Synthetic Bonds

Chapitre cinq

By mypetelephant

En regardant en arrière, Harry se rendait compte que c'était le jour qui avait tout changé. Après ce que Malfoy avait fait, Harry savait exactement qui était l'homme qu'on lui demandait d'épouser. Il n'avait plus à extrapoler sur les bagarres du lycée pour trouver un instant de bonne conduite. Non, c'était l'un des moments obligatoires dans les histoires personnelles de chacun où tout changeait.

Bien sûr, Malfoy avait trouvé un moyen de se rendre au centre de l'un des moments critiques d'Harry. Connard.

Harry tenait à dire qu'il n'avait pas été surpris quand les copains de Malfoy avaient annoncé qu'ils avaient essentiellement piégé la société pour obtenir une rançon. Il voudrait dire qu'il s'attendait toujours à ce genre de merde venant de Malfoy. Mais il y avait eu une partie de lui qui voulait accepter que peut-être Hermione n'avait pas tort : peut-être que Malfoy n'était pas si mauvais que ça. Et quand il repensait à leur dîner, il y avait une partie de lui qui espérait que peut-être Malfoy n'était pas le crétin détestable qu'il avait toujours su qu'il était. Les gens changent, pas vrai ? Ce n'était pas gravé dans la pierre que votre rival d'école et potentiel fiancé sera toujours un connard manipulateur ? Pas vrai ?

Apparemment non. Lorsque Crabbe et Goyle avaient terminé leur offre, tout ce que Harry pouvait penser était 'je l'ai laissé m'embrasser !'. Il n'était pas exactement fier de cette réponse. Il avait espéré une pensée plus cool. 'Oh, voyez donc ça Malfoy. Je crois que je vais intervenir et sauver la situation afin que nous puissions passer à des choses plus importantes'. Au lieu de cela, Harry se sentait comme une sorte de demoiselle qui venait de voir son honneur souillé par un prince beau parleur.

Harry ne voulait rien de plus que se livrer à certains actes de violence physique. Cela semblait être une mauvaise idée surtout qu'il avait un public qui comprenait son patron et théoriquement futur beau-père. Il pouvait sentir ses collègues se pencher pour avoir un meilleur aperçu de son visage, essayant de jauger sa réaction à ce qui venait de se passer. L'engagement possible entre lui et Draco était censé être un 'besoin de reconnaissance' mais ceci était le secret qui contenait tout : une politique de société teintée d'une intrigue vaguement romantique. Bien sûr, tout le monde dans la salle savait.

Il devint soudainement très conscient de soi, essayant de faire en sorte de ne pas afficher ce qu'il ressentait… la confusion et la frustration n'étaient probablement pas les émotions dignes d'un futur PDG. Eh bien, peut-être qu'il n'aurait pas ce poste après tout, pas si Malfoy réussissait.

Merde, si Malfoy réussissait son coup hostile pour reprendre la place que Lucius voulait transmettre à Harry… cela signifiait qu'Harry allait être congédié ? Allait-il pouvoir trouver un nouvel emploi ? S'il devait mettre à jour son curriculum vitae et aller à des entretiens d'embauche à cause de ce connard, Harry n'était pas tout à fait sûr de ce qu'il allait faire à Malfoy mais cela impliquait un grand nombre de coups de poing.

Il y eut un resserrement dans l'estomac d'Harry. Malgré le manque de petit-déjeuner, il ressentait l'envie incroyable de vider le contenu de son estomac. Peut-être que s'il se rapprochait de Malfoy, il pourrait viser son costume… vomir sur son ennemi semblait être le genre de chose qu'un leader efficace ferait.

La foule commença à regarder tour à tour lui, Lucius et Draco, curieux de connaître le silence grandissant entre les trois hommes. Harry enviait la capacité des hommes Malfoy à rester calme. En les regardant, Harry se sentait comme s'il interrompait une sorte de dîner familial. L'arrogance décontractée de Malfoy rappelait ses années de lycée, assit à sa table du déjeuner avec ses disciples autour de lui. Il semblait s'amuser. Bien sûr, pensa Harry, il le faisait probablement.

