Et oui une petite histoire surprise pour ne pas perdre la main : )

Traditionnelle dédicace aux mousquetaires :

Paige0703, ses fics géniales et son roman fleuve : )

Jade181184, Coljayjay, CoolMhouse, Val81

Jany merci pour ton commentaire j'espère que la suite te plairas

Et merci à tous ceux qui me lise en général !

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Finch parvint à l'hôpital en même temps que l'ambulance et l'inspecteur Fusco. Celui-ci vint le rejoindre.

-« A priori il est juste assommé mais ils craignent une commotion. Ils vont lui faire des tests et le garder un peu sans doute. Enfin c'est ce que m'a dit l'urgentiste avant de l'embarquer. Il faut attendre le verdict du médecin »

-« Merci inspecteur » répondit l'informaticien « Je vais attendre ici »

-« Et moi je vais à la recherche du petit imbécile responsable de ce foutoir » lança Fusco agacé « Vous me tenez au courant ? »

-« Bien sur inspecteur » Il le regarda partir d'un pas décidé et songea que le coupable allait passer un mauvais quart d'heure. Il se rendit à l'accueil pour remplir le dossier d'admission et patienta dans la salle d'attente jusqu'à ce qu'un médecin vienne enfin le rassurer.

-« Il a un léger traumatisme crânien. Rien de très grave. Il risque une bonne migraine au réveil. Nous allons le garder en observation 48H »

-« Je peux le voir ? »

-« Allez y. Chambre 276. Mais pour l'instant nous le gardons inconscient »

-« D'accord. Merci docteur »

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Finch entra prudemment dans la chambre, redoutant ce qu'il allait y découvrir, mais John était simplement étendu sur le lit avec juste une perfusion reliée à son bras. Au fond, caché par un rideau, un second patient dormait. Finch songea, contrarié, qu'il allait essayer d'obtenir rapidement une chambre individuelle. Il s'approcha doucement et machinalement saisit sa main. Il remarqua son visage figé, les traits tendus qui ne lui plurent pas. Mais il décida de faire confiance au médecin. Il resta ainsi quelques minutes, puis sachant qu'il ne se réveillerait pas tout de suite, il quitta la chambre pour effectuer quelques démarches. Il revint vingt minutes plus tard à moitié satisfait. L'hôpital était complet et il n'avait pas réussi à obtenir de chambre individuelle. En revanche il avait acquis l'autorisation de rester pour la nuit. Il n'envisageait pas de le quitter un instant. Même si le fauteuil, relativement inconfortable, fut une véritable épreuve pour ses vertèbres.

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Reese s'éveilla plusieurs fois pendant la nuit.

La première fois il se demanda où il se trouvait. Il sentit alors une main apaisante sur son front et des mots chuchotés :

-« Tout va bien John. Vous êtes à l'hôpital. Reposez vous. Tout ira bien »

Il sentit une pression sur sa main. Apaisé, il se rendormit aussitôt.

La seconde fois qu'il ouvrit les yeux Finch était dans le fauteuil. Il chercha à se rappeler se qui s'était passé. Pourquoi était-il là ? Son esprit embrumé par la douleur et les médicaments, il se rendormit avant d'avoir trouvé une réponse.

Au réveil suivant il lui sembla que sa tête était moins douloureuse et il se rappela l'épicerie, les cartons. C'était confus mais assez pour le renseigner. Il ouvrit les yeux. Il faisait toujours sombre dans la chambre mais les premières lueurs de l'aube filtraient à travers les stores. Finch était toujours dans le fauteuil. Il bougea légèrement et son associé s'éveilla aussitôt.

-« M Reese ? Comment vous sentez vous ? »

L'ex agent voulu répondre mais il se sentait décidemment trop fatigué pour parler.

Finch le comprit

-« Rendormez vous. Nous parlerons plus tard »

Il posa un instant sa main sur son front et Reese apprécia ce contact. Il se sentait toujours incapable de réfléchir et préféra céder au sommeil à nouveau.

Finch l'observait. Il avait un sommeil agité. Mais d'après l'infirmière c'était tout à fait normal et il ne devait pas s'en inquiéter. « Facile à dire ! » avait-il songé. Mais elle ne pouvait deviner à quel point il tenait à lui, à quel point il lui était précieux. Trop sans doute. C'était des moments comme celui-ci qui lui faisait prendre conscience de son attachement, qui ne pouvait plus vraiment être désigné ainsi. A ce stade cela porte un autre nom, mais Finch avait choisit de ne pas l'utiliser pour ne pas le rendre trop réel. Jugeant préférable de le faire taire.

