Comme je l'ai dit dans Cordialement, cette fic est en pause. Cependant, même si je ne posterai plus de chapitres de manière régulière, ils seront tout de même traduits, et je posterai de temps en temps, le plus souvent possible :)
Les choses ne se passaient pas comme prévu. Il était rare que Shiro aie besoin d'une stratégie stricte, mais cette fois-ci, l'opération avait été plus délicate. Il avait été découvert que tout une ville était installée au-dessus d'une fosse à démons. Au sous-sol, des centaines de démons étaient endormis, et ils n'auraient jamais été repérés si d'étranges "tremblements de terre" ne s'étaient pas produits. L'Ordre avait examiné le terrain, et la fosse avait été immédiatement découverte. Méphisto avait directement envoyé Shiro sur le terrain, sans l'ombre d'une hésitation.
Ce n'était pas que Shiro n'aimait pas cela. Au contraire, il avait l'habitude de ce genre de mission, et le défi était bienvenu ; mais c'était une opération délicate, et Shiro n'avait pas beaucoup d'expérience dans ce domaine. L'Ordre ne voulait pas provoquer de panique générale, de sorte que les habitants de la ville n'avaient pas été prévenus et évacués. À la place, Shiro et un petit groupe d'exorcistes devaient faire en sorte que les créatures n'aient plus jamais l'occasion de se réveiller en les exterminant directement dans leur tanière.
C'était censé être assez banal. Ils n'auraient même pas eu à aller dedans. Un brouillard créé à partir d'eau bénite et quelques psaumes récités dans un haut parleur et les démons n'auraient plus aucune bouffée d'air frais disponible.
Ils ne s'étaient pas attendus à ce que, alors qu'ils cassaient la couche externe de la fosse, les démons soient déjà réveillés. Ils déferlèrent dans une mer de pourritures et d'immondices en décomposition et rien de ce qu'ils firent n'empêcha le poison de remonter à la surface. Ils réussirent à les bloquer au dernier moment, les Arias mettant en place des barrières en récitant le plus vite possible, mais les démons étaient déjà partis et la tanière était désormais vide. Toute la population avait été contaminée par les miasmes en moins de treize minutes.
Un personne après l'autre tomba grièvement malade à cause du poison répandu dans l'air et ils durent battre en retraite pour tenter de les soigner. Mais Shiro savait que le temps que les Soigneurs n'arrivent sur place, certains auraient déjà succombé. Il plaça son masque à gaz par-dessus son nez et sa bouche, ignorant les citoyens déjà malades qui le fusillaient du regard en passant, toussant trop fort pour qu'il puisse entendre les insultes qu'ils lui lançaient. Il était écœuré de porter ce masque sur son visage alors que ces gens étaient à l'article de la mort, mais le leur donner ne leur serait d'aucune aide, à ce stade. Il devait tout faire pour protéger sa propre santé.
Il se dirigea vers la zone assainie, couverte de bâches et aux lumières trop vives. Les citoyens y entraient petit à petit tandis que les Soigneurs tentaient de trouver un remède au poison. Mais Shiro ne s'arrêta pas pour consulter les patients. Il continua à avancer jusqu'à arriver au bout du tunnel en plastique. Il sortit un trousseau de clés et en glissa une dans la serrure avant de tourner la poignée et d'arriver dans un bureau.
"Méphisto." Shiro retira la clé de la serrure et ferma la porte derrière lui. Il regarda le directeur nonchalamment assis à son bureau, comme si c'était un jour ordinaire. Shiro, lui, avait l'air d'avoir vieilli de cinq ans en quelques minutes. "Tu sais ce qui se passe, non ?" Il ne voulait pas tourner autour du pot.
"Hmm, à propos de cette affaire terrible à Hokkaido ?" Le regard de Méphisto était concentré sur son écran d'ordinateur. Il n'avait pas cillé à la soudaine apparition de Shiro, mais un petit sourire s'installa sur son visage lorsque ses yeux se posèrent sur l'exorciste. "Oui, j'en ai entendu parler," confirma-t-il d'un ton léger.
Shiro traversa la pièce en quelques enjambées. Le masque à gaz pendait à son cou alors qu'il posait ses mains sur la surface en bois poli du bureau. "Je vais être direct avec toi, Méphisto. Je ne pense pas que ces gens survivront si nous faisons comme le veut l'Ordre. Les Soigneurs n'arriveront pas à temps." Il se frotta le front. "J'ai besoin de ton aide. Je ne peux pas le faire avec les ressources dont je dispose et quand les Soigneurs arriveront enfin, ils ne pourront plus pratiquer que des autopsies."