Lucius semblait être complètement imperturbable par le fait que sa société était actuellement à la merci de son propre fils. Peut-être que les prises de contrôles faisait partie de la tradition Malfoy, comme une Bar Mitsvah ou autre. Pourtant, quelque chose d'étrange se passait. Harry avait vu la Société Malfoy recevoir des menaces et Lucius avait rarement agi avec autant de détachement. D'habitude, il agissait rapidement pour répertorier les menaces qu'il pouvait faire en retour et son châtiment était généralement efficace et douloureux.

Et bien qu'il n'élève jamais la voix, on savait toujours quand Lucius était en colère. Harry se souvenait encore quand il avait découvert les malversations financières de Crabbe, Goyle et autres de leurs cohortes il y a quelques années. N'ayant pas la subtilité d'un criminel en vigueur, ils avaient réussi à conduire l'entreprise au bord de la ruine jusqu'à ce qu'Harry réalise qui en était responsable. Crabbe et Goyle avaient eu de la chance que leurs pères détenaient des parts importantes dans la Société Malfoy, le reste de leurs complices n'avaient pas eu cette chance. Pourtant, cela n'avait pas signifié qu'ils avaient échappé à la colère de Lucius.

Harry aurait pu s'attendre qu'après l'aveu de Crabbe et Goyle pour leur second vol majeur, Lucius afficherait les mêmes signes de colères. Des doigts tapotant dangereusement sur l'accoudoir de son fauteuil, la mâchoire serrée. Mais actuellement, Lucius était gêné, ennuyé et prêt à avancer pour la journée.

La foule commençait à s'agiter, bougeant et tâchant d'arranger leur apparence négligée alors que l'anxiété grandissait. Ils restaient silencieux cependant, attendant que Lucius parle.

« - Donc. » Dit Lucius, interrompant l'affreux silence. « - Vous avez notre argent ? »

« - Ouais. » Dit Goyle.

« - … nous l'avons. » Compléta Crabbe.

« - Et vous allez nous le rendre… » La voix de Lucius se tut, comme s'il faisait une sorte d'examen oral.

« - … Si vous faites de Draco l'héritier de la société au lieu de Potter. »

Harry n'était pas sûr de ce à quoi jouait Lucius en faisant répéter à Crabbe et Goyle ce qu'ils avaient dit. Là aussi, il n'y avait pas moyen que Lucius n'ait pas entendu ce qu'ils disaient, alors où voulait-il en venir ? Jouait-il avec eux ? Avait-il l'intention de céder à leurs exigences ?

« - Je vois. Et qu'est-ce qui vous fait penser qu'Harry sera le nouvel héritier de l'entreprise ? » Harry bougea, gêné d'être tout à coup devenu une sorte d'enjeu dans cette discussion.

« - Nous… l'avons… entendu. De quelqu'un. »

« - Ah. » Répondit doucement Lucius. « - Oui, oui. Bien sûr. » Lucius parlait à Crabbe et Goyle mais Harry remarqua qu'il les regardait à peine. Sauf quelques petits coups d'œil sur eux quand il posait une question, les yeux de Lucius restaient braqués sur son fils. « - Bien sûr, je dois souligner qu'Harry n'a pas encore été nommé héritier de l'entreprise. »

« - Ben… euh… ouais. »

« - Mais nous voulons Draco. »

« - Vous estimez qu'Harry sera si mauvais pour cette société que vous nous avez pris notre argent et refuser de le rendre à moins que nous ne le nommions pas PDG. » Lucius se redressa sur son fauteuil. Crabbe et Goyle hochèrent la tête à l'unisson, prêt à raconter une quelconque explication sur leurs actions qui donnaient l'impression qu'ils avaient les meilleurs intérêts pour l'entreprise. « - Mon dieu, nous devons mettre au point de nouvelles méthodes de loyauté, n'est-ce pas. »

