CHAPITRE 8 : invitations
PDV de Kurt.
C'était le cœur serré que je frappais à sa porte ce jour-là. Après tous les événements qui s'étaient produits ces derniers mois, je ne devais pas laisser mon cœur parler à la place de ma logique. J'avais les mots en bouche, prêt à être balancés à son visage, mais quand il m'ouvrit la porte, ils avaient tous disparus.
Dans un instant de doute, j'avais essayé d'appeler au cabinet de Blaine mais il n'était pas là. J'avais pris ça pour un signe.
Il était là debout devant moi, les yeux pétillants avec son sourire tendre et ravageur typiquement anglais. C'est ce qui m'avait plu chez lui. Si seulement j'avais su me rendre compte qu'il n'était pas fait pour moi, je ne me serais jamais engagé autant dès le départ. La seule chose positive qui ressortait de ce mariage était bien mon fils, Tyler. Ma plus belle bataille, ma plus belle réussite, ma revanche sur la vie.
« Kurt. Quel plaisir de te voir. Tu es venu seul, où est Tyler ? » Me demanda-t-il le plus sympathiquement possible, il me connaissait trop bien.
Il savait comment me parler quand j'étais en colère contre lui ou en désaccord.
« Il est à l'école. Tu dois le savoir non ? » Répondis-je d'un ton ironique.
« Touché. Tu veux entrer ? » Dit-il avec un sourire en coin.
« Je ne suis pas là pour faire la causette mais pour mettre un terme à tout ça. »
« Entre. » Dit-il en me faisant signe de la main tout en se décalant vers le côté de la porte pour me laisser passer.
Je connaissais cet appartement comme ma poche, il n'avait rien changé ni déplacé, étrange vu qu'il avait toujours détesté la décoration trop sophistiquée à son goût.
« Un café ? » Me demanda-t-il aux abords de la cuisine qui était aménagée avec le salon.
« Non merci, j'en ait trop bu aujourd'hui. Bon, passons aux choses sérieuses, si tu veux bien. » Dis-je en m'asseyant sur le canapé qui était le mien il y a encore peu de temps.
« Effectivement, alors quand est ce que Tyler et toi revenez vous installer à la maison ? » Me demanda-t-il d'un air nonchalant.
« Tu te fous de moi là ?! » M'écriai-je agacé.
« Non, ce n'est pas pour ça que tu es venu ? Je ne vois rien d'autre. »
« Oh, mais je peux te les énoncer si tu veux ! Premièrement : nous sommes séparés et aux dernières nouvelles bientôt divorcés quand tu signeras ce putain de papier. Deuxièmement : tu as enlevé Tyler. Troisièmement : je ne t'aime plus ! Tu en veux encore ou je me suis fait comprendre ? » Dis-je d'un ton sec mais déterminé. Lui et son air suffisant, ce que ça pouvait m'agacer. J'en avais oublié de garder mon sang froid.
« Enlever ? Tu ne trouves pas que tu exagères un peu, là ? C'est aussi mon fils, je te le rappelle et si j'ai été le chercher, ce n'était que dans un seul but, te montrer à quel point vous me manquiez. Et je ne signerais pas ce papier car je ne veux pas divorcer. » Dit-il en s'asseyant sur un tabouret du bar me faisant face.
« Fallait y réfléchir avant d'agir. De toute façon, j'ai déposé une plainte contre toi et demande une injonction de la Cour pour t'empêcher d'approcher Tyler ou moi. » Soufflai-je en me relevant pour partir.
« Attend Kurt ! » Dit-il en me poursuivant pour m'attraper par la main.
« Tu te souviens de comment c'était nous deux ? Parce que moi je n'ai rien oublié. » Me dit-il en se rapprochant de moi, sa main toujours dans la mienne.
« Tu veux parler de tes absences et des disputes ? Parce que ça oui, je m'en rappelle très bien. » Dis-je d'un ton sec.
Il se rapprochait de moi de plus en plus, jusqu'à ce que son visage frôle le mien, je reculais à chacun de ses pas pour me retrouver bloqué contre la porte d'entrée.
