Chapitre 7 : Premiers pas.

PDV de Blaine.

Quelques minutes plus tard, j'arrivais enfin chez moi et fus surpris de voir que mes parents ainsi que Wes étaient là, m'attendant tranquillement.

"Je suis désolé, j'ai eu une urgence au boulot. Comment vous êtes arrivés jusque-là ?"

"David est venu nous chercher. "Lança Wes.

"Il est où ?"

"Il s'occupe de Grace avec ta mère. "Répondit mon père.

"Bonsoir papa."

"Bonsoir, Blaine, alors qu'est-ce qui était si urgent pour que tu oublies de venir chercher tes parents à l'aéroport ?"Me demanda-t-il.

"Un client. Je suis vraiment désolé, mais il y avait urgence."

"Comme toujours. "Répondit-il sur un ton froid.

"Je vais voir maman."

Je n'avais même pas pris le temps de poser mes affaires, cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu ma mère que je m'étais empressé de la rejoindre. En arrivant devant la chambre de Grace je les retrouvai assis tous les trois en rond par terre jouant à la poupée.

"Eh bien, je ne te savais pas aussi enfantin, David. "Dis-je d'un air moqueur.

"Que veux-tu ! Il n'y a pas d'âge. "Me répondit-il tout aussi moqueur.

"Bonsoir maman. "Dis-je en m'approchant d'elle.

"Bonsoir mon cœur. "Répondit-elle me prenant dans ces bras.

"Vous avez fait bon voyage ?" Demandai-je prenant Grace dans mes bras.

"Oui. Oh, tu m'as l'air fatigué, mon chéri, tu te nourris bien au moins ?" Me demanda-t-elle en passant sa main sur mon visage d'un air inquiet.

"Oui, tu sais, je suis un grand garçon maintenant."

"Je vous laisse, je vais rejoindre Wes. Bonne nuit princesse. "Lança-t-il à Grace lui déposant un bisou sur la joue.

"Maman, je vais en profiter pour coucher Grace, je vous rejoins."

Ma mère sortit de la chambre pour rejoindre les autres au salon pendant ce temps je couchai Grace. Je n'arrêtais pas de penser à Kurt et la journée horrible qu'il avait subi. La peur qu'il avait dû ressentir, je ne sais pas comment j'aurais réagi si une chose pareille m'était arrivée finalement je ne regrettais pas d'être seul.

Pendant que je lisais une histoire pour l'endormir, j'avais reçu un message de Kurt provenant du téléphone de Rachel. J'en souris.

"Merci du fond du cœur de m'avoir aidé à récupérer mon fils aujourd'hui. K"

"Quelqu'un d'important ?" Me demanda ma mère qui se trouvait à l'entrée de la chambre.

"Non, juste un client content. " Répondis-je tout en me relevant pour la rejoindre.

"Elle a beaucoup changé depuis la dernière fois que je l'ai vue. "

"C'est normal, la dernière fois c'était un bébé."

"Blaine, laisse-lui du temps. Il a fait un effort, il est venu. " S'exclama-t-elle, d'un ton triste.

"Maman, il ne changera jamais. Faire l'effort de venir voir sa petite fille, ce n'est pas normal et tu le sais. Mais ne t'inquiète pas, il n'y aura aucune dispute durant votre séjour. Vous êtes là pour Grace, pas pour moi."

"… "Les mots lui manquaient, car elle savait pertinemment que j'avais raison alors elle préféra me prendre dans ces bras sans dire un seul mot.

Je retournai dans le salon pour le reste de la soirée et mes parents sortirent dîner en ville. Moi j'étais resté à la maison avec Wes et David, nous remémorant nos années Warblers avec nostalgie.

Le week-end passa très vite entre sorties à Central Park, dîner en ville et soirée entre mecs, je n'avais pas vu le temps passer. Malgré tout, j'en avais vraiment bien profité.

Je fus de retour lundi au bureau en compagnie de ma mère qui voulait absolument visiter les lieux. Grace était en compagnie de Rachel et mon père était sorti plus tôt avec Wes et David pour visiter New York.

