Synthetic Bonds - Chapitre dix-huit

By mypetelephant


Théodore Nott était un homme très occupé.

Aujourd'hui par exemple, il s'était réveillé avant sept heures du matin, il avait couru durant cinq miles, exécuté trois cent pompes et terminé avec deux cent abdos. À huit heures du matin, il avait pris une douche, peigné chaque mèche de ses cheveux parfaitement en place, choisi son costume et était parti pour le bureau temporaire qui avait été mis en place pour répondre à ses normes rigoureuses. À neuf heures du matin, il avait déjà renvoyé trois secrétaires puis, quinze minutes plus tard, réembauché celle qui n'avait pas pleuré. Et bien que son emploi du temps était complet pour la matinée, il se laissa un peu de temps pour une petite diversion vers midi. Après tout, il l'avait bien mérité.

L'écran noir de son ordinateur s'anima soudainement d'une explosion de couleur et un journaliste apparut sur l'écran, décrivant vivement les évènements qui s'étaient produits. Des commentaires des internautes remplissaient la page en dessous avec des opinions qui embarrasseraient leurs parents et leurs enseignants en raison d'un manque à la fois poli et intelligent dans leur langage. 'thepussysoaker69' était un participant particulièrement belliqueux dans les discussions, ayant des arguments sûr de soi et stupides qui provenait probablement d'une courte durée de vie à caresser son propre sexe tout en regardant avec nostalgie dans le miroir.

Cela suffit à divertir Nott alors qu'il attendait patiemment que l'action réelle commence. Les journalistes et les commentateurs avaient tort bien sûr. Ils étaient tellement concentrés sur les détails évidents qu'ils étaient complètement passés à côté de la subtilité de son génie. Mais Nott était habitué à cela. Un bon plan était celui que peu de gens pouvaient voir. Et peu importe combien il aurait aimé prendre le crédit pour son intelligence, il aimait l'idée de la victoire encore plus.

Enfin, une file d'hommes et femmes fatigués se rassemblèrent devant un mur comportant le logo de la Société Malfoy et les suivant calmement, Lucius, Draco et Potter fermaient la marche. Leur entrée fut suivit par un tollé de flash provenant des sièges alors que les reporters bondissaient dangereusement sur le bord de leurs chaises. Après avoir toussé plusieurs fois pour faire taire la foule, Lucius parla finalement d'un ton ferme et solennel. Nott prit une seconde pour l'imiter, essayant de reproduire l'expression sévère et la raideur de la nuque. Mais quand il essaya de s'imaginer avec les longs cheveux blonds de l'aîné Malfoy, Nott partit dans une crise de fou rire.

Il essaya de prêter attention aux paroles de Lucius, une déclaration laconique et passionnée sur l'intégrité d'Harry Potter mais c'était comme assister à une conférence sur la migration des bactéries sur un aliment périmé. Pas que Théo savait ce que c'était mais dans l'univers morne dans lequel il imaginait Draco, ces sortes de conférences devaient existées en tant que source de satisfaction de la torture quotidienne. Le discours de Lucius n'avait pas d'importance de toute façon. Tout ce dont Nott avait vraiment besoin de savoir était inscrit sur les visages d'Harry et Draco.

Il racontait maintenant une histoire triste à propos des chemins de Sirius Black dans la rédemption et la façon dont il avait fait d'Harry un jeune citoyen honnête mais ce conte terne et moral ne contribua guère à susciter l'intérêt de Nott. Il se pencha en avant, comme si coller son nez contre l'écran rendrait le visage de Draco plus imposant. Pourquoi les caméramans ne comprenaient-ils pas que le point de vue important était ce visage ? Il aurait dû payer l'un d'entre eux pour faire toutes les vidéos sous cet angle. Mais l'idée de côtoyer les journalistes si longtemps le rendait mal à l'aise. Il préférait ne pas tourner si souvent près des gens qui vivaient avec un manque flagrant de discrétion.

Une vague de tonnerre retentit dans les haut-parleurs, ce qui indiqua que la parole était maintenant aux journalistes. Nott augmenta rapidement le volume tout en essayant de filtrer le bruit afin de pouvoir entendre quelques-unes des questions. Personne ne semblait avoir la même préoccupation de Nott : ce que Draco pensait à être coincé dans cette situation. « Oui, nous avons une question pour Monsieur Malfoy. Comment est-ce que votre relation avec Monsieur Potter survit après avoir eu la langue de Monsieur Théodore Nott au fond de votre gorge ? » Ah, Nott regrettait sérieusement sa décision de ne pas avoir corrompu un journaliste ou deux. Qu'est-ce qui ne fallait pas faire pour voir cette rougeur de colère sur le visage de Potter à nouveau. La bite de Draco était perdue pour un tel phénomène larmoyant d'héroïsme.

Parmi le groupe qui était apparu, il y avait quelques échanges discrets de regards et déplacements maladroits sur les sièges qui donnaient une bonne idée de la tension. Si Nott ne savait pas mieux, il pouvait penser qu'ils attendaient quelque chose… une solution miraculeuse à tous leurs problèmes. Il eut un petit rire en imaginant une apparition magique dans la pièce, vêtu d'une robe ridicule et arborant une magnifique barbe blanche.