Sans que je ne puisse réagir, ses lèvres se posèrent sur les miennes. Ma réaction me surprit, je m'apercevais que je lui rendais son baiser. Notre étreinte ne dura que deux minutes, voire moins, je n'en savais rien, mais cela me laissa totalement troublé. Je le repoussai violement en lui hurlant dessus.
« QU'EST-CE QUI TE PREND ? »
« J'en avais envie. Tu me manques, Kurt. »
Bizarre, cette réaction. Mais la plus étrange c'est que j'en restais figé. Pourtant, je bouillonnais de colère contre lui, mais le contact de ses lèvres sur les miennes m'avait soudainement affaibli. Une sensation familière m'avait traversé de toute part, mon cerceau me disait de courir aussi vite que possible, de sortir de cet appartement, mais mon cœur, lui, avait fait un petit bon pour se laisser surprendre par ce geste dont j'avais toujours rêvé auparavant. Cette spontanéité pour montrer un peu d'affection à mon égard. Quand j'avais eu le plus besoin de lui, il n'avait jamais eu ce geste pour moi, ni même pour m'empêcher de le quitter cette nuit-là.
« Ne pars pas, Kurt ! Reste avec moi, je sais que j'ai fait beaucoup d'erreurs et de mauvais choix durant notre mariage, que je n'ai pas été un bon père pour Tyler mais surtout un bon mari pour toi. Il m'a fallu du temps pour me rendre compte que tu étais l'homme de ma vie. Laisse-moi une chance de te montrer que j'ai changé que je peux être tout ce que tu as toujours désiré. » Me dit-il le plus sincèrement possible, du moins je l'espérais secrètement.
« Quel droit penses-tu avoir sur moi hein ? Tu crois que tu peux tout effacer en m'embrassant ou en essayant de raviver la flamme ? Ça ne marche pas Adam, ça ne marche plus. »
« Si comme tu le dis si bien, cela ne marchait plus, tu ne réagirais pas comme ça. Tu ne peux pas dire que tu n'as rien ressenti Kurt. Je ne te croirais pas un instant. »
« Je t'écoute parler, je te regarde droit dans les yeux mais tu sais ce que j'y vois ? Un lâche, un menteur, un être fourbe, égoïste et malhonnête. Tu peux faire tous les efforts que tu veux, tu ne seras jamais un père pour mon fils et tu ne seras plus jamais mon mari ! Maintenant, lâche-moi ! » M'écriai-je avec force en retirant ma main de la sienne.
« C'est ce qu'on verra, ne crois pas que je vais abandonner si facilement ! » S'écria-t-il à son tour.
« Fais ce que tu veux, je m'en fous royalement, mais ne t'avise plus JAMAIS de t'approcher de mon fils ! » Dis-je en claquant violemment la porte en sortant.
« TU POURRAS M'ENVOYER TOUS LES FLICS DE NEW-YORK ET TOUS LES AVOCATS DE LA VILLE SI SA TE CHANTE, MAIS VOUS ME REVIENDREZ ! » hurla-t-il tellement fort derrière la porte que ses paroles retentirent sur le palier pendant que j'attendais l'ascenseur.
Arrivé en bas de l'immeuble, j'avais les jambes qui tremblaient toutes seules, j'en perdais presque l'équilibre. Je remontai rapidement en voiture et m'éloignai le plus loin possible de cet immeuble. Je ne savais pas trop où aller, alors je conduisais en repensant à tous ces mots qu'il m'avait dit, son geste, un signe de désespoir, me demandant si j'avais vraiment fait le bon choix. Etait-ce vraiment intelligent d'aller chez lui ? De lui avoir dévoilé certaines de mes actions engagées contre lui ? J'avais beau me repasser tout ça en boucle dans ma tête, cela ne changeait rien au fait que j'avais préféré agir plutôt que de réfléchir pendant des siècles et continuer à subir comme à l'époque du lycée.
PDV de Blaine
« Monsieur Hummel ?! » Dis-je surpris en ouvrant la porte.
« Bonsoir Blaine, je… ne savais pas trop où aller. J'avais besoin de parler à quelqu'un et en y réfléchissant j'ai peut-être mal réfléchi. » Répondit-il d'un air perdu ou troublé, difficile à distinguer.
« Ne dites pas de bêtises, voyons, entrez. »
« Merci. » Dit-il en entrant doucement comme s'il hésitait encore.
