Synthetic Bonds

Chapitre onze

By mypetelephant

Pour la première fois depuis leur première rencontre, Draco Malfoy et Harry Potter semblaient avoir trouvé un accord ferme. Le sexe, ils le reconnaissaient tous les deux, c'était quelque chose qu'ils devaient répéter avec l'autre aussi souvent que possible avec peu d'égard pour l'heure ou le lieu. Les deux hommes étaient tout à fait disposés à cultiver cet accord rare, de travailler ensemble jusqu'à des heures tardives de la nuit pour veiller à ce qu'ils soient satisfaits avec les termes de ce traité non officiel. D'autres aspects implicites de ce traité incluait de 'ne pas dormir ensemble' et 'aucune mention du catastrophique imminent dîner', qui étaient deux points faciles à respecter étant donné la proximité de leurs chambres et la possibilité d'occuper leur temps à des activités qui étaient plus passionnantes que toute référence aux Dursley. Draco commençait à se demander pourquoi ils n'avaient jamais pensé à faire cela du temps du lycée, pourquoi il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'une fellation était une utilisation plus productive du temps qu'une bagarre.

Cet accord était également l'explication la plus plausible pour expliquer pourquoi la chemise de Draco était actuellement déboutonnée et qu'il était penché, les paumes à plat contre la fenêtre du bureau d'Harry alors qu'il regardait la ville sous eux, se demandant si les gens dans la rue pouvait être en mesure de comprendre et assister au spectacle de deux hommes baisant dans le bâtiment qui abritait la Société Malfoy.

Draco s'était retrouvé dans le bâtiment en raison de l'insistance de Narcissa pour qu'ils commencent à planifier le mariage. Ayant trouvé une salle de réunion inutilisée pour la transformer en QG officiel du mariage, elle avait demandé à Draco et Harry de venir et rencontré l'armée de planificateurs pour l'évènement. Draco avait peu de désir d'y assister mais il serait damné si le goût terne de Potter était pris en considération pour un évènement portant le nom de Draco.

Quand il était arrivé, Potter était encore occupé par une réunion au même étage. Draco s'était appuyé contre le mur faisant face à la salle, regardant Harry à travers la vitre qui séparait la salle du couloir. Voir Potter commander, rappeler à Draco la facilité avec laquelle Harry avait gérer à l'école et sur le terrain. Il y avait quelque chose d'honnête chez celui qui inspirait confiance à ceux qui avaient choisi de le suivre. Son leadership n'était pas né d'une croyance arrogante qu'il avait le droit de commander les autres. Non, réalisa Draco, Potter n'avait jamais demandé le pouvoir. Il lui avait seulement été remis parce qu'il avait les moyens de l'obtenir de manière efficace. Et plus que cela, les gens voulaient suivre Harry. C'était ce trait, pensa Draco alors qu'il regardait Lucius écouter les paroles de Potter avec admiration et respect, qu'il avait sans doute le plus haï chez lui. Et pourtant, aujourd'hui, il y avait quelque chose au sujet d'observer les directives d'Harry dans une pièce rempli d'homme et des femmes qui captivait Draco.

Durant la réunion, Harry verrouilla son regard dans celui de Draco. Draco sentit son visage rougir quand il réalisa qu'il regardait Potter avec une combinaison particulière d'approbation et de désir. Il refusa de croire que le petit sourire d'Harry avait aux lèvres en reprenant le fil de la réunion n'avait rien à voir avec la chaleur qui s'étendait dans tout son corps.

Lorsque la réunion se termina finalement, une progression d'hommes d'affaires indiens sortit, bavardant avec enthousiasme à propos de ce que Draco supposait être l'accord qui venait d'être passé dans la pièce. Un large sourire étirait le visage de Lucius alors qu'il sortait avec Harry, tapotant fièrement l'épaule de son futur héritier.

« - Je suppose que ça s'est bien passé. » Déclara Draco, ignorant la vague de jalousie dans sa poitrine alors qu'il tentait de sa rappeler de la dernière fois que Lucius avait exprimé tout sorte de sentiment à son égard.

« - Oui, oui. » Répondit Lucius avec enthousiasme. « - Harry a réussi à négocier une affaire incroyable pour nous. Nous essayons d'obtenir ce contrat pendant des siècles et Harry a juste réussi à remporter cela comme si ce n'était rien. » Il se retourna et sourit à nouveau à Potter. « - C'est bon de savoir que la société sera entre de bonnes mains. »

« - Ce n'était rien. » Dit Harry, ayant l'air confus face aux louanges.

« - Allons donc, Potter. » Intervint froidement Draco, touchant légèrement le bras d'Harry. « - Où serions-nous sans toi pour sauver le jour ? » Potter lui lança un regard inquiet, sans doute perturbé par la volonté retrouvée de Draco pour l'injurier publiquement.

« - En parlant ça. » Dit Lucius en regardant sa montre. « - Ta mère vous attend probablement tous les deux. À ce rythme, elle aura tout planifié sans vous. »

« - Vous ne vous joignez pas à nous ? » Demanda Harry.

« - Oh, bon dieu, non. » Dit Lucius, écarquillant les yeux et serrant les doigts dans une expression inhabituelle de peur. « - Je vous souhaite bonne chance cependant. Je ne suis pas sûr que vous sachiez dans quoi vous vous embarquez. »

« - J'ai déjà vu maman organisé des fêtes avant. » Fit remarquer Draco.

« - Oui. » Répondit Lucius avec bienveillance. « - Mais je ne pense pas que tu l'as déjà vu organisé un mariage. »


« - Si jamais je vois encore une fleur. » Fit Draco en se laissant tomber sur une chaise. « - Je vais tuer un homme heureux. » Il était revenu avec Potter à son bureau, attendant qu'il finisse son travail avant de rentrer chez eux. « - Je ne peux pas croire qu'il nous a fallu trois heures pour sortir de là. »

« - Eh bien, si tu n'avais pas émis des menaces de morts envers les organisateurs de la pièce montée, nous aurions pu faire beaucoup plus rapidement. » Fit remarquer Harry, griffonnant quelques notes sur un document devant lui.