"Où est Brittany, ton assistante ?" Me demanda ma mère, surprise de ne pas la voir au bureau.

"Elle est en vacances. Une de ses amies va bientôt accoucher, elle est partie la voir."

"Ah ! Mais tu n'as pas de remplaçante en attendant ?"

"Ne t'inquiète pas pour ça, elle avait tout prévu. Il ne devrait pas tarder."

"IL ?"

"Oui, elle s'était mis en tête de me caser, mais lors de l'entretien, j'ai trouvé qu'il avait beaucoup de capacités et comme ce n'est que pour une semaine."

"Elle me plaît bien cette petite. Je suis rassurée de savoir que tu aies quelqu'un qui se préoccupe de ta vie amoureuse."

"Tu ne vas pas t'y mettre. Je suis très bien tout seul. "

"Chéri, je me fais du souci pour toi, tu sais, il n'y a pas que le travail dans la vie."

"La seule personne qui compte pour moi, c'est ma fille, et j'aime mon travail. Je suis très heureux comme ça maman, ne t'inquiète pas."

"Bonjour Monsieur Anderson. " Lança Ben en entrant.

"Bonjour, Ben, je vous présente ma mère Eleanore Anderson."

"Enchanté Madame Anderson. " Dit-il avec une habile politesse.

"Bien je vais sortir toute la matinée, prenez les messages et si c'est urgent n'hésitez pas à m'appeler. Dis-je en sortant avec ma mère, laissant Ben prendre place derrière le bureau de Brittany.

Je ramenai ma mère à l'appartement et je partis au commissariat pour les derniers papiers à signer concernant l'affaire Hummel. En arrivant au commissariat, j'y croisai Sébastian.

"Salut Anderson ! " S'écria-t-il du bout du couloir, se dirigeant vers moi.

"Salut ! " Répondis-je souriant.

"Alors ce verre, c'est pour quand ?"

"Quel verre ?" Demandai-je d'un air étonné.

"Un verre pour un service rendu."

"Ah oui, désolé ça m'était sorti de la tête. C'est quand tu veux."

"OK, j'en prends note, Anderson."

"Dis-moi, je dois signer ma déposition concernant l'incident de vendredi, c'est avec toi ou je dois voir quelqu'un d'autre ?"

"J'aimerais vraiment me retrouver seul dans une pièce avec toi, mais malheureusement la déposition c'est pas avec moi."

"On va se contenter d'un verre pour commencer, tu ne crois pas ?"

"Restons raisonnables. Bien, tu vas dans le bureau au 1ére étage à gauche, c'est un bleu qui s'en occupe. À plus Anderson." Me lança-t-il en partant.

PDV de Kurt.

"Je me fous royalement de ce que tu veux ! Jamais je ne te pardonnerai ce que tu as fait. M'écriai-je en descendant de ma voiture après m'être garé sur le parking du commissariat.

Après avoir raccroché, je pris une grande respiration et j'entrai dans le commissariat.

"Bonjour, je m'appelle Kurt Hummel et je dois voir quelqu'un pour déposer une plainte. Demandai-je à l'accueil.

"Monsieur Hummel ?" Fit une voix qui m'était familière : Blaine Anderson.

"Oh, Monsieur Anderson ! Bonjour. " Répondis-je, souriant et me retournant vers lui.

"Appelez-moi Blaine. Comment va Tyler ?"

"Il va bien, je vous remercie. Ce week-end chez mon père nous a fait le plus grand bien à tous les deux."

"Bien. Vous voyez finalement, vous l'avez eu votre vol. " Me répondit-il souriant.

"Effectivement. Dite moi, Rachel m'a dit que je devais passer ce matin signer une déposition, seriez-vous par hasard à qui je dois m'adresser ?"

"Ah oui, je viens de finir de les préparer, suivez-moi."

"Il faudrait pas que cela vous prenne du temps. "Dis-je légèrement embarrassé.