Il se réjouit que Draco et Harry restent assis tous les deux avec raideur, les épaules si tendues qu'elles donnaient l'impression d'être maintenues en place par des planches. Ils ne s'étaient pas regardés une seule fois. Peut-être que Draco avait pris ses paroles à cœur, peut-être que la situation actuelle était le début d'une retombée qui permettrait finalement à Draco de revenir à la raison. Il voulait le meilleur pour Draco après tout. Plus important encore, Nott voulait le meilleur pour lui-même et le meilleur était Draco.

Il se pencha en arrière sur sa chaise, se détendant alors qu'il scrutait le seul visage qui comptait vraiment. L'expression stoïque était très pratique, permettant à Nott d'imaginer une série d'émotion au nom de Draco. Il méprisa l'air renfrogné d'Harry. C'était trop évident pour être souligné, de même quand Potter ouvrit la bouche pour réciter quelques réponses qui avaient été préparé pour lui. Bien sûr, il avait une sorte de stupide charisme qui le rendait attachant. Bien sûr, les mots qu'il disait semblait parfaitement adapté à émouvoir la foule. Mais Nott ne s'inquiéter pas trop de cela. Les dégâts étaient toujours présents sur le papier. Quelques mots d'Harry Potter n'allaient pas changer cela.

Il garda son attention sur Draco, admirant la coupe de sa veste et comment elle épousait ses épaules. Il avait peut-être fait un choix terrible de carrière mais au moins, Draco avait toujours bon goût. Enfin, dans les vêtements en tout cas. Nott voulait sentir le bord du revers, apprécier le tissu entre ses doigts et voir la maîtrise dans la confection.

Alors qu'il s'imaginait toucher le vêtement, la sensation de l'épaule de Draco contre sa paume envoya une chaleur fantôme à travers son bras. L'exquise de la couture n'était pas de taille face au corps qui se trouvait en-dessus et tout à coup, la pensée négligente d'apprécier la soie du gilet de Draco se transforma en un fantasme qui consistait à déchirer la veste et ruiner la soie. Nott pressa ses doigts entre ses cuisses, se rappelant que peut-être il devrait prêter attention à la conférence après tout. Mais toutes les tentatives pour écouter la réponse de Potter à la dernière question échouèrent. Nott était encore perturbé par l'image du torse nu de Draco, une cascade de souvenirs des rendez-vous dans des chambres d'hôtel l'aidant à tisser un ensemble d'image plus vive dans son esprit. Si seulement quelqu'un pouvait augmenter le chauffage de la pièce où se tenait la conférence pour forcer Draco à enlever ses vêtements.

Qu'est-ce que ça serait d'être entre ses genoux en ce moment, d'avoir le sexe chaud et dur de Draco dans sa bouche. Nott se lécha les lèvres, presque délirant d'espérer que le goût intime de Draco serait encore là après toutes ses années. Cette réflexion conduisit rapidement à un urgent problème physique. Nott déboucla sa ceinture pour y remédier. Et alors qu'il commençait à faire courir sa main de haut en bas sur son érection, une image particulièrement indigne de lui à genoux devant Draco sous la table de conférence s'imposa dans son esprit.

C'était seulement dans sa tête, il le savait mais c'était tellement bon. Il faisait courir ses mains sur les cuisses de Draco, un sourire narquois aux lèvres alors que les jambes de Draco s'écartaient à mesure que ses mains s'approchaient de la fermeture éclair. Le métal ripa contre ses doigts mais cela valait bien le sifflement que ça arracha à Draco. Il essayait de torturait Draco maintenant, utilisant un seul doigt enduit de salive pour suivre les veines se trouvant sur le sexe de Draco. Il sentait tout le corps de Draco se tendre alors que sa respiration normale devenait plus rapide. Il finit par enrouler complètement sa main autour du sexe rigide et effleurait de sa langue le gland. Il goûtait le sexe de Draco pour la première fois depuis longtemps et c'était si bon. Draco essayait de cacher ce qui se passait, essayant de garder des traits neutres afin que personne ne soupçonne ce qu'il se passait. Et Nott faisait cela, faisait tout cela à Draco… tout ce qu'il pouvait.

Nott gémit à haute voix, imaginant toujours ce que ça serait de jouer avec Draco comme ça, de le voir essayer de maintenir un visage impassible tandis que les caméras le filmaient et Harry assit à ses côté, ignorant ce qui se passait. Ou peut-être que Potter savait. Peut-être qu'il regardait. Bien que Nott ne voulait pas donner de crédit à la possibilité qu'Harry Potter soit une solution viable sur un plan sexuel, l'idée qu'il regardait Nott continuer à sucer Draco était attrayante.

