Hey! Nouveau chapitre, j'ai malheureusement pas pu poster la semaine passé et de plus, ce chapitre est tout petit. J'espère néanmoins que vous l'apprécierez, on se retrouve au bas de la page et bonne lecture!


Chapitre IX

Sous les regards méprisants des nombreux convives, Neal Cassidy traina son père jusqu'à la sortie. Aussitôt la porte franchie, il l'empoigna fermement par le col de son veston et le força à le regarder dans les yeux, chose que Rumplestiltskin s'était refusé d'accomplir après avoir sauvagement agressé le capitaine Hook.

- Je croyais que tu avais changé, rugit furieusement Baelfire. Quel abruti j'ai été! Comment ai-je pu réellement penser, rien qu'une seconde, que tu avais réellement décidé d'être une meilleure personne?

- Bae, murmura son père d'un air implorant. Mon garçon…

- J'ai grandi, cracha durement Neal. Je ne suis plus le pauvre gosse avec qui tu as rompu un contrat, l'abandonnant dans un monde qu'il ne connaissait pas. Contrairement à toi, j'ai appris de mes erreurs.

-En aucun cas. Je vois la manière dont tu regardes Emma Swan. Tu crois être discret, cependant, il est évident pour tout le monde que tu éprouves encore des sentiments pour elle.

- Je ne l'aime pas, hurla rageusement son fils. Je suis fiancé à Tamara et elle est la seule personne qui compte pour moi.

- En parlant de ta charmante fiancée, où se trouve-t-elle?

- Tamara n'apprécie pas particulièrement les grandes festivités, elle est allée s'entrainer pour son marathon dans la forêt. Et elle n'a rien à voir avec cette histoire. Je te parle de ton comportement désastreux!

Un bruit de porte claquée le coupa alors que le fils d'Emma se précipitait près de lui et le regardait avec de grands yeux implorants, semblant chercher quelque chose dans son regard.

Même si cela ne faisait que très peu de temps que Neal savait qu'il avait un fils, il s'était rapidement attaché à ce petit garçon innocent qui lui rappelait sa propre enfance, ces années magiques où il croyait encore que le monde n'était pas cruel et impitoyable et que tout le monde devait avoir le droit à une seconde chance. Ces temps n'étaient plus que des lointains souvenirs, écrasés par la violence des univers auxquels il avait été confronté, cependant il se plaisait à en retrouver des traces en Henry.

- Elle devait raccompagner Hook à son navire, expliqua Neal en crachant le nom du pirate. Elle n'est pas encore revenue?

- Sa voiture est toujours là, s'écria Henry en se précipitant vers le véhicule jaune, suivi par son père.

Rumplestiltskin restait immobile, tentant d'analyser correctement l'étrange sensation qu'il éprouvait. Au bout de quelques secondes, il comprit: l'air empestait. L'endroit où ils se trouvaient dégageait une lourdeur, une incohérence. Cela ne pouvait signifier qu'une seule et unique chose : quelqu'un avait pratiqué la magie quelques minutes auparavant.

- Ne vous approchez pas, hurla-t-il en voyant son fils poser la main sur la poignée de la coccinelle jaune.

- Et pourquoi? le nargua son fils, en enlevant néanmoins sa main.

- Des résidus de magie flottent dans l'air, expliqua calmement le Dark One. Je crains fort que mademoiselle Swan ainsi que le pirate en aient été les victimes.

- Que….que s'est-il produit? l'interrogea Neal.

- Je ne peux l'affirmer avec certitude, cependant, je pense savoir quelle est la cause de leur disparition.

- Mais vous êtes le Dark One, protesta Henry. Vous devez pouvoir les aider. Ou mes grands-parents! Je vais aller les chercher.

Neal acquiesça et regarda son fils se précipiter à l'intérieur. Il se remémora le jour où il avait découvert qu'il avait laissé Emma enceinte aller en prison à sa place, suivant le conseil d'un étranger lui déclarant qu'elle était la sauveuse, un sort conçu sans le moindre doute par son père. Alors qu'il adorait Emma, il avait eu peur. Peur que son père le retrouve. Et cette frayeur l'avait submergé, elle s'était emparée de chaque partie de son être jusqu'à le posséder totalement, le faisant fuir sans se retourner.

Il avait vécu des années heureuses, refaisant sa vie avec Tamara. Puis tout s'était effondré quand Emma était venue à New York, accompagnée d'un enfant, son enfant. Tous ses doutes, ses scrupules d'avoir abandonné la blonde étaient revenus rapidement, accompagnés de honte et de culpabilité. Mais par-dessus tout, il avait éprouvé de l'affection envers ce garçon qui était le sien. L'homme avait été également surpris de découvrir à quel point ce dernier était intelligent, vif et réfléchi.