"Ne vous inquiétez pas pour ça. Ça ne me dérange pas du tout. " me répondit-il souriant.

"C'est ici. Ne vous inquiéter pas, vous n'aviez plus qu'à signer, je me suis occupé du reste. "

"Merci. " Répondis-je.

"Bonne chance. " Me lança-t-il en me serrant à la main.

Je lui rendis sa poignée de main, puis chacun partit dans une direction différente.

Quelques minutes plus tard, je repartais en route vers mon appartement, le cœur lourd. J'en avais envie, comme une de ces envies auxquelles nous n'arrivions pas à résister. Mes yeux se baladaient de droite à gauche, regardant dans le rétroviseur arrière de ma voiture à la recherche de son regard. Mais il n'était pas là. Mon fils, ma bouée de sauvetage. Comme si je voulais un signe pour m'empêcher, non, m'aider à ne pas franchir le pas. Trois ans, c'était long, mais tellement récent. Que faire. J'étais seul, triste, désarmé, honteux, humilié. Perdu; voilà le mot que mon esprit cherchait tant à retrouver dans mon cerveau, caché dans je ne sais quelle partie.

Brusquement, des sons de klaxon résonnèrent dans ma tête, me sortant de cette absence, je ne m'étais même pas rendu compte que je bloquais la circulation au feu rouge de la 5éme avenue. New York et sa circulation, je démarrai doucement, avec une grande prudence, reprenant ma route vers où déjà ? Ah oui la maison, enfin celle que je croyais être la mienne. Avant, j'aurais dit la nôtre, je m'étais rendu compte qu'avec la plus grande stupeur, j'avais ressenti un frisson froid et intense dans mon dos, qu'il me manquait, il nous manquait. Je l'avais aimé, vraiment de tout mon cœur. Et si c'était ça la solution ? donner une deuxième chance à ce mariage, mais pour qui ? Moi. Mon fils, je ne savais pas. Bordel, reprends-toi Hummel. C'est ton manque, ton addiction qui parle, il a enlevé ton fils, ne l'oublie jamais. Cela résonnait dans ma tête, ma conscience. Pendant que je roulais, mon téléphone avait émis le son d'un texto.

'Ce café tient toujours ? B.'

Mon dieu, Blaine. Je réagis en souriant bêtement. Cette personne adorable qui sans rien demander en échange avait sauvé in extremis la situation avec Adam. Pourquoi, je me le demandais encore, mais je pensais qu'il avait surtout fait ça pour Rachel. À vu d'œil il l'appréciait vraiment. J'en étais presque jaloux. Depuis, quelques temps, celle que je connaissais comme un livre ouvert était devenue une véritable énigme. Refoulant ces sentiments, me cachant des choses, car j'en avais plus qu'une confirmation juste en regardant Finn ce week-end avec Tyler. Il souffrait aussi, voire sûrement plus que celle qui l'aimait, de son absence.

Je me garai tranquillement, réfléchissant intelligemment à ce que j'allais lui dire. Est-ce que j'avais envie de le voir. Oui réponse assez simple. Etait-ce raisonnable vu la situation dans laquelle je me trouvais ? Non pas vraiment. J'avais passé en revue en long en large et en travers mon idée saugrenue de l'inviter à boire un café ce week-end sous les conseils de Carole. Cette phrase se répétait dans ma tête.

"Ça ne t'engage à rien d'aller boire un café avec ce jeune homme. Dis-toi que c'est une façon pour le remercier. Et puis tu es libre Kurt, alors vis."

Merci, Carole, maintenant je me retrouvais dans une situation ridicule et je ne savais pas comment m'en extirper.

À peine avais-je ouvert ma porte, que Tyler me sauta au cou.

"Papa, viens voir ce que tata Rachel m'a acheté", s'écria-t-il en sautillant comme une puce.

"Du calme, du calme, je te suis", dis-je lui prenant la main qu'il me tendait.

Il m'emmena dans sa chambre, et la en plein milieu, il y avait un immense train électrique qui prenait pratiquement toute l'espace libre entre le lit et le petit coin avec ses jouets.