« - Je suis désolé si je ne vois pas pourquoi les gens insistent toujours sur les pièces montée pour les mariages. Pourquoi ne pas tout simplement faire une pile de tartes aux pommes ou quelque chose à la place ? »

Harry posa son stylo et le regarda. « - Tarte de mariage ? Sérieusement ? »

Draco se pencha en arrière dans sa chaise et posa les pieds sur le bureau d'Harry. « - Si tu es sur le point d'offenser une bonne tarte, je vais devoir te demander de quitter la pièce. »

« - C'est mon bureau. » Répondit Harry, regardant ostensiblement les pieds de Draco.

« - Et ce bureau est une grande amélioration comparé au bureau temporaire que tu avais la dernière fois… »

« - …je te remercie… »

« - Mais cela ne signifie pas que tu es autorisé à dire qu'une pièce montée est meilleure qu'une tarte sans subir une sorte de conséquence. »

« - Je n'ai pas de préférence marquée. » Soupira Harry en regardant le document. « - Je pense juste que les mariages doivent généralement avoir des pièces montées. »

« - Quoi ! » Draco reposa ses pieds au sol et se leva rapidement. « -Il s'agit de quelque chose de bas, Potter, même pour toi. »

« - Je ne suis pas le seul qui aime les pièces montées. » Répondit Potter, apparemment imperturbable face au dévouement passionné de Draco pour des fruits cuits sur une pâte. « - En fait, je pense qu'elles sont assez populaires. »

« - C'est vrai, parce que les foules savent toujours ce qui est le mieux pour eux. » Draco fit le tour du bureau, traînant son doigt sur la table.

Potter le regardait avec méfiance alors que Draco s'approchait de lui. « - Tu apprécies le sentiment béat de supériorité qui vient d'être à contre-courant. »

« - C'est vrai. » Répondit Draco, glissant sur le bureau. « - Mais cela ne veut pas dire qu'une tarte de mariage ne serait pas une bonne idée. »

« - Tu permets ? »

Draco baissa les yeux pour voir ce dont Potter parlait. Apparemment, il s'était installé sur quelques papiers dont Harry avait besoin. Il se pencha en avant, laissant Potter récupérer les documents. Draco commençait à trouver ennuyeux d'attendre qu'Harry finisse son travail, alors il fit ce que toute autre personne s'ennuyant en attendant que son fiancé termine son travail ferait : retirer une de ses chaussures et tendant le pied pour commencer à se frayer un chemin le long de la cuisse d'Harry. Il pouvait sentir les muscles se crisper mais autrement, Potter ne donna aucun signe que les actions de Draco avaient un effet quelconque. Bien, décida Draco, il pouvait le prétendre aussi. Laissant son pied sur la cuisse d'Harry, il regarda par la fenêtre derrière Harry. « - Je me sens comme quand j'étais petit. »

« - Hm ? » Harry écrivait furieusement une note à lui-même sur un post-it.

« - Autrefois, quand je venais ici et attendais de rentrer à la maison. » Son pied était proche de l'entrejambe de Potter.

« - Je suis sûr que tu étais un enfant très sage. » La voix de Potter était rauque.

« - La secrétaire de mon père me considère comme le suspect numéro un du grand incident de l'agrafeuse qui est arrivé il y a vingt ans. »

Harry grogna doucement lorsque le pied de Draco atteignit son aine, la première indication qu'il donnait sur ce que les actions de Draco lui faisaient. « - Je suis sûr que tu étais totalement innocent de toutes les accusations. »

« - Innocent jusqu'à preuve du contraire. » Draco sourit, malaxant avec son pied la dureté recouverte de tissu.

Harry reposa son stylo. « - Peux-tu arrêter ça ! »

Draco appliqua une légère pression, obtenant un sifflement aigu en réponse. « - Je m'ennuie, Potter. Tu prends trop de temps. »

« - Cela ne va pas m'aider à finir plus vite. » Les yeux d'Harry étaient fermés, ses mains saisissant maintenant le bord de son bureau.

« - Vraiment ? Tu penses que ça va prendre longtemps ? »

Harry repoussa le pied de Draco loin de lui. Avant que Draco puisse protester, Harry l'avait attrapé par la chemise, l'attirant vers le bas pour un baiser. Draco sentit la main chaude de Potter caresser sa jambe, partant de son genou et progressant vers le haut. Il voulait s'approcher, pour combler le fossé entre eux afin que leurs corps ne soient plus si sacrément éloignés mais Potter le maintenait sur le bureau. La prise ferme sur sa cuisse était à la fois excitante et incroyablement frustrante, fournissant à Draco un soupçon de ce qu'il n'était pas autorisé à obtenir.

Potter rompit le baiser, s'éloignant du corps de Draco. « - Va à la fenêtre, Malfoy. »

« - Quoi ? » Draco détestait avouer que la voix de Potter lui disant quoi faire faisait bouillir son sang de désir.

« - La fenêtre. Vas-y. »

« - Pourquoi ? »

« - Parce que je dois finir mon travail. »

« - Il n'y a pas beaucoup d'intérêt pour moi de le faire. »

« - Va à la fenêtre maintenant, Malfoy. » Ordonna de nouveau Potter. « - Avant que je décide de ne pas te baiser après en avoir terminé avec cette paperasse. »

Draco se redressa. La menace d'être privé de sexe était grave car même Potter ne la dirait pas à la légère. Remettant sa chaussure, il se dirigea docilement vers la fenêtre. Potter reprit son travail comme si rien ne s'était passé, alternant entre chercher des fichiers sur son ordinateur et remplir les espaces vides dans les formulaires en face de lui.