Son esprit était tellement concentré sur son fantasme qu'il avait effacé la présence inutile de tout le monde lors de la conférence. Il pouvait regarder les rediffusions plus tard, il pouvait écouter les trivialités qui étaient dites une autre fois mais cela ne pouvait pas attendre. Il fut courir plus rapidement ses doigts sur son érection, le fantasme l'emplissant d'un besoin de goûter, de sentir. Il était si proche. Si proche et puis…

Il n'y avait aucun son perceptible rattaché à du sang quittant subitement une érection, du moins pas qu'un être humain standard pouvait entendre. Mais s'il devait y en avoir un, ça sonnerait beaucoup comme Vernon Dursley apparaissant de nulle part et soufflant à travers l'écran alors que sa grosse voix annonçait : « - J'ai menti. Tout ce que j'ai dit dans cet article, j'ai menti. »

Si proche.


Vernon Dursley n'était pas un homme très occupé.

Il était rarement un homme très occupé mais si vous lui demandez, il insistait que sa journée était occupée avec un certain nombre de tâche importante qui pouvait qu'être confié à quelqu'un de son expérience. Pourtant, ce matin était une matinée particulièrement non-occupée. C'était souvent l'effet secondaire d'être viré.

Il s'était pourtant réveillé en pensant que sa journée se déroulerait comme d'habitude. Il s'était réveillé à sept heures et demie en s'attendant à une journée parfaitement standard, il s'était levé du lit pour aller se brosser les dents. À sept heures quarante-cinq, il avait enfilé les vêtements que Pétunia lui avait préparés la veille au soir. À huit heures, il était entré dans la cuisine pour prendre le petit-déjeuner que Pétunia lui avait préparé et il avait mangé pendant qu'elle passait un peigne dans ses cheveux. Et à huit heures et demie, après avoir à peine compris le rappel de Pétunia qu'ils allaient dîner chez les Jordan ce soir-là, il monta dans sa voiture et partit au travail. Il s'était installé en attendant les ordres avec toutes ses prétentions habituelles.

Mais il n'y eut pas d'ordres.

Peut-être que les dirigeants lui donnaient une récompense, décida-t-il après trente minutes d'attente. Il était, après tout, très important pour la société. Vital. Complètement et totalement complémentaire. Ses compétences de travail et sa finesse, comme il disait à tout le monde. En réalité, son travail pouvait être accompli par un perroquet sachant répéter des phrases afin de tenir une conversation pendant cinq minutes. Mais il ne le savait pas. Non, dans la mesure où Vernon Dursley était préoccupé, son horaire quotidien était de la plus haute importance. Sans lui, toute l'économie pouvait s'effondrer en raison d'un manque de perceuse. Ou même une surabondance ! Pensez à la catastrophe qui pourrait s'ensuivre s'il y avait des perceuses partout, errant dans les rues comme des hooligans. Pas que les perceuses pouvaient se déplacer bien sûr. C'était ridicule et Vernon Dursley n'était pas un homme ridicule, même s'il était tout ce qui trouvait entre le monde et des perceuses provoquant le chaos.

Mais même les gardiens courageux d'un statu quo avaient besoin d'une pause. Peut-être que ses patrons avaient pris en compte les heures qu'il avait investi dans des dîners bien arrosés. Certes, ils devaient être impressionnés. Peut-être que certains avaient dégénérés mais ce n'était pas de sa faute si l'un des gâteaux de Pétunia était tombé sur la table et éclaboussé tous les invités.

Ainsi, bien que c'était un peu orthodoxe (et Vernon était tout sauf orthodoxe), il était tout à fait disposé à croire que son manque d'obligation ce jour-là était en rapport avec ce qu'il considérait comme une éthique de travail exemplaire. Il décida de profiter de sa récompense au maximum, de s'installer pour déjeuner au bureau. Pétunia confectionnait toujours un repas exceptionnel et aujourd'hui n'était pas différent. Un magnifique sandwich était enveloppé devant lui. C'était une journée merveilleuse pour un tel beau spécimen de pain, viande et garniture. Il était sur le point de mordre dedans quand un coup fut frappé si fortement contre sa porte qu'il fut surpris à en lâcher son sandwich, laissant un triste étalage de pain et de viande éparpillés sur son bureau, quelques morceaux ayant glissé au sol pour aggraver la situation.

La porte s'ouvrit avant que Vernon eut la chance d'inviter la personne à entrer. C'était un des stagiaires, bien sûr. Cette jeune génération n'avait aucune idée de l'étiquette correcte. Le garçon regarda le désordre mais il n'eut pas l'air aussi désolé que Vernon l'ait souhaité. Au lieu de cela, il émit un bref : « - Monsieur Curtis veut vous voir. »

« - Maintenant ? »

« - Oui ? »

« - Eh bien, a-t-il dit de quoi il s'agissait ? »

« - Non mais il a dit qu'il voulait vous parler immédiatement. Cela semblait assez important. »

Bien sûr que c'était important, voulait-il dire au stagiaire. Il était Vernon Dursley. On ne le convoquait pas pour des choses sans importance. Non, il était appelé pour de grandes tâches. Il prit une serviette dans un tiroir et essuya la mayonnaise qui était tombée sur son pantalon. Il y avait toujours une légère tâche mais il était sûr que c'était à peine perceptible.