"Eh bien, tata ne s'est pas moquée de toi."

"Oui, je suis très content, tu joueras avec moi ?" Me demanda-t-il les yeux remplis de joie.

"Oui, bien sûr. Mais d'abord je dois voir Rachel, elle est où ?"

"Sur la terrasse au téléphone. Je peux rester jouer avec, papa ?"

"Oui."

Je me pris à le regarder assis par terre, jouant avec son cadeau, qui avait dû coûter les yeux de la tête à Rachel. J'étais heureux qu'il soit là, à jouer, sans se préoccuper de ce qui se passait réellement, je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour préserver son enfance.

Je rejoins Rachel sur la terrasse, elle était encore au téléphone. Je me demandais qui ça pouvait bien être, vu le degré de sa voix.

"Non !" S'écria-t-elle, faisant les cent pas nerveusement.

"Tu ne te rends pas compte, les efforts incommensurables que je fais pour rester avec lui."

"Je ne te demande rien, juste de comprendre que j'ai besoin de temps. Je ne peux pas tout lui balancer comme ça, je lui dois bien ça."

"Rachel ! " M'écriai-je.

"Je dois te laisser, à plus tard. " S'empressa-t-elle de raccrocher.

"Qui c'était ?" Demandai-je, curieux.

"Personne. Alors ta journée ?" Dit-elle essayant tant bien que mal de changer de sujet.

"Rachel. " Soufflai-je avec insistance en la regardant droit dans les yeux.

"Kurt, je t'assure, ce n'était personne, juste un coup de fil à une amie."

"Je suis ton seul ami dans cette ville, ne me prends pas pour un con. C'est à propos de Finn ?"

"Finn, tu n'as que ce nom à la bouche. Le monde ne tourne pas qu'autour de Finn Hudson."

"C'est mon frère et je ne veux pas le voir plus malheureux qu'il ne l'est déjà."

"Oh oui, c'est vrai, moi je vais super bien. Bonne soirée Kurt. " Me lança-t-elle subitement agacée en tournant les talons.

"Attends, Rachel. " Dis-je en la suivant de prés. "Rachel, s'il te plaît, je suis désolé. J'essaye juste de comprendre et de vous aider."

"Le repas est dans le four et j'ai préparé un gâteau à la cannelle pour Tyler. " Dit-elle en montrant le four avec un signe de la main et le gâteau posé sur le bar.

Après ça, elle quitta l'appartement, visiblement très en colère, me laissant seul dans la cuisine.

Comme si j'avais besoin de ça en ce moment, bon sang, quelle poisse. Je partis chercher Tyler qui s'amusait comme un petit fou, puis on passait à table dans un moment simple et chaleureux.

Après dîner, je mis le dessin animé de Tyler, Toy story, et il s'endormit dans mes bras au bout de trente minutes. Je n'eus le cœur à aller le coucher et je continuai à regarder le film avant de m'endormir à mon tour.

"Kurt "dit calmement une voix familière en me secouant légèrement.

"Mmh, Finn ?" Répondis-je encore endormi.

"J'ai couché Tyler, à ton tour maintenant."

"Quelle heure il est ?"

"Bientôt deux heures du matin."

"Merde, je me suis endormi, et j'avais du boulot. " Répondis-je en me levant du canapé.

"Alors le commissariat ?" Me demanda-t-il un petit peu d'inquiétude dans sa voix.

"Arrangé. Dis-moi, qu'est-ce que tu fais là ?"

"Je ne voulais pas réveiller Rachel, je peux squatter ton canapé ?"

"Prend ma chambre, je vais rester ici, je vais bosser."

"Kurt, tu as besoin de repos, ne t'enferme pas dans ton boulot. Ce n'est pas la solution."

"Ne t'inquiète pas, je ne vais pas rechuter, j'ai vraiment du travail."

"D'accord, mais si tu sens que ça ne va pas, n'hésite pas à me réveiller, OK ?"