Après une longue période de calme, Draco fut soulagé quand Potter brisa finalement le silence. « - Que regardes-tu si intensément ? » Draco se retourna, surpris de voir qu'Harry le regardait.

« - Je me rappelais comment j'avais l'habitude d'observer la vue depuis le bureau de mon père. J'aimais prétendre que tous les gens dans la rue étaient des petits jouets que je pouvais bouger. »

Harry retourna à son travail mais pas avant que Draco ait pu voir l'ombre d'un sourire sur son visage. « - Pourquoi est-ce que ça ne me surprend pas du tout ? »

« - Parce que tu aimes poser des questions rhétoriques. »

Le bruit de papiers étant empilés sur un bureau fit battre le cœur de Draco d'impatience. Il semblerait que Potter avait terminé mais Draco refusait de lui donner la satisfaction de savoir à quel point son propre besoin était urgent. Il regarda résolument par la fenêtre, essayant de compter le nombre de personne dans la foule. Même quand il entendit Potter se lever et ranger ses affaires, il ne se retourna pas. Et quand les pas de Potter retentirent derrière lui, il continua simplement à regarder par la fenêtre, espérant que rien dans son attitude ne trahissait sa prévision croissante.

Les bras de Potter furent soudainement derrière lui, le plaquant contre la fenêtre. Le sentiment des lèvres d'Harry créant une ligne de feu sur sa nuque alors que son souffle chaud lui chatouillait la peau, envoya de la chaleur dans tout le corps. Potter s'approcha un peu plus, laissant ses lèvres former un chemin plus insistant sur le côté du cou de Draco. Draco arqua son cou afin de permettre un meilleur accès à Potter, gémissant quand il sentit la langue du brun sur son pouls.

Il y avait une partie de Draco qui voulait se retourner, de retourner les mêmes faveurs à Potter. Mais alors que les lèvres du brun caressaient sa nuque en un doux contact, il se sentait sombrer contre le corps d'Harry.

« - Mets tes mains sur la fenêtre. » Dicta Harry d'une voix rauque contre la nuque de Draco.

« - C'est vrai. » Souffla Draco. « - J'ai presque oublié ton fétichisme de domination au bureau. »

« - Je serais heureux de te le rappeler. » Murmura Potter d'une voix séductrice alors qu'il se penchait pour attraper les poignets de Draco, maintenant ses paumes contre la fenêtre.

« - Bien sûr que tu le feras. » Rétorqua-t-il alors qu'Harry commençait à déboutonner sa chemise. « - Ca ne sera pas aujourd'hui que tu n'essayeras pas d'agir sur tes problèmes de contrôle. »

« - Oui, parce que je suis censé croire que ce n'est pas une partie de ton plan de prendre le dessus. »

« - Tu vas gâcher la surprise, Potter. Par ailleurs. » Draco gémit alors que l'une des mains d'Harry se glissait dans son pantalon. « - Tu ne voudrais pas cela autant si ce n'était pas vrai. »

Harry rigola doucement, continuant à taquiner Draco de sa main jusqu'à ce que les bras de Draco s'effondre en avant contre la fenêtre, la tête baissée alors qu'il haletait pour respirer. La main libre de Potter se leva, ses doigts allant caresser la lèvre inférieure de Draco. Draco les prit avec impatience dans sa bouche, les léchant avec sa langue jusqu'à ce qu'ils soient humides. Quand Harry les retira, ils se regardèrent tous les deux à travers leur reflet dans la vitre. Il commençait à se faire tard mais ils étaient tous les deux tellement prit par la faim qu'ils avaient de l'autre qu'ils ne remarquèrent pas le soleil couchant.

Il fallut peu de temps à Potter pour dépouiller Draco de ses vêtements inférieurs, ce qui était probablement le mieux. Il y avait un temps et un lieu pour une approche taquine et du sexe doux mais baiser dans le bureau de Potter n'était pas l'un d'eux. Alors que les doigts de Potter entraient en lui, commençant des mouvements pour le préparer à ce qui allait venir, la tête de Draco se baissa de nouveau. La vue par la fenêtre était devenue une masse sombre et brumeuse car il avait perdu la capacité de se concentrer sur autre chose que la sensation des doigts de Potter en lui et son autre main sur son sexe. Il dut lutter pour ne pas se libérer complètement alors que les vagues de plaisir étaient éclipsé seulement par le besoin de sentir Potter en lui. Draco était pratiquement gémissant à ce stade, ses dents se refermant autour de ses propres poignets alors qu'il essayait d'étouffer le son.

« - Non. » La voix de Potter avait toujours cette intonation autoritaire dans son oreille. « - Je veux t'entendre. » Draco obéit, levant la tête pour que ses cris résonnent dans la pièce.

Le sursis de Draco fut obtenu quand Potter dû enlever son propre pantalon. Il n'avait jamais pensé que le bruit d'une fermeture éclair et d'une boucle de ceinture défaite pouvaient être si excitant mais il n'avait jamais abandonné son contrôle comme cela avant. Et alors que le son d'un pantalon tombant au sol parvint à ses oreilles, le pouls de Draco s'accéléra d'excitation.

La première pénétration de Potter fut lente, ayant conscience que la salive n'était pas vraiment aussi efficace qu'un lubrifiant. Mais alors que Draco s'habituait à la sensation, son corps se détendit et Potter se mit à pénétrer plus rapidement et plus fortement son corps jusqu'à ce qu'il se retrouvait plaquer contre Draco, un bras poser contre la fenêtre pour se tenir alors qu'il continuait de caresser son l'érection de Draco de l'autre. Draco pouvait sentir vibrer son nom dans la gorge du brun avant qu'il résonne dans la pièce.