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OoooooooooO

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Des voix. Un peu floues, un peu déformées. Reese grimaça. Cette douleur lancinante qui lui vrillait le crâne. Il détestait se sentir faible. Il chercha à identifier les voix. Peut être celle de Finch ? Il ne la reconnaissait pas tout à fait mais c'était certainement lui. Ne l'avait-il pas vu à son chevet chaque fois qu'il s'était risqué à ouvrir les yeux au cours de la nuit? Sa présence bienveillante lui avait fait plus de biens que tout les médicaments des médecins. Donc il devait être là. Il fit un effort pour comprendre la conversation.

-« …Oui. Ce ne sera rien. Dans quelques jours il sera rétabli »

-« Tant mieux docteur »

-« Ca lui arrive souvent ce genre d'accident »

-« Trop malheureusement. Il est maladroit c'est terrible ! »

Reese grimaça à la remarque. Il savait que Finch détestait le voir blessé.

-« Il devra tout de même rester quelques jours sans pouvoir travailler »

-« Je me doute » Reese perçu un soupir exaspéré « Cela ne me facilite pas la vie. C'est une perte de temps»

-« Et d'argent »

-« Oui aussi. Je le paye bien, j'aimerais autant que ce soit pour du bon travail »

Reese sentit son sang se glacer à ces mots.

-« Vous devriez chercher quelqu'un d'autre si vous n'êtes pas satisfait »

-« Ce n'est pas évident de trouver quelqu'un ayant ses compétences »

-« Dans ce cas il vous faudra faire avec »

-« Je prendrais mon mal en patience »

Cette fois Reese sentit une violente nausée le secouer

« Cela ne me facilite pas la vie… Je prendrais mon mal en patience …. Je le paye bien …. C'est une perte de temps»

La conversation tournait dans sa tête, accentuant encore son malaise. Il voulu ouvrir les yeux, voir un instant celui en qui il avait placé toute sa confiance et qui venait en quelques phrases de faire voler en éclat l'univers où il se sentait si bien, mais ses yeux restèrent clos comme s'ils se refusaient à voir une réalité trop douloureuse. C'était donc là ce que Finch pensait réellement de lui ? Il était passé maître dans l'art de la dissimulation mais jamais Reese ne l'aurait cru capable de tant de duplicité… lui faire croire en leur amitié était sans doute a ses yeux le moyen le plus sur de s'attacher sa loyauté, il avait agit selon son intérêt et lui n'avait rien vu venir de ses mensonges. Pourtant il aurait du se méfier. Comment croire qu'un homme si droit, si attaché à ses principes puisse accepter sans sourciller quelqu'un tel que lui avec son passé si lourd ? Si chargé de tout ce que l'informaticien détestait d'instinct. Il eut une sorte de sanglot étouffé sans savoir si c'était la douleur dans sa tête ou dans son cœur qui le faisait souffrir le plus.

Le médecin l'entendit et s'approcha

-« Hum, il se réveille ? »

-« Il a l'air de souffrir » répondit l'homme à côté de lui

-« Oh il va certainement avoir un sacré mal de tête à son réveil. Mais je pense que cela devrait attendre» ajouta le médecin en modifiant la perfusion « Il vaut mieux qu'il continue à dormir encore un peu »

Reese perçu le mouvement, compris l'intention. Il ne voulait plus dormir. Plus maintenant. Il voulait parler à son partenaire, il se débattit et sentit une pression sur ses épaules

-« Calmez-vous M Randall. Je suis le docteur Parson. Vous avez été victime d'une sévère commotion et vous devez vous reposer »

John voulu protester mais le médicament agissait déjà et il se sentit sombrer

-« Harold » murmura t-il seulement

-« Harold ? Il appelle qui ? » Demanda l'homme, curieux

-« Son patron » répondit le médecin en se redressant. L'autre eut un petit rire.

-« Et ben ! C'est pas Philips qui me réclamerait ! » Se moqua t-il. « Bon. Je vais laisser dormir ce fainéant et je repasserais » ajouta t-il en désignant du menton son employé étendu dans le second lit de la chambre double.

