Hellou! Y a encore des gens qui lisent cette histoire? Si c'est le cas, bonne lecture :)


Chapitre VI

La première chose qu'aperçut Emma en rentrant chez elle fût ses parents en pleine discussion, assis autour du comptoir. Henry discutait avec eux et semblait très enthousiaste. Elle leur sourit machinalement, se rappelant qu'elle avait croisé Neal en rentrant chez elle, et l'avait soigneusement ignoré, ressassant encore les paroles du pirate. Il l'avait parfaitement cernée et cela l'avait perturbée, énormément. Exactement comme la fois où ils avaient escaladés ensembles le haricot géant. La seule différence était que cette fois, elle ne pouvait pas ignorer ses paroles et l'abandonner.

- Emma! s'exclama Mary Margaret joyeusement avant de poser ses yeux ébahis sur elle. C'est… c'est la veste de Graham?

- Oui, lui répondit sa fille brusquement en fuyant son regard.

Elle avisa son fils perdre son sourire rapidement, alors qu'il réalisait ce qui s'était passé quelques heures auparavant. David la regarda d'un air désolé, comme s'il comprenait ce qu'elle avait traversé durant cette longue journée. Mary Margaret se leva précipitamment de son siège, manquant de se prendre les pieds dedans et se dirigea rapidement vers elle. Elle hésita un court instant avant de poser une main tremblante sur sa joue.

- Tu veux en parler? la questionna-t-elle d'une voix douce.

- Non, répliqua Emma en enlevant lentement la main de sa mère, avant de se tourner vers les autres membres de sa famille. De quoi étiez-vous en train de discuter?

- Du mariage de Kathryn et de Jim, lui répondit Henry qui semblait déjà avoir totalement oublié Graham. Tu savais que vous devez porter vos vêtements de conte de fées? Cela va être génial.

- Non, je n'étais pas au courant, gamin. Et cela risque de me poser un petit problème étant donné que le seul vêtement que je possède du pays enchanté est ma couverture de bébé. Mais, vous, vous n'avez pas vos habits de là-bas?

- Il semblerait que Rumplestiltskin en ait hérité, grimaça son père. Par miracle, il semblerait que Kathryn ait réussi à le convaincre de nous les… louer. Il n'allait quand même pas laisser passer une occasion pareille de se remplir les poches.

- Rumplestiltskin peut changer la paille en or, lui rappela malicieusement sa femme. Il s'agit uniquement d'une question d'orgueil, je présume. Et pour toi, Emma, il semblerait qu'il ait une robe. Je ne sais comment il l'a eu, ni d'où elle vient, mais il prêt à te la donner. Tu dois passer à sa boutique demain vers dix heures.

- Et d'où vient cette soudaine générosité?

- Emma, ne soit pas si dure avec lui, protesta Snow d'un air réprobateur. Tu lui as sauvé la vie et permis de retrouver son fils. Il t'en est sûrement reconnaissant.

- J'irai le trouver demain matin, trancha la blonde. Je verrai bien si cela cache quelque chose. Et toi, Henry, comment veux-tu t'habiller?

- Je veux me déguiser en pirate, s'exclama joyeusement le petit garçon sous le regard interloqué de sa famille. Quoi? J'ai toujours rêvé d'être un Jack Sparrow.

- Tu peux te déguiser en ce que tu veux, déclara prudemment Emma.

Son père lui adressa un sourire étincelant, puis se tourna vers sa femme qui le tenait toujours par la taille et déposa un baiser sur ses lèvres. Emma ne pût s'empêcher de les regarder avec envie, eux qui avaient trouvé leur véritable amour. Et une fois de plus, les paroles de Hook lui revinrent en tête.

Le mur que tu t'es construit autour de toi. Je ne sais pas pourquoi il est encore là après toutes ces années. Mais ce que je sais, c'est qu'il t'évite peut-être certaines souffrances, cependant, il fait également barrière à l'amour et aux sentiments. Réfléchis à cela, Swan, ou tu risques de passer à côté de choses magnifiques.

Le pire dans tout cela est qu'il avait raison. Il ne connaissait pratiquement rien d'elle, et pourtant arrivait à la faire se questionner. A essayer de comprendre pourquoi elle tenait autant à ce mur qu'elle croyait impénétrable, mais dont les petites fissures s'agrandissaient au fils des jours. Elle l'avait pourtant soigneusement érigé, mais les personnes qu'elle avait perdues avaient œuvré à sa lente destruction. Graham et August avaient lentement fait tomber ses barrières, avant de lui être brusquement enlevés.