Il n'y avait rien à dire à ce sujet. Leurs pantalons étaient autour de leurs chevilles, ils étaient pressés contre une fenêtre, la transpiration humidifiant leurs chemises alors qu'ils grognaient et demandaient plus à l'autre. Draco eut une vague pensée que peut-être ils auraient dû vérifier si la porte était verrouillée mais l'idée d'interrompre ce que Potter lui faisait lui fit renoncer à cette option. Tout ce qu'il pouvait faire était de se concentrer sur la nécessité incroyable qu'il ressentait quand Potter le touchait comme ça.

Il entendit ce qu'il avait appris à reconnaitre comme étant le gémissement annonciateur de l'orgasme de Potter, suivit par la brume de plaisir qui marquait le sien. Les deux hommes restèrent l'un contre l'autre, la respiration haletante et toujours contre la fenêtre pour ne pas tomber complètement au sol. Quand Potter s'écarta, trouvant la force de se redresser, Draco dut s'empêcher de protester contre la perte de chaleur contre son corps.

« - Eh bien, Potter. » Dit-il après avoir enfin réussi à se redresser en une position correcte : « - Je suis heureux que nous ayons finalement réussi à apaiser ton fantasme. Ce serait une honte si ta perversité était insatisfaite. »

Harry grogna alors qu'il utilisait un mouchoir en papier pour enlever les traces sur la fenêtre. « - Je dois être masochiste pour faire tout cela avec toi. »

La tête de Malfoy se releva alors qu'il enfilait son pantalon. « - L'es-tu ? » Ses yeux brillaient d'excitation. « - Parce que ça serait incroyable de plus de manière que tu peux l'imaginer. »

Potter se détourna avant que Draco puisse évaluer sa réponse, jetant le mouchoir en papier souillé et rassemblant ses affaires. Quand il se retourna, il y avait encore un vague soupçon de rouge sur ses joues. « - Dépêches-toi, Malfoy. » Déclara-t-il simplement, en regardant Draco boutonner lentement sa chemise. « - Je ne voudrais pas que tu te perde que le chemin de ta propre maison. »


La manière de Potter de s'habiller pour la journée n'était pas sans rappeler à Draco les problèmes de mathématique durant la cinquième année qui se posaient sur la probabilité qu'une tenue choisie puisse correspondre. Alors que Draco avait trouvé son approche de style personnel, il devait reconnaitre que la capacité mystérieuse de Potter pour associer ses vêtements semblait aléatoire. Son seul défaut notable jusqu'à présent avait été le matin où il était sorti de sa chambre, complètement conscient du fait qu'il portait une cravate ornée de Pères Noël, de rennes et autres ornement du même genre. Draco avait rigolé si fortement qu'il avait craché du thé partout sur le sol de la cuisine.

Le jour du dîner avec les Dursley s'avéra être très différent cependant. Draco avait réussi à se doucher, sécher ses cheveux, se coiffer et sélectionner une tenue, sélectionner une tenue de secours au cas où il décidait de ne pas porter la première tenue, s'habiller avec son second choix avant de décider de ne pas mettre ça après tout et revenir à la première tenue, puis se coiffer de nouveau les cheveux avant de réaliser que la porte de la chambre d'Harry était restée fermée tout le temps.

Nouant sa cravate alors qu'il traversait la salle, il frappa à la porte d'Harry. « - Potter, tu es prêt ? »

Un pas très habillé Harry ouvrit la porte, un tas de vêtements éparpillés derrière lui. « - Presque. » Répondit-il, une légère teinte de panique dans la voix.

Draco passa devant lui pour analyser la situation. Des chemises, des pantalons et des cravates étaient éparpillés sur le lit et le bureau, cachant le semblant de meuble qui occupaient la chambre. « - Je pense que tu peux éviter de porter cette horrible cravate de Noël sans éparpiller ta garde-robe toute entière dans la pièce. » Nota-t-il alors qu'il enjambait un tas de jeans.

« - Je ne sais pas quoi porter. » Admit Harry. Il fouillait sans but à travers un tas, prenant un vêtement avant de secouer la tête et de le reposer. Draco n'avait jamais assisté à un tel manque de respect flagrant pour la sainteté des vêtements. « - C'est stupide, n'est-ce pas ? » Demanda-t-il, évitant de regarder Malfoy alors qu'il prenait un pull. « - Je ne sais pas pourquoi tous mes vêtements semblent tellement inadéquat en ce moment. »

« - Ils l'ont toujours été. » Répliqua Draco alors qu'il inspectait des tee-shirts au sol. « - Tu es trop stupide pour comprendre cela. »

Harry secoua la tête et poussa un soupir. « - Je te laisse une grande ouverture. »

« - Très bien. » Draco inspecta les vêtements autour de lui, puis choisit méthodiquement un pantalon, une chemise et un pull dans différents coins de la chambre. « - Voilà. Porte ça. » Déclara-t-il en lui tendant les vêtements.

Harry eut l'air de vouloir protester jusqu'à ce qu'il baisse les yeux et doive reconnaître les talents stylistiques de Draco. Il marmonna un rapide 'merci' alors qu'il commençait à s'habiller. Une minute plus tard, après avoir bouclé sa ceinture, Harry se tourna vers la porte comme pour sortir.

« - Attends. » Cria Draco. « - Tu n'as pas encore fini ! »

Harry regarda Draco, incrédule. « - Je porte mes vêtements, non ? Aucune cravate de Noël que Ron m'a offert pour plaisanter, hein ? »

« - Oui, mais tes cheveux ! » Draco savait que Potter s'en fichait généralement mais surement que même lui devait sentir qu'il fallait remédier à la situation de son cuir chevelu qui exigeait une attention urgente.