- Où est ma fille? s'écria soudainement Snow, sortant du Granny's.

- Et où est Hook? renchérit son mari. Ils sont partis ensembles, que leur avez-vous faits?

- Je ne suis point coupable de la disparition de mademoiselle Swan ainsi que du pirate. Au contraire, je soupçonne votre fille de m'avoir dérobé un objet précieux qui pourrait être la cause de sa disparition.

- Un objet? demanda Henry, et en voyant Rumplestiltskin répondre positivement, il empoigna son sac à dos et en sorti son livre de contes avant de continuer : j'ai lu une histoire parlant d'un objet pouvant faire disparaître des personnes.

- Il s'agit de l'histoire d'Aladdin, déclara le vieil homme. Et comme la plupart des histoires dans ce livre, j'y ai joué ma part.


Le capitaine Hook volait, tourbillonnait. Il n'avait jamais éprouvé cette sensation de liberté qu'accompagnait ceux qui avaient la chance d'être aspergé de poussière de fée et de vagabonder dans le ciel étoilé. Il avait contemplé avec envie Peter Pan voltiger dans les airs, accompagné de son acolyte Felix. Killian Jones avait imaginé la sensation merveilleuse de l'air lui fouettant le visage.

Mais en aucun cas, il n'avait imaginé se retrouver au centre d'une espèce de tornade magique, escorté par la sauveuse. Cela ne ressemblait en rien à un petit vol paisible, au contraire, il était balloté dans tous les sens, manipulé comme une marionnette insignifiante. Quant à Emma, elle flottait à quelques mètres de lui, visiblement inconsciente. Le pirate ignorait comment ils s'étaient retrouvés dans cette tornade alors que quelques secondes auparavant, ils étaient dans une voiture à Storybrooke. Il savait uniquement que quand la princesse se réveillerait, elle l'accuserait immédiatement d'être à l'origine de ce traquenard.

Aussi soudainement que le tourbillon avait commencé, il s'arrêta. Et ils tombèrent.

Le capitaine Hook ferma les yeux, se préparant à l'impact violent. Cependant, son corps s'écroula sur une surface vaguement moelleuse et il soupira de soulagement, il n'aurait pas aimé que son splendide corps soit endommagé après tout, pensa-t-il en souriant. Il se retourna péniblement, cherchant Emma. Il s'aperçut qu'elle se trouvait non loin, tombée également sur cette surface confortable qui se révélait être un gigantesque lit.

- Swan?

- Hook, qu'as-tu encore fait? balbutia Emma en essayant de se relever doucement, manquant visiblement encore d'équilibre.

- Tout de suite les accusations, ironisa le pirate. Tu me blesses, love, moi qui pensais que nous commencions enfin à nous entendre.

- Hilarant, grommela la princesse.

Elle parvint finalement à se redresser et sortit précipitamment du lit en époussetant ses vêtements rageusement avant de regarder l'endroit où ils se trouvaient avec désespoir. Le lit où ils avaient atterri se trouvait au centre d'une pièce circulaire aussi grande que le Granny's diner. Il lui semblait d'ailleurs que personne n'était venu ici depuis une éternité si elle se fiait à l'épaisse couche de poussière qui recouvrait tous les meubles de cette pièce. Elle dégageait comme une impression d'étouffement, d'emprisonnement.

- Où sommes-nous? s'écria Emma en tapant rageusement sur un mur. Qu'as-tu encore fait, Hook?

- Je n'en ai pas la moindre idée, lui répondit calmement le pirate. Comme je te l'ai dit il y a environ une minute auparavant par ailleurs.

- C'est de ta faute! C'est au moment où nous avons touché cette espèce de bille, s'énerva la blonde qui tentait vainement de conserver son calme.

- Et pourquoi ces foutues billes étaient dans ta voiture, Swan? Tu transportes des objets magiques potentiellement dangereux avec toi et tu ne prends même pas la peine de vérifier qu'ils ne te font pas courir le moindre risque?

- Ils ne m'appartiennent pas, objecta vivement Emma.

- Alors ils viennent d'où? C'est Regina qui les a entreposés dans ta voiture afin de t'enfermer et de t'éloigner pour toujours de son fils, et de ruiner le bonheur de tes parents en même temps? Brillant, rudement brillant.

- Je les ai volés à Rumplestiltskin, se rappela soudainement la sauveuse. J'étais allée lui rendre visite à sa demande, et cet objet a exercé comme une espèce de fascination étrange sur moi, donc je l'ai volé.

- De mieux en mieux, et tu croyais vraiment qu'un objet que le crocodile désirait serait sans risque? Et que le voler ne te ferait pas subir ses foudres?

- Non, il n'aurait pas osé… s'indigna la princesse. Non, je ne vois aucune raison pour laquelle il aurait fait cela, cela n'a pas le moindre sens.