« Installez-vous dans mon bureau là-bas, je vais aller nous faire du café. »
Je me dirigeai vers la petite cuisine où se trouvait une cafetière Senseo, un achat compulsif lors des soldes d'hiver de l'année dernière. Mais je préférais et de loin le café du Starbucks en bas de l'immeuble. Je ne savais pas trop comment me comporter avec lui, c'était un peu bizarre. Je me sentais drôle en sa présence, pas parce que je l'avais aidé mais quelque chose d'autre. Mais je n'avais pas le temps d'y réfléchir pour le moment. Quelques minutes plus tard, je revins dans mon bureau, deux tasses de café à la main et je surpris Kurt prêt de la fenêtre regardant dehors, son regard était triste. Mais que lui était-il arrivé après l'avoir croisé ce matin au commissariat.
« Sucre et lait pour votre café ? » Demandai-je, le sortant de ses pensées.
« Oui, s'il vous plaît. » Dit-il en se retournant vers moi en me souriant.
« Je suis désolé de débarquer ainsi, mais j'ai essayé… enfin, merci. » Dit-il en se raclant la gorge d'un air gêné.
« Arrêtez de vous excuser, vous êtes le bienvenu et ce quand vous le souhaitez. » Dis-je en m'asseyant sur le rebord de mon bureau, mon café à la main.
« Il s'est passé quelque chose aujourd'hui. J'ai voulu arranger les choses mais je pense les avoir compliquées. »
« C'est-à-dire ? Quand vous dites compliqué vous parler de quoi au juste ? »
« Adam. Je suis allé chez lui et il s'est passé quelque chose entre nous. » Dit-il d'un air gêné en baissant légèrement la tête.
« Kurt, vous pouvez me faire confiance, je suis là pour vous aider. »
« J'y suis allé pour discuter et j'ai comme qui dirait baisser ma garde et il….en a profiter. On s'est disputé et j'ai dit certaines choses que je n'aurais peut-être pas dû dire. Je suis sincèrement désolé. » Dit-il d'une voix sanglotant.
« Je vous en prie, ne soyez pas désolé, vous n'avez fait que suivre votre instinct de père, votre seul intérêt dans cette affaire est de protéger votre fils Je ferais exactement pareil si quelque chose arrivait à ma fille. »
« Vous devez être un bien meilleur père que moi. » Dit-il d'un air triste.
« Ne vous rabaissez pas ainsi Kurt, vous êtes un très bon père et Rachel ne taris pas d'éloges sur vous. Pour tout vous dire, même ma fille dit que vous êtes le meilleur papa du monde et ce sont les mots de votre fils Tyler. Vous connaissez le dicton : la vérité sort toujours de la bouche des enfants. » Dis-je en espérant que mes mots puissent le réconforter. Il me faisait de la peine, un grand désarroi se lisait sur son visage mais beaucoup de tristesse aussi.
« J'aimerais que Tyler et vous veniez à la fête d'anniversaire de Grace samedi. Elle en sera ravie. »
« Ne vous sentez pas obligé de faire ça. »
« Je ne me sens pas obligé, votre fils est un copain de ma fille, je dirais même le seul. Et vous un ami de Rachel. Acceptez s'il-vous-plaît. »
« Bon, d'accord. Nous viendrons. »
Plusieurs heures furent passées au cabinet à discuter, et apparemment il en avait bien besoin.
« Vous ressentez toujours quelque chose pour lui ? »
« J'en sais rien. Vous devez vous dire que je suis tordu non ? » Dit-il en me souriant timidement.
« Un peu, je l'avoue. » Répondis-je en essayant de me retenir d'exploser de rire.
La situation prêtait à confusion, mais c'était le meilleur moment pour le faire rire.
Nous nous sommes regardés droit dans les yeux pendant cinq secondes avant d'éclater de rire ensemble pendant quelques minutes. Il m'avait l'air beaucoup plus détendu qu'à son arrivée.
« Mission accomplie. » Lançai-je en reprenant mes esprits.
« Je suis une mission pour vous. »
« Je voulais revoir votre sourire. »
« …. » Il resta silencieux, laissant un sourire s'afficher sur son visage.
Après avoir raccompagné Kurt à sa voiture, je rentrai à la maison, fatigué mais intrigué par sa visite imprévue.