"OK. Bonne nuit Finn. " Dis-je en me dirigeant vers la cuisine pour me préparer du café.

Je passai le reste de la nuit à travailler pour rattraper le retard que j'avais dû mon week-end et les événements de la semaine dernière. Après avoir fini, vers 6 h 30, je préparai le petit déjeuner pour Tyler et Finn, et je sautai dans la douche. Le temps passait tellement vite, il était déjà 7 h 30, et j'étais assis dans la cuisine lisant le New York Times tout en buvant mon café. Finn s'était réveillé pendant que j'étais sous la douche et s'était occupé de Tyler. Ils me rejoignirent tous les deux souriants et affamés.

Après avoir déposé Tyler à l'école, je m'arrêtai au Starbucks situé à deux pâtés de maisons de Vogue, et je pris du café pour le bureau et quelques muffins pour l'équipe.

En arrivant, je fus pris d'assaut par ma patronne pour une réunion d'urgence : crise était le mot d'alerte. Apparemment, l'édition de la semaine n'avait pas était éditée à l'heure, ce qui avait généré un retard de trois heures sur la sortie de magazine, mais le pire était que l'article sur lequel je travaillais avant mon départ pour Lima, avait été comme qui dirait oublié. Voilà, c'était ce qu'il me fallait : du travail.

13 h 30, réunion finie, et du travail par-dessus la tête. Un repas sur le pouce avec ma rédac chef, et je m'enfermai dans mon bureau, bûchant sur la prochaine édition.

"Kurt, un certain James, sur la une. " dit Claire d'une voix douce sur mon interphone de bureau.

"Je le prends. " Répondis-je en appuyant sur la touche de la ligne une.

"Salut James."

"Hey, Hummel."

"Tu as trouvé ce que je t'ai demandé ?"

"Non. Ecoute, il ne fait que travailler, et rentre chez lui seul."

"Tu es sûre. Rien ?" Demandai-je nerveusement.

"Rien."

"D'accord, je te remercie James. Laisse tomber la filature, je me chargerai du reste."

"Pas de soucis Hummel, mais je peux continuer si tu veux. Il va bien faire un faux pas."

"Je t'en ai déjà beaucoup demandé. Mais merci. Fais attention à toi."

"OK, toi aussi, si tu changes d'avis tu sais où me trouver." Dit-il avant de raccrocher.

"Tout va bien ?" Me demanda Claire la tête penchée sur le côté à l'entrée de mon bureau.

"Oui merci Claire. Peux-tu faire transférer mes appels sur mon portable, je dois sortir."

"Oui."

"Merci. " Dis-je en me levant attrapant ma veste et mon sac.

D'un pas décidé, je me dirigeai vers le parking, j'avais une idée en tête. Aller chercher du tissu, pour la nouvelle collection, pour redonner du pep's au magazine après l'incident de ce matin. Tout un tas d'idée virevoltaient dans mon esprit, du bleu océan, du vert émeraude, rose pastel, rouge grenade. En pensant à tout ça je m'installai tranquillement sur mon siège conducteur en direction de l'appartement d'Adam avec la ferme attention de mettre un terme à tout ça.

PDV de Blaine

Mais qu'est-ce qui m'avait pris de lui envoyer un texto ? Je le connaissais à peine. Mais quelque chose chez lui m'attirait, sûrement sa sensibilité. Je restais dans l'attente d'une réponse favorable. Et puis je devais commencer à mieux le connaître si je devais être son avocat officiel dans un avenir proche, très proche même, je l'espérais profondément. Entre deux rendez-vous, je partis faire les magasins à la recherche de nouveaux cadeaux pour l'anniversaire de ma princesse qui approchait à grands pas.

Voilà, une bonne chose de faite. Je venais accepter d'aller boire un verre avec Seb depuis le temps qu'il me le demandait. Ça ne me coûtait rien, mes parents étaient en ville, je pouvais bien en profiter pour passer une soirée en ville.

Je retournai au bureau après le commissariat et y trouvai Ben en pleine discussion avec ma mère. Mais qu'est-ce qu'elle faisait là ?

