Hey tout le monde! Il est un peu tard, mais j'ai totalement perdu la notion du temps avec mon visionnage de Big Heroes 6 (ce film est génial :D ) J'espère que vous allez bien, et je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre!
On se retrouve en bas de la page comme d'habitude ;)
Chapitre III
Aladdin se releva promptement en entendant les derniers mots de sa mère. Ils tournaient dans sa tête alors qu'il essayait de trouver ce qu'il avait mal entendu, l'erreur dans ses propos. Car il y en avait forcément une. Sa mère n'avait pas pu choisir sciemment de l'offrir à un démon, il devait avoir une autre solution, quelque chose qu'il avait interprété de travers.
- Comment? l'interrogea-t-il d'une voix étranglée. Comment as-tu pu oser? Comment as-tu pu pendant une seule seconde être d'accord de m'offrir pour sceller ton marché? COMMENT?
Il hurla les derniers mots, se prit la tête entre les mains avant d'éclater en sanglots hystériques. A cet instant, il se sentait immensément seul, comme il ne l'avait jamais été. La personne sensée l'aimer le plus au monde avait conclu un marché, échangeant sa liberté contre lui. Il ne comprenait pas comment elle avait osé penser de cette manière, à quel point son propre enfant ne lui importait pas. Elle était prête à le sacrifier, sa vie n'avait pas la moindre importance à ses yeux et elle l'avait vu uniquement comme un moyen d'arriver à ses fins.
- Aladdin, murmura sa mère en se levant et en posant une main sur sa joue baignée de larmes. Écoute…
Il enleva promptement sa main, et essuya ses larmes d'un geste rageur. Une colère sans nom le submergeait, l'empêchant de réfléchir correctement. Seule la révélation que lui avait faite sa mère avait de l'importance. Comment avait-elle pu seulement y penser?
- Non, mère, cracha-t-il avec mépris. Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous. Vous me répugnez.
Astoria recula sous le venin contenu dans les paroles de son fils, son cœur battant la chamade. Elle le regarda se dresser contre elle, la vousoyer sous le coup de la colère et de la haine, sans esquiver un seul geste. Il quitta finalement la cellule en faisant claquer la porte violemment. La femme sentit son cœur se serrer alors qu'elle retombait sur le sol, laissant enfin échapper une unique larme qui traça un sillon amer sur sa joue.
Tout se bousculait au fond de son crâne, elle aurait aimé expliquer à Aladdin qu'à la minute où elle avait signé ce contrat, elle l'avait aussitôt regretté. Quand elle s'était enfuie, elle avait refusé de le prendre avec elle, se dressant contre ce démon immonde. Elle avait affronté alors sa rage quand il s'était aperçu qu'il avait été roulé. Il lui avait hurlé des insultes au visage, lui criant que personne ne brisait un marché avec lui sans en payer les conséquences.
Elle les avait payées. En effet, il l'avait ramené aux portes de son village après l'avoir affamée et assoiffée, lui promettant qu'un jour il aurait sa revanche, avant de l'abandonner. Elle avait crié, supplié, hurlé durant des heures, malgré sa gorge desséchée, espérant qu'on vienne la secourir. Finalement, on l'avait retrouvée et on avait cru qu'elle avait perdu la tête. Elle avait été remise à son mari qui l'avait aussitôt enfermée, lui faisant payer le prix de sa traitrise. Astoria avait vu ses enfants grandir, la haïr, souffrir, sans jamais avoir pu leurs parler. Et elle avait souffert. Après tout, elle ne méritait rien de mieux. Elle n'était qu'un monstre: elle avait vendu son enfant par besoin de liberté. Elle était sans doute la pire mère que la terre n'ait jamais porté.
Une deuxième larme rejoint la première, et bientôt, se fût un torrent de larmes qui noya ses joues. Elle libérait enfin la peine qui l'avait submergée durant des années. Maintenant, elle avait vu son fils une dernière fois, et lui avait avoué la vérité, malgré la peine qu'elle avait eue à le faire. Il ne lui restait rien qui l'attachait à cet endroit à présent qu'il lui avait montré l'ampleur du mépris qu'il éprouvait envers elle.
