Et voici la suite comme promis, et la fin. Vous allez savoir si Lexa a survécu ou pas...

Je tiens à remercier ceux qui ont lu la première partie, les follow, les favoris, et les commentaires.

J'espère que cette suite va vous plaire, et que vous ne serez pas déçus.

Bonne lecture !

Clarke déchire les draps, elle compresse les entailles de Lexa. Elle tente de la réveiller, elle ne peut pas la perdre. Elle ne peut pas supporter sa mort. Elle attrape son téléphone, et compose le numéro des urgences. L'ambulance ne va pas tarder, elle doit mettre en œuvre ses études. Elle pose deux doigts sur la jugulaire, le pouls est faible. Sans perdre de temps, elle se positionne au-dessus de Lexa, et débute un massage cardiaque. Le cœur bat, mais elle refuse qu'il s'interrompt. Elle entend la porte d'entrée s'ouvrir, elle hurle. Les ambulanciers prennent la situation en main. Un urgentiste prend la tension. Un autre demande à Clarke si Lexa a pris quelque chose. Elle court dans la salle de bain pour trouver un flacon vide. Elle le prend, et le donne à un des hommes. Le corps de Lexa est allongé sur un brancard. L'équipe part le plus vite possible. Clarke les suit, elle entre avec eux dans l'ambulance, et assiste impuissante à l'aide médical. Ils arrivent à l'hôpital. Lexa disparaît, et Clarke s'effondre contre un mur. Elle pleure, et maudit le monde. D'une main fébrile, elle reprend son téléphone, et contacte Octavia.

« Hey Clarke, tu ne travailles pas ? »

« Venez... Vite à l'hôpital. »

« Pourquoi ? Que s'est-il passé ? »

« Lexa... Urgence. »

Clarke raccroche, elle est épuisée émotionnellement. Elle aurait dû arriver plus tôt, éviter que Lexa décide d'en finir. Elle entend sa mère l'appeler, elle se lève pour se jeter dans ses bras. Abby est surprise par l'état de sa fille, elle vérifie qu'elle ne soit pas blessée. Elle l'amène dans la salle d'attente, et les murmures de son bébé répondent à ses interrogations. Ses peurs se concrétisent, elle avait espéré que ses mots aient atteint Lexa. Depuis le mariage, elle vit avec angoisse. La famille de Lexa entre dans la pièce. Chaque membre est en larme, et désespéré. Les heures filent, l'inquiétude augmente. Aucune nouvelle, Abby ne peut dire si c'est bon ou mauvais. Tout dépend de l'envie de Lexa de rester dans ce monde. La mère de famille embrasse le front de sa fille, et se lève. Un collègue vient d'arriver. Il est pâle, et de la sueur coule le long de son visage.

« Elle est vivante. » Soulagement de tous. « Je voulais débuter avec la bonne nouvelle... Son cœur a fait plusieurs arrêts, nous avons peur des séquelles. Nous allons la surveiller de près, observer ses constantes, et son état. A son réveil, elle sera suivie par un psychiatre, et devra prendre un traitement... Abby, tu connais la procédure sur les suicidaires. »

« Oui... » La plus âgée dévie sur regard sur les membres de la famille de Lexa. « Elle sera hospitalisée jusqu'à que le psychiatre pense qu'elle ne soit plus un danger pour elle-même. Il la forcera à subir une cure, et à parler. Il va recevoir chacun de vous pour comprendre son histoire, et prendre la meilleure approche. Le combat sera long et difficile... Lexa ne peut plus se gérer seule... Elle a décidé de mettre un terme à sa vie, ce qui n'est pas anodin... »

« Ce n'est pas un appel au secours. Quand une personne a besoin d'aide, et elle ne va pas aussi loin... »

« Quel est le pronostic ? Je veux dire ma sœur a... Elle a... Elle ne veut plus de nous, ni de son existence... Combien de personne sorte de cet hôpital avec l'envie de vivre ? »

« Très peu. Quand un patient est renvoyé dans la vraie vie, il est rapidement submergé. Beaucoup rechute, voire atteigne leur objectif. Nous préconisons un suivi à leur sortie, le psychiatre leur donne des rendez-vous, les appelle plusieurs fois par semaine... Mais la décision de vivre ou de mourir ne dépend pas de nous, mais d'eux. Votre sœur a une famille, et qui semble aimante, ce qui est un bon point pour la suite. Vous allez devoir la soutenir, et être présent... »

« Nous le sommes déjà... » Raven refuse qu'on mette en doute son engagement. « Il y a plusieurs années, nous l'avons forcé à suivre une thérapie, mais elle a refusé. Nous sommes à ses côtés tous les jours, nous tentons de la faire parler, de lui ouvrir les yeux... Nous lui apportons de l'amour, et nous nous battons contre ses démons. Donc ne venez pas dire ce que nous devons faire, nous le faisons déjà. »

Anya colle sa compagne contre elle, elle tente de la calmer, et de faire cesser ses larmes. Raven serre ses bras autour des hanches de sa future femme. Elle se sent fautive, et culpabilise. Elle a failli, Lexa s'est retrouvée seule aujourd'hui.

« Je suis désolée mademoiselle, je me suis mal exprimé. Je ne remets pas en doute votre amour, et votre combat. Je veux juste vous expliquer que votre sœur sera en colère, très en colère. Elle vous rejettera, vous insultera, et mettra votre lien en péril. Les prochaines semaines, elle agira comme un être humain blessé, car nous ne lui avons pas laissé le choix de vivre. Elle vivra le manque aussi, ce qui représente une passade douloureuse, et insupportable. Dans ces moment-là, il ne faudra pas écouter ses paroles, et se sentir viser... »

Le chirurgien continue d'expliquer la situation, et les conséquences de cette hospitalisation. Il ne veut pas oublier un seul détail. Sauver une personne suicidaire revient du miracle, et de lutte acharnée. Une fois ses recommandations faites, il autorise la famille à rejoindre la chambre de Lexa. Lincoln tient fermement Octavia contre lui, il a besoin de cette présence rassurante. Il est sous le choc, il n'a pas pu aider sa sœur, il l'a abandonné face à son malheur. Il ne se sent pas digne de l'amour de sa famille. Depuis de nombreuses années, il la sait fragile, et plus sensible que la moyenne. Dès leur premier rencontre, Lincoln et Anya ont voulu protéger cette petite fille triste, et frêle. Ils ont raté, et regrettent leur innocence. Frère et sœur entrent dans la chambre, la vision de Lexa engendre leur peine. Octavia et Raven sont dans le même état. Clarke est soulagée, il n'y a plus de sang. Les cinq s'installent fixant ce corps allongé. Ils remarquent les dégâts de ces dernières années. Le teint pâle, la perte de poids, les cernes. Anya attrape fébrilement la main de sa cadette, et embrasse son front. D'un geste doux, elle caresse les cheveux de sa sœur. Elle n'oublie pas les mots du chirurgien, elle espère que Lexa acceptera cette aide, et qu'elle réalisera que la vie en vaut le coup. Anya sera à ses côtés, et ne la lâchera pas. Sa sœur doit vivre.

Lexa ouvre doucement les paupières. La lumière l'aveugle. Elle est déboussolée. Elle était persuadée d'avoir réussi. A priori, elle se trompe, et maudit le monde silencieusement. Elle bouge doucement la tête, et ne reconnaît pas sa chambre. Elle aperçoit sa famille discutée en silence près d'elle. La blancheur des murs lui annoncent une hospitalisation. Cette constations la rend ivre de colère. Elle relève son buste, et arrache la sonde de son bras. Deux bras viennent appuyer sur ses épaules. Elle se débat, elle n'accepte pas la situation. La voix de sa sœur résonne, mais elle n'a que faire de ses paroles. Elle voulait mourir, ne plus ressentir cette douleur. Encore une fois, on a décidé pour elle. La mort est son cadeau, et la vie son enfer. Comment sa famille ne peut-elle pas comprendre cela ? Une infime douleur provient de son bras. Elle baisse son regard pour en comprendre la source. Elle se met à hurler quand elle voit une seringue, et une main lui injecter un produit. Lexa tente de sa débattre encore plus. Elle hurle sa rage. Au bout de quelques seconds, elle ne ressent plus rien, et sombre dans l'inconscient. Son sommeil est hanté par des cauchemars, des visages qui la fixent sans émotion, des doigts qui la pointent, et des rires qui résonnent.

Le lendemain, aucune parole n'a été échangée. Le psychiatre est venu rendre visite à Lexa. Elle a préféré l'ignorer, et jouer avec la nourriture du petit-déjeuner. Une infirmière a examiné les points ses poignets. Elle refuse de porter de l'intérêt au corps médical, et à sa famille. Elle souhaite s'enfuir de ce lieu, retrouver sa pseudo vie. Malheureusement, elle est surveillée comme du lait sur le feu. Les siens ne la quittent pas, ils essayent de converser avec elle. Seul son silence leur répond. Ils veulent comprendre son geste, l'aider, elle le refuse. Ils sont incapable de tolérer sa souffrance, et son manque d'envie de vivre dans un monde démuni de compassion. Pour Lexa, aucun être humain n'est doté de réelle miséricorde. Le psychiatre revient, de nouveau, il lui parle. Elle dévie sa tête vers la fenêtre pour ne le voir. Elle se moque qu'il soit là pour soit disant la soutenir, pour elle, il veut juste être rémunéré à la fin du mois. Au bout de trente minutes, il repart avec Anya. Clarke s'approche d'elle, elle tente d'établir une connexion. Un échec pour le plus grand soulagement de Lexa.

La semaine défile, Anya ne contrôle plus son impatience. Sa sœur ne leur a pas adressé une seule parole, ni un seul regard. Ce comportement joue avec ses nerfs. Elle ne supporte plus cette situation. Elle profite que tout le monde soit occupé, pour prendre la main de Lexa. Aucun geste de cette dernière, juste de l'ignorance. Anya lui empoigne les épaules, et la secoue. Elle lui demande de la regarder, de lui parler. Mais sa cadette ne répond pas à ses demandes. A bout, Anya lève sa main et gifle Lexa.

« Arrête de jouer à ça. Bon sang, réveille-toi, reprend-toi. » Anya hurle, en jetant un regard noir à Lexa. « Pourquoi cherches-tu la mort ? On t'aime, on veut ton bonheur... »

« Alors laissez-moi mourir. » Le ton de Lexa est las.