-… N'est-ce pas Emma? déclara son fils en la sortant de ses pensées noires.

- Quoi?

- Je demandais à Mary Margaret si je pouvais aller emprunter un costume de pirate au capitaine Hook. Mais cette dernière n'était pas d'accord, donc je lui ai dit que maintenant, il était gentil.

- Henry. Ce n'est pas parce que ce pirate semble faire amende honorable depuis quelques temps que tu dois lui accorder ta confiance, soupira sa mère. N'oublies pas que les pirates sont des êtres fourbes et sans scrupules.

Elle sentit le regard vaguement interrogateur de sa mère sur elle, mais décida de l'ignorer. Elle laissa ses parents et son fils dans la salle à manger, avant de rejoindre sa chambre où elle s'allongea, les paroles de Hook lui tournant encore dans la tête.


- Docteur Whale, quelqu'un vous demande dans la salle d'attente. Elle a dit qu'elle attendrait aussi longtemps qu'il faudrait.

L'infirmière lui transmettant le message semblait vaguement interloquée. Victor Frankenstein lui adressa un sourire reconnaissant en lui déclarant qu'il s'en chargerait, puis se dirigea rapidement vers l'accueil, laissa son regard vagabonder dans la salle avant de se fixer vers une jeune femme aux longs cheveux bruns légèrement ondulés.

- Victor, s'exclama Ruby en se levant rapidement. Je suis ravie de te voir. Je venais prendre des nouvelles de Belle…

- Elle est sortie de l'hôpital ce matin. Son père s'est chargé de la ramener chez lui.

- C'est génial, s'exclama Ruby en lui adressant un sourire complice. Tu as terminé ton boulot? Pourquoi ne viendrais-tu pas faire un tour avec moi?

- Je termine mon service dans cinq minutes, lui déclara le docteur Whale avant de se diriger vers le quartier des docteurs pour se changer. Attends-moi.

Ruby acquiesça avant de replonger la tête dans le journal qu'elle était en train de lire. Parfois, cela l'étonnait encore de constater avec quelle facilité Victor et elle s'étaient liés d'amitié après l'accident de Greg Mendell, malgré tout ce qui les différenciaient. Il lui semblait que la veille encore, elle était assise à côté de lui en train de le rassurer. Depuis ce jour, ils étaient devenus des amis proches et elle appréciait sa compagnie.

- Allons-y! la sortit de ses pensées Victor en lui tendant galamment son bras.

- Les gens vont parler, refusa-t-elle en lui adressant une grimace d'excuse.

- Et ils auraient une bonne raison de le faire.

Ils marchèrent en silence durant quelques minutes jusqu'à arriver à l'appartement où habitait le docteur Frankenstein. Ils s'immobilisèrent devant la porte, chacun attendant que l'autre fasse le premier pas. Puis l'homme prit la parole :

- Tu veux rentrer un moment? Nous pourrions boire une tasse de café.

- Bien sûr, s'exclama joyeusement la femme alors qu'il l'invitait à entrer.

Une fois la porte refermée, ils vérifièrent que les rideaux cachaient la vue aux passants avant de se jeter l'un sur l'autre, leurs lèvres se rencontrant finalement. Entre deux baisers, Ruby parvint à interroger :

- Tu crois que quelqu'un se doute de quelque chose?

- Nous sommes la discrétion incarnée, répliqua Victor. Cependant, nous devrions éviter de passer nos pauses dans les toilettes de l'hôpital, les infirmières vont terminer par se douter de quelque chose.

Ruby poussa un soupire de désir alors que la bouche de l'homme quittait ses lèvres et allait se perdre dans son cou. Elle passa ses mains autour de lui, le rapprochant davantage alors que le désir la submergeait.

- Victor, gémit-elle en reprenant difficilement son souffle. Je t'en prie.

- Non, je ne pense pas que cela soit une bonne idée, lui répondit ce dernier en déposant de légers baisers sur sa nuque alors qu'elle frémissait. Tu vas bientôt devoir retourner au Granny's.

- Mais j'ai encore le temps, protesta la jeune femme en riant doucement.