- Swan, essaies de te calmer.

- Me calmer? Nous sommes enfermés dans une espèce de pièce magique sans aucun moyen d'en sortir, et tu me demandes de ne pas m'énerver?

- Et ça, c'est quoi? s'enquit sarcastiquement le capitaine Hook en désignant une porte en bois avec son crochet. Un placard à balais?

Le souffle de la princesse se ralentit alors qu'elle fixait avec espoir l'épaisse porte de bois. Elle se dirigea d'un pas décidé vers cette dernière, talonnée par le pirate. Elle tendit une main tremblante vers la poignée avant de s'en saisir et de l'abaisser d'un coup brusque. La porte resta obstinément fermée, lui faisant pousser un soupir désespéré. Ils devaient admettre la terrible évidence, ils étaient piégés.

- Il semblerait que ce soit peut-être un placard à balais, ironisa Killian Jones. Et de toute évidence, vu l'état de cette pièce, cela fait des années qu'il n'a pas dû être ouvert.

- Hook… grommela Emma sur un ton menaçant.

- Besoin d'un coup de main, love?

- Hilarant, grommela-t-elle. Recules-toi, je vais faire sauter cette foutue porte.

- Emma, protesta gentiment le pirate. J'ai confiance en toi et en tes capacités magiques, mais de toute évidence, l'enchantement nous ayant amené ici n'est pas à la portée du premier magicien de pacotille que l'on pouvait trouver sur les marchés. C'est de la magie puissante pouvant se révéler dangereuse.

- Je suis puissante, même Rumplestiltskin l'a admis presque à regret. Je suis l'enfant du véritable amour, et cela doit me conférer une certaine puissance magique, sans doute suffisante pour rompre ce sortilège. Recules-toi.

Devant la détermination d'Emma, le capitaine Hook jugea préférable de reculer de quelques pas alors que la blonde prenait la poignée dans sa main, et fermait les yeux afin de se concentrer davantage. Le problème était que les rares fois où Emma avait utilisé la magie, elle l'avait fait sous le coup d'une émotion, c'était imprévu, soudain, inattendu, et son pouvoir avait jailli hors d'elle. Cependant, le seul sentiment qu'elle éprouvait en ce moment, c'était la rage. Cette colère au fond d'elle qu'elle tentait de brider, cette peur de rester enfermée et de ne jamais revoir Henry.

La magie qu'elle possédait ne pouvait fonctionner avec ces sentiments, alors elle tenta de ralentir les battements de son corps, de se raccrocher à des événements heureux qu'elle avait passé avec sa famille. Elle se concentra sur eux, tentant de faire abstraction du reste. Elle sentit la magie réagir doucement, s'agiter au fond d'elle. Alors elle inspira profondément et la dirigea vers la poignée de la porte, tremblant d'appréhension.


- Cela ne risque pas d'être possible, soupira la reine, un masque de tristesse plaqué sur son doux visage. La personne dont j'ai peur n'est autre que mon mari, Jafar.

- Vous êtes mariées? demanda d'un air incrédule Aladdin. Mais, l'aimez-vous?

- Non, admit Jasmine avec un profond soupir.

- Alors pourquoi vous vous êtes-vous mariées avec lui?

- L'histoire est plus compliquée qu'elle ne semble au premier abord. Si vous disposez de quelques minutes, je pourrais vous la conter.

Aladdin acquiesça avant de se diriger d'un pas incertain vers le lit, s'y affaissant en grognant de contentement devant la douceur du matelas, un véritable paradis pour lui qui ne connaissait que les pavés de la rue et les planchers poussiéreux des bâtiments en ruine. Jasmine esquiva un mince sourire avant de prendre soin de s'asseoir à une distance raisonnable du voleur.

- Vous n'êtes pas d'ici, vous ne connaissez sans doute pas mon père, le sultan de Silvola. Il régnait depuis de nombreuses années sur cette cité qui était encore prospère et heureuse. Mon père était aimé par son peuple et le lui rendait bien. Nous vivions dans la paix et l'harmonie.

- Vous n'êtes pas d'ici, vous ne connaissez sans doute pas mon père, le sultan de Silvola. Il régnait depuis de nombreuses années sur cette cité qui était encore prospère et heureuse. Mon père était aimé par son peuple et le lui rendait bien. Nous vivions dans la paix et l'harmonie.

- Aujourd'hui, il n'y a plus la moindre harmonie dans cette ville, ironisa le jeune homme.

- Cependant vivait dans son ombre un homme, son vizir. Il s'agissait du plus proche conseiller de mon père, celui auquel il accordait toute sa confiance alors que cet homme ne possédait pas une once de bonté en lui, nous ignorions tout de lui, il était sorti de nulle part et avait gagné l'amitié et le respect de mon géniteur par je ne sais quel tour de magie. J'ai tenté de nombreuses fois d'en informer mon père, mais il a refusé de m'écouter. Et un jour, il a disparu. On ne l'a plus jamais revu.