« Non, il en est hors de question. Tu es ma sœur, Lex'. Je ne peux pas accepter cela... Quelle est ta vision de la vie ? Pourquoi veux-tu à ce point mettre un terme à ton existence ? Tu es une jeune femme magnifique, intelligence, drôle, et douce... Alors pourquoi ? Hein ? Pourquoi ? Répond-moi bon sang. Regarde-moi. J'existe, je suis près de toi... »

Lexa ne réagit plus, elle se couche dans son lit, et monte le drap sur son corps. Elle commence à trembler, le début d'une crise de manque. Ce n'est pas la première, et elle hait cela. Elle mord sa main pour étouffer ses gémissements de douleur. Elle veut une dose. Elle veut être loin d'ici. Les tremblements s'accentuent. Elle a froid. Elle cherche du regard une couverture, mais rien. Anya assiste pour la première fois à ce spectacle. Elle regrette son comportement d'avant. Elle s'allonge près de sa sœur, et la prend dans ses bras. La corps de sa cadette est en sueur, et tremble avec des plus en plus de force. Elle l'entend gémir, et ses dents claquées. Les médecins lui ont expliqué que le manque serait puissant, et qu'ils refusent de donner un substitut à Lexa. Ne pas couvrir une dépendance par une autre. Anya est démunie par la situation. Elle tourne sa tête quand la porte s'ouvre. Clarke fait son apparition. Prenant conscience de l'état de Lexa, Clarke se précipite dans la salle de bain, elle prend un gant qu'elle mouille. Elle retourne dans la chambre, et le pose sur le front de son ancienne compagne. Anya la regarde faire en silence. Elle est épatée par les gestes de Clarke, ils sont fait avec tendresse, et calme. La jeune femme blonde va ensuite prendre une couverture, et l'installer sur le corps tremblant de Lexa. Des murmures résonnent dans la pièce : une dose, juste une dose. Anya sent son cœur se déchirer, elle n'aime pas entendre ces gémissements. Elle est à deux doigts de craquer, de partir pour trouver cette satanée dose. Un regard de Clarke, et elle se ravise. La plus âgée soupire, et serre ses bras autour de Lexa. Clarke continue d'agir, elle prend soin de la jeune droguée. Les minutes défilent lentement, et la situation n'évolue pas. Avec mouchoir, Clarke essuie la bave qui coule de la bouche de Lexa, et s'occupe aussi de son nez. Elle se sent faible, car elle ne peut faire plus. Elle aimerait enlever ce manque, détruire les ténèbres qui règnent dans le cœur de son ancienne compagne. L'aider dans ce combat. Les crises prennent de plus en plus d'ampleur. Le temps est l'ennemi.

Clarke et Anya marchent dans les longs couloirs de l'hôpital. Leur vie se résume à passer leur journée en ce lieu. Elles ont demandé un congé à leur patron. Elles arrivent devant la chambre de Lexa, leur café s'écroule au sol. Leurs pas s'accélèrent. Elles arrivent à la porte. Des médecins tiennent un défibrillateur, et le posent sur le corps de Lexa. Ils recommencent l'action à plusieurs reprises. Le cœur est relancé. Anya se précipite vers sa sœur, et pleure à chaude larme. Clarke prend place de l'autre côté du lit. Elle caresse le visage de Lexa. Encore une fois, elles ont failli perdre la jeune femme. Le médecin leur explique que le cœur est fragile, mais qu'elle est sauvée. Combien de temps Anya va-t-elle supporter l'état de sa cadette ?

Raven entre dans la chambre, elle cherche Lexa du regard. Au bout de longues seconds, elle la voit accroupi dos au mur. Elle vient vers elle, elle la prend dans ses bras. Le corps est chaud, les tremblements toujours présents. Raven embrasse le front humide de sa belle-sœur, les deux se mettent à faire des balancements. Cela calme la jeune droguée. Elle se tient avec force à Raven, elle est terrifiée à l'idée que son amie disparaisse et la laisse seule. Elle déteste être dans cette pièce, subir ces crises. Par le passé, la présence des autres l'énervait. Aujourd'hui, elle a besoin que quelqu'un soit à ses côtés. Elle déteste cela. Raven lui caresse doucement le dos, elle souhaite en faire plus. Elle pose un baiser sur le front de sa belle-sœur. Les deux restent ainsi durant une longue heure. Lexa s'endort contre son amie.

Lincoln est en retard, il se maudit. Au loin, il entend des hurlements, et des bruits d'explosion. Il court jusqu'à la chambre de sa sœur. Il ouvre la porte. Sa cadette donne des coups de pied contre la table de chevet. Elle attrape le tiroir et le jette de toutes ses forces contre le mur. Elle continue à détruire le meuble. Puis, elle pousse son lit, et le retourne. Le psychiatre arrive. Lexa croise son regard, elle attrape un oreiller et le lance vers le médecin. Lincoln lui demande de se calmer, mais elle ne l'écoute pas. Cette rage contrôle son corps, elle a besoin de l'expulser. Elle enrage, quand elle aperçoit son psychiatre s'asseoir tranquillement. Une autre femme fait son entrée. Lexa la fixe puis reprend son carnage. Elle déchire les draps. Lincoln assiste à cette scène impuissant. Le psychiatre se relève, et demande à l'aîné de le suivre. La femme reste, et attend que la crise passe. Lexa stoppe ses gestes d'un coup, et se tourne vers l'inconnue. Les deux se fixent en silence, puis la jeune droguée reprend sa destruction. Une demi-heure plus tard, elle s'écroule contre le mur.

« As-tu fini ? » Le ton chaleureux, et calme de la femme énerve Lexa.

« Dégagez. »

« Non, je reste là. Tu ne parles pas à mon collègue, tu n'acceptes l'aide de ta famille quand le manque se fait trop grand... Sinon tu la rejettes. Cela fait un mois que tu es ici, et tu continues à t'entêter. Cela n'est plus possible, tu dois accepter la main que chacun te tend. Nous ne sommes pas tes ennemis. »

« Alors rendez-moi ma liberté. » Lexa plie ses genoux, et les colle à sa poitrine. Sa tête se pose dessus, et son regard s'accroche à la femme.

« C'est ce que nous faisons. Tu n'as jamais été libre, Lexa. Tes dépendances t'enchainent, et t'empêchent de t'épanouir. Notre but est que tu sois enfin heureuse. »

« Votre but est de toucher des billets vert à la fin du mois. » La femme sourit à Lexa, ce qui surprend cette dernière.

« C'est vrai qui si je viens ici tous les jours, c'est pour que je puisse vivre convenablement. Cependant, il est important pour moi d'aider les autres, de leur montrer que la vie ne se résume pas à la survie, et la destruction. Tu ne peux pas continuer ainsi, tu mérites mieux. »

« Oui, la mort. » La femme s'approche de Lexa, et s'installe à ses côtés.

« Non, la vie. Tu penses que vivre dans notre monde est ta punition, mais ce n'est pas le cas... »

« Vous ne savez rien. »

« Oh si, je sais. Premièrement, j'ai longuement discuté avec les membres de ta famille, et avec Clarke. Ils m'ont parlé de ton passé. Tu es forte Lexa, alors n'abandonne pas maintenant. Deuxièmement, je connais les épreuves que tu as vécu, et ton état d'esprit. Si tu m'offres la faveur d'être à tes côtés, d'entendre dans la partie sombre de ton esprit, je te promets de t'aider, et de te prouver la beauté du monde. Tu as le choix, soit tu continues sur cette voie, soit tu prends la main que je te tends. Si tu choisis la deuxième option, tu ne le regretteras pas, et je te promets de ne pas te lâcher. »

« Je ne vous crois pas. Personne ne décide d'aider son prochain, et de lui promettre d'être présent sans rien n'attendre en retour. Tout le monde veut quelque chose, à un secret qui le pousse vers l'autre. » La femme pose sa main sur l'épaule de Lexa.

« Mon secret est simple. J'ai eu un frère, la drogue était son crédo. Il périssait chaque jour un peu plus. Malgré nos efforts, il continuait à prendre cette merde. Un soir, il est venu dans ma chambre et il m'a avoué qu'on était incapable de l'aider, et que les humains ne méritaient pas de vivre. J'ai essayé de lui faire comprendre qu'il se trompait... Mais il refusait mes paroles. Un jour, il a mis un terme à sa vie, j'ai trouvé une lettre. »

« Qui me dit que votre histoire est véridique ? Et que disait cette fameuse lettre ? »

La femme fouille dans la poche de sa blouse, et sort une feuille pliée en quatre. Elle la tend ensuite à Lexa. Avec hésitation, la jeune droguée la prend. Elle fixe la femme plusieurs minutes, elle cherche à déceler un mensonge. Rien. Elle déplie la feuille, et jette un coup d'oeil à l'écriture. La personne qui a écrit avait une écriture hésitante, les lettres sont toutes petites. Encore un regard vers la femme, et Lexa se met à lire.

Ma chère sœur,

Je tiens à m'excuser. Je ne pouvais plus vivre parmi vous, et dans ce monde. Tu sais, depuis longtemps, j'ai compris que j'étais différent. Toutes les émotions étaient trop vives pour moi. Je voyais les gens avançaient sans ressentir de la peine pour l'autre... Moi c'est tout le contraire. Quand une personne souffre, je ne peux détourner mon regard, et je ne peux accepter sa condition. Je souffre avec lui, sa douleur pénétre mon cœur, et n'en sort jamais. J'ai essayé de vivre avec, de m'y faire. Mais, je ne suis pas assez fort, toute cette souffrance m'épuise. J'ai essayé de vous expliquer mon état, cette souffrance qui habite mon âme. Papa et maman n'ont pas compris, ils pensaient que je perdais la tête. Pour eux, il n'est pas possible de prendre en soi la douleur des autres. Toi, tu l'as compris... Mais pas entièrement. Et tu ne le pouvais pas. La famille pense être capable d'aider un de ses membres, elle pense que l'amour peut tout faire. Mais c'est faux. Elle est trop tolérante, accepte beaucoup, et a peur de secouer l'être aimé. Quand j'ai commencé à prendre de la drogue, papa et maman ont pleuré. Ils ont voulu m'aider, mais ils ne le pouvaient pas. Ils me protégeaient sans cesse, et voulaient le meilleur pour moi... Mais j'avais besoin qu'on m'écoute réellement, qu'on soit capable d'entendre ma souffrance, et mon histoire. J'ai toujours rêvé d'être amoureux, de vivre une histoire d'amour exceptionnel... Mais je ne peux pas, dès que je m'approche d'un être humain, je vis toutes ses peines, et je vois l'hypocrisie qui règne dans chacun. Ils sourient, se disent tolérant, aimant... Mais ils tournent le dos dès qu'une épreuve arrive. Comment puis-je vivre dans un monde qui ne tourne pas rond ? Comment puis-je supporter ces émotions négatives ? La drogue m'a aidé un temps, j'ai pu oublier grâce à elle, et éviter toute cette merde. Mais aujourd'hui, ce n'est plus suffisant, et je te vois, ma petite sœur. Tu pleures, tu es déchirée par mon état... Tu ne sais plus quoi faire pour me secourir... Je suis désolé que tu ne puisses pas... Désolé, de rendre ton monde triste, et ne plus avoir la force de lutter... Tu sais petite sœur, je ne suis pas le seul à vivre ainsi... Il y a des gens qui souffrent au point où la vie en devient insupportable. Des gens qui voient à travers nos sourires, et nos échanges... Ils lisent à travers l'être humain, et il faut les sauver... Il faut leur montrer que le malheur n'est pas le seul maitre. Nous essayons de rejeter nos émotions pour arrêter ces douleurs...Mais ça revient toujours... On n'arrive pas à avancer, car les autres nous en empêchent... Je t'en supplie trouve un moyen pour les aider, trouver le miracle. Moi, c'est trop tard. La vie n'a plus aucune saveur... Tu sais, un prof m'a dit un jour que les gens qui se suicident, le font car ils aiment trop la vie, mais celle des autres, et non la leur... J'ai longuement réfléchi à ça, mais c'est faux. Je n'aime pas la vie, je la hais... Elle est horrible, elle crée ces malheurs... Je t'en supplie trouve la force de me pardonner, et trouve la force de devenir une personne exceptionnelle... Tu peux devenir la lumière d'un autre. Sauve les miens, honore ma mémoire ainsi.

Je t'aime ma petite sœur.

Lexa est perplexe face à ces mots. Sa respiration s'accélère, sa main se crispe sur la feuille. Les larmes coulent le long de ses joues. La douleur devient plus puissante, elle a besoin d'une dose. Elle doit oublier, elle doit se protéger. La femme l'enlace, et la force à poser sa tête contre son épaule. Cette étreinte est différente des autres qu'elle a vécus.