Il siffla joyeusement dans le couloir, son esprit débordant d'idée de ce par quoi il pouvait être récompensé. Une augmentation serait bien. Il pourrait s'en vanter aux Jordan ce soir, peut-être acheter une nouvelle voiture ce week-end. Ou peut-être qu'ils lui donneraient un nouveau bureau sophistiqué qui refléterait son statut dans la société. Ce n'était pas aussi bien qu'une augmentation mais ce serait un début. Il se demandait s'il pouvait obtenir un beau bureau, un de ceux en acajou qui semblaient toujours être couplé avec un propriétaire fringuant.

Mais l'air sur le visage de son patron ne laissait pas entrevoir de bureau en acajou. Non, quand Vernon entra dans son bureau, la première chose que son patron regarda fut l'endroit où la mayonnaise avait été.

« - Quelque chose ne va pas avec votre pantalon, Dursley ? » Demanda-t-il vivement.

« - Euh… non, monsieur. Juste un petit accident. L'un des stagiaires m'a surpris pendant que je mangeais le déjeuner. » Avec le regard sévère braqué sur lui, Vernon trouva difficile de garder un ton régulier. « - Euh… vous m'avez demandé ? »

« - Oui. Asseyez-vous. » Vernon s'assit à l'invitation, s'accrochant encore à l'espoir que c'était son patron qui lui parlerait bientôt avec respect et admiration. « - Eh bien. » Monsieur Curtis bougea sur son siège. « - Vous êtes viré. »

Bien, se motiva Vernon comme il l'avait fait dans son bureau, peut-être que c'était une blague. Peut-être qu'il allait finalement dire qu'il rigolait et qu'il avait réellement l'intention de l'envoyer en voyage à Majorque. C'était juste leur façon de le surprendre. Oui, il fallait que ce soit ça. Pourquoi voudraient-ils tout simplement le virer après tant d'année de travail exceptionnel ? Il allait marcher dans son sens cependant, décida-t-il. Jetant fortement ses affaires dans une boîte, il grommela jovialement sur toutes ses années où il avait travaillé chez Grunning's. Il prit son temps, veillant à ce que son patron s'épargne l'embarras de lui courir après pour lui faire savoir qu'il n'était pas viré après tout. Mais la seule personne qui vint fut un autre stagiaire qui lui demanda quand il comptait partir parce que quelqu'un d'autre avait l'espoir de prendre les mesures de la pièce pour une décoration.

Avant qu'il éteigne son ordinateur, un petit drapeau rouge apparut au bas de l'écran, alertant Dursley qu'il avait un nouveau mail. Il ne reconnut pas le nom de l'expéditeur et il était sur le point de le rejeter comme spam quand il lut l'objet du mail.

« Voulez-vous retrouver votre emploi ? »

Oui, oui, il le voulait. Assez pour ouvrir un mail d'une source inconnue. Il n'avait aucune envie de dire à ses amis qu'il avait été viré. Il ne voulait pas devoir se trouver un nouvel emploi. Il ne voulait pas avoir à défiler dans des bureaux pour des entretiens afin d'être embaucher.

Mais quand il lut le mail, il savait qu'il ne voulait pas le faire non plus. Il fit donc la seule chose logique qu'un homme pouvait faire dans sa situation. Il rentra chez lui pour parler à sa femme.

Mais les avocats de la Société Malfoy avaient été plus rapides. Calmement assis sur les coussins marine du canapé, se trouvait un homme et une femme portant tous les deux des costumes gris dont les superbes coutures semblaient plus complexes que ce qu'elles suggéraient. Il y avait des tasses de thé sur la table basse mais à en juger par le liquide encore sombre, aucun d'eux n'avait touché leurs tasses. Pétunia était assise devant eux, sa jambe droite bougeant nerveusement pendant qu'elle le regardait fixement.

Dès que Vernon entra, Pétunia se tourna vers lui et demanda : « - Est-ce vrai ? Ils disent que… tu as été viré ? » Elle parlait frénétiquement, la voix plus élevée que la normale. Et puis ses yeux perçant remarquèrent ses tentatives pour dissimuler la tâche de mayonnaise. « - Qu'est-il arrivé à ton pantalon ? »

Avant qu'il puisse répondre, la femme en costume gris se leva et tourna les yeux vers lui. Ses cheveux étaient attachés en queue de cheval qui accentuait ses traits anguleux et le regard qu'elle lança à Vernon ne démontrait aucune générosité. Le premier mot que Vernon avait pensé quand il l'avait vu avait été 'mignonne'. Le second mot fut 'terrifiant'.

« - Vernon Dursley. » Dit-elle, sa voix portant la même monotonie que ses vêtements. « - Vous avez reçu notre e-mail je présume ? »

Vernon essaya de se gonfler, bombant le torse avec une certaine fierté pour cacher son désespoir. « - Oui, je l'ai lu. Et je veux savoir exactement où est-ce que vous avez bien pu trouver cette information. Je pourrais vous faire arrêter pour ça ! » C'était probablement pas vrai mais Vernon avait souvent compté sur ce genre de tactique lors de ses combats avec les caissières des épiceries et des serveurs.