Victor se détacha avec peine d'elle, et elle pût lire dans ses yeux le reflet de la passion qui l'habitait également. Il lui attrapa la main et l'entraina vers la cuisine. Elle se laissa faire, tentant d'oublier les sensations qu'il avait fait naître au fond d'elle.

- Nous ne pouvons pas prendre le risque d'être découvert, la raisonna-t-il en sortant deux tasses d'une armoire. Je ne suis plus tout jeune, mais toi, tu as encore la vie devant toi. Que diraient les gens s'ils savaient?

Il attrapa deux sachets de thé et entreprit de faire bouillir de l'eau alors que Ruby s'agitait dans la cuisine.

- Ce ne sont pas les gens qui m'importent, protesta Ruby en se rapprochant lentement de lui, d'une démarche langoureuse. C'est toi, et uniquement toi.


- Bienvenue à la maison, Belle, lui déclara son père d'une voix chaleureuse. Je suis encore désolé d'avoir pris du retard ce matin pour venir te chercher. Je me suis permis de faire un peu d'ordre dans ta chambre. Je vais te faire visiter.

La jeune femme lui sourit avant de se saisir du bras qu'il lui tendait. La demeure dans laquelle elle semblait habiter n'était pas très grande et se trouvait non loin du magasin de fleurs de son père. Son père était le seul fleuriste de Storybrooke et il semblait adorer son métier. Il lui avait parlé tout le trajet de ses clients, de ses fleurs favorites, et des dettes qu'il avait. La jeune femme avait été effarée en constatant que son père croulait sous les factures, mais il avait habillement détourné le sujet et elle avait préféré faire semblant de ne rien remarquer. Elle ne tenait pas à offenser celui qui prenait à présent soin d'elle et qui lui offrait un endroit où vivre.

- Et voici ta chambre, la rappela à l'ordre son père alors qu'il poussait une porte en bois. Je vais te laisser t'installer, je vais aller faire quelques courses dans un petit moment.

- Merci… papa, ajouta Belle après quelques secondes d'hésitation alors que ce dernier la laissait seule.

Elle pénétra dans sa chambre, se demandant à quoi elle pouvait bien ressembler. Serait-ce une chambre rose de princesse pour une fillette de dix ans? Une chambre aux couleurs noires et sombre, témoignant d'un passé gothique? Mais ce ne fût en rien ce qu'elle attendait.

Aux quatre coins de la chambre se trouvaient des gigantesques piles de livres. La plupart semblait abimés par le temps et était parfois recouvert d'une légère couche de poussière, comme si elle n'était pas venue dans cette pièce depuis un très long moment. C'était très étrange. Son père lui avait pourtant raconté toute sa vie et elle ne se souvenait pas qu'il ait mentionné qu'elle avait quitté la maison à un moment ou à un autre. Elle avait peut-être fait une fugue, voilà pourquoi elle se trouvait à la limite de Storybrooke. Mais cela ne lui expliquait pas comment elle avait pu perdre la mémoire.

La sonnette retentit dans la maison et elle se précipita vers la porte, devançant son père qui tenta pour une raison obscure de l'empêcher d'aller ouvrir à la personne se présentant chez eux. Elle déverrouilla la serrure et adressa un sourire étincelant à la femme se tenant sur le seuil de sa demeure.

- Bonjour, Belle, déclara d'une voix mielleuse la femme l'ayant visitée à l'hôpital. Tu te souviens de moi?

- Bonjour, madame Mills, la salua la jeune femme. Voulez-vous entrer un moment?

- Ce sera avec grand plaisir, mais je t'en prie, appelle-moi Regina.

Belle lui sourit une nouvelle fois avant de la laisser rentrer dans sa maison, ayant honte de la fine couche de poussière que l'on pouvait apercevoir sur certains meubles. Elle se dirigea vers la cuisine et proposa à son invitée une tasse de café. Cette dernière acquiesça avant de s'asseoir gracieusement sur une chaise, observant avec attention l'endroit dans lequel elle se trouvait.

- Je t'ai déjà dit que nous n'étions pas vraiment des amies, commença Regina. Mais j'aurais espéré que nous pourrions le devenir. Je vais tenter de te renseigner davantage sur ta vie avant que tu ne perdes la mémoire.

- C'est très gentil de ta part. Mon père ne semble pas vraiment au courant de ma vie, ce qui est étrange, je trouve, avoua pensivement Belle en lui tendant une tasse de café. Avais-je des amis?