« Tu es comme lui, je peux le voir dans ton regard, et ta rage. Depuis ta venue, je t'observe, je t'analyse. Tu souffres, Lexa. Je peux t'aider à contrôler tes émotions, à t'apprendre à vivre avec sans que la douleur devienne invivable. Tu es un être à part, tu es merveilleuse, et unique... Tu ne peux pas accepter de vivre ainsi, je le comprends. Mais tu ne peux pas attendre la mort ...Tu as devant toi un avenir exceptionnel. Pour que tu puisses le toucher, il faut que tu guérisses tes propres blessures, et ensuite, apprendre. Laisse-moi t'aider. »

Les sanglots sont les seuls sons qui prennent possession de la chambre. Lexa n'a jamais réussi à mettre des mots sur son mal. Ses parents avaient compris sa sensibilité, ils luttaient contre ses crises de larmes, et sa souffrance. Ils avaient su lire en elle, et la protéger de ce qui l'entourait. Ils avaient ce pouvoir sur elle, comme Clarke. Cette dernière montrait à Lexa que le monde était beau, et que la beauté se trouvait en chacun. Tout le long de leur relation, elle y avait cru. C'est pour cette raison que la trahison a été plus dure à digérer. C'est ce qui l'a poussé à stopper ses émotions, et à penser à la mort. Anya et Lincoln entrent dans la chambre, ils voient leur petite sœur dans les bras de cette inconnue. Ils remettent de l'ordre dans la pièce, et prennent place sur des fauteuils. Ils ont conscience qu'ils ne doivent rien dire, et qu'il faut laisser cette femme prendre soin de Lexa.

Lexa est assise, elle est mal à l'aise. Elle déteste qu'on puisse lire en elle, et qu'on veuille entendre son passé. La femme la fixe sans dire un mot. Elle ne compte pas faciliter la tâche à sa patiente. Cette dernière doit faire le premier geste, décidé de guérir, et de vivre. Lexa gigote de plus en plus, ses doigts tapent frénétiquement contre sa cuisse. Une cigarette atteint sa vision, elle l'attrape sans réfléchir, et l'allume. Un sentiment de libération se propage en elle. Un sentiment positif jaillit, cela fait des semaines qu'elle n'a pas pu fumer.

« Je ne connais même pas votre nom. »

« Tu en as mis du temps. » La femme continue de sourire. Le comportement de Lexa l'amuse et l'attendrit. Elle a l'impression d'être face à son frère au féminin. Les deux auraient pu s'entendre parfaitement, et comprendre le sens de la vie ensemble. « Je me nomme Harper, et je travaille au sein de cet hôpital depuis trois ans. A ce que j'ai compris, tu connais Abby. »

« Oui, je la connais. »

« Et comment as-tu fait sa connaissance ? Lexa ne me pousse pas à poser une multitude de questions. J'aimerai que les informations viennent de toi... »

« Vous savez tout sur ma vie... Vous m'avez analysé, et vous avez discuté avec ma famille. » La mauvaise foie amuse Harper. Elle apprécie les personnes à fort caractère, et prêt à en démordre. Lexa est habitée par une réelle force, et elle n'en a pas conscience. Les êtres exceptionnels se dénigrent à chaque fois, et ne voient pas leur valeur.

« Les grandes lignes. Ce qui m'intéresse, c'est ce qui t'habite, et la vision que tu as de tes expériences. Alors pour commencer, si tu me disais simplement la raison de ta rencontre avec Abby. »

« Ok... Ok. J'étais en couple avec sa fille, c'est comme ça que je l'ai connu. » Lexa se tait, elle ne voit pas ce qu'elle peut dire de plus.

« Lexa, arrête de tourner autour du pot. Je veux ton histoire, alors raconte-moi ton histoire. Tu as choisi de prendre ma main tendue, alors assume. Je te préviens, j'ai toute la journée, même toute la nuit. Tu es ma seule patiente. »

« Vous êtes fatigante. » Harper sourit de nouveau. Lexa a envie de la frapper pour le lui enlever, mais elle ne fait rien. « Lincoln a commencé à sortir avec Octavia, il voulait absolument me la présenter. Il me répétait sans cesse qu'elle était la femme de sa vie, et que je devais la rencontrer. J'ai cédé... Il était tellement heureux... Je ne l'ai jamais vu ainsi, et je ne comprenais pas ce sentiment... Le bonheur est factice... » Harper hoche de la tête. « Et pourtant, il était vraiment heureux. C'est pour ça aussi que j'ai accepté, analyser ce bonheur de plus près, tenté de le toucher... J'ai fait la connaissance d'Octavia, elle souriait tout le temps, et se comportait comme une sœur avec moi. Elle voulait me connaître, créer des liens avec moi. J'ai compris que mon frère en était ravi. J'ai donc laissé O' entrer dans ma vie... Elle a pris la place de sœur, et je pouvais respirer un peu mieux à ses côtés. Sa joie de vivre était un second souffle... Mais au fur et à mesure, l'obscurité refaisait surface... Ces émotions dévastatrices revenaient, et j'en souffrais. Je souriais, et ne montrais rien... De toute façon qui aurait pu comprendre, et accepter ma situation... Bref... Un soir, Octavia a invité son frère et sa meilleure amie... »

« Ressentais-tu de la jalousie ? » Lexa lève un sourcil d'incompréhension. « Octavia avait une meilleure amie, tu ne jalousais pas ce lien ? Tu étais proche d'Octavia, tu aurais pu ne pas tolérer son amitié. »

« Oh ! Non. Cela me dépasse quand une personne ressent de la jalousie pour une autre. Je n'ai pas encore compris cette façon de faire... C'est un dilemme. »

« Nous en parlerons plus tard, je vais t'aider à analyser chaque émotion qui émane d'un humain, et à les appréhender. Donc, cette meilleure amie ? »

« C'était Clarke. Et j'ai enfin compris Lincoln... Cette fille m'a tourné la tête... Depuis Costia, j'ai réussi à me laisser aller. J'autorisais l'amour à entrer dans ma vie. Cela n'a pas été facile, je ne cessais de réfléchir, mais Clarke empêchait mon cerveau à aller trop loin... Elle était patiente, et me montrait que je n'étais pas maudite... »

« Maudite ? »

« Ils sont tous morts. Mes parents de sang, et de cœur sont partis loin de ce monde, comme Costia... Mon premier amour. Ces cinq personnes étaient importantes pour moi, et j'avais réussi à les aimer sans limite... Mais ils sont partis, et tout est revenu... Ma souffrance, ma perte, et cette douleur inexplicable. Je pensais que ça venait de ses pertes, je devais juste faire mon deuil... Anya et Lincoln ont arrivé à se relever, et à jouir de la vie... J'étais perdue, et terrifiée, car moi, je n'y arrivais pas. Je vivais avec ce masque... Clarke a réussi à donner un sens à ma vie... Je souriais pour de vrai, j'arrivais à gérer cette douleur quotidienne. Elle m'aimait pour ce que j'étais, et elle voyait ma souffrance... Mais elle m'a trompé, elle m'a trahi... Et les ténèbres sont revenues, elles m'ont happé... Je n'en pouvais plus, je n'avais plus la force de me relever. Ma famille n'a jamais compris ce mal qui m'habitait, elle n'a jamais rien vu... J'aurais pu avoir une belle vie, Clarke a tout détruit... J'ai perdu ma lumière. »

« Une autre cigarette ? »

Lexa hoche de la tête, Harper lui offre avec plaisir. La psychiatre a écouté attentivement la jeune femme. Elle réalise les épreuves qu'a subies Lexa, et les interrogations qu'elle a dû avoir. Elle est porteuse de ce mal qui ronge le monde, mais en plus, l'existence lui a joué de mauvais tour. Pourtant, cette jeune femme est face à elle, et lui conte ses malheurs. Cette force qui n'a pas été en son frère, l'est en elle. Happer a une mission, mais à présent, elle jure qu'elle fera son maximum pour que Lexa connaisse le bonheur, et s'en sorte. L'abandon ne se réalisera jamais. Elle va la prendre sous son aile. Happer va pousser Lexa à créer de vrais liens avec sa famille, et à pardonner les faiblesses de chacun. Les deux continuent de discuter, elles parlent de leur passion, et de leur vie au lycée. La psychiatre refuse que des sujets sombres reviennent sur le tapis, il est important que les pensées de Lexa s'éloigne des ténèbres le temps d'une conversation. Lui offrir un peu de répit. Ce n'est pas facile pour la jeune femme, elle a vécu des semaines avec des crises de manque. Aujourd'hui, elles sont présentes mais elles ne sont plus douloureuses, et elles sont gérables.

Clarke attend patiemment le retour de son ancienne compagne. Cela fait trois semaines, que Lexa suit sa thérapie au côté d'Harper. Le lien qui unit la psychiatre avec son patient intrigue la jeune blonde. Elle a l'impression que Lexa s'éloigne d'elle, et que la conversation n'est plus possible. Clarke est inquiète, elle a longuement discuté avec Anya. L'aînée lui a conseillé d'être patiente, et de faire le deuil de leur ancienne relation. Une étape qui la terrifie. Lexa fait son entrée, elle sourit doucement à Clarke, puis elle va attraper une veste.

« Harper m'autorise à sortir deux heures. Il y a un parc derrière l'hôpital, et j'aimerai m'y rendre. Il faut que je sois accompagnée, pour éviter que je fuie le lieu... Tu viens bien m'accompagner ? »

« Avec plaisir. »

Les deux sortent de l'enceinte hospitalière. Lexa respire l'air frais. Elle est soulagée d'être dehors. Depuis des mois, elle est enfermée, elle assiste chaque jour à au lever du soleil. Elle rêve de retourner dehors. L'ancien couple s'assoit sur la pelouse, Lexa sort une cigarette. La seule dépendance qui lui accorde Harper. La psychiatre vient de lui offrir un autre cadeau, cette sortie. Elle lui a expliqué que la thérapie allait prendre un nouveau tournant, et que la confiance devait être de mise. Ce n'est pas facile tous les jours, il arrive à Lexa d'hurler sur Harper, et de lui signifier qu'elle ne sert à rien. Pourtant, la femme est toujours présente, et gère ses crises de colères. Une personne sûre qui reste près d'elle. Clarke fixe Lexa, elle fait face à une nouvelle personne, mais au fond de son regard, elle lit de la souffrance, et du doute. Elle esquive un sourire quand son ancienne compagne soupire de contentement et s'écroule de tout son long sur l'herbe. Elle se couche à ses côtés pour contempler le ciel. Elle se souvient d'une époque où Lexa et elle passaient des heures à décrire les formes des nuages, et à leur inventer des histoires. Cela la rend nostalgique, elle glisse sa main sur celle de Lexa, et quand elle comprend qu'elle n'est pas rejettée, elle enlace leurs doigts. Clarke se permet de respirer, ce geste la rassure, et lui permet d'imaginer une chance de se rattraper.