Le groupe derrière Malfoy qui semblait être investi de son succès avait l'air de plus en plus nerveux. Crabbe et Goyle étaient trop stupides pour être inquiets et ils gardaient leurs positions fières. Malfoy, cependant, était trop arrogant pour être perturbé, du moins c'est ce qu'Harry décida. Il restait calme, ce qui était l'aspect le plus étrange de tout cela. Malfoy avait peut-être ses sbires qui faisaient tout le sale boulot pour lui mais il était inhabituel pour lui de ne pas s'impliquer quand ça lui permettait d'afficher ses théâtrales machinations, en particulier quand elles concernaient Harry. C'était son moment d'être… Malfoy. Et il n'y prenait pas part.

« - Et puis-je demander exactement ce qu'il y a de si choquant à propos d'Harry ? Pensez-vous qu'il ne voudrait pas le mieux pour l'entreprise ? »

« - Euh… non ? »

« - Pensez-vous qu'il sera un mauvais patron ? »

« - Euh… oui ? »

« - Et pourquoi ? »

« - … parce que… »

« - … Il… euh… »

« - … N'est pas un Malfoy ? » Crabbe regarda Lucius avec espoir, essayant de savoir s'il avait donné la bonne réponse.

« - Ainsi nos règles concernant l'héritage de cette société sont si importantes pour vous ? » L'expression de Lucius ne révélait rien de ses sentiments.

« - Oui ! » Goyle hocha la tête. Les règles établies étaient généralement une bonne chose et indiquées que la Société Malfoy devait être dirigée par un Malfoy. Il devait avoir répondu correctement ! Ce n'était pas une surprise d'apprendre que Goyle n'avait réussi aucun des tests.

Lucius continua, ne donnant aucune indication à Goyle s'il avait répondu correctement. « - Et comment avez-vous pu mettre la main sur cet argent ? » Il observa le groupe derrière Malfoy maintenant, évidemment rassemblé pour ce qui arrivait.

« - Hum, eh bien, nous avons obtenu les codes et les numéros et autres trucs de la banque… »

« - … Par Dave… de la comptabilité… »

« - … Et nous les avons mis sur un document… »

« - … Et le document sur une clé USB… »

« - … Et nous avons remis les documents à Draco… »

« - … Et Draco a déplacé l'argent. »

Dave de la comptabilité commençait à suer à grande goutte. Il se passa une main tremblante dans les cheveux. Harry le reconnut comme l'un des hommes qu'il avait soupçonné d'aider Crabbe et Goyle lors de leur première infraction mais il n'avait pas été en mesure de le prouver à l'époque. En fait, beaucoup de gens rassemblaient derrière Malfoy semblait être des personnes qu'Harry avait mis dans le pétrin ou qu'il avait longtemps soupçonné de malversations.

Lucius haussa les sourcils face aux nombreuses informations qu'il avait reçues. « - Donc, vous n'avez plus les… euh… codes et numéros et autres choses ? »

« - Eh bien, nous non… »

« - … mais Draco les a. »

Draco n'avait même pas levé la tête quand son nom fut mentionné. Il était absorbé par l'examen de ses cuticules. Comment un homme qui avait volé l'argent de la société de son propre père pouvait se préoccuper de ses ongles ?

« - Savez-vous où est l'argent aujourd'hui ? »

« - Bien sûr… »

« - … Nous l'avons ! »

« - Oui, j'ai compris cette partie. » Dit Lucius avec patience. « - Mais savez-vous où il se trouve réellement. »

« - Oui ! »

« - Dans une banque ! »

« - Draco a mis l'argent sur nos comptes ! »

Lucius haussa un sourcil. « - Vraiment ? »

« - Oui ! »

« - Pouvez-vous me montrer ? »

« - Hein ? »

« - L'argent. J'aimerais voir que l'argent est dans vos comptes bancaires. Je n'aimerais pas accepter cet accord pour constater que vous n'avez pas l'argent en fait. »

« - Oh, nous l'avons ! »

« - Comment le savez-vous ? »

« - Parce que Draco a mis l'argent là-dedans ! »

« - Ah. » Dit Lucius. « - Je vois. Cependant, on ne devient pas PDG sans être prudent. S'il vous plaît, messieurs, si cela ne vous dérange pas. J'aimerais voir l'argent. » Une console était devant Lucius et il tapota sur quelques touches. Immédiatement, l'ordinateur se trouvant devant Draco s'alluma.