Méphisto laissa réchapper un ronronnement pensif en écoutant Shiro expliquer la situation. Il joignit ses doigts devant lui alors qu'il se penchait sur son bureau, diminuant la distance entre eux. "Il est rare que tu viennes demander mon aide. Je suis honoré," dit-il, l'air absolument ravi. "Mais que veux-tu donc que je fasse, Shiro ?" demanda-t-il d'un ton aussi léger que précédemment, bien qu'un peu plus curieux.
"Arrête le temps dans la ville." La réponse avait été immédiate. "Ou mets les habitants en état de stase. N'importe quoi, le temps que les Soigneurs arrivent. Nous avons besoin de temps que nous n'avons pas et je sais que tu es capable de beaucoup, Méphisto." Shiro le regarda, les yeux presque suppliants.
Le seul changement dans l'expression de Méphisto fut un sourcil levé.
"Tu veux que j'arrête le temps ? Pour un problème aussi mineur ?"
L'expression de Shiro se transforma en irritation choquée. "Problème mineur ? Ce n'est pas un problème mineur. C'est une ville entière dont nous parlons. Il y a des centaines de personnes qui ont besoin d'être soignées !" Il fit un mouvement du bras en direction de la porte par laquelle il était venue, mais l'expression de Méphisto ne changea pas.
"Des centaines de personnes ont besoin d'être soignées pour toutes sortes de maladie partout dans le monde. Et pourtant, le Vatican ne fait que rarement appel à mes services pour ce genre de question. En effet, la mort est une fatalité. Il est trop tard pour sauver cette ville," lui dit Méphisto d'un ton trop factice, absolument dénué de toute gentillesse.
Fini le choc. Il fut remplacé par une irritation croissante, se changeant bientôt en colère. Shiro cogna son poing contre le bureau. "Ces personnes peuvent être sauvées, Méphisto ! Nous avons juste besoin de temps ! Au moins une heure de plus ! Je ne demande pas grand chose, bon sang ! Tout ce que tu as à faire, c'est claquer tes putains de doigts et compter jusqu'à trois et tu pourras sauver toute une ville remplie d'êtres humains ! Il y a des enfants là-bas !" Sa voix s'élevait de plus en plus au fur et à mesure que son énervement augmentait.
"C'est un terrible malheur," déclara Méphisto sans même ciller. "Qui aurait pu être évité si tu t'étais préparé avec plus de soin. Néanmoins, cette question ne dépend pas de moi. En tant que directeur de l'Académie de la Croix Vraie, mes responsabilités se trouvent ici."
Shiro regarda Méphisto, bouillonnant de rage. Il serra les dents et enfonça ses ongles dans ses paumes.
"Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?" grogna-t-il. "Tu n'as de toute évidence aucun problème pour utiliser tes pouvoirs bon gré mal gré. Tu m'offres quelques heures de sommeil supplémentaires quand j'en ai besoin, j'ai des clés que personne d'autre n'a alors qu'elles ne sont certainement pas faites pour un usage professionnel." Il eut un rire sans joie en sortant le trousseau de clés de son manteau avant de l'abattre devant Méphisto, comme pour une prise à témoin. "Mais maintenant que je te demande de sauver la vie des gens, des gens qui ont vraiment besoin de ton aide, tout ce que tu peux dire est que c'est un terrible malheur ?! C'est quoi, ton problème ?!"
Les cris de Shiro n'atteignirent pas Méphisto. Il resta aussi calme et imperturbable que jamais. Son regard émeraude continuait de le fixer, jusqu'à ce que le démon n'ait enfin un sourire sympathique à l'adresse de l'exorciste.
"Oh, Shiro," murmura-t-il. "Tu sembles un peu confus au sujet de la relation particulière que toi et moi avons formé au fil des ans. Il est vrai que je t'accorde de nombreux privilèges, mais ces privilèges ont toujours un prix. Je mets une bonne quantité de responsabilités sur tes épaules, il est donc naturel pour moi de te donner un coup de main de temps en temps. Notre relation est exclusivement basée sur un échange permanent. Il serai sage pour toi de te le rappeler."