« Harper m'aide à cicatriser mes blessures, et à pardonner... C'est complexe car un mal me ronge... Mais selon elle, il faut que je regarde la beauté, et détourner le regard des obscurités... Il est de mon devoir de savoir contrôler ce mal... Sinon, je ne pourrai jamais vivre convenablement, je resterai entourer des ténèbres. C'est compliqué d'accepter la vie, un long chemin se dresse devant moi. J'essaie d'apprendre à ne plus songer à la mort et à me perdre dans mes dépendances... Harper m'a expliqué que ces envies seront toujours présentes, et que mon premier combat réside là. Le second combat est de ne pas me détourner de mes sentiments. Je dois les accepter, et vivre avec. Il est primordial que je les accepte. Mon troisième est de te pardonner, de considérer ta faute comme une erreur de parcours. Je t'ai mis sur un piédestal, je me suis perdue dans notre couple au point où j'ai oublié ma personne. Tu m'as expliqué les raisons, à mon tour de te parler de mon ressenti, et la vision que j'avais de nous. Tu étais ma perfection, et ma lumière. Grâce à toi, je ne souffrais plus, et j'arrivais à détruire mes ténèbres. Je me fixais sur toi, et personne d'autre. Ton bonheur et ton amour irradient ma vie... Je n'ai jamais été parfaite, au contraire, j'étais brisée, et je luttais pour toucher au bonheur. Tu m'as offert la paix du cœur et la chance de connaître la joie. Je n'ai jamais douté de toi, ni de tes sentiments. Je croyais vraiment en nous, et en notre avenir. Ta trahison a été un coup de poignard, tu as enlevé toute la lumière qui régnait, et tout l'espoir. J'étais en vie grâce à toi, et tu m'as projeté vers la mort... J'ai compris que je n'aurais jamais dû te donner ce rôle, car la lumière doit provenir de mon cœur. Je me suis détachée de ma famille, et des amis qui m'entouraient, car je ne supportais plus leurs sentiments... Ni ceux des autres... Je me suis enfermée dans cette spirale pour éviter la souffrance trop grande... Eteindre son cœur, pour survivre un jour de plus. Puis j'ai compris que le monde continuerait à saigner, et à vivre des atrocités... Que de mensonges, de faux semblants, de masque... Cela était insupportable, ça l'est toujours... Je dois avancer dans ce capharnaüm, et trouver cet espoir. Je ne peux plus offrir ma vie à quelqu'un, et le laisser jouer avec mes sentiments. L'indépendance que j'ai acquise, je dois continuer à l'avoir, tout en ouvrant mon cœur aux autres. Il est impératif pour ma survie que je me protège correctement. Cela est mon dernier combat. »

« Accepterais-tu que je sois à tes côtés lors de tous ces combats ? Que je t'apporte mon soutien ? Je ne serai pas ton pilier, mais ta camarade. »

« Pourquoi es-tu là, Clarke ? Chaque jour, tu viens me rendre visite, tu ne me pousses pas à te parler, tu acceptes mon ignorance... Tu reviens encore et toujours... Pourquoi me proposes-tu ta présence ? Je ne comprends pas. »

« Car je n'ai jamais cessé de t'aimer... Je ne cherche pas à enlever ma culpabilité, j'assume mon erreur, et les conséquences sur le couple que nous formions... Je vivrai avec le poids du regret jusqu'à la fin de mes jours... Je t'aime tout simplement, Lexa. Quand je t'ai vu pour la première fois, j'ai tout de suite su que tu étais la femme de ma vie... Que mon existence ne rimerait plus à rien sans toi. Peux-tu accepter mon amour ? Accepter que je te vois bien plus qu'une simple amie ? »

« Oui... Mais je ne peux te promettre de nous redonner une chance... Au fond de moi, je sais que je t'aime, et que tu seras la seule... Mais j'ai tant à faire, tant de choses à découvrir, et à comprendre. Rien que d'y penser ça m'épuise. Je ne sais même pas, si j'aurais la force de reprendre une vie normale, et de continuer les chemins que j'ai entrepris... Tout est encore trop fragile, incertain. Le sens de la vie est encore loin pour moi. »

Clarke se redresse, elle positionne sa tête au-dessus de celle de Lexa. Elle lui sourit tendrement, et remet une mèche de cheveux correctement. Elle admire la jeune femme sous elle, cette femme avec un regard qui transperce chaque individu. Il est vert foncé, et elle pourrait s'y perdre dedans. Elle est éblouie par la beauté brute de Lexa. Elle baisse doucement sa tête, son regard vagabonde entre les lèvres et les pupilles de son ancienne compagne. Elle veut signer un contrat silencieux, ensemble contre l'univers, un amour indestructible. Elle embrasse délicatement Lexa, et soupire d'aise quand elle sent la réponse positive. Quoi qu'il se passe, quoi qu'elles adviennent, elles auront toujours cet amour qui dévore leur cœur. Cet amour qui a vécu un drame, et qui est toujours présent. Clarke se retire, elle ne souhaite pas angoisser Lexa, et lui faire peur. Les deux se fixent, et se sourient.

« Il est temps que je rentre. Je suis fatiguée. »

« Je viendrai demain, et on pourra revenir dans ce parc, si tu le souhaites. »

Avant que Lexa ne parte, Clarke l'enlace, et respire son odeur. Elle a besoin de créer un nouveau lien, et de prouver à son ancienne compagne qu'elles seront plus fortes à deux. Clarke embrasse rapidement Lexa, et la laisse retourner à l'hôpital. La jeune droguée avance dans les couloirs à la recherche d'Harper, elle a besoin de lui parler de cet échange. Elle la trouve face à une chambre, elle se tient contre un bureau, les bras croisés, et le regard figé. Lexa analyse sa psychiatre, elle a été analysée, et elle en fait de même. Pour s'ouvrir entièrement, elle a dû apprendre sur le caractère de sa psychiatre, ses mimiques, et son comportement. Elle avance vers elle, et se positionne à ses côtés. Elle remarque un adolescent allongé dans un lit, une perfusion au bras, et une infirmière prendre ses constantes.

« C'est qui ? »

« Il se nomme Aden. »

« Un nouveau dans le secteur des âmes perdues. » Harper dévie son regard sur Lexa. D'un seul coup d'oeil, elle la sait troublée. Cependant, elle continue la conversation.

« Aden est déjà venu... Pike a tenté de l'aider, mais rien n'y fait... »

« Tu veux devenir sa psy, avoue. »

« Je suis une seule personne... Je ne peux pas entreprendre plusieurs thérapies, je me dois d'être à 100% pour toi. »

« Hum... »

Le corps de Lexa bouge, et avance vers la chambre. Harper la regarde faire, sa patiente va vers Aden, et débute une discussion. Le comportement de la jeune femme l'intrigue. Lexa n'a jamais créé de lien avec les autres, elle reste avec sa famille, et elle. Elle analyse l'attitude des deux patients, les gestes de Lexa sont incertains, mais son sourire sincère. Aden semble apprécier la compagnie de la jeune femme. Harper bouge un peu sa tête, et fronce les sourcils. L'adolescent est très timide, se sentant toujours de trop. Pourtant, il rigole, et se perd dans les mots de Lexa. La psychiatre reste dans le couloir pendant deux heures. Elle veut en apprendre un peu plus sur la dynamique, et cette avancée irréelle de Lexa. Cette dernière sort de la chambre en soupirant. Elle lève son regard pour croiser les pupilles admiratives d'Harper. Puis, elle va près d'elle, et commence à se confier. Elle ne parle pas d'Aden, ni de ce qui l'a poussé vers le jeune homme. Elle s'épanche sur la confession de Clarke, et leurs baisers, ce qu'elle a ressenti, et ses peurs. Elle se confie sans rien cacher, et cherche les réponses près d'Harper. Leur lien dépasse patiente/psychiatre, il frôle celui de l'amitié. Harper a fait un transfert sur Lexa, elle en prend conscience petit à petit. Elle refuse malgré tout de revenir en arrière, et d'envoyer la jeune femme vers un autre confrère. Si elle agit ainsi, tous les progrès effectués seront détruits en une seconde.

Anya et Raven ont pu avoir leur week-end. Depuis des semaines, elles sont reparties, étant obligé de reprendre le travail. Elles ont passé la nuit chez Lincoln et Octavia qui débutent leur dernier mois de jeune couple sans enfant. D'ici peu la jeune femme va accoucher, et un nouveau membre va arriver dans leur famille. Il tarde aux deux femmes cette nouvelle venue. Elles arrivent devant la chambre de Lexa, Anya ouvre la porte. Elle est surprise par le rire de sa sœur, elle ne l'a pas entendu depuis des années. Elle avance dans la pièce, un jeune homme est assis sur un siège une manette en main, tout comme Lexa. Clarke n'est pas loin, elle filme le spectacle. Cette scène étonne le couple. D'un coup, Lexa saute sur Aden, et lui retire la manette des mains. Un combat débute sous le regard stupéfait d'Anya et Raven.

« Clarke arrête de filmer, et viens m'aider. Ta copine est une diablesse, elle va me blesser. »

« Aden, tu es un homme, alors tu te bats comme tel. »

Raven fixe la scène avec un pincement au cœur. Elle n'a jamais pu vivre pareil moment avec sa belle-soeur. Elle en devient jalouse. Quand elle est partie, Lexa était au bord du gouffre, leur adressant à peine la parole, avec des crises de manques poussifs. De la revoir aussi épanouie, et pleine de la vie la déboussolent. Elle dévie son regard pour le poser sur une nouvelle intrus, Harper fait son apparition. Elle salue le couple, et sourit face au combat de ses deux patients, et du comportement de Clarke. Elle tape dans ses mains de manières autoritaires pour qu'Anya et Raven ne se sentent pas à part.

« Bon les enfants, cessez ses enfantillages. »

« Oh, tu as presque le même âge que nous. Tu... »

Lexa s'interrompt quand ses yeux se posent sur sa sœur et sa belle-sœur. Elle est étonnée de les voir, et mal à l'aise. Elle ne les pas revu depuis des mois, elle devient une petite fille prise en faute. Harper analyse son comportement pour ne pas changer. Anya s'approche lentement de sa cadette, et la prend dans ses bras. Raven suit le mouvement. Le câlin rassure les trois, Lexa s'écarte en souriant timidement.

« Personne ne m'a prévenu de votre venue. Vous êtes arrivées quand ? »

« Hier soir, sans toi, nous avons mis plus de temps sur la route. » Anya caresse la joue de sa sœur, elle ne peut éviter son geste. Elle espère qu'il ne sera pas mal pris.

« Lexa, tu devrais leur proposer de prendre un repas à l'extérieur. »

« Elle peut sortir ? » Anya ne réalise pas l'avancée de Lexa, mais constate que Lincoln et Octavia lui ont caché beaucoup.

« Oui, mais elle doit être accompagnée... »

« Je ne me sens pas assez forte pour être face au monde, seule. Du coup, Clarke m'accompagne à chaque fois... »

« Et notre frère ? »

Lexa se triture les mains, et évite le regard de sa sœur, et de Raven. Elle a peur de déclencher une guerre, et des hurlements. Elle cherche du réconfort près de sa nouvelle famille. Clarke vient près d'elle pour lui prouver sa présence, comme Aden. Un trio qui est marqué par la force, et le respect. Lexa a évolué depuis son hospitalisation, Harper lui a appris à s'ouvrir, et à donner sa confiance en des personnes dignes. Elle a aussi avancé dans sa relation avec Clarke, elle fait des petits pas, mais ils sont concrets, et lui donnent la possibilité d'être stable, de gérer ses émotions à vives.