Draco s'écarta, toujours désintéressé par toute la procédure. Voyant Crabbe et Goyle hésiter, Lucius les regarda et dit : « - Il suffit de vérifier votre compte bancaire en ligne les gars. »

Crabbe se pencha, ouvrit le navigateur Internet et tapa lentement l'adresse du site de sa banque. Alors qu'il travaillait sur la connexion, Harry se sentait de plus en plus perplexe. Apparemment, les gens autour de lui ressentaient la même chose. Des murmures s'élevaient car aucun des acteurs principaux parlaient. Mis à part Crabbe et Goyle, l'entourage de Malfoy devenait de plus en plus inquiet.

Crabbe termina de taper d'un doigt sur le clavier. Les informations du compte apparurent rapidement et la première chose que tout le monde remarqua fut qu'il n'y avait pas assez d'argent dessus pour couvrir ce qui avait été volé. Il fallut un peu de temps à Crabbe et Goyle pour le réaliser. Ils étaient trop occupés à essayer de paraître impressionnant et ce fut Dave qui s'approcha de l'écran et demanda : « - Euh… Crabbe… es-tu sûr que l'argent est sur ton compte ? » C'est alors qu'ils se rendirent compte que quelque chose n'allait pas.

Goyle prit rapidement le contrôle du clavier et se connecta à son compte. L'argent ne semblait pas être là non plus. Il y avait, cependant, plusieurs paiements en ligne pour un site porno.

« - Donc, l'argent ne semble pas être sur l'un de vos comptes les gars. » La voix de Lucius prenait une intonation qu'Harry entendait habituellement quand il était sur le point de conclure un accord particulièrement prometteur.

« - Nous devrions avoir l'argent… »

« - … Ouais ! Demandez à Draco ! »

« - Bien sûr ! » Lucius tapotait des doigts sur la table, souriant d'un air dangereux. « - Je vais demander à Draco ! »

Draco eut finalement la décence de lever légèrement la tête pour regarder son père. « - Que voulez-vous me demander ? » Il avait toujours l'air très ennuyé.

« - Draco, s'il te plait sois attentif. » Lucius semblait gronder Malfoy pour son manque d'attention. Ne devrait-il pas le mettre plus bas que terre ou quelque chose ? « - Je voudrais savoir où se trouve l'argent de la société. Crabbe et Goyle ont suggéré que, puisqu'ils t'avaient donné les 'codes et numéros et autres trucs' que Dave de la comptabilité leur a gentiment fourni, tu pourrais savoir où se trouvait l'argent. »

« - Oh ça. Oui. Je l'ai mis à la banque. »

« - Peux-tu être plus précis s'il te plait, Draco ? »

« - Je l'ai mis sur mon compte. » Draco regarda sa chemise, enleva une petite poussière avant de lever la tête pour regarder son père dans les yeux.

« - Ton compte-chèques personnel. »

« - Oui, bien sûr. »

« - Excellent. » Dit Lucius. « - Nous pouvons donc nous occuper de cela maintenant alors. »

Génial, décida Harry, je peux commencer à chercher un nouvel emploi dès cet après-midi.

« - J'en doute. Gloria n'est pas en ville cependant et je avoir à faire à elle pour ces choses-là. »

Hein ? Gloria ?