« C'est sur que j'ai ici deux employés et deux patrons mais pas du tout le même traitement » songea le médecin

Finch ouvrit la porte de la chambre comme l'autre homme en sortait. Il le salua au passage puis approcha du lit où reposait son agent.

-« Comment va-t-il docteur ? » interrogea t-il en s'efforçant de masquer son inquiétude

-«Il a eu un moment de conscience il y a quelques minutes mais j'ai préféré le faire dormir. Il semblait beaucoup souffrir »

-« Est-ce mauvais signe ? »

-« Non c'est normal. Il doit encore récupérer. Le prochain réveil devrait mieux se passer »

-« J'espère » soupira Finch en reprenant place dans le fauteuil. Il regretta que son agent se soit éveillé juste au moment où il avait osé s'absenter quelques minutes. Il aurait préféré être là pour le rassurer et se rassurer lui-même par la même occasion. Il soupira à nouveau et reprit son attente.

John s'éveilla à nouveau quelques heures plus tard, l'esprit plus clair. Il avait beaucoup moins mal à la tête. Il ouvrit les yeux. La chambre était dans la pénombre. Il tourna la tête et aperçu un second lit où un homme dormait. Il se tourna de l'autre côté et vit son associé installé dans le fauteuil. Il somnolait la joue posée dans sa main. Aussitôt son cœur s'accéléra. Il était là pour lui. Une esquisse de sourire fleurit sur ses lèvres. Puis brusquement un souvenir reflua dans son esprit. Celui de la conversation entendu plus tôt. Elle lui revint en mémoire, nette, précise, beaucoup trop pour qu'il puisse croire à un rêve. Il se remémora les mots, les expressions, et la douleur lui revînt, intacte. Il lui sembla que quelque chose se brisait en lui. C'était peut être son cœur, si longtemps mis en sommeil, et que Finch avait su ranimé. Son cœur qui s'était remis à battre au rythme des sentiments que lui inspirait son partenaire, qui s'était épanoui à son contact, et qui a cet instant précis venait de se rendormir à nouveau pour ne pas affronter la réalité. Pour ne pas avoir à reconnaître qu'il battait pour rien parce qu'il ne rencontrerait jamais d'écho.

Il observa son partenaire, profitant de son sommeil pour se remplir de son image. C'était peut être la dernière fois qu'il s'y autorisait. Autant en profiter.

Sentait-il son regard sur lui ? Finch remua, ouvrit les yeux, croisa le regard de son agent et…. Sourit. Et ce sourire qui d'ordinaire aurait tant fait plaisir à l'ex agent lui fit l'effet d'un coup de poignard.

Finch ne remarqua pas sa tristesse. Préoccupé devant son visage tendu.

-« M Reese, vous souffrez ? »

Ce fut seulement lorsque Finch passa un mouchoir sur sa joue qu'il se rendit compte qu'il avait laissé échapper une larme. Il se raidit, vexé de sa faiblesse, se promettant que jamais elle ne se reproduirait. Il devait certainement être fragilisé par les médicaments.

-« M Reese. Comment vous sentez vous ? » Insista Finch

-« Fatigué » murmura John

-« C'est normal. Le coup que vous avez reçu a du être un peu trop fort cette fois. Même pour vous qui avait pourtant la tête dure » se moqua l'informaticien. « Vous m'avez fait peur » ajouta t-il doucement en saisissant sa main d'un geste spontané.

John la retira aussitôt comme si ce contact le brulait. Finch se raidit devant ce geste de rejet mais décida de mettre cela sur le compte de la douleur.

-« Je vais appeler le médecin » murmura t-il en pressant la sonnette.

Reese ne répondit pas. Les yeux fixés au plafond, le regard vide. Il s'efforçait de ne pas regretter la chaleur de la main de Finch sur la sienne. Après ce qu'il avait entendu il ne pouvait pas accepter ce geste. Pourtant quelques heures plus tôt il aurait tout donné pour un pareil moment. Il aurait pris sa main et n'aurait plus voulu le relâcher. Il soupira et ferma les yeux.

Finch ne le quittait pas du regard, inquiet de sa réaction. Etait-il plus atteint que prévu ?

Il sortit quelques minutes comme le médecin l'examinait puis réintégra la chambre au moment où il s'apprêtait à partir.