« En fait, il se pourrait que... Lincoln ait pris la décision de ne plus venir. Il n'est pas en accord avec les conseils d'Harper, et il trouve que je n'avance pas assez vite... A la fin, il venait par obligation, et ne se montrait pas patient... Il a à plusieurs reprises mis en doute ma thérapie, et mon avancée... Peut-être que je n'avance pas rapidement, que certains seraient déjà sortis de l'hôpital... Mais j'ai besoin de me construire entièrement... » Clarke aide Lexa à s'assoir sous le regard attentif d'Aden. « Je n'ai pas encore les outils en main pour mener ma propre vie... Cela fait des mois que je suis ici, mais le manque est encore présent. Il m'arrive encore de penser à la mort, à cette fatalité qui me séduit, et qui m'appelle... Harper est d'un grand soutien, elle appréhende mes crises, mes coups de blues, et mes idées noires. Elle tente de m'inculquer des bases pour que je puisse vivre avec ce poids sur mes épaules. Grâce à elle, j'ose imaginer reprendre mes études, et viser un métier. Et... Il n'a pas apprécié la présence de Clarke à mes côtés... Je sais que cela peut paraître incompréhensif, car elle a été un détonateur à ma perte... Mais, j'ai réussi à pardonner, à chercher à voir plus loin, à me remettre en question, à apprendre de mes erreurs, et à changer mes attentes. Nous avons longuement discuté avec Harper, elle a écouté nos doutes, et a fait surgir le fond du problème... Nous n'avons plus la même relation avec Clarke, nous sommes parties sur des nouvelles bases, et avons accepté nos erreurs... Je l'aime, et je ne veux plus lutter contre. Si je rejetais ce sentiment, et que je demandais à Clarke de partir loin de moi, je me tirerai une balle dans le pied. Si je venais à renier ce lien qui existe, cela prouverait que je n'ai pas avancé, et que je ne suis pas prête à me construire... » Lexa croise le regard de sa sœur, elles se perdent dans l'intensité du moment. La cadette veut que son aînée la comprenne et la soutienne. Qu'elle ne lui rejette pas la faute, comme Lincoln. « Le dernier point de sa distance, c'est Aden. Il ne comprend pas que je puisse créer un lien avec un patient... Il ne voit pas que mon ami arrive à me sortir la tête de l'eau... Pour lui, c'est vous qui devez me sauver, et être mes soit disant héros. Il n'admet pas que des inconnus puissent m'être bénéfiques. La dernière fois qu'il est venu, il a été trop loin, et cela a mis un terme à ses visites. »

« Je suis heureuse petite sœur, oui cela peut te paraître totalement incongru et totalement déplacé, mais je suis heureuse. Tu ne t'es jamais vraiment confiée à nous, tu as toujours mis une barrière... Et puis, tu as arrêté de nous parler, tu te contentais du minimum... Aujourd'hui, je vois ton avancée, et j'en suis heureuse. Tu es sur le bon chemin, sur la voie de la guérison... Si tu n'es pas prête à sortir définitivement de cet endroit, je le conçois, et je ne vais pas te pousser à venir avec nous à la maison. Ce temps, je te l'accorde, et je ne lutterai pas contre. Ce que je souhaite, c'est qu'un jour, tu sois debout, la tête haute, et que tu vives ta vie. Si elle comporte Clarke, et Aden qui suis-je pour te l'interdire ? Vis ta vie comme tu l'entends, avec les personnes qui te donnent le sourire. N'écoute pas le jugement des uns et des autres, tu es la seule qui puisse savoir ce qui est bon pour toi. Tu es maitre de ton destin, tu as cette force en toi qui demande à sortir. Je ne suis pas ta psychiatre, je ne sais pas si mon raisonnement est juste... Mais je suis ta sœur, je t'ai vu grandir durant des années, je t'ai vu lutter contre tes démons intérieurs, je t'ai vu t'épanouir près de Clarke, je sais de quoi tu es capable... Je ne connais peut-être pas toutes les raisons qui t'ont poussé vers cet enfer, ni les causes de ta chute... Mais tu as toujours su te relever, et faire face...Oui, tu as souhaité la mort, et tu la souhaites toujours un peu... C'est compréhensif. Mais aujourd'hui, tu es là dans cette pièce, tu fais un travail sur toi-même, ce qui prouve que tu es encore capable de lever la tête, et de te battre contre tes démons. Je ne ferai pas les mêmes erreurs que Lincoln, et je compte avoir une conversation sérieuse avec lui... Nous n'étions pas les bonnes personnes pour t'aider à t'en sortir, c'est dur à l'accepter, mais c'est ainsi. La finalité, c'est que tu t'en sortes. Alors je te demande juste de ne pas baisser les bras, et de continuer à te confier. »

Lexa se jette dans les bras de sa sœur. Elle est touchée par le discours de son aînée, et reconnaissante. La lumière est au bout du tunnel, et elle commence à l'apercevoir. Raven laisse une larme coulée, elle rêve depuis des années à assister à la création d'un lien puissant entre Anya et Lexa. Harper sourit tendrement, elle est attachée à sa patiente, et voir qu'un membre de sa famille l'accepte comme elle l'est, la ravit.

Sous la demande de Lexa, le groupe est dans un restaurant à savourer de délicieux plats. Aden est heureux d'être dehors, et de partager ce moment avec ses deux amies. Depuis son hospitalisation, il ne voit rien d'autre que des murs blancs, des patients, et des médecins. Grâce à sa sœur de cœur, il a la possibilité d'oublier ses malheurs pour quelques heures. Raven apprend à connaître le jeune homme, elle apprécie son état d'esprit, et sa vivacité. Elle s'interroge sur le séjour de l'adolescent à l'hôpital, il ne donne pas l'impression d'être malade, ni d'avoir besoin d'un suivi psychologique. Anya se réjouit de ce repas, de l'ambiance qui règne autour de la table. Elle est attentive à sa sœur, qu'elle comprend sur ses gardes, et qui jette souvent des coups d'oeil aux personnes présentes. Elle souhaite la soutenir dans cette épreuve, mais Clarke est plus rapide, et glisse sa main dans la sienne. La scène fait sourire Anya, l'amour est présent entre ces deux. Cela lui réchauffe le cœur. Par le passé, elle a maudit cette jeune femme, et a voulu lui couper la tête. A présent, elle ne regrette pas sa passivité. Lexa a été détruite, et a sombré, mais il était peut-être important qu'elle passe par ces étapes pour se construire, et guérir ses différentes blessures. Après le repas, le groupe va dans un centre commercial. Il débute la visite ensemble, mais petit à petit, il éclate. Raven est en compagnie de Clarke et Aden. Les trois veulent acheter des cadeaux, et faire plaisir à chacun. Anya et Lexa sont à la recherche de nouveaux jeux vidéo. Tout d'un coup, Anya disparaît du champ de vision de sa cadette. Cette dernière longe les rayons pour la retrouver, mais la foule est trop grande. Elle sent une crise d'angoisse débuter, ses pupilles bougent dans tous les sens, analysant chaque personne présente. Lexa essaie de se contrôler, toutes les émotions la submergent. Elle repose les boitiers, et fuit le complexe. Elle a besoin de respirer de l'air frais, et de s'écarter du monde. Fébrile, elle sort un paquet, et se met un peu à l'écart. Elle ne pense pas à prendre son téléphone pour appeler Clarke ou les autres. Les émotions sont trop vives, et douloureuses. Un homme vient vers elle, il est sur le qui-vive.

« Hey ma jolie, dis-moi si je me trompe, mais tu aimerais bien un petit remontant, hein ? Je sais reconnaître une crise de manque. »

Lexa écarquille les yeux, cette proposition arrive au pire moment. Elle ferme les yeux pour se concentrer sur ses séances, et l'amour des siens. Replongée, alors qu'elle est à l'hôpital depuis sept mois, est inconcevable pour elle. Ses mains tremblent de plus en plus, la sueur coule le long de son dos.

« Si tu n'as pas les moyens, nous pouvons trouver un arrangement. Je suis sympa comme gars. Une petite dose ne peut pas te faire de mal, au contraire. »

La pression se fait plus forte. Expirer, inspirer. Mot d'ordre. Ne pas replonger. Interdiction. Lumière. Meilleure vie. Oublier le mal des autres. Concentration. Se recentrer. Pas de drogue. Pas de rechute. Etre forte. Pas de mauvaise idée. Forte. Forte. Forte. Forte.

« Non... Je... Je dois y aller. »

Lexa part en courant, elle ne se fait pas assez confiance. Elle est retenue par une main, le dealer enfourne sa carte dans son jean en souriant, puis reprend son chemin. Lexa est déboussolée, elle est tentée de le rappeler, et de prendre cette dose salvatrice. Une lutte intérieure fait rage, elle se mord la lèvre inférieure frénétiquement. Elle marche à vive à l'allure, et elle doit repartir à l'hôpital. Elle ne peut plus rester dans cet endroit. Elle se frotte le bras de plus en plus fort. Elle ne porte pas attention au fait qu'elle se blesse physiquement. Toute cette avancée pour comprendre qu'une seule demande, une sortie dans le monde la replongent dans ses abîmes. Un corps la percute, mais elle s'en moque. L'hôpital est son sanctuaire, elle en a besoin. Elle bouscule des personnes sur son passage. Son sang se met à couler. Elle lutte. Deux bras l'enlacent, l'odeur de Clarke.

« Ramène-moi... Je... Harper... Besoin... Ramène-moi, je t'en supplie. »

Clarke ne réfléchit pas, elle appele les autres, et ils vont rapidement à l'hôpital. Ils ont compris l'urgence, même si ils n'en connaissent pas la cause. La voiture de Raven se stoppe, Clarke soutient Lexa. Les deux sortent du véhicule. Les pas sont rapides. Ils arrivent à l'étage, Harper les voit au loin, elle est interloquée. Elle court vers Aden qui lui indique Lexa. Elle va vers sa patiente, et l'amène dans sa chambre. Elle demande à tout le monde de sortir de la pièce. D'une main fébrile, elle sort la carte, et la tend à Harper.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Je... J'ai perdu Anya... Et je ne me sentais plus en sécurité... J'ai été prise au dépourvu... Toute cette douleur... J'en pouvais plus... Je suis sortie, et il est apparu...Il m'a proposé une dose... Une putain de dose... »

« Qu'as-tu répondu ? » Harper est attentive aux mots et gestes de Lexa. Elle a peur qu'elle ait accepté, et que le chemin devienne encore plus compliquer.

« J'ai... Refusé... Je.. J'ai pensé à nos exercices... Je me suis concentrée... Et je suis partie... Il m'a donné sa carte en la mettant dans ma poche... Je ne veux... plus sortir... Plus jamais... Je suis faible. »

« Lexa regarde-moi. Maintenant, écoute-moi. Tu as fait preuve d'un vrai courage aujourd'hui, et si ça continue ainsi, dans quelques semaines, tu pourras sortir, et mener ta propre vie. Tu as refusé une dose, Lexa, tu as refusé. Je ne doute pas que cela a été difficile, et que tu es pensée à accepter... Mais tu ne l'as pas fait, tu es allée à la recherche de ta famille, et tu t'es éloignée du danger. Tu es une battante, et je sais que je peux avoir confiance... Ne dénigre pas ce que tu as accompli. Je suis fière de toi. »

Lexa détourne la tête. Les mots d'Harper la percutent de plein fouet, mais elle n'en croit pas un seul mot. Elle se sent faible. Elle s'allonge sur son lit, et se couvre avec le drap. Elle souhaite oublier, et être en sécurité. Harper lui propose d'aller chercher Clarke, mais elle refuse. Elle ne veut compter sur personne. Elle préfère faire face seule, et gérer ses émotions sans aide. Elle aime Clarke, elle apprécie d'être à ses côtés, et de reconstruire une relation. Mais elle refuse de faire les erreurs de passé, et de laisser une personne dirigée son existence. Il faut qu'elle apprenne à se suffire à elle-même. Ce bonheur qu'elle essaie de toucher, ne pas être dans les mains d'une seule personne. Lexa ferme ses paupières, elle se concentre sur son rythme cardiaque, et s'endort.