« - Nous ne pouvons guère divulguer nos sources. » Répondit calmement l'homme sur le canapé. « - Nous sommes simplement ici pour connaître votre décision. »

Pétunia avait l'air plus nerveuse que jamais. « - Alors tu as vraiment été viré. » Dit-elle, les yeux écarquillés d'inquiétude.

« - Ne t'inquiète pas Pétunia, je vais m'occuper de ça. »

« - Mais pourquoi t'ont-ils viré ? »

« - Ils ont dit quelque chose à propos de mon travail n'étant pas assez bon. » Marmonna-t-il en secouant la tête avec incrédulité.

« - Malheureusement, Monsieur Dursley, nous n'avons pas le temps pour parler de tous les évènements de la matinée. Nous avons besoin de savoir votre décision rapidement. »

« - Vous ne pouvez pas me faire dire ce genre de choses ! » Dit-il catégoriquement, se souvenant du mail qui l'avait ramené à la maison en premier lieu. « - Vous n'avez pas ce genre de pouvoir. »

« - Vous seriez surpris par le genre de pouvoir que nous avons. »

Pétunia se tourna vers lui. « - Vernon, qu'est-ce qui se passe ? » Demanda-t-elle nerveusement.

« - Comment puis-je même savoir que vous tiendrez votre promesse ? »

Les narines de la femme s'évasèrent. « - Nous ne faisons pas de promesses. » Dit-elle. « - Nous faisons des affaires. Et si vous acceptez vos conditions, nous allons tenir les nôtres. »

« - Vous allez me faire retrouver mon ancien emploi ? »

« - Oui. »

« - Et si je ne le fais pas ? »

« - Je pense que c'est assez simple, Monsieur Dursley. Si vous ne vous rendez pas à la conférence de presse dans les trente minutes et annoncer que tout ce que vous avez dit dans cette interview est un mensonge, vous ne retrouverez pas votre boulot. » Il y eut un petit halètement de Pétunia quand l'avocat fit une pause. « - Et trente minutes est un délai de rigueur. Si vous ne parlez pas à la conférence de presse, nous ne pourrons pas vous aider à retrouver votre emploi. »

« - Mais je ne peux pas le faire dans un journal ? Pourquoi dois-je le faire là où les gens pourront me voir ? »

« - Ce sont tout simplement les termes de l'accord. Si vous ne les aimez pas, je suis sûr que vous pourrez rapidement trouver un autre emploi. » Puis se tournant vers l'autre avocat, ils partagèrent un sourire. « - Ou peut-être pas. »

« - Pétunia. » Commença-t-il timidement. « - Que dois-je faire ? »

« - Nous ne pouvons pas dire aux gens que nous avons menti. » Murmura-t-elle avec urgence. « - Que diront-ils ? »

« - Je suis sûr que tout le monde saura que votre mari a été viré lorsque vous devrez vendre votre voiture et organiser une brocante pour négocier toute votre porcelaine. » Répliqua la femme. Pétunia se raidit à la mention de sa porcelaine de Chine. « - Mais. » Ajouta l'avocat avec un sourire. « - Je suppose que c'est important seulement si vous vous inquiétez de ce que les autres diront. »


Ce n'était pas la tactique la plus nouvelle du monde, mais c'était quelque chose. Au moins, ça avait laissé Nott avec les restes desséchés de ce qui avait été une érection prometteuse. Même s'il faisait une overdose de Viagra, il doutait que son érection tiendrait à la vue de Vernon Dursley grognant nerveusement devant toute l'assemblée vêtu de tissu bon marché que certaines personnes appelaient un costume.

C'était évidemment un acte de Draco. C'était évident en voyant ce soupçon de sourire arrogant, si faible que la plupart des gens pensaient que c'était un spasme musculaire involontaire. Draco… même s'il feignait le choc et l'inquiétude… semblait tellement sûr de ce qui allait se passer. Nott s'assit violemment contre sa chaise, cognant sa tête contre l'appui-tête moelleux. « - Merde. Merde. Merde. » Dit-il à voix haute, ponctuant chaque déclaration avec un autre coup. Son téléphone sonna et quand il décrocha, sa secrétaire annonça : « - Rita Skeeter est en ligne. »

Son poing se serra et il résista à l'envie de jeter son téléphone par la fenêtre. « - Dites-lui que je suis sorti. »

« - Elle dit que c'est une urgence. »

« - Alors elle devrait appeler une ambulance. »

« - Dois-je lui dire ? » Ce ne serait pas la première fois que Nott envoyait une réponse sarcastique par le biais de sa secrétaire.

« - Non, non. Faites quelque chose. Dites-lui que j'ai une tante à l'hôpital ou quelque chose. Ça doit juste être assez tragique pour qu'elle n'appelle plus pour le moment. »

Bien sûr que Rita Skeeter voulait lui parler. Elle voulait toujours parler à quelqu'un, surtout pour qu'elle puisse faire son chemin dans leurs secrets. Elle était un pion qui se prenait pour une reine parce qu'elle avait le potentiel de faire des ravages. Reine ou Tour, Nott s'en fichait. Les deux pièces étaient seulement bonnes grâce à la dextérité du joueur à les manier.