-« Tout va bien. Aucune séquelle a déplorer. Il lui faudra quelques jours de repos puis tout rentrera dans l'ordre. Il pourra sortir demain » l'informa le praticien

-« Merci docteur Parson »

Dès qu'il fut sorti Finch se tourna vers son agent

-« C'est une bonne nouvelle » tenta t-il « Je suppose qu'à peine réveillé vous en avez déjà assez d'être ici » le taquina t-il

-« C'est mieux pour vous aussi » répondit John d'un ton amer, sans le regarder

-« Pardon ? » demanda Finch surprit

-« Que je ne reste pas ici »

-« Il est vrai que je n'aime pas beaucoup les hôpitaux M Reese mais je peux faire un effort pour vous tenir compagnie »

-« Ce n'est pas nécessaire. Vous devriez retourner à la bibliothèque. Le travail vous attends »

Finch resta perplexe de sa réponse

-« M Reese…. » Commença t-il

Mais John bascula sur le côté, lui tournant délibérément le dos et cette fois Finch se sentit carrément stupéfait. Pourquoi le rejetait-il ainsi ? « Peut être a t-il besoin d'être seul ? » songea t-il

Il se leva à contrecœur puis se dirigea vers la porte.

-« Je reviendrais tout à l'heure » murmura t-il. Il attendit une réponse mais Reese, les yeux fermés, resta muet.

L'informaticien étouffa un soupir et quitta la chambre, troublé.

Reese ouvrit les yeux en entendant la porte se refermer. Il lui semblait qu'une partie de lui s'éloignait avec son associé. La meilleure partie.

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OoooooooooO

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Reese laissa défiler les heures en s'efforçant de ne pas penser. Un peu avant midi son voisin de chambre se réveilla. Le médecin vint aussitôt l'examiner. L'ex agent l'entendit plaisanter :

-« Franchement M Philips, vous appréciez un peu trop les séjours chez nous. Je vous soigne presque tout les mois ! »

-« Et ouais docteur. C'est pour les infirmières en fait »

-« Je vois. Mais il va falloir vous calmer. Ce n'est pas raisonnable »

-« Oh docteur ! Ca me fait des vacances ! »

Les deux hommes bavardèrent encore quelques instants puis le médecin quitta le patient et avança vers Reese.

-« M Randall, comment vous sentez vous ? »

-« Bien »

-« Plus de maux de tête ? »

John hésita, puis opta pour la franchise

-« Un peu. Plus une gêne »

-« Je vais dire à l'infirmière de corriger la perfusion. Ca ne devrait plus durer. Votre scanner est bon »

-« Merci docteur »

-« Votre patron n'est plus là ? »

-« Non. Il est rentré chez lui »

-« Se reposer je présume ? Logique. En le voyant ce matin je me suis demandé si je n'allais pas avoir un patient de plus » ironisa le médecin

L'ex agent ne répondit pas.

L'aide soignante entra avec les repas et le praticien continua sa tournée.

-« En tout cas c'est pas pour les repas que je reviens » commenta son voisin de chambre, perplexe devant le plateau « Je m'appelle Abel Philips » ajouta t-il

-« John Randall » répondit machinalement Reese. Il n'avait aucune envie de discuter mais ne voulait pas être impoli

-« Vous aussi vous avez eu un accident ? »

-« En quelque sorte » éluda l'ex agent

-« Moi j'ai reçu un carton d'assiette sur le pied. J'ai cru qu'il était en miette ! » se moqua Philips « Enfin ils ont réparés ça, j'ai l'habitude ! »

-« Ca vous arrive souvent » constata Reese platement

-« Oh pour ça ! Je suis d'une maladresse absolue ! c'est mon troisième accident cette année. Heureusement pour l'instant j'ai préservé mes mains. Sinon ce serait la catastrophe pour tenir mes pinceaux »

Cette fois John ne répondit pas alors il enchaina :

-« Je suis peintre. Doreur sur porcelaine en fait. D'où les assiettes. D'habitude j'ai un assistant qui les porte pour moi. Le patron trouve que c'est plus sur. Mais Dan était en congé hier. Oh le boss va encore râler c'est sur, mais un pied dans le plâtre ça n'empêche pas de dessiner. Et puis il ne peut pas se passer de moi je suis le meilleur dans mon domaine. Et vous ? Vous faites quoi dans la vie ? »

-« Je suis dans … les assurances » répondit Reese.