La femme voulait en terminer avec sa vie misérable, mais avant, elle avait une dernière chose à accomplir. Elle rêvait de voir son mari comprendre ce qu'était la souffrance, elle voulait se venger pour ce qu'il lui avait fait subir.
Elle se releva lentement et avisa à travers ses larmes le battant de la porte, laissant échapper un peu de lumière. Elle s'en approcha doucement avant de le pousser, comme dans un rêve. Un sourire sans joie s'installa sur ses lèvres alors qu'elle laissait derrière elle la sombre prison.
Quelques dizaines de minutes plus tard, le père d'Aladdin découvrait la pièce vide de tout occupant, et s'empressa d'aller trouver son fils.
- Aladdin, hurla-t-il violemment. Qu'as-tu fait?
Aladdin releva la tête du tapis sur lequel il tentait vainement de se concentrer depuis qu'il avait parlé avec sa mère, et fit face à son père, furieux.
- Père, je ne comprends pas de quoi vous parlez.
- Ne joue pas à ça avec moi, Aladdin. Tu es allé parler avec ta mère, malgré le fait que je vous l'ai formellement interdit. Mais en plus de cela, tu as laissé sa chambre ouverte et elle s'est échappée. Quelles bêtises te sont encore passées par la tête?
- Apprenez, père, cracha le jeune homme. Que plus on défend à une personne de faire quelque chose, plus grande sera l'envie de désobéir aux ordres. J'ai voulu comprendre ce dont vous nous préserviez depuis si longtemps. J'ai voulu comprendre pourquoi vous gardiez notre mère enfermée comme une criminelle.
- Et ça n'a rien apporté de bon, misérable ! Maintenant, elle est en liberté et seuls les dieux ont encore le pouvoir de l'arrêter !
Aladdin défia son père du regard alors que ses yeux flambaient de colère. Il avait fait une erreur en laissant la colère le submerger et avait laissé sa mère s'enfuir sans même s'en rendre compte alors qu'il était demeuré dans la boutique durant tout ce temps, cependant, il ne comprenait pas la rage de son père. Sa mère semblait en pleine possession de sa raison, elle n'allait pas blesser des personnes innocentes. L'unique homme qu'elle pourrait avoir envie de torturer devait sans doute être son père. Cependant, rien ne pouvait atteindre ce dernier, rien sauf.
- Mégara, se rappela brusquement Aladdin. Elle est dehors. Et maman sait qu'elle travaille à la boulangerie. Elle est sans doute allée la voir.
- Inconscient, l'insulta son père avant de le gifler violemment, lui ouvrant la lèvre. Si je la gardais enfermée, c'était pour une bonne raison. Son cœur s'est terni quand elle a accepté d'offrir ta vie contre la sienne. Et elle n'a rien fait pour remédier à cette noirceur lui empoisonnant les pensées. Avec ces longues années de rancœur envers moi, elle pourrait commettre l'irréparable. Ne t'ai-je donc rien appris? Maintenant, allons retrouver ta sœur avant qu'il ne soit trop tard.
Ils sortirent en courant de la boutique poussiéreuse et se dirigèrent rapidement vers la boulangerie. Le village était étonnamment désert et silencieux, comme si tous les habitants se terraient chez eux. Ils gagnèrent rapidement la place commune et restèrent ébahis devant le spectacle qui s'offrait à leurs yeux : suspendu à l'un des nombreux dattiers du village se balançait un corps au doux rythme du vent. Les longues boucles du cadavre s'entortillaient autour de son visage, rendant l'identification de la personne impossible de loin. Aladdin sentit l'inquiétude lui enserrer le cœur, l'étouffant presque, alors qu'il fendait la foule de curieux amassés.
- Aladdin, hurla soudainement une voix tremblante alors qu'une silhouette se précipitait dans ses bras. Aladdin, j'ai eu si peur.
- Mégara, murmura son frère avant de la serrer doucement contre lui. C'est terminé à présent, tout va bien se passer.