Harry roula des yeux. « - Toi et les fichus cheveux. »

« - Oui, oui, fichus cheveux est juste. » Draco soupira alors qu'il se dirigea vers Potter. Il tendit la main et commença à s'agiter autour d'Harry, faisant courir ses doigts à travers les mèches en désordre dans une tentative de les organiser de façon plus présentable.

Quand il se recula pour admirer son œuvre, il se rendit compte qu'Harry le regardait avec un air indéchiffrable sur le visage. « - Mes cheveux sont acceptables maintenant ? » Demanda-t-il doucement.

Draco rigola doucement. « - Potter, le seul moyen pour que tes cheveux soient acceptables serait de raser le tout. » Puis, imaginant Harry sans cheveux, Draco devint soudainement très effrayé. « - Oh mon dieu, s'il te plait ne rase pas tes cheveux. Ça serait horrible. »

« - Je ne sais pas. » Harry sourit comme s'il envisageait la possibilité. « - Il semblerait que la seule façon pour que tu apprécies mes cheveux serait de te forcer à affronter un monde sans eux. »

« - Ne pense même pas à plaisanter sur ce sujet, Potter. » Dit Malfoy, les yeux plissés de colère. « - Si tu apparais sur nos photos de mariage avec la tête rasée, je vais personnellement choisir un invité et lui raser la tête pour mettre ses cheveux sur ton crâne. »

Harry le regarda, surpris par la menace. « - Où diable veux-tu en venir avec ça, Malfoy ? »

Draco lui sourit dangereusement. « - Il suffit de ne pas te raser la tête et tu ne sauras jamais si je suis vraiment sérieux. » Puis, prenant rapidement une expression de légèrement écœurante, il se dirigea vers la porte. « - Viens chéri. » Dit-il sur un ton faussement stupide alors qu'il se dirigeait vers l'entrée. « - Nous ne voulons pas être en retard pour le dîner. »


Le manoir Malfoy avait souvent donné aux invités l'impression qu'ils entraient dans un musée mais grâce à l'attention de Narcissa, il y avait toujours une touche Malfoy dedans. La maison des Dursley avait cette même impression de musée mais sans aucun semblant de goût ou d'identité. La maison était remplie de tableau de femme regardant fixement un champ de fleurs, une tendance que Draco avait remarqué sur un magazine de décoration d'intérieure que Pétunia avait laissé sur la table basse. Parmi la décoration apparemment à la mode, se trouvait des cadres contenant des photos familiales à travers les âges. Mais alors que Draco inspectait les photos, il était évident qu'Harry manquait.

Le désir de questionner Harry sur les Dursley le rongeait depuis un moment maintenant mais il avait pris les conseils d'Hermione à cœur. Maintenant, alors qu'il regardait se déplacer avec une familiarité inconfortable autour de la maison où il avait grandi, une chose était devenue claire : peu importe combien Draco avait du ressentiment envers ses parents, il ne s'était jamais senti aussi bouleversé avec eux que Harry semblait l'être en présence des Dursley.

En fait, Potter n'avait pas vraiment l'air bouleversé. Non, il offrait des sourires et avait une conversation facile qui donnait l'impression qu'il passait un moment agréable. Mais après avoir passé une grande partie de sa vie à essayer de maximiser la quantité de stress dans la vie de Potter, Draco savait mieux. Il avait une longue liste de réactions obsessionnelles de Potter à diverses formes d'angoisse.

Les symptômes s'aggravèrent durant la soirée. Lorsque Vernon parla à Harry de quelques gros coups de sa propre entreprise, Potter commença à triturer sa manche gauche. Quand Pétunia raconta des histoires sur sa sœur décédée, il se mit à nettoyer ses lunettes. Et chaque fois que Dudley s'approchait de lui, un tic subtil apparaissait dans ses jambes, celui qu'on ne remarquerait pas si on ne savait pas regarder. C'était la même gestuelle que Draco avait appris à anticiper chaque fois que Potter était sur le point de fuir, soit parce qu'il avait un objectif en tête ou parce que Draco avait réussi à le mettre dans une situation incriminante.

Pourtant, tout se déroulait bien jusqu'à ce que le dîner arrive. Les amis que les Dursley avaient invités étaient ennuyeux avec leurs questions stupides sur ce que ça faisait d'être dans les tabloïds et demandant des détails au sujet de certaines relations célèbres de Draco. Habituellement, l'interaction s'arrêtait subitement lorsque Draco répondait que la plupart des étudiants de cycles supérieurs n'avaient pas le temps de vivre une vie provocante et glamour. De temps en temps, la voix tonitruante de Vernon s'élevait à travers la pièce alors qu'il se vantait d'une nouvelle machine que sa société avait produite. Draco remarqua qu'il y avait une différence distincte entre la férocité de Vernon et la gestion de son propre père.

Mais quand ils s'installèrent pour le dîner, Draco commença à ressentir un nœud dans son estomac. Il était assis à côté d'Harry mais Vernon se trouvait de l'autre côté d'Harry, trônant en bout de table. Avec Dudley en face d'eux, Draco commençait à ressentir quelque chose ressemblant à de la pitié envers son fiancé. Dudley semblait être le genre de gars qui était bon d'avoir de son côté mais Draco avait l'impression que Dudley avait rarement prit le parti de Potter.

Les entrées n'avaient rien d'extraordinaire. Pour ne pas dire qu'elles n'étaient pas délicieuses, c'est juste qu'elles inspiraient un petit drame. Mais alors que Vernon versait un peu plus de vin dans son verre et le cadre chaleureux de la tablée fit en sorte de desserré un peu le nœud dans le ventre de Draco. Potter resta calme durant la plupart du dîner, répondant aimablement aux questions quand on lui en posait une mais laissant ensuite mourir la conversation. Draco passa la majeur partie de ce temps à calculer combien de temps Potter tiendrait avant d'exploser.