-« Ah ouais ? Je devrais vous consulter pour une assurance vie au train où ça va ! » Philips éclata de rire à sa plaisanterie puis continua la discussion, plus pour lui-même que pour John qui se contentait d'un mot poli lorsqu'il ne pouvait faire autrement. L'esprit ailleurs, ce bavardage l'agaçait un peu mais l'autre ne semblait même pas s'en apercevoir.

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A 14H Todd Sammers débarqua dans la chambre. Il salua brièvement l'ex agent puis s'installa près de son employé. Ils échangèrent quelques propos aigre doux puis Sammers remit un carnet de croquis à Philips

-« Vous aurez de quoi vous occuper » argua t-il, mais son ton indiquait clairement qu'il ne s'agissait pas juste d'une suggestion.

15 minutes plus tard Finch entra dans la chambre. Ou plutôt il se décida à y entrer, après 10 minutes passées dans le couloir à se demander s'il devait le faire ou pas, redoutant un peu l'accueil que lui réserverait son agent.

En le voyant Reese réalisa alors que, sans même s'en rendre compte, il avait gardé les yeux rivés sur la porte depuis que l'heure des visites avait sonné, dans une attente inconsciente pour le retrouver.

Finch salua les deux hommes et tira le rideau de séparation avant de s'asseoir dans le fauteuil.

-« Comment vous sentez vous M Reese ? » interrogea t-il timidement. Il n'avait pas oublié sa réaction quelques heures plus tôt et ne savait comment se comporter.

-« Bien » répondit brièvement l'ex agent

-« Avez-vous besoin de quelque chose ? Je vous ai ramené quelques affaires »

-« Non, merci »

Finch remua légèrement sur son siège, mal à l'aise. John gardait les yeux sur le plafond, s'obstinant à ne pas se tourner vers lui.

-« L'inspecteur Fusco a arrêté M Stein et aussi son complice » annonça t-il

Aucune réponse ne lui parvint

-« Il s'agissait de son cousin. Il a déclaré qu'il avait paniqué » ajouta t-il « Je crois que l'inspecteur Fusco lui a montré un certain "mécontentement". Il était inquiet pour vous »

-« C'est gentil de sa part » murmura Reese

-« Moi aussi » ajouta Finch prudemment

-« Je n'en doute pas » répondit sèchement l'ex agent

Finch fut surpris par le ton employé par son agent. Cela confirmait son impression qu'il existait un malaise entre eux. Mais d'où venait-il ? Il se décida :

-« M Reese si quelque chose vous perturbe vous pouvez m'en parler…. Vous le savez ? » Insista t-il

-« Il n'y a rien »

-« Si c'est à cause de la mission. Vous avez fait le maximum. Il y a eu un concours de circonstance mais vous n'y pouviez rien » Voyant que Reese ne semblait pas vouloir lui parler il ajouta « Ce n'est pas un échec M Reese »

-« C'et mieux ainsi. J'ai fait mon travail » constata John

L'informaticien fronça les sourcils

-« Que voulez vous dire ? »

-« Que j'ai achevé ma mission. C'est mon rôle »

-« M Reese vous accomplissez toujours parfaitement vos missions. Pourquoi dites vous cela ? »

John tourna la tête vers lui pour la première fois depuis qu'il avait prit place à ses côtés. Il voulait lui dire qu'il savait. Qu'il l'avait entendu parler au médecin. Mais il croisa alors le regard de son partenaire. Il y lu une inquiétude, une douleur, et surtout une sincérité qui n'auraient pas du s'y trouver. Comment pouvait-il paraître si franc alors qu'il faisait juste semblant ? Brusquement un doute l'envahi. Quelques images lui revinrent. Des repas partagés, des promenades au parc. Son attitude quand il s'éveillait la nuit dernière. Des instants de complicités, de ceux qui ne peuvent pas être simulés. Tout ne pouvait pas être faux. Il s'en serait rendu compte. Son instinct le trompait rarement et à cet instant il lui disait que Finch était sincère, en total contradiction avec ce qu'il avait entendu. Les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Finch le fixait, attendant qu'il s'exprime, cherchant à lire l'expression sur son visage mais elle lui sembla indéchiffrable. Il commençait presque à redouter ce que son agent avait à lui dire lorsque l'entrée de Fusco brisa le moment.

-« Salut ! Comment va, superman ? » Lionel stoppa net devant leur attitude. « J'interromps un truc ? » demanda t-il, perplexe.