- Tu étais particulièrement amie avec Ruby, la serveuse de chez Granny, grimaça la maire, comme si ces paroles lui coûtaient. Il me semble que tu t'étais également liée d'amitié avec Archie Hooper, le psychologue de Storybrooke.

- Pourquoi étais-je allée le voir?

- Ils ne t'ont donc rien dit? murmura la méchante reine en se réjouissant silencieusement. Tu étais enfermée dans l'asile et tu n'es étais sortie que récemment. Le docteur Hooper s'occupait de ton cas afin de s'assurer que… enfin…

- Que je n'étais plus folle, compléta amèrement la brune. J'ai une autre question à te poser : l'homme qui m'a trouvée le soir où j'ai perdu ma mémoire, est-ce qu'il s'agit d'un ami?

- Je ne qualifierai pas cet homme d'ami, il est celui qui a demandé que tu sois enfermée à l'asile.

- Quoi? s'exclama Belle totalement interloquée. Mais pourquoi aurait-il fait cela?

- Il semblerait que tu aies refusé ses avances, très poussées, et qu'il se soit vengé en te faisant passer pour folle. Monsieur Gold est malheureusement l'homme le plus puissant de la ville et je suis impuissante face à ses manipulations. C'est également à cause de lui que tu as perdu la mémoire.

- Mais alors, demanda la jeune femme qui ne comprenait décidément plus rien. Pourquoi l'autre homme déguisé en pirate m'a tiré dessus?

- Il ne visait pas toi, ma chérie, il visait monsieur Gold. Ces deux-là sont des ennemis de longue date, et Killian, il se nomme Killian Jones, a essayé de le blesser. Malheureusement, c'est toi qui as pris la balle et la violence du choc t'a fait perdre la mémoire. Mais ne t'inquiètes pas, à présent, je vais veiller sur toi.

- Merci. Toi qui es la maire de cette ville, pourrais-tu me renseigner sur une bibliothèque? J'ai vu que ma chambre débordait de livres et je crains d'être en retard pour les rendre.

- Tu n'as aucun souci à te faire de ce côté-là, Belle, lui répondit Regina, presque avec regret. La bibliothèque t'appartient.

- J'ai une bibliothèque? demanda Belle des étoiles plein les yeux.


Le capitaine Hook se releva brusquement de son lit et réprima le cri qui allait franchir ses lèvres. Il était tombé de fatigue sur sa paillasse et s'était immédiatement endormi, essayant de trouver dans le sommeil une échappatoire aux événements qui meublaient sa vie. Cependant, il avait l'impression de n'avoir dormi que quelques minutes depuis qu'il avait quitté le poste de police. Il se rappelait encore sa surprise quand il avait compris que Baelfire n'était autre que le père du fils d'Emma, que ce "Neal Cassidy" était celui qui avait brisé le cœur de la princesse, sans ménagement.

Il secoua la tête et se leva douloureusement, sa jambe lui faisant encore mal malgré le temps s'étant écoulé depuis qu'il avait été blessé. Killian essaya de se souvenir du contenu de son rêve, mais une fois de plus, seules des brides dénuées de sens lui revenaient. Il croyait avoir entendu le chant d'un animal, sans parvenir à se souvenir pourquoi cela l'avait à ce point marqué.

Il chassa ces pensées sans importance de sa tête et se concentra sur la seconde partie du plan, qu'il aurait dû mettre en action à la seconde où il était revenu à Storybrooke. Mais une certaine blonde l'avait distrait et il s'était surpris à ne pas montrer autant de zèle qu'il l'aurait souhaité à sa mission.

L'homme avisa ses vêtements de pirate reposant non loin de son lit, mais décida de ne pas les emporter et enfila à la place sa tenue moderne. Il attrapa le bol de cookies qu'Emma lui avait fait donné la veille, se remémorant le délicieux moment qu'il avait passé en sa compagnie, et en porta un à sa bouche, en savourant le goût. Puis il se mit en route en direction de la boutique de Rumplestiltskin, espérant y trouver ce qu'il recherchait.