Pourtant, il était préférable de minimiser les interactions avec elle pour le moment. Il n'avait pas besoin d'elle et n'avait pas envie de courir le risque qu'elle puisse dévoiler des informations sur lui ou ses pratiques commerciales. Elle devait probablement juste être un peu bouleversée en ce moment. La partie principale de l'article le plus lu qu'elle ait jamais écrit était maintenant sans valeur. Mais il y avait les autres parties de l'article. Personne ne pouvait nier l'emprisonnement de Sirius Black. Personne ne pouvait nier la tendance de Ginny Weasley pour le scandale. Et pour ce qu'avait dit Vernon Dursley, Nott se doutait de la stupidité prévisible de la foule. Il y aurait des gens qui ignoreraient ce qui venait de se passer. Ils inventeraient des théories au sujet d'une histoire où Harry Potter était en fait un trafiquant de drogue qui avait appris le métier quand il avait onze ans et menait maintenant une vie de débauche à peine déguisée. N'importe quoi, vraiment, ce serait plus intéressant que la vérité et c'était assez de dégât pour l'instant.

Même maintenant, alors que Nott faisait défiler les commentaires apparaissant à l'écran, il y avait des insultes qui fusaient alors que les internautes parlaient que la Société Malfoy avait menacé la famille Dursley d'une mort imminente si Vernon ne revenait pas sur l'interview. Plusieurs personnes juraient que Lucius Malfoy avait une armée d'assassins cachée dans sa maison en cas de besoin. Une virulente opposition déclara que Lucius Malfoy n'avait pas besoin d'assassins alors qu'il avait manifestement mis au point un satellite tournant autour de la Terre et pouvant envoyer des rayons mortels sur les cibles de son choix. Ah, si seulement cette technologie existait. Cela rendrait la vie de Nott tellement plus facile.

Il tambourina des doigts sur la table, réfléchissant à son prochain mouvement mais une alerte sur son ordinateur lui rappela qu'il avait une conférence téléphonique dans quinze minutes. Soupirant, il remonta la fermeture éclair de son pantalon et ferma la fenêtre de son navigateur, ne laissant qu'un écran noir. Son plan devra attendre.

Une myriade de tâches stupides et frustrantes l'occupa pendant un certain temps, le maintien d'un empire ne pouvait pas toujours se faire avec amusement. Il revint au bureau quelques heures plus tard, bâillant alors qu'il ouvrait la porte. Sa secrétaire le regarda comme si elle était sur le point de dire quelque chose mais elle se contenta de sourire, ajusta ses lunettes et recommença à taper. Il était encore en train de bâiller quand il entra dans son bureau qu'il ne vit pas l'autre silhouette avant plusieurs secondes.

Draco était assis sur le canapé, les jambes croisées alors qu'il lisait attentivement un magazine financier avec le visage de Nott sur la couverture. Il ne leva pas les yeux quand Nott entra, il tourna seulement la page et sourit à la double-page montrant Nott interagir avec certains travailleurs. « - J'aime cette interview. » Dit-il. « - La partie où tu dis que ta tâche préférée est de parler à tes employés et voir leurs sourires sur leurs visages fiers était particulièrement mignonne. »

Nott resta là où il était, évaluant l'endroit à la recherche de toutes menaces potentielles. « - Nous étions sur le point de nous débarrasser de neuf cents ouvriers. J'ai pensé que ce serait une bonne chose de prétendre que je serais triste. »

« - Quand tu dis des choses comme 'débarrasser', ça sonne presque comme si tu les avais tués. »

« - Si seulement. Au moins, je n'aurais pas à me soucier des indemnités de licenciement. » Enfin rassuré qu'il n'y avait pas d'hommes armés cachés dans les coins, Nott s'avança à travers la pièce en direction de la petite table contenant une petite sélection de scotch. Il se servit un verre et but une gorgée, savourant la brûlure alors que le liquide coulait dans sa gorge. Puis, se rappelant de ses manières, il se tourna vers Draco et leva un verre. « - Tu en veux un ? »

Draco le regarda, les yeux froids malgré le sourire aux lèvres. « - Non merci. Mais je pense que c'est adorable comment tu t'es façonné en grand méchant. Tout ce dont tu as besoin c'est du chat au poil blanc à caresser et ton infamie sera incontestée. »

« - Et je pense que c'est adorable comment tu t'es attaché à un petit chien de salon. » Répliqua Nott en marchant vers Draco et s'installant sur le fauteuil en face de lui. « - Potter voulait mener une petite vie tranquille qu'il a détaché ta laisse aujourd'hui ? »

« - C'est mignon venant de quelqu'un de tellement bafoué qu'il s'est tourné vers les journalistes pour effectuer sa vendetta romantique. »

« - Bafoué ? » Dit Nott, sa voix montant dans l'aigu comme s'il était outragé. « - Sûrement que tu ne dois pas parler de moi. Je ne sais même pas de quel journaliste tu parles. »