Le jeune homme la maintint dans son étreinte, l'empêchant de regarder le cadavre. Il contempla le visage détendu de sa mère alors qu'une nouvelle bourrasque lui dégageait la figure. Un sourire paisible semblait flotter sur ses lèvres pâles. Il sentit alors une sensation nouvelle le submerger : la culpabilité. Ce terrible poison afflua soudainement dans son corps, lui soufflant qu'il était l'unique responsable de ce triste spectacle. Il le dévora peu à peu, corrompant chaque centimètre de son être. Il aurait aimé remonter le temps et apprécier la présence de sa mère un peu plus longtemps, malgré ce qu'elle avait fait. Mais Aladdin n'aurait plus jamais l'occasion de discuter avec sa génitrice ni de sentir ses bras rassurants autour de lui.
- Aladdin, l'interpella son père d'une voix étrange avant de l'arracher à sa sœur. Je vais ramener Mégara à la maison. Tu ferais mieux de calmer les villageois.
Avant que le jeune homme ait le temps de protester, son père trainait déjà la seule lumière éclairant encore sa vie loin de lui. Il jeta un regard en direction des habitants qui restaient étonnamment muets puis s'approcha lentement du corps sans vie de sa mère. Il avisa posé sur le sol le tabouret qu'il avait vu dans la cellule et comprit comment Astoria avait mis fin à ses jours. Il resta immobile durant ce qui lui sembla une éternité, suppliant en silence sa mère de lui pardonner puis reprit le chemin de sa maison, laissant derrière lui le corps se balancer misérablement au gré du vent.
- Nous devons parler, dit finalement Emma.
Killian Jones porta la tasse à ses lèvres et bu une autre gorgée de ce nectar exquis. Il en apprécia le goût, profita de ce dernier instant de calme avant de devoir affronter l'orage de questions qui ne tarderait pas à s'abattre sur lui. Alors il décida de lancer les offensives :
- Comment s'appelle ce délectable breuvage, love?
- C'est du chocolat chaud, sourit Emma en remarquant le fait qu'il essaie de détourner la conversation de lui. Alors, parlons un peu de toi, maintenant: comment es-tu revenu de New York?
- Cela, darling, ne regarde que moi. Un pirate ne révèle jamais ses astuces.
- Très bien, soupira la blonde en pensant que l'interrogatoire n'allait pas être facile. Où loges-tu en ce moment?
- Sur mon navire, répondit Killian. Après me l'avoir honteusement volé, vous l'avez heureusement laissé au port où je l'ai récupéré quand je suis rentré. Malgré le fait qu'il ait été sali par le Ténébreux et son fils, il reste mon habitation.
- Comment t'es-tu procuré ces vêtements?
- Je les ai acheté, soupira Hook en reprenant une gorgée de chocolat. C'est bientôt fini ces questions débiles, love ? Je suis certain que nous pourrions faire bien d'autres choses…
Avant qu'il n'ait le temps de comprendre, sa tasse lui était sauvagement arrachée des mains. Il contempla incrédule l'endroit où s'était tenu Emma une seconde auparavant et celui où elle se trouvait maintenant, un sourire narquois trônant sur son visage d'ange alors qu'elle tenait fermement sa précieuse tasse à moitié pleine.
- Répond à mes questions comme un gentil garçon et je te rendrai ton chocolat chaud, déclara-t-elle, victorieuse.
Pour une étrange raison que Killian ne pouvait s'expliquer, elle venait de trouver un excellent moyen de pression. Ce liquide était exquis et il ne pouvait envisager de ne plus en boire. Il aurait certainement pu se rendre chez Granny afin d'en commander un, mais il aurait dû affronter les regards accusateurs et menaçants des habitants de cette charmante bourgade, et cela, il ne se sentait pas le courage de le supporter à nouveau. Surtout depuis qu'il avait fait cette expérience en allant chercher de quoi manger.
En pensant au délicieux arôme qui émanait de la boulangerie, son ventre se serra douloureusement avant de manifester sa colère manifeste de ne pas avoir eu quelque chose à grignoter depuis plus de deux jours. Il tenta inutilement d'étouffer les bruits grandissant de son estomac sous le regard amusé d'Emma. Traitre, pensa-t-il en y renonçant finalement.