« - Alors ! » S'exclama Vernon après que la plupart des convives aient fini leur dessert. « - Nous sommes heureux que vous ayez tous pu venir aujourd'hui ! » Il leva son verre avec enthousiasme, obtenant un regard sévère de sa femme quand un peu de liquide rouge tomba sur la nappe. « - Comme vous avez pu l'entendre, notre neveu, Harry Potter, est sur le point d'obtenir une énorme promotion. » Vernon fit une pause, essayant de se rappeler l'autre point saillant qu'il était censé annoncé. « - Et il va se marier ! »

Les gens autour de la table se mirent à applaudir. Harry baissa les yeux, un profond rouge apparaissant sur ses joues. Son corps tout entier se raidit quand Vernon tendit jovialement la main et lui tapa le dos. « - Nous sommes tellement fiers de lui ! »

Une femme, que Draco avait appris il y a une quarantaine de minutes être l'épouse d'un des collègues de Vernon, parla. « - Et bien, c'est grâce à vous et Pétunia, bien sûr. » Déclara-t-elle d'une voix stridente. « - Vous l'avez élevé comme s'il était votre propre fils. » Vernon et Pétunia se regardèrent puis acquiescèrent avec suffisance.

« - Et Dudley a toujours été comme un grand-frère pour lui. » Renchérit un autre homme. « - Je me souviens comment il s'amuser à courser Harry dans toute la maison. Ces deux-là s'amusaient si souvent. » A son crédit, Dudley était trop occupé à manger une part de gâteau pour réagir à la déclaration. Harry crispa sa main sur sa cuisse, ses doigts traçant des sillons dans le tissu de son pantalon.

« - Bien sûr, nous devons remercier Lucius et Narcissa. » Dit Pétunia, sa voix dégoulinant d'une fausse douceur. « - Elever deux garçons est si difficile. Nous n'aurions jamais pu envoyer Harry dans une telle bonne école. Et nous sommes très reconnaissants d'être en mesure de les accueillir au sein de notre famille. »

Lucius et Narcissa sourirent poliment en retour mais Draco connaissait assez bien ses parents pour savoir qu'ils n'étaient pas dupes. Ils ne pouvaient pas savoir que les Dursley avaient fait avant cette nuit, mais il était impossible de ne pas déduire qu'ils n'avaient rien fait. « - Nous sommes ravis qu'Harry fasse partie de notre famille. » Répondit Narcissa, sa voix contenant assez de chaleur pour dissimuler ses véritables sentiments. « - Nous sommes tellement fiers de lui et de toutes ses réalisations. »

« - Oh, oui. Oh, oui. » Coupa bruyamment Vernon. « - J'ai toujours su qu'il réussirait, n'est-ce pas Pétunia. »

« - Ah bon ? » Demanda Dudley, écarquillant les yeux de confusion.

« - Oh, Dudlinouchet. » Rigola Pétunia, mal à l'aise. « - Bien sûr que oui. »

Draco avait peur que Potter fasse un trou dans son pantalon. Sans réfléchir, il tendit la main sous la table et prit la main d'Harry dans la sienne. Il frotta son pouce sur les jointures formées par les os jusqu'à ce que la main d'Harry commence à se détendre. Il garda leurs doigts entrelaçaient, continuant ses caresses quand il sentit le reste du corps de Potter commençait à se détendre. Ce n'était pas habituel de voir Harry si tranquille, de ne pas se mettre à crier et exiger la vérité et Draco était troublé de le voir si peu disposé à se battre.

« - Eh bien, tout ce que nous avons à faire, c'est le mariage. » Offrit Vernon.

« - Oh oui, Pétunia, vous obtenez un bon parti. » Déclara une femme que Draco reconnu à peine.

« - Oh, chut. » Pétunia agita la main et feignit l'embarras tout en regardant Narcissa avec espoir. La main d'Harry recommença à se crisper autour des doigts de Draco. Draco voulait lui dire de desserrer son emprise mais il avait conscience que Potter avait besoin de le tenir.

« - Avez-vous décidé d'un jour ? » Demanda l'un des invités.

« - Hm ? Oh non. Pas encore. » Draco était impressionné par le calme dans la voix d'Harry.

« - Tu devras nous le faire savoir alors, fiston. » Dit Vernon, tapant de nouveau l'épaule d'Harry. « - Nous sommes très heureux de ce mariage. »

Harry répondit stoïquement, hochant légèrement la tête sans regarder Vernon : « - Bien sûr. »

Draco ne pouvait plus vraiment le supporter. Potter était clairement dans une mauvaise position. Il était entouré par un groupe de personnes qui croyaient fermement que sa tante et son oncle étaient vertueux et avait tout sacrifié pour aider leur neveu. Tout ce qu'il dirait maintenant le ferait paraître au mieux pour un connard ingrat qui avait oublié que ces gens l'avaient aidé depuis qu'il était bébé.

Eh bien, rien à foutre. Draco avait passé la plupart de sa vie à être un connard ingrat. Sa réputation pouvait bien prendre un autre coup.

« - Vous savez, ça fait vraiment plaisir de vous rencontrer. » Dit Draco, sa voix prenant une douce intonation dangereuse. « - Je ne peux pas croire que je connaisse Harry depuis si longtemps sans avoir eu la chance de vous connaître. » Harry leva brusquement les yeux vers lui, une expression nerveuse sur le visage.

Pétunia était rayonnante de satisfaction. « - Cela est un plaisir de vous rencontrer aussi. »

« - Je suis sûr que vous avez été très occupé. » Continua Draco. « - Je peux seulement imaginer la raison pour laquelle je ne me suis jamais présenté à vous durant tous les évènements qu'il y a eu à l'école. Je veux dire, il y a eu tellement de week-end des parents et des matchs de football mais je n'ai jamais vu aucun de vous deux. »

« - Oui, oui. Très occupé. » Répondit Vernon avec désinvolture, inclinant son verre pour le vider avant de prendre la bouteille pour le remplir à nouveau.