Clarke dessine le portrait de sa petite-amie. Elle adore ces moments de tranquillité. Lexa est allongée sur l'herbe, et parle avec Aden. Rien ne semble atteindre ce trio. Ils profitent de la présence de chacun. La blonde s'imagine un avenir près de l'amour de sa vie, et du jeune homme. Elle aime se projeter dans un futur merveilleux. Elle n'en a pas encore discuté avec Lexa, mais elle aimerait prendre un appartement pour que leur couple y vive des instants de bonheur. Aden se lève, et salue ses deux amies. Lexa en profite pour tourner son corps, et sourire à Clarke. Cette dernière pose ses crayons et son cahier, et s'approche de sa copine. Elle l'embrasse avec tendresse et amour, elle regrette que ces échanges soient peu nombreux. Comme à chaque fois, Lexa s'écarte.

« Pourquoi fais-tu cela ? »

« De quoi ? »

« Dès que je viens, tu t'éloignes. Dès que je t'embrasse, tu interromps le baiser. J'aimerai que tu m'expliques. »

« Je n'ai pas envie de perdre le contrôle... J'ai besoin de temps, et de mettre de la distance quand ça devient trop lourd... Je t'ai déjà dit que tu étais mon univers... Je ne le tolère plus. Si je reprends mes vieilles habitudes, tu retrouveras ta place, et tu redeviendras ma lumière... Ce n'est pas la solution, pour moi. Mon séjour, ici, m'apprend à vaincre mes dépendances, et à être indépendante... il faut que je puisse vivre sans attache... Je t'aime, Clarke, et tu le sais... Mais devenir cette personne qui a besoin de l'autre pour se sentir en vie, et du sourire de l'être aimée pour sourire à mon tour, ce n'est plus possible... Le couple que nous formions n'existera plus. J'aspire à une relation plus stable, où chacune peut sortir sans l'autre, où nous ne ressentons pas le besoin d'être sans cesse ensemble. Ce que je te demande n'est pas facile... Je t'en demande pardon... Mais toutes ces émotions risquent de détruire ma guérison. Tu connais mon mal, et ce qui en engendre... »

« Lexa, si tu t'éloignes de chacun, tu ne trouveras jamais la paix intérieure. L'amour qui nous unit, et celui qui t'unit aux autres ne sont pas une faiblesse. Nous pouvons être une force, et un soutien... Que tu trouves la lumière en toi, c'est tout ce que je souhaite... Mais tu ne dois pas oublier ceux qui t'entourent... Nous allons nous blesser, nous allons nous disputer, vivre des instants douloureux... Mais on s'aime, on se retrouvera, et nous ne laisserons aucune de nous deux sombrer de nouveau... Ce chemin, tu es au bout, mais pour franchir la limite, il faut que ton cœur agisse sur toi... Oui, le mal qui te ronge ne t'aidera pas, tu vas pleurer à cause de la souffrance du monde... Mais tu te relèveras, car cette force est en toi. J'ai conscience d'avoir brisé notre couple une première fois, et que tu te montres indulgente avec moi, tu m'as pardonnée. Je retiens ce fait, nous nous sommes retrouvées, et nous avançons côte à côte. Ce n'est pas anodin, nous sommes faites l'une pour l'autre. Tu ne peux pas t'investir à moitié dans notre couple, Lex'. Que tu veuilles que nous puissions faire des sorties séparément, je l'accepte. Que tu sois indépendante, j'en serais ravie... Mais tu ne peux pas me mettre de côté, et considérer que je sois une personne comme une autre. Nous sommes importante l'une pour l'autre, alors ne met pas une barrière entre nous par peur... » Clarke sourit à Lexa. Elle a été blessée par les propos de sa compagne, mais elle passe outre car c'est elle qui en tort. « Moi aussi je suis terrifiée, j'ai peur que tu mettes fin à notre relation... Que tu viennes à penser que je ne représente rien à tes yeux... Que tu trouves notre relation trop stressante, et lourde à porter... Qu'un jour, un mot, un geste te poussent vers tes démons. Mais je fais de mon mieux pour ne pas écouter toutes ces inquiétudes, car je t'aime, et que je veux grandir à tes côtés... J'ai pleins de projets pour nous, et j'espère que nous arriverons à les exécuter. Tu es mon autre... Je te promets que je t'offrirai tout le temps dont tu as besoin... Surtout qu'actuellement, tu as besoin de penser qu'à toi, et de te concentrer sur ton rétablissement... Mais juste, ne m'oublie pas. »

Lexa hoche simplement de la tête, elle n'a pas de beau discours. Elle a assimilé les paroles de Clarke, mais elle n'est pas encore prête. Pour l'instant, sa vie est bien trop fragile, et en pause. Tout ce qu'elle souhaite, c'est la guérison. Clarke l'enlace, et l'embrasse doucement. Elle refuse d'abandonner sa compagne, et de fuir la situation. Elle aurait pu tenter d'ignorer son amour, tourner le dos aux épreuves, et choisir une voie plus facile. Son cœur en a décidé autrement, et sa tête est en accord. Le couple rentre dans la chambre d'hôpital, il s'allonge sur le lit, et se laisser happer par le sommeil. Les deux femmes ressentent le besoin de dormir ensemble, et de franchir une petite étape. Malgré l'incertitude qui règne chez Lexa, la jeune femme n'imagine pas une vie sans Clarke. Leur amour n'est pas feint. Depuis leur premier rencontre, elles sont animées par ce sentiment très fort, et elles ont consenti à ce que le destin les unit.

Une voiture se gare. Lexa soulève une valise avec hésitation. Elle est libérée de l'hôpital. Harper considère qu'il est temps qu'elle retourne dans la vraie vie. La jeune femme est angoissée à cette idée. La vraie vie ne lui a apporté que mal être, et descente en enfer. Clarke accourt vers elle, et prend ses bagages. Aden est près de celle qui considère comme sa grande sœur. Ce départ le rend nerveux. Il a rencontré une personne fabuleuse, qui le comprend, et qui l'aide à sa manière. Il est terrifié à l'idée d'être de nouveau seul. Comme à son habitude, Harper observe ses deux patients, elle est devenue proche d'eux, et a conscience que leur lien a dépassé le professionnel. Anya et Raven arrivent à leur tour. Elles ont longuement discuté avec Lexa pour connaître ses envies. Il a été décidé que la plus jeune irait vivre quelques temps chez Abby et son époux. La mère de Clarke a toujours considéré Lexa comme une seconde fille. Il est normal pour elle de loger la jeune femme, le temps qu'elle gère cette nouvelle existence. Le groupe débute une conversation, chaque membre tente de baisser le niveau de stress de Lexa, et Aden. Raven, sous ses airs de génie, court vers sa voiture, et allume le lecteur cd, elle augmente le son, et commence à danser. Elle ne supporte pas la tristesse de sa belle-sœur, et elle veut absolument lui changer les idées. Elle va, ensuite, vers elle, et passe ses bras autour de ses hanches.

« Allez ma belle, tu adores cette musique, et tu es une danseuse hors pair. »

Harper écarquille les yeux, elle lance un regard vers l'intérieur de l'hôpital. Elle espère que personne ne viendra couper ce moment. Anya se tape le front désespérée par le comportement de sa conjointe. Lexa soupire un grand coup, et se laisse séduire par le jeu de Raven. Au début, elle bouge son corps doucement, puis le rythme de la musique prend possession d'elle. Silencieusement, elle remercie sa belle-sœur, et son coup de génie. Durant une année, elle a vécu dans un centre hospitalier, oubliant certains aspects de sa vie, comme la danse. Clarke est figée, elle n'a jamais vu Lexa dansée, et elle ne la savait pas si douée. Par le passé, sa compagne refusait de la rejoindre en boite de nuit, et rejetait toutes ses propositions. Encore une fois, elle remarque que Lexa a changé, et qu'elle en apprendra un peu plus chaque jour. Aden est happé par cette nouvelle ambiance, il propose sa main à Clarke, et les deux rejoignent la danse. Les quatre dansent à en oublier le départ, à en oublier les épreuves passées et futures. Ils souhaitent juste profiter de cette joie, et de ce partage. Plus rien n'existe autour d'eux. Ils sont dans leur bulle. Raven saute sur place, les bras en l'air, et le corps suivant son propre rythme. Elle est heureuse.

Le moment du départ survient. Lexa remercie Harper, et la psychiatre lui annonce que plusieurs rendez-vous auront lieu. La thérapie n'est pas encore aboutie. Ce qui soulage la jeune femme. Elle va ensuite prendre Aden dans ses bras. Ils restent ainsi durant plusieurs minutes, un vrai lien s'est créé entre eux. Lexa promet à l'adolescent d'être présente, et de répondre à ses demandes. Un dernier coup d'oeil à l'hôpital, Lexa monte dans la voiture de Clarke. Elle est crispée, sa main serre violemment la poignet de la portière. Une page se tourne, un nouveau chapitre s'écrit. Prête ? Elle en doute. Terrifiée ? Une vérité. Le monde n'est pas là pour la protéger. Il ne la guidera pas, il la mettra face à des difficultés. Certes, elle est entourée, elle peut compter sur sa famille. Mais, comment expliquer que l'envie de reprendre une dose à pointer son nez dès son éloignement de l'hôpital ? Elle ne le comprend pas, elle même. Elle se ronge les ongles, son regard se perd sur la ville. Son filet de sécurité a disparu, elle se concentre sur les exercices appris. Ne pas se focaliser sur l'envie. Se fixer sur un point. Oublier ses démons.

La voiture s'arrête devant la demeure d'Abby. Lexa sort du véhicule pour prendre un bol d'air. Elle s'étire. Clarke ouvre la porte d'entrée et invite le groupe à entrer. Personne ne se fait prier. En cette fin de matinée, la chaleur est trop lourde. Ils souhaitent tous trouver le frais. Clarke sert tout de suite un apéritif. Lexa se contente d'un jus de kiwi. Elle a oublié le goût de l'alcool, cela la dérange. Elle garde le silence, elle ne pourra plus jamais boire une goutte de vodka. Elle en prend conscience qu'à cet instant. Ce nouveau chapitre n'est pas très réjouissant pour elle. Lexa s'interroge sur cette vie, le moyen qu'elle a pour s'amuser. Elle sent une main prendre la sienne. Elle lève le regard pour croiser celui de Clarke. Cette dernière lui offre un sourire. Ce contact réchauffe le cœur de Lexa, et lui permet de se calmer. Anya s'occupe des valises de sa sœur. Abby lui a montré sa chambre. L'aînée est soulagée, et espère que la pièce choisie plaira à Lexa. Les quatre femmes se trouvent ensuite sur la terrasse. Raven, Anya et Clarke discutent de tout et de rien, elles lancent souvent un coup d'oeil vers Lexa, qui garde le silence. Elle est dans l'obligation de s'adapter à sa nouvelle condition. Nerveusement, elle joue avec sa paille. Clarke ressent l'angoisse de sa compagne. Elle s'approche un peu plus d'elle, et lui murmure quelques mots. Lexa se lève et prend place sur les genoux de la blonde. Son visage se cache dans le cou de sa petite-amie. Puis elle ferme ses paupières. Clarke caresse avec tendresse le dos de Lexa, et par moment, joue avec ses mèches de cheveux. Elle est soulagée par l'acceptation de sa conjointe, et de ne pas avoir faire face à un refus. Lexa plie ses jambes, et se colle entièrement contre Clarke. Anya observe la scène, elle sourit tendrement. Sa sœur n'est plus seule, elle est aimée, et soutenue. Elle sait que la fille d'Abby sera à la hauteur, et qu'elle a appris de ses erreurs. Malgré les doutes sur les semaines à venir, Anya croit en avenir meilleur, et en la guérison totale de sa sœur.