La blonde s'absenta quelques instants avant de revenir, lui mettant sous le nez le cornet qu'il avait remarqué auparavant. Ce dernier semblait être rempli de croissants frais s'il se fiait à l'odeur s'en dégageant. Son estomac grommela une nouvelle fois, manifestant sa faim à renfort de plaintes brisant sa dignité de pirate fort et inébranlable.
- Tu ferais mieux de manger quelque chose, s'égaya Emma en lui tendant le cornet. Avant de t'évanouir.
Prestement, il attrapa le sachet et en sortit un croissant. Il avait une forme de demi-lune, étrange pour de la nourriture. Mais ce minuscule détail disparut dès le moment où il en croqua un morceau. Sous sa langue, une explosion de saveurs le submergea. C'était sans aucun doute le mets le plus délicieux de ce monde, de tous les mondes même.
- Absolument pas, lui répondit Emma alors qu'il se rendait compte qu'il avait pensé à voix haute. Tu n'as jamais gouté des cookies sortant à peine du four ou un hamburger. Un simple croissant au beurre n'est rien comparé au mélange de saveurs d'un hamburger de chez Granny.
En ce moment, elle le trouvait presque attendrissant. Il mâchait avec plaisir son croissant, semblant en savourer chaque morceau comme un trésor divin. De plus, sa veste de cuir était à présent couverte de miettes, de même que son menton. Elle reposa la tasse contenant le reste de chocolat chaud devant lui et lui indiqua d'un geste de la tête qu'il devait tremper son croissant dedans. D'abord dubitatif, il termina par lui obéir.
- Chest délichieux, grommela-t-il en attrapant une deuxième pâtisserie.
- Hook! On ne parle pas la bouche pleine, le gronda la blonde. Maintenant que ton estomac est enfin rassasié, tu pourrais répondre à mes questions?
- Bien sûr, maman, ironisa le pirate avant d'enfoncer la totalité du croissant dans sa bouche, répandant une tornade de miettes sur son menton. Oups.
Emma soupira pour la forme, avant de se saisir d'une serviette trainant sur le bar. Elle lui attrapa le menton et le tient fermement en enlevant chaque débris s'y trouvant, inconsciente des tourments qui agitaient Killian. Elle se tenait à quelques centimètres de lui, trop absorbée par sa tâche pour faire attention à lui.
Ne se rendait-elle pas compte qu'elle tentait le diable en agissant ainsi, même si elle ne semblait le faire que dans un réflexe maternel? Elle lui agitait ses attributs sous le nez, le narguant littéralement. Il dû se faire violence pour ne pas prendre possession des lèvres roses s'offrant aveuglément à lui. Il déglutit alors qu'elle se reculait enfin. Même s'il aurait adoré combler le vide entre leurs visages, il savait qu'il se ferait immédiatement rejeter. Il avait bien remarqué qu'elle refusait de laisser quiconque s'introduire dans son espace personnel et que chaque homme s'y étant risqué avait sans aucun doute subit sa colère et son rejet. Et il n'avait aucune envie de se faire rejeter par elle, ni de se retrouver encore menotté dans un endroit lugubre avec comme seule compagnie un cadavre et un géant stupide.
- Bonjour Sidney
L'homme se tourna au ralenti vers lui avant de le dévisager stupidement. Que ce soit dans le monde enchanté ou à Storybrooke, le génie avait toujours eu le don d'agacer prodigieusement Rumplestiltskin. Sidney Glass n'était qu'une misérable limace tentant incessamment de satisfaire les envies de Regina, un sale et répugnant animal dont on pouvait se débarrasser en l'écrasant. Il s'était fait manipuler des millions de fois, avait démontré sa couardise à de nombreuses reprises, et par-dessus tout: n'avait jamais appris de ses erreurs et continué sur le mauvais chemin. Oui, cet homme le rebutait au plus haut point.
Néanmoins, il se devait de l'interroger dans son intérêt. Il avait côtoyé le garnement qu'était Aladdin durant longtemps et pourrait certainement lui en apprendre davantage sur lui et sur son précieux objet maintenant perdu.
- Rumplestiltskin, le salua finalement l'ex-rédacteur en chef du Mirror d'une voix râpée. Je mentirai en vous disant que je suis heureux de votre visite alors que vous venez dans le seul but de me narguer.