« - Je sais, vous avez travaillé si dur. Que fait donc votre fils ? Vous devez être très fiers de lui. » Dit Draco en regardant Dudley essuyer ses doigts couverts de chocolat sur sa chemise. « - Votre travail a fait de lui un gentleman. Et cette société. Jusqu'à ce soir je ne savais pas que cela pouvait être… fascinant. Mais je peux comprendre pourquoi vous n'avez jamais eu le temps d'assister aux évènements de votre neveu. »

L'atmosphère autour de la table changea mais Vernon n'était jamais du genre à comprendre ces choses-là. « - Eh bien, nous serons à la noce ! »

« - Non. »

Tout le monde dans la pièce regarda Draco, incapable de manquer la dureté de sa voix. Les yeux de Vernon se plissèrent alors qu'il essayait de comprendre ce qu'il avait entendu. « - … Excusez-moi ? »

« - Vous ne viendrez pas au mariage. »

« - Je suis désolé… je dois avoir mal compris… »

« - Si vous m'avez entendu dire 'vous ne viendrez pas au mariage' alors non, je ne pense pas que vous avez mal compris. » Draco le regarda fixement. « - Je ne veux pas de vous là-bas. »

Vernon gonfla la poitrine dans une tentative d'une intimidation physique. « - Nous sommes la famille d'Harry ! Vous ne pouvez pas ne pas nous inviter ! »

« - Si. » Dit Draco, resserrant son emprise sur la main d'Harry. « - Je le peux. Et non, vous n'êtes pas la famille d'Harry. »

« - Vous ne savez pas de quoi vous parlez, mon garçon. » Dit la voix stridente qui avait chanté les louanges des Dursley plus tôt. « - Pétunia et Vernon ont recueilli Harry quand il était orphelin. Ils l'ont élevé ! Il ne serait pas là où il est maintenant si ce n'était pas grâce à eux. »

« - Tous ces gens ont fait le strict minimum pour élever un membre de la société. » Rétorqua Draco, la regardant fixement jusqu'à ce qu'elle rompe le contact visuel. « - Harry ne serait pas là où il est maintenant sans mes parents, Sirius Black et son propre foutu travail. »

« - Sirius Black ! Ce criminel ! » Vernon se mit à rire. « - Il n'était même pas autorisé à prendre soin d'Harry ! »

« - Tais-toi à propos de Sirius ! » Le visage calme d'Harry avait soudainement laissé place à un masque de rage alors qu'il tapait fortement du poing sur la table.

« - Potter. » Murmura Draco. « - Calme-toi. Je vais m'occuper de ça. » Harry lui lança un regard maussade avant de reprendre son silence. « - Dursley, j'ai passé près d'un quart de ma vie à ne vouloir rien de plus que rendre Harry encore plus misérable. Vous invitez à ce mariage serait peut-être la plus grande victoire que j'aurais jamais atteint dans cette quête. Et pourtant, l'idée de vous avoir à ce mariage pour vous entendre parler de tout ce que vous n'avez jamais fait pour Potter me donne envie de vomir. » Pétunia grimaça un peu, vraiment préoccupé par la perspective de vomi sur sa précieuse nappe.

Draco continua. « - Vous n'avez rien fait pour Harry qui n'aurait pas pu être atteint par une armée de fourmis. Toute personne ayant des compétences de pensée critique peut le dire juste en regardant dans cette maison que vous n'avez jamais accordé aucune intention à Harry. Il n'y a pas une seule photo de lui dans la maison. Vous n'avez même pas de photo de sa mère. » Les yeux de Pétunia s'écarquillèrent à l'évocation de sa sœur mais elle ne donna aucune défense pour ce fait. « - Il y a encore un matelas dans le placard sous l'escalier. Et chaque fois que votre fils passe devant Harry, Dudley serre le poing comme s'il s'apprêtait à le frapper. »

Draco fit une pause, faisant ralentir sa voix. « - Vous n'avez pas accordé un iota d'intérêt dans la vie d'Harry jusqu'à ce qu'il devienne l'héritier d'une des plus grandes sociétés du monde. Je ne peux pas croire que vous essayez même de prétendre que vous vous souciez de lui. Je ne peux pas croire que vous pensez avoir permis tout cela dans sa vie. Et plus important encore. » Ajouta-t-il pensivement. « - Votre femme a un goût terrible. Je ne la laisserais certainement pas s'approcher de mon mariage. »

« - Maintenant ça suffit. » Cria Vernon, renversant plusieurs verres en se levant avec colère. « - Vous ne pouvez pas venir ici et me dire si oui ou non je peux venir au mariage de mon propre neveu. Vous n'avez pas le foutu droit. » Son visage était rouge. « - Je pourrais vous jetez dehors si je le voulais. Vous n'êtes qu'un petit beau garçon qui n'est pas assez bon pour hériter de l'entreprise de son propre père. »

« - Veuillez faire attention à comment vous parlez à mon fils. » Intervint froidement Narcissa. Elle et Lucius regardaient tous les deux les Dursley avec des yeux plissés. Lucius était peut-être plus célèbre pour son terrible regard mais les yeux de Narcissa pouvaient exprimer une fureur infernale qui dépassait de loin celui de son mari. Draco ne pouvait pas nier qu'il trouvait une certaine satisfaction à l'expression sévère de sa mère. Aucun des autres invités prirent la parole pour défendre les Dursley.

« - Euh… nous sommes désolés. » Déclara docilement Pétunia.