Finch réagit le premier.

-« Pas du tout inspecteur, vous êtes le bienvenu »

Fusco resta dubitatif un instant puis reprit :

-« Alors John ? »

-« Ca va Lionel merci »

-« Heureusement que t'as la tête dure »

-« C'est une chance » approuva Reese

-« J'ai bouclé les deux énergumènes. Deux bras cassés. Si c'est de la graine de braqueur la qualité est pas terrible »

-« Tant mieux inspecteur. Peut être ne seront-ils pas tentés de recommencer ? »

-« On peut voir ça comme ça si on est optimiste »

-« Je ne le suis pas spécialement mais parfois il est bon de croire à la nature humaine »

-« La part d'humanité ? »

-« Pourquoi pas ? » jugea l'informaticien. Il sentit le regard de John sur lui et se tourna dans sa direction.

John détourna les yeux. La part d'humanité. C'était Finch qui avait ranimé la sienne. Pour son bien ? Ou parce que cela lui rendait service ?

Fusco anima la conversation durant un quart d'heure puis décida de retourner à son travail.

-« Merci d'être passé Lionel »

-« Pas de quoi. On se voit pour la prochaine arrestation » se moqua Fusco

Reese se rallongea et ferma les yeux

-« Vous êtes fatigué M Reese ? »

-« Un peu » avoua t-il du bout des lèvres

-« Si vous avez la migraine je peux rappeler l'infirmière ? »

-« Non. J'ai juste besoin de repos »

-« Bien » émit Finch. Il s'installa dans le fauteuil, tira un livre de sa poche et se mit à lire, silencieux dans son coin. Mais John sentait son regard posé sur lui régulièrement. Après quelques minutes il l'interpella.

-« Finch ? »

L'informaticien se pencha aussitôt vers lui

-« Oui M Reese ? »

-« Je vais bien. Vous pouvez rentrer à la bibliothèque »

Finch se raidit à ces mots. Est-ce qu'il le chassait maintenant ?

-« Vous…. vous êtes sur ? » demanda t-il incertain

-« Oui »

L'informaticien cherchait une réponse mais John gardait les yeux obstinément clos. Il hésita entre partir ou insister, puis se résigna.

-« Si c'est ce que vous voulez » murmura t-il. Il se leva et ajouta : « Je laisse votre téléphone dans le tiroir du chevet. L'inspecteur Fusco l'avait récupéré avec votre arme avant que les ambulanciers ne vous emmènent. Appelez moi si vous avez besoin de quoi que ce soit»

-« Entendu » répondit John d'un ton neutre

-« Je passerais vous chercher demain matin à 10H »

-« D'accord »

Les réponses brèves, le ton froid blessait l'informaticien.

-« A demain M Reese » ajouta t-il éprouvant soudain le besoin de sortir de la chambre rapidement.

-« A demain Finch »

L'informaticien quitta la pièce avec la sensation étrange d'une menace planant sur son univers. Mais il pensa aussitôt que, quel qu'elle soit, il était prêt à l'affronter. Et la priorité serait de comprendre le comportement de son agent.

John ouvrit les yeux et fixa la porte. La migraine revint, plus puissante que jamais tandis qu'il essayait de démêler les pensées contradictoires qui se heurtaient dans son esprit.

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Finch atteignait l'ascenseur lorsqu'il entendit la conversation de deux infirmières.

-« Celui là c'est pour la 263 et celui là c'est au patient de la chambre 276 »

-« 276 ? » il avança sur le seuil du bureau « Pardon mademoiselle. Vous parliez de la chambre 276 ?

-« Oui. Ah c'est vous qui étiez là cette nuit ? » Demanda la jeune femme en le reconnaissant « Vous êtes de la famille ?»

-« En quelque sorte » mentit Finch

-« L'accueil nous a rendu les effets personnels de M Randall. Je peux vous les confier ? Vous allez le voir ?»

-« Oui je vais les prendre » affirma Finch

L'infirmière lui donna le sachet. Il fit demi-tour pour de diriger vers la chambre mais il se ravisa. John voulait être seul. Il était déjà assez tendu, inutile de le braquer davantage. Finch ne voulait pas s'avouer que son attitude le contrariait et qu'il ne voulait pas l'endurer davantage.

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OoooooooooO

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A 10H précise Finch ouvrit la porte de la chambre. L'ex agent attendait assit sur son lit.