« Je suis rentré ! » M'écriai-je en ouvrant la porte.
« Papa ! » S'écria Grace en accourant vers moi pour me sauter dans les bras.
« Coucou ma puce. Tu as passé une bonne journée ? »
« J'ai fait des cookies avec grand-mère, j'ai été au parc avec tata Rachel on a fait du vélo et à l'école j'ai joué avec Tyler et la maîtresse m'a mis quatre étoiles pour mon dessin. » Dit-elle toute excitée.
« Bravo mon cœur, je suis très fière de toi. J'ai hâte de goûter vos cookies. J'ai moi aussi une bonne nouvelle pour toi. Que dirais tu si je t'emmenais voir le magicien d'oz avec Tyler le week-end prochain ? »
« Je dirais MERCI PAPA ! » S'écria-t-elle en me serrant le cou.
« Eh bien, que se passe-t-il ici ? Vous m'avez l'air très excités tous les deux. » Lança ma mère en s'approchant de nous le sourire aux lèvres.
Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu aussi radieuse, vivre avec mon père au quotidien était équivalent à la pratique d'un sport de haut niveau.
« Papa va m'emmener voir le magicien d'oz. »
« Oh, comme tu es gâtée mon petit ange. »
« Où est papa ? »
« Dans le salon, il travaille. »
« Comme d'habitude. » Dis-je d'un air exaspéré.
« Tu viens avec mamie ma puce, on va préparer le dîner. » Dit ma mère en prenant Grace dans ses bras.
Pendant que ma mère et Grace étaient en cuisine, je partis prendre une douche.
« Alors mon chéri, parle-nous un peu de ton travail. » Lança ma mère pour détendre l'atmosphère.
Je finis de découper la viande de Grace, je me réinstallai à ma place en avalant une gorgé de vin avant de répondre.
« Eh bien, j'ai beaucoup d'affaires en cours et quelques procès. »
« Ce serait bien que tu viennes pour les vacances avec Grace. »
« Tu vois bien qu'il est très occupé. » Lança mon père sur ton ironique.
« Arrête ! » S'écria subitement ma mère en tapant sur la table en lui lançant un regard noir, ce qui fit sursauter Grace.
« Tout va bien ma puce, mamie s'est juste un peu emporté. » Lui dit-elle en lui caressant la joue affectueusement.
Ni mon père, ni moi n'avions relevé, le reste du repas se poursuivi dans le calme et le silence, Grace sortit de table après le dessert et partit jouer dans sa chambre.
Après avoir fait la vaisselle avec ma mère, je partis coucher Grace. En revenant, je surpris accidentellement mes parents en grande conversation.
« Pourquoi tu te comportes ainsi avec lui ? »
« Je ne trouve rien à redire à mon comportement. »
« C'est ton fils, il a besoin de toi et pas de tes reproches. »
« Et moi, je n'ai pas besoin des tiens, comme tu le dis si bien, c'est mon fils donc je lui parle comme je veux. Bonne nuit ! »
Il passa devant moi en me lançant un regard froid sans me dire le moindre mot.
Ma mère s'assis au bar de la cuisine, l'air désœuvré.
« Maman ? » Dis-je en m'approchant d'elle.
« Je suppose que tu as tous entendu ? »
« Le peu que j'ai entendu me suffit pour comprendre que tu me caches quelque chose. Depuis combien de temps ça dure ? »
« Blaine chéri, je t'assure que tout va bien. »
« Ne me prend pas pour un imbécile, je suis avocat, je te rappelle. Les mensonges, je les décèle sur le visage de n'importe qui. Alors, s'il te plaît ne me mens pas. »
« Quelque mois. Mais tu sais, je suis mariée à ton père depuis trente-cinq ans, je le connais mieux qu'il ne se connaît. »
« Je vais nous faire du café on a des choses à se dire. » Dis-je en allant préparer le café.
La nuit fut longue, passée à discuter longuement, je ne m'étais même pas rendu compte que mes parents avaient autant de problèmes. Et qui plus est, j'en étais la cause. Nous étions restés éveillés jusqu'à trois heures du matin. Je me levai deux heures plus tard, j'avais en plus e beaucoup de mal à dormir après tout ce que ma mère m'avait révélé. Je préparai le petit déjeuner et réveillai puis préparai Grace avant que Rachel n'arrive. Après son arrivée, je partis travailler, en espérant que me plonger dans mon travail m'aiderait à oublier.