« - Pour quoi ? » Lucius la fusilla du regard mais elle ne fournit aucune réponse. Au lieu de cela, elle regarda tour à tour son mari, Harry et Lucius comme si elle cherchait comment procéder.

Harry se leva, la main toujours dans celle de Draco. « - Rentrons. »

« - Tu es sûr, Potter ? » Demanda Draco à voix basse.

« - Ouais. » Répondit Harry, la voix dure de détermination. « - Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé que cela serait une bonne idée. »

« - Mais Harry, Lily aurait voulu… » La voix de Pétunia était pathétique de désespoir.

« - Ne t'avise pas. » La coupa Harry, tremblant presque de fureur. « - Ne t'avise pas de parler de ma mère. Ce que ma mère aurait voulu c'est que tu prennes réellement soin de moi sans avoir à me donner la permission pour dormir tous les soirs. Elle aurait voulu que tu me nourrisses avec autre chose que les restes de Dudley et que tu me donnes des vêtements qui sont vraiment à ma taille et pas usés. Elle aurait voulu que tu me donnes une chambre correcte sans que mon parrain doive te menacer pour cela. Elle aurait voulu que tu empêches Dudley de me voler mes devoirs et de me battre. Elle aurait voulu que tu me traites comme si je faisais réellement partie de ta famille et non comme une preuve pratique de votre fausse générosité. Mais tu n'as pas réussi une seule de ces choses alors ne me dis pas ce que ma mère aurait voulu. »

Draco se leva. Après avoir lâché des décennies de frustration semblait être le bon moment pour partir. Il traîna Harry par le bras, suivi par Lucius et Narcissa. Avant de quitter la salle à manger, Draco se retourna vers les invités médusés. « - Eh bien, c'était un plaisir de tous vous rencontrer. » Lança-t-il sur un ton sarcastique. « - J'espère que vous avez passé une bonne soirée. »

Narcissa lui donna une légère tape sur le bras. « - Draco ! Manières ! »

« - Quoi ? » Dit-il en souriant à sa tentative ratée de réprimer un sourire fier. « - C'est ce que tu m'as toujours appris à dire. »


Alors qu'ils entraient dans leur appartement, Draco se tourna vers Harry. « - Es-tu en colère contre moi ? »

Harry fut surpris par la question et la sincérité avec laquelle Draco l'avait posé. « - Je ne sais pas. » Répondit-il honnêtement. « - Je ne devrais pas l'être, non ? »

« - J'aimerais penser que non. Mais je suppose que certaines personnes ne seraient pas satisfaites que leur vie privée soit étalée en public sans leur permission. »

« - En effet. » Répondit solennellement Harry.

« - Mais. » Observa Draco. « - J'ai aussi une longue et remarquable histoire pour me permettre de refuser de respecter tes sentiments. »

« - Ce n'est pas exactement quelque chose dont il faut être fier. »

« - Non ? Je l'ai apprécié jusqu'ici. » Répondit Draco. Il retira sa veste et la jeta sur le canapé. « - Et ne prétends que tu n'as pas profité au moins un peu. »

Harry ne savait pas comment réagir. Il est vrai que regarder quelqu'un clouer le bec de son oncle avait été un évènement merveilleux. Mais en même temps, il n'avait jamais été du genre à demander aux autres de le défendre. En plus de tout ce qui était mortifiant c'était que Malfoy savait maintenant le pire de lui, avait vu son point faible et il était venu à son corps. Et le plus inquiétant de tout, il n'avait aucune idée de quelle partie tout cela avait été le pire. Plus il y pensait, plus les pensées dans son esprits se bousculaient dans un désordre confus de contradiction. Bâillant, il marcha vers sa chambre, laissant Draco derrière.

Harry était couché depuis quelques minutes, l'esprit encore chaotique se rebellant contre son désir de dormir. Il essaya de se calmer mais le dîner continuer de jouer dans sa tête. Il repensait au regard horrifié de Pétunia quand son goût avait été critiqué, de l'apoplexie de Vernon lorsque son autorité avait été remise en question et surtout, de la main chaude qui l'avait apaisée, le faisant se sentir en sécurité et chassant un peu de peine en lui.

Le bruit de l'ouverture de sa porte interrompit ses pensées. « - Pas ce soir, Malfoy. » Protesta Harry quand il entendit l'autre homme approcher de son lit. Il tournait le dos à la porte mais il refusa de se tourner.

« - Bien sûr que non, idiot. » Répondit Draco alors qu'il soulevait les couvertures et se glissait dessous. « - Je suis peut-être un connard mais je ne suis pas maladroit. »

Harry était sur le point de contester cette affirmation quand il sentit le bras de Draco passait autour de son corps, l'enveloppant dans une douce étreinte. Le parfum de Draco semblait soulager la tourmente intérieure et Harry se retrouva à se détendre comme quand la main de Malfoy avait trouvé la sienne sous la table. Il ne se souvenait pas de la dernière fois qu'il s'était senti si complètement vulnérable devant une autre personne et pourtant, Malfoy le faisait se sentir en sécurité.

C'était la première fois qu'ils dormaient simplement ensemble. La chaleur du corps à ses côté offrit une escapade reposante du malaise que la journée avait apporté. Et pourtant, c'était plus que cela. Ce n'était pas seulement la présence d'un corps le tenant. La peau lisse du bras de Draco, l'odeur de son shampooing, la sensation de leurs corps réunis alors que leurs respirations ralentissaient, comme si Draco et lui s'étaient retrouvés dans leur propre monde fait entièrement de sécurité et de paix qu'il avait trouvé dans les bras de l'autre. Et alors que toutes les craintes qu'il avait à se confier à Draco disparu, Harry sentit pour la première fois de sa vie qu'il avait trouvé une maison.

« - Malfoy. » Murmura-t-il.

« - Mmhmm ? » Fut la réponse endormie.

« - Merci. »

À suivre…