« - Tu aurais dû y penser avant de décider de faire quelque chose comme ça aujourd'hui. J'aimerais avoir l'argent pour dix heures, Draco. »

Draco jeta un regard à sa montre. « - Est-ce que ça peut attendre midi ? »

« - Draco, il s'agit d'une question très importante. J'aimerais avoir l'argent le plus tôt possible. Si tu as besoin d'un ordinateur, tu peux utiliser celui de mon bureau. »

« - Donc, nous gagnons alors ! » Tout le monde regarda le visage heureux de Crabbe.

« - Gagner ? » Demanda Lucius.

« - Ouais. » Dit Goyle avec enthousiasme. « - Draco va être le PDG ? » Même leurs complices semblaient être moins nerveux avec la victoire si proche.

« - Oh non, bien sûr que non. » Tout le monde dans la salle se tourna vers Lucius quand il dit cela. Et bien sûr, les yeux se portèrent rapidement sur Draco ensuite, qui ne semblait pas du tout inquiet.

Enfin, le désormais célèbre Dave le comptable prit la parole. « - Attendez, quoi ? »

« - Mon fils n'héritera pas de cette société. » Harry ne pouvait pas donner un sens à la réponse de Lucius. Avait-il loupé le moment de la discussion où Draco prenait actuellement la société en otage ?

« - Mais… » La confusion était habituelle chez Crabbe, parce qu'il avait depuis toujours cet air.

« - … Nous avions un accord ? »

« - Ah bon ? Eh bien, il semblerait que nous n'en avons pas. »

« - Mais nous n'allons pas vous rendre l'argent… »

« - … à moins que je nomme Draco mon héritier ? Je crains que ça ne soit pas le cas. Si Draco est prêt à rendre l'argent, alors il n'y a rien que vous pouvez faire. » Harry essaya de cesser de regarder Lucius avec un complet étonnement. Certes, il ne pensait pas que Malfoy allait tout simplement rendre l'argent sans rien accepter de moins qu'un futur poste en tant que PDG.

La cour qui s'était formée derrière Malfoy le regardait en désespoir de cause, mais Malfoy avait simplement reprit l'étude de ses cuticules. Crabbe demanda prudemment, regardant l'homme assis : « - Draco… tu ne vas pas le faire, n'est-ce pas ? Tu ne vas pas simplement rendre l'argent… pas vrai ? »

« - Bien sûr que je vais le rendre. » Dit clairement Draco. Harry le regarda fixement, pas sûr d'avoir bien entendu.

« - Tu vas redonner l'argent ? »

« - Oui Goyle, c'est ce que je viens de dire. »

« - Mais pourquoi ? »

« - C'est l'argent de la société. » Dit Malfoy comme si ça expliquait tout.

« - Mais… tu n'es pas censé redonner l'argent… »

« - … à moins que ton père te nomme héritier. »

« - Si je voulais hériter de la Société Malfoy, pensez-vous que j'aurais attendu que vous veniez tous les deux me voir avec un tel plan incroyablement stupide pour le faire ? » Malfoy s'était tourné dans son fauteuil pour regarder droit dans leur direction. Son expression ennuyée avait soudainement changé par un air dégoûté.

« - Qu'est-ce… qu'est-ce que tu racontes ? » Dave semblait parler au nom du groupe tout entier qui avait repris son air inquiet.

« - Je veux dire, Dave. » Dit Malfoy avec une attitude qui rappelait les moments de Lucius de colère calme. « - Que vous avez tous merdé quand vous avez décidé de suivre ces deux bouffons. »

« - Draco ! Langage ! » Malfoy leva les yeux au ciel.

« - Mais pourquoi fais-tu ça ? » La voix de Dave était une combinaison de supplique douloureuse et accusation.

« - Pourquoi devrais-je essayer d'aider un groupe d'employé de la société de mon père qui serait prêt à recourir au chantage financier afin de pouvoir continuer à être paresseux, incompétent ou criminellement dangereux pour la société ? Pourquoi ai-je donc décidé de vous suivre dans cette petite combine ? » Draco s'arrêta et haussa les épaules. « - Je suppose que cela semblait être le moyen le plus facile pour tous vous faire tomber. »

« - Mais… » Crabbe et Goyle étaient à peine capable de bégayer plus que cette syllabe.