Draco se détendit, les bras reposant impérieusement sur l'appui du canapé. « - Non, non, bien sûr que non. La jalousie est trop banale pour un homme comme toi. Tu dois savoir que tes crises de colère menace de saper les segments du monde des affaires. »

« - Je ne fais pas les choses à moitié. » Taquina Nott. Il remua le scotch dans son verre, regardant le liquide ambré au fond. « - Mais tu n'es pas venu ici pour obtenir confirmation de ce que tu sais déjà. »

« - Bien sûr que non. »

Il regarda par-dessus son verre avant de prendre une autre gorgée. « - J'espère que tu ne penses pas que ton petit tour de ce matin sera suffisant. »

« - Je ne fais pas les choses à moitié non plus. » La voix de Draco était douce, le ton caressant, même Nott ressentit le danger d'un nœud coulant.

Nott pouvait jouer à ça. Il garda un visage neutre et une voix calme. « - Qu'as-tu fait pour que Dursley craque ? Lui promettre un détachant pour enlever tout ce qu'il avait sur le pantalon ? »

« - Nous avons des amis à Grunnings. Ils étaient plus que désireux d'intervenir en notre nom. »

« - C'est malin. » Dit Nott catégoriquement.

Draco tendit la main et prit le verre des mains de Nott, prenant une longue gorgée avant de lui rendre. Quand il leva la tête, Nott fut surpris de voir que Draco fronçait les sourcils. « - Ce n'était pas vraiment intelligent et tu le sais. C'était une solution rapide et j'étais trop pressé pour la peaufiner. J'étais un peu inquiet qu'il ne vienne pas. »

Il y avait une faible marque sur le verre ou les lèvres de Draco avaient été. Nott la regarda alors qu'il demandait : « - Mais pourquoi veux-tu encore t'en soucier ? Pourquoi faire tout cela pour Potter de tous les gens ? »

« - Je ne suis pas ici pour Harry. » Dit doucement Draco, se penchant pour essuyer la marque sur le verre de telle sorte que tout ce qui restait était presque invisible. « - Je suis ici parce que je veux te voir souffrir. »

« - Et tu penses que me surprendre dans mon bureau va me faire souffrir ? »

« - Non mais il semble juste que je te prévienne. Tu m'as prévenu après tout. » Il déplaça son poids afin de pencher principalement vers la droite. Un sourire narquois apparut sur son visage. « - Puis-je te poser une question… privée ? »

« - Ce sont toujours mes questions préférées. » Répondit sarcastiquement Nott.

Draco se mordit les lèvres en signe de timidité. Ça aurait été plus attachant si c'était vrai mais Nott apprécia le geste quand Draco demanda : « - T'es-tu branlé pendant la conférence ? »

« - Branler ? » Nott contrôla son souffle pour conserver un masque d'innocence. « - C'est un peu grossier, non ? »

Draco se mit à rire, reconnaissant clairement l'échec de Nott de répondre à la question. « - Oh, je suis désolé. » Dit-il en plaisantant. « - Je ne voulais pas te demander une chose aussi brutale. Laisse-moi reformuler : as-tu fait l'amour avec ta main droite pendant la conférence ? »

Eh bien, c'était inutile de nier. Nott était un menteur exceptionnel mais il y avait différents mensonges et celui-ci serait moins amusant à entretenir. « - Tu me connais si bien. »

Draco décroisa les jambes dans un mouvement lent qui rendit Nott mal à l'aise. « - Bien sûr. » Dit-il d'une voix basse et cruelle. « - J'ai fait un pari avec Harry à ce sujet. Il dit que personne ne serait aussi pathétique mais je lui ai assuré que tu l'étais. »

« - Des mots durs. » Fut tout ce que Nott pensa à dire.

« - Oui eh bien, j'ai gagné une fellation de sa part. Alors je suppose que je dois te remercier d'être si prévisible dans des moments dérisoires. »

« - Je ne pense pas que vous soyez tous les deux dans une position pour me traiter de pathétique. » Répondit-il ostensiblement.

« - Franchement, je n'aime pas que tu parles de nous. » Répliqua Draco. « - Je t'ai demandé de laisser Harry là où il est et tu n'as pas écouté. »

« - Certes, tu ne pensais pas que je prendrais cela comme autre chose qu'un appât. »

« - Écoute-moi, Nott. » Il y eut un bruissement léger alors que Draco se penchait en avant, posant les coudes sur ses cuisses. « - Tu vas le regretter. »

« - Que vas-tu me faire ? » Railla Nott. « - Me faire chanter ? Tu ne connais plus mes secrets. » Une merveilleuse pensée vint à l'esprit de Nott et même s'il savait que ça n'expliquait pas la présence de Draco, c'était amusant de le taquiner quand même. « - Tu vas essayer de me séduire pour me soutirer mes secrets ? Est-ce que c'est la raison de cette petite visite ? »

« - Si je voulais te séduire, tu serais déjà allongé par terre, déversant tes secrets et en redemandant. »