Durant le trajet, il tenta de se ressaisir. Il n'était pas un homme qui se laissait facilement troublé par une femme, et pourtant, Emma Swan occupait ses pensées de plus en plus souvent et il ne savait comment se comporte avec elle. La plupart du temps, il était fidèle à son habitude : il flirtait avec elle, il mettait en avant son côté charmeur. Néanmoins, il y avait des fois où il n'y arrivait pas et laissait tomber son masque face à elle, comme le jour où elle l'avait raccompagné après le désastre dans son appartement. Le pirate était resté étonnement muet durant tout le trajet, perdu dans ses pensées. Et même si Emma l'avait bien remarqué, elle n'avait pas fait de commentaires et avait respecté son silence.

Sans qu'il le réalise, il avait parcouru la moitié de la ville et se trouvait à présent en face de la boutique du Ténébreux. Alors qu'il allait traverser la route, il aperçut la voiture jaune d'Emma et se recula, se dissimulant dans l'ombre d'une ruelle. Inconsciente de sa présence, la blonde sortit de son véhicule et entra dans la boutique.

- Bonjour monsieur Gold, déclara Emma en poussant la porte de la boutique, faisant carillonner la sonnette.

- Mademoiselle Swan, la salua le vieil homme. Suivez-moi dans l'arrière-boutique, je vous prie.

La femme blonde s'engagea à sa suite, faisant attention à ne rien faire tomber sur son passage. Rumplestiltskin lui semblait encore plus étrange que d'habitude ce matin. Il l'observait du coin de l'œil, comme s'il s'attendait à ce qu'elle déclenche quelque chose.

L'arrière-boutique était encore plus encombrée que d'habitude, la plupart de la pièce étant en effet occupée par des vêtements venant certainement de l'autre monde. Ils étaient magnifiques, faits dans des étoffes luxueuses qu'Emma n'avait jamais vu de sa vie. Comme une petite fille émerveillée, elle s'approcha doucement d'une robe blanche et caressa le tissu, emparée d'une nostalgie qu'elle ne parvenait pas à expliquer.

- Il s'agissait de la robe de mariage de votre mère, lui apprit monsieur Gold. Néanmoins, ce n'est pas celle-là dont je veux vous faire cadeau. La robe que vous allez porter à ce mariage est infiniment plus précieuse.

Il ouvrit un coffre précautionneusement et en retira une étoffe qu'il déplia sous les yeux enchantés d'Emma, qui n'avait jamais rien vu de pareil. Rumplestiltskin lui accorda durant quelques secondes le droit de la regarder avant de la ranger dans le coffre qu'il referma à clef.

- Vous n'allez pas me la donner, observa Emma, dépitée.

- J'aurais quelque chose à vous demander en échange, répliqua l'homme en souriant machiavéliquement. Je voudrais que…

- CROCODILE! hurla brusquement une voix enragée, lui coupant la parole.

- Veuillez m'excuser, reprit-il avant de se diriger vers la porte, Emma sur ses talons. Il s'agit d'une affaire personnelle.

- Je suis le shérif de la ville, répondit Emma d'une voix déterminée. Je ne vous laisserai pas causer du mal à quiconque.

- Surtout quand il s'agit de votre cher pirate, persifla monsieur Gold. Ne vous inquiétez pas pour lui, il vient seulement de faire connaissance avec mon sortilège de protection, le même que j'ai installé chez moi pour ne pas avoir à redouter une attaque. J'ai ensorcelé la porte de la boutique avec un enchantement de mon invention.

- Gold, êtes-vous en train de lui faire du mal ? s'inquiéta la princesse.

- Bien sûr, miss Swan, ronchonna le vieil homme en faisant un mouvement de bras. Il veut me tuer, je dois me protéger de manière efficace.

La porte s'ouvrit alors violemment, projetant le pirate à travers la boutique sur le comptoir. Ce dernier le heurta brusquement, faisant voler des éclats de verre un peu partout, avant de s'effondrer par terre, maudissant le crocodile, et se maudissant d'avoir cru qu'il pourrait entrer dans la boutique sans se faire repérer.

Emma ne pût s'empêcher d'être choquée face à la violence qu'avait employée Rumplestiltskin. Elle se précipita immédiatement vers Hook qui poussa un gémissement en essayant de se relever sans succès, et s'accroupit à côté de lui en esquivant une grimace en voyant du sang sur ses vêtements.

- Je vous laisse vous occuper de cet incompétent, déclara Rumplestiltskin sans s'émouvoir de l'état du pirate. J'ai des affaires qui m'attendent. Nous reparlerons plus tard de notre arrangement.