« - La raison pour laquelle vous avez décidé de faire cela c'est parce que vous savez que lorsque Potter reprendra le flambeau de cette société, il aura déjà vu ce que vous avez fait. Il saura qui virer. Vous avez peur que lorsqu'il deviendra PDG, il aura enfin le pouvoir de se débarrasser de vous. Alors ne prétendez pas que vous avez fait cela à cause d'une grande fidélité envers moi ou la société. Vous voulez que je prenne le contrôle de la société parce que vous pensez que cela signifie que vous serez en mesure de vous en tirer avec toutes vos conneries. »

Lucius ne réprimanda pas Malfoy pour son langage. Il regardait son fils avec un masque de neutralité alors qu'un remue-ménage éclatait derrière Malfoy. Dave et plusieurs hommes qui l'entouraient essayaient d'approcher de Malfoy. Il y avait des cris incohérents qui ressemblaient à : 'comment as-tu pu !' et 'putain de connard !'. Crabbe et Goyle étaient encore trop abasourdi pour y prendre part, ce qui était probablement la seule chose qui sauva Malfoy durant les cinq premières secondes. Ils bloquaient le chemin des assaillants venant en sens inverse, ce qui donna à Malfoy un certain temps pour se lever et se défendre.

Dans la minute qui suivit, Malfoy dut sa sécurité physique à la réaction rapide d'Harry qui s'était levé, ainsi que plusieurs autres salariés proches, pour retenir maintenant les ex complices de Malfoy. Plusieurs grands hommes intimidants portant des costumes noirs approchèrent de la foule et saisirent les hommes vaincus.

« - Emmenez-les dans mon bureau, voulez-vous ? » Dit Lucius en agitant sa main comme s'ils étaient des dossiers supplémentaire et quelque chose d'aussi banal. Les fauteurs de trouble furent tranquillement escortés à l'extérieur. Lucius les regarda passer la porte puis se tourna vers ses employés.

« - Je présente mes excuses pour vous avoir fait venir ici aussi rapidement et pour une question aussi triviale. Comme vous l'avez tous entendu cependant, nous aurons l'argent avant dix heures. » La voix de Lucius était autoritaire et rassurante, exigeant pratiquement que tout le monde reste calme. « - S'il vous plaît, effectuez cette journée comme vous le faites habituellement. S'il y a des complications suite à cela, s'il vous plaît veuillez m'en parler immédiatement et nous nous en occuperons dès que possible. Veuillez rassurer vos subordonnés que ce problème sera rapidement pris en charge. Je vais m'occuper personnellement de tous les problèmes liés à la presse, dirigez-les donc directement vers moi s'il vous plaît. Y'a-t-il des questions ? »

Au début, personne ne parla mais alors que Lucius observait patiemment la foule, une personne prit la parole. « - Alors… que va-t-il arriver à ces gars-là ? »

« - Je n'ai pas encore pris ma décision. Néanmoins, je vais prendre en compte le fait que plusieurs de ces hommes ont détournés les ressources de cette société par leurs propres moyens auparavant. Je vous assure qu'ils seront traités en fonction de leurs actions. »

La foule semblait soulagée. Beaucoup des hommes qui tenaient à ce que Malfoy devienne l'héritier n'étaient pas connus pour leur bonté ou (surtout) l'éthique du travail décent. Harry était sûr qu'il n'était pas le seul à se réjouir de la possibilité d'un renvoi en masse même si cela créerait de nouveaux problèmes comme remplacer les places vacantes.

« - D'autres questions ? » Lucius regarda autour de lui à nouveau. « - Non ? Très bien, alors. Je vais m'occuper de ces hommes. Draco, Harry, si vous voulez bien attendre à l'extérieur de mon bureau, je voudrais vous parler à tous les deux après. Tout le monde, s'il vous plaît, retournez au travail. »

Lucius se leva et partit, son secrétaire personnel le suivant tout en griffonnant quelque chose sur son bloc-notes. Quand ils furent partis, le reste de la salle se vida. Harry et Draco furent les derniers à partir, n'ayant aucune raison de se précipiter. Harry se sentait toujours un peu choqué par tout ce qui venait de se passer. Il était en quelque sorte soulagé que Lucius l'ait demandé dans son bureau car il ne se sentait pas mentalement capable de s'occuper d'un quelconque travail en ce moment.

