivre ses personnages, se perdit dans une réflexion sur la nature de cette conversation étrange. Qui était Blanche ? Manifestement, l'homme à qui elle parlait était en dehors de la cellule. Donc probablement un garde. Donc elle le soudoyait.

Mais pourtant, il n'avait rien demandé pour les services qu'elle lui demandait. Ca ne collait pas ça. Un visiteur ? Non, ils parlaient ensemble comme si leur manège durait depuis quelques temps déjà. Comme si c'était une habitude.

Dans ce cas, pourquoi un garde, qui plus ai dans un endroit qui respirait autant l'aisance, la joie et la bonne humeur, aidait-il un prisonnière ? Ca n'avait pas de sens.

Cette profonde cogitation fut interrompu par un morceau de pain rassis que l'on tentait de lui faire avaler. De manière très maladroite, ou bien de manière à ce qu'il s'étouffe, Bob, n'aurait su le dire. Ouvrant un demi-œil pendant une demi-seconde, tout en crachant bruyamment le pain et le ce qu'il restait de ses cordes vocales, le pyromage put voir le visage sombre de Théo en train de grogner je ne sais quelles insultes à son égard. Aussitôt que sa pupille chocolat croisa celle de nuit de l'Inquisiteur déchu, Théo se figea dans sa tache de faire avaler de force la nourriture à ce fichu Balthasar.

Un grand remue ménage s'en suivie, sans que Bob ne puisse bien deviner ce que fichait l'Inquisiteur avec eux, alors que c'était son Eglise qui les avait jeter dans cette sombre geôle. Une main fraîche vint se poser sur son front, et, étonné, le mage ouvrit momentanément les yeux en grands. C'est le visage de Shin l'encapuchonné à la capuche en miette qui lui apparut alors, un sourire de joie et des larmes transformant ses yeux en un torrent d'émotions. Ce fut une phrase de Théo, qui tenait toujours sa tête sur ses genoux, qui le réveilla définitivement :

« Enfin réveiller la Belle au Bois Dormant ?