Harper gare sa voiture. Elle toque à une porte en se frottant le bras. Elle est inquiète. Abby lui ouvre, et la salue en silence. La mère de famille invite la psychiatre à la suivre. Elle l'amène dans une chambre. Les volets sont fermés, aucune lumière allumée. Harper hoche de la tête, Abby sort. Elle aperçoit sa patiente, elle est sous les couettes, et ne bouge pas.

« Lexa ? Comment vas-tu ? » Aucune réponse. Harper s'approche de la forme couchée. Elle pose sa main sur ce qu'elle distingue comme l'épaule. « Réponds-moi. »

« A ton avis. » Le ton hargneux étonne la psychiatre. Lexa ne lui a pas parlé ainsi depuis des mois.

« Que se passe-t-il ? »

« Je ne suis pas assez forte... Tu as autorisé ma sortie, mais c'était une erreur. Tu t'es trompée. » Harper se pince l'arête du nez. Elle se contrôle pour ne pas se mettre à crier à son tour. « J'avais confiance en ton jugement... Tu m'as laissée... »

« Non, je ne t'ai pas laissé. Nous avions rendez-vous hier, mais tu n'es pas venue... »

« Je n'ai plus confiance... Je suis dehors, et à bout de force. Tu n'as pas arrêté de dire que je pouvais gérer, que j'avais toutes les cartes en main... Tu as menti ou tu es trop stupide pour voir la vérité. »

« Je ne te permets pas. Ce n'est pas parce que tu te sens mal que tu peux me parler ainsi. Je ne suis pas ton chien. » Harper attrape le bras de Lexa, et la force à se retourner vers elle. Puis, elle allume la lampe de chevet. Les cernes de sa patiente ne l'étonnent pas. « Je ne t'ai pas menti, et je t'ai signalé que le combat allait durer... Il était primordial que tu reviennes dans le monde. Il est inconcevable que tu t'enfermes à l'hôpital pour te cacher. Je ne t'ai jamais affirmé que ce serait facile... Je t'ai même donné mon numéro pour que tu puisses me contacter. Tu parles de confiance, mais que dire de mon côté ? Tu avais rendez-vous Lexa, je t'attendais, et Aden se réjouissait de ta venue. Tu as brillé par ton absence. Alors, à présent, je pourrai manquer de confiance envers ta personne. Maintenant, tu vas m'expliquer ce qui se déroule dans ta petite tête d'entêtée, et je t'interdis de me cacher quoi que ce soit... Je te donne une chance de te rattraper, alors saisis-la. »

« Avec toi, je dois toujours saisir la chance... Je l'ai fait y a un an, j'ai accepté ton aide... Alors arrête avec ton baratin... Ok ? Arrête de me mettre la pression, et de penser que je suis trop bête. »

« Je n'ai jamais sous-entendu cela. Au contraire, tu es très intelligente. Mais là tu agis avec sottise, et irrespect. Je ne sais pas ce qui t'arrive, ni les raisons qui te poussent à t'enfermer. Nous avons fait un long travail, et par manque d'envie, tu es entrain de tout détruire. Alors j'ai le droit d'en connaître les raisons... Bon sang, Abby, Clarke, et Anya m'ont contacté car elles s'inquiètent pour toi. Tu as basculé du jour au lendemain, et ce comportement nous interroge. Alors, tu vas prendre tes responsabilités, ouvrir ta petite bouche insultante, et me parler. »

Lexa se lève d'un bond. Ses nerfs la lâchent, ses poings percutent avec violence un des murs. Elle continue le geste sous le regard calme d'Harper. Puis, elle pointe un doigt ensanglanté vers sa psychiatre.

« Je n'arrête pas de penser, j'ai envie de prendre une dose... J'ai envie de boire... J'ai envie de sortir, et flinguer ce monde. Ils sont tous là à mes petits soins... Ça m'énerve... Je veux qu'on me laisse seule, qu'on m'oublie... Durant ces derniers mois, je pensais avoir avancé, mais c'était juste une illusion. Une putain d'illusion... J'ai mal ici. » Lexa montre son cœur. « Et là. » Puis sa tête. « J'ai fait tes satanés exercices, mais rien n'y fait. J'ai envie d'une putain de dose. »

« Alors pourquoi restes-tu dans cette chambre ? Pourquoi ne vas-tu pas trouver un dealer ? Tu en as la possibilité. » Lexa ouvre la bouche, puis la referme. Elle répète ce mouvement plusieurs fois. Elle soupire et prend place sur le bord du lit. « Je vais te répondre moi. Tu n'as pas envie de sombrer... Tu as conscience du chemin parcouru, et tu refuses de revenir sur tes pas... Cela prouve ta force. Tu veux une dose, tu veux boire, mais tu luttes contre ces envies. C'est une évolution positive... Mais il faut que tu continues sur cette voie... Juste arrête de t'enfermer. Si tu fuis le monde, tu ne te rendras pas compte de cette avancée, et tu penseras encore que tu es trop faible. Il faut que tu te jettes à l'eau, et que tu apprennes à te faire confiance. Tu es entourée par des personnes qui t'aiment, et qui sont prêtes à t'aider... Beaucoup n'ont pas cette chance, ne leur tourne pas le dos. Aies confiance en toi, même si cela paraît difficile. »

« Je ne sais pas, ça semble tellement irréel... J'ai l'impression que si je sors de cette pièce, je vais m'effondrer. C'est tellement compliqué dehors, et effrayant... Déjà que dans cette maison, je ressens le stress d'Abby, les angoisses de Clarke... Alors après ces murs, je suis persuadée que je ne pourrai pas résister à tout ce brouha. » Lexa met ses mains sur son visage en soupirant. « Je suis effrayée par ce qui m'entoure. »

« Il faut pourtant que tu te lances... Si cela devient trop lourd à porter, tu peux m'appeler, ou contacter Clarke... Je sais qu'Anya et Raven sont loin, mais elles réfléchissent à se rapprocher. Ta famille est prête à tout pour ton bien-être... Alors lance-toi, et continue... Tu as cette force en toi, et tu peux gérer le monde. J'ai confiance en toi, et je ne suis pas la seule. »

Lexa garde le silence, elle réfléchit aux paroles d'Harper. Elle cherche le vrai du faux. Elle regrette son emportement, elle avait besoin de lâcher sa colère, mais ce n'était pas une raison pour la verser sur sa psychiatre. Un bruit résonne dans la chambre, Harper se lève et va ouvrir. Abby entre dans la pièce. Elle fixe les mains de Lexa, et part à la recherche de sa trousse médicale. Les minutes qui défilent sont dédiées au soin. Puis avec hésitation, Lexa sort de sa chambre. Abby sourit tristement, elle est heureuse de ce retour, mais elle s'inquiète toujours. Elle sent la fragilité de sa belle-fille. Les trois femmes vont s'asseoir sur la terrasse. Harper observe en silence sa protégée, Abby agit de la même manière. D'un coup, Lexa se met sur deux jambes, et attrape son téléphone portable.

« Oui ? »

« Est-ce que tu serais d'accord pour que je vienne ce soir ? »

« Avec plaisir. D'ailleurs, on pourrait se faire un tête à tête... Depuis ma sortie, je me suis un peu éloignée, et j'en suis désolée... On pourrait aller... »

« Lexa ? » La dénommée dévie sa tête vers Abby. « Je travaille cette nuit, alors faites-vous une soirée à la maison. Et demain, tu penseras à sortir. »

Lexa hoche de la tête, et propose une soirée à Clarke. Elle est soulagée quand sa compagne accepte sa demande. Elle se rend compte que Clarke est parfaite avec elle, patiente, compréhensive, et aimante. Lexa décide de rendre cette soirée exceptionnelle. Avec le soutien, et l'entraide d'Harper, et d'Abby, elle met en place le rendez-vous. Elle prépare le repas en rigolant avec les deux femmes, puis elle choisit sa tenue. La psychiatre organise la table à manger. Elle a compris la nécessité pour Lexa de vivre une parfaite soirée. Abby et Harper partent en embrassant le front de leur protégée. Les trois ont passé une après-midi merveilleuse, cependant, la psychiatre et le chirurgien savent que rien n'est encore gagné. Le second combat a mal débuté, mais cela ne signifie pas la fin. Lexa est prête à faire des efforts, il faut juste qu'elle évite de s'épuiser, et de garder en silence ses peurs.

Clarke n'en revient pas. Tout est magnifique et délicieux. Lexa a préparé une soirée de rêve. Le couple discute en savourant le plat principal. Les lumières sont éteintes, les bougies illuminent la salle à manger. Clarke est hypnotisée par sa compagne, sa beauté est renversante. Elle n'a jamais rencontré une femme aussi belle, et intéressante. Depuis la rupture, elle a refusé qu'une femme ou un homme ne la touche. Pour elle, son corps et son cœur appartiennent à Lexa.

« Est-ce que demain tu es libre ? » Clarke sursaute, elle s'est perdue dans ses pensées.

« Oui, pourquoi ? »

« En fait... J'aimerai rendre visite à Lincoln et sa petite famille... J'aimerai que tu viennes avec moi. »

« Evidemment que je serai là... Je ne te lâche pas, et je serai toujours présente pour toi. »

« En parlant de ça. » Lexa se triture les doigts, ce qui prouve à Clarke son anxiété. « Je tiens à m'excuser pour ces trois dernières semaines. Je... J'ai eu du mal à faire surface... Cela s'est avéré compliquer pour moi de faire la transition entre l'hôpital et ici. Je me sentais perdue, et affreusement mal. Au lieu de te parler, je me suis enfermée, et j'ai un peu pêté un câble. Je luttais contre mes envies déraisonnées... J'ai même raté mes consultations avec Harper. Alors, je tiens à te demander pardon. Je te promets que je vais agir, et éviter de reproduire ce comportement... Je... »

« Tu ? » Clarke apprécie que Lexa admette son erreur, et décide de continuer d'avancer.

« J'ai beaucoup réfléchi à ce que je voulais... Enfin si je m'en sors... Non, laisse-moi parler. Le chemin est semé d'embûche, et je peux sombrer... Mais je veux avancer, accepter ma condition, et faire face. Si dans cinq mois, j'ai réussi à garder la tête hors de l'eau, j'aimerai que notre couple prenne une autre ampleur. » Lexa plante son regard dans celui de Clarke, elle y lit tout son amour, et sa dévotion. Les battements de son cœur s'accélèrent.

« Je t'écoute. »

« Est-ce que tu voudrais aménager avec moi ? Qu'on se trouve un appartement ou une maison ? » Clarke n'en croit pas ses oreilles. Elle en rêve depuis que son histoire avec Lexa a, de nouveau, débuté.

« J'en serai heureuse. Et si tu es d'accord, nous pouvons déjà réfléchir au logement de nos rêves. J'ai envie qu'on construise cet avenir ensemble, Lexa. Tu n'as pas idée de tout ce que je ressens pour toi, et ce que je souhaite vivre à tes côtés. Alors comte sur moi pour te soutenir, et être présente à chaque instant. »

Clarke dépose ses couverts, et se lève. Elle pousse la chaise de Lexa, et s'assoit sur ses jambes. Elle passe ses bras autour de son cou, et l'embrasse tendrement. Elle sourit quand les mains de sa compagne viennent derrière son dos, et le lui caresse du bout des doigts. Le baiser s'intensifie, mais Lexa la repousse.