La jeune femme lui prêta peu d'attention alors qu'il quittait le magasin, son esprit entièrement concentré sur le pirate étendu par terre. Elle l'observa avec attention, tentant de déterminer la gravité de ses blessures.

- Hook? s'enquit-elle. Tu… tu vas bien?

- Hello, love, grimaça ce dernier en se relevant avec difficulté. Que fais-tu dans l'antre du crocodile?

- Il avait quelque chose à me montrer, soupira Emma en croisant les bras, comme pour se protéger alors que le pirate lui adressait un sourire canaille.

- Je suis désolé, Swan, mais le crocodile mérite de souffrir. Je ne pensais pas qu'il serait lâche au point de ne pas m'affronter et de se réfugier une fois de plus derrière sa magie.

Mensonge, pensa aussitôt la femme en remarquant qu'il évitait de croiser son regard. Elle ignorait pour quelle raison il refusait de lui dire la vérité, mais cela la peina. Elle pensait avoir développer une relation avec un minimum de confiance avec lui, cependant, il lui prouvait une fois de plus qu'elle ne pouvait pas lui accorder sa confiance.

Il esquiva quelques pas et la princesse l'observa avec inquiétude, et remarqua la grimace qu'il esquiva en portant une main à son torse, avant de dissimuler immédiatement son trouble avec un autre sourire sonnant encore plus faux que le précédent.

- Tu es blessé? l'interrogea la blonde.

- Ce n'est rien, une simple égratignure.

Avant qu'il n'ait le temps de protester davantage, Emma écarta les pans de sa veste, révélant une grossière plaie qui s'étalait sur son torse, et grimaça en voyant la profondeur de la blessure.

- Je dois t'emmener à l'hôpital, s'exclama la princesse d'un air affolé. Tu es gravement blessé.

- Ce n'est qu'une coupure, love.

- Non, et ça risque de s'infecter si tu ne la fais pas soigner sérieusement.

- Je n'irai pas à l'hôpital.

Emma fronça les sourcils devant l'obstination du pirate, puis approcha lentement sa main de sa plaie, semblant hésiter sur la marche à suivre. Killian la contempla alors qu'elle observait son ventre d'un air concentré. Elle était si belle en cet instant, il émanait d'elle quelque chose de fort, de puissant, qui lui donnait envie de s'approcher encore davantage d'elle.

- Ça va faire mal, le prévient-elle avant de poser sa main sur sa blessure.

Le capitaine Hook s'apprêtait à protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps et se concentra sur la magie qu'elle sentait couler dans ses veines. Elle ne savait pas pourquoi elle ressentait le besoin de le soigner magiquement, alors qu'elle aurait pu le forcer à aller à l'hôpital. Cependant, il était borné et il lui aurait fallu d'âpres négociations avant de parvenir à imposer son avis. Et cela lui avait semblé tellement naturel d'essayer de le guérir. A la seconde où elle avait vu sa plaie, elle avait su ce qu'elle devait faire et l'avait effectué presque mécaniquement.

La sauveuse sentit les yeux émerveillés du capitaine se poser sur elle alors que sa lésion se refermait peu à peu. Elle remarqua également que les autres petites plaies se réabsorbaient lentement.

- Brillant, Swan, vraiment très intelligent, rit l'homme, se demandant si elle se rendait compte de la promiscuité de leurs deux corps.

Malgré lui, il attrapa délicatement son visage et le redressa, la forçant à le regarder. Emma sentit son cœur louper un battement en réalisant à quel point elle était proche du pirate. Elle se perdit quelques instants dans ses yeux bleus lui rappelant un océan paisible. Comme dans un rêve, elle sentit la main valide du pirate quitter son visage, et l'agripper à la taille, la rapprochant davantage de lui. Elle ferma un instant les yeux, se laissant porter par l'envie qui la submergeait, avant de ressaisir et de reculer brusquement, rompant l'instant enchanteur qu'ils étaient en train de vivre.

- Bon sang, darling, gémit le pirate. Pourquoi?

- Parce que je ne peux pas te faire confiance, murmura Emma en s'éloignant davantage. Tu m'as mentis avant, et tu le referas encore. Je ne peux pas, je suis vraiment désolée.

- Moi aussi, Swan, lui répondit sombrement le pirate. Moi aussi.


Boom, laissez-moi votre avis, j'ai hâte de savoir ce que vous pensez de ce presque-baiser xD