Il y avait que quelques centimètres qui le séparaient de Malfoy et Harry ne savait pas trop comment ils s'étaient tellement rapprochés. S'éloigner attirerait probablement l'attention sur leur proximité. Ils se regardèrent maladroitement, puis détournèrent le regard, attendant que l'autre fasse un geste en premier. Harry commença à pianoter sur la table en rythme, espérant qu'il pourrait être en mesure d'exaspérer Malfoy pour qu'il parle le premier.

En fin de compte, la patience de Malfoy s'avéra plus forte que la volonté d'Harry. Il céda. « - Je pense que nous devrions y aller maintenant ? »

« - On dirait bien. »

Ils sortirent tous les deux de la salle de réunion, avançant vers l'ascenseur. Harry était perdu dans ses pensées, essayant de comprendre ce qui s'était passé dans cette salle de réunion et pourquoi Malfoy avait renoncé à cette chance d'être l'héritier de la société. Avec ses pensées focalisées sur Malfoy, Harry se retrouva à oublier qu'il était entouré par des employés enthousiastes. Ces autres personnes avançaient tranquillement alors qu'Harry développé une sorte hyper conscience de sa position par rapport à Malfoy.

Harry était devenu si obsédé par la sensation de Malfoy marchant à ses côtés qu'il faillit presque se cogner à une table. Pour éviter cela, il se décala vers la droite vers Malfoy, sentant aussitôt le corps chaud du blond contre le sien.

« - Merde, Potter, regarde où tu marches ! »

« - Désolé. » Marmonna Harry.

L'ascenseur aurait été bien si une quarantaine d'autres personnes n'avaient pas décidé d'y entrer et en sortir alors qu'ils progressaient dans les étages de l'immeuble. Ils avaient été en mesure de se placer sur les côtés opposés de l'ascenseur, évitant délibérément tout contact physique. Mais alors que les gens entraient et sortaient, ils se retrouvèrent à être bousculés et se rapprochèrent de plus en plus jusqu'à ce qu'ils se touchent. Même lorsqu'ils tentèrent de s'éloigner au premier contact (quelque part vers le septième étage), ils se retrouvèrent en quelque sorte à peine séparés par un millimètre.

Quand une foule particulièrement importante monta au treizième étage, les doigts de Malfoy rencontrèrent ceux d'Harry, provoquant presque qu'ils s'entrelacent de manière lâche. Ils écartèrent rapidement leurs mains, mais leurs efforts ne fut traduite que par une position encore plus maladroite l'un contre l'autre.

Au quinzième étage, une personne avec un grand chariot entra, poussant tout le monde contre les murs de l'ascenseur et provoquant que Malfoy trébuche contre Harry. Harry tendit instinctivement les bras, seulement pour découvrir que sa main droite se retrouvait sur la hanche de Malfoy. Quelques personnes sortirent de l'ascenseur, ce qui provoqua que Malfoy pressa son dos contre Harry. Personne dans l'ascenseur ne semblait remarquer que les deux hommes se retrouvaient de plus en plus empêtrés avec l'autre. La situation emplissait Harry d'émotions contradictoires. Il ne pouvait pas enlever sa main de la hanche comme il le voulait et pourtant, il ressentait un énorme sentiment de soulagement qu'il ait une excuse de le toucher. La sensation du dos chaud de Malfoy contre le devant de sa chemise plongeait Harry dans un paradoxal sentiment de repos sans repos.