Nott haussa les épaules puis sourit. Il devait reconnaître le crédit de tout cela. « - Alors pourquoi ne l'as-tu pas encore fait ? »

« - Parce que je trouve l'idée de te toucher un peu répugnante. »

« - Ooh, 'pathétique', 'répugnant'… tu aimes jeter des insultes à trois syllabes aujourd'hui. Ne me dis pas que tu t'accroches toujours à l'illusion qu'il y a avec Potter une sorte d'attachement affectif. »

« - Elle est beaucoup moins effrayante que l'illusion à laquelle tu sembles t'accrocher. »

« - Et quelle illusion est-ce ? »

« - Que j'ai besoin de toi. »

« - C'est le cas. » Lui rappela gentiment Nott. « - Dans la maison de tes parents. Tu te souviens ? Tu te souviens comment c'était bon de voir le visage d'Harry ce soir-là quand il nous a surpris ? » La colère qui tordit le visage de Draco fut presque comique. « - Oh, ne sois pas si sensible. Si tu avais ton bon sens, tu rigolerais aussi. » Gronda-t-il. « - Tu ne vas pas me menacer à nouveau, n'est-ce pas ? »

« - Pourquoi aurais-je besoin de te menacer quand je sais déjà que je vais te détruire ? »

« - Tu ferais ça pour lui ? » Mais Draco ne dit rien, fixant résolument Nott. « - Dis-moi, qu'est-ce qu'il y a chez lui qui te rend si galant, si prêt à le servir et le protéger ? »

Silence.

« - Est-ce son sexe ? Il doit être massif. »

Silence.

« - Ou attends, n'est-ce… »

Mais Draco l'interrompit. « - Tu sais ce que j'aime à propos d'Harry ? »

« - S'il te plait, explique-moi. »

« - Il n'est pas toi. Il n'est pas un homme lâche qui agit dans la discrétion parce qu'il a trop peur d'affronter le monde réel. »

« - C'est tout à fait charmant. » Déclara Nott avec dédain.

« - Ne pense pas me prendre au dépourvu en jouant les décontracté. Je me fiche tellement de toi pour me soucier si mes paroles ont un impact sur toi. »

« - Mais Harry… tu te soucie de lui ? »

« - Je n'ai pas besoin de t'expliquer mes sentiments pour Harry. »

« - Tu l'aimes, n'est-ce pas ? » Ca sortit plus comme un grondement qu'une question. « - C'est pour cela que tu fais tout ça. »

« - Tu as attaqué un Malfoy. » Répondit Draco, c'était un peu trop léger pour être vrai. « - Nous défendons les nôtres. »

« - Foutaise. Ton père serait là si c'était le facteur important qui se jouait. »

« - Mes raisons sont hors de propos. »

C'était tellement évident, tellement clair dans la légère teinte rose sur les joues de Draco. « - Oh merde. » Nott se mit à rire. « - Tu es vraiment amoureux de lui. Et tu crois que tu vas me battre, quoi, parce que l'amour triomphe toujours ? »

« - Oh, Nott, non, non. Ne sois pas si bête. L'amour n'a rien à voir avec la façon dont je vais te battre. » Le rose disparut, remplacé par un ancien aspect de sa cruauté qui avait tant manqué à Nott. Mais ce sourire, qui était toujours prémisse que quelque chose de mal allait arriver, c'était étrange d'en être l'objet, effrayant même. « - Je vais te battre parce que je suis meilleur que toi. Et je vais te détruire parce que ça va être amusant. »

« - Est-ce que tu es venu pour me dire ça ? » Demanda Nott, refusant de montrer la moindre réaction. « - Où es-tu venu pour autre chose ? »

Mais Draco se leva et s'étira comme un chat qui, une fois perturbé, n'avait aucun désir d'approcher à nouveau. « - C'était bon de te voir, Nott. » Dit-il en saisissant sa veste et la pliant sur son bras. « - J'espère ne jamais avoir à le refaire. » Puis sans se retourner, il partit.

Nott le regarda partir, analysant chacun de ses pas comme si ça pouvait lui donner des indices pour expliquer pourquoi Draco était venu. Dès que la porte se ferma, il se leva et commença à regarder partout dans la pièce sans savoir ce qu'il cherchait. Il devait y avoir quelque chose, une chose qui expliquerait pourquoi Draco était là. Mais alors que le silence durait, interrompu seulement par le bruit de ses fouilles frénétique, la pièce était vide. Il n'y avait que lui. Seulement lui et sa frustration et sa colère alors qu'il se souvenait que Draco Malfoy était là… Draco Malfoy s'était assis sur son canapé et s'était moqué de lui tout en refusant de voir ce que Nott faisait pour lui.

Il se leva de son bureau, faisant les cent pas dans la pièce alors qu'il réfléchissait à son prochain coup. Il ne fallait pas s'attarder sur cette rencontre. Il avait besoin de se concentrer, c'était nécessaire pour trouver un nouveau plan et le mettre en œuvre rapidement. Et il ne pouvait pas le faire s'il perdait son bon sens à cause d'une douleur inutile.

Il était, après tout, un homme très occupé.

À suivre…