The winner takes it all
Chapitre 1 Ou pourquoi est-ce que Georges Orwell fait de très bonnes citations.
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Disclaimer : Je ne possède aucun droit sur ce manga, tout appartient à son auteur, Haruichi Furudate . De la même manière, il existe sans doute des fics qui ont été écrites en suivant la même idée, donc je n'ai aucune exclusivité là-dessus non plus.
Notes de l'auteur (IMPORTANT) :
Je ne suis pas militaire, ma seule notion des grades de l'armée vient donc de mon interprétation personnelle de Wikipédia. Je vous demanderais donc de ne pas m'en tenir rigueur.
Tout ce que je vais dire sera réexpliqué plus tard dans le manga, plus en détail, cependant, voici un rapide croquis des différents rangs que vous pourrez trouver (imaginez une sorte d'arbre.)
1- Le Roi, chef des armées
2- Les généraux
3- Les colonels, qui, selon leur grade, commandent des troupes de 1000, 2000 ou 5000 soldats
3b- Les capitaines, commandants de bataillons de cinq hommes (leurs bras droits peuvent être considérés comme des lieutenants)
Le rang de capitaine est propre aux anges, il n'existe pas chez les démons.
Warning : Shonen-ai ; Guerre
Bonne lecture !
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Sawamura Daichi était beaucoup de choses. Il était compréhensif, patient et il se considérait comme quelqu'un d'amical – le fait que Hinata Shouyou et Nishinoya Yuu fassent toujours partie de son équipe en était une preuve suffisante, selon son opinion. Mais même lui avait des limites.
« Daichiii ! » Une boule de plumes blanches se détourna entièrement de la conversation dans laquelle elle était plongée pour porter son attention sur lui. « Pourquoi ne viens-tu pas nous voir plus souvent ? Tu nous manques, tu sais ? » À ce point, seuls les vêtements et les ailes de la personne qui lui faisait face lui rappelaient que oui, son interlocuteur était une reine et plus encore, sa reine – Dieu ait pitié – et donc non, il ne pouvait pas fuir sa présence, peu importe à quel point il le souhaitait.
« Vous savez bien que je le ferais si je le pouvais, Votre Majesté. » répondit-il à la place, un sourire séducteur aux lèvres. Iwaizumi le tuerait si la famille royale réduisait leurs fonds juste parce qu'il ne savait pas se tenir en société. « Votre présence m'est très agréable et je n'en profite jamais assez. » Bon dieu, il haïssait ces dîners de la haute.
« Quel charmeur ! » gloussa la reine « Je suis sûre que toutes les filles de cette ville sont à tes pieds ! » Oh non, il savait où allait mener cette conversation et il ne voulait pas y aller. Du coin de l'œil, il commença à chercher des secours. Le buffet ne lui serait pas salvateur, cette fois-ci.
« Vous me flattez, Votre Majesté. Mes charmes sont loin d'être aussi ravissants que les vôtres. » essaya-t-il de la distraire. La reine avait toujours apprécié parler de sa personne.
« Voyons Daichi, n'essaie pas de changer de conversation. Quand vas-tu commencer à chercher la personne qui te comblera ? Tu aurais déjà dû te marier il y a plusieurs années ! » Et voilà, ils y étaient. Honnêtement, c'était la raison pour laquelle il n'allait au palais royal qu'en cas de stricte nécessité. La reine s'était mis en tête qu'il fallait qu'il se trouve quelqu'un et se transformait en marieuse dès qu'il entrait dans sa ligne de vue.
« Je suis déjà marié à mon métier, Votre Majesté. » déclara-t-il. « Si vous voulez bien m'excuser, je viens de remarquer Kenma et il y a deux ou trois affaires dont j'aimerais m'entretenir avec lui. » C'était rude et il n'était pas fier de lui, mais il partit malgré tout dans sa direction après une dernière courbette. Il ne voulait pas penser à ce que lui ferait Iwaizumi s'il apprenait la façon dont il venait d'agir. La mort serait sans doute le dernier de ses problèmes.
« Kenma. » dit-il lorsqu'il arriva à son niveau, le saluant d'un hochement de tête. Son interlocuteur leva brièvement les yeux de son livre, avant de retourner à sa lecture. « Sawamura. » répondit-il d'un ton monotone. Il tourna une page de son livre. Daichi ne s'en formalisa pas – c'était Kenma – et continua sur sa lancée.
« As-tu vu Kuroo ? Il y a quelque chose dont je voudrais discuter avec vous deux. » Sans quitter son texte des yeux, Kenma pointa un endroit sur sa droite. Daichi, tournant son regard dans la direction indiquée, pouvait voir une touffe brune dépassant derrière une foule de femmes. « Merci. Ne bouge pas, s'il-te-plais. Je vais le chercher. » Son interlocuteur huma pour indiquer qu'il avait entendu et Daichi se dirigea sans plus attendre vers sa cible.