"Un prix ?" répéta Shiro, incrédule. "Et quel est exactement le prix que je te paie, parce que je ne me souviens pas de t'avoir donné de l'argent !" Il se redressa soudain avec un sourire un peu maniaque. "Oh, attends, c'est le sexe n'est-ce pas ? Un échange, donc ? Tu veux qu'on couche ensemble, Méphisto ?" Le venin coulait de chacun de ses mots. "Veux-tu me prendre afin que je puisse disposer d'une heure de ton temps pour sauver une ville entière ? Parce que tout a un putain de prix avec toi, n'est-ce pas ?!"
Shiro se retourna et sans l'ombre d'une hésitation, leva la jambe et donna un coup de pied dans le vase posa sur la table basse, qui se brisa au sol.
"Oh, regarde !" siffla Shiro d'un ton furieux. "Je parie que ça va me coûter une pipe !"
Méphisto ne jeta pas un regard aux débris du vase, l'air vaguement amusé. Son regard croisa de nouveau celui de Shiro.
"La raison pour laquelle tu as les clés qui mènent chez moi, dans ma chambre, n'est certainement pas parce que tu fais cours au double des classes que tu devrais normalement faire, et que tu participes à plus de missions qu'il ne te l'est exigé," lui dit-il d'un ton neutre. "Mais toute autre faveur que je t'ai accordé l'a été parce que tu fais du bon travail. Réparer tes dégâts, par ailleurs, a un coût plus élevé."
"Oh, je t'en prie. Ne te conduis pas comme un professionnel, Méphisto, Ça ne te va pas." Shiro grogna et s'éloigna du bureau, reprenant le trousseau de clés et enfilant de nouveau son manteau. "Alors, quel genre de prix ? Tu veux quelques mois de mon salaire ?"
Méphisto inclina la tête. La lumière provenant de la fenêtre de derrière jetait une ombre sur lui, lui donnant un air encore plus diabolique. "Ce sera suffisant pour rembourser le prix du vase," lui dit-il avec un sourire narquois. "Toutefois, si tu souhaites sauver cette ville grâce à mes pouvoirs, j'exigerai quelque chose d'une importance équivalente. Ton argent de suffira pas à payer le prix, et j'ai déjà tes services. Alors, que pourras-tu bien m'offrir ?"
Shiro gronda. "Je ne suis pas d'humeur à jouer aux devinettes, Méphisto. Le temps presse. Dis-moi juste ce que tu veux."
Méphisto paraissait à la fois amusé et déçu par le ton de l'autre, mais il concéda à la demande de Shiro. "Oh, très bien. En échange du temps que tu m'as demandé, le prix que je te demande n'est rien de plus qu'une chose : ton âme."
Il y eut un long silence.
"Tu te fous de moi ?" Shiro fronça les sourcils, un léger sourire étirant ses lèvres. "Très drôle. Vraiment très drôle. Tu pourrais arrêter de déconner, maintenant ?"
"Je t'assure que je suis parfaitement sérieux." Méphisto avait un air grave. "Tu as la possibilité de sauver des centaines de vies. Tout ce que je te demande en échange et de me donner la tienne. Ce n'est pas vraiment une mauvaise affaire, tu ne crois pas ?"
Shiro le regarda et, pendant quelques instants, considéra l'offre.
Il n'avait jamais pensé que, en tant qu'exorciste, il vivrait plus de quarante ans. Il était sûr de finir par se faire tuer par un démon lors d'une mission, alors pourquoi pas ne pas mettre sa vie à profit ? Être un martyr.
Shiro grimaça. Il détestait ce mot.
"Qu'est-ce que tu veux dire exactement, Méphisto ?" Il fronça les sourcils. "Si je dis oui à ta proposition, qu'est-ce que ça me fera, que tu possèdes mon âme ?"
"Oh, pas grand chose," assura Méphisto. "Pas tant que tu seras en vie. Mais ensuite... Eh bien, ce n'est pas à moi de révéler ce qui arrive généralement aux âmes après leur départ d'Assiah, mais les âmes sous contrat sont simplement envoyées dans la Géhenne. Considère cela comme une extension de notre contrat actuel. Un contrat permanent." Il sourit doucement.
