Chapitre 5 : Les entrées dramatiques sont réservées aux êtres d'exception

La tête basse et les yeux mi-clos, Kondo pouvait entendre les crayons gratter le papier et les trois compères discuter du meilleur moyen d'évacuer le « cas Shinsengumi » pour pouvoir partir en pause-déjeuner le plus tôt possible. Trois petits coups mal assurés retentirent et furent suivis par l'apparition d'une jeune femme par l'embrasure de la porte. Elle informa les trois jurés que le quatrième venait d'arriver et que, s'ils étaient prêts à délibérer, il souhaiterait les rejoindre. Ils lui intimèrent d'une seule voix de le faire entrer sans attendre. La jeune femme s'effaça pour laisser passer un élégant jeune homme qui tétanisa instantanément Kondo. Comment ? Pourquoi ? S'il n'était pas condamné avant, c'était désormais chose faite.

Le Supérieur : Kyubei-dono ! Haha, très cher Kyubei ! Comment vous portez-vous ? Et le clan Yagyu ? Tous les intervenants ont pu … euh… Intervenir… Donc ! Nous sommes prêt à délibérer et avons déjà des solutions, j'espère que nos résultats vous satisferont…

Kondo était médusé : cet homme arrogant qui paraissait prendre tout le monde de haut était désormais aux pieds de Kyubei, à la limite de lui dérouler un tapis rouge pour la mener à son siège. La place du clan Yagyu au sein du gouvernement avait-elle toujours été si importante ? Il ne s'en était jamais rendu compte…

Mais Kyubei n'était pas sensible à la flatterie et elle se contenta du mur pour s'appuyer avant de lui répondre.

Kyubei : Trêve de bavardage intempestifs. J'ai pu lire l'intégralité des rapports écrits que vous m'avez transmis, la délibération peut donc avoir lieu immédiatement. Etant donné que vous avez des « solutions », je vous en prie, éclairez-moi.

Légèrement honteux au début, le Supérieur –qui n'était plus qu'un type quelconque face à l'autorité d'un Yagyu- retrouva rapidement son sang-froid et déclara, le sourire aux lèvres :

Un Type Quelconque Face à l'Autorité d'un Yagyu : Bien entendu, bien entendu… Nous préconisons la rétrogradation de Kondo Isao au poste d'assistant du très prometteur Yamazaki Sagaru. Ou seppuku.

Q… Quoi ?! Plutôt mourir que d'être le larbin de Yamazaki ! Enfin… « Plutôt mourir », façon de parler parce que Seppuku c'est quand même sacrément cher payé comme punition pour quelqu'un qui n'a absolument rien fait… Enfin, rien fait... Mais ses réflexions furent interrompues par une réaction finalement pas si inattendue. Le jeune chef du clan Yagyu méprisa l'homme de son œil unique et se redressa en décroisant les bras.

Kyubei : Voilà donc votre projet… Et je suppose que vous que vous avez déjà en tête le nom d'un successeur. Quelqu'un de manipulable voire même directement un membre de votre clan car après tout, pourquoi s'embêter à être subtile ? Laissez-moi vous dire que vous déshonorer vos clans respectifs d'une part, mais surtout le Shogun. J'ai ma propre idée sur l'identité de ceux, ici, qui devraient se faire seppuku…

Les trois hommes ainsi que Kondo étaient bouche bée, ne sachant comment réagir à cette intervention. Kyubei le défendait alors même qu'ils étaient en compétition pour l'affection d'Otae –enfin, dans l'esprit de Kondo en tout cas- ? Les jurés balbutiaient des excuses diverses que la jeune femme interrompit immédiatement.

Kyubei : Ce sera un non-lieu pour le gorille. Cela vous convient-il ? Si ce n'est pas le cas je peux aussi aller demander son avis au Shogun…

Personne ne s'opposa à sa décision.


Lorsqu'il sortit du bâtiment officiel, Kondo aperçut Kyubei, adossée aux grilles métalliques et attendant probablement que sa voiture vienne la chercher. Malgré leur mésentente, elle venait de lui sauver la vie, la moindre des choses était donc d'aller la remercier. Il s'approcha en se grattant la tête, un peu gêné.

Kondo : Ah ! Kyubei ! Je… Merci…

Kyubei : Je t'arrête tout de suite : je ne l'ai pas fait pour toi. Je vous méprise, toi et toutes tes déviances. Mais en tant que chef du clan Yagyu je me dois d'être intègre et je pense qu'un leader pervers, incompétent et poisseux vaut malgré tout mieux que des politiciens corrompus qui ne pensent qu'à leur intérêt propre.

Kondo ne savais pas bien quoi répondre, il se contenta donc de baisser la tête en se sentant à la fois insulté et reconnaissant. Il allait partir quand Kyubei le rattrapa.

Kyubei : Gorilla !

L'homme se retourna, surpris.

Kondo : Oui ?

Kyubei : Tu devrais vraiment faire le rituel de purification : tu viens de marcher dans une déjection canine.


Voilà ! Merci beaucoup d'avoir lu jusqu'au bout ! Y a bien eu 6 mois entre le début et la fin de cette fic donc j'espère qu'elle aura malgré tout été cohérente et agréable à lire !

Sinon, comme d'hab', une petite review fait toujours plaisir ^_^ !

Bonne continuation et attention où vous marchez !