- Cela mon cher, je n'en doute pas une seule seconde. Néanmoins, mes intentions ne sont pas celles que vous me prêtez. En effet, si je vous rends visite aujourd'hui, c'est que je veux que nous passions un marché.
- Un marché avec moi? ricana Sidney, incrédule. Que pourrais-je posséder qui vous intéresserait? Et qu'auriez-vous à m'offrir en échange?
- Vous connaissez Aladdin, répliqua sèchement Gold. Je veux toutes les informations que vous soyez en mesure de me donner. En échange, je m'engage à hâter votre sortie de cet endroit.
- Vous pensez donc m'avoir avec ce marché? Je sais bien quelle sorte d'homme vous êtes, et je ne vous fais pas confiance. C'est à cause de vous que j'ai été piégé dans cette lampe infernale après tout.
Le génie toisa Rumplestiltskin avec méfiance alors que ce dernier affichait un sourire satisfait. Il savait bien que personne n'arrivait à refuser de conclure un marché avec lui, surtout quand le prix à payer était si minime. Cela faisait des siècles qu'il persuadait les gens de signer des contrats avec lui, et il avait acquis un certain savoir-faire dans la manière de convaincre les personnes de lui céder.
- Réfléchissez bien, mon cher, siffla-t-il en s'approchant de Sidney. Il semblerait que toute la ville vous ait oublié et que je sois votre unique espoir de sortir un jour de cette cellule.
- Marché conclu, se résigna en définitive Sidney.
- Parfait, s'exclama aussitôt Gold. Parlez-moi d'Aladdin.
Il régnait dans la chambre d'hôpital une odeur désagréable qui agressait les yeux et piquait la gorge quand on respirait trop profondément. D'après les médecins, c'était uniquement parce qu'elle était ici depuis trop peu de temps et que son esprit ne supportait pas de rester enfermé. Cela devait certainement être cela. La jeune femme avait l'impression de n'être qu'un petit oiseau qu'on garderait à l'abri dans une minuscule cage, par peur que le volatile décide qu'il voulait voir le monde et voler. Cependant, elle n'était pas une stupide créature, elle était un être humain qui commençait à douter sérieusement de sa santé mentale.
La porte s'ouvrit lentement et une silhouette se profila par l'embrasure. Elle eut peur durant un instant qu'il ne s'agisse de l'énigmatique monsieur Gold qui semblait lui vouer un amour absurde, mais heureusement, ce n'était qu'un médecin souriant vêtu d'une blouse blanche traditionnelle.
- Mademoiselle? Je suis heureux de constater que vous êtes réveillée. J'ai le plaisir de vous annoncer que vous allez pouvoir quitter l'hôpital dès demain. Dès votre sortie, vous serez prise en charge par un membre de votre famille, votre père.
Le médecin sortit une photographie de sa poche et la lui tendit. Elle la saisit et contempla le visage souriant d'un homme bedonnant entouré de fleurs. Il avait une main posée sur son épaule et la regardait d'un air protecteur.
- Il s'agit de votre père, Moe French. Il s'occupe de la boutique de fleurs de Storybrooke, cela vous rappelle quelque chose? N'importe quoi, un simple détail?
- Non, je suis désolée, déclara la jeune femme. Rien ne me vient à l'esprit. Pouvez-vous… pouvez-vous me parler de moi?
Le docteur Whale la regarda quelques instants, pensant qu'il était tout à fait normal que la jeune femme cherche à en savoir davantage sur elle et son passé. Mais comment lui expliquer qu'elle avait été enfermée durant des années dans cet hôpital sous les ordres d'une méchante reine pour empêcher un homme d'être heureux. Finalement, il attrapa le dossier médical qu'il tenait sous son bras et commença à le lui lire.