« Sawamura ! Quelle charmante surprise ! » dit celle-ci lorsqu'elle l'aperçut, un sourire on ne peut plus faux aux lèvres. Daichi sentit son visage copier l'expression. Ils formaient une belle bande d'hypocrites, lorsqu'ils s'y mettaient à deux. Il serra la main qui lui était tendue, peut-être un peu plus fort que nécessaire. « Quel bon vent t'amène, mon ami ? »
Aucun des deux n'avait lâché prise, serrant de plus en plus fort en réponse à la poignée de l'autre. Bien sûr, Daichi pourrait se comporter en adulte, admettre la défaite et dire qu'il était venu le chercher pour pouvoir discuter avec lui. C'était ce qui serait attendu d'une personne de son rang, après tout. Mais, tout comme lui, Kuroo était un capitaine de l'armée et il était hors de question qu'il perde face à lui, sur quelque plan que ce soit. Et puis, le convaincre de le suivre prendrait sans aucun doute un temps fou, car Kuroo discuterait juste pour le plaisir de le voir fumer. Il se décida plutôt pour une semi-vérité. « Kenma veut te parler. »
Le changement fut instantané, c'était quelque chose qui ne manquait jamais de l'amuser. Kuroo se redressa et, le dos droit, partit à grandes enjambées dans la direction d'où venait Daichi. « Pourquoi ne l'as-tu pas mentionné plus tôt ? » Plutôt que de répondre et commencer un énième argument, Daichi marcha à sa suite, un sourire amusé menaçant de faire son apparition.
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Après avoir récupéré Kenma, Daichi les avait conduit à travers les couloirs du château, jusqu'à arriver dans une pièce où ils ne risqueraient pas d'être entendus – pas que cela soit en gros problème, la majorité des invités étaient des nobles qui préféraient la musique et la danse aux questions de stratégie militaire.
Kuroo avait râlé tout le long du trajet, se plaignant que, pour une fois qu'ils pouvaient s'amuser et se changer les idées, il fallait que Daichi fasse son rabat-joie et décide de parler boulot. Le principal intéressé avait juste roulé des yeux face à ses bouffonneries et avait ignoré ses commentaires le long du chemin. S'il n'était pas aussi habitué à Kuroo et à sa double personnalité, il se demanderait continuellement comment, au juste, avait-il fait pour devenir capitaine. Cependant, il avait été le témoin de suffisamment de ses fourberies pour que la question ne fasse que passer en coup de vent dans son esprit et il savait que laisser glisser valait mieux que réagir lorsqu'il était dans cet état. Kuroo était un redoutable adversaire et l'avoir à ses côtés plutôt que contre lui rendrait ses plans, non pas plus faciles, mais moins compliqués.
La salle dans laquelle ils se trouvaient était une grande bibliothèque – vide, Daichi s'en était assuré – qui servait régulièrement à l'étude des stratégies des combats passés. Après avoir fouillé dans un certain nombre de tiroirs, Daichi tira la carte qu'il cherchait et l'étala sur une des tables. Elle représentait le bord nord de la frontière entre le territoire des anges et celui des démons. Il n'était pas vraiment difficile de le reconnaître, pour la simple raison que cet endroit de la frontière était l'objet de nombreuses inquiétudes de la part des hauts gradés de l'armée. En effet, depuis plusieurs siècles maintenant, la guerre faisait rage entre les deux peuples – plus personne n'était suffisamment vieux pour se souvenir des raisons pour lesquelles la guerre avait éclaté, même si Daichi suspectait le Roi et certains nobles de haut rang d'en connaître au moins une partie – et les faits d'arme, bien qu'espacés, étaient courants et avaient eu lieu sur l'ensemble de la frontière. Néanmoins, depuis quelques décennies – bien avant qu'il ne rejoigne les rangs de l'armée – la zone nord n'avait pas subi le moindre combat.
Les patrouilles y étaient régulières et il y avait constamment des armées en attente de chaque côté de la frontière, mais aucun affrontement n'avait été initié. L'accord avait été tacite : les anges n'empiétaient pas sur le territoire des démons et ceux-ci faisaient de même. Les rumeurs allaient bon train. Certains disaient que le lieu était sacré et que ceux qui initieraient le combat subiraient la colère des divinités qui y habitaient. D'autres racontaient qu'une prophétie avait désigné ce lieu comme celui de la rencontre entre deux êtres qui sauveraient ou détruiraient leurs peuples et que les dirigeants, plutôt que de tenter leur chance, avaient décidé d'interdire l'endroit à quiconque. Enfin, et Daichi avait tendance à être en accord avec celle-là, certains disaient que la frontière entre les deux territoires était trop grande pour être entièrement couverte par des armées qui s'affrontent et que les Rois, d'un accord commun, avaient désignés la zone nord comme intouchable – la zone étant principalement aride, nul n'y perdait beaucoup – mais, parce qu'ils n'avaient aucunement confiance en l'autre, ils y avaient malgré tout placé des soldats afin d'éviter une attaque surprise.