Ce sourire le mit totalement hors tension. Shiro observa Méphisto un moment. De toute évidence, tout n'était qu'un jeu pour le démon assis en face de lui. Méphisto était convaincu que Shiro n'était rien de plus qu'un pion sur son échiquier et c'est à ce moment là que sa fierté se réveilla.
"Va te faire foutre." Shiro se retourna et se dirigea vers la porte, plaçant le masque à gaz sur son visage. "Je perds mon temps ici. Il y a des gens que je pourrais sauver en ce moment même, mais à la place je reste planté ici pour quelque chose qui ne pourra jamais être changé. Alors va te faire foutre."
Méphisto regarda Shiro insérer une clé dans la serrure de la porte. "Dommage," murmura-t-il. Le sourire sournois resta sur son visage alors qu'il regardait les muscles tendus du dos de Shiro. Il ne dit rien pour continuer la conversation ou pour le convaincre de rester.
À la place, alors que Shiro faisait un pas dans le portail qui conduisait à Hokkaido, le démon murmura quelques mots et claqua des doigts. Le son fut masqué par le bruit du claquement de la porte.
Shiro n'était même pas sorti de la camionnette que, déjà, des gens se précipitaient sur lui. Les patients devenaient de plus en plus malades et ils ne pouvaient rien faire jusqu'à ce que les médecins n'arrivent, à part essayer de repousser le plus possible les effets du poison.
Il fallut trois précieuses minutes à Shiro avant qu'il ne remarque un bruit étrange. Chaque pas qu'il faisait provoquait un bruit de froissement, comme du papier. L'exorciste fronça les sourcils et tapota ses poches avant de glisser la main dans celle de droite. Il en sortit une enveloppe rose impeccablement pliée.
Shiro connaissait très bien ce genre de choses. Il l'ouvrit rapidement et se trouva confronté à l'écriture familière et excentrique de Méphisto.
Je ne suis pas en mesure de t'accorder plus de temps, mais je peux te fournir le remède nécessaire. Travaille rapidement à présent, Shiro. Tu pourras me remercier pour ça plus tard.
La signature habituelle de Méphisto n'était pas présente sur la lettre, mais il y avait un message supplémentaire à l'arrière, ainsi que la liste des ingrédients.
PS : La prochaine fois, peut être que tu devrais considérer toutes tes options avant d'abandonner si facilement. Je suis toujours prêt à te donner un coup de main, Shiro, même si j'ai des règles à respecter.
Les yeux de Shiro étaient écarquillés, et il dût relire plusieurs fois le message avant de pouvoir s'en remettre.
"Fujimoto-san ?"
Shiro revint à la réalité en entendant la voix et ne leva même pas les yeux du papier avant de commencer à lancer des ordres.
"Il me faut des radis, des oignons, des racines de valériane, du calamus, des cristaux de sel, du piment japonais, de la vaseline, de la cire d'abeille ou lard, et une très grande quantité d'eau chaude !"
Les personnes dans la salle restèrent silencieux, le regardant d'un air choqué. Shiro leva les yeux de la liste et claqua la langue. "Êtes-vous tous sourds ?! Allez ! Bougez-vous ! Nous n'avons pas beaucoup de temps !"
Les ingrédients furent ridiculement faciles à trouver. Le seul problème était les piments, mais ils ne prirent que quelques minutes à en trouver dans les magasins. Une énorme quantité d'eau fut bouillie et l'on fit une soupe en mélangeant tous les ingrédients. La moitié du breuvage fut versée dans plusieurs récipients, bols, tasses, tout ce qu'ils pouvaient trouver, et remise aux citoyens. Le reste de la mixture fut mélangé avec la vaseline et le lard pour obtenir une pâte épaisse. Elle était, comme Méphisto le disait dans son message, destinée à être appliquée directement sur les ulcères apparus sur la peau. Les gens furent soignés et reçurent des masques à gaz avant d'être envoyés en sécurité sous les bâches désinfectées.
Il n'y eut pas une seule victime.
Les renforts arrivèrent et les miasmes furent éliminés. Shiro s'appuya contre un mur, des heures plus tard, son masque à gaz autour du cou, tandis que les citoyens respiraient librement l'air pur de leur ville. L'exorciste avait déjà reçu assez de mercis et commençait à être un peu submergé par toute cette gratitude.
Il la trouvait aussi largement imméritée. Shiro sortit son téléphone, appuya sur les touches et porta l'appareil à son oreille.