- Votre nom est Belle French. Votre mère est morte en vous donnant naissance, depuis vous vivez avec votre père. Vous avez séjourné quelques temps dans notre hôpital auparavant. Je suis… ami avec une femme avec qui vous avez noué des liens depuis quelques temps. Elle se nomme Ruby et est ravie que vous sortiez de l'hôpital. Nous avons parlé de vous brièvement et il me semble que vous étiez très proches. Elle est venue vous rendre visite à l'hôpital plusieurs fois, dont aujourd'hui, mais vous étiez endormie. Je pense qu'il vaudrait mieux que vous vous entreteniez avec elle ou votre père, ils pourront vous en dire davantage que moi.
Elle hocha la tête, ressemblant les informations qu'elle venait de recueillir dans un coin de son esprit et tenta d'y trouver un sens. Les paroles du médecin sonnaient étonnamment fausses, du moins, en partie. La femme avait l'impression qu'elle ne s'entendait pas bien avec son père, malgré le fait qu'elle ait vécu avec lui. La seule partie du discours qui sonnait juste était cette femme nommée Ruby avec qui elle avait soi-disant noué une amitié. Le docteur avait prononcé son prénom avec une certaine douceur lui prouvant qu'elle ne pouvait être qu'une femme sympathique.
- Merci docteur Whale, lui répondit-elle finalement en lui adressant un sourire reconnaissant. A quelle heure pourrais-je partir d'ici?
- Vous partirez demain matin. Votre père est en train de signer les papiers vous permettant de sortir, il reviendra demain vous chercher, vous allez retourner habiter avec lui. Nous espérons que votre cohabitation fera remonter vos souvenirs à la surface. Vous reviendrez à l'hôpital une fois toutes les semaines afin que nous puissions suivre vos progrès. Cela vous convient-il?
Tout en acquiesçant aux paroles du docteur Whale, Belle pensa à quel point ces dernières semaines avaient été étranges: une foule d'événements hors du commun s'étaient produits et l'avait fait douter de sa santé mentale.
Pour commencer, elle s'était retrouvée à la lisière de la ville, sans savoir comment elle était arrivée à cet endroit, blessée par balle par un fou furieux déguisé en pirate avec un crochet à la place d'une main. Un vieil homme la serrant dans ses bras en hurlant. Il avait alors semblé profondément bouleversé et avait détourné son regard d'elle. Jusqu'à là, elle aurait encore pu croire à un concours de coïncidences et que son imagination farfelue lui avait joué des tours.
Mais alors s'était produit un événement qui avait à jamais modifier sa perception de la réalité. L'homme la serrant dans ses bras l'avait déposé sur le sol et s'était tourné vers l'homme costumé. Et il avait fait sortir du feu de ses mains. Elle avait certainement halluciné car un instant plus tard, elle entendait un klaxon de voiture et était violemment poussée sur le côté alors qu'un véhicule heurtait l'homme lui ayant tiré dessus. Quelques secondes après, son instinct de survie avait pris le dessus et elle avait voulu se dégager de l'étreinte du vieil homme. Mal lui en avait pris: en voulant bouger, sa blessure l'avait violemment élancée et elle avait gémit de douleur. Et alors, la main de l'homme avait dégagé un halo violet et il l'avait guérie.
Sa plaie lui faisant mal quelques secondes auparavant s'était refermée alors que la douleur s'envolait. Cela ne pouvait être normal, c'était certainement un traumatisme suite au choc. C'était du moins ce que lui avaient assuré les docteurs. Cependant, au fond de sa tête, une petite voix lui chuchotait qu'elle était folle et qu'elle terminerait enfermée dans un hôpital psychiatrique. Et cette pensée lui glaçait le cœur d'épouvante.
Les événements anormaux avaient continués avec le vieil homme qui avait débarqué dans sa chambre et l'avait embrassée, puis était revenu avec une tasse venant soi-disant de son château qu'il avait apparemment enchanté. Elle ne voulait pas de cette stupide tasse magique alors elle l'avait lancé contre un mur, la brisant sous l'impact. Le visage de l'homme s'était décomposé à la vitesse de l'éclair alors qu'elle ressentait malgré elle un sentiment de perte au fond de sa poitrine. Mais cette sensation n'avait duré qu'une seconde avant de disparaître.