"Maman ?" Soufflai-je doucement en entrant dans le bureau.

"Ah, mon chéri, tu tombes bien. Je proposais à Ben de venir à l'anniversaire de Grace ce week-end. Ça ne te dérange pas au moins ?" Me demanda-t-elle avec un sourire en coin.

"Heu, non bien sûr. " Répondis-je légèrement mal à l'aise avant de capituler.

"Voilà. Bon, je suis venu pour te proposer d'aller déjeuner en tête à tête, si tu n'as pas déjà mangé."

"C'est-à-dire que j'avais l'intention de manger un truc vite fait, j'ai des rendez-vous à l'extérieur cet après-midi."

"Encore un sandwich je suppose. Hors de question, je t'emmène manger un vrai repas équilibré. Pas étonnant que tu n'aies que la peau sur les os ! "Lança-t-elle avec son regard de mécontentement.

"Bon, d'accord. Ça ne sert à rien de discuter, laisse-moi prendre mes dossiers et j'arrive. " Dis-je en allant dans mon bureau.

Le Little Lown situé en plein West village était l'un des restaurants gastronomiques que je préférais. Le fait d'y emmener ma mère était un réel plaisir.

"Je suis impressionnée que tu connaisses ce genre de restaurant, mon chéri. " Me dit-elle en entrant dans le restaurant me tenant le bras comme la grande dame qu'elle était.

"Tu sais de qui je tiens maintenant. " Soufflai-je fièrement.

Après nous être installés à l'une des meilleures tables avec une vue sur la ville en mouvement à cette heure, on commanda nos entrées en discutant de choses et d'autres. Cela m'avait manqué de parler avec ma mère, passer du temps avec elle, entendre sa voix douce et réconfortante.

"Alors, parle-moi de ta vie ici à New York." Me demanda-t-elle en dégustant sa salade de tomates mozzarella.

"Il n'y a pas grande chose à dire, à part que j'adore cette ville. " Répondis-je en mangeant ma salade de chèvre chaud.

"Tu t'es fait d'autres amis à part Brittany et son ami ?"

"Pas vraiment, mes vrais amis sont dispersés un peu partout dans le pays. À part Wes avec qui je suis resté en contact régulier, non."

"Un éventuel futur petit copain alors ?"

"Non plus, je n'ai pas eu de vrai rencart depuis que j'ai adopté Grace. Disons que je n'ai plus vraiment le temps pour ça pour le moment."

"Oh Blaine chéri, tu sais être parent ne veux pas dire mettre un terme à sa vie affective. N'y-a-t-il pas quelqu'un qui te plairait ?"

"Si peut être un garçon qui travaille pour la police de New York, je viens justement d'accepter son invitation à boire un verre. " Dis-je sans trop d'enthousiasme. Je devais avouer qu'une seule personne m'intéressait pour le moment.

"Tu n'as pas vraiment l'air très jouasse à l'idée de le voir, n'est-ce pas ?"

"Oh si, enfin, c'est plus un service rendu en fait."

"De ta part ou de la sienne ?"

"La sienne."

"Quelle chose te tracasse, mon chéri ?"Me demanda-t-elle d'un air inquiet.

"Tu penses qu'on peut accepter l'invitation de quelqu'un qui est en plein désarroi affectif ?"

"Oui bien sûr, mais de quel genre de désarroi parles-tu ?"

"Un divorce."

"Est-il séparé ?"

"Oui."

"Alors oui tu le peux, bien sûr tant qu'il n'est pas officiellement séparé il y a certaines choses que vous ne pouvez pas faire."

"Ça je le sais, mais disons que ma place est un peu gênante à vrai dire."

"Vous êtes passé à l'acte. Ne me dis pas que tu es la cause de son divorce ?" S'écria-t-elle.

"Mais non voyons, je suis en quelque sorte son futur avocat, c'est une affaire assez compliquée et sa meilleure amie bosse pour moi et Grace aime beaucoup son fils, ils sont devenus amis assez rapidement. Donc je suis un peu tiraillé en fait. J'ai vraiment très envie de le connaître mieux, évidemment j'y serais amené tôt ou tard, mais je ne veux pas causer plus de dégâts."