Il y avait quelque chose qu'Aladdin ne comprenait pas, il s'agissait de la façon dont la reine Jasmine racontait son histoire, comme si cela ne la concernait pas, comme si elle n'était pas étroitement liée avec elle. Et pourtant, au fond de ses yeux se trouvait un océan de tristesse que nul ne semblait être parvenu à faire disparaitre.

La première fois qu'il avait rencontré la jeune femme, elle dégageait une force incroyable, une confiance en elle qui paraissait sans limite. A présent, elle était semblable à un animal que l'on aurait arraché à sa famille avant de le jeter dans un environnement inhospitalier et cruel. Sans même réfléchir, le voleur attrapa la main de la reine et la serra amicalement dans la sienne. Jasmine hésita quelques instants avant de lui rendre son étreinte, lui offrant un sourire timide. Ils demeurèrent ainsi, savourant l'amitié qui était en train d'éclore entre eux.

Cependant, ce moment paisible fut brutalement interrompu quand la porte de la chambre s'ouvrit brusquement et alla claquer contre le mur de la chambre, les faisant tous les deux sursauter.

- Jafar, s'écria Jasmine en s'écartant rapidement d'Aladdin, lui lâchant la main.

- Désolé ma reine, je suis en retard, déclara le sultan de Silvola en avançant dans la pièce d'un pas conquérant.


Le capitaine Hook contemplait la blonde alors qu'elle faisait face à la porte. Elle tremblait. D'une façon pratiquement imperceptible mais qu'il parvenait néanmoins à remarquer tant il la connaissait. Quand elle posa sa main sur la poignée, il pût observer un minuscule sourire se profiler au coin de sa bouche, son visage apaisé.

Avant que tout n'explose.

Une seconde plus tard, Emma gisait sur le sol de la pièce, son corps agité par de violents soubresauts, se tordant de douleur. Killian se précipita vers elle, se laissant tomber à côté d'elle alors qu'elle tentait vainement de balbutier quelque chose.

- Emma, Emma! la supplia-t-il.

- Me… t… pas.

Il se rapprocha davantage d'elle, essayant de comprendre ce qu'elle marmonnait. Son rythme cardiaque s'accélérait brusquement alors il l'observait souffrir. Tout son être se déchirait en morceaux. Il tendit une main vers elle dans l'espoir de la stabiliser mais à l'instant où il effleura sa tête, il la retira brusquement, une décharge électrique la parcourant un court instant.

- Me touches pas, parvient-elle à murmurer entre deux spasmes.

- Emma…

Elle se redressa avec précaution avant de se traîner contre un mur, Killian la suivant sans pouvoir la toucher, sans avoir la moindre chance d'atténuer sa peine. Elle s'appuya contre la surface glacée en continuant de trembler, le pirate faisant les cent pas dans la pièce en ne la quittant pas une seule seconde des yeux.

- Emma, regardes-moi, chuchota-t-il en s'accroupissant face à elle, ses yeux rivés aux siens.

Au début, il lui sembla qu'elle ne l'entendait même pas, avant qu'elle ouvre péniblement ses yeux et le fixe, refusant de détourner le regard alors que des larmes de douleur cascadaient sur ses joues rougies. Au bout de ce qui lui sembla une éternité, ses frémissements s'espacèrent. Ses traits se détendirent alors que le pirate soupirait de soulagement.

- C'est terminé, s'exclama-t-il alors qu'un sourire venait orner son visage soucieux. Tu souffres encore?

Ecoutant son cœur, il attrapa ses mains délicatement, les enserrant avec précaution. Son rythme cardiaque était encore rapide, trop rapide, mais il ne s'en souciait pas. Tout ce qui lui importait, c'est qu'il l'avait observée souffrir sans rien pouvoir faire, sans parvenir à atténuer sa peine, et que cela l'avait rendu fou. Il avait cru la perdre et durant un instant, Milah s'était superposée à la princesse, le passé et le présent se mélangeant allégrement, et il avait éprouvé à nouveau la terrible sensation de perdre un être cher.

- Emma? Tu m'entends? lui redemanda-t-il en se rendant compte qu'elle ne lui avait pas répondu.

Ses mains étaient étonnement froides dans la sienne, ses yeux fermés, et sa tête était affaissés sur son épaule, la faisant ressembler à une merveilleuse poupée désarticulée. Il secoua légèrement ses mains, essayant de la faire réagir mais elle n'esquiva pas le moindre mouvement.

Elle était figée. Immobile. Sans vie.


Voilà, j'attends vos avis, et à la semaine prochaine :)