Belle avait finalement eut la confirmation que quelque chose ne tournait pas rond dans sa tête quand l'homme qui conduisait la voiture l'avait accostée et lui avait révélé qu'il avait également vu l'étrange boule de feu. Les calmants qui leur avaient été injectés avaient définitivement des effets très particuliers, ou du moins, c'est ce dont elle avait essayé de se convaincre.
- Je vais vous laisser, mademoiselle French, déclara soudainement le docteur Whale en la sortant des pensées dans lesquelles elle était profondément plongée. Si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à appeler une infirmière.
- Je peux encore vous poser une question? s'enquit Belle. Qui est Rumplestiltskin?
Mary Margaret avait passé une longue journée, et ne rêvait que d'un bon chocolat chaud et d'un bain rempli de mousse. Elle poussa la porte de son appartement et laissa tomber brusquement un de ses nombreuses courses sur le sol en se plaignant du poids de ce dernier alors que David se profilait derrière elle en la regardant tendrement. Il attrapa le lourd sac et se dirigea vers la cuisine, d'où émanait des rires ainsi qu'une odeur de cookies sortant à peine du four alors que sa femme s'accordait quelques secondes de répit. Il fronça un instant les sourcils, se demandant qui Henry avait invité à la maison et s'il devait attendre de voir la cuisine avant de prévenir les pompiers, les talents de cuisinier de son petit-fils n'étant pas très développés pour le moment.
Cependant, leur invité surprise n'était autre que le capitaine Hook, apparemment occupé à discuter avec leur fille alors que cette dernière disposait des biscuits encore fumant dans une assiette. Il resta un instant incrédule face à la scène se déroulant sous ses yeux : sa fille était en train de cuisiner avec le pirate qui avait pourtant comploté contre elle. Et pourtant, elle ne semblait pas sur ses gardes. Au contraire, elle plaisantait gentiment avec le capitaine en secouant négligemment ses longs cheveux blonds, leurs deux corps bien trop rapprochés, démontrant une complicité évidente selon le prince.
David termina d'analyser la situation incongrue, surpris qu'ils ne les aient pas encore remarqué, trop plongés dans leur monde pour faire attention à lui. Il profita de cet intervalle de temps pour reprendre ses esprits, et essaya de réfléchir à la manière de faire face à cette situation.
- David? l'appela soudainement Mary Margaret. Tu peux venir m'aider à porter le reste des sacs ?
Les deux autres occupants de la cuisine cessèrent aussitôt de rire et se figèrent alors que Snow White faisait son apparition, un sac à la main et un sourire lumineux sur son visage. Cependant, dès qu'elle aperçut Hook, sa mine heureuse s'évanouit aussitôt, remplacée par une expression de haine pure. Avant que quiconque ait le temps de réagir, elle attrapa son arc et ses flèches, appuyés près de la porte et mit en joue le capitaine.
- Eloignes-toi de lui, Emma, commanda-t-elle d'une voix effrayante.
- Snow, la supplia David. Calmes-toi.
- Je ne me calmerai pas tant que cet énergumène n'aura pas quitté ma cuisine, s'énerva la reine. C'est lui qui a amené Cora à Storybrooke, il doit payer pour ça !
Emma comprit rapidement que si elle n'intervenait pas, la cuisine se transformerait bientôt en champs de bataille. Alors elle ouvrit l'un des placards, y attrapa un bol en bois et le remplit de cookies avant de le tendre à Killian, qui nonchalamment appuyé contre le comptoir, ne semblait pas prendre la situation très au sérieux si elle se fiait au sourire moqueur qui trônait sur ses lèvres.
- Sors de là, lui chuchota-t-elle avant de le pousser vers la porte, ignorant ses parents. Et prends les biscuits avec, je suis sûre que tu meurs encore de faim.
Pour une étrange raison, Killian décida de faire profil bas, ne fit aucune remarque et se dirigea rapidement vers la porte, avec la blonde sur ses talons. Il respecta une distance correcte envers Snow White qui le foudroyait du regard, semblant vouloir le tuer sur place. Le pirate lui adressa un clin d'œil aguicheur en réponse.
- Je vais l'accompagner, déclara Emma en adressant un sourire désolé à ses parents.