« Attend, j'aimerai continuer cette conversation. »

« Ok, dis-moi tout. »

« Je vais reprendre mes études... Je me suis renseignée quand j'étais hospitalisée. L'université pourrait m'accepter, si je passe un teste et que je le réussisse. J'aimerai retourner à Stanford, et reprendre là où je me suis arrêtée. Tu en penses quoi ? »

« C'est une idée géniale. Ne doute pas tes capacités, car moi je le ne fais pas. Stanford sera ravi de te compter parmi ses étudiants. Alors fonce. »

Lexa se jette sur les lèvres de Clarke. Elle lui est tellement reconnaissante. Son amour s'agrandit, et elle sait qu'elle ne pourra plus vivre sans cette femme fabuleuse. Les mains se cherchent, et les corps s'enflamment. Elles n'ont pas pu assouvir leur besoin sexuel. A cause de l'hospitalisation de Lexa, elles n'ont pas eu le droit de partager de moment intime, et l'hôpital n'est pas l'endroit idéal. Elles gémissent, elles s'embrassent, elles se caressent, elles s'affolent. Les vêtements s'envolent à travers la salle à manger. Elles ne se contrôlent plus. Elles répondent à leur pulsion.

La musique retentit. Des personnes dansent. Le monde extérieur n'existe plus. Chacun profite de la nuit. Le lendemain n'a aucune importance. Lexa lève les bras, et bouge sensuellement contre un corps. La personne derrière elle pose ses mains sur ses hanches, et se colle. D'un coup, Lexa se retourne et attrape la nuque de l'autre femme. Elle l'embrasse avec passion. Elle se sent épanouie, et libre. Un hurlement résonne dans ses oreilles, elle stoppe le baiser, et détourne sa tête. Octavia lui saute dessus en rigolant, et en hurlant : félicitation. Raven arrive à son tour, et se joint au câlin. Les trois sautent sur place sous le regard affolé d'Anya. Cette dernière regrette d'être venue. Elle soupire quand Raven se rue sur elle et la force à échanger un baiser. Cette soirée ne rime à rien pour l'aînée, cependant, elle rentre dans le jeu pour sa sœur. Lexa retourne danser, et embrasse de nouveau l'autre femme. Cela fait quatre ans qu'elle n'a pas profité d'une seule soirée. Alors c'est sa nuit. Des mains caressent ses jambes, ce qui l'émoustille. Elle mord le lobe de sa partenaire, et lui murmure si les toilettes sont un bon endroit pour se perdre de longues minutes. L'autre rigole, et repousse Lexa. La danse reprend.

« Je suis fière de toi, ma puce. Je te promets qu'à notre retour dans notre belle et merveilleuse maison, la fête continuera. En tout cas, bravo, madame l'avocate. »

« Alors qui a eu son diplôme dans cette salle ? »

Clarke continue de rigoler. Harper fait son entrée habillé d'une robe de juge. Presque toutes les personnes présentes lèvent la main en hurlant moi.

« Tournée générale. »

La psychiatre embrasse le front de Lexa, et salue le reste du groupe. Un serveur arrive vers les filles, et prend leur commande. La classe de Lexa a loué la salle pour fêter leur nouvelle liberté, et la fin de leur statut étudiant. Ces dernières années, la jeune femme s'est donnée corps et âme à ses études. Elle est major de sa promotion, et son avenir professionnel est tout tracé. Avec Harper, elles vont monter un foyer pour jeunes, elles souhaitent les recueillir, et leur fournir aide, et soutient. Aden, qui n'est pas présent, se joindra à elles, une fois son diplôme acquis. Ce projet tient à cœur aux trois personnes, ils veulent offrir une chance aux autres, et partager leur expérience. Clarke compte apporter son soutien dans le domaine du médical. Depuis une année, elle travaille dans un hôpital, et suit la voie de sa mère. Le couple vit ensemble, Lexa a acheté une maison, ne voulant pas vivre dans un appartement. Elle a besoin d'espace, d'un grand jardin, et une piscine. Elle ne supporte pas être enfermée par quatre mur, cela lui rappelle ses mauvaises périodes. Dès qu'elle a emménagé avec Clarke, elle a réussi à vivre normalement, malgré ses crises d'angoisse. Lexa a arrêté sa thérapie un an plus tard après l'achat de la maison. Elle continue de voir Harper amicalement. Les deux femmes passent des heures à discuter. A un moment, Clarke a commencé à être jalouse, et à surveiller les messages que s'envoyaient Lexa et Harper. Elle faisait son maximum pour être présente quand les deux se retrouvaient. Jusqu'au moment où Lexa a compris le comportement de sa compagne grâce à l'aide de son amie. Ce fut difficile pour elle t'accepter cette jalousie, pensant que Clarke lui faisait confiance. Durant plusieurs semaines, Lexa a gardé le silence, et a repris une certaine distance. Elle n'a jamais supporté que sa compagne remette en question l'amour qu'elle lui porte, et la stabilité de leur couple. Lors d'une soirée, Clarke a commencé à interroger Lexa sur sa relation avec Harper, sa compagne n'a pas répondu. La brune a juste soupiré, et a quitté leur domicile. L'ancienne psychiatre a géré le conflit, elle est allée voir Clarke pour discuter avec elle, et mettre la situation au claire. La blonde s'est sentie ridicule, et s'est excusée auprès des deux jeunes femmes. Malheureusement, Lexa subit de nombreuses crises de jalousie, sa compagne ne peut s'en empêcher. Un point noire dans leur couple, mais la brune a appris à vivre avec, et à accepter ce tempérament. Elle fait de son mieux pour rassurer sa conjointe, à être présente quand besoin, et à obtempérer quand Clarke dépasse les limites. A cet instant, Lexa comprend qu'elle va devoir sortir sa panoplie pour calmer sa compagne. Depuis plusieurs minutes, une étudiante lui sourit, et quand Lexa croise son regard, l'autre lui envoie des clins d'œil. Clarke fronce les sourcils, et serra les poings, Lexa amorce la prochaine crise. Elle attrape sa compagne, et la colle contre elle.

« Arrête, cette pauvre fille n'a rien fait. »

« Si elle te fixe avec des yeux doux, elle te sourit comme une traînée... Si ça continue, je vais lui fracasser son minois. »

« Je me moque d'elle, comme des autres. Tu es celle que j'aime, avec qui je me projette dans l'avenir, et celle qui deviendra ma femme. »

« Ta femme ? »

Clarke sourit malicieusement. Jamais, elles n'ont parlé mariage, et la possibilité de s'unir devant leur famille, et leurs amis. La blonde en a rêvé, et s'est imaginée cette journée merveilleuse. Mais Lexa ne lui a jamais fait part de ses envies, et Clake n'a pas voulu lui mettre la pression. Elle a conscience que sa compagne a avancée, et qu'il ne faut pas lui en demander plus. Elle ne remarque pas le geste de main de sa compagne. La musique change de tempo, Clarke reconnaît les notes, et la voix de la musicienne. Ella a toujours considéré cette chanson comme l'histoire de son couple. Un spot lumineux blanc se pose sur le couple. Clarke ne s'aperçoit pas du changement, et de cette lumière qui les couve. Lexa tend sa paume vers Harper, puis met un genou à terre. Clarke écarquille les yeux, et de ses mains se cachent la bouche grande ouverte.

« Il y a des années, j'ai rencontré la meilleure amie d'Octavia. Cette adolescente riait aux éclats, un son magnifique qui a atteint mon cœur, comme sa beauté, et son charme. Je n'ai pu détacher mon regard de cette déesse... Mon frère m'a donné un coup de coude pour que je me reprenne. Je n'ai pas osé l'approcher, elle illuminait la pièce par sa présence. Cela me rendait nerveuse. Elle est venue vers moi, à entamer la conversation... Je suis tombée sous son charme. Je refusais d'aimer un être humain, car je connaissais la douleur qu'engendrer la perte. Mais, cette jeune s'est battue contre mes démons. Et j'ai succombé... Nous avons vécu un an d'une relation parfaite, partage, amour, tendresse, sourire, et bonheur... Tout s'est effondré... Pourtant, nous nous sommes retrouvées, le chemin n'a pas été facile, et il a été long. Je ne lui ai pas facilité la tâche, repoussant le besoin d'être près d'elle. Mes angoisses n'ont pas aidé, par moment, je refusais de sortir. Elle a été patiente, elle ne m'a pas jugé, et elle luttait pour que j'ouvre les yeux. Clarke, je ne te l'ai jamais avoué mais, je bénis le jour où je t'ai recroisé. Certes, au début, je ne voulais rien d'autre qu'un partage de corps à corps... » Des rires résonnent dans la salle, mais Lexa s'en moque. « Tu es passée outre, tu te contentais de m'aimer... Je t'en remercie, merci d'être toi, cette femme fabuleuse qui émerveille mon existence. Je n'arrive pas à imaginer ma vie sans toi, me réveiller loin de tes bras, et m'endormir sans ta présence à mes côtés. Alors, voilà, j'espère que tu vas accepter ma demande, et que tu es prête à passer tes jours avec moi. » Lexa ouvre un écrin blanc et lève son bras vers Clarke. « Acceptes-tu de devenir ma femme ? »

Clarke est émue, sa compagne à genoux devant vient de déclarer son amour devant tous les étudiants, et certains de leurs amis. Elle qui a l'habitude d'être discrète face aux autres, qui n'aime pas montrer leur amour devant du monde. Elle encre son regard dans celui de Lexa. Puis, elle se baisse à sa hauteur pour l'embrasser avec tendresse. Elle a conscience que sa conjointe a pris sur elle, et qu'elle a détruit une autre barrière. Cette femme continue de la surprendre, et de la rendre de plus en plus amoureuse.

« Oui... Oui... Oui. Tu es exceptionnelle, et l'amour de vie, je ne peux dire non. Je t'aime Lexa. »

Lexa se relève, et embrasse sa fiancée. Elle est soulagée, et heureuse. Elle sait que le bonheur rime avec sa vie, et que rien ne pourra ébranler cette conviction. Elle a fait face à ses démons, et elle a pu retrouver l'amour. Elle n'est pas seule et elle a accepté que les siens puissent l'aider dans ses tourments. Elle a conscience qu'elle ressentira toujours les manques de ses dépendances, mais elle n'en ressent plus les effets. Elle est assez forte pour faire face à ses besoins latents. Grâce à sa famille, Lexa n'a plus peur, et sait gérer le mal qui tente de la dévorer. Elle arrive à rire, même quand, elle est dehors, et que la douleur des autres est présente. Elle n'a plus peur des émotions, elle s'en sert comme une force. Le monde souffrira, il pleurera les malheurs de ses enfants, il saignera pour eux et à cause d'eux, mais il jouit du bonheur, des rires, et de l'amour. Lexa agit de même, il n'est plus cette ombre qui se tapisse dans l'obscurité, elle est cette lumière qui émerveille son entourage. Elle est devenue ce pilier, et force de la nature. La mort n'est plus son but, elle souhaite la vie, et continuer son chemin de nombreuses années. La perte qu'elle a subie ne la prendra plus. Son passé lui a permis à être cette femme, et elle n'en a pas honte. Au contraire, elle est fière de son parcours, des étapes qu'elle a franchies, et des ténèbres qu'elle a vaincues. Clarke lie leur main, et lui sourit. Oui, la vie est merveilleuse près de cette femme.