« Bonjour Boss ! » S'écrièrent Wes et David installés dans mon bureau.
« Salut ! Mais qu'est-ce que vous faites là aussi tôt ? » Demandai-je surpris.
« On ne t'a pas vu du week-end, alors on est venu te kidnapper pour le petit déjeuner. » Dit Wes d'un air enthousiaste.
« J'ai déjà pris mon petit déjeuner, et qui plus est j'ai beaucoup de boulot. Mais merci. » Dis-je en souriant le mieux possible.
Je me rapprochai de mon bureau pour m'y installer quand je reçus un appel.
« Anderson » Dis-je en décrochant mon téléphone.
« Salut Anderson. » Dit l'autre personne au bout du fil.
« Inspecteur Smythe. Que me vaut cet appel si matinal ? » Demandai-je surpris mais d'une façon agréable.
Wes et David me faisaient des gestes incompréhensibles derrière moi. Je sortis du bureau pour pouvoir discuter tranquillement.
« Tu me dois un verre Anderson, et si je ne te harcèle pas, tu ne me rappelleras pas. Et figure-toi que je tiens particulièrement à ce verre. » Me dit-il d'une voix douce et enjôleuse.
« Tu es incroyable. Très bien, quand ? » Soufflai-je en levant les yeux au ciel.
« Ce soir. »
« Tu avais déjà prévu que je te dise oui, n'est-ce pas ? » Dis-je en souriant.
« Je suis flic Anderson, ne l'oublie pas. Personne ne me résiste, et dans tous les sens du terme. »
« Je serais peut-être une exception. Ce n'est qu'un verre Sébastian, je ne voudrais pas te donner de faux espoirs. »
« Trop de blabla Anderson, ce soir 19h au BlueHorm sur la cinquième avenue. Et ne sois pas en retard. Et considère que c'est un rencard. » Dit-il d'un ton plus sérieux en raccrochant.
Un rencart, cela faisait un bail que je n'en avais pas eu. Du moins que je me souvienne, le dernier c'était à la fac de droit. Depuis que j'avais Grace, je n'avais plus envisagé de rencontrer qui que ce soit, elle était ma priorité.
« Alors, c'est qui ce Smythe ? » Me demanda David avant même que je n'entre dans mon bureau.
« Un collègue de boulot, enfin un inspecteur de la brigade criminelle de New-York. »
« Collègue ? Donc, vous bossez régulièrement ensemble ? » Me demanda-t-il.
« Oui, quelques fois sur des affaires difficiles. Je travaille régulièrement avec la police. »
« David, laisse-le. Arrête de le harceler de questions. Je suis content pour toi Blainey. »
« Non, mais c'est juste un verre pour un service rendu, vous savez bien que je n'ai pas le temps pour ça. »
« Y'a pas de mal à se faire du bien, Blainey. Et vu ton passif, je suis sûr que tu n'as rien oublié. » Me lança David en me faisant un clin d'œil.
« Il est loin le temps où nous étions étudiants, David. »
« Bon assez discuté pour ne rien dire, j'ai faim, on y va ? » S'écria Wes.
« Finalement, j'ai bien besoin d'un café. » Dis-je en prenant mes affaires.
« Oh, notre Blainey national panique pour son rencard. Alors là, je n'en crois pas mes yeux. » Dit David sur un ton de plaisanterie.
« Avance. » Lançai-je en le poussant gentiment vers la sortie.
Nous étions partis prendre notre petit déjeuner dans un petit café non loin de Central Park. Les garçons se mirent en tête de me préparer pour mon rencard avec Sébastian et n'arrêtèrent pas de me questionner sur lui.
PDV de Kurt.
« Demain matin, dernier délai ! La réunion est terminée ! Kurt est-ce que tu peux attendre quelques minutes, j'aimerais te parler. » Me demanda ma rédac chef.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Demandai-je intrigué.
« Tu veux boire un café ? » Me demanda-t-elle en s'en servant un.
« Non, ça va merci. » Répondis-je en m'appuyant sur le rebord de la table de réunion.