Elle quitta l'appartement rapidement, suivant Killian qui ne l'avait pas attendue pour détaler. David sentit une partie de la tension qui l'habitait depuis l'altercation entre sa femme et Hook, et se tourna vers la reine qui tenait toujours solidement son arc.
- Snow, lui souffla-t-il. Snow?
Il prit délicatement l'arc de ses mains de sa femme et le posa sur le sol. Puis lentement, il l'enlaça. Elle resta rigide pendant quelques instants avant de se laisser aller dans les bras bienveillants de son mari. Son étreinte devait être le seul endroit dans ce monde où elle pouvait encore se sentir à l'abri, où elle pouvait espérer pouvoir être heureuse.
David était son point d'ancrage dans l'ouragan qui avait submergé sa vie depuis quelques temps. Depuis sa première rencontre avec lui, elle avait toujours su qu'ils étaient voués à s'aimer et à se soutenir. Il était toujours réconfortant, même dans les moments où elle perdait pied. Comme aujourd'hui par exemple.
Elle ignorait exactement ce qui lui avait pris en voyant le capitaine Hook. Elle savait uniquement que la rage s'était emparée d'elle, lui faisant perdre tout discernement. Toute l'amertume et le désespoir qu'elle tentait de réprimer l'avaient envahi, lui soufflant qu'une personne devait payer pour la noirceur de son cœur. Et il s'était trouvé dans son appartement, riant avec sa fille adorée, souillant la pièce de sa présence. Snow avait eu envie de lui décrocher une flèche et de le laisser se vider de son sang. Cependant, David s'était interposé. Avait alors débuté une bataille entre l'obscurité de son âme et la pureté qui la gouvernait depuis sa naissance, ses idées s'affrontant violemment.
Finalement, sa fille avait décidé de sortir de l'appartement, emmenant la tentation de meurtre avec elle. Snow avait alors pu reprendre ses esprits. Elle avait été horrifiée de découvrir les idées noires qui lui soufflaient de viles pensées, alors qu'auparavant, tuer une personne lui faisait horreur. Mais devant elle se tenait le responsable de l'assombrissement de son âme, celui qui avait amené Cora à Storybrooke. Elle avait eu envie de le faire souffrir, comme elle souffrait. Déchirée entre le bien et le mal en elle, luttant en permanence.
- Snow, calmes-toi, lui susurra amoureusement David. Il est parti. C'est terminé à présent. Tout va bien se passer.
- Non, Charming, pleura-t-elle en se dégageant de l'étreinte bienveillante de ses bras. David, mon cœur devient noir. Je ne suis plus moi-même. En le voyant, j'avais juste envie de le tuer, de le faire se tordre de douleur à mes pieds. Et ce n'est pas moi, je ne suis pas comme ça.
- Snow, je te connais. Tu as fait ce qu'il fallait faire, tu n'avais pas le choix. Tu as protégé ta famille. Tu es emplie de bonté et de bienveillance, ne laisses pas Cora te transformer en ce que tu n'es pas. Tu es plus forte que cela. Je t'aime, n'oublie jamais ça.
Elle aurait aimé le détromper, lui hurler qu'il ne racontait que des mensonges afin de la réconforter. La reine aurait voulu se jeter dans ses bras amoureux et oublier ce qu'elle avait fait par amour. Elle aurait adoré lui dire qu'il avait raison. Mais quelque part au fond d'elle, une part de son cœur était souillée pour l'éternité. Et que cela ne pourrait qu'empirer jusqu'à qu'elle ne soit que ténèbres.
Voiliou, fin du troisième chapitre. En le corrigeant, je me suis rendue compte que ça partait dans tous les sens, et que le CS n'était pas très présent, mais j'espère que ça vous plait toujours autant.
Que dire sinon ... J'ai remarqué que les reviews n'étaient pas au rendez-vous et cela m'attriste car c'est le seul "salaire" que je reçois pour cette histoire et la seule manière pour moi de savoir ce que je dois améliorer dans mes écrits, je vais pas vous faire du chantage aux reviews, mais j'avoue qu'un petit commentaire me ferait grandement plaisir. Pensez-y, cela ne prend pas beaucoup de temps et cela permet d'ensoleiller la journée (soirée xD) d'une personne.
A dimanche prochain!