Peu importe la raison, il n'y avait aucun combat dans cette zone, qu'ils aient été entrepris par leur Roi où celui des démons. Le fait qu'ils n'aient reçus aucune explication à ce propos – où même un ordre, vraiment – inquiétait la majorité des gradés de l'armée et nombreux étaient ceux qui s'étaient penchés sur la question de leur côté, Daichi compris.
« La zone nord ? » l'interrogea Kuroo, incrédule. « Tu nous as fait venir ici pour nous parler de vieilles légendes ? » Avant que Daichi n'ai pu lui répondre, Kenma le frappa au plexus, lui coupant le souffle. Il hocha la tête pour lui indiquer qu'il appréciait l'effort.
« La zone nord. » répondit-il, ignorant Kuroo toujours plié en deux. « D'ici trois jours, il y aura un changement de garde. Les armées du général Anabara, qui se tiennent de ce côté de la frontière, seront relevées par celle du général Nekomata, dont votre bataillon fait parti. » Daichi marqua une pause, attendant que l'un de ses deux interlocuteurs confirment ses informations. Cela n'était rien de secret, mais au vu de ce qu'il s'apprêtait à faire, il était important que rien ne soit laissé au hasard. Lorsque Kuroo hocha la tête, il prit une inspiration et continua. « J'ai besoin d'une faveur. » Le sourire qu'afficha le capitaine en retour lui donna l'impression de vendre son âme au diable.
« Quel genre de faveur ? » demanda Kenma, coupant la parole à Kuroo. À ce point, Daichi aurait pu se féliciter pour avoir pensé à demander au lieutenant de les accompagner. Certes, son aide n'était pas nécessaire, mais il était le seul capable de contenir Kuroo un minimum. Et il préférait négocier avec lui plutôt qu'avec ce suppôt de Satan.
« Le genre 'pas forcément remboursable'. » À ces mots, Kuroo prit un air plus sérieux. Plus dangereux, aussi. « On t'écoute. »
Daichi inspira, se donnant un moment pour peser le pour et le contre. D'un côté, moins il y avait de personnes qui savaient ce qu'il s'apprêtait à faire, mieux c'était pour lui. Idéalement, que personne ne soit au courant serait le meilleur cas de figure. Cependant, des explications bâclées et des semi-vérités ne seraient jamais suffisantes pour convaincre Kuroo et Kenma, et il avait besoin de leur aide ou l'échec serait assuré. Le choix n'en était pas vraiment un… « Je veux mettre un terme à cette guerre. » Il marqua une pause. « Non, je me suis mal exprimé. Je vais mettre un terme à cette guerre. » Ses deux interlocuteurs se redressèrent dans leur position, ailes frémissantes. On dirait que j'ai attiré leur curiosité. Bon point.
« Cela fait des siècles que nous nous battons et la majorité d'entre nous ignore pourquoi même il y a une guerre. Il est dit des démons qu'ils sont des créatures maléfiques, qu'ils torturent leurs nouveaux nés, violent leurs femmes, sont infidèles, forcent leur prisonniers de guerre en esclavage, boivent le sang des êtres-vivants pour se nourrir, détruisent la nature sans aucune raison, brûlent vivant ceux qui se rebellent ou pensent différemment de leur chef, sont les créatures les plus laides que l'univers ait porté, et j'en passe. Mais, jamais aucune preuve de cela n'a été apporté. Certes, le contraire n'a pas été démontré non plus. » ajouta-t-il en voyant Kuroo qui s'apprêtait à le contredire. « Mais réfléchissez. Pendant des siècles, nous nous sommes battu. Sans doute, au départ, y avait-il une raison valable – aussi valable qu'une raison pour commencer une guerre peut l'être – mais les années, puis les décennies, puis les siècles ont passé et la guerre a continué. Pour quelle raison nous battons nous, maintenant ? Pour venger les personnes qu'on a perdues lors des combats. Et comment ? En tuant d'autres personnes. C'est un cercle vicieux. » Il marqua une pause, pour laisser aux deux autres le temps de digérer l'information. Kuroo en profita pour prendre la parole.
« On le sait, tout ça. Où crois-tu qu'on était, ces dix dernières années ? » Daichi retint un soupir. Les convaincre n'allait pas être une partie de plaisir.