-« Bonjour M Reese. Vous êtes prêt ? »

-« Bonjour Finch » John se leva et empoigna sa valise.

-« Bien. Allons-y » affirma l'informaticien.

A l'expression de son partenaire il devina qu'il n'était pas de meilleure humeur que la veille. Finch s'était repassé toute la nuit le film de la journée précédente sans rien trouver d'anormal et en était arrivé à la conclusion qu'il valait mieux laisser faire le temps. Reese finirait bien par lui parler ou, à défaut, par laisser échapper un indice ?

John observait son associé. Il était le même que d'habitude et il se sentait plus perturbé que jamais. Il ne dit pas un mot durant tout le trajet. Il sursauta en réalisant que Finch l'avait ramené à son loft.

-« Nous n'allons pas à la bibliothèque ? »

-« Le médecin a préconisé du repos. Je veux que vous restiez chez vous et que vous vous reposiez pour au moins deux jours »

-« Et nos missions ? »

-« Pour l'instant nous n'avons pas de numéro. Si cela se produit nous aviserons »

-« Vous ne craignez plus de perdre votre temps Finch ? » répliqua Reese. Il n'avait pas pu s'en empêcher.

Son associé lui lança un regard étonné.

-« Je ne vous suis pas M Reese. De quoi parlez-vous ? »

John voulu répondre mais à nouveau quelque chose l'arrêta

-« Rien Finch » il quitta le véhicule et ajouta : « appelez-moi en cas de besoin »

-« M Reese vous ne voulez pas que je vous accompagne ? »

-« Je n'ai besoin de rien » affirma John « sauf d'y voir clair » Songea t-il pour lui-même « A plus tard » ajouta t-il en s'éloignant

Plutôt que de rester dans son loft Reese préféra sortir pour marcher un peu. Il réfléchissait toujours mieux ainsi.

Le reste de la journée s'écoula lentement pour les deux hommes, chacun perdu dans ses pensées.

Celle du lendemain fut semblable à la précédente. Finch avait la sensation qu'un fossé s'était creusé entre eux et, ne sachant ce qui l'avait créé, il se demandait désespérément comment le combler. Il ne pouvait s'empêcher de guetter chaque bruit. Le connaissant, il s'attendait à voir son agent désobéir et venir le rejoindre tout de même. Mais rien. Même Bear semblait se rendre compte de l'anormalité de la situation.

A midi, n'y tenant plus, il se décida à l'appeler pour prendre de ses nouvelles. Reese décrocha aussitôt. Finch compris à son ton qu'il pensait qu'un nouveau numéro leur était parvenu. L'échange fut bref et dénué de chaleur. Il laissa l'informaticien contrarié et inquiet.

John se sentait perdu entre ses sentiments et ses doutes. A défaut de choisir il préférait garder le silence pour ne pas risquer d'être encore plus blessé ou de blesser son partenaire s'il se trompait. Il était conscient toutefois que cela ne pourrait pas durer.

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A 16H, la sonnerie annonçant une nouvelle mission retentit. Finch entama aussitôt les recherches et pressentit que le cas ne serait pas très compliqué. Les premiers éléments collectés le démontraient. Il hésita puis contacta l'inspecteur Fusco pour requérir son aide.

Il ne se trompait pas. Le cas fut réglé en quelques heures et Finch se réjouit de ne pas avoir eut à troubler le repos de son agent.

Il rangea le dossier dans un casier. Son regard se posa sur le tiroir voisin. Le sachet ! Il avait oublié de l'emmener la veille « Tant pis je le lui rendrais demain » songea t-il « ou quand je le reverrais » soupira t-il « Espérons qu'il n'y avait rien d'important à l'intérieur toutefois » il ouvrit le tiroir, prit le sac et vérifia. La première chose qu'il remarqua fut le petit carnet bleu que son partenaire avait si souvent tenu en mains ces derniers temps et auquel il semblait tenir beaucoup. Il résista difficilement à l'envie de le consulter. Peut être y aurait-il trouvé la clé du mystère ? Mais il se refusait à empiéter sur la vie privée de son agent, il en avait déjà si peu ! Il n'allait pas en plus épier ses pensées. Le reste était sans importance, de la monnaie, un ticket de parking et quelques liens serflex « qu'on ne doit pas trouver dans toute les poches » songea Finch sans pouvoir s'empêcher de sourire.