« Bon parlons franchement Kurt, tu fais un boulot formidable et ce, depuis maintenant cinq ans. Tu as traversé des moments difficiles et encore aujourd'hui mais cela ne t'empêche pas de faire ton boulot parfaitement et sans rechigner comme certains. »
« Ben, j'aime mon boulot tout simplement. Mais pourquoi tu me dis tout ça ? Y'a un problème ? »
« Je suis enceinte. » Lança-t-elle aussi rapidement que possible.
« C'est pas vrai ? Félicitations ! » Dis-je en me levant pour la prendre dans mes bras.
« Merci Kurt. » Répondit-elle en me rendant mon étreinte affectueusement.
« Mais qu'est- ce que ça a à voir avec moi ? »
« Je veux que tu me remplaces. Que tu sois le nouveau rédac chef de Vogue. »
« QUOI ? Mais je… je ne suis pas le mieux placé, enfin tu as Jesse, il serait parfait lui. » Dis-je légèrement bafouillant et un peu perdu.
« Jesse sera un excellent assistant au côté du nouveau rédacteur en chef, et c'est toi Kurt ! Ne contrarie pas une femme enceinte. » Dit-elle en souriant.
« Je ne sais pas quoi te dire. Je suis flatté mais je ne pense pas être prêt, c'est une grande responsabilité et en ce moment, je dois avouer que j'ai beaucoup de mal à m'y retrouver. »
« Tu seras parfait Kurt, j'ai une confiance totale en toi. Je ne doute pas une seule seconde de tes capacités à t'occuper de ce journal. »
« Merci. Je ne sais pas trop quoi te dire de plus je suis surpris, j'ai du mal à réaliser ce qu'il se passe. »
« Eh bien, tu viens d'obtenir une promotion. Bon, je te laisse le temps de réfléchir et d'organiser une réunion d'information pour annoncer la nouvelle à toute l'équipe.»
« Pourquoi maintenant ? Tu ne pars pas immédiatement en congé, si ? »
« Mon mari ne veut pas prendre de risque, le travail et la grossesse ne font pas bon ménage. Surtout chez Vogue. »
« De combien de temps je suis supposé disposer ? »
« Quinze jours. » Me lança-t-elle fièrement en sortant de la salle, sa tasse de café à la main.
« QUINZE JOURS ? » M'écriai-je totalement pétrifié.
« Au travail Hummel ! » S'écria-t-elle en me faisant un signe de la main en s'éloignant.
Je restai quelques minutes dans la salle, en essayant de reprendre mon calme. Je n'arrivais pas à croire ce qui était en train de m'arriver. J'en avais rêvé, c'était vrai, mais pas maintenant. J'avais besoin de parler à ma meilleure amie, j'envoyai un message à Rachel, comme un S.O.S.
« Coucou Rachel, tu es libre pour déjeuner ? Besoin urgent de te parler. » K.
« Toujours pour toi. A notre resto habituel dans une heure ? » R.
« Ok. Merci. » K.
Trois cafés plus tard, je rejoignis Rachel dans notre restaurant préféré au cœur de Manhattan. Elle m'attendait à une table en terrasse, c'était bien elle ça, la meilleure table profitant du soleil avec un verre de vin hors de prix.
« Salut Rachel, désolé du retard. » Dis-je en l'embrassant sur la joue.
« T'inquiète, je profite du soleil. Installe-toi. » Me répondit-elle en me rendant mon Bonjour.
« Je te trouve resplendissante. » Lui fis-je remarquer en m'asseyant en face d'elle.
« Merci, tu n'es pas mal non plus. » Dit-elle sur le ton de la plaisanterie.
« Arrête, j'ai une tête à faire peur, j'ai tellement bu de café que j'en ai des palpitations. » Dis-je nerveusement.
« Qu'est- ce qu'il y a ? C'est Tyler ? Ou ce con qui te sert d'ex-mari ? »
« Si seulement, non Tyler va bien. C'est le travail. »
« Oulla, quand tu parles boulot c'est que c'est très grave. »
« Ma rédac chef est enceinte. »
« Eh, c'est une excellente nouvelle. Pourquoi ça a l'air de te poser problème ? »
« Elle veut que je prenne la direction du journal. »
« Sérieux ?! » S'écria-t-elle.