« Laisse-moi finir. » dit-il en supprimant l'envie de se masser les tempes. « J'ai fait des recherches. La bibliothèque nationale, celle de l'académie et même celle du Roi, aucune n'indique s'il y a eu un moment où des pourparlers ont été tentés. Pas même une référence ! Le seul moyen qui a été mis en œuvre pour mettre fin à cette guerre, c'est la guerre. N'est-ce pas un peu contre-productif ? » La question était rhétorique, et nul n'y répondit. Daichi enchaîna. « À aucun moment, un processus de paix a été entamé. » finit-il en un souffle.
« Donc, » reprit Kuroo, « tu aimerais qu'on te soutienne lorsque tu demanderas la mise en place de traités. » Il avait un air dubitatif sur le visage.
« Non. Je suis conscient que dans l'état actuel des choses, je serais ri au nez. » Kuroo grommela un 'ravi de voir que ta naïveté ne te tuera pas aujourd'hui' dans sa barbe que Daichi ignora. « De toute manière, même si le Roi venait à accepter mon idée, la population n'y consentirait jamais, elle a trop souffert pour cela. »
« Que proposes-tu, alors ? » demanda Kenma. C'était la première fois qu'il prenait la parole depuis qu'il avait commencé à s'expliquer.
« Je veux observer les démons. » Cette déclaration lui valut deux regards incrédules. Il s'empressa de s'expliquer. « Je veux montrer que les rumeurs à leur sujet ne sont rien d'autre que ça – des rumeurs. Montrer qu'ils ne sont pas si différent de nous, qu'il est possible d'avoir autre chose qu'une guerre entre nos deux peuples. »
« As-tu seulement une preuve de ce que tu avances ? » l'interrogea Kuroo, le regardant comme s'il lui était poussé une deuxième tête.
Daichi se mordit la lèvre. Non, il n'avait aucune preuve. Il n'avait jamais réellement vu de démon. Lorsque des prisonniers de guerre étaient faits, ils étaient pris en charge par une unité spéciale, placée directement sous les ordres du Roi. Il ne savait même pas à quoi ressemblait un démon, en dehors du fait que leur enveloppe corporelle est vaguement identique à la leur. Leur armure recouvrait la totalité de leur corps et une partie de leurs ailles. Se battre contre eux donnait l'impression d'affronter une armée de marionnettes, car tous, en dehors de leur taille, avaient le même uniforme. Un champ de bataille n'était pas non plus un endroit très propice aux observations et encore moins aux discussions.
Les seules informations à leur sujet se trouvaient dans des livres qui avaient été écrits par des anges, le plus souvent des généraux à la retraite. L'avis était biaisé et il n'existait aucun moyen de vérifier les informations qu'ils offraient. Sauf s'il infiltrait le territoire ennemi.
« Non, je n'ai aucune preuve. Tu le sais aussi bien que moi. Si j'y vais, c'est justement pour aller en chercher. » Son regard était déterminé. Tous trois savaient qu'il appliquerait son plan, avec ou sans leur soutien. « Si je trouve des preuves de ce que j'avance, alors c'est pour le mieux et on pourra enfin entamer un processus de paix. Sinon, cela renforcera les soldats dans leurs convictions et les rendra plus forts. La guerre continuera, mais peut-être aurais-je réussi à obtenir des informations importantes qui pourraient changer la donne – faire bouger les choses. »
Sa déclaration rencontra deux gros soupirs. « Tu es fou. Tu le sais, n'est-ce pas ? » Parfois, un fou n'était rien d'autre qu'une minorité réduite à l'unité. Vu comme cela, Daichi supposait qu'il était fou, oui. Un autre soupir. « Que veux-tu qu'on fasse ? »
« Désolé de vous entraîner là-dedans, les gars. » leur offrit-il avec un petit sourire. Il enchaîna avant de leur laisser le temps de répliquer. « J'ai besoin de votre aide pour m'approcher de la frontière sans être repéré. Ou plutôt, pour que, si vous me voyez, vous ne donnez pas l'alarme. » Il attendit quelques instants et, lorsque nul ne répondit, il ajouta « Alors ? Vous en êtes ? »
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Notes de l'auteur : Merci d'avoir lu ce premier chapitre, j'espère qu'il vous a plu et vous a donné envie d'en lire plus! (Je sais que le prologue en avait décontenancé plus d'un, mais je voulais faire quelque chose d'original et qui montre bien que ce ne sera pas une histoire de religion)
À propos des updates... À la rentrée, je vais en prépa, et je ne sais honnêtement pas à quoi m'attendre, ce qui risque de rendre mon rythme de publication légèrement chaotique, au moins pour les trois premiers mois. Je passerai donc à un chapitre toutes les deux semaines pour me laisser le temps de m'adapter, et je m'excuse d'avance si je n'arrive pas à tenir mon planning.
Bref, j'arrête de vous embêter ! Dernier remerciements à ceux qui m'ont soutenu par review ou par fav/follow, cela m'aide beaucoup ! J'espère vous revoir sur le chapitre suivant !