Il essaya d'arrêter de respirer, décidant qu'il serait impoli (et probablement flippant) d'expirer dans le cou de Draco. Mais plus il pensait à ne pas respirer, plus il était difficile de se retenir. Son pouce et son index s'étaient mystérieusement accrochés d'eux-mêmes à la ceinture de Malfoy, de sorte qu'il pouvait sentir le mouvement du corps de Malfoy sous le coton de sa chemise. Il ressentit la soudaine envie de faire courir son pouce sur la ligne de peau là où la chemise de Malfoy rencontrait son pantalon, juste pour voir comment le blond réagirait.

Au dix-septième étage, la tentative d'Harry d'arrêter de respirer avait apparemment empêché l'oxygène d'irriguer son cerveau. Il céda à sa curiosité, déplaçant lentement son pouce sur la courbe de l'os de la hanche de Malfoy. Malfoy ne montra aucune indication qu'Harry faisait quelque chose. Presque. Son changement de position fut si infime que seul Harry, qui était pressé contre Malfoy au point qu'il suffoquait presque par la présence du blond, le perçut. La barre de maintien de l'ascenseur s'enfonçait douloureusement dans son dos mais il le remarquait à peine alors que Malfoy se pressait un peu plus contre lui, rendant difficile de prêter attention à toutes autres sensations.

La veste de Malfoy couvrait la main d'Harry, cachant ses actions à la foule autour d'eux. Harry avait passé son pouce dans le pantalon de Malfoy, faisant lentement courir son doigt le long de l'élastique du boxer de Malfoy. Il ne pensait pas qu'il était possible pour Malfoy de se presser autant contre lui, mais il était presque sûr que la silhouette du blond était entièrement imprimée sur sa chemise maintenant. Lorsque le pouce d'Harry plongea sous le boxer, se frayant un chemin le long de la peau lisse de la hanche de Malfoy, le souffle de ce dernier se coupa. Harry fit glisser son doigt plus loin. Le cou de Malfoy s'arqua légèrement en arrière de sorte que ses cheveux touchent légèrement la joue d'Harry. Le brun pouvait voir du coin de l'œil que les yeux de Malfoy étaient fermés.

Harry savait qu'il devait probablement penser un peu au fait qu'ils étaient encerclés par ses collègues, quelque chose à propos de 'inconscient' et 'c'est Malfoy bon sang' tourna dans son esprit mais de toute façon, tout le monde semblait totalement indifférent lorsque l'arrière des cuisses de Malfoy ses pressèrent contre ses cuisses et son…

« - Bordel, Potter ! Qu'est-ce que tu fais ! » Il fallut quelques secondes à Harry pour se rendre compte que l'ascenseur venait de se vider, ne restant plus que lui et Malfoy. Malfoy se retourna, les bras des deux côtés d'Harry. Il était également heureux de voir que Malfoy semblait inhabituellement agité. Une voix dans sa tête le mit en garde : « Ne regarde pas en bas. Ne regarde pas en bas. » Alors bien sûr, Harry baissa les yeux. Il devait l'admettre, il avait fait quelque chose d'indécent si l'étroitesse du pantalon de Malfoy était une indication.

Il leva lentement les yeux pour croiser ceux de Malfoy et sourit innocemment. « - Que veux-tu dire ? »

« - Ne joue pas les timides avec moi ! Tu sais ce que tu faisais ! »

Un petit ding leur indiqua qu'ils étaient arrivés à destination.

« - Oh ça ? » Dit Harry, regardant sournoisement vers le bas de nouveau et effleurant les bras de Malfoy alors qu'il s'éloignait de lui. « - Tu m'as fait lever vingt minutes plus tôt que d'habitude, Malfoy. Je suppose que tu peux considérer cela comme un châtiment. » Il s'avança vers les portes et attendit qu'elles s'ouvrent. En sortant de l'ascenseur, se sentant effronté, Harry se retourna pour regarder Malfoy et sourit. « - Tu viens ? »

Si ce n'était pas grâce à l'abondance de témoins potentiels autour d'eux, Harry était sûr que Malfoy aurait pu le tuer.

À suivre…