"C'est un beau sac de nœuds on dirait. Alors une question simple, es tu es actif sexuellement ?"Me demanda-t-elle aussi simplement que possible en buvant une gorgée de son thé glacé.

"QUOI ?"M'écriai-je en m'étouffant presque.

"Ne sois pas si surpris mon chéri, c'est quelque chose de naturel, tu n'as pas à être gêné. "

"Un peu quand même. Je suis célibataire donc non, je ne suis pas actif comme tu dis."

"Alors tu peux envisager de le fréquenter pour voir ce que ça donne, et être son avocat ne posera aucun problème si vous y allez doucement."

"Il est juste histoire de boire un café, ça ne va pas aller plus loin que ça pour le moment, enfin je n'en sais rien. Mais pour être totalement honnête, il me plaît bien. Et son fils est adorable, Grace l'aime beaucoup."

"Bien, commence par là. Une petite sortie avec les enfants vous permettrait de mieux vous connaitre."

"Tu es toujours de bon conseil. Je suis content que tu sois ma maman, tu me manques beaucoup ainsi qu'à Grace. "Dis-je un peu nostalgique.

Après notre déjeuner court, mais très agréable, je me mis en route vers l'appartement où je devais déposer ma mère avant d'aller au tribunal. On en avait encore profité pour discuter de ma vie sentimentale trop vide à son goût.

"Il m'a l'air très gentil le jeune qui remplace Brittany. Et il a l'air intéressé."

"Il est compétent, c'est tout ce qui m'intéresse."

Ma mère pouvait être très entreprenante parfois, mais c'est ce qui faisait aussi son charme, c'était ma mère après tout, elle avait toujours été là pour moi.

"Tu peux toujours l'envisager pour plus tard."

"Bien sûr. Écoute maman, je te remercie de te soucier de ma vie privée, mais tout va pour le mieux. "Dis-je en essayant de ne pas quitter la route des yeux.

"Et il est très beau. "Dit-elle un petit sourire en coin.

"Tu ne vas pas me lâcher c'est ça ?"

"Exactement mon chéri. "Me répondit-elle avec un sourire de satisfaction.

"J'ai déjà un rendez-vous, tu te souviens. Et je dois voir Kurt."

"Kurt ?" Dit-elle surprise.

"Le père du copain de Grace, Tyler."

"Tu m'embrouilles. " Dit-elle un peu perdue.

"Bon bref, j'ai déjà des choses de prévues. On doit finir de préparer la fête d'anniversaire de Grace avec Rachel, tu veux te joindre à nous ?"

"Avec grand plaisir, comme ça je vais en profiter pour mieux connaître Rachel dont Grace n'arrête pas de me parler. "Dit-elle en se remaquillant légèrement.

"J'ai reçu des appels ?"Demandai-je à Ben avant d'aller dans mon bureau.

"Oui, je vous les ai déposés sur votre bureau. "Me répondit-il avec un petit sourire légèrement timide.

"Merci. "Dis-je en rentrant dans mon bureau.

En prenant les messages dans ma main, j'y jetai un coup d'œil rapide et aperçus que Kurt m'avait appelé.

J'avais beaucoup de choses à faire, rappeler des clients et retourner au tribunal pour des rendez-vous. J'avais soudain une certaine inquiétude pour lui, alors j'essayai de l'appeler avant de sortir, mais je tombai sur le répondeur. Je repartis en direction du tribunal en espérant secrètement qu'il me rappelle.

Dix neufs heures trente et trente-huit secondes, journée finie, rendez-vous fixé, dossiers bouclés j'avais enfin terminé. Toujours pas de signe de Kurt, c'est que ce n'était pas très grave. Je me retrouvais seul au bureau, Ben était parti depuis plus d'une heure, j'éteignais les lumières quand je fus surpris par un visiteur imprévu.