"Eh bien, Shiro," la voix de Méphisto était plus légère et enjouée que jamais, "une visite et un appel téléphonique ? Ce doit être mon jour de chance !" dit-il d'un ton jovial.
"Tu aurais pu me donner cette fichue liste en premier, salaud." Bien qu'il grognait, il n'y avait que peu, voir pas de colère dans la voix de Shiro.
Il n'y eut aucun pause suivant l'accusation. Méphisto répondit doucement. "J'aurais pu," admit-il. Shiro ferma les yeux, se souvenant du sourire narquois qui lui avait été adressé plus tôt dans la journée. Il pouvait l'entendre à travers la voix de Méphisto. "Mais tu ne l'as pas demandé," poursuivit le directeur, un petit reproche dans la voix. "Tu avais de nombreuses options disponibles, et celle que tu as choisie était celle que je ne pouvais pas t'accorder facilement. Tu es parti avant que nous ne puissions parler de toutes les autres."
"Eh bien, j'étais dans un moment difficile. Je ne pensais pas vraiment droit." L'exorciste se frotta le front. "J'avais l'avenir d'une ville entière sur mes épaules, Méphisto. Tu pourrais arrêter tes jeux d'esprit tordus, pour une fois." Il poussa un profond soupir. "Désolé pour ton vase."
"Désolé pour ton salaire," répondit Méphisto, très amusé et pas agacé le moins du monde.
"Bon sang," Shiro gémit et passa une main sur son visage. "D'accord, d'accord. Je l'ai mérité. De quelle somme parlons-nous ?"
"Eh bien, c'était un vase assez cher... mais je ne voudrais pas que toi ou ton église viviez dans la privation. Attends-toi juste à une petite coupure sur ton salaire de l'année prochaine."
"L'année prochaine ?" répéta Shiro, dubitatif. "Je pourrais encore payer mes factures au moins, non ?"
"Voici le plan," répondit Méphisto, plutôt sèchement cette fois. "La diminution de ton salaire est uniquement destinée à contenir tes... petits loisirs. Même si te connaissant, je suis certain que tu finiras par trouver un moyen de continuer à te détruire les poumons." Il eut un soupir désespéré.
"C'est ça ton objectif ?!" Shiro ricana. "N'inquiète pas ta jolie petite boucle. Les choses se passeront très bien." Comme s'il venait tout juste de se rappeler du paquet reposant tranquillement dans la poche de son manteau, il sortit une cigarette et la plaça entre ses lèvres. Peut être que la nicotine démangeait le démon à l'autre bout du fil. Peu importe, Shiro l'alluma sans hésitation. Il fit en sorte que la première bouffée puisse être entendue à travers le téléphone.
"Je vais régler les choses ici avant de rentrer. J'ai quelques rapports à remplir avant de dormir ce soir," dit Shiro.
"Très bien." Méphisto semblait un peu maussade. De toute évidence, l'insistance de Shiro à se cramponner à ses cigarettes l'agaçait.
"Et vas-tu m'honorer de ta présence cette nuit ?" demanda alors le démon d'un ton un peu plus enjoué.
"Probablement." Shiro exhala un nuage de fumée. Il jeta un regard vers la rue où le reste des exorciste faisaient un dernier examen de la ville, vérifiant que tout le monde avait été pris en charge. "Comme je l'ai dit, j'ai des rapports à faire." Il sourit. "Mais je peux toujours faire mes papiers chez toi. Si tu me laisses finir avant de commencer ça."
"Commencer ?" Malgré le ton innocent que Méphisto essayait de prendre, sa joie était facilement audible. "Je ne savais pas que nous avions déjà décidé de ce que nous ferions. Tu as quelque chose à l'esprit ?"
"Evidemment. Tu m'as aidé à sauver une ville entière. Je dois te rembourser maintenant, non ?" Shiro sourit. L'excitation était contagieuse et elle se mélangeait avec le soulagement de centaines de morts inexistants et la nicotine se précipitant dans ses veines.
"En effet, tu le dois." Un petit rire se fit entendre à l'autre bout de la ligne. "Je t'attend alors. Et Shiro,"
"Hm ?"
"Je ne prévois pas de te laisser partir avant d'avoir été entièrement remboursé. Sois sûr de le garder à l'esprit ~"
Shiro laissa échapper un éclat de rire.
"Pas d'inquiétude, Méphisto. Rendez-vous dans quelques heures."