« Oui, elle est très sérieuse. » Dis-je en me servant un verre d'eau. Ma bouche commençait à s'assécher rien qu'à l'idée d'être à la tête de Vogue.
« Whouah ! C'est une sacré promotion. Kurt, chéri accepte sans réfléchir, parfois dans la vie on a qu'une seule opportunité qui en vaut vraiment la peine et celle-là, c'est la tienne ! » Me dit-elle avec conviction tout en me prenant la main affectueusement, sentant mon stress.
« Mais Rachel, je ne peux pas ! Pas maintenant ! Et ce n'est pas juste pour les autres. Son assistant par exemple, il est à ses côtés depuis plus longtemps que moi, et il connaît le travail mieux que moi. Il est le mieux placé. »
« Kurt, arrête de penser qu'aux autres ! Regarde où ça t'a mené. Si elle te l'a proposé c'est que c'est toi qui es le mieux placé. »
« Ça serait de la folie ! Je n'ai même pas encore divorcé, j'ai encore Adam dans les pattes et je ne veux pas déstabiliser Tyler. »
« Tyler se porte très bien et je suis sûre que Finn se fera un plaisir de s'occuper de lui plus souvent. Et puis moi aussi je suis là. Je pourrais le récupérer en même temps que la petite Grace. Ils sont copains, je suis sûre qu'ils seront plus que ravis de passer plus de temps ensemble. »
« Tu trouves toujours réponse à tout, hein ? »
« Pas à tout non, mais à des choses simples oui. » Répondit-elle d'un air triste subitement.
« Rachel ? Je ne voulais pas te blesser ou… » Elle m'interrompit.
« Oh, non tout va bien Kurt. J'ai juste pensé à quelque chose, rien de grave. Ce qui compte pour l'instant c'est que tu acceptes cette promotion pour que je puisse organiser une méga fête. » Me répondit-elle en souriant comme si de rien n'était. Mais je la connaissais trop bien, elle me cachait délibérément quelque chose.
« Je vais y réfléchir encore un peu. »
« Au fait, Blaine m'a dit qu'il vous avait invité Tyler et toi à l'anniversaire de la petite Grace ce week-end. C'est génial. » Me dit-elle d'un ton très enthousiaste.
« Ah oui, effectivement. » Répondis-je souriant.
« Ça te fera du bien de voir du monde, et tu verras, Blaine est vraiment un garçon formidable. »
« Rachel. » Dis-je en plissant les yeux, sachant très bien où elle voulait en venir.
« J'ai faim ! » S'exclama-t-elle en appelant le serveur, mettant fin à notre conversation.
Pendant le reste de notre déjeuner, nous avions discuté de tout et de rien, de souvenir et même de Santana. Je lui racontai mon week-end à Lima, elle m'écouta et me questionna mais ses yeux montraient un regret de ne pas être venue avec nous.
Après avoir déposé Rachel à la fac, je retournai au journal. Je m'enfermai dans mon bureau en demandant de filtrer tous les appels sauf si c'était pour Tyler.
« Kurt ? » S'écria quelqu'un derrière la porte en toquant deux fois.
« J'ai demandé à ce qu'on ne me dérange pas. » M'écriai-je.
« Y'a quelqu'un pour vous. »
« C'est bon, entrez ! »
« Je suis désolé de vous déranger mais il a beaucoup insisté il vous attend en bas. »
« Qui est ce ? Adam ? » Demandai-je d'une voix hésitante.
« Non, je ne l'ai jamais vu, mais il dit être un ami. »
« Un ami ? Bon, je descends dans cinq minutes, dites lui que j'arrive. » Répondis-je intrigué.
En prenant l'ascenseur, je n'arrêtais pas de me repasser ma liste d'amis et je n'en voyais aucun qui ne monterais pas me voir dans mon bureau. Mais qui ? Quand j'arrivai en bas et que je le vis là, dans son costume à trois mille dollars, je n'en croyais pas mes yeux. Mais pourquoi était-il là ? Les pires pensées me traversèrent de toutes parts, mais une seule me terrifiait littéralement : était-il là pour Tyler ? Je n'aurais jamais pensé